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09/06/2026
17/01/2026
The Greatest Historical Error of Palestinian Leaders
Ricardo Mohrez Muvdi, 16/1/2025
Translated by Tlaxcala
Ricardo Mohrez Muvdi is Palestinian, born in Beit Jala, Palestine (1952). A refugee in Colombia, he is a business administrator and president of the Palestinian Union of Latin America (UPAL), established in 2019 in San Salvador, El Salvador. He is also president of the Colombo-Palestinian Cultural Foundation.
The greatest mistake Palestinian leaders have made over decades of failed negotiations has been making concessions to Zionism in the belief that surrendering fundamental rights would bring peace, justice, or genuine recognition. History has shown precisely the opposite.
From the beginning of the modern conflict, the demand
should have been clear: one single, democratic State with equal rights for all
its inhabitants throughout historic Palestine. Accepting—and continuing to
defend—the idea of “two States” was not only a poor strategy; it has been a
progressive surrender of Palestine, legitimizing colonization, territorial
fragmentation, and covert ethnic cleansing.
The so-called “two-State solution” was born already
mutilated. It was not a proposal of justice, but of managing dispossession.
Every Palestinian concession was met with more settlements, more walls, more
checkpoints, and more racial laws. Negotiating under occupation was never
negotiating: it was accepting the rules of the occupier. Persisting today in
the fantasy of two States is not only naïve but politically suicidal. On the
ground, there is no territorial continuity, no real sovereignty, and no control
over borders, water, or resources.
What is being offered to the Palestinian people is not a State but fragmented, dependent, and surveilled reservations. Meanwhile, the Zionist project has been consistent: advancing without retreating, consolidating faits accomplis, and demanding international recognition without granting equality. In this sense, continuing to speak of two States is de facto endorsing the permanence of the occupation and accepting the transformation of territorial theft into international legality.
The only ethically, historically, and legally
sustainable proposal is a single State in which Palestinians, whether Muslim,
Christian, or Jewish, live with equal rights, free from ethnic or religious
supremacy. A state where the right of return, equality before the law, and
historical justice are non-negotiable.
This is not utopian; it is a matter of consistency.
Apartheid regimes are not to be reformed—they are to be dismantled. And
liberation does not arise from concessions to the oppressor but from
steadfastness in principles. The Palestinian people have not survived decades
of expulsion, exile, and resistance to settle for crumbs. Dignity is not negotiable—it
is exercised.
22/12/2025
Yalla, Yalla, Abya Yala*
L’Amérique latine à la rencontre de la Palestine en temps de génocide**
Original :
Yalla, Yalla, Abya Yala: América Latina al encuentro de
Palestina en tiempos de genocidio
English version: Yalla,
Yalla, Abya Yala: Reaching out to Palestine from Latin America in times of
genocide
Versão portuguesa: Yalla, Yalla, Abya Yala: América
Latina ao encontro da Palestina em tempos de genocídio
Traduit et édité par Tlaxcala
Illustrations
de Fourate Chahal El Rekaby pour tni
* «
Yalla » est une expression très courante en arabe qui signifie « allons-y », «
courage » ou « dépêche-toi », et qui est utilisée dans tous les dialectes
arabes. J'utilise le nom indigène Abya Yala à la place d’« Amérique latine »
pour prendre position en faveur de la décolonisation de la langue, qui fait
partie intégrante de la décolonisation de ces territoires.
** L'auteure remercie Gabriel Sivinian pour ses commentaires et
contributions à cet article.
Table des matières
I. Introduction 4
II. Entre ambiguïté et contradictions 5
III. Le fantôme israélien rôdant entre
guérillas, dictatures et transitions 9
IV. Le désastre d’Oslo : un autre
monde est-il possible ? 14
V. Dans quelle mesure le génocide nous
a-t-il changé·es ? 21
VI. Défis en suspens (et urgents) 26
Sortir du piège épistémique 27
La Palestine dans l’éducation formelle et populaire 28
Surmonter la malédiction de Babel 29
Mettre les pieds sur la terre (palestinienne) 30
Mieux connaître la politique palestinienne pour mieux la comprendre 31
Reconnaître la « sainteté » de la Terre 32
S’engager dans la voie du boycott, du désinvestissement et des sanctions
34
VII. L’histoire n’est pas finie 35
Qassam Muaddi (journaliste et
écrivain, Ramallah) 36
Israa Mansour (écrivaine et
étudiante, Gaza) 36
07/10/2025
The People Without a Map: Diaspora, Conscience, and Palestinian Recognition
Two years after the onset of the Gaza genocide, the State has vanished, but the people remain. Across the world, the Palestinian diaspora embodies a conscience that refuses erasure.
