Genocidio di Gaza
MANUALE DI STORIA DEL 2046 - Storia globale del primo quarto del XXI secolo
Génocide de Gaza
MANUEL D’HISTOIRE DE 2046 - Histoire globale du premier quart
du XXIe siècle
Gaza Genocide
HISTORY TEXTBOOK OF 2046 - Global History of the First Quarter
of the 21st Century
Genocidio de Gaza
MANUAL DE HISTORIA DE 2046 - Historia global del primer cuarto
del siglo XXI
Völkermord in Gaza
GESCHICHTSLEHRBUCH VON 2046 - Globalgeschichte des ersten
Viertels des 21. Jahrhunderts
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03/08/2026
Genocidio di Gaza IT FR EN ES DE
31/05/2026
Gideon Levy: Final Solution Underway|Solución final en marcha|Solution finale engagée
29/05/2026
Lavinia Marchetti: Perché la Palestina è la lotta di tutti?|Why is Palestine Everyone's Struggle?|Warum ist Palästina der Kampf aller Menschen?|¿Por qué Palestina es la lucha de tod@s?|Pourquoi la Palestine est-elle le combat de tout le monde ?
09/05/2026
Gaza : passé, présent, futur ? La vérité et la bataille pour la liberté de parole
Conférence de Norman Finkelstein à l’Université du Massachusetts – Amherst, 24 septembre 2025
Le génocide à Gaza a déclenché une bataille mondiale pour la liberté d’expression, d’opinion et d’organisation, aussi bien au Nord qu’au Sud de la planète. La réponse des régimes dits démocratiques face aux mouvements de solidarité avec le peuple palestinien a été consternante, marquée par la répression la plus brutale des actes et des paroles, de Berlin à Tanger, de Londres à New York. Norman Finkelstein, universitaire juif et fils de survivants de la Shoah, a été ostracisé bien avant le 7 octobre 2023, pour avoir dénoncé ce qu’il appelait « l’industrie de l’Holocauste ». Sa conférence à l’Université du Massachusetts en septembre 2025 fut historique. Ce fut sa première apparition dans une université usaméricaine depuis le 7 octobre. Ses paroles méritent d’être gravées dans le marbre de l’Histoire. Les voici.
25/03/2026
“Torture et génocide”, un nouveau rapport de Francesca Albanese
Le 23 mars 2026, un nouveau rapport de la rapporteuse spéciale des Nations unies, Francesca Albanese, destiné au Conseil des droits de l’homme, a été publié sous le titre « Torture et génocide ». En voici un bref résumé. Le rapport, traduit par Tlaxcala, peut être téléchargé ci-dessous en cliquant sur l’image.
Torture et génocide en Palestine : une politique
systémique
Le
rapport de la Rapporteuse spéciale de l’ONU met en lumière une réalité
accablante : la torture infligée aux Palestiniens n’est ni accidentelle ni
marginale. Elle constitue un pilier central d’un système de domination
coloniale et d’un processus génocidaire en cours.
Depuis
des décennies, Israël a intégré la violence coercitive dans son appareil de
contrôle. Mais depuis octobre 2023, une escalade sans précédent révèle une
transformation qualitative : la torture est désormais massive, assumée et
dirigée contre l’ensemble du peuple palestinien. Elle ne vise plus seulement
des individus, mais une population « en tant que telle ».
Dans
les prisons et les camps de détention, les témoignages décrivent un régime de
brutalité extrême : passages à tabac, privation de sommeil, famine organisée,
violences sexuelles, humiliations systématiques. Des enfants, des médecins, des
journalistes, des humanitaires sont arrêtés, torturés, parfois jusqu’à la mort.
Les corps sont mutilés, les esprits brisés, les vies détruites. Cette violence
n’est pas une dérive : elle est coordonnée, institutionnalisée et revendiquée.
Mais
la torture ne se limite pas aux lieux de détention. Le rapport montre que l’ensemble
du territoire palestinien est transformé en un “environnement torturant”. À
Gaza, le siège, la famine, les bombardements massifs, la destruction des
hôpitaux, des écoles et des habitations créent une souffrance collective
permanente. La population entière est enfermée dans un espace où la mort, la
peur et la privation sont omniprésentes.
En
Cisjordanie, la surveillance généralisée, la violence des colons, les
déplacements forcés et la destruction des moyens de subsistance prolongent
cette logique. La vie quotidienne elle-même devient une forme de torture : une
existence marquée par l’insécurité, l’humiliation et la menace constante.
