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11/01/2026

Iran : Déstabiliser par étranglement
Remarques sur la nouvelle vague de protestations en Iran

 Joachim Guilliard, Nachgetragen, 9/1/2026
Traduit par Tlaxcala

Joachim Guilliard (né en 1958) a étudié la physique, travaille principalement comme consultant en informatique et est actif dans le mouvement pacifiste allemand. Il s’intéresse depuis longtemps au Moyen-Orient et au Proche-Orient, en particulier à l’Irak, et est l’auteur de nombreux articles spécialisés ainsi que le coéditeur et coauteur de plusieurs livres sur les pays de la région touchés par la guerre. Depuis 2009, il anime le blog «Nachgetragen ».

La forte vague de protestations qui s’est propagée en Iran fin 2025 contre la misère économique n’a pas été une surprise. Les blocus économiques sans cesse renforcés au cours de l’année et l’agression militaire directe d’Israël et des USA en juin dernier ont considérablement aggravé les problèmes économiques du pays. L’embargo auquel l’Iran est confronté est aussi vaste et brutal que celui contre Cuba.

Le pays réussit certes à en amortir quelque peu les effets en développant le commerce avec la Russie, la Chine et ses voisins asiatiques. Les pertes financières et les problèmes d’approvisionnement restent néanmoins considérables. Ils entraînent, entre autres, une dépréciation constante de la monnaie iranienne, une perte croissante du pouvoir d’achat et une inflation élevée persistante, qui a bondi à plus de 50 % après le rétablissement des blocus par le président usaméricain en 2018 et se maintient depuis à une moyenne de 35 %. Les autres crises intérieures sont également exacerbées par l’embargo. Des millions de personnes, y compris de la classe moyenne, sont ainsi plongées dans la pauvreté. [1]

C’est précisément l’objectif ouvertement proclamé de Trump. Les Iraniens doivent être poussés au désespoir par une détérioration drastique de leurs conditions de vie, au point de se soulever contre le régime. C’est d’ailleurs le calcul général qui sous-tend les sanctions économiques [2], également poursuivi par Berlin, Paris et Londres. Les sanctions économiques de l’ONU et de l’UE réactivées par ces derniers via le « snapback » ont fait chuter encore plus le taux de change et ont poussé l’inflation à près de 50 %.

Le déclencheur des protestations actuelles a finalement été une chute extrême du taux de change du rial par rapport au dollar. Les commerçants du bazar de Téhéran ont alors fermé leurs boutiques et sont descendus dans la rue. Le rial avait perdu 10 % supplémentaires de sa valeur en quelques jours. Comme cela était exceptionnel, même pour un Iran habitué aux chutes de cours, sa direction y voit la « main de l’ennemi ». [3]

Si les manifestations se sont propagées dans de nombreuses régions du pays, les espoirs des USA et de leurs alliés européens ne se sont pas concrétisés jusqu’à présent. Même si les médias occidentaux tentent de donner une autre impression, les protestations ne visent pas un renversement du régime, mais s’opposent principalement à l’inflation, à la précarité de l’emploi, aux conditions de vie difficiles et à l’insuffisance des mesures gouvernementales pour y remédier.

Face à cette situation tendue, le gouvernement réagit avec plus de retenue que lors des protestations précédentes.[4] Il déclare les revendications légitimes, cherche le dialogue et a fait les premières concessions, comme des allègements fiscaux pour les commerçants et des subventions plus élevées.[5] Le président Massoud Pezeshkian a toutefois également reconnu que le gouvernement manquait actuellement des moyens pour résoudre la crise économique.[6]

De toute évidence, des groupes armés se sont également efforcés de faire escalader les manifestations. Dans plusieurs provinces, des émeutes violentes ont éclaté, des bâtiments ont été incendiés et des postes de police attaqués. Les forces de sécurité iraniennes ont répondu avec une fermeté correspondante. Elles soupçonnent, certainement non sans raison, une ingérence étrangère.

La surveillance, les poursuites et les arrestations avaient augmenté depuis juin, après que des attaques de drones, des attentats et des actes de sabotage depuis le territoire iranien eurent montré à quel point des secteurs sensibles du pays avaient été infiltrés par les services secrets israéliens et usaméricains. Les opposants pro-occidentaux étaient ainsi davantage soupçonnés. Comme toujours, les attaques, les efforts de déstabilisation et les blocus économiques réduisent drastiquement les marges de manœuvre politiques de la société civile.

Mais les mesures d’étranglement occidentales et le soutien massif aux forces anti-gouvernementales dans le pays n’ont rien à voir avec des efforts en faveur de la liberté et de la démocratie. Elles ne visent pas non plus principalement le programme nucléaire iranien. L’objectif est d’éliminer une puissance régionale qui, par ses richesses en ressources, son haut niveau d’éducation et ses compétences technologiques, dispose d’un énorme potentiel de développement. Et qui – à l’instar du Venezuela – entretient des alliances stratégiques avec la Chine, la Russie et d’autres adversaires de l’Occident, pratique un commerce contournant le dollar et, de par sa situation géographique, est un carrefour multipolaire.

Comme il n’existe pas dans le pays même de forces suffisamment fortes pour installer un régime pro-occidental, les USA, Israël et l’UE visent à ramener l’Iran au niveau de la Syrie, de l’Irak ou du Liban.

