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19/04/2026
18/04/2026
Le meilleur alibi : le sionisme, un colonialisme travesti en mouvement de libération nationale
Luis E. Sabini Fernández, 18/04/2026
Traduit par Tlaxcala
Quel autre projet colonial, quel État a exercé le colonialisme le plus effréné, avec la plus grande impunité morale et psychique, que le sionisme ?
Il n’existe pas de cas identique, bien que
certains s’en soient approchés. Tels la construction des USA, de l’Afrique du
Sud – non pas la colonisation anglo-saxonne en plein pillage planétaire, mais
les premiers établissements boers du XVIe siècle, contemporains des colonies
nord-européens en Amérique du Nord. D’autres cas de colonialisme cherchant sa
propre légitimation comme s’il n’était pas colonialiste, furent ceux des
pieds-noirs en Algérie ou, passé le moment de la conquête, les pays du Río de
la Plata. Mais aucun d’eux ne peut se comparer en termes de déni du caractère
colonial au sionisme.
Le colonialisme sioniste est un cas unique avec un
alibi exclusif ; celui que l’historien juif Norman Finkelstein a justement
qualifié d’« industrie de l’Holocauste ». Cette assurance idéologique est ce
qui permettra à la « lutte pour la libération nationale » sioniste de jouir de
la meilleure conscience tranquille, depuis le socialisme, depuis la pensée
critique, depuis l’irréalité, en mentionnant la « libération des peuples
opprimés », et lui conférera par là une portée et une profondeur sans pareilles
dans l’élaboration idéologique et programmatique.
La première et principale difficulté de tout
colonialisme réside dans le fait qu’il est très difficile de VOIR les
colonisés.
Le sionisme s’est doté d’une série d’armures et d’alibis
d’une ingéniosité indéniable, au point qu’il a également conquis les âmes de
ses représentants, qui ne se sentaient nullement colonialistes, spoliateurs de
terres étrangères, comme les Anglais en Afrique ou les Espagnols en Amérique.
Au tournant du XIXe au XXe
siècle, le socialisme était devenu la solution entrevue, juste, adéquate,
désirée, face aux « excès » du capital privé et de ses représentants, avec une
énorme validité virtuelle (du moins dans notre Occident).
Le socialisme répondait culturellement et
psychiquement, aussi bien à un Citizen Kane qu’à un Kurtz, si l’on
se réfère à l’expansion capitaliste. Et il était également une réponse aux
formations de l’État absolu, aussi bien d’un Louis XVI que du roi belge Léopold
II, le pédagogue des mutilations.
Et peut-être la première armure idéologique du
sionisme a-t-elle été de s’identifier au socialisme (et aussi au nationalisme ;
une autre idéologie, alors contemporaine et également libératrice. Il y eut
deux sionismes au début du XXe siècle ; l’un s’identifiant (en
paroles) à une certaine démocratie sociale ; l’autre, nationaliste, dit
révisionniste, de type nazi-fasciste).
Mouvement de libération nationale ou d’oppression
nationale ?
Au milieu du XXe siècle, mes amis juifs
et moi-même nous sentions socialistes, universalistes. Assez pour avoir des
amis et même des conjoints non juifs, bien que mes amis se sentissent
suffisamment juifs pour embrasser la construction d’Israël, faire l’aliyah
pour se trouver, alors oui, dans une vraie patrie.
Le socialisme les amenait à rejoindre des
kibboutz, un socialisme à visage juif. Certes, un socialisme juif, c’est-à-dire
non universaliste (donc, pas socialiste). Mais presque ; nous étions invités à
participer par des visites et des contributions à cette édification. Pas
exactement tous ; Uruguayens, Argentins, Italiens, Suédois... Arabes non.
Curieux. Ils étaient plus proches, pour ainsi dire à côté.
Mes amis kibboutzniks ne mentionnaient jamais un
Arabe, quoi que ce soit d’arabe. Et ils étaient parmi les « rebelles »,
appartenaient à des kibboutz de gauche. Ils connaissaient et sympathisaient,
par exemple, avec les « panthères noires » israéliennes, qui étaient les exclus
de là-bas par les juifs dominants, ashkénazes. Les Juifs mizrahim, d’origine
arabe, généralement un peu plus foncés que les Ashkénazes d’origine européenne
(avec ou sans passage par les pays américains).[1]
Il y avait alors un silence assourdissant
concernant les Arabes, la population qui était peu à peu dépossédée. Résistant.