Le
droit international est clair : la torture est absolument interdite. Mais le
rapport va plus loin. Il démontre que l’usage systématique de la torture contre
un groupe constitue un indicateur clé de l’intention génocidaire. En infligeant
des souffrances physiques et psychologiques à grande échelle, en détruisant les
conditions de vie et en ciblant les structures sociales, Israël met en œuvre
une stratégie visant à affaiblir, fragmenter et finalement effacer le peuple
palestinien.
Ce
système ne repose pas seulement sur l’armée ou les services de sécurité. Il est
soutenu par des lois, validé par les tribunaux, légitimé par des discours
politiques, relayé par des médias et banalisé dans une partie de la société. La
torture devient ainsi une entreprise collective, normalisée et justifiée.
La
conclusion du rapport est sans ambiguïté : le génocide en cours se manifeste
aussi comme une torture continue, collective et générationnelle. Il ne s’agit
pas d’actes isolés, mais d’une architecture cohérente de destruction.
Face
à cela, l’inaction internationale n’est plus tenable. Les États ont l’obligation
de prévenir, d’enquêter et de poursuivre ces crimes. Mettre fin à la torture
signifie aussi mettre fin au système qui la produit : l’occupation, l’apartheid
et la colonisation.
Chloé Ludden : Pourquoi j’ai démissionné de l’ONU pour rejoindre la Flottille de la liberté pour Gaza
Mondoweiss interviewe l’ancienne fonctionnaire de l’ONU Chloé Ludden sur son expérience en mer avec la Flottille de la liberté pour Gaza et sur les raisons pour lesquelles celles et ceux qui travaillent dans les organisations internationales, y compris les fonctionnaires, ne peuvent plus se permettre le luxe du silence.
Ramsey
Hanhan, Mondoweiss, 24 mars 2026
Traduit par Tlaxcala
Chloé Fíona Ludden est
une scientifique qui a grandi entre la France et l’Irlande. Elle se décrit
comme une « personne curieuse », dotée d’un esprit scientifique, longtemps
animée par des questions telles que : « Comment des sociétés supposément riches
et développées peuvent-elles tolérer autant de pauvreté et d’inégalités ? »
Elle a étudié la gouvernance environnementale et travaillé dans plusieurs
instituts de recherche et organisations internationales, notamment l’Union
européenne, le GIEC et le Secrétariat des Nations unies. En tant que personne,
elle cherche « à restaurer un sens de l’avenir comme un lieu où nous avons
réellement envie d’aller ». Ici, Ludden revient sur son voyage à bord du Handala,
de la Flottille de la liberté, pour défier le blocus israélien de Gaza.
RH : Vous avez
démissionné de l’ONU. Pourquoi ?
CL : Je ressentais un énorme décalage
entre mon rôle et mes responsabilités en tant qu’être humain. Il m’était
difficile de recevoir l’ordre du Secrétaire général de ne participer à aucune
manifestation ou prise de parole publique liée au génocide du peuple palestinien.
J’ai compris au bout d’un an que l’ONU idéale n’existait que dans mon
imagination.
J’ai décidé de
rejoindre le Handala après avoir tenté de faire bouger le système de
l’intérieur. J’avais contacté la Vice-Secrétaire générale pour demander l’envoi
d’observateurs et un soutien officiel aux flottilles. On m’a répondu que cela
dépassait le cadre intergouvernemental auquel l’ONU est tenue. J’ai eu du mal à
comprendre ce manque de courage.
RH : Quand
avez-vous entendu parler de la flottille pour la première fois ?
CL : J’ai découvert le Mavi Marmara
lors d’un voyage professionnel à Istanbul en avril 2024. Des flottilles partent
depuis 2008. Israël a attaqué l’une d’elles en 2010, tuant 10 participants. À
Istanbul, j’ai rencontré le fils d’un des martyrs. Il continue d’organiser des
flottilles et m’a demandé de l’aide informelle lorsque le navire Conscience
a perdu son pavillon. Mes rencontres avec des diplomates m’ont fait perdre
espoir. L’année suivante, le Conscience a retrouvé un pavillon, mais a
été bombardé à Malte.
RH : Vous
connaissiez donc les dangers. Pourquoi quitter une vie confortable en Europe ?
CL : … extrêmement confortable. J’avais
un bel appartement à New York, un bon salaire, une carrière en construction.
Mais je n’étais pas moi-même. Le système bloque le changement en offrant ce
confort. Netflix, la dopamine, ces outils soporifiques… regardez les nouveaux
mots : « doom scroll », « brain rot ». Nous avons normalisé ce confort. Il n’y
a plus de sens du collectif.
