Pages
Pages
Pages
Libellés
Maps Cartes Mapas نقشه ها خرائط
29/09/2026
Milei persona non grata à Paris
04/07/2026
17/02/2026
Lettre ouverte au Ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot
Lyna Al Tabal,
17/2/2026
Traduit par Tlaxcala
Monsieur
le Ministre,
Permettez-moi
de commencer par vous féliciter... Il n’est pas facile, pour le ministre des
Affaires étrangères d’un pays qui a enseigné au monde le sens de « Liberté,
Égalité, Fraternité », de parvenir à compresser l’histoire de son pays pour la
glisser sous les bottes d’un général israélien téméraire. Vous l’avez fait, Jean-Noël,
et avec l’ habituelle élégance française, qui plus est !
D’ordinaire,
on adresse des « lettres ouvertes » à des alliés lorsqu’ils s’égarent, ou à des
amis lorsqu’ils sont frappés d’un accès de stupidité soudaine. Quant à moi, je
vous écris aujourd’hui parce que j’ai vu cette esquive malicieuse et cette
panique dans les yeux de politiciens qui vous ressemblent... Oui, lorsque les
arguments logiques s’effondrent, il ne leur reste plus qu’à s’envelopper de
mensonges !
Vous
avez exigé, avec le choeur d’une cinquantaine de députés qui, comme vous, ont
perdu le nord, la démission de la Rapporteuse spéciale de l’ONU, Francesca
Albanese, parce qu’elle n’a pas menti, parce qu’elle n’a pas commis d’erreur comme
il se doit... Pourquoi ?
Sa
sincérité vous dérange-t-elle à ce point ? Vous vous êtes appuyé, Jean, sur une
phrase qu’elle n’a jamais prononcée, une phrase fictive qui a circulé comme
circulent les rumeurs dans les cafés parisiens avant de devenir tendance sur
les plateformes numériques !
Comment
un ministre représentant un pays du poids de la France peut-il se laisser
entraîner dans la propagation d’une rumeur sans fondement et la détourner au
nom d’une grande nation ? Comment ose-t-il, en plus de cela, prétendre défendre
les valeurs universelles alors qu’il cherche à faire taire la voix de la vérité
incarnée par Francesca Albanese ?
Mais laissons de côté tout ce malaise...
Je
vais vous révéler un secret qui expliquera peut-être votre agitation, vous qui
suivez nos traces, qui nous surveillez de près dans toutes les tribunes et qui
avez suivi la route de notre flottille de Barcelone à Ashdod... Vous avez
échoué, et vous échouerez toujours, à trouver la moindre erreur dans notre
discours, ou la moindre faute que nous pourrions regretter... Savez-vous
pourquoi ?
Ce
n’est pas parce que, comme vous, nous avons peaufiné nos mots à l’aide de
programmes d’intelligence artificielle tels que ChatGPT, ni parce que, comme
vous, nous passons nos nuits à réviser et à embellir nos phrases... Nous ne
sommes pas comme vous...
Nos
discours sont spontanés, ils jaillissent directement du cœur des peuples et de
la clarté de la vérité que nous défendons.
Celui
qui défend une cause juste ne trébuche pas sur les mots, même face à ses
ennemis.
Alors,
continuez à nous surveiller, comptez nos respirations, comptez nos pas avec
précision... Comptez-les et vérifiez-les bien.
La
Révolution française, Monsieur Barrot, qui a ébranlé les trônes de la tyrannie
et inspiré le monde en 1789, n’est pas venue pour ouvrir la voie à des
politiciens qui tremblent sous la pression et s’inclinent devant la volonté des
colonisateurs et des assassins.
Le
premier article de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen énonce une vérité éternelle qui est devenue la pierre angulaire de la
conscience humaine : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en
droits »...
Par quel langage justifier la violation de ce
pacte ?
Je ne peux donc pas qualifier votre partialité flagrante envers une entité qui pratique le génocide de « dérapage politique ». Il s’agit d’une faute morale retentissante et d’une trahison flagrante des valeurs de la République que vous êtes censé représenter.
Monsieur Barrot, votre silence actuel relève d’une certaine forme d’avidité... Car par ce silence, vous faites de la Bastille, symbole de la libération de la tyrannie, un monument historique abandonné que vous pourriez rouvrir et dans lequel vous pourriez emprisonner les principes français...
