Ameer Makhoul, Progress Center for Policies, 27/11/2025
:النسخة العربية
تحولات
العقيدة الأمنية الإسرائيلية بعد حرب إيران: الدروس المستخلصة واستراتيجيات الردع
المقبلة
Traduit par Tlaxcala
Introduction
Les
déclarations des responsables militaires et sécuritaires israéliens — ainsi que
les évolutions sur le terrain au Liban, en Syrie et en Cisjordanie — indiquent
un changement structurel dans la doctrine sécuritaire d’Israël durant la
période qui a suivi la guerre Israël–Iran, à la suite des répercussions de
l’échec du 7 octobre 2023 et de la guerre multi-fronts. Ces indicateurs
révèlent une reformulation complète des concepts militaires, des piliers de la
dissuasion et des cadres opérationnels. Ils reflètent un passage de stratégies
de confinement et de dissuasion mutuelle vers des approches plus offensives et
préventives, centrées sur la destruction proactive, la redéfinition de la
profondeur d’engagement et la volonté d’imposer une guerre d’usure unilatérale
et continue sans provoquer de réponses.
Ce
document analyse ces transformations à travers une méthodologie comparative
combinant discours militaire israélien et évaluations de terrain, et anticipe
leurs implications pour l’environnement régional.
I.
Implications stratégiques des déclarations militaires israéliennes
1.
La « hardiesse » de l’Iran et l’évolution de la perception de la menace
Boaz
Levy, PDG d’Israel Aerospace Industries, a déclaré lors de la conférence
UVID2025 que « la plus grande surprise n’était pas technologique, mais
comportementale », faisant référence à la disposition de l’Iran à lancer un «
volume sans précédent de missiles au cœur d’Israël ».
Cette analyse signale un changement majeur dans la perception israélienne du
risque iranien — non seulement comme menace technologique, mais comme preuve de
la volonté de l’Iran d’engager une confrontation directe à haut coût au cœur
même d’Israël.
Dans
cette perspective, Israël accorde la priorité au renforcement de ses capacités
de défense antimissile, notamment les systèmes avancés Arrow-4 et Arrow-5,
développés en étroite coopération avec les USA.
2.
Évaluation de l’INSS : opportunités stratégiques manquées et montée en
puissance du Hezbollah
Tamir
Hayman, directeur de l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS), affirme
qu’Israël continue de « manquer des opportunités stratégiques », notamment
celles qui auraient pu stopper le réarmement du Hezbollah après le
cessez-le-feu.
Son analyse repose sur l’équation suivante :
- Si le Hezbollah
continue de renforcer ses capacités plus vite qu’Israël ne peut les
éroder,
- Israël devra choisir
entre s’adapter à cette montée en puissance et lancer une nouvelle guerre.
Hayman
ajoute que, du point de vue israélien, une « domination jihadiste soutenue par
la Turquie » pourrait être moins menaçante qu’une « hégémonie iranienne qui
renforce le Hezbollah ».
Ces déclarations structurent le comportement militaire israélien au Liban et en Syrie et renforcent l’idée, dominante en Israël, que la principale menace au nord est l’axe Iran–Hezbollah.
II.
Transformations sur le terrain dans la conduite militaire israélienne
1.
Du confinement à la « fin du confinement » : la doctrine de neutralisation
préventive
Les
opérations israéliennes dans le sud du Liban indiquent une transition du
confinement et de la dissuasion réciproque vers une doctrine de neutralisation
préventive des menaces avant qu’elles ne mûrissent.
Cette approche repose sur :
- L’élargissement du
champ d’action militaire aux menaces potentielles, et non seulement
présentes ;
- Le développement d’un
renseignement opérationnel doté de capacités « transfrontalières »,
nécessitant une coordination sophistiquée avec les USA, le Royaume-Uni et
l’Allemagne ;
- Le ciblage
d’infrastructures de commandement et de contrôle plus en profondeur au
Liban, et non seulement proches de la frontière.
L’objectif
est de démanteler les capacités militaires du Hezbollah avant qu’elles ne
deviennent une menace stratégique.
2.
L’impact du 7 octobre : reconstruire le cadre de référence sécuritaire
L’échec
du 7 octobre 2023 a marqué un tournant décisif. « Empêcher un autre 7 octobre »
structure désormais l’ensemble des politiques sécuritaires, en ligne avec le
concept de « l’Israël spartiate » de Netanyahou, qui implique :
- La militarisation de
la société et de l’économie ;
- La priorité accordée
aux solutions sécuritaires plutôt que politiques ;
- L’expansion des
actions préventives au détriment de la gestion du conflit.