Notes

[1] Iran nach dem Zwölf-Tage-Krieg, UZ vom 26. Dezember 2025

[2] Joachim Guilliard, Arsenal des Faustrechts: Wirtschaftsblockaden, Menschenrechte und der Widerstand des Südens, IMI-Studie 2024/4, 24. Mai 2024

[3] Sayyed Khamenei links currency devaluation to ‚enemy hand’, Al Mayadeen, 3 Jan 2026

[4] Tehran adjusts its public tone as protests return, Iran International, 1.1.2026

[5] Iran President Moves to Calm Protests With Vow to Fix Budget, Bloomberg, 30.12.2025, Iran Offers Citizens $7 a Month in a Bid to Cool Protests, New York Times, 5.1.2026

[6] Iran’s Pezeshkian urges unity as protests over economic woes turn deadly, Aljazeera, 31/12/2025

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Iran: Destabilizing by Strangulation
Notes on the new protest wave in Iran

Joachim Guilliard, Nachgetragen, 9/1/2026
Translated by Tlaxcala

Joachim Guilliard (b. 1958) studied physics, works professionally as an IT consultant, and is active in the German peace movement. He has long been engaged with the Middle East, with a focus on Iraq, and is the author of numerous specialist articles as well as the co-editor and co-author of several books on war-affected countries in the region. Since 2009, he has run the blog “Nachgetragen”.

The strong wave of protest that spread in Iran at the end of 2025 against economic misery did not come as a surprise. The economic blockades steadily intensified over the course of the year and the direct military aggression by Israel and the USA in June have significantly exacerbated the country’s economic problems. The embargo Iran faces is as comprehensive and brutal as the one against Cuba.


While the country manages to somewhat cushion the effects by expanding trade with Russia, China, and its Asian neighbors, the financial losses and supply problems are still considerable. Among other things, they lead to a steady devaluation of the Iranian currency, growing loss of purchasing power, and persistently high inflation, which soared to over 50 percent after the blockades were reinstated by the US President in 2018 and has since averaged 35 percent. Other domestic crises are also exacerbated by the embargo. Millions of people, including from the middle class, are thus increasingly being driven into poverty. [1]

This is precisely the openly proclaimed goal of Trump. Iranians are to be driven to despair by a drastic deterioration in living conditions to the point where they rise up against the regime. This is in itself also the general calculation behind economic sanctions [2] and is also pursued by Berlin, Paris, and London. The UN and EU economic sanctions reactivated by them via “snapback” further devalued the exchange rate and drove inflation to almost 50 percent.

The trigger for the current protests was ultimately an extreme plunge in the exchange rate of the rial against the dollar. Merchants in Tehran’s bazaar consequently closed their shops and took to the streets. The rial had lost another 10 percent of its value within a few days. As this was exceptional even for an Iran accustomed to currency crashes, its leadership sees the “hand of the enemy” behind it. [3]

Although demonstrations spread to wide parts of the country, the hopes of the USA and its European allies have not been fulfilled so far. Even if Western media seek to convey a different impression, the protests are not aimed at overthrow the regime, but are predominantly directed against inflation, insecure employment, precarious living conditions, and the government’s inadequate measures to counter them.

In the tense situation, the government is reacting more restrainedly than in previous protests.[4] It declares the demands to be justified, seeks dialogue, and made initial concessions, such as tax relief for merchants and higher subsidies.[5] President Masoud Pezeshkian also admitted, however, that the government currently lacks the means to solve the economic crisis.[6]

Evidently, armed groups also endeavored to escalate demonstrations. In several provinces, there were violent riots, buildings were set on fire, and police stations attacked. Iranian security forces responded with corresponding severity. They also suspect, certainly not without reason, foreign interference.

Surveillance, charges, and arrests had increased since June, after drone attacks, assassinations, and sabotage from Iranian territory had shown the extent to which sensitive areas of the country had been infiltrated by Israeli and US intelligence services. Pro-Western opposition figures thus came under increased suspicion. As always, attacks, destabilization efforts, and economic blockades drastically narrow political spaces for the civil society .

But the Western strangulation measures and the massive support for anti-government forces in the country have nothing to do with efforts for freedom and democracy. They are also not primarily aimed at the Iranian nuclear program. The goal is the elimination of a regional power which, with its resource wealth, high level of education, and technological prowess, has enormous development potential. And which – similar to Venezuela – maintains strategic alliances with China, Russia, and other adversaries of the West, conducts trade bypassing the dollar, and due to its geographical location is a multipolar hub.

As there are no sufficiently strong forces within the country itself to install a pro-Western regime, the USA, Israel, and the EU aim to bring Iran down to the level of Syria, Iraq, or Lebanon.

Notes

[1] Iran nach dem Zwölf-Tage-Krieg, UZ vom 26. Dezember 2025

[2] Joachim Guilliard, Arsenal des Faustrechts: Wirtschaftsblockaden, Menschenrechte und der Widerstand des Südens, IMI-Studie 2024/4, 24. Mai 2024

[3] Sayyed Khamenei links currency devaluation to ‚enemy hand’, Al Mayadeen, 3 Jan 2026

[4] Tehran adjusts its public tone as protests return, Iran International, 1.1.2026

[5] Iran President Moves to Calm Protests With Vow to Fix Budget, Bloomberg, 30.12.2025, Iran Offers Citizens $7 a Month in a Bid to Cool Protests, New York Times, 5.1.2026

[6] Iran’s Pezeshkian urges unity as protests over economic woes turn deadly, Aljazeera, 31/12/2025

Iran: Destabilisieren durch Strangulieren
Anmerkungen zur neuen Protestwelle im Iran

Joachim Guilliard, Nachgetragen, 9.1.2026

Joachim Guilliard (*1958), hat Physik studiert, arbeitet hauptberuflich als IT-Berater und ist in der deutschen Friedensbewegung aktiv. Er befasst sich seit langem mit dem Nahen und Mittleren Osten, schwerpunktmäßig mit dem Irak und ist Verfasser zahlreicher Fachartikel sowie Mitherausgeber bzw. -autor mehrerer Bücher über die von Kriegen betroffenen Länder der Region. Seit 2009 betreibt er den Blog „Nachgetragen“.