Demain,
Paris se réveillera au son de pas qui ne ressemblent pas à vos pas distingués.
Le peuple de Paris sortira pour manifester sa solidarité avec Francesca Albanese,
ce peuple dont vous et vos cinquante députés prétendez être les porte-parole,
mais qui voit ce que vous vous obstinez à effacer de vos rapports. Là, sur les
places, le drapeau palestinien flotte comme un fil rouge reliant les ruines de
Gaza aux trottoirs d’Europe et aux continents du monde.
Soyons
clairs, Francesca Albanese n’a pas inventé le génocide... C’est Gaza qui a
imposé son poids au monde et imposé le nombre croissant de ses martyrs, les
images de destruction et de dévastation... Et vous, vous ne bronchez pas.
Savez-vous qu’à Gaza, les fosses communes constituent désormais le relief du terrain ?... Et que toutes les dispositions du droit international ont été violées sur ce petit bout de terre ? Lorsque la rapporteuse spéciale des Nations unies utilise le terme « génocide », elle ne fait pas de l’incitation, elle décrit simplement l’enfer avec honnêteté.
Mais
il semble que dans votre géographie politique, le droit perde sa capacité d’expression
lorsqu’il s’agit de la Palestine.
Et
comme Gaza seule ne suffit plus à incarner cette chute morale, le décor s’étend
au Liban...
Le Liban, dont la souveraineté est violée chaque jour, et dont Israël bombarde les villages du sud. Et derrière lui, la Syrie déjà épuisée, où Israël a atteint Damas, la Cisjordanie en ébullition, et les prisons surpeuplées où sévissent toutes sortes de tortures. Tout cela constitue un seul et même système d’oppression, soutenu par les armes occidentales, justifié par des politiciens qui vous ressemblent, et protégé par le silence diplomatique.
La
vérité dans notre pays ressemble au « jasmin » : tenace, sauvage, poussant
entre les fissures... Peu importe les efforts déployés par les chenilles des
chars que vous bénissez par votre silence pour l’écraser, son parfum continuera
de dénoncer les assassins et d’offenser les narines des diplomates qui vous
ressemblent...
Alors, épargnez vos précieux conseils à ceux qui mènent aujourd’hui le monde vers un précipice moral.
Mon
dernier conseil n’est pas politique, c’est une simple sagesse populaire de
notre pays : « Celui qui construit sa maison avec le verre des fausses
promesses ne jette pas de pierres de calomnie sur les hommes libres »... Et vous,
vous vivez maintenant dans ce verre.
Enfin,
je vous félicite pour cet échec épique, vous avez finalement réussi à n’être
rien, et avec l’habituelle élégance française, qui plus est !
14/09/2025
FRANÇOIS VADROT
Quand Matignon devient un poste de commandement
Un Premier ministre de guerre sans guerre
Macron propulse la Défense à Matignon, une première en temps de paix.
François Vadrot, 14/9/2025
Une nomination inédite sous la Ve République
Sous la Ve République (depuis 1958), aucun ministre de la Défense n’avait jamais été propulsé directement Premier ministre. Pierre Messmer, ministre des Armées de 1959 à 1969, ne devint chef du gouvernement qu’en 1972, après trois ans de retrait : ce n’était pas une continuité, mais un retour.
Le seul véritable précédent est celui de Maurice Bourgès-Maunoury, sous la IVᵉ République, en 1957, en pleine guerre d’Algérie. C’est lui qui, dans la foulée de l’expédition de Suez, donna le feu vert au transfert de technologie nucléaire vers Israël, rendant possible le programme de Dimona.
👉 En temps de paix, c’est donc une première historique : Macron place à Matignon un ministre de la Défense en exercice.
La loi de 2023 comme verrou juridique
La loi de programmation militaire (2024-2030), votée en 2023, a consolidé l’arsenal légal du pouvoir exécutif. Elle permet à l’État, en cas de « menace actuelle ou prévisible », de réquisitionner personnes, biens et services, avec sanctions pour ceux qui refuseraient. Ce n’est pas la mobilisation générale, mais une boîte à outils de militarisation partielle, prête à l’emploi. Macron dispose ainsi d’un socle légal pour gouverner par décrets dans une logique de guerre.