François Vadrot, Oct. 7, 2025
Gaza, Destruction,
and the Return of the Real
Two years after October 7,
2023, the truth can no longer be evaded: Gaza did not endure a war but a
genocide. The report of the United Nations Independent International Commission
of Inquiry, published on September 16, 2025, formally concludes that Israel has
committed, and continues to commit, acts constituting genocide as defined by
the 1948 Convention. The experts document, with evidence, the four legal
criteria: “killing members of the group, causing serious bodily or mental harm,
inflicting conditions of life calculated to bring about its destruction,
imposing measures to prevent births,” with the intent to destroy, in whole or
in part, the Palestinian people of Gaza.
The report dismantles the
fiction of a “war”: these are not “disproportionate operations,” but a
systematic campaign of destruction. Civilians were the target — bombings on
evacuation zones, executions inside shelters, hospitals and schools razed,
water and power infrastructures annihilated, the deliberate use of starvation
as a weapon (the blockade of infant formula, fuel, and water). The report
details the targeting of children — “including toddlers shot in the head and
chest” —, the destruction of Gaza’s only in-vitro fertilization clinic, and the
repeated use of sexual violence as a tool of domination. Even symbols of
continuity — mosques, churches, cemeteries, universities — were deliberately
obliterated.
The numbers defy language:
over 50,000 dead, 83% civilians, 200,000 homes destroyed, and 1.5 million
people displaced in a strip rendered uninhabitable. A military expert cited by
the UN notes that Israel “dropped in one week more bombs than the United States
did in an entire year in Afghanistan.” The report concludes: “There was no
military necessity to justify this pattern of conduct. The people of Gaza, as a
whole, were the target.”
A Global Diaspora,
Mirror of Erasure
Le peuple sans carte : diaspora, conscience et reconnaissance palestinienne
Deux ans après le déclenchement du génocide à Gaza, l’État s’efface, mais le peuple demeure. Partout dans le monde, la diaspora palestinienne incarne une conscience qui refuse l’effacement.
François Vadrot, 7/10/2025
Et pourtant, au-delà des ruines,
la Palestine demeure à travers sa diaspora : un peuple sans carte, mais non
sans mémoire. C’est cette reconnaissance, celle du Peuple palestinien au
même rang que le Peuple juif, qui dessine désormais la ligne de
fracture morale du siècle.
Gaza, la destruction et le retour
du réel
Deux ans après le 7 octobre 2023,
la réalité ne peut plus être contournée : Gaza n’a pas connu une guerre, mais
un génocide. Le rapport de la Commission internationale d’enquête
indépendante des Nations unies, publié le 16 septembre 2025, conclut
formellement qu’Israël a commis et continue de commettre des actes constitutifs
de génocide au sens de la Convention de 1948. Les experts y documentent,
preuves à l’appui, les quatre critères légaux : « tuer les membres du groupe,
infliger des atteintes graves physiques ou mentales, infliger des conditions de
vie destinées à entraîner sa destruction, empêcher les naissances », avec
l’intention de détruire, en tout ou en partie, le peuple palestinien de Gaza.
Le rapport balaie la fiction
d’une « guerre » : il ne s’agit pas d’« opérations disproportionnées », mais
d’une entreprise de destruction systématique. La population civile fut la cible
: bombardements sur les zones d’évacuation, exécutions dans les abris, hôpitaux
et écoles rasés, infrastructures hydrauliques et électriques anéanties, usage
de la faim comme arme (blocus du lait pour nourrissons, coupures de carburant
et d’eau). Le document détaille aussi le ciblage d’enfants (« y compris des
tout-petits, atteints à la tête et à la poitrine »), la destruction du seul
centre de fécondation in vitro et l’usage répété de la violence sexuelle comme
instrument de domination. Même les symboles de continuité, mosquées, églises,
cimetières, universités, ont été délibérément pulvérisés.
Les chiffres dépassent tout ce
que le langage peut contenir : plus de 50 000 morts, dont 83 % de civils, 200
000 logements détruits, un million et demi de personnes déplacées dans une
enclave rendue inhabitable. Un expert militaire cité par l’ONU note qu’Israël «
a largué en une semaine plus de bombes que les États-Unis en une année en
Afghanistan ». Le rapport conclut : « Il n’y avait aucune nécessité militaire
pour justifier ce schéma de conduite. Le peuple de Gaza, dans son ensemble,
était la cible. »
Ce n’est donc pas seulement la
mort, mais la condition de vie elle-même qui a été détruite. Ce qui s’effondre
sous les ruines n’est pas une entité politique : c’est la possibilité d’habiter
le monde.