Die starke Welle des Protests, die sich Ende 2025 im Iran gegen die wirtschaftliche Misere ausbreitete, kam nicht überraschend. Die im Lauf des Jahres immer weiter verschärften Wirtschaftsblockaden und die direkte militärische Aggression Israels und der USA im Juni, haben die wirtschaftlichen Probleme des Landes erheblich verschärft. Das Embargo, mit dem der Iran konfrontiert ist, ist ähnlich umfassend und brutal wie das gegen Kuba.

Es gelingt dem Land zwar durch Ausweitung des Handels mit Russland, China und seinen asiatischen Nachbarn, die Auswirkungen einigermaßen abzufedern. Die finanziellen Einbußen und Versorgungsprobleme sind aber dennoch erheblich. Sie führen unter anderem zur steten Abwertung der iranischen Währung, zu wachsenden Kaufkraftverlusten und einer anhaltend hohen Inflation, die seit der Wiederinkraftsetzung der Blockaden durch US-Präsident 2018 auf über 50 Prozent schnellte und seither bei durchschnittlich 35 Prozent liegt. Auch sonstige inländischen Krisen werden durch das Embargo noch verschärft. Millionen Menschen, auch aus der Mittelschicht, werden so zunehmend in die Armut getrieben. [1]

Genau das ist das offen verkündete Ziel Trumps. Die Iraner sollen durch drastische Verschlechterung der Lebensbedingungen derart in die Verzweiflung getrieben werden, dass sie sich gegen das Regime erheben. Das ist an sich auch das generelle Kalkül hinter Wirtschaftssanktionen[2] und wird auch von Berlin, Paris und London verfolgt. Die von ihnen über den „Snapback“ reaktivierten Wirtschaftssanktionen der UNO und der EU ließen den Währungskurs weiter verfallen und trieben die Inflation auf fast 50 Prozent.

Auslöser der aktuellen Proteste war schließlich ein extremer Absturz des Wechselkurses des Rial gegenüber dem Dollar. Händler auf dem Teheraner Bazar schlossen daraufhin ihre Läden und gingen auf die Straße. Der Rial hatte innerhalb weniger Tage weitere 10 Prozent seines Wertes verloren. Da dies selbst für den Kursstürze gewohnte Iran außergewöhnlich war, sieht seine Führung die „Hand des Feindes“ dahinter. [3]

Demonstrationen breiteten sich zwar im weiten Teilen des Landes aus, die Hoffnungen der USA und ihrer europäischen Verbündeten erfüllten sich bisher jedoch nicht. Auch wenn die westlichen Medien einen anderen Eindruck zu vermitteln suchen, zielen die Proteste nicht auf einen Umsturz, sondern richten sich überwiegend gegen Inflation, unsichere Arbeitsverhältnisse, prekäre Lebensbedingungen und die unzureichenden Maßnahmen der Regierung dagegen.

Diese reagiert in der angespannten Lage zurückhaltender als bei früheren Protesten.[4] Sie erklärt die Forderungen für berechtigt, sucht den Dialog und machte erste Zugeständnisse, wie Steuernachlässe für Händler und höhere Subventionen.[5] Präsident Massud Peseschkian räumte aber auch ein, dass der Regierung aktuell die Mittel zur Lösung der Wirtschaftskrise fehlen.[6]

Offensichtlich bemühten sich allerdings auch bewaffnete Gruppen, Demonstrationen eskalieren zu lassen. In mehreren Provinzen kam es zu gewalttätigen Ausschreitungen, wurden Gebäude in Brand gesteckt und Polizeistationen angegriffen. Die iranischen Sicherheitskräfte reagierten mit entsprechender Härte. Sie gehen, sicherlich nicht zu Unrecht, auch von ausländischer Einmischung aus.  

Überwachung, Anklagen und Verhaftungen hatten seit Juni zugenommen, nachdem Drohnenangriffe, Attentate und Sabotage von iranischem Territorium aus gezeigt hatten, in welchem Maße sensible Bereiche des Landes von israelischen und US-amerikanischen Geheimdiensten unterwartet worden waren. Pro-westliche Oppositionelle gerieten so verstärkt unter Verdacht. Wie immer verengen Angriffe, Destabilisierungsbemühungen und Wirtschaftsblockaden drastisch die politischen zivilgesellschaftlichen Spielräume.

Doch die westlichen Strangulationsmaßnahmen und die massive Unterstützung regierungsfeindlicher Kräfte im Land haben nichts mit Bemühungen um Freiheit und Demokratie zu tun. Sie richten sich auch nicht primär gegen das iranische Atomprogramm. Ziel ist die Ausschaltung einer Regionalmacht, die mit ihrem Ressourcenreichtum, hohem Bildungsgrad und technologischem Niveau ein enormes Entwicklungspotential hat. Und die – ähnlich wie Venezuela – strategische Allianzen mit China, Russland und anderen Gegnern des Westens unterhält, Handel am Dollar vorbei betreibt und durch seine geografische Lage ein multipolarer Knotenpunkt ist.

