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Tuesday, 30 December 2014

Mister Push

par Koldo Campos Sagaseta, 29/12/2014. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

"Essayer de pousser Cuba à l'effondrement n'a pas servi dans les 50 dernières années". C'est ce que vient de dire Obama, et de plus publiquement, pour qu'on en prenne acte. Dans son aveu, il a recouru au langage caractéristique des institutions qu'il gouverne : "pousser à l'effondrement" (push to collapse).

 
Les centaines de détenus de Guantanamo, pour le même type de langage, n'étaient pas non plus des prisonniers de guerre mais des "combattants ennemis illégaux"; et depuis de longues années la CIA et d'autres agences US n'assassinent pas, tout simplement elles "neutralisent". Bien qu'il ne respecte même pas le dictionnaire, le gouvernement US préfère appeler le blocus de Cuba embargo.
Dans le même contexte linguistique "pousser à l'effondrement" peut aussi être traduit par attenter au droit à la vie d'un peuple.
Il n'y a personne comme un président des États-Unis, avec le cynisme qui les caractérise, pour résumer en une seule phrase tant d'années de blocus, d' invasions, d'ingérences, de sabotages, d'attentats, de terrorisme ...

Il ne s'était pas passé un an depuis la révolution à Cuba qu'il y avait déjà eu plus de 50 violations de l'espace aérien au-dessus de La Havane. Dans l'Encyclopédie cubaine sur le terrorisme et dans  la mémoire du peuple cubain on garde le souvenir de l'incendie de la station de radio CMQ, des bombes placées à l'Université de La Havane, dans le cinéma Cándido de Marianao et dans le théâtre Riesgo de Pinar del Río, outre d'innombrables attentats contre des centres commerciaux et des magasins, faisant des morts et d'importants dégâts économiques. Un an plus ils envahissaient Cuba et après l'échec de la Baie des Cochons, ils mettaient en place de nouvelles opérations et attaques. L'Opération Mangouste était déclenchée, qui allait provoquer plus de cinq mille actes terroristes et de sabotage contre Cuba.
L'agression contre l'île des Caraïbes s'est intensifiée dans les années suivantes avec le coulage de bateaux de pêche, les enlèvements de marins, le mitraillage et le bombardement de navires marchands, les attentats contre les mines de Matahambre à Pinar del Río, l'attaque par des vedettes pirates contre l'usine Cubanitro, le détournement forcé d' avions commerciaux, les attaques contre des sièges diplomatiques et commerciaux cubaine, le débarquement de groupes armés et le mitraillage des villages côtiers comme Boca de Samá qui, le 12 octobre 1971 à tué deux personnes.
En 1976, l'administration US unifie la terreur en un seul front et on voit succéder les attentats à l'explosif contre l'ambassade de Cuba en Colombie, contre l'ambassade cubaine au Portugal dans lequel meurent deux fonctionnaires cubains, contre un bureau d'Air Panama lié selon eux à Cuba, contre une station de télévision de San Juan, Porto Rico, qui projetait le film cubain "La nouvelle école" ...

L'Opération Condor a également servi aux USA, à travers les dictatures qu'elle a mis en place dans le Cône sud, pour, à Buenos Aires, faire disparaître les diplomates cubains Jésus Cejas Arias, dont le corps a été identifié il y a seulement un an, et Crescencio Galañena.

Le 9 juillet 1976, les «pressions» US continuent, avec la tentative de faire exploser un avion de ligne cubain. Un retard du vol provoque l'explosion des bombes à l'aéroport de la Jamaïque, avant que les passagers embarquent. L'attaque se répètera trois mois plus tard avec un résultat sanglant. Le Vol 455 de Cubana de Aviación qui avait quitté la Barbade à destination de Cuba avec 73 passagers à bord, explose en plein vol.

Et les "pressions" US ont continué, à travers les fondations cubains financées, à provoquer mort et destruction: le Théâtre Amadeo Roldán de La Havane fut incendié, tout comme un immeuble de dix étages à Marianao, où se trouvait l'école maternelle Le Van Tam, avec près de 600 enfants, et seule la mobilisation populaire immédiate y empêcha une tragédie.

Les «pressions» US ont également manifesté le désir de voir Cuba s'effondre en recourant au terrorisme contre le secteur touristique : mitraillage depuis la mer contre l'Hôtel Guitart-Cayo Coco; explosifs contre des hôtels de Varadero; explosifs contre la discothèque Aché de l'Hôtel Melia Cohiba; dans les hôtels Capri, Nacional, Copacabana, Chateau, Triton, à la Bodeguita del Medio ... Plus de victimes, plus de dégâts ...
Et les "pressions" ne sont pas limitées à la dynamite, au C-4 et autres explosifs du catalogue de la CIA. Les attaques ont également cherché depuis le début à  créer une crise alimentaire. Avec l'Opération Mangouste, la guerre biologique est également devenue une arme habituelle: En 1962, apparaît soudain à  Pinar del Rio, Matanzas, Oriente et La Havane la maladie dite de Newcastle, qui oblige à sacrifier plus d'un millions de volailles. En 1971, une épidémie de fièvre porcine, dont l'origine était à la base US de Fort Gullick au Panama, conduit à sacrifier un demi-million de porcs. Presque simultanément, tout à coup, un fléau d'origine asiatique qui n'avait jamais été détecté en Amérique ravage Cuba. Et on voit apparaître la rouille de la canne à sucre, le champignon bleu du tabac, la sigatoka  noire (cercosporiose) du bananier, le puceron noir des agrumes, l'hémorragie virale du lapin, le scolyte du caféier, la  varroase de l'abeille, l'ulcère de la truie, ainsi que des maladies étranges de bovins et autres épidémies provoquées.

