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08/05/2026
19/10/2025
La politique israélienne de séparation pérennise le Hamas, par Amira Hass
Amira Hass, Haaretz, 17/10/2025
Traduit par Tlaxcala
En isolant Gaza de la Cisjordanie et les Palestiniens de leur terre, Israël a contribué à enraciner le Hamas et à effacer les alternatives politiques. Même si le rêve de villas de luxe à Gaza s’est évanoui, la logique sous-jacente demeure : contrôle du territoire, expulsion indirecte, et étouffement continu du peuple palestinien sous le couvert de la sécurité.

Un colon brandit une fronde en direction de Palestiniens récoltant des olives dans le village de Beita, près de Naplouse, vendredi dernier. Le cessez-le-feu ne peut pas être vu comme une défaite pour les colons. Photo Jaafar Ashtiyeh / AFP
Les
promesses d’un boom immobilier à Gaza — de la vision du ministre des Finances
Bezalel Smotrich, de la promesse du ministre de la Sécurité nationale Itamar
Ben Gvir de quartiers huppés pour policiers, et des plans de la cheffe de
colons Daniella Weiss (avec l’aide divine) pour rétablir des colonies — se sont
toutes révélées n’être que du vent.
Il est tentant de dire que l’accord de cesse-z-le-feu entrant à présent en
vigueur dans la bande de Gaza a infligé un coup sévère au mouvement des colons
et à ses soutiens aux USA. L’image de leurs châteaux de sable s’effondrant sous
le poids de l’endurance inimaginable et de la fermeté des habitants de Gaza, et
sous le refus égyptien dur mais politiquement calculé de permettre un exode
massif des Palestiniens vers son territoire, est tout aussi tentante.
Les décideurs de la politique étrangère égyptienne — peu importe qui dirige ce
pays — suspectent depuis longtemps Israël de de vouloir « jeter » Gaza et ses
problèmes dans leur direction. Dès le début de la guerre, ils ont pris au
sérieux les plans israéliens d’expulsion de la population de Gaza et de
réinstallation de Juifs là-bas, exprimés ouvertement par des responsables
israéliens qui semblaient oublier que des efforts similaires de leurs
prédécesseurs Mapai-Travailistes pour expulser à nouveau les réfugiés de 1948
de Gaza avaient échoué.
Mais le
cessez-le-feu ne peut pas être simplement vu comme une défaite gratifiante pour
le camp des colons. La logique politique derrière ces bouffées d’air chaud et
ces châteaux de sable a façonné, et continue de façonner, la politique
israélienne depuis la signature des accords d’Oslo. Cette logique a réussi à
empêcher l’établissement d’un État réalisant le droit palestinien à
l’autodétermination, ne serait-ce que sur les 22 % restants de la terre entre
le fleuve et la mer.
Le sabotage israélien de la souveraineté palestinienne est le miroir de sa
poussée pour s’emparer d’autant de terres que possible avec le moins de
Palestiniens possible. En pratique, cela signifie l’expulsion — que ce soit
vers la Zone A ou vers l’exil ; par les bombardements de l’aviation, ou par les
matraques et barres de fer des « jeunes des collines » ; que ce soit par les démolitions
de maisons et les expulsions forcées menées sous la menace d’armes par
l’Administration civile ou l’armée israélienne, ou par l’emprisonnement et la
poursuite judiciaire de ceux qui tentent de protéger leur communauté et
eux-mêmes : le résultat est le même.
Quand cette politique sert de fil conducteur, les efforts internationaux pour «
réformer » les manuels scolaires palestiniens sont voués à l’échec. La réalité
quotidienne de l’étouffement systématique qu’Israël impose, et son
autoritarisme, appuyés par sa supériorité militaire, sont les pères de
l’incitation à la haine du sionisme dans ces manuels.
Un des outils les plus efficaces pour saboter l’État palestinien a été et reste
la « séparation ». Formulé en termes sécuritaires que le public israélien aime
adopter — même quand les motifs politiques et immobiliers sont évidents — cet
outil prend de nombreuses formes : couper Gaza de la Cisjordanie (depuis 1991)
; séparer la Cisjordanie de Jérusalem-Est ; diviser les villes palestiniennes
entre elles ; isoler des villages des routes environnantes et des centres
régionaux ; déconnecter les Palestiniens de leurs terres, et les uns des
autres.
Des documents officiels du gouvernement militaire des années 1950 et 1960 —
publiés des décennies plus tard — ont confirmé ce que les Palestiniens (et les
gauches non sionistes) avaient longtemps compris : la prétendue logique «
sécuritaire » des restrictions sévères de déplacement était largement motivée
par des intérêts fonciers et immobiliers juifs. La vision d’une population et
d’un territoire palestiniens fragmentés de chaque côté de la Ligne verte a
toujours reflété le plan d’une « Grande Terre d’Israël » pour les Juifs. Ces
deux visions opèrent encore aujourd’hui, en parallèle aux clauses vagues du
plan Trump pour un cessez-le-feu et un « nouveau Moyen-Orient ».
La droite coloniale compense sa perte partielle à Gaza — « partielle » parce
que l’armée israélienne a accompli l’objectif partagé d’infliger la destruction
maximale et la mort dans l’enclave — en intensifiant les attaques et
l’accaparement de terres en Cisjordanie. Cela se manifeste essentiellement par
la séparation quotidienne des agriculteurs de leurs terres, une tactique aux
résultats immédiats et douloureux. Avec l’Administration civile, l’armée et la
police, les colons accélèrent ce processus par la violence physique,
l’obstruction bureaucratique et une arrogance insatiable. Comme nous sommes
maintenant en saison de cueillette des olives, les bataillons du Seigneur ont
tourné leur attention vers la récolte et les récoltants eux-mêmes.