Da im Land selbst ausreichend starke Kräfte fehlen, um ein pro-westliches Regime zu installieren, zielen USA, Israel und der EU darauf, den Iran auf das Niveau von Syrien, Irak oder Libanon herunterzubringen.

Noten

[1] Iran nach dem Zwölf-Tage-Krieg, UZ vom 26. Dezember 2025

[2] Joachim Guilliard, Arsenal des Faustrechts: Wirtschaftsblockaden, Menschenrechte und der Widerstand des Südens, IMI-Studie 2024/4, 24. Mai 2024

[3] Sayyed Khamenei links currency devaluation to ‚enemy hand’, Al Mayadeen, 3 Jan 2026

[4] Tehran adjusts its public tone as protests return, Iran International, 1.1.2026

[5] Iran President Moves to Calm Protests With Vow to Fix Budget, Bloomberg, 30.12.2025, Iran Offers Citizens $7 a Month in a Bid to Cool Protests, New York Times, 5.1.2026

[6] Iran’s Pezeshkian urges unity as protests over economic woes turn deadly, Aljazeera, 31-12-2025

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20/11/2025

Colonel Wilkerson : “Israël est derrière l'escalade de Trump contre le Venezuela”

India & Global Left, 15/11/2025
Transcrit, résumé et traduit par Tlaxcala

Lawrence Wilkerson explique pourquoi les USA intensifient leurs actions contre le Venezuela, à quel point Washington est proche d'une éventuelle intervention militaire et pourquoi il pense qu'Israël joue un rôle moteur dans la stratégie de Trump à l'égard du Venezuela. Nous explorons également des questions géopolitiques plus larges : • Les USA ont-ils une véritable grande stratégie après avoir perdu la guerre tarifaire contre la Chine ? • L'OTAN va-t-elle se retirer de son aventure ratée en Ukraine ? • Que signifie pour la région la réintégration effective de la Syrie dans l'architecture usaméricaine au Moyen-Orient ? • Washington réagit-il aux changements mondiaux ou intensifie-t-il aveuglément ses efforts sur plusieurs fronts ? Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur l'empire usaméricain, la rivalité entre les grandes puissances et les acteurs cachés qui façonnent les conflits actuels, cette interview du colonel Wilkerson est incontournable.

 

L’épisode s’ouvre par un message de bienvenue adressé aux spectateurs et un appel à soutenir la chaîne au moyen d’abonnements, d’adhésions ou de dons. L’animateur présente ensuite l’invité du jour, le colonel Lawrence Wilkerson, ancien colonel de l’armée usaméricaine et ancien chef de cabinet du secrétaire d’État Colin Powell. La discussion s’engage sur l’escalade des USA contre le Venezuela : renforcement militaire dans la Caraïbe, opérations lancées depuis Porto Rico sous couvert d’une « guerre contre le narco-terrorisme » et intensification des campagnes de propagande. Certaines figures de l’opposition vénézuélienne — comme María Corina Machado — sont accusées de promettre des actifs du pays aux entreprises usaméricaines, tandis que le président Trump affiche ouvertement sa volonté d’un changement de régime à Caracas. La question centrale posée à Wilkerson est jusqu’où Washington est prêt à aller.

Wilkerson répond en évoquant son expérience sous l’administration de George W. Bush, soulignant que de nombreuses pratiques de cette époque sont aujourd’hui reproduites avec encore plus de profondeur, d’ampleur et d’illégalité. Il invoque l’héritage des procès de Nuremberg et rappelle que leur objectif fondamental, formulé par le juge Jackson, était de prévenir les guerres d’agression. Ce principe a servi de fondement moral à l’ONU et aux Conventions de Genève de 1948, destinées à imposer des normes de conduite de la guerre et à instituer le droit pénal international. Selon Wilkerson, les USA démantèlent désormais, « pièce par pièce, fil par fil », tout l’édifice juridique international mis en place après la Seconde Guerre mondiale. Il affirme que les USA sont devenus le principal auteur de guerres d’agression dans le monde, le Venezuela étant la cible la plus récente.

Il rappelle que l’implication clandestine usaméricaine s’est intensifiée en 2016 lorsque Trump a signé une directive autorisant la CIA à mener des opérations sur le terrain. La décision d’Obama, en 2015, de qualifier le Venezuela de menace pour la sécurité nationale avait déjà préparé le terrain aux sanctions et aux politiques interventionnistes. Wilkerson souligne qu’il n’existe aucune différence significative entre administrations démocrates et républicaines. Il s’inquiète notamment des nouveaux fondements juridiques élaborés par le département de la Justice pour justifier des assassinats extrajudiciaires en mer — des opérations qui ont déjà coûté la vie à des dizaines de personnes, dont de simples pêcheurs pauvres pris à tort pour des trafiquants. En Colombie et au Venezuela, certains évitent désormais de sortir pêcher de peur d’être tués. Cela illustre, selon lui, la destruction du droit international et du principe de procédure régulière.

Interrogé sur la possibilité d’une intervention militaire, Wilkerson se dit très préoccupé. Il affirme qu’Israël joue un rôle majeur dans les opérations de renseignement usaméricaines au Venezuela depuis au moins 2016. Trump, dit-il, reçoit un renseignement biaisé ou manipulé non pas par les agences officielles usaméricaines, mais par des intermédiaires comme Laura Loomer et des individus liés aux services israéliens, financés par des acteurs de l’opposition vénézuélienne. Cette filière parallèle contourne le renseignement officiel et alimente des opérations fondées sur des agendas extérieurs.