Le parallèle américain
Aux États-Unis, Trump ressuscite l’appellation de Secretary of War, effacée en 1947 au profit du plus euphémisé Secretary of Defense. Ce n’est pas un détail de vocabulaire, mais un signal politique : assumer le mot « guerre » au lieu de se réfugier derrière la « défense ». En France, Macron hisse un ministre de la Défense à Matignon, une première sous la Ve République. Deux gestes qui traduisent le même climat : l’Occident s’installe dans une logique de confrontation ouverte.
Gouverner par décrets
En plaçant Lecornu, Macron n’a aucun intérêt à risquer un vote de confiance qu’il pourrait perdre. La Ve République lui permet de maintenir son Premier ministre sans passer par l’Assemblée, tant qu’aucune motion de censure n’est votée. Matignon devient alors une tour de contrôle qui gouverne par décrets et par 49.3, marginalisant le Parlement. Le récit change : il ne s’agit plus de réformer, mais de « tenir » et de « protéger ».
Projeter sans franchir la ligne
Dans cette logique, la France peut renforcer sa présence militaire à l’Est (Roumanie, Pologne, pays baltes) sans franchir la frontière ukrainienne. C’est la stratégie du « pré-positionnement » : troupes visibles, matériel stocké, coopération logistique, entraînement. Cela permet à Macron de :
Restaurer une crédibilité internationale en apparaissant comme moteur européen.
Créer un récit de sécurité nationale qui neutralise les débats sociaux.
Préparer l’appareil militaire à un engrenage futur.
Le calcul de Macron
Quel intérêt à déclencher ou à embrasser la guerre ? Pas de victoire électorale possible, pas de réforme à sauver. Mais une rationalité de survie :
Dissoudre l’échec intérieur en le recouvrant par le récit martial.
Se protéger du vide politique en devenant « le président de guerre », et non « le président inutile ».
Consolider l’appareil d’État par la militarisation et l’autorité exceptionnelle.
Récupérer une centralité occidentale en se posant en leader européen, pendant que Washington se concentre sur ses fractures internes, les Caraïbes et Israël.
Le paradoxe
Les États-Unis ne viendront pas ouvrir un front européen : trop polarisés, trop absorbés par leurs propres priorités. Ils laisseront les Européens tenir la ligne, tout en dirigeant de loin. C’est là le pari de Macron : transformer la France en étendard d’un front que Washington ne portera pas.
👉 En clair : Lecornu à Matignon n’est pas un fusible, mais un signal. Macron n’a plus les moyens de gouverner la France civile, alors il prépare la France militaire. Après “En Marche” et “Renaissance”, il ne reste plus qu’un mot d’ordre : l’“Étendard”.
03/08/2025
GIDEON LEVY
Reconnaître la Palestine n'arrêtera pas le génocide à Gaza – Seules des sanctions contre Israël le feront
Gideon Levy, Haaretz, 3/8/2025
Traduit par Tlaxcala
La reconnaissance européenne de la Palestine est un geste creux qui permet à Israël de s'en tirer à bon compte. Sans sanctions pour mettre fin au massacre à Gaza, ce n'est pas de la diplomatie, c'est de la complicité.
La
reconnaissance internationale d'un État palestinien récompense Israël, qui
devrait remercier chaque pays qui le fait, car cette reconnaissance sert
d'alternative trompeuse à ce qui doit réellement être fait : imposer des
sanctions.
La
reconnaissance est un substitut erroné aux boycotts et aux mesures punitives
qui devraient être pris à l'encontre d'un pays qui perpétue un génocide. La
reconnaissance est une déclaration creuse que les gouvernements européens
hésitants et faibles utilisent pour montrer à leur opinion publique en colère
qu'ils ne restent pas silencieux.
Reconnaître
un État palestinien, qui n'existe pas et n'existera pas dans un avenir proche,
voire jamais, est un silence honteux. Les habitants de Gaza meurent de faim, et
la réaction de l'Europe est de reconnaître un État palestinien. Cela
sauvera-t-il les Gazaouis affamés ? Israël peut ignorer ces déclarations avec
le soutien des USA.