Mais c’est justement dans cette
négation absolue qu’apparaît la trace d’une survie : là où la terre est
détruite, la mémoire s’étend.
Une diaspora mondiale, miroir de
l’effacement
Depuis la Nakba de
1948, la Palestine se disperse et se recompose dans l’exil. Sur près de quinze
millions de Palestiniens, plus de la moitié vivent hors de la terre d’origine.
Six millions sont enregistrés comme réfugiés auprès de l’UNRWA : un peuple
déraciné dont la condition d’exilé est devenue héréditaire.
06/10/2025
TIGRILLO L. ANUDO
Les flottilles qui sont kidnappées chaque jour
Tigrillo L. Anudo, 6 octobre 2025
Traduit par Tlaxcala
Español
English
Italiano
عربية
Le monde change peu. Les schémas historiques se répètent. Le passé n’est jamais parti. La chosification des êtres humains continue. La colonisation est toujours à l’ordre du jour. La piraterie en eaux internationales renaît avec d’autres acteurs (qui a finalement gardé les aides et les biens des passagers de la flottille humanitaire en route vers Gaza ?). On qualifie de “terroristes” ceux qui entreprennent des actions en faveur de la justice.
L’arraisonnement de la Global Sumud Flotilla, qui transportait une aide humanitaire au peuple martyrisé de Gaza, est ce qui se produit quotidiennement dans de nombreux pays. Cela se passe en ce moment même en Équateur, au Pérou, en Argentine, où les politiques néolibérales soumettent la population à la faim, au manque d’accès à la santé, à l’éducation, au logement, à l’emploi — à une mort lente.
La
différence, c’est qu’il ne s’agit pas de flottilles naviguant sur la mer. Ce
sont des flottilles d’investissements sociaux, kidnappées dans des congrès et
assemblées ploutocratiques corrompues. Cette pratique du capitalisme global
est plus visible dans une nation envahie, massacrée et humiliée par
l’idéologie sioniste : conception d’un État suprémaciste menant un nettoyage
ethnique contre ceux qu’il considère comme “inférieurs” et “terroristes”.
Dans les
pays cités, ce sont les droits humains d’autres ethnies (indigènes,
afrodescendants, paysans, ouvriers métis) sont séquestrés. Des régimes
dictatoriaux et répressifs y opèrent. Ils ne tuent pas avec des bombardiers ou
l’intelligence artificielle, mais par la négation de la dignité humaine —
ignominie invisibilisée par les médias capitalistes et les systèmes éducatifs
programmant des analphabètes politiques.
Tout est
lié. Daniel Noboa (Équateur), Dina Boluarte (Pérou) et Javier Milei
(Argentine) sont alliés du gouvernement sioniste de Netanyahou. De même,
Donald Trump et plusieurs dirigeants européens font affaire avec le régime
israélien et défendent. Bien que certains gouvernements d’Europe aient
verbalement condamné les actions terroristes de l’État israélien (comme
l’Italie ou l’Espagne), ils ont fini par baisser la tête face au génocide.
Ils manquent de courage. Ils craignent de sortir du club des puissants
complices du monde.
Le
gouvernement des USA suit l’idéologie sioniste, c’est son modèle. C’est
l’allié naturel de ceux qui incarnent le capitalisme 2.0 : usure, contrôle
bancaire et financier, industries lucratives, production d’armes,
surveillance, espionnage, exploitation accrue du travail. Le capitalisme 2.0
fait progresser la technologie, mais régresser l’humanité.
Israël
enseigne aux USA comment faire des affaires, en l’associant à des projets
hôteliers sur le territoire palestinien. Ni le droit international ni les
droits humains ne freinent le taux de profit. L’élite politique mondiale
reste permissive face au génocide de Gaza, par intérêt économique et
diplomatique.
Même les
romans dystopiques du XXe siècle n’avaient pas imaginé l’utopie
négative actuelle : un petit pays, armé jusqu’aux dents et soutenu par
l’empire usaméricain, défend son “droit” à commettre un génocide. Il
considère même l’envoi d’eau, de nourriture, de médicaments à Gaza comme des
actes “terroristes” financés par le Hamas. Il impose un blocus maritime
depuis 17 ans, condamnant Gaza à la soif, à la faim, au manque de soins,
violant le droit maritime international. Qui se soucie de la Palestine ?