Wilkerson détaille ensuite l’ascension du Commandement des opérations spéciales (SOCOM), devenu une structure militaire semi-autonome étroitement intégrée à la CIA. Ce dispositif permet à l’agence de mener des opérations d’action directe tout en échappant au contrôle du Congrès, puisque celles-ci sont techniquement exécutées par l’armée. Il cite plusieurs précédents historiques — Mogadiscio, l’Afghanistan, l’Irak — où les forces spéciales ont mené des missions unilatérales hors du contrôle des commandants régionaux. Il affirme que la même dynamique est à l’œuvre au Venezuela, où des unités spéciales, stationnées sur un « navire-mère » au large du pays, mènent des opérations clandestines sans en référer au commandement militaire conventionnel. Il qualifie cette situation de rupture « invraisemblable » et dangereuse du contrôle civil et militaire.

L’animateur note que l’armée vénézuélienne est fortement politisée et étroitement liée au processus bolivarien — à la différence du Chili en 1973. Cela rend un coup d’État bien plus difficile. Wilkerson approuve : l’armée est restée loyale et les tentatives de corruption ou d’infiltration usaméricaines ont probablement échoué. Une intervention se heurterait à la fois à l’armée et à une opinion publique largement opposée aux USA. Wilkerson prédit qu’une tentative de changement de régime conduirait à une guerre de guérilla prolongée, que les USA finiraient par perdre, provoquant d’immenses souffrances au Venezuela et peut-être en Colombie.

Colonel Wilkerson: “Israel Is Behind Trump’s Escalation on Venezuela”


India & Global Left, 15/11/2025

Transcribed and summarized by Tlaxcala

Wilkerson explains why the U.S. is escalating against Venezuela, how close Washington is to a possible military intervention, and why he believes Israel is playing a driving role behind Trump’s Venezuela strategy. We also explore bigger geopolitical questions: • Does the U.S. have a real grand strategy after losing the tariff war to China? • Will NATO retreat from its failing venture in Ukraine? • What does Syria’s effective re-absorption into the U.S. Middle East architecture mean for the region? • Is Washington reacting to global shifts—or blindly escalating on multiple fronts? If you want a deep dive into U.S. empire, great-power competition, and the hidden actors shaping today’s conflicts, this interview with Colonel Wilkerson is essential.

 

The episode opens with a welcome to viewers and an appeal to support the channel through subscriptions, membership, or donations. The host then introduces the evening’s guest, Colonel Lawrence Wilkerson, a retired U.S. Army Colonel and former Chief of Staff to Secretary of State Colin Powell. The conversation begins with an overview of U.S. escalation against Venezuela, including military buildups in the Caribbean, operations originating from Puerto Rico under the banner of a so-called "war on narco-terrorism," and intensified propaganda efforts. Figures in the Venezuelan opposition—such as María Corina Machado—are described as promising Venezuelan assets to U.S. corporations, while President Trump has been explicit in seeking regime change in Caracas. The central question posed to Wilkerson is how far Washington is willing to go.

Wilkerson responds by recalling his experience during the George W. Bush administration, noting that many of the practices of that era are now being repeated with even greater depth, breadth, and illegality. He invokes the legacy of the Nuremberg Trials, reminding viewers that their primary purpose—articulated by Justice Jackson—was to stop wars of aggression. This principle formed the moral foundation for the UN and the Geneva Conventions of 1948, which sought to impose standards on the conduct of war and establish international criminal law. According to Wilkerson, the United States is now dismantling, "peg by peg, thread by thread," the entire post-World War II international legal framework. He argues that the U.S. has become the world’s chief perpetrator of wars of aggression, with Venezuela being the most recent target.

Wilkerson explains that U.S. covert involvement in Venezuela escalated in 2016 when Trump signed a presidential finding authorizing CIA operations on the ground. Obama’s 2015 declaration that Venezuela was a national security threat to the United States also paved the way for sanctions and interventionist policies. Wilkerson stresses that both Democratic and Republican administrations have followed the same trajectory. He highlights a troubling trend: the creation of new legal rationales by the Department of Justice to justify extrajudicial killings at sea—killings that have already claimed dozens of lives, including impoverished fishermen misidentified as smugglers. People in Colombia and Venezuela are now reportedly afraid to fish for fear of being killed. This, Wilkerson says, represents the destruction of international law and due process.

Turning to the possibility of a military intervention, Wilkerson describes the situation as deeply alarming. He asserts that Israel is heavily involved in U.S. intelligence operations related to Venezuela, having participated since at least 2016. According to him, Trump receives misleading or manipulated intelligence not from official U.S. agencies but from intermediaries such as Laura Loomer and figures connected to the Israeli intelligence apparatus, financed by actors within the Venezuelan opposition. In Wilkerson’s view, this intelligence pipeline circumvents the established intelligence community, enabling operations driven by external agendas.

He elaborates on the rise of U.S. Special Operations Command (SOCOM), which has grown into a powerful, semi-autonomous military structure closely integrated with the CIA. This arrangement allows the CIA to conduct direct-action operations while avoiding congressional oversight, since the military technically carries out the actions. Wilkerson provides historical examples—from Mogadishu to Afghanistan and Iraq—where Special Operations forces conducted unilateral missions without the knowledge of regional commanders. He argues that similar dynamics are now visible in Venezuela, where special operations personnel aboard a “mother ship” off the Venezuelan coast conduct clandestine missions without the awareness or approval of the conventional military command at Southern Command. This, he says, represents an “unbelievable” and dangerous breakdown of civilian and military oversight.