On parle
d'un « tsunami » diplomatique en Israël, tout en sachant qu'il n'atteindra pas
les côtes israéliennes tant que la reconnaissance ne s'accompagnera pas d'un
prix à payer pour le génocide.
Le Premier
ministre britannique Keir Starmer, l'un des premiers à reconnaître la Palestine
dans la vague actuelle, après la France, s'est surpassé. Il s'est empressé de
présenter sa décision comme une sanction (conditionnelle), remplissant ainsi
son devoir. Si Israël se comporte bien, a-t-il promis, il retirera son index
accusateur.
De quel
genre de sanction s'agit-il, Monsieur le Premier ministre ? Si, selon vous, la
reconnaissance de la Palestine favorise une solution, pourquoi la présenter
comme une sanction ? Et s'il s'agit d'une mesure punitive, où est-elle ?
C'est ainsi
que les choses se passent lorsque la peur de Donald Trump s'empare de l'Europe
et la paralyse, lorsqu'il est clair que quiconque impose des sanctions à Israël
en paiera le prix. Le monde préfère pour l'instant une fête verbale. Les
sanctions sont bonnes quand il s'agit d'invasions russes, pas israéliennes.
La décision
de Starmer a incité beaucoup d'autres à suivre son exemple, ce qui est présenté
en Israël comme un raz-de-marée diplomatique, un tsunami. Cela n'arrêtera pas
le génocide, qui ne sera pas stoppé sans mesures concrètes de la part de la
communauté internationale. Celles-ci sont d'une urgence insupportable, car les
tueries et la famine intense se poursuivent à Gaza.
La
reconnaissance ne suffira pas non plus à créer un État. Comme l'a dit un jour
la leader des colons Daniella Weiss, après une précédente vague de
reconnaissances : « J'ouvre ma fenêtre et je ne vois pas d'État palestinien ».
Elle n'en verra pas de sitôt.
À court
terme, Israël tire profit de cette vague de reconnaissances, car elle remplace
la sanction qu'il mérite. À long terme, la reconnaissance d'un État imaginaire
pourrait présenter certains avantages, car elle soulève la nécessité de trouver
une solution.
Mais il faut
être d'un optimisme et d'une naïveté démesurés pour croire que la
reconnaissance est encore pertinente. Il n'y a jamais eu de pire moment ;
reconnaître maintenant, c'est comme siffler dans le noir. Les Palestiniens sont
sans dirigeants, et les dirigeants israéliens ont fait tout ce qu'ils pouvaient
pour empêcher la création d'un tel État, et ils ont réussi.
C'est bien
que le 10 Downing Street veuille un État palestinien, mais tant que Jérusalem
ne le veut pas, avec la colonie extrémiste de Yitzhar qui s'emploie à détruire
les biens palestiniens et qui se renforce grâce au soutien aveugle de
Washington à Israël, cela n'arrivera pas.
Alors que la
droite israélienne est au sommet de son pouvoir et que le centre israélien vote
à la Knesset en faveur de l'annexion et contre la création d'un État
palestinien, alors que le Hamas est la plus forte entité politique
palestinienne et que les colons et leurs partisans constituent l'organisation
la plus puissante en Israël, de quel État palestinien parlons-nous ? Où
serait-il ?
Une tempête
dans un verre d'eau. Le monde remplit son devoir tandis qu'Israël détruit et
affame. Le plan de nettoyage ethnique prôné par le gouvernement israélien est
d'abord mis en œuvre à Gaza. On ne peut imaginer pires conditions pour nourrir
des rêves d'État.
Où serait-il
établi ? Dans un tunnel creusé entre Yitzhar et Itamar ? Existe-t-il une force
capable d'évacuer des centaines de milliers de colons ? Laquelle ?
Existe-t-il
un camp politique qui se battrait pour cela ?
Il serait
préférable de prendre d'abord des mesures punitives concrètes pour forcer
Israël à mettre fin à la guerre – l'Europe en a les moyens – puis de mettre à
l'ordre du jour la seule solution qui reste aujourd'hui : une démocratie entre
la Méditerranée et le Jourdain, une personne, une voix. L'apartheid ou la
démocratie. À notre grand effroi, il n'y a plus de troisième voie.