Le samedi
11 octobre, au moment où cet article a été écrit, vers midi il y avait des
rapports de harcèlement et d’attaques directes de colons et soldats —
séparément ou ensemble — contre les récoltants d’olives des villages de
Jawarish, Aqraba, Beita et Madama au sud de Naplouse ; de Burqa à l’est de
Ramallah ; et de Deir Istiya dans la région de Salfit. Le jour précédent, des
rapports similaires étaient parvenus de Yarza, à l’est de Tubas ; d’Immatin,
Kafr Thulth et Far'ata dans la zone de Qalqilya ; de Jawarish, Qablan, Aqraba,
Hawara, Yanun et Beita dans la zone de Naplouse ; et d’al-Mughayyir et Mazra’a
al-Sharqiya à l’est de Ramallah. Ces rapports proviennent d’un seul groupe
WhatsApp surveillant le nord de la Cisjordanie.
Le harcèlement va de l’intrusion-provocation, avec barrages routiers et menaces
armées à des agressions physiques, au vol d’olives, à l’incendie de véhicules
appartenant aux récoltants et aux journalistes. Et ce que les colons font
sporadiquement, la politique officielle l’applique systématiquement : le refus
du droit des Palestiniens à la liberté de mouvement entre Gaza et la Cisjordanie,
et à l’intérieur de la Cisjordanie elle-même. Le refus du droit de choisir son
lieu de résidence ou de travail a longtemps été dévastateur pour la société,
l’économie et les structures politiques palestiniennes, et particulièrement
pour l’avenir de sa jeunesse.
Pas moins que les valises de liquide qatari initiées par Benjamin Netanyahou
transférées dans Gaza, la séparation de la population de la bande par rapport à
celle de la Cisjordanie, et l’isolement de Gaza du reste du monde — tout cela a
servi à renforcer le Hamas — d’abord comme organisation politique et militaire,
puis comme pouvoir gouvernant.
Dans les années 1990, le Hamas affirmait qu’Israël n’avait aucune intention
réelle de faire la paix et que les accords d’Oslo ne mèneraient pas à
l’indépendance. Les restrictions israéliennes de mouvement à Gaza et son
expansion continue des colonies à la fois à Gaza et en Cisjordanie rendaient
cet argument convaincant pour de nombreux Palestiniens, en particulier à Gaza.
Les attentats-suicides du Hamas étaient vus à la fois comme une réaction et un
test : la réponse d’Israël récompenserait-elle les opposants à Oslo et les
critiques de l’Autorité palestinienne ?
Et Israël les a récompensés — en ne respectant pas ses engagements. Les
restrictions de mouvement et le vol bureaucratique de terres ont affaibli le
Fatah et l’Autorité palestinienne, qui avait soutenu le processus diplomatique,
mais au début des années 2000 s’était tourné vers la résistance armée.
Contournant
avec adresse le fait que la fragmentation palestinienne avait toujours été
l’objectif d’Israël, le Hamas a présenté le désengagement israélien de 2005 et
le démantèlement des colonies comme la preuve de son propre succès : que la
lutte armée avait fonctionné. Chaque nouvelle promotion de lycéens — qui
n’avait jamais quitté la bande scellée, n’avait jamais connu d’autre mode de
vie, et ne trouvait pas de travail — devenait plus vulnérable à la vision du
monde pesante du Hamas, à sa propagande, et trouvait de bonnes raisons de
rejoindre sa branche armée (pour une solde qui soutenait des familles
appauvries). Le Hamas a su canaliser l’énergie et la créativité confinées de
Gaza dans sa machine militaire et politique.
L’Autorité palestinienne, le Fatah et leur appareil de sécurité sont restés
impuissants face à la vague croissante de spoliation de terres en Cisjordanie
et à la destruction économique directe et indirecte intégrée dans cette
expropriation et séparation — une situation aggravée par les ordres successifs
de ministres israéliens des Finances de retenir les recettes douanières
palestiniennes.
Aux yeux du public palestinien en Cisjordanie, cette impuissance est
indissociable de la corruption des élites civiles et militaires de l’Autorité,
perçues comme opportunistes et indifférentes tant que leurs propres poches
restent pleines. Il n’est pas surprenant, alors, que la résistance armée —
associée principalement au Hamas — conserve son prestige parmi les jeunes de
Cisjordanie. Pour eux, la résistance armée inflige au moins souffrance et
humiliation à l’agresseur israélien.
Tous les signes suggèrent qu’Israël continuera à bloquer la liberté de
mouvement des Palestiniens entre la Cisjordanie, Israël et Gaza, et à
restreindre l’entrée des Palestiniens venant de l’étranger ainsi que des
activistes internationaux dans la bande. En conséquence, ceux qui doivent le
plus l’entendre ne pourront pas savoir ce que les résidents de Gaza pensent
réellement de la résistance armée. Autrement dit, combien d’entre eux méprisent
en réalité le Hamas. [et toi, Amira, tu le sais peut-être ?, NdT]
Face aux
politiques israéliennes d’étouffement, de mise à mort, de destruction et de
dépossession en Cisjordanie, la plupart des Palestiniens qui ne sont pas
résidents de la bande, avec beaucoup de leurs partisans internationaux,
continueront à considérer le Hamas comme l’adresse politique authentique de
l’aspiration à la liberté et à la résistance à l’oppression.
L’expérience montre qu’une fois le travail de déblaiement des munitions non
explosées et de reconstruction de Gaza commencé, il deviendra clair que le
processus est bien plus compliqué et coûteux qu’on ne l’imaginait initialement.