13/08/2025

ALEX SHAMS
Unser Mann für Teheran

Die von den USA und Israel unterstützte Kampagne, die Reza Pahlavi, den Sohn des Schahs, für einen Regimewechsel im Iran positioniert.

Alex Shams,Boston Review, 6-8- 2025
Von Tlaxcala übersetzt

Als Israel am 13. Juni einen Überraschungsangriff auf den Iran startete, war das erklärte Ziel, das Atomprogramm des Gegners zu zerstören. Doch innerhalb weniger Tage kam es zu einer Ausweitung der Mission. Der israelische Ministerpräsident Benjamin Netanjahu räumte offen ein, dass die Operation zum Sturz der Islamischen Republik führen könnte. Am letzten Tag der Kämpfe schloss sich Donald Trump, der den Angriff von Anfang an unterstützt hatte, Netanjahu an und sprach von einem Regimewechsel.



09/10/2024

MUHAMMAD SAHIMI
Les “Ahmed Chalabi” iraniens aident Israël à planifier le bombardement de l’Iran

Muhammad Sahimi, antiwar.com,  9/10/2024
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala 

Muhammad Sahimi (Téhéran, 1954), professeur de génie chimique et de science des matériaux et titulaire de la chaire NIOC de génie pétrolier à l’université de Californie du Sud (Los Angeles), est cofondateur et rédacteur en chef du site ouèbe Iran News & Middle East Reports.

Depuis l’invasion de l’Irak en mars 2003, les conservateurs, le lobby israélien aux USA et les groupes qui leur sont alliés ont cherché une version iranienne d’Ahmed Chalabi, le célèbre personnage irakien allié aux néoconservateurs lors de la préparation de l’invasion de l’Irak en 2003, qui a fabriqué pendant des années des mensonges sur les armes de destruction massive inexistantes de Saddam Hussein.

Depuis au moins une décennie, le principal candidat est Reza Pahlavi, le fils du dernier roi d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, dont le régime a été renversé par la révolution de 1979. Pahlavi junior tente depuis plus de 40 ans de rétablir la monarchie en Iran, mais comme je l’ai expliqué ailleurs, ses efforts ont été consacrés à l’obtention du soutien de gouvernements étrangers pour le mettre au pouvoir.


Atelier Populaire des Beaux-Arts, Paris, juin 1968

Dans les années 1980, la CIA a financé Reza Pahlavi. Il entretient également des relations de longue date avec le lobby israélien aux USA. Il a rencontré Sheldon Adelson, l’homme qui a suggéré que les USA attaquent l’Iran avec des bombes nucléaires, et a pris la parole à l’Institut Hudson, à l’Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient, au Sommet israélo-américain et dans d’autres organismes pro-israéliens. Pahlavi a également appelé Israël - ce même pays qui mène des guerres brutales à Gaza et au Liban depuis un an -à aider la « cause de la démocratie » en Iran.

Les nouveaux efforts pour soutenir Pahlavi ont commencé immédiatement après l’élection de Donald Trump en novembre 2016, avant même qu’il ne prenne officiellement ses fonctions, mais les manifestations à grande échelle qui ont eu lieu en Iran en septembre-décembre 2022 à la suite de la mort de Mahsa Amini, la jeune femme décédée alors qu’elle était détenue par les forces de sécurité, ont fourni une nouvelle occasion de présenter le Chalabi iranien comme le « prochain dirigeant » de l’Iran. Parmi les proches conseillers de Pahlavi figurent Amir Taheri, Amir Etemadi et Saeed Ghasseminejad, tous partisans d’Israël.

Taheri, 82 ans, « journaliste », est président de Gatestone, Europe, institution islamophobe de droite, qui a menti sur l’Iran à de multiples reprises, dans le but de provoquer une réaction brutale contre ce pays. Par exemple, en mai 2006, le National Post, journal canadien de droite, a publié un article de Taheri dans lequel il affirmait que le Majlis [parlement iranien] avait adopté une loi qui « envisage des codes vestimentaires distincts pour les minorités religieuses, les chrétiens, les juifs et les zoroastriens, qui devront adopter des couleurs distinctes pour être identifiables en public ». Ces propos ont été rapidement réfutés par de nombreuses personnes, comme Maurice Motamed, qui était à l’époque le membre juif du Majlis. Le National Post a retiré l’article et s’est excusé de l’avoir publié, mais Taheri ne l’a pas fait.

Taheri a également accusé l’ancien ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, de faire partie des étudiants qui ont pris d’assaut l’ambassade des USA à Téhéran en novembre 1979, alors qu’à l’époque, Zarif était étudiant à l’université d’État de San Francisco. Juste après la signature de l’accord nucléaire avec l’Iran, officiellement connu sous le nom de Plan global d’action conjoint (JCPOA), en juillet 2015, Taheri a affirmé : « Akbar Zargarzadeh, 14 ans, a été pendu à un arbre dans un camp de garçons islamiques après que le mollah du camp l’a accusé d’être gay et de mériter la mort ». Cette affirmation s’est également révélée être un canular.