Comment
affronter le danger que représente le terrorisme d’État d’Israël ? Les
marches et les flottilles humanitaires sont plus symboliques qu’efficaces.
Cependant, elles sont précieuses et doivent continuer car elles rendent
visible l’infâme offensive d’une machine qui tue enfants et femmes. Il existe
aussi des campagnes de boycott contre les entreprises qui financent le
terrorisme de l’armée sioniste. Leur portée est limitée, mais elles
s’ajoutent au cri pour la paix. Le président Petro a proposé une Armée de
Salut de l’Humanité, mais il n’y a pas eu de réponse opportune pour la
concrétiser. Le président Trump a annoncé un “plan de paix” recolonisateur
pour freiner la “guerre” (il ne dit pas “génocide”) et administrer avec Tony
Blair (tueur d’Asiatiques) la bande de Gaza. Une tromperie et une moquerie
envers le monde. Ils annulent l’autodétermination des peuples d’un trait de
plume, ils décident pour la Palestine.
Tout
indique que le désordre qui détruit le droit international ne pourra être
compensé que par l’usage de la force par de nouveaux acteurs audacieux. Les Houthis
du Yémen, un pays pauvre ravagé par la guerre, ont osé lancer des drones et
missiles vers Israël ; ils le font par solidarité avec la Palestine, pour se
faire entendre comme nation ignorée et frappée, pour des motifs historiques
et religieux, pour la stratégie, le calcul politique, et parce qu’ils ont la dignité
et le courage qui manquent aux nations riches. Ces actions, ainsi que les réponses
avec missiles supersoniques de l’Iran qui ont mis en pièces le Dôme de fer
d’Israël, encouragent d’autres pays à intervenir pour arrêter les massacres
impunis commis quotidiennement par les militaires fanatiques dirigés par
Netanyahu. Israël n’est pas si invulnérable ; cela a été démontré. Et un pays
minuscule comme le Yémen comprend qu’il peut jouer un rôle en contrôlant la
mer Rouge, par où navigue une grande partie des combustibles et marchandises
du commerce international. Dans un monde où sont violées les règles de
coexistence et de respect entre nations, on autorise la continuation de ces
violations par d’autres intéressés. Israël risque d’être effacé de la carte
pour son défi persistant à la paix et à la moralité internationales.
Si l’armée
israélienne s’arroge le droit de kidnapper des bateaux dans les eaux
internationales, elle valide le fait que les Houthis attaquent les navires
transportant des armes, marchandises ou combustibles par le détroit de Bab
el-Mandeb, l’entrée sud de la mer Rouge, par où transitent les navires
chargés de pétrole qui approvisionnent non seulement Israël, mais aussi
l’Europe et les USA. Les navires de ce dernier pays souffriront aussi. Les
prix du pétrole peuvent augmenter. L’économie mondiale pourrait être
affectée. La loi de la jungle s’étend sur la planète ; un avenir incertain
pourrait marquer les relations internationales.
La dispute
des marchés et des routes commerciales mondiales place dans un jeu d’échecs
la Russie, la Chine, l’UEurope et les USA. Aucun d’entre eux ne se soucie du
sort de la Palestine. Ils se préoccupent de la manière dont ils se
positionnent face à leurs adversaires. Chaque fois qu’un nouveau front de
guerre s’ouvre pour les USA, Russes et Chinois en profitent. Ils veulent que
les USA s’épuisent en aidant leurs partenaires israéliens. Voilà pourquoi
ours et dragons n’entrent pas énergiquement en scène pour défendre la
Palestine. C’est ainsi que fonctionne l’économie politique. De petits pays
comme le Yémen et le Liban (Hezbollah) font plus pour les Gazaouis que les
grandes puissances. Les gouvernements arabes ne parviennent pas non plus à
s’entendre sur la manière d’aider leurs frères palestiniens, ni sur la façon
de faire face au défi sioniste.
Seuls les
peuples sauvent les peuples. D’autres initiatives seront indispensables pour
freiner le génocide. Il n’y a aucune puissance militaire qui sauve des vies à
Gaza. Aucun gouvernement n’ose intercéder pour les Palestiniens massacrés.
Aucun ne veut “avoir des problèmes”, chacun regarde son propre intérêt.
Jusqu’à présent, seule l’Indonésie a proposé 20 000 soldats pour une
improbable armée de salut. Personne ne croit aux armées de salut.