Pour moi, c’était une
affirmation — de ma voix, de la voix palestinienne, de la vie contre un système
orienté vers la mort et la normalisation de la souffrance de masse.
Beaucoup de gens
veulent agir mais pensent ne pas pouvoir le faire. Or, il n’y a pas de
solidarité sans sacrifice. La solidarité n’est pas de la charité : nous luttons
pour nos propres droits.
RH : Parlez-nous du
voyage sur le Handala
CL : C’était un moment magnifique. Nous
avons rempli le bateau de peluches. Une amie a dessiné un phénix de Gaza. Nous
avons écrit des messages d’amour. Nous voulions que les enfants les voient.
Nous agissons par amour — et quand on aime, on ne pense pas au résultat.
Hatem Aouini avec Chloé Ludden à bord du Handala
Nous avons organisé
des événements pour attirer l’attention sur Gaza. Nous voulons transformer les
spectateurs en acteurs. Nous sommes arrivés à moins de 70 miles [=112 km]. Il y
avait des drones, mais l’ambiance était paisible. Ce qui m’a frappée, c’est
l’absence totale d’intérêt des médias.
RH : Que
ressentiez-vous face aux drones ?
CL : Les premiers drones étaient ceux de
FRONTEX. Ils surveillent les migrants en Méditerranée. Je n’étais pas menacée,
mais triste pour ceux qui les opèrent. Ces drones permettent de se dissocier de
la violence.
Plus près de Gaza, ils
étaient plus gros, très bruyants. Cela montre à quel point les Palestiniens
vivent sous surveillance constante, toujours observés mais jamais reconnus
comme humains.
RH : Que
ressentiez-vous en approchant de la Palestine ?
CL : De l’espoir. Une sensation physique
: « je suis exactement là où je dois être ». Pourquoi nous arrêteraient-ils ?
Nous n’avions que des peluches et du lait pour bébés. Leur intervention était
incompréhensible.
RH : Le navire a
été intercepté. Que s’est-il passé ?
CL : Nous étions épuisés. L’armée
israélienne nous a arrêtés en eaux internationales. Ils ont utilisé des
fumigènes, puis sont apparus soudainement avec un navire militaire et des
dizaines de soldats.
Nous chantions Bella
Ciao pour rester unis. Les femmes soldats m’ont particulièrement choquée.
Comment peuvent-elles être coupées de leur humanité ?
Nous avons été
détenus, fouillés, humiliés. Rien n’était réel, même devant le juge.
En prison, je pensais
aux Palestiniens détenus pendant des années. Mon histoire est insignifiante.
Nous utilisons nos privilèges contre le système.
RH : Une nouvelle
flottille est prévue. Comment aider ?
CL : Nous avons besoin de volontaires,
en mer et à terre. Chacun peut agir localement. Mais il faut s’interroger sur
ses motivations.
La flottille est un
moyen de forcer les bonnes questions : qui contrôle l’accès à Gaza ? Qui
contrôle l’eau, la nourriture ?
La libération de la
Palestine est liée à la démocratisation partout. Je suis certaine que la
Palestine sera libre dans notre génération.
RH : Un dernier mot
?
CL : Nous ne faisons pas appel à la
morale du système, mais à sa légitimité. Les institutions actuelles sont
dépassées. La Palestine sert de laboratoire pour normaliser un monde de
surveillance et de contrôle.
La flottille nous rappelle que nous avons du pouvoir. Personne ne viendra nous sauver.
À propos de l’auteur
Ramsey Hanhan est l’auteur de deux livres, Palestine Bleeds For You (2026) et Fugitive Dreams (2022). Ancien professeur de physique, il vit près de Baltimore.
18/03/2026
Jürgen Habermas : en guise de nécrologie
Il avait dans dans les premiers deux ou trois quarts de sa vie appartenu à cette Allemagne que nous aimions, celle des « Dichter und Denker » (poètes et penseurs) pour finir sa longue existence (96 ans) du côté des « Richter und Henker » (Juges et bourreaux). Jürgen Habermas a disparu le 14 mars. Il n’a plus eu le temps ou la force de déclarer son soutien à l’opération Furie épique/Ville sainte silencieuse [sic et resic] déclenchée par le duo de bourreaux bien connus contre la terre qui vit fleurir Ibn Sina (Avicenne), Omar Khayyam, Rûmi, Al Ghazali, Sohravardî, Al-Razi, Al-Fârâbî, Molla Sadra et…Ali Shariati. Devenu une vache sacrée de l’Allemagne bien-pensante et mal-agissante, Habermas avait, peu après le 7 octobre 2023, commis un écrit infâme de soutien inconditionnel aux tueurs sionistes. Cette ultime perversion de son « agir communicationnel » lui avait valu une réponse cinglante d’un sociologue iranien, professeur à l’University of Illinois Urbana-Champaign, Asef Bayat, auteur de travaux extrêmement créatifs sur les mouvements sociaux au Machrek et au Maghreb .