01/08/2025
LYNA AL TABAL
Cent ans d’enfer en Palestine
Dr Lyna Al Tabal, Rai Al Youm, 1/8/2025
Traduit
par Tlaxcala
La France
a enfin décidé de reconnaître l’État de Palestine.
Au mois
où les feuilles tombent et où les mensonges fleurissent sur les rives de la
Seine, la France accorde enfin une reconnaissance — timide, tardive, en retard
de sept décennies…
Et la
Grande-Bretagne, celle-là même qui a cédé une terre qui ne lui appartenait pas,
décide à son tour de faire un geste… Mais la résolution 67/19, adoptée par 138
pays à l’Assemblée générale des Nations unies en 2012, avait déjà accordé à la
Palestine le statut d’« État non membre observateur », au même titre que le
Vatican. C’est sur cette base que la Palestine a pu rejoindre des organisations
et traités internationaux, comme la Cour pénale internationale ou encore
l’UNESCO.
D’accord,
vous, les Européens, vous êtes 450 millions. Votre économie pèse 20 000
milliards de dollars. Vous brillez dans les bourses, dominez les marchés… Mais
dites-moi : vos gouvernements peuvent-ils peser, ne serait-ce qu’un kilogramme
de justice ? Une poignée de dignité ? Une reconnaissance avec soixante-dix ans
de retard — voilà donc votre offre ? Vous appelez ça un geste ? Vous ne donnez
rien à la Palestine. Rien. C’est tout ce que vous avez à offrir ? Vraiment ?
Cette
reconnaissance va-t-elle arrêter un char ? Va-t-elle réchauffer le lit froid
d’une mère assassinée ? Ramener un enfant à la vie ? Non.
Oui,
l’Europe aime la Palestine… mais de loin. Comme on aime une cause perdue, un
mythe oriental, un poème de Mahmoud Darwich encadré au mur d’un salon parisien.
Et vous le savez : Israël avalera cette reconnaissance comme il avale la
Cisjordanie — à pleines dents.
Assez de
discours. Le monde n’a pas besoin d’une déclaration de plus. Il a seulement
besoin que vous arrêtiez d’armer le tueur.
Cette
reconnaissance relève de la caricature. Ce dont la Palestine a besoin, c’est
que cette complicité prenne fin. L’ONU condamne Israël chaque jour. Qu’est-ce
que cela a changé ? Gaza meurt de faim, subit le génocide, les crimes, la
misère... Trois couleurs dominent : le gris des ruines, le rouge du sang, et
l’or éclatant du désastre – celui des marchés qui prospèrent sur les décombres.
Inutile de faire d'autres déclarations. Gardez vos gestes "“courageux”.
Jeffrey
Sachs n’est pas un révolutionnaire. C’est un expert, un homme qui dit
simplement la vérité : « Arrêtez de livrer des armes à Israël, et la guerre
cessera ».
La
solution commence par un mot : responsabilité. Celle d’Israël, mais aussi celle
de tous ceux qui le soutiennent. Imposer des sanctions, voilà le minimum. Leur
Premier ministre est accusé ? Alors qu’il soit conduit à La Haye, menotté, et
que les procès commencent — si vous croyez encore à ce mot : paix.
La seule mesure qui ait du sens dans cette région : le désarmement d’Israël.
Mais que
peut faire l’Europe face aux grandes puissances qui dictent leur loi et
imposent leur volonté ? L’administration Trump n’a même pas pris la peine de
masquer son impérialisme : « Nous ferons ce que nous voulons, vous ne valez
rien », a-t-elle proclamé.
Tout cela n’est que la conséquence logique d’un choix : celui du monde
occidental, qui a préféré l’unipolarité à la justice.
Ne
perdons pas notre temps aujourd’hui à accabler Abou Mazen ( Président de l’[In]autorité
palestinienne)… Inutile de tirer sur un corbillard : l’Histoire finira par le
juger.
Et de grâce, cessez de hurler « Où sont les Arabes ? » — cette question n’a
plus de sens. Une question stupide.
Les
Arabes, mon ami, ont disparu...
Il ne reste que toi, moi, et une poignée de croyants, de rêveurs, que l’on peut
compter sur les doigts d’une main.
Ils ont disparu, comme disparaissent les espèces anciennes. Alors ne demande
plus où ils sont.