Au-delà de la reconstruction physique, chacun des millions de résidents de Gaza
aura besoin de guérison physique et psychologique et de réhabilitation
matérielle , à une échelle et pour une durée sans précédent qui défient
l’imagination.
L’approche juste, légitime et logique est de permettre aux Palestiniens de
Cisjordanie et d’Israël de participer pleinement à ce processus, en
collaboration avec les professionnels dans la bande qui ont survécu :
ingénieurs structurels, architectes, ouvriers du bâtiment, chirurgiens,
ophtalmologues, agriculteurs, experts en TI, enseignants, psychologues,
travailleurs sociaux et spécialistes des énergies renouvelables.
Il serait aussi logique de développer des programmes en Cisjordanie pour
prendre soin des dizaines de milliers d’enfants de Gaza devenus orphelins ou
blessés au point d’une incapacité permanente.
En bref, avant que le monde ne lance des appels d’offres internationaux pour la
reconstruction de Gaza, ne rédige des cahiers des charges techniques, ou
n’émette des déclarations creuses sur la reconnaissance d’un État et la
disparition du Hamas, il doit d’abord user des outils politiques à sa
disposition pour s’assurer qu’Israël mette fin à sa politique destructrice de
séparation entre Gaza, la Cisjordanie, et le reste du territoire.
Si cela n’a pas lieu — même si le Hamas déposait les armes à l’intérieur de
Gaza — il continuera, ou une version future de lui-même continuera, à servir d’adresse
politique du peuple palestinien.
La política de separación de Israel perpetúa a Hamas, por Amira Hass
Amira Hass, Haaretz, 17/10/2025
Traducido por Tlaxcala
Al aislar Gaza de Cisjordania y a los palestinos de su tierra, Israel ayudó a afianzar el Hamas y a borrar las alternativas políticas. Aunque el sueño de villas de lujo en Gaza se haya desvanecido, la lógica subyacente persiste: control del territorio, expulsión indirecta y el continuo asfixiamiento del pueblo palestino bajo el pretexto de la seguridad.
Las promesas de un auge inmobiliario en Gaza — desde la
visión del ministro de Finanzas Bezalel Smotrich, el compromiso del ministro de
Seguridad Nacional Itamar Ben Gvir de vecindarios de alto nivel para policías,
y los planes de la lideresa de colonos Daniella Weiss (con asistencia divina)
para reinstaurar colonias — han resultado ser nada más que bocanadas de aire
caliente.
Es tentador decir que el acuerdo de alto el fuego que ahora entra en vigor en
la Franja de Gaza ha infligido un golpe severo al movimiento de colonos y a sus
partidarios en USA. Igual de tentadora es la imagen de sus castillos de arena
colapsando bajo el peso de la resistencia inimaginable y la firmeza de los
habitantes de Gaza, y bajo la negativa egipcia, dura pero políticamente
calculada, de permitir un éxodo masivo de palestinos hacia su territorio.
Los responsables de la política exterior de Egipto — independientemente de
quién gobierne el país — han sospechado desde hace mucho tiempo la intención de
Israel de “arrojar” Gaza y sus problemas hacia ellos. Desde el inicio de la
guerra, tomaron en serio los planes israelíes de expulsión de la población de
Gaza y de reubicación de judíos allí, expresados abiertamente por funcionarios
israelíes que parecían olvidar que intentos similares de sus predecesores
Mapai-Labor para expulsar de nuevo a los refugiados de 1948 de Gaza habían
fracasado.
Pero el alto el fuego no puede verse simplemente como una
gratificante derrota para el campo colonizador. La lógica política detrás de
esas bocanadas de aire caliente y castillos de arena ha dado forma, y continúa
dando forma, a la política israelí desde la firma de los Acuerdos de Oslo. Esa
lógica ha logrado impedir la creación de un Estado que hiciera realidad el
derecho palestino a la autodeterminación, aunque solo en el 22 % restante de la
tierra entre el río y el mar.
El sabotaje israelí de la soberanía palestina es el reflejo de su impulso por
apropiarse de la mayor cantidad de tierra posible con el menor número de
palestinos posible. En la práctica, esto significa expulsión: ya sea hacia la
Zona A o al exilio; mediante bombardeos aéreos, o con garrotes y barras de
hierro de los “jóvenes de las colinas”; ya sea por demolición de viviendas y
desalojos forzados llevados a cabo bajo amenaza de armas por la Administración
Civil o las FDI, o mediante encarcelamiento y procesamientos de quienes
intentan proteger su comunidad y a sí mismos: el resultado es el mismo.
Cuando esta política es la guía, los esfuerzos internacionales para “reformar”
los libros escolares palestinos están condenados al fracaso. La realidad diaria
del asfixiamiento sistemático que impone Israel, y su autoritarismo, respaldado
por su superioridad armamentística, son los padres de la incitación contra el
sionismo.
Una de las herramientas más efectivas para sabotear la estatalidad palestina ha
sido y sigue siendo la “separación”. Planteada en términos de seguridad que al
público israelí le gusta adoptar — incluso cuando los motivos
político-inmobiliarios son evidentes — esta herramienta adopta muchas formas:
desconectar Gaza de Cisjordania (desde 1991); separar Cisjordania de Jerusalén
Este; dividir las ciudades palestinas entre sí; aislar pueblos de las rutas
circundantes y de los centros regionales; desenlazar a los palestinos de su
tierra, y unos de otros.