Mais les «pressions» ne se sont pas arrêtées là. En 1981, une épidémie de fièvre hémorragique de dengue a tué 158 personnes, dont 101 enfants. Les laboratoires ont enquêté et démontré que les souches disséminées à Cuba n'avaient rien à faire avec celles actives dans les Caraïbes, beaucoup moins virulentes.

Et la même chose est arrivée cette année avec une épidémie de conjonctivite hémorragique causée par un agent pathogène qui, selon l'Agence panaméricaine de la santé, n'avait jamais existé auparavant dans les Caraïbes. Près de la base Guantanamo éclatent à l'improviste des cas de dysenterie qui se multiplient, coûtant la vie à 18 enfants cubains se multiplient.


Cinquante ans de blocus, d'embargo, de terrorisme, de  «push» qu' Obama vient de reconnaître.
George Bush, un poète frustré, savait ce qu'étaient ces "pressions" quand il a dit à la réunion annuelle de l'OEA, en une métaphore impulsive : "Un jour une vague de liberté arrivera à Cuba". Avant lui, Eisenhower avait également prédit la vague libératrice qui remettrait Batista en selle à Cuba, mais la vague emporta Eisenhower. J.F. Kennedy arriva, annonçant de nouvelles vagues libératrices qui, afin d'aider la mer, choisirent une plage cochonne pour déferler, mais d'autres vagues, qui n'ont pas encore été éclaircies, ont fini par noyer Kennedy à Dallas. Johnson a pris la suite pour les prévisions météo sur Cuba, prédisant l'arrivée du raz-de-marée rédempteur qui rendrait à Cuba sa splendeur passée de casinos et de maisons de passe, mais la vague a de nouveau fausse route et a emporté Johnson. Nixon, pour ne pas être en reste, annonça aussi l'arrivée à Cuba de la vague de liberté qui rétablirait les droits de la mafia à La Havane, mais la vague a passé et c'est Nixon qui a été noyé.
Gerald Ford est venu et a annoncé la présence imminente sur l'île d'une vague rédemptrice qui allait récupérer les nombreux criminels balayés par l'histoire et par Fidel, et les privilèges perdus, mais avant qu'il termine ses prédictions, le temps et l'eau ont balayé Ford. Jinmy Carter a également fait invoqué la vague de la liberté qui allait sauver Cuba de l'ignominie de la loi, de l'éducation et la santé, mais, encore une fois, c'est Carter que la vague a emporté. Ronald Reagan, qui ne partageait pas la vision des vagues libératrices sur Cuba, a tout fait pour aider à la mer dans son travail, mais la mer, de nouveau a pris la même voie et a emporté Reagan. Puis vint le premier Bush, qui répéta l'annonce mais lui non plus, personne ne l'écouta. Bill Clinton, ne voulant pas être en reste, et, depuis sa prise de fonction et l'embauche de la fameuse stagiaire, a prédit l'arrivée à Cuba de la vague libératrice. Il a attendu la vague huit ans, mais, quand elle est venue, c'est Clinton a été noyé. Et puis le deuxième Bush a donné libre cours à ses désirs que la vague de la liberté fasse de Cuba un autre bordel, un narco-État de narco de plus ... mais Bush non plus n'a pu voir cette vague arriver.

Obama continue à espérer la vague de la liberté mais au moins, il ne semble pas ignorer que les 50 années de "pressions" n'ont pas servi à provoquer l'effondrement de Cuba. Certes, ces 50 années n'ont pas non plus servi à ce que les USA répondent de leur infamie criminelle devant un tribunal improbable,  mais au moins elles ont servi à mettre en lumière la solitude de leur arrogance, dans 23 résolutions consécutives des Nations unies contre le blocus, dans lesquelles seuls les USA et Israël défendu ce blocus, contre l'avis de tout le monde, de 180 nations.
Et Obama, dans ses "pressions", en plus de confondre les verbes, se trompe aussi dans ses comptes, car ce ne sont pas 50 ans qui ont été perdus par l'obsession démentielle et scélérate du gouvernement qu'il dirige. Il devrait également considérées comme perdues toutes les années de colonialisme et d'esclavage qui ont essayé de faire de Cuba un bordel avec piste de danse et casino, parce que c'est dans cette Cuba qu'est née la seule vague libératrice qui y soit jamais arrivée, et c'est celle qui a mis la révolution en marche.

 
  • Juan Carlos (dit Koldo) Campos Sagaseta de Ilúrdoz est poète, dramaturge et chroniqueur. Né à Iruñea /Pamplona (Euskal Herria/Pays basque) le 14 avril 1954, il a pris en 1981 la nationalité de la République Dominicaine, où il a longtemps vécu, avant de revenir au Pays basque en 2005.

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