Tout cela
est arrivé parce que le monde occidental a décidé de se diriger vers un empire
unique, qui ne lui ressemble pas et ne le respecte pas. L’Europe aurait pu
empêcher cette guerre ou en atténuer la violence... mais elle a choisi de
tomber amoureuse !
L’Europe
ressemble à une vieille dame, coiffée d’un chapeau de plumes de paon colorées,
qui croit que l’Amérique l’aime... Elle est aveuglée par son amour pour
l’Amérique. Depuis la fin des années 90, l’Europe n’a pas adopté de politique
étrangère indépendante, si ce n’est une politique d’hostilité envers la
Russie... La Russie est pour elle un cauchemar soviétique, alors qu’elle aurait
dû être un partenaire commercial, mais elle a décidé d’être la maîtresse
malheureuse de Washington.
Ursula
von der Leyen, porte-parole officielle de l’empire américain au sein de la
Commission européenne, est une femme ridicule ! Vous savez, bien sûr, que ce
sont les responsables américains qui dirigent l’Europe, Mais vous continuez à
faire semblant de croire que Bruxelles est la capitale européenne.
Vous savez pourtant que c’est Washington qui
commande…
Et malgré
tout, vous souriez en agitant fièrement le drapeau européen.
Il n’y a
pas de sécurité pour l’Ukraine, ni pour l’Europe, ni même pour les rêves de vos
enfants, dans cette aventure américaine insensée à laquelle vous avez adhéré et
dont vous êtes devenus les chefs.
Vous êtes
complices d’un million de morts. Oui, vous avez sciemment participé à cette
hécatombe en Ukraine.
Vous n’avez semé que la mort. Et qu’est-ce qui a changé ? Rien.
Revenons
à la position américaine. Trump, fidèle à lui-même, menace : « L’Amérique
entrera en Ukraine pour en finir. »
Et Poutine, lui aussi fidèle à lui-même, éclate de rire : « Laissez-le
parler... Il fait toujours le contraire de ce qu’il annonce. »
En
Palestine, la situation est très claire, Mike Huckabee dit qu’il n’y a pas de
solution possible en Palestine ! !
Les USA
ont abandonné leur politique au Moyen-Orient et l’ont confiée à Benjamin
Netanyahou... C’est le lobby israélien qui domine la politique américaine. Une
blague !
En 1996,
au plus fort des pourparlers de paix, alors que les Israéliens et les
Palestiniens étaient assis dans les salles de négociation, se serraient la main
à Madrid, négociaient à Oslo et plaçaient les drapeaux palestiniens aux côtés
des drapeaux des Nations unies, et alors que Yasser Arafat modifiait le pacte
dans l’espoir d’un État, Netanyahou et ses conseillers sionistes américains
préparaient un plan pour remplacer la solution à deux États par une « solution
par la force » : encercler la Syrie, frapper l’Irak et étouffer les
Palestiniens. Et frapper toute alliance qui se formerait pour soutenir la
Palestine, y compris le Hezbollah et le Hamas. Ils ont appelé cette solution «
A Clean Break » (Une rupture totale), car ils avaient décidé de rompre définitivement
et d’imposer leur réalité.
Sur la
base de ce document, les USA ont mené sept guerres en cinq ans. Le général
Wesley Clark exécutait les instructions du bureau politique israélien. Vous
pouvez écouter le général Wesley Clark sur Internet, il parle de ce sujet. Il
était le commandant en chef de l’OTAN en 1999... Ce sont les guerres de
Netanyahou, soit dit en passant : éliminer les restes des alliés soviétiques,
démanteler le système de chaque État, de chaque alliance et organisation
hostile à Israël, et semer le chaos dans la région.
Et chaque
fois qu’une guerre éclatait, Netanyahou esquissait ce même sourire — celui de
l’homme qui allume une cigarette au premier signe de dépression. Depuis trente
ans, il répète inlassablement sa vision : il n’y aura qu’un seul État, Israël.
« et toute voix contraire sera écrasée —
pas par nous directement, mais par nos amis américains ». disait -il.
Voilà, en général, la politique des USA au Moyen-Orient, encore aujourd’hui.