Documentos oficiales del gobierno militar de las décadas de 1950 y 1960 —
publicados décadas después — confirmaron lo que los palestinos (y los
izquierdistas no sionistas) ya entendían desde hace mucho: la supuesta lógica
“de seguridad” para duras restricciones de movimiento estaba impulsada en gran
medida por intereses inmobiliarios judíos. La visión de una población y
territorio palestinos fragmentados a ambos lados de la línea Verde siempre ha
reflejado el plan de una “Gran Tierra de Israel” para los judíos. Ambas
visiones operan todavía hoy, en paralelo a las cláusulas vagas del plan Trump
para un alto el fuego y un “nuevo Medio Oriente”.
La derecha colonizadora compensa su pérdida parcial en Gaza — “parcial” porque
las FDI lograron el objetivo compartido de infligir destrucción máxima y muerte
en el enclave — intensificando los ataques y el acaparamiento de tierras en
Cisjordania. Esto toma principalmente la forma de la separación diaria de los
agricultores de sus tierras, una táctica con consecuencias inmediatas y
dolorosas. Con la Administración Civil, el ejército y la policía, los colonos
aceleran este proceso mediante la violencia física, la obstrucción burocrática
y una arrogancia insaciable. Ahora que estamos en temporada de recogida de
aceitunas, los batallones del Señor han vuelto su atención hacia la cosecha y
los cosechadores mismos.
El sábado 11, cuando se escribió este artículo, hacia el mediodía había
informes de hostigamiento y ataques directos por parte de colonos y soldados —
por separado o juntos — contra recolectores de aceitunas de los pueblos de
Jawarish, Aqraba, Beita y Madama al sur de Nablus; de Burqa al este de Ramala;
y de Deir Istiya en la región de Salfit. El día anterior, llegaban informes
similares desde Yarza, al este de Tubas; desde Immatin, Kafr Thulth y Far’ata
en el área de Qalqilya; desde Jawarish, Qablan, Aqraba, Hawara, Yanun y Beita
en la zona de Nablus; y de al-Mughayyir y Mazra’a al-Sharqiya al este de
Ramala. Estos informes provienen de un solo grupo de WhatsApp que monitorea el
norte de Cisjordania.
El hostigamiento va desde intrusiones, provocaciones, bloqueos de carreteras y
amenazas armadas hasta agresiones físicas, robo de aceitunas e incendio de
vehículos pertenecientes a recolectores y periodistas. Y lo que los colonos
hacen esporádicamente, la política oficial lo aplica sistemáticamente: la
negación del derecho de los palestinos a la libertad de movimiento entre Gaza y
Cisjordania, y dentro de Cisjordania misma. La negación del derecho a elegir el
lugar de residencia o de trabajo ha sido durante mucho tiempo devastadora para
la sociedad palestina, la economía y las estructuras políticas, y especialmente
para el futuro de su juventud.
No menos que las maletas de efectivo qataríes que Benjamin Netanyahu inició
transfiriendo a Gaza, la separación de la población de la Franja respecto a la
de Cisjordania, y el aislamiento de Gaza del resto del mundo — todo ello ha
servido para fortalecer al Hamas — primero como organización política y
militar, y luego como poder de gobierno.
En los años noventa, Hamas sostenía que Israel no tenía intención real de hacer
la paz y que los acuerdos de Oslo no conducirían a la independencia. Las
restricciones israelíes de movimiento en Gaza y su continua expansión de colonias
tanto en Gaza como en Cisjordania hacían ese argumento convincente para muchos
palestinos, especialmente en Gaza. Los atentados suicidas del Hamas fueron
vistos tanto como una reacción como una prueba: ¿la respuesta de Israel
premiaría a los opositores de Oslo y a los críticos de la Autoridad Palestina?
Y Israel los premió — al no cumplir sus compromisos. Las restricciones al
movimiento y el robo burocrático de tierras debilitaron al Fatah y a la
Autoridad Palestina, que había apoyado el proceso diplomático pero que a
principios de los años 2000 había optado por la resistencia armada.
Eludiendo con astucia el hecho de que la fragmentación palestina siempre había
sido el objetivo de Israel, Hamas presentó el desmantelamiento y el retiro
israelí de 2005 como prueba de su propio éxito: que la lucha armada había
funcionado. Cada nueva promoción de estudiantes de secundaria — que nunca había
salido de la Franja sellada, nunca había conocido otra forma de vida y no
encontraba empleo — se volvió más vulnerable a la cosmovisión opresiva del
Hamas, a su propaganda y les daba razones de unirse a su ala armada (cobrando
sueldos que sostenían familias empobrecidas). Hamas aprendió a canalizar la
energía embotellada y la creatividad de Gaza en su maquinaria militar y
política.
La Autoridad Palestina, el Fatah y su aparato de seguridad han permanecido
impotentes frente a la ola creciente de desposesión de tierras en Cisjordania y
a la devastación económica directa e indirecta incrustada en esa expropiación y
separación — situación agravada por órdenes sucesivas de ministros israelíes de
Finanzas para retener los ingresos arancelarios palestinos.
Ante el público palestino en Cisjordania, esta impotencia es inseparable de la
corrupción de las élites civiles y militares de la Autoridad, que son
percibidas como egoístas e indiferentes siempre que sus propios bolsillos estén
llenos. No es sorprendente, entonces, que la resistencia armada — asociada
principalmente con Hamas — conserve su prestigio entre la juventud de
Cisjordania. Para ellos, la resistencia armada al menos causa sufrimiento y
humillación al agresor israelí.
