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Friday, 2 January 2015

Les ennuis d'Israël ne font que commencer: "l'option nucléaire" palestinienne entre en action

1/1/2015. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Les cris de victoire entendus au Cabinet du Premier ministre et au ministère des Affaires étrangères (israéliens), la nuit dernière, après le rejet par le Conseil de sécurité des Nations Unies de la résolution palestinienne pour mettre fin à l'occupation, étaient prématurés. Quelques heures plus tard, lorsque le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a signé le Statut de Rome et a demandé à rejoindre la Cour pénale internationale à La Haye, il était entendu que les problèmes d'Israël ne font que commencer.
La frustration après la défaite à l'ONU, combinée avec des pressions politiques internes, a forcé Abbas à faire le pas qu'il avait évité ces six dernières années. Pendant tout ce temps les USA et Israël ont clairement fait comprendre aux Palestiniens que le tribunal de La Haye était une ligne rouge. Mais malgré les avertissements de Washington et les menaces de Jérusalem, Abbas a utilisé son "option nucléaire", autrement dit la Cour pénale internationale.

Palestinian President Mahmoud Abbas lights a torch during a rally.
Le président palestinien Mahmoud Abbas (au centre) allume une torche pendant une cérémonie marquant le 50ème anniversaire de la fondation du Fatah, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 31 décembre 2014. Photo Reuters
Beaucoup de fonctionnaires de l'establishment politico-militaire israélien sont préoccupés par le fait que les Palestiniens adhèrent à la CPI. Ils écrivent rapidement des scripts de film d'horreur sur des guerres juridiques contre Israël qui ne se tiendront plus dans des tribunaux sans autorité, mais dans le système judiciaire le plus respecté au monde. Israël pourrait avoir à faire face à des actes d'accusation contre des commandants de Tsahal, ou des mandats d'arrêt contre des dirigeants d'entreprises construisant dans les territoires (Cisjordanie), ou même des plaintes déposées contre des politiciens israéliens.
Scénarios horribles mis à part, la réalité est plus complexe, et il n'y a pas lieu de paniquer. Comme pour chaque «option nucléaire», celle-ci est compliquée et prendra du temps à être mise en œuvre. Le moulin de la justice de La Haye prend ses décisions très lentement, et la délivrance de mises en accusation est un long processus. En outre, le procureur de la CPI comprend très bien la portée de la démarche palestinienne, et ne s'empressera pas de devenir un outil dans la lutte politique et diplomatique entre les deux parties.
Et comme toute "option nucléaire", son utilisation est aussi dangereuse pour l'attaquant que l'attaqué. En adhérant à la CPI, les Palestiniens vont également s'exposer à des contre-plaintes sur les tirs de roquettes à partir de Gaza et les attentats suicides dans les autobus de Tel-Aviv. Comme durant la guerre froide, le principe de la DMA - destruction mutuelle assurée - pourrait créer un équilibre de la dissuasion. Chaque partie pourrait bombarder l'autre de plaintes jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus respirer.
Le plus important est la façon dont Israël va réagir. La prochaine élection ne présage rien de bon sur la capacité ou le désir du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, du ministre de la Défense Moshe Yaalon ou du ministre de l'Économie Naftali Bennett de traiter avec le mouvement palestinien comme ils l'entendent. À en juger par les premières réactions des politiciens à la décision d'Abbas, les participants à la réunion ministérielle convoquée par Netanyahou aujourd'hui se livreront à une surenchère acharnée pour savoir qui peut proposer la punition la plus sévère.
La demande palestinienne de reconnaissance comme État aux Nations Unies en novembre 2012 avait également eu lieu pendant une campagne électorale israélienne. Netanyahou avait élaboré sa réponse avec les dirigeants de sa campagne électorale, presque sans consulter quelques professionnels que ce soit. Le résultat a été une vague incroyablement disproportionnée de construction de colonies, une décision affichée de construire dans la zone ultra-sensible E1 et une rupture internationale qui faillit déboucher sur le rappel par la Grande-Bretagne et la France leurs ambassadeurs.
Il est difficile de savoir si Netanyahou a tiré les leçons qui s'imposent. Sur la base de sa position dans les sondages, de la radicalisation attendue du groupe Likoud de la Knesset, et de sa soif de votes de droite, Netanyahou est susceptible de répondre d'une manière qui diminuerait pour les Palestiniens l'aspect négatif de leur adhésion à la CPI, et ferait encore une fois  d'Israël la cible de pressions internationales, rendant la perspective de sanctions de l'UE d'autant plus possibles.
Même si Abbas n'avait pas entamé le processus d'adhésion à la CPI, la "victoire diplomatique" proclamée par Netanyahu et Lieberman aurait été tactique et de courte durée. Elle n'a pas résolu le problème, elle n'a fait que le reporter. Netanyahou a réussi à faire ce qu'il fait le mieux, gagner du temps. Mais pas beaucoup plus. Dans les semaines ou mois qui viennent, le Conseil de sécurité des Nations Unies sera de retour, et cette fois avec des membres plus favorables aux Palestiniens, et la question sera soulevée de nouveau.
Les événements des dernières 48 heures sont la meilleure preuve de la position difficile d'Israël dans la communauté internationale. Ils témoignent de graves problèmes causés par six années d'inaction et de manque d'initiative diplomatique créative. Au bout du compte, le jour viendra où les manœuvres dilatoires et des mesures d'évitement ne seront tout simplement plus suffisantes.

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