Cette
politique n’a pas commencé avec Trump, ni avec Biden, et elle n’a pas été
inventée par Clinton, Bush ou Obama. C’est le jeu ennuyeux de la politique
américaine : si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous, et si vous
êtes contre nous, attendez que votre régime s’effondre de l’intérieur. N’est-ce
pas là le quotidien de la politique américaine ? Depuis la Seconde Guerre
mondiale, les USA n’ont cessé d’intervenir directement dans les affaires des
autres, sous le couvert d’un discours fallacieux sur la démocratie. Entre 1945
et 1989, ils ont provoqué soixante-dix changements de régime. Ils ont accusé
les Soviétiques de vouloir conquérir le monde, puis ils ont utilisé ce prétexte
pour conquérir le monde eux-mêmes...
Notre
destin est déjà tracé, consigné noir sur blanc pour les cent prochaines
années... Mais nous avons cette manie de les surprendre, de saboter leurs plans
les plus funestes. Ils croyaient que Gaza plierait en un mois. Ils avaient
creusé nos tombes, dressé les tentes au Sinaï et redessiné les cartes de la
région.
Quelle
illusion grotesque ! Ils croyaient que Gaza n’était qu’un détail gênant à
balayer en quelques semaines. Mais chaque massacre y a enfanté un nouveau
missile : du Qassam au Yassin, puis au Badr-3 ; de l’Ayyash 250 au R160,
jusqu’à l’Al-Quds et l’Asif al-Ghadab.
Quelle
impuissance ! Avez-vous oublié que Gaza défie même les lois de la physique ?
Tout ce qui est lancé contre elle… finit par rebondir.
Ils ont parié sur la colonisation de la Cisjordanie — et ont gagné ce pari.
Ils ont cru qu’une victoire militaire signerait la fin du conflit. Mais Gaza le
leur rappelle à chaque instant : ce n’est pas une bataille, c’est une
existence.
Quelle
victoire peut-on revendiquer, quand la stabilité d’une armée dépend d’une boîte
de Prozac ? Un État qui ne tient debout que sous antidépresseurs n’est pas un
État : c’est un patient.
Ce n’est pas un conseil, mais un avertissement — froid, clair — venu d’un
ennemi qui ne vous aime pas… mais ne souhaite même pas votre mort. Il vous dit
simplement : rentrez chez vous.
Plus vous
étendez les frontières du Grand Israël, plus vous courez vers le mur du néant.
Car plus vous approchez de ce rêve impérial, plus il se vide de son sens.
Vous avez peut-être remporté quelques batailles, mais vous gaspillez
l’essentiel : le temps.
Et l’Histoire, elle, n’oublie jamais l’arrogance.
Plus vous
vous étendez, plus vous devenez vulnérables. Plus vous avancez, plus vous vous
épuisez. Regardez Ben Gvir : un ministre de pacotille, vociférant comme un
simple d’esprit — « Envoyez des bombes, pas de l’aide à Gaza ! »
Il croit qu’on écrit l’Histoire en criant. Il pense que les missiles remplacent
la mémoire.
Mais la
guerre ne se gagne pas seulement sur le terrain. Elle se gagne — ou se perd —
dans les livres, dans les consciences, dans la trace que vous laissez.
Et
l’Histoire, mes ennemis, ne se dicte pas au mégaphone. Elle se souvient. Et
elle vous classera — vous, vos bombes, vos bouffons — dans la marge rouge de la
honte éternelle.
Dites-moi
comment ? Dites-moi, pour l’amour de Dieu, comment un État peut-il prétendre à
la victoire quand il a déjà perdu l’histoire ?
Car un jour — bientôt — tout le monde lira qu’Israël fut un État fasciste, un
régime d’apartheid qui a rasé des villes, anéanti des peuples, fait tomber des
gouvernements pour survivre… puis s’est écroulé, étouffé par sa propre haine.
Et cette
histoire, ce n’est pas Tel-Aviv qui l’écrit. C’est Gaza.
Gaza l’écrit avec ses roquettes, avec son sang, avec une volonté que ni les
bombes ni les tanks ne peuvent briser.
Vous la
lirez dans quelques années. Et vos enfants, eux, la liront dans leurs manuels
scolaires.
Et ce jour-là, ils vous regarderont… et ils auront honte.