Todas las señales indican que Israel continuará bloqueando la libertad de
movimiento de los palestinos entre Cisjordania, Israel y Gaza, y restringiendo
la entrada de palestinos del extranjero y activistas internacionales en la
Franja. Como resultado, quienes más necesitan oírlo no podrán saber lo que los
residentes de Gaza realmente piensan de la resistencia armada. En otras
palabras, cuántos de ellos realmente desprecian al Hamas. [y tú, Amira, ¿quizás lo
sabes?, NdT]
Israels Politik der Trennung sichert den Fortbestand der Hamas, von Amira Hass
Amira Hass, Haaretz, 17.10.2025
Español Français English עִברִית النسخة العربية
Übersetzt von Tlaxcala
Indem Israel Gaza von der Westbank isoliert und die Palästinenser von ihrem Land trennt, hat es zur Verfestigung der Hamas beigetragen und politische Alternativen ausradiert. Auch wenn der Traum von Luxusvillen in Gaza verschwunden ist, bleibt die zugrunde liegende Logik bestehen: Kontrolle über Territorium, indirekte Vertreibung und das fortgesetzte Erwürgen des palästinensischen Volkes unter dem Deckmantel der Sicherheit.
Die Versprechen eines Immobilienbooms in Gaza — von der
Vision des Finanzministers Bezalel Smotrich, dem Versprechen des Ministers für
nationale Sicherheit Itamar Ben Gvir für vornehme Viertel für Polizisten, und
den Plänen der Siedlerführerin Daniella Weiss (mit göttlicher Hilfe),
Siedlungen wiederherzustellen — haben sich alle als heiße Luft erwiesen.
Es ist verlockend zu sagen, dass das jetzt in Kraft tretende
Waffenstillstandsabkommen im Gazastreifen der Siedlerbewegung und ihren
Unterstützern in den USA einen schweren Schlag versetzt hat. Ebenso verlockend
ist das Bild ihrer Sandburgen, die unter dem Gewicht der unvorstellbaren
Ausdauer und Standhaftigkeit der Bewohner Gazas und unter Ägyptens harter, aber
politisch kalkulierter Weigerung zusammenbrechen, eine massenhafte Flucht von
Palästinensern auf ihr Territorium zuzulassen.
Die ägyptischen außenpolitischen Entscheidungsträger — ganz gleich, wer das
Land regiert — haben schon lange Israels Absicht vermutet, Gaza und seine
Probleme ihnen zuzuschieben. Von Beginn des Krieges an nahmen sie die
israelischen Pläne zur Vertreibung der Bevölkerung Gazas und zur Umsiedlung von
Juden dorthin ernst, wie sie offen von israelischen Beamten geäußert wurden,
die offenbar vergessen hatten, dass ähnliche Versuche ihrer Vorgänger Mapai-Arbeitspartei,
die Flüchtlinge von 1948 erneut aus Gaza zu vertreiben, gescheitert waren.
Doch der Waffenstillstand darf nicht einfach als
genüssliche Niederlage für das Siedlerlager betrachtet werden. Die politische
Logik hinter jenen heißen Luftblasen und Sandburgen hat die israelische Politik
seit der Unterzeichnung der Oslo-Abkommen geprägt und prägt sie weiterhin.
Diese Logik ist erfolgreich gewesen darin, die Gründung eines Staates zu
verhindern, der das palästinensische Recht auf Selbstbestimmung verwirklicht —
selbst wenn nur auf den verbliebenen 22 % des Landes zwischen Fluss und Meer.
Israels Sabotage der palästinensischen Souveränität ist das Spiegelbild seines
Drangs, möglichst viel Land mit möglichst wenigen Palästinensern zu ergreifen.
In der Praxis bedeutet das Vertreibung — sei es in Gebiet A oder ins Exil;
durch Bomben der Luftwaffe oder durch Knüppel und Eisenstangen der „Hügeljugend“;
durch Hauszerstörungen und erzwungene Räumungen, durchgeführt mit Waffengewalt
durch die Zivile Verwaltung oder die IDF, oder durch die Inhaftierung und
Verfolgung derjenigen, die versuchen, ihre Gemeinschaft und sich selbst zu
schützen: das Ergebnis ist dasselbe.
Wenn dies die leitende Politik ist, sind internationale Bemühungen,
palästinensische Schulbücher „zu reformieren“, dem Scheitern preisgegeben. Die
tägliche Realität der systematischen Erstickung, die Israel aufzwingt, und
seine Überheblichkeit, unterstützt durch seine überlegene Bewaffnung, sind die
Väter der Anstiftung.
Eines der wirksamsten Werkzeuge zur Sabotage der palästinensischen
Staatlichkeit war und bleibt die „Trennung“. In Sicherheitsbegriffen gerahmt,
die das israelische Publikum gerne übernimmt — selbst wenn die politischen und
immobilienbezogenen Motive offensichtlich sind — nimmt dieses Werkzeug viele
Formen an: Gaza von der Westbank abzutrennen (seit 1991); die Westbank von
Ostjerusalem zu separieren; palästinensische Städte voneinander zu teilen;
Dörfer von den umliegenden Straßen und regionalen Zentren abzuschneiden;
Palästinenser von ihrem Land und voneinander zu entkoppeln.
Offizielle Dokumente der Militärverwaltung der 1950er und 1960er Jahre —
Jahrzehnte später veröffentlicht — bestätigten, was Palästinenser (und
nicht-zionistische Linke) seit langem verstanden hatten: Die sogenannte
„Sicherheits“-Begründung für harte Bewegungsbeschränkungen war weitgehend durch
jüdische Immobilieninteressen motiviert. Die Vision einer fragmentierten
palästinensischen Bevölkerung und Territorien auf beiden Seiten der Grünen
Linie spiegelte stets den Plan eines „Großisraelischen Landes“ für Juden wider.