Dans
ce contexte, Israël met en œuvre le projet du « Nouveau Levant » dans les
territoires syriens occupés — un système avancé de fortifications appuyé par
une surveillance basée sur l’IA à travers cinq positions avancées — afin de
bloquer toute manœuvre ou infiltration vers le Golan occupé.
Israël
a également établi neuf nouveaux sites opérationnels, consolidant un virage
vers une présence militaire permanente.
3.
Sud-Liban : produire une zone tampon de facto
Le
déploiement israélien dans le sud du Liban révèle une approche systématique
visant à :
- Créer les conditions
opérationnelles d’une zone tampon de facto sans déclaration officielle ;
- Consolider cinq
positions opérationnelles principales ;
- Cibler la banlieue
sud de Beyrouth afin de relier la géographie du champ de bataille à une
pression stratégique.
Ces mesures visent à reconstruire une dissuasion unilatérale tout en réduisant la capacité du Hezbollah à se réarmer, manœuvrer ou lancer des ripostes proportionnelles.
III.
Tournant en Cisjordanie : de la surveillance à la fermeture stratégique
Sous
prétexte d’empêcher « une opération de type 7 octobre », l’armée israélienne a
adopté un modèle en Cisjordanie fondé sur :
- Le déplacement
continu des camps (de réfugiés)-bastions armés (Jénine, Tulkarem) ;
- La désignation de
vastes zones comme zones militaires fermées ;
- L’imposition de
restrictions prolongées sur la circulation des civils ;
- La projection du
combat dans la profondeur de l’adversaire via des opérations préventives
de grande ampleur.
Cela
marque la fin des politiques traditionnelles de confinement au profit d’un
modèle reposant sur un contrôle militaire total.
Emad Hajjaj, Palestine/Jordanie
IV.
La guerre des drones : la forme de la prochaine confrontation
Les
évaluations israéliennes indiquent que les guerres futures se structureront
autour des drones offensifs et défensifs, et qu’Israël doit déplacer l’ensemble
du théâtre de conflit en territoire ennemi afin d’empêcher les attaques sur sa
propre profondeur.
En conséquence, Israël redéfinit sa doctrine frontalière autour du principe de
« l’éloignement préventif des menaces » plutôt que leur simple interception.
La récente évacuation à grande échelle des habitants du nord est de plus en plus considérée en Israël comme une « erreur stratégique », poussant l’armée à construire des frontières défensives plus profondes pour empêcher le transfert de la guerre vers le front intérieur.
V.
De la dépendance au partenariat : transformation des relations usaméricano-israéliennes
Israël
cherche à passer d’une dépendance unilatérale envers les USA à un partenariat
stratégique mutuellement bénéfique, en particulier dans :
- La technologie
militaire ;
- La défense
antimissile ;
- La guerre fondée sur
l’intelligence artificielle.
Israël considère la montée en puissance technologique de l’Iran — en partie basée sur la technologie chinoise — comme un facteur clé pour approfondir la coopération militaro-technologique avec les USA, afin de garantir une position avancée dans la course mondiale à la supériorité technologique.
Conclusion
La
doctrine sécuritaire israélienne en train d’émerger se caractérise par :
- L’absence d’horizon
politique, les approches militaires éclipsant la diplomatie et la montée
du récit de « l’Israël spartiate » ;
- La reconstruction de
la dissuasion par le déplacement de la guerre dans la profondeur des
adversaires et le remplacement de la dissuasion mutuelle par une
dissuasion unilatérale basée sur la supériorité militaire et technologique
;
- La transformation de
la géographie environnante en zones tampons implicites (sud-Liban, Golan
et sud de la Syrie, parties de la Cisjordanie et de Gaza) ;
- L’adoption d’un
modèle de guerre multi-fronts, nécessitant une supériorité technologique
et informationnelle combinée, développée conjointement avec les USA ;
- Un investissement
massif dans le complexe militaro-industriel comme principal garant d’une
dissuasion durable et d’une supériorité qualitative ;
- Une redéfinition des
relations avec les USA, passant du patronage au partenariat stratégique
face à la connexion militaire et technologique Iran–Chine.


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