Les accrochages de rue se succédaient et mes amis ne parlaient jamais des
Arabes ; seulement que la police israélienne était honorable, qu’elle ne
torturait pas parce que ses codes éthiques ne le permettaient pas (ni ne
permettaient à la direction policière ou politique de l’employer...).
Ce « tant de pureté de conduite » contrastait avec
les rapports journalistiques croissants qui disaient précisément le contraire
(généralement de source palestinienne, qui n’était pas fiable pour mes amis).
Ni ceux qui étaient « mes amis », ni les autres n’eurent
jamais un mot ni des yeux pour voir ce qu’un journaliste italien, Gennaro
Carotenuto, vit en visitant Israël seulement quelques jours à l’aube du nouveau
siècle : que les Israéliens gaspillaient l’eau dans des piscines et pour laver
leurs voitures, alors qu’à quelques mètres, les Palestiniens manquaient d’eau
ne serait-ce que pour donner à boire à leurs enfants[2] ; que les « difficultés
» de rue entre Israéliens étaient traitées par des policiers, et avec les
Palestiniens par des soldats de l’armée ; que les Israéliens avaient des
maisons avec beaucoup de « confort » et les Palestiniens, en revanche, avaient
des logements en mauvais état (bien que certains portent les traces d’une
splendeur passée) et leurs habitants vivaient entassés (les règlements sur le
logement refusaient aux Palestiniens le droit de construire ne serait-ce qu’une
pièce, et par conséquent, ils devaient en permanence se réorganiser dans des
espaces de plus en plus étroits, par exemple lors d’une naissance, ou en cas d’effondrement
d’un bâtiment ou d’une confiscation publique pour étendre un service –
israélien – de la ville. Les Palestiniens ne recevaient jamais plus de
terre ni de permis de construire, quitte à « se débrouiller » avec ce qui leur
restait... La politique de restriction, si caractéristique de l’étranglement à
bas bruit du projet israélien.
Le dialogue avec mes vieilles connaissances s’est
peu à peu rétréci jusqu’à cesser expressément.[3]
Se sentir socialiste, partisan de la fraternité
universelle, quel bel alibi pour exercer une domination despotique !
Une Palestine sioniste
L’implantation de juifs, désormais sionistes, sur
les terres palestiniennes, a eu dès le début des caractéristiques très nettes.
Et contrairement aux immigrants qui, par exemple en Amérique du Sud, ont
lentement imprégné leurs propres cercles sociaux et linguistiques, et ont créé
des sociétés mixtes, dans le cas des immigrants organisés par le sionisme pour
s’établir en Palestine, les traits furent constitutionnellement différents :
ils venaient avec un plan général et préalable, disposé par le Fonds national
juif (Keren Kayemeth LeIsrael) qui incluait l’apprentissage de la langue juive,
l’hébreu, qui était resté pendant des siècles uniquement comme rituel de
lecture religieuse. « Redonnant vie » à la langue dans la vie quotidienne. Et
avec la langue, un réseau culturel général spécifiquement juif, sans imprégner
un atome de la présence réelle et quotidienne de la population palestinienne,
de sa culture et de ses religions (majorité musulmane, minorité chrétienne et
une minorité encore plus petite, juive). Au début de ce processus (aliyah)
parmi les juifs, il y aura des conflits et des escarmouches entre le Vieux
Yichouv [communauté juive] et le Nouveau Yichouv ; y compris des conflits
sanglants.
Il s’agissait de deux judaïsmes différents ; le
sionisme ne tolérera pas la moindre concession à ce qui est vraiment historique
en Palestine : son projet sera purement idéologique.[4]
Avec le temps, l’implantation sioniste effacera
peu à peu ses traits les plus humanistes (Buber, Chomsky, Borojov) et
accentuera son racisme et son suprémacisme les plus débridés (Ben Gourion, Zeev
Jabotinski, Golda Meir, Ehud Barak, Yitzhak Rabin, Menahem Begin, Ayelet Shaked,
Naftali Bennett, Ariel Sharon, Benyamin Netanyahou).
Nous en sommes ainsi à ce que Salahj Eddin
qualifia très justement en 2001 de « fascisme théocratique ».[5]
Temps du mépris biblique
Il est important de savoir que les traits
colonialistes et leur brutalité intime et leur racisme ne sont pas des
dérivations plus ou moins fortuites, comme le postulent tant de sionistes « de
gauche ». Ben Gourion lui-même – interviewé comme modéré et opposé au «
sionisme de droite » – soutenait déjà en 1948, année inaugurale, que « toute la
nation est l’armée ».[6] Et il le corrobore lorsqu’il place (à quelques
semaines de l’assassinat) parmi ses gardes du corps l’ignoble assassin de Folke
Bernadotte, le premier médiateur de l’ONU, qui osa revendiquer des droits non
seulement pour les juifs mais aussi pour les Palestiniens.