Beide Visionen wirken noch heute parallel zu den vagen Klauseln des Trump-Plans
für einen Waffenstillstand und ein „neues Nahost“.
Die koloniale Rechte kompensiert ihren teilweisen Verlust in Gaza —
„teilweise“, weil die IDF das gemeinsame Ziel erreicht hat, in der Enklave
maximale Zerstörung und Tod zuzufügen — durch Eskalation von Angriffen und
Landnahmen in der Westbank. Das äußert sich hauptsächlich in der täglichen
Trennung von Bauern von ihrem Land, eine Taktik mit sofortigen und
schmerzhaften Konsequenzen. Zusammen mit der Zivilverwaltung, dem Militär und
der Polizei beschleunigen Siedler diesen Prozess durch physische Gewalt,
bürokratische Hindernisse und unersättliche Arroganz. Da wir uns gerade in der
Olivenerntesaison befinden, haben die Bataillone des Herrn ihre Aufmerksamkeit
auf die Ernte und die Erntehelfer selbst gerichtet.
Am Samstag, dem 11., als dieser Artikel geschrieben
wurde, gab es bis zum Mittag Berichte über Belästigungen und direkte Angriffe
von Siedlern und Soldaten — getrennt oder gemeinsam — gegen Olivenernter aus
den Dörfern Jawarish, Aqraba, Beita und Madama südlich von Nablus; aus Burqa
östlich von Ramallah; und aus Deir Istiya in der Region Salfit. Am Tag zuvor
waren ähnliche Berichte eingegangen aus Yarza, östlich von Tubas; aus Immatin,
Kafr Thulth und Far’ata in der Gegend von Qalqilya; aus Jawarish, Qablan,
Aqraba, Hawara, Yanun und Beita im Nablus-Gebiet; und aus al-Mughayyir und
Mazra’a al-Sharqiya östlich von Ramallah. Diese Berichte stammen aus einer einzigen
WhatsApp-Gruppe, die das nördliche Westjordanland überwacht.
Die Belästigungen reichen von Eindringen, Provokationen, Straßensperren und
bewaffneten Drohungen bis hin zu körperlichen Angriffen, Diebstahl von Oliven
und Brandstiftung an Fahrzeugen von Erntehelfern und Journalisten. Und was
Siedler sporadisch tun, das setzt die offizielle Politik systematisch um: die
Verweigerung des Rechts der Palästinenser auf Bewegungsfreiheit zwischen Gaza
und der Westbank sowie innerhalb der Westbank selbst. Die Verweigerung des
Rechts, den Wohn- oder Arbeitsort zu wählen, war schon lange verheerend für die
palästinensische Gesellschaft, Wirtschaft und politische Strukturen und
insbesondere für die Zukunft ihrer Jugend.
Nicht weniger als die katarischen Geldkoffer, die Benjamin Netanyahu initiierte
und in den Gazastreifen transferierte, haben die Trennung der Bevölkerung des
Streifens von jener der Westbank und die Isolierung Gazas vom Rest der Welt —
all dies dazu beigetragen, Hamas zu stärken — zuerst als politische und
militärische Organisation und später als Regierungsgewalt.
In den 1990er Jahren behauptete Hamas, dass Israel keine wahre Absicht habe,
Frieden zu schließen, und dass die Oslo-Abkommen nicht zur Unabhängigkeit
führen würden. Die israelischen Bewegungsbeschränkungen in Gaza und seine
fortgesetzte Ausweitung der Siedlungen sowohl in Gaza als auch in der Westbank
machten dieses Argument für viele Palästinenser, insbesondere in Gaza,
überzeugend. Die Selbstmordattentate des Hamas wurden sowohl als Reaktion als
auch als Test gesehen: würde Israels Antwort Oslo-Gegner und Kritiker der
Palästinensischen Autonomiebehörde belohnen?
Und Israel belohnte sie — durch Nichterfüllung seiner Verpflichtungen.
Bewegungsbeschränkungen und bürokratischer Landraub schwächten Fatah und die
Palästinensische Autonomiebehörde, die den diplomatischen Prozess unterstützt
hatten, aber sich Anfang der 2000er Jahre dem bewaffneten Widerstand zuwandten.
Die Hamas, die geschickt den Umstand umging, dass
palästinensische Fragmentierung immer Israels Ziel gewesen war, stellte den
israelischen Rückzug 2005 und den Abriss der Siedlungen als Beweis für ihren
eigenen Erfolg dar: dass der bewaffnete Kampf funktionierte. Jede neue
Schulabsolventenklasse — die niemals den versiegelten Streifen verlassen hatte,
kein anderes Leben kannte und keine Arbeit fand — wurde anfälliger für die
unterdrückerische [sic] Weltanschauung von Hamas, ihre Propaganda und
die Rechtfertigung, sich ihrem bewaffneten Flügel anzuschließen (Einkommen, das
verarmte Familien unterstützte). Hamas wusste, die aufgestaute Energie und
Kreativität Gazas in seine militärische und politische Maschinerie zu lenken.
Die Palästinensische Autonomiebehörde, Fatah und ihr Sicherheitsapparat sind
gegenüber der wachsenden Welle der Landenteignung in der Westbank und der
direkten und indirekten wirtschaftlichen Verwüstung, die in diese Enteignung
und Trennung eingebettet ist, machtlos geblieben, eine Situation, verschärft
durch aufeinanderfolgende Aufträge israelischer Finanzminister,
palästinensische Zolleinnahmen einzubehalten.
