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Monday, 29 December 2014

L'UE et l'OTAN décident de prolonger la "guerre contre les pirates" dans l'océan Indien jusqu'à fin 2016

par Antonio Mazzeo, 29/12/2014. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Il y a toujours moins de pirates dans la Corne de l'Afrique, mais le Conseil de l'Union européenne a néanmoins décidé de prolonger l'opération militaire anti-piraterie "Atalanta" jusqu'au 12 décembre 2016. La prolongation pour deux ans, des activités de reconnaissance aéronavale au large des côtes de la Somalie impliquera pour l'UE une dépense de 14,7 millions d'euros.

"Le système économique de la piraterie a subi des coups durs, mais il n'est pas fini", a déclaré le commandement des forces navales de l'Union européenne (EU NAVFOR). "Malgré les progrès significatifs accomplis par l'opération Atalanta, tout le monde est d'accord sur le fait que la menace de la piraterie reste présente», a déclaré la Haut représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. "Nous devons continuer à maintenir la pression sur les pirates pour procurer de la sécurité dans la Corne de l'Afrique. C'est dans notre intérêt commun".

En vérité, les unités militaires d' "Atalanta" n'ont enregistré en 2014 que cinq «incidents» imputables à des actes de piraterie dans les eaux somaliennes, dont quatre classés comme des «événements suspects» et un seul, en février, identifié comme une «attaque» proprement dite. "La pire année a été 2011, où 166 événements suspects ont été enregistrés, qui ont chuté à 73 en 2012 et seulement à 20 l'an dernier", rapporte EU NAVFOR. La réduction drastique de la piraterie dans la Corne de l'Afrique et dans le monde est confirmée par le Bureau maritime international (BMI). L'agence internationale a enregistré au cours des neuf premiers mois de cette année 178 épisodes (contre 352 dans la même période de 2011), avec 17 bateaux attaqués, 124 arraisonnés et 10 incendiés. Une douzaine d'incidents ont eu lieu dans les eaux de la Somalie, 13  dans celles du Nigeria (29 en 2013) et 4 celles du Ghana (aucune en 2013). "Au cours de 2014, on note cependant une augmentation inquiétante des attaques contre les petits bateaux-citernes pétroliers faisant du cabotage dans le Sud-est asiatique", prévient le BMI.

Depuis le 6 août dernier, le commandement de l'opération "Atalanta" a été assumé par le contre-amiral italien Guido Rando. C'est la troisième fois que la Marine italienne est à la tête des activités anti-piraterie de l'UE dans la Corne de l'Afrique depuis le début, en décembre 2008, d' "Atalanta". Le principal objectif «officiel» de la mission militaire impliquant 21 États membres et deux pays non-membres de l'UE, est d'escorter les navires marchands du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), chargé de fournir une aide alimentaire en Somalie, ainsi que la dissuasion, la répression et l'interruption de la piraterie maritime et la surveillance de la pêche au large de la Somalie. Récemment, le Conseil de l'UE a ajouté quelques "objectifs secondaires" au mandat d'"Atalanta": en particulier, "les unités aériennes peuvent aider avec les moyens et les capacités existantes à une approche plus globale de l'UE en Somalie, y compris en appui au Représentant spécial de l'UE pour la Corne de l'Afrique". La mission peut en outre fournir soutien logistique, experts et formation en mer à d'autres acteurs de l'UE, "en particulier les missions de renforcement des capacités maritimes régionales (comme l'EUCAP Nestor, la mission civile de l'Union européenne engagée dans des activités de renforcement des capacités dans la région)". L'opération "Atalanta" peut également intervenir en appui de l'EUTM, la Mission de formation  de l'UE en Somalie (la mission européenne de formation des forces de police et de l'armée somaliennes), "afin d'aider à créer la capacité nécessaire pour les États riverains de la zone à s'acquitter efficacement du contrôle de leurs zones maritimes". Le personnel de l'UE peut ainsi être directement utilisé  également dans l'assistance et la formation des forces navales,  de police et des garde-côtes dans la région de la Corne de l'Afrique.

