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Sunday, 15 February 2015

La lutte pour le climat est relancée

par Jørgen Steen Nielsen, Information, Danemark, 14/2/2014
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
On assiste à un regain d'optimisme dans les négociations sur un accord climatique mondial. Simultanément une campagne de boycott par les actionnaires des entreprises exploitant des ressources fossiles démarre. Des conflits classiques en perspective.
Si la quantité de mots reflète les progrès, il y a donc eu des progrès significatifs dans la ronde de négociations sur le climat, qui s'est achevée hier à Genève, Suisse.
Tout au long de la semaine, des négociateurs du monde entier ont travaillé sur le texte qui servira de base pour un accord climatique mondial lors de la réunion COP21 à Paris en décembre prochain. Et si les négociations ont commencé dimanche dernier avec un document de 38 pages, on a atteint hier 86 pages. En outre, l'atmosphère lors de la conclusion de la réunion de Genève était bien meilleure que dans la plupart des précédentes rondes traumatiques dans le processus vers un accord global qui dure maintenant depuis plusieurs années.
Aussi ailleurs l'ambiance était bonne. Pendant qu'on étudiait des paragraphes au Palais des Nations à Genève, des mouvements de base ont mené des actions à travers le monde pour une société libre d'énergies fossiles sous le slogan "
Desinvestissons des combustibles fossiles".
http://gofossilfree.org/fr/
"Il est clair que les signaux du monde extérieur comme ceux-ci jouent dans les négociations climatiques sur l'objectif à long terme, à savoir comment nous pouvons arrêter l'abus malsain de combustibles fossiles et de nous diriger vers une société affranchie des énergies fossiles avec 100 pour cent d' énergie renouvelable", dit Jens Mattias Clausen, conseiller en politique climatique de Greenpeace, qui a suivi la réunion de Genève tout au long de la semaine. Ainsi, le texte de 86 pages de Genève contient jusqu'à 15 formulations alternatives sur un objectif à long terme d'engagement mondial, allant de "liquidation totale de l'énergie fossile d'ici 2050" à "un abandon du business as usual".
La bonne humeur
La bonne ambiance lors de la réunion de Genève est due au fait que la présidence de la réunion a choisi de laisser tous les pays présenter toutes les propositions possibles dans tous les domaines pour les inclure dans ce qui est maintenant un projet très complet d'accord de Paris.
"La ressource la plus précieuse dans ces négociations est la confiance. Dans cette réunion on a beaucoup investi dans cette ressource", a déclaré Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, lors de la clôture de la réunion.
Elle a également dit qu'il ya une compréhension croissante parmi les parties qu'un accord sur le climat doit être guidé par ce que la science c'est-à -dire le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) - dit sur les mesures nécessaires, à savoir que l’augmentation de la température au niveau mondial devrait rester inférieure à deux degrés Celsius. Cela signifie - dans l'interprétation par Figueres du GIEC que la réduction des émissions de gaz à effet de serre doit culminer "en une décennie" et que le monde doit ensuite parvenir à "la neutralité climatique dans la seconde moitié de ce siècle."
Le caractère réaliste de cet objectif dépend de deux choses: que les pays présentent avant le 1er avril des objectifs nationaux de réduction de CO2 fixes volontairement, qui, pris ensemble, sont suffisamment stricts pour garantir qu'on restera en-dessous du seuil de 2 degrés. Et que l'accord de Paris contient des mécanismes pour assurer que les objectifs seront atteints.
Avec le caractère volontaire que de nombreux pays - dont les USA et la Chine posent comme condition pour signer un accord à Paris, on considère comme acquis que la somme des objectifs nationaux de CO2 ne sera pas suffisante. Par conséquent, l'UE entre autres, a exigé un processus commun de renforcement d'ici la  COP21 en décembre. Ce que l'Inde entre autres qualifie d'ingérence inacceptable dans les affaires intérieures du pays, et Christiana Figueres a signalé hier que probablement il sera question que l'Accord de Paris décide un «processus à long terme» pour atteindre progressivement les objectifs.
Le texte de 86 pages sera discuté lors d'une ronde de négociations à Bonn en juin. C'est là qu'on verra si la bonne humeur de Genève sera toujours de mise, lorsqu'on passera de la simple énumération de toutes les suggestions et opinions possibles dans le texte au bras de fer sur ce qui doit être rejeté, et ce sur quoi on va s'engager de fait à Paris.
"Après des années d'échecs et de promesses non tenues, ce n'est pas un mince exploit d'avoir recréé une adhésion  commune et la confiance dans le processus", a déclaré le porte-parole de l' Alliance des petits États insulaires (AOSIS), l'ambassadeur des Maldives à l'ONU Ahmed Sareer, à la fin de la réunion de Genève.Selon Jens Mattias Clausen, de Greenpeace, qui est également encouragé par l'ambiance à Genève, se cache des conflits classiques se cachent sous la surface."On n'a résolu aucun des problèmes-clé à cette réunion, et les pays en voie de développement, par exemple ont rappelé que si un accord doit également impliquer des ambitions et des réductions de CO2 plus élevées pour les pays en développement, les pays développés doivent mettre de l'argent sur la table,», dit-il.
Rassemblement contre le fracking à Londres, fin janvier 2015
Actifs échoués*
Parallèlement à
la conclusion de la réunion de Genève, des actions ont été menées dans environ 50 pays à travers le monde dans le cadre de la campagne pour désinvestir des entreprises d'énergie fossile. La campagne travaille  pour obtenir des investisseurs institutionnels qu'ils vendent leurs actions dans les entreprises exploitant charbon, pétrole et gaz.
L'argument
est que jusqu'à 80 pour cent des réserves fossiles connues doivent selon le GIEC rester intouchées qu'on ait  une chance raisonnable de maintenir l'augmentation de la température en dessous de deux degrés. Si l'accord de Paris ou d'autres initiatives sur le climat conduisent à ce qu'une proportion croissante de réserves fossiles ne sont plus exploitées, les actions des entreprises de fossiles peuvent finir comme «actifs échoués», c'est-à-dire des investissements à fond perdu.
Selon la campagne
Fossil Free, qui a organisé  les nombreuses actions hier, 180 investisseurs institutionnels avaient décidé à la fin de l'année dernière de se débarrasser de leurs titres fossiles.
"
Il y a maintenant plus de 500 campagnes en cours pour le désinvestissement  dans des universités, des  villes, des églises, des banques, des fonds de pension et d'autres institutions",  dit Maj Boeve, directrice de la campagne.
Parmi les actions
d'hier il y a eu également une réunion à Copenhague, où l'initiative Avenir responsable a tenu un atelier sur la façon dont les clients de fonds de pension peuvent, dans les assemblées générales de ce printemps, ouvrir la voie à un désinvestissement des énergies fossiles.
"
Les enseignants lors de leur prochaine assemblée générale et bien d'autres avec eux ne doivent-ils pas reconnaître que le rendement de l'économie pétrolière ne est plus ce qu'il a été. Qu'il est temps de penser de façon innovante et d'agir en conséquence ", a écrit l'ancienne commissaire au Climat de l'UE Connie Hedegaard hier dans une tribune dans le journal Politiken.


NdT
*
On entend par « actifs échoués » les investissements réalisés à une période où les émissions de gaz à effet de serre étaient considérées comme inoffensives mais qui perdent de la valeur suite à l'introduction de cette nouvelle rareté. On peut considérer l'allocation gratuite de permis comme une compensation pour ces « actifs échoués ». Cependant, le calcul de la perte exacte encourue par ces entreprises est très malaisé et leur comportement de recherche de profits rendra la chose encore plus difficile.

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