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Monday, 9 February 2015

Ballet franco-allemand au Bolchoï

par Stratediplo, 9/2/2015
Le 5 février 2015, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont annoncé qu'ils bouleversaient leurs agendas respectifs pour aller l'après-midi même à Kiev rencontrer le président ukrainien Petro Porochenko puis le lendemain à Moscou parler avec le président Vladimir Poutine. Dès cette annonce-surprise, François Hollande a qualifié cette démarche d'ultime tentative diplomatique pour éviter la guerre, en précisant "si nous réussissons nous aurons évité les escalades ; si nous échouons, que dira-t-on, que la France et l'Allemagne ont fait tout ce qu'elles pouvaient faire".
Le contenu du discours qu'ils comptaient tenir, ou des propositions qu'ils comptaient faire, n'a pas été diffusé à l'avance, mais dès leur départ de Kiev Petro Porochenko a publiquement annoncé ce qui serait inacceptable pour lui, puis avant même leur arrivée à Moscou les services diplomatiques français et allemands ont laissé filtrer qu'il s'agissait de propositions sur la base des accords de Minsk.
Rappels
Entre parenthèses il convient de rappeler que les deux "accords de Minsk" ne sont pas un tout homogène. Le Protocole de Minsk, signé le 5 septembre 2014, répète l'ultimatum de Petro Porochenko du 20 juin en exigeant la capitulation immédiate de la résistance au coup d'état, l'exode des opposants et le renforcement du contrôle international de la frontière russo-ukrainienne. Le Memorandum de Minsk, signé le 19 septembre, établit un cessez-le-feu entre les factions ukrainiennes en prévoyant le retrait des armes lourdes au-delà de leur portée limite et la mise en place d'un contrôle international sur une bande de séparation entre les deux factions, ainsi que le retrait de tous les combattants et armements étrangers (www.stratediplo.blogspot.com/2014/12/the-minsk-memorandum-is-back-it.html).
Il n'est pas inutile de rappeler aussi que l'OTAN, l'Union Européenne et leurs membres se sont opposés aux négociations de Minsk, conduites à l'initiative de la Biélorussie et avec l'assistance de la Russie sans aucune participation occidentale. Les pays de l'Alliance Atlantique ont particulièrement manifesté leur opposition en invitant le président ukrainien Petro Porochenko au sommet de l'OTAN à Newport (et en promettant de financer encore plus sa campagne militaire contre la population du sud-est) au moment même où se tenaient ces discussions inter-ukrainiennes, puis en publiant un nouveau train de sanctions contre la Russie (facilitatrice des discussions sous l'égide de l'OSCE) ce même 5 septembre dès qu'ils ont appris qu'un document commun avait été signé à Minsk.
Il convient de ne pas perdre de vue non plus que c'est le gouvernement ukrainien qui a systématiquement violé ces accords, moins de deux heures après le début de la courte trêve le 20 septembre, en intensifiant le bombardement des zones résidentielles du sud-est (aux missiles balistiques SS-21, aux bombes au phosphore blanc, aux obus à fragmentation et aux missiles à sous-munitions), en refusant de retirer ses armes lourdes, en déployant des mines antipersonnel (comme la mine antipersonnel à effet dirigé MOH qui a détruit l'autobus à Volnovakha le 13 janvier), en envoyant les hordes de Pravy Sektor pratiquer le viol des jeunes femmes de la zone de démarcation, l'enlèvement de paysans à la veille de chaque date d'échange de prisonniers, et surtout le massacre de milliers de civils innocents dont l'OSCE explore encore les fosses communes dans les zones péniblement libérées par la résistance. Si Petro Porochenko a prétendu le 7 février n'avoir perdu que 1200 militaires et tué que 5400 civils, d'après Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung du 8 février le renseignement militaire allemand estime les pertes totales à déjà 50000 (soit la moitié de la guerre de Bosnie ou de la guerre civile algérienne). Et d'après le Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU, ce début de génocide a déjà provoqué l'exode (son but annoncé) de 1,6 millions de personnes, soit un quart de la population des régions "anti-terrorisées" par le gouvernement ukrainien.

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