La Task Force 465 d'"Atalanta"  est actuellement composée d' une frégate belge, d'une néerlandaise et d'une espagnole, d'une unité d'approvisionnement allemande, de deux aéronefs à voilure fixe (un allemand et un espagnol) et par une équipe internationale de 34 officiers et sous-officiers de Belgique, Croatie, France, Allemagne, Grèce, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Serbie et Espagne. La Marine italienne a mis à disposition des opérations anti-piraterie, jusqu'à fin janvier 2015, la frégate lance-missiles "Andrea Doria", avec un équipage de 208 hommes, dont les équipes spécialisées de la Brigade marine "San Marco", du Groupe opérationnel de plongeurs et de la Section Hélicoptères avec un EH 101. Depuis septembre dernier, le 32ème Escadron aérien basé à Amendola (Foggia) a mis à la disposition de l'UE deux drones Predator "A Plus" pour "la surveillance et la reconnaissance d'activités suspectes liées au phénomène de la piraterie". Les drones opèrent à partir de l'aéroport de Chabelley (Djibouti) et sont aussi utilisés pour du travail de renseignement en faveur des forces gouvernementales somaliennes en lutte contre les milices islamistes des Chabab.
"Depuis ma prise de poste comme commandant de la force navale européenne pour l'opération Atalanta, il n'y a pas eu d'attaques ou d' incidents liés au phénomène de la piraterie", a déclaré le contre-amiral Guido Rando dans une interview au Velino le 10 novembre 2014. "La réduction significative de la piraterie depuis fin 2011 est due aux succès obtenus au cours des dernières années et aux effets concomitants de plusieurs facteurs, dont l'effort réalisé par la Force navale de l'Union européenne en coordination avec les autres dispositifs aéronavals de la coalition (OTAN et Combined Maritime Force, la force maritime conjointe menée par les USA) ou ceux qu'on appelle les Indipendent Deployers (Chine, Inde, Russie, Japon, Corée du Sud) et l'adoption ultérieure des Best Management Practices  (Meilleures pratiques de gestion), des mesures d'autoprotection des navires, l'adoption de routes et de vitesses plus sûres, ainsi qu'un contrôle du territoire et un combat contre les organisations criminelles plus efficaces de la part des autorités somaliennes".
Selon le contre-amiral Rando, "Atalanta" a permis la livraison de plus d'un million de tonnes de secours du PAM à la population somalienne, alors que "128 individus ont été arrêtés par les unités de l'EU NAVFOR et par la suite reconnus coupables de piratage par l'autorité judiciaire". "En plus de l'action de dissuasion exercée par la présence des navires et des avions militaires dans la région – a ajouté Rando - une autre activité importante de l'EU NAVFOR a consisté à recueillir des informations utiles à la compréhension du pattern of life (mode de vie), c'est-à-dire les activités sociales et économiques normales menées par les populations côtières. "
Le 3 juin 2014, les ministres de la Défense de l'OTAN ont aussi approuvé l'extension de l'opération militaire anti-piraterie "Ocean Shield" jusqu'à la fin de 2016. La task force 508 d'"Ocean Shield" a débuté en août 2008, et voit aujourd'hui les unités aéronavales de l'OTAN patrouiller une vaste surface entre le golfe Arabo-Persique au nord, , les Seychelles au sud, le golfe d'Aden à l'ouest et les Maldives à l'est. "Ocean Shield permet de protéger l'une des routes navales les plus importantes du monde et où les pirates continuent d'attaquer des unités navales", déclare le Commandement général de l'Alliance atlantique. "En 2013, la Banque mondiale a estimé que chaque année la piraterie cause des pertes à l'économie internationale pour 18 milliards de dollars. Les efforts anti-piraterie de l'OTAN aident à réduire ce coût ". Le mandat donné aux unités aériennes et navales engagées dans "Ocean Shield" est très large. "La flotte de l'OTAN peut poursuivre activement les bateaux pirates suspects pour prévenir les attaques", rapporte le commandement de la Force 508. "Les équipes d'abordage de l'OTAN peuvent aborder un navire suspect pour vérifier si des pirates sont à son bord. Les unités peuvent utiliser la force pour arrêter les pirates. Tous les pirates arrêtés sont transférés dès que possible aux agences nationales chargées de l'application des lois. En plus de ces activités et dans le cadre de l'opération Ocean Shield, l'OTAN travaille avec d'autres organismes internationaux pour aider à développer la capacité des pays de la région à lutter contre le piratage par eux-mêmes".

Des forces navales de pays d'Amérique latine et d'Asie contribuent périodiquement aux opérations maritimes de l'Alliance. En septembre et en novembre, ont eu lieu dans le golfe d'Aden une série d'exercices conjoints entre des unités du Japon et de l'OTAN. Ils ont été conduits dans le cadre du Programme de partenariat et de coopération individuels (IPCP), signé au printemps par le Secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen et le Premier ministre du Japon Shinzo Abe pour "renforcer le dialogue politique et la coopération militaire, en particulier dans le la lutte contre la piraterie et l'assistance en cas de catastrophes ".

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