Pour comprendre la gravité du comportement
israélien, il faut réaliser, comme le soutient Israel Shamir (juif converti au
christianisme orthodoxe), que les atrocités que nous voyons quotidiennement
commises par les Israéliens contre les Palestiniens, parfois en souriant, comme
s’ils en jouissaient, ont des racines religieuses encore plus fortes que
politiques : lorsqu’ils déclenchent des hostilités par surprise contre l’Iran
un samedi et assassinent entre cent et deux cents fillettes, ils le font en
pleine veille religieuse, agissant avec Dieu de leur côté, pensent-ils.
Face au poids, de plus en plus écrasant du
sionisme dans le concert mondial, à sa domination sur l’État considéré comme le
plus fort de la planète, nous pouvons revendiquer la présence de juifs, de
nombreux juifs rompant leurs amarres avec un développement aussi monstrueux.
Martín Gak, lui-même juif engagé dans la
dénonciation des crimes sionistes, a mené une formidable entretien avec Stephen Kapos (fév. 2026), un juif hongrois,
à vrai dire un Transylvain né hongrois et après la Seconde Guerre mondiale avec
le « redessinage » des frontières devenu roumain, né en 1937 et qui cette
année, à 89 ans, se souvient lucidement de cette époque. Et il se souvient des
« nazis » et des « juifs » d’alors.
Il brise tous les lieux communs et préjugés
auxquels les médias d’incommunication de masse nous ont habitués. Lorsqu’il
parle de l’armée nazie, qui occupait sa région natale, il dit : c’étaient « des
gens normaux ». « J’ai trouvé la Wehrmacht assez humaine ». Des paroles «
sacrilèges », pour La Voix de l’Amérique, par exemple.
Et il se souvient de sa visite à Haïfa, pour voir
ses oncles qui avaient émigré en Israël après la Seconde Guerre mondiale. Il
avait environ 20 ans et il voit [je suppose à la télévision] une manifestation
de Palestiniens, pacifique, dans les rues (il ne précise pas si c’est à Haïfa
ou dans une autre ville) et il voit soudain apparaître des hélicoptères armés
qui déchargent leurs projectiles sur les manifestants. Il est horrifié, bien qu’il
n’ait pas pu savoir si les Palestiniens étaient touchés par des projectiles
(non) mortels ou par des balles réelles. Sa tante observe sa réaction et lui
dit, étonnée, plutôt agacée : « Pourquoi tout ce chahut, tu ne vois pas que ce
ne sont que des Arabes ? » Stephen a écarté l’idée de faire ou refaire sa vie
en Israël.
Gilad Atzmon, un autre ex-juif, que nous pourrions
appeler objecteur de conscience juif, nous rappelle : « les fréquentes mentions
de violence et d’extermination des autres contenues dans la Bible hébraïque
peuvent jeter quelque lumière sur l’abominable génocide que l’État juif
pratique en ce moment à Gaza... sans montrer pour eux [pour les Palestiniens]
la moindre once de miséricorde. » (« L’Ancien Testament et le génocide à Gaza », 8-1-2009)
Il nous est chaque jour plus clair, le titre
formidable que Ron Unz, un autre juif lucide et audacieux, a donné à l’un de
ses articles : « Israël sioniste comme nation assassine ».
Notes
[1] La compagne d’un de mes amis, basanée et avec des ancêtres amérindiens, avait des difficultés à se déplacer seule dans les rues israéliennes dans les années 60, elle subissait tout le temps des agressions verbales. Et elle, qui n’était ni panthère, ni mizrahi, ni même juive, avait même des difficultés linguistiques pour se défendre.
[2] L’approvisionnement en eau était et est administré par Mekorot, la compagnie publique régulatrice de l’eau, qui vend l’eau à des prix subventionnés aux juifs et à prix plus élevé aux Palestiniens appauvris.
[3] En réaction, il m’a fallu subir la réprobation de compatriotes, non juifs, frères et sœurs de conjoints non juifs de juifs « de retour » qui s’installaient en Israël incarnant un retour irréel, mythique, totalement étranger à leurs biographies corporelles ou ethniques. Ashkénazes, Mizrahim, Séfarades, Falashas ne sont pas tous le même peuple (de Dieu).