Aus Sicht der palästinensischen Bevölkerung in der Westbank ist diese Ohnmacht
untrennbar mit der Korruption der zivilen und militärischen Eliten der
Autonomiebehörde verbunden, die als eigennützig und gleichgültig gelten,
solange ihre eigenen Taschen gefüllt sind. Es ist daher nicht überraschend,
dass der bewaffnete Widerstand — vor allem mit Hamas assoziiert — bei der
Jugend der Westbank Ansehen bewahrt. Für sie verursacht bewaffneter Widerstand
zumindest Leid und Demütigung dem israelischen Aggressor.
Alle Anzeichen deuten darauf hin, dass Israel weiterhin die Bewegungsfreiheit
der Palästinenser zwischen der Westbank, Israel und Gaza blockieren und die
Einreise von Palästinensern aus dem Ausland sowie von internationalen AktivistInnen
in den Streifen einschränken wird. Infolgedessen werden diejenigen, die es am
dringendsten hören müssten, nicht wissen können, was die Bewohner Gazas wirklich
über bewaffneten Widerstand denken. Mit anderen Worten: wie viele von ihnen
Hamas tatsächlich verachten. [und Du, Amira, weißt es ?, Anm. d. Übers.]
Soldaten bewachen den Bau einer neuen Siedlerstraße in
der Westbank, westlich von Ramallah. Die sogenannte Sicherheitslogik der
Bewegungsbeschränkungen war in Immobilieninteressen verwurzelt. Foto Zain
Jaafar / AFP
17/10/2025
Werden Israelis eines Tages über die Gräueltaten ihres Landes in Gaza sagen: „Ich war immer dagegen“?
Menschen werden nicht grausam geboren; sie werden es. Die Grausamkeit der Palästinenser gegenüber Israelis wird weit verbreitet gezeigt, während unsere Grausamkeit – die der israelischen Gesellschaft – immer raffinierter wird, um unsere Beute zu schützen.
Amira Hass, Haaretz, 15.10.2025
Übersetzt von Tlaxcala
Palästinenser kaufen auf einem provisorischen Markt im
Flüchtlingslager Nuseirat im Zentrum des Gazastreifens ein. Foto: Eyad Baba/AFP
Optimisten sagen, dass die Israelis schließlich das
Ausmaß der Gräueltat begreifen werden, die sie im Gazastreifen begangen haben.
Die Wahrheit wird in ihr Bewusstsein einsickern.
Eines Tages werden alte Videos von Säuglingen, die durch unsere Bomben in
Stücke gerissen wurden, die Herzen der Israelis erreichen und durchbohren. Sie
werden plötzlich Kinder sehen, bedeckt vom Staub des zertrümmerten Betons,
unter dem sie gerettet wurden, unkontrolliert zitternd und mit leerem Blick
voller Fragezeichen.
Irgendwann, sagen die Optimisten, werden die Israelis
aufhören zu sagen: „Sie haben es verdient, wegen des 7. Oktober. Sie haben
angegriffen.“ Die Zahlen werden aufhören, bloße Abstraktionen zu sein, und
niemand wird mehr sagen: „Wer glaubt schon der Hamas?“ Die Leser werden
begreifen, dass mehr als 20.000 Kinder – ein Drittel aller Toten – durch unsere
Hände getötet wurden. Mehr als 44.000 Kinder wurden verletzt – ein Viertel
aller Verwundeten. Sie werden erkennen, dass sie einen Vernichtungskrieg gegen
ein Volk unterstützt haben und keine bewaffnete Organisation besiegt.
Sie werden erkennen, dass die individuelle Grausamkeit
der Rache, die so viele Soldaten zeigten – oft begleitet von Lachen und Lächeln
auf TikTok – und die kalte, chirurgische und anonyme Tötung aus Cockpits und
Kontrollräumen – kein Zeichen von Heldentum ist, sondern eine schwere
Krankheit. Gesellschaftlich und persönlich.
Eltern, so glauben die Optimisten, werden nachts nicht
schlafen können, aus Angst, dass die Kreuze auf den Gewehren ihrer Söhne
Frauen, alte Menschen oder Jugendliche markieren, die Kräuter zum Essen
sammelten. Der Tag wird kommen, an dem Jugendliche ihre Väter, die damals
Soldaten waren, fragen werden, ob sie ebenfalls einem Befehl gehorchten, auf
einen alten Mann zu schießen, der eine unbekannte rote Linie überschritten
hatte.
Die Töchter dekorierter Piloten werden fragen, ob sie
eine „verhältnismäßige“ Bombe abgeworfen haben, die hundert Zivilisten für
einen mittleren Hamas-Kommandanten tötete. „Warum hast du dich nicht
geweigert?“, wird die Tochter schluchzen.
DemonstrantInnen mit Fotos von palästinensischen Kindern, die Anfang dieses Jahres in Gaza von Israel getötet wurden, in der Nähe des Luftwaffenstützpunkts Tel Nof.
Die Enkel eines pensionierten Gefängniswärters werden fragen: „Hast du persönlich einen gefesselten Häftling geschlagen, bis er ohnmächtig wurde? Hast du dem Befehl des Ministers gehorcht, den Gefangenen Nahrung und Duschen zu verweigern? Hast du 30 Häftlinge in eine Zelle für sechs gesteckt? Woher kamen die Hautkrankheiten? Kanntest du einen der Dutzenden Häftlinge, die in israelischen Gefängnissen an Hunger, Schlägen oder Folter starben? Wie konntest du nur, Opa?“ Die Neffen von Obersten Richtern werden deren Urteile lesen, die all das erlaubten, und aufhören, sie am Schabbat zu besuchen.