Si Taheri est trop âgé pour être un Ahmed Chalabi iranien, Ghasseminejad et Etemadi sont relativement jeunes et ambitionnent d’être le prochain Chalabi. Etemadi, 43 ans, a cofondé le petit groupe monarchiste Farashgard [qui signifie renaissance en persan ancien] en 2018. Ghasseminejad et lui appartenaient tous deux au soi-disant « Groupe des étudiants libéraux iraniens », un petit groupe d’ultra-droite composé d’étudiants activistes en Iran, dont la plupart ont déménagé au Canada et aux USA.  Avant l’élection de Trump en 2016, Etemadi a reposté un gazouillis de Mitt Romney dans lequel il qualifiait Trump de « bidon et de fraude », mais dès que Trump a été élu, Etemadi et ses acolytes monarchistes sont tombés amoureux de sa politique iranienne et ont soutenu la « politique de pression maximale » de l’administration Trump contre l’Iran, que l’administration Biden a, plus ou moins, poursuivie. Une source bien informée à Washington a dit à l’auteur qu’Etemadi est payé par la Foundation for the Defense of Democracies (FDD), bien que je n’aie pas pu confirmer cette affirmation de manière indépendante. La FDD est un lobby israélien, un ardent opposant au JCPOA et un défenseur des sanctions économiques et même de la guerre contre l’Iran

Ghasseminejad est aujourd’hui chercheur principal à la FDD. Il s’est fait le champion du « nettoyage des rues des bêtes islamistes » et s’inquiète d’une « apocalypse chiite » imminente alimentée par l’Iran. Mais ce qui est plus important que ce titre, c’est le travail de Ghasseminejad au nom de la « fausse opposition » iranienne, un assortiment flou d’activistes réactionnaires qui soutiennent les sanctions économiques et la pression militaire contre l’Iran, mais dont la politique contraste fortement avec les groupes de la « vraie opposition » en Iran et leurs partisans dans la diaspora, qui se compose d’une large coalition de syndicats de travailleurs et d’enseignants, de groupes de défense des droits humains, de droits des femmes et d’activistes sociaux, de réformistes radicaux, de nationalistes, de gauchistes laïques et de nationalistes religieux.

Ghasseminejad était étudiant en génie civil à l’université de Téhéran, qui - à l’exception de la période du gouvernement éphémère du Premier ministre Mohammad Mosaddegh en 1951-1953 - a toujours été un foyer d’activités antigouvernementales. En 2002, Ghasseminejad et Etemadi ont publié un bulletin d’information étudiant intitulé Farda [« demain »] dans lequel ils prônaient le « libéralisme », c’est-à-dire des aventures militaires du type de celles envisagées par les néoconservateurs partisans d’une « intervention libérale » afin de répandre la « démocratie » par la force. Ghasseminejad a soutenu l’invasion usaméricaine de l’Irak en 2003 et, dans un article intitulé « Pourquoi les USA attaqueront l’Iran », il a implicitement préconisé des attaques militaires contre son pays natal.

En juin 2003, après des manifestations sporadiques contre le gouvernement à Téhéran, Ghasseminejad a été brièvement détenu. Lors d’une conférence de presse tenue après sa libération, il s’est excusé auprès du leader suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis d’être « un bon citoyen » et a mis fin à ses activités politiques. Deux ans plus tard, au printemps 2005, Ghasseminejad et un petit groupe d’autres étudiants ont commencé à publier une autre lettre d’information appelée Talangar [en gros, « appel au réveil »], qui se concentrait sur la critique des étudiants de gauche et des lettres d’information qu’ils publiaient.

Bien qu’il ait exprimé son « amour » pour la démocratie et les droits humains, qu’il se soit présenté comme un « libéral classique » et qu’il ait travaillé pour une fondation qui « défend » les démocraties, Ghasseminejad s’est à plusieurs reprises rallié à l’autoritarisme. Dans un article intitulé « Qu’apprenons-nous de Lénine », publié dans Talangar, il a exprimé son admiration pour Vladimir Lénine et son concept de « centralisme démocratique ». Il a qualifié Augusto Pinochet, le dictateur chilien, de « cher [dirigeant] disparu qui a sauvé le Chili... et qui était bien meilleur que Salvador Allende », le président socialiste chilien qui, comme Mohammad Mosaddegh en 1953, a été renversé par un coup d’État soutenu par la CIA en 1973.

Ghasseminejad s’est également prononcé en faveur du massacre des Égyptiens lors des manifestations qui ont suivi le coup d’État d’Abdel Fattah el-Sissi en 2013, en écrivant sur sa page Facebook: « J’ai pensé que je devais venir sur Facebook et exprimer mon appréciation pour l’armée égyptienne qui a nettoyé les rues des fondamentalistes islamiques criminels. » Il a ajouté : « En fait, la bonne question n’est pas de savoir pourquoi l’armée égyptienne nettoie l’Égypte des bêtes islamistes, mais plutôt pourquoi l’armée iranienne a permis aux islamistes de prendre le contrôle de notre pays » pendant la révolution iranienne, alors qu’au moins 3 000 personnes ont été assassinées par l’armée du Shah pendant la révolution de 1979.

J’ai beaucoup écrit sur Ghasseminejad. Dans sa jeunesse, il était opposé à la monarchie en Iran, qualifiant Mohammad Reza Shah de « dictateur insensé », mais, comme tous les opportunistes monarchistes, lui, Etemadi, Taheri et Farashgard soutiennent tous Reza Pahlavi et le retour de la dictature monarchique en Iran, ainsi qu’Israël. Taheri est un monarchiste si ardent qu’à un moment donné, il a exprimé le souhait de lécher les bottes de Mohammad Reza Shah.