[4] Rarement j’ai vu le vieil apophtegme de l’admirable Francisco de Goya mieux vérifié : « Le sommeil de la raison engendre des monstres ».
[5] Palestina en lucha, Madrid, oct. 2001.
[6] Haim Bresheeth-Zabner, An Army Like No Other. How the Israel Defense Force Made a Nation, Verso, 2020
La mejor coartada: el sionismo, colonialismo travestido en movimiento de liberación nacional
Luis E. Sabini Fernández, 18-04-2026
¿Qué otro proyecto colonial, qué Estado ha ejercido el colonialismo más rampante, con mayor impunidad moral y psíquica, de cómo lo ha ejercido, lo ejerce el sionismo?
No hay un caso igual, aunque haya habido algunos que se les han acercado. Tal el de la construcción de los USA, el de África del Sur ─no lo anglo, colonizando en pleno saqueo planetario sino en los primeros asentamientos Boers, del siglo XVI, contemporáneos a los asentamientos norteuropeos en América del Norte. Otros casos de colonialismo buscando su propia legitimación como si no fuera colonialista, fue el de los pies negros, en Argelia o, pasado el momento de conquista, el de los países platenses. Pero ninguno de ellos se compara con la negación a lo colonial del sionismo.
El colonialismo sionista es un caso único con
coartada exclusiva; la que con buen tino el historiador judío Norman
Finkelsteín ha calificado como tal a la “industria del holocausto”. Ese seguro
ideológico será el que le permita “a la lucha por la liberación nacional”
sionista disfrutar de la mejor buena conciencia, desde el socialismo, desde el
pensamiento crítico, desde la irrealidad, mencionando la ‘liberación de los
pueblos sojuzgados’, y le otorgará por ello, un alcance y profundidad sin
parangón en la elaboración ideológica y programática.
La primera y principal dificultad de cualquier
colonialismo estriba en que es muy difícil VER a los colonizados.
El sionismo se pertrechó con una serie de armaduras
y coartadas de innegable ingeniosidad, al punto que conquistó también las almas
de sus personeros, que no se sentían, para nada, colonialistas, arrebatadores
de tierras ajenas, como los ingleses en África o los españoles en América.
En el cambio de siglo, del XIX al XX, el
socialismo se había ido convirtiendo en la entrevista solución, justa,
adecuada, anhelante, ante “los excesos” del capital privado y sus
representantes, con enorme vigencia virtual (al menos en nuestro Occidente).
El socialismo respondía cultural y anímicamente, tanto
a un Citizen Kane como a un Kurtz, si nos referimos a la
expansión capitalista. Y era asimismo respuesta a las formaciones del estado
absoluto, tanto de un Luis XVI como del rey belga Leopoldo II, el pedagogo de
las mutilaciones.
Y tal vez la primera armadura ideológica del
sionismo haya sido identificarse con el socialismo (y también con el
nacionalismo; otra ideología, entonces contemporánea y también manumisora. Hubo
dos sionismos a comienzos del s XX; uno identificándose (de palabra) con cierta
democracia social; otro, nacionalista, el llamado revisionista, de corte nazifascista).
¿Movimiento de liberación
nacional o de opresión nacional?
A mediados del Siglo XX, mis amigos judíos y yo
nos sentíamos socialistas, universalistas. Tanto como para tener amigos y hasta
parejas no judías, aunque mis amigos se sentían suficientemente judíos como
para abrazar la construcción de Israel, hacer aliá para hallarse,
entonces sí, en una patria verdadera.
El socialismo los llevaba a sumarse a kibutzim, un
socialismo con rostro judío. Eso sí, un socialismo judío, es decir no
universalista (entonces, no socialista). Pero casi; estábamos invitados a
participar con visitas y contribuciones a dicha edificación. No exactamente
todos; uruguayos, argentinos, italianos, suecos… árabes no. Curioso. Estaban
más cerca, como quien dice al lado.
Mis amigos kibutzniks no mencionaban jamás a un
árabe, a algo árabe. Y eran de los “rebeldes”, pertenecían a kibutzim de
izquierda. Conocían y simpatizaban, por ejemplo, con “las panteras negras”
israelíes, que eran los excluidos allí por los judíos dominantes, askenazíes.
Judíos mizrahim, de origen árabe, generalmente una pizca más oscuros que los
askenazíes de origen europeo (con puente o no por países americanos).[1]
Había entonces un silencio estridente respecto de
los árabes, la población que estaba siendo paso a paso despojada. Resistiendo.