Irgendwann, glauben die Optimisten, wird die israelische
Medienvernebelung der Realität aufhören, Gehirne zu waschen und Herzen zu
betäuben. Der Ausdruck „der Kontext“ wird kein Schimpfwort mehr sein, und die
Öffentlichkeit wird die Punkte verbinden: Unterdrückung. Vertreibung.
Demütigung. Deportation. Besatzung. Und all das Leid dazwischen. Es sind keine
Parolen selbsthassender Juden, sondern Beschreibungen des Lebens eines ganzen
Volkes – jahrelang, unter unseren Befehlen und unseren Waffen.
Menschen werden nicht grausam geboren; sie werden es. Die
Grausamkeit der Palästinenser gegenüber Israelis wird ausführlich gezeigt, als
Reaktion und Widerstand gegen unsere fremde und feindliche Herrschaft. Unsere
Grausamkeit, die der israelischen Gesellschaft, wird immer ausgefeilter – mit
dem Ziel, unsere Beute zu schützen: das Land, das Wasser und die Freiheiten,
von denen wir die Palästinenser vertrieben haben.
Die Optimisten glauben, dass es einen Weg zurück gibt.
Wie glücklich sie sind, diese Optimisten.
¿Dirán algún día los israelíes sobre las atrocidades de su país en Gaza: “Siempre estuve en contra”?
Las personas no nacen crueles; se vuelven así. La crueldad de los palestinos hacia los israelíes se difunde ampliamente, mientras que nuestra crueldad, la de la sociedad israelí, se vuelve cada vez más sofisticada para proteger nuestros botines.
Amira
Hass, Haaretz, 15/10/2025
Traducido por Tlaxcala
Los optimistas dicen que, al final, los israelíes
comprenderán la magnitud de la atrocidad que cometieron en la Franja de Gaza.
La verdad se filtrará en su conciencia.
Los viejos videos de bebés destrozados por nuestras bombas llegarán algún día
al corazón de los israelíes y los traspasarán. Verán de repente a los niños
cubiertos por el polvo del hormigón triturado bajo el cual fueron rescatados,
temblando incontrolablemente y mirando al vacío con una expresión que es todo
un gran signo de interrogación.
En algún momento, dicen los optimistas, los israelíes
dejarán de decir: «Se lo merecían, por el 7 de octubre. Ellos atacaron.» Los
números dejarán de ser abstracciones y “¿quién cree a Hamás?”. Los lectores
comprenderán que más de 20.000 niños fueron asesinados —un tercio de todos los
muertos— por nuestras manos. Más de 44.000 niños fueron heridos —una cuarta
parte de todos los heridos—. Comprenderán que apoyaron y facilitaron una guerra
de aniquilación contra un pueblo, y no la derrota de una organización armada
cruel.
En algún momento, entenderán que la crueldad individual
de la venganza mostrada por tantos soldados —a menudo acompañada de risas y
sonrisas difundidas por TikTok— y la crueldad fría, quirúrgica y anónima de
quienes matan desde cabinas o salas de control como si jugaran a videojuegos—
no son marcas de heroísmo, sino una grave enfermedad. Social y personal.
Los padres, creen los optimistas, no podrán dormir por
las noches, preocupados de que las X en los fusiles de sus hijos marquen
mujeres, ancianos o jóvenes que recolectaban hierbas para comer. Llegará el día
en que los adolescentes pregunten a sus padres, que fueron soldados entonces,
si también obedecieron una orden de disparar a un anciano que cruzó una línea
roja desconocida.
Las hijas de pilotos condecorados preguntarán si lanzaron
una bomba “proporcionada” que mató a cien civiles por un comandante medio de
Hamás. “¿Por qué no te negaste?”, sollozará la hija.
Manifestantes portando fotos de niños palestinos asesinados en Gaza por Israel cerca de la base aérea de Tel Nof, a principios de este año.
Los nietos de un guardia de prisión jubilado preguntarán:
“¿Golpeaste tú personalmente a un detenido esposado hasta que se desmayó?
¿Obedeciste la orden de un ministro de negar comida y duchas a los prisioneros?
¿Amasaste a 30 detenidos en una celda diseñada para seis? ¿De dónde vinieron
las enfermedades de la piel? ¿Conocías a alguno de las decenas de detenidos que
murieron en una prisión israelí por hambre, golpes o tortura? ¿Cómo pudiste,
abuelo?” Los sobrinos de jueces del Tribunal Supremo leerán sus sentencias que
permitieron todo eso y dejarán de visitarlos en el shabat.
En algún momento, creen los optimistas, el encubrimiento
de la realidad por parte de los medios israelíes dejará de lavar cerebros y
adormecer corazones. La expresión “el contexto” no será considerada una
blasfemia, y el público conectará los puntos: opresión. Expulsión. Humillación.
Deportación. Ocupación. Y todo el sufrimiento entre ellas. No son partes de
consignas inventadas por judíos que se odian a sí mismos, sino la descripción
de la vida de un pueblo entero, durante años, bajo nuestras órdenes y nuestras
armas.
Las personas no nacen crueles; se vuelven así. La
crueldad de los palestinos hacia los israelíes se cubre extensamente en
nuestros medios, artículos y primeros planos. Se desarrolló como respuesta y
resistencia a nuestro dominio extranjero y hostil. Nuestra crueldad, la de la
sociedad israelí, se vuelve cada vez más sofisticada con el objetivo de
proteger nuestros botines: la tierra, el agua y las libertades de las que
expulsamos a los palestinos.
Los optimistas creen que hay un camino de regreso. Qué
afortunados son, los optimistas.