Le point le plus important concernant ces aspirants Chalabi est qu’eux et leurs partisans ne disposent pas d’une base sociale de soutien significative en Iran. Reza Pahlavi n’a jamais osé appeler le peuple iranien à lui manifester son soutien en Iran par le biais d’une manifestation ouverte, et lorsqu’en décembre 2018 et janvier 2019, le monarchiste  Farashgard a appelé à de telles manifestations, personne ne s’est présenté. Même dans la diaspora, une grande majorité d’Iraniens, tout en s’opposant aux religieux en Iran, méprisent les sanctions économiques, les menaces militaires et le soutien des monarchistes à la guerre du Premier ministre Benjamin Netanyahou contre l’Iran. En Iran, l’hostilité entre Netanyahou et les monarchistes iraniens a transformé les Iraniens généralement favorables à l’Occident en de fervents opposants à Israël.

Les monarchistes savent que l’absence d’une base sociale significative en Iran implique qu’ils ne reviendront jamais au pouvoir par le biais d’un mouvement social ou d’une révolution dans le pays. Leur seul espoir réside donc dans une intervention étrangère en Iran, raison pour laquelle ils prônent toujours la guerre et les sanctions économiques et soutiennent Israël. C’est pourquoi, après les grandes manifestations qui ont eu lieu en Iran en 2022, Etemadi et Ghasseminejad ont convaincu Reza Pahlavi qu’il devait faire connaître son alliance avec Israël et l’ont incité à s’y rendre. Accompagné de deux hommes, Pahlavi se rend en Israël en avril 2023 et rencontre Netanyahou et le président israélien Isaac Herzog. Pendant son séjour, Pahlavi a rencontré toutes sortes de groupes sociaux et religieux, à l’exception des Palestiniens et des musulmans.

Reza Pahlavi au Mur des Lamentations 

Reza Pahlavi et Yasmine, Sara et Bibi Netanyahou

Après l’attaque de l’Iran contre Israël la semaine dernière, les spéculations sur la réponse possible d’Israël à cette attaque vont bon train. Ici aussi, les Chalabi monarchistes ne sont pas seulement des alliés d’Israël, mais certains d’entre eux participent activement à la planification du bombardement de l’Iran par Israël. Interrogé sur la manière dont Israël décide où bombarder en Iran lors d’une interview avec Erin Burnett de CNN, le lieutenant-colonel (Re.) Jonathan Conricus, ancien porte-parole de Tsahal et actuellement chercheur principal à la FDD, a répondu que les sites potentiels sont étudiés et analysés par les experts de la  FDD, dont Ghasseminejad, Behnam Ben Taleblu - un autre « chercheur principal » iranien - et Andrea Stricker, chercheuse anti-iranienne à la  FDD, experte en prolifération nucléaire. En d’autres termes, les Chalabi iraniens empruntent la même voie que celle empruntée par les Irakiens.

Mais, contrairement à l’Irak où le nationalisme sous le régime de Saddam Hussein était faible, puisque ce dernier avait toujours prôné le panarabisme, les Iraniens sont farouchement nationalistes et ne pardonneront jamais aux renégats tels que ces aspirants Chalabi. Ceux-ci doivent également se rappeler le sort des Chalabi irakiens : une fois que les USA ont atteint leur objectif d’envahir et d’occuper l’Irak avec l’aide des mensonges et des exagérations de Chalabi, celui-ci a été jeté sans cérémonie comme une vieille serpillère :  il n’a jamais accédé au pouvoir et est mort dans l’infamie.

BONUS TLAXCALA

Trombinoscope chalabiesque


Carnet Mondain

Leurs Altesses Impériales Reza Pahlavi (qui aura 64 ans le 31 octobre) et sa maman, la Chahbanou Farah (qui aura 86 ans le 14 octobre) se sont vu décerner le Prix Architecte de Paix de la Fondation Richard Nixon. Reza sera l’hôte d’un dîner de gala le 22 octobre à la Bibliothèque/Musée présidentielle Richard Nixon, à  Yorba Linda, Californie, tandis que la Chahbanou le recevra plus tard, lors d’une cérémonie privée. Vous pouvez acheter vos tickets pour le dîner, dont le prix va de 1 000 à 50 000 $, ou faire une donation, si vous ne pouvez pas assister au dîner, ici. Malheureusement, le menu du dîner n'a pas été communiqué par les organisateurs. On espère qu'il y aura du caviar de la Caspienne et du vin de Shiraz californien.

Le jeune Reza avec Tricky Dickie Nixon, papa et maman, en 1979, au country  club de Cuernavaca. Nixon et Pahlavi senior furent les meilleurs amis du monde, s’étant connus à Téhéran après le coup d’État organisé par la CIA en 1953, puis rencontrés une douzaine de fois, jusqu’à l’enterrement du despote déchu au Caire en 1980, auquel Nixon fut le seul (ex)président à assister. Lors de la première visite de Nixon, alors vice-président, le 7 décembre 1953, 3 étudiants iraniens en grève qui protestaient contre sa présence furent tués par la police : Ahmad Ghandchi appartenait au Jebhe-e Melli (Front national de Mossadegh), Shariat-Razavi et Bozorg-Nia au Hezb-e Tudeh (parti communiste). Leur mémoire est honorée en Iran chaque 16 de mois d'Azar.