Los roces callejeros se sucedían y mis amigos no hablaban nunca de árabes;
únicamente que la policía israelí era honorable, que no torturaba porque sus
códigos éticos no se lo permitían (ni permitía a la dirección policial o política
emplearla…).
Contrastaba “tanta pureza de conducta” con los
crecientes informes periodísticos que decían precisamente lo contrario
(generalmente de fuente palestina, que no era confiable para mis amigos).
Ni los que fueran “mis amigos”, ni los demás tuvieron jamás una palabra ni ojos para ver lo
que un periodista italiano, Genaro Carotenuto, vio con apenas visitar Israel
unos días en los albores del nuevo siglo: que los israelíes derrochaban el agua
en piscinas y lavando sus autos, en tanto, a pocos metros, los palestinos
carecían de agua para incluso darles de beber a sus niños;[2]
que las “dificultades” callejeras entre israelíes eran tramitadas por policías,
y con palestinos por soldados del ejército; que los israelíes tenían casas con
muchas “comodidades” y los palestinos, en cambio, tenían viviendas en mal
estado (aunque algunas tuvieran las huellas de pasado esplendor) y sus
habitantes convivían apretujados (los reglamentos habitacionales negaban a los
palestinos el derecho a edificar siquiera una pieza, y por lo tanto, tenían que
permanentemente reacomodarse en sitios cada vez más estrechos, por ejemplo con
un nacimiento, o en caso de derrumbe de una edificación o por una confiscación
pública para ampliar un servicio ─israelí─ de la ciudad. Los palestinos nunca
recibían más tierra ni permisos de edificación, apenas “revolverse” con lo que
les iba quedando…. La política constrictora, tan característica del
estrangulamiento a ritmo lento del proyecto israelí.
El diálogo
con mis viejas amistades se fue angostando hasta acabar expresamente.[3]
Sentirse socialista, partidario de la fraternidad
universal, ¡qué hermosa coartada para ejercer un dominio despótico!
Una Palestina sionista
El emplazamiento de judíos, ahora sionistas en
tierras palestinas, tuvo desde el principio características muy nítidas. Y a
diferencia de inmigrantes que por ejemplo en América del Sur fueron lentamente
permeando sus propios círculos sociales e idiomáticos, y fueron creando
sociedades mixtas, en el caso de los inmigrantes organizados por el sionismo
para su asentamiento en Palestina, los rasgos fueron constitucionalmente
distintos: venían con un plan general y previo, dispuesto por el Fondo Nacional Judío (Keren Kayemeth
LeIsrael) que incluía aprender el idioma judío, el hebreo, que había
permanecido durante siglos, solo como ritual de lectura religiosa. “Reviviendo”
el idioma en la vida cotidiana. Y junto con el idioma, una red cultural general
específicamente judía, sin permear ni un átimo de la presencia real y cotidiana
de la población palestina, su cultura y religiones (mayoría musulmana, minoría
cristiana y minoría aún menor, judía). En el comienzo de este proceso (aliá)
entre los judíos, habrá conflictos y escaramuzas entre el llamado Viejo Yishuv
[colectividad judía] y el Nuevo Yishuv; incluso conflictos sangrientos.
Se trataba de dos judaísmos distintos; el sionismo
no tolerará ni la menor concesión a lo realmente histórico en Palestina: su
proyecto será puramente ideológico.[4]
Con el tiempo, el asentamiento sionista irá
desvaneciendo sus perfiles más humanistas (Buber, Chomsky, Borojov) y
acentuando su racismo y supremacismo más desembozado (Ben Gurión, Zeev
Jabotinski, Golda Meir, Ehud Barak, Yitzhak Rabin, Menájem Beguín, Ayelet
Shaked, Naftali Bennet, Ariel Sharon, Benjamíí Netanyahu).
Estamos así en lo que con mucho acierto Salahj
Eddin calificara en 2001 al sionismo como “fascismo teocrático”. [5]
Tiempo de desprecio bíblico
Es importante saber que los rasgos colonialistas y
su íntima brutalidad y racismo no son derivaciones más o menos fortuitas, como
postulan tantos sionistas “de izquierda”. El mismo Ben Gurión ─entrevisto como
moderado y enfrentado al “sionismo de derecha”─, ya sostenía en el inaugural
año de 1948, que ”toda la nación es el ejército”.[6]
Y lo rubrica cuando ubica (a semanas del asesinato) entre sus guardaespaldas al
incalificable asesino de Folke Bernadotte, el primer mediador de la ONU, que se
atrevió a reclamar derechos no sólo para judíos sino también para palestinos.