Nous la reproduisons ci-dessous en guise de nécrologie. D’abord parue en anglais dans New Lines Magazine, sa lettre a été traduite en français par la revue Conditions.-FG, Tlaxcala
Jürgen Habermas se contredit lorsqu’il
s’agit de Gaza
Lettre à Habermas
Asef Bayat, 8 décembre 2023
Cher professeur Habermas,
Vous ne vous souviendrez peut-être pas de moi, mais nous nous sommes rencontrés en Égypte en mars 1998. Vous êtes venu à l’Université américaine du Caire en tant qu’éminent professeur invité pour interagir avec le corps professoral, les étudiants et le public plus généralement. Tout le monde était enthousiaste de vous entendre. Vos idées sur la sphère publique, le dialogue rationnel et la vie démocratique étaient comme un souffle d’air frais à une époque où les islamistes et les autocrates au Moyen-Orient étouffaient la libre expression sous prétexte de « protéger l’islam ». Je me souviens d’une conversation agréable que nous avons eue sur l’Iran et la politique religieuse lors d’un dîner chez un collègue. J’ai essayé de vous transmettre l’émergence d’une société « post-islamiste » en Iran, dont vous avez ensuite semblé faire l’expérience lors de votre voyage à Téhéran en 2002, avant d’évoquer une société « post-séculière » en Europe. Au Caire, nous voyions dans vos concepts fondamentaux un grand potentiel pour promouvoir une sphère publique transnationale et des conversations interculturelles. Nous avons pris à cœur le noyau de votre philosophie communicative sur la façon dont la vérité-consensus peut être atteinte grâce à un débat libre.
Maintenant, quelque 25 ans plus tard, à Berlin, j’ai lu avec plus qu’un peu d’inquiétude et de consternation votre déclaration coécrite sur le principe de solidarité avec Israël concernant la guerre de Gaza. L’esprit de la déclaration réprimande largement ceux en Allemagne qui expriment, par des prises de position ou des manifestations, leur opposition au bombardement incessant de Gaza par Israël en réponse aux attaques épouvantables du 7 octobre du Hamas. Cela sous-entend que ces critiques envers l’État d’Israël sont intolérables parce que le soutien à celui-ci est une partie fondamentale de la culture politique allemande, « pour laquelle la vie juive et le droit d’Israël à exister sont des éléments centraux méritant une protection spéciale ». Le principe de « protection spéciale » trouve sa source dans l’histoire de l’Allemagne, laquelle est rendue singulière par les « crimes de masse de l’époque nazie ».
Il est louable que vous et la classe politique et intellectuelle de votre pays soyez déterminés à entretenir la mémoire de cette horreur historique afin que jamais des horreurs similaires ne s’abattent sur les Juifs (et je suppose et espère sur d’autres peuples). Mais votre formulation et votre fixation sur l’exceptionnalisme allemand ne laissent aucune marge à la discussion sur la politique d’Israël et les droits des Palestiniens. Lorsque vous confondez les critiques des actions de l’État d’Israël avec des « réactions antisémites », vous encouragez le silence et étouffez le débat.
En tant qu’universitaire, je suis stupéfait d’apprendre qu’en Allemagne, même dans les salles de classe qui devraient être des espaces libres de discussion et d’interrogation, tout le monde demeure silencieux lorsque le sujet de la Palestine est abordé. Les journaux, la radio et la télévision sont à peu près entièrement dépourvus de débat ouvert et significatif sur le sujet. De nombreuses personnes ayant appelé à un cessez-le-feu, y compris juives, ont été licenciées de leurs postes, ont vu leurs événements et leurs récompenses annulés et ont été accusées d’antisémitisme. Comment les gens sont-ils censés délibérer sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas s’ils ne sont pas autorisés à parler librement ? Qu’advient-il de vos fameuses notions de sphère publique, de dialogue rationnel et de démocratie délibérative ?