Para entender la gravedad del comportamiento
israelí hay que darse cuenta, como sostiene
Israel Shamir (judío converso al cristianismo ortodoxo), que las
atrocidades que vemos a diario cometidas por israelíes a palestinos, a veces
sonrientes, como disfrutando, tiene raíces religiosas más fuertes aun que las
políticas: cuando inician hostilidades por sorpresa contra Irán un sábado y
asesinan entre cien y doscientes niñas lo hacen en plena vigilia religiosa,
actuando con dios de su lado, consideran.
Ante el peso, cada vez más aplastante del sionismo
en el concierto mundial, a su dominio sobre el estado considerado el más fuerte
del planeta, podemos reivindicar la presencia de judíos, muchos judíos
rompiendo amarras con tan monstruoso desarrollo.
Martín Gak, él mismo judío empeñado en denunciar
los crímenes sionistas, ha llevado a cabo una formidable entrevista a Stephen Kapos (feb. 2026) un húngaro judío, en rigor un
transilvano que nació húngaro y tras la IIGM con el “redibujo” de fronteras devino
rumano, nacido en 1937 y que este año, con sus 89, rememora lúcidamente aquel
tiempo. Y recuerda a “los nazis” y a “los judíos” entonces.
Rompe todos los lugares comunes y prejuicios a que
los medios de incomunicación de masas nos tienen acostumbrados. Cuando habla
del ejército nazi, que ocupó su territorio natal, dice: eran “gente normal”.
“Encontré al ejército de la Wehrmacht bastante humano”. Palabras “sacrílegas”,
para La Voz de America, por ejemplo.
Y recuerda su visita a Haifa, a ver a los tíos que
tras la IIGM habían emigrado a Israel. Tenía unos 20 años y ve [supongo que por TV] una
manifestación de palestinos, pacífica, en las calles (no aclara si en Haifa o
en otra ciudad) y ve de pronto aparecer helicópteros artillados que descargan
sus proyectiles sobre los manifestantes. Se horroriza, aunque no pudo saber si
los palestinos eran alcanzados por proyectiles no (tan) mortales o balas
reales. La tía observa su reacción y le comenta extrañada, tirando a molesta:
“─Qué tanto lío, ¿no ves que son sólo árabes?” Stephen descartó hacer o rehacer
su vida en Israel.
Gilad Atzmon, otro exjudío, lo que llamaríamos objetor
de conciencia judía nos recuerda: “las frecuentes menciones de violencia y
exterminio de otros contenidas en la Biblia hebrea puede arrojar cierta luz
sobre el abominable genocidio que el estado judío está practicando en este
momento en Gaza… sin mostrar por ellos [por
los palestinos] ni un ápice de
misericordia.(“El
Antiguo Testamento y el genocidio en Gaza”, 8-1-2009)
Cada vez nos queda más claro el tremendo título
que Ron Unz, otro judío lúcido y osado, pusiera a uno de sus artículos: “Israel sionista como nación asesina”.
➤ Léase también sobre “Uruguayos caídos en las guerras de Israel” y el movimiento Hanoar Hatzioni B Uruguay, fundador de varios kibutzes uruguayos y argentinos, entre ellos Ein Hashlosha, en el desierto del Neguev, à 2 km de Gaza (ver mapa arriba) [N. del Ed.]
Notas
[1] La pareja de uno de mis amigos, morocha y con ancestros amerindios, tenía dificultades para transitar sola por calles israelíes en los ’60, nunca faltaba una pendencia. Y ella, que no era pantera, ni mizraji, ni siquiera judía; tenía hasta dificultades idiomáticas para defenderse.
[2] El suministro de agua era y es administrado por Mekorot, la compañía estatal reguladora del agua, que vende con subsidio el agua a judíos y encarecida a los empobrecidos palestinos.
[3] Como coletazo, me tocó recibir la repulsa de compatriotas, no judíos, hermanos de cónyuges no judíos de “retornantes” judíos que se instalaban en Israel encarnando un retorno irreal, mítico, totalmente extraño a sus biografías corporales o étnicas. Askenazíes, mizrajis, sefaradíes, falashas no son todos el mismo pueblo (de dios).
[4] Pocas veces he entrevisto más acertado el viejo apotegma del admirable Francisco de Goya: “El sueño de la razón produce monstruos”.
[5] Palestina en lucha, Madrid, oct. 2001.
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