Gaza est
seule. Ses habitants continuent de tomber sous les balles assassines de
Netanyahou. Après Hiroshima et Nagasaki, le génocide palestinien est le plus
grand échec de l’humanité.
La coupole sioniste est déterminée à exterminer les habitants de Gaza.
Elle le fait depuis 1947, lorsque ses alliés britanniques les ont placés
délibérément sur le territoire palestinien.
Sa haine et sa peur (manque d’amour) l’ont amenée à considérer tous les
Palestiniens comme des terroristes.
Elle dit la même chose de ceux qui tentent de leur apporter de l’aide.
Le fascisme est en train de régner, et nous ne nous en sommes pas rendu
compte.
TIGRILLO L. ANUDO
The Flotillas That Are Kidnapped Every Day
Tigrillo L. Anudo, October 6, 2025
Translated by Tlaxcala
Español
Français
Italiano
عربية
The world changes little. Historical patterns repeat themselves. The past never left. The objectification of human beings continues. Colonization is the order of the day. Piracy in international waters is revived with other actors (who finally kept the aid and belongings of the occupants of the humanitarian flotilla bound for Gaza?). Those who undertake actions in favor of justice are labeled “terrorists.”
The hijacking of the Global Sumud Flotilla, which was carrying humanitarian aid to the tormented people of Gaza, is what happens every day in many countries. It is happening right now in Ecuador, Peru, Argentina, where neoliberal policies subject the population to hunger, lack of healthcare, education, housing, employment — to a slow death.
The difference is that these are not flotillas
traveling by sea. They are flotillas of social investment, which remain
kidnapped in plutocratic and corrupt Congresses and Assemblies. The difference
lies in the fact that this practice of global capitalism becomes more visible
in a nation invaded, massacred, and humiliated by Zionist ideology, the
conception of a supremacist State that carries out ethnic cleansing against
those it considers “inferior” and “terrorists.”
In the countries mentioned, the human rights of other
ethnic groups (indigenous peoples, Afro-descendants, peasants, mestizo workers)
are kidnapped; repressive and anti-democratic dictatorial regimes operate
there. They do not kill with bomber planes and artificial intelligence, but
with the denial of human dignity — an ignominy made invisible by corporate
media and educational apparatuses that program political illiterates.
Everything is interconnected. Daniel Noboa (President
of Ecuador), Dina Boluarte (President of Peru), and Javier Milei (President of
Argentina) are allies of the Zionist government of Netanyahu. Like them, Donald
Trump (President of the United States) and other presidents of European nations
have business interests and defend the Israeli regime. Although some European
governments verbally rejected the terrorist actions of the Israeli State in
Palestine (among them Italy and Spain), they ended up bowing their heads before
the genocide. There is no integrity in their rejection. They are afraid to
assume upright positions; they do not want to leave the Club of the world’s
powerful accomplices.
The United States government follows Zionist ideology;
it is its point of reference. It is the natural ally of those who embody the
most characteristic features of capitalism 2.0: usury, control of banking and
the financial system, management of the most lucrative industries, production
of weapons and surveillance technologies, espionage services and techniques for
combating “internal enemies,” developments in artificial intelligence that
increase labor exploitation and unemployment. Capitalism 2.0 advances
technology and diminishes humanity.
Israel teaches the United States how to do business,
involving it as a partner in an ambitious hotel project on Palestinian
territory. Neither International Law nor Human Rights stop the rate of profit.
The elitist political world continues, for the most part, to be very permissive
toward the genocide in Gaza. It suits them. Invisible threads of commercial and
diplomatic interests predominate in the agenda of foreign policy. Political
economy prevails, not ethics nor international solidarity.
Not even the dystopian novels of the 20th century
foresaw the negative utopia the world lives in today. A small country with a
powerful army, backed by the U.S. empire, “defends” its right to commit genocide.
Furthermore, it considers the act of bringing food, water, medicine, and other
humanitarian aid to a besieged people as terrorist acts financed by Hamas. It
grants itself permission to impose a maritime blockade on the Gaza Strip (for 17
years), subjecting it to thirst, hunger, and lack of medicine. It also allows
itself to violate the right to the sea by boarding vessels in international
waters.
Who cares about Palestine?
How to confront the danger posed by Israel’s State
terrorism? Marches and humanitarian flotillas are more symbolic than effective.
However, they are valuable and must continue because they make visible the
infamous offensive of a machine that kills children and women. There are also boycott
campaigns against companies that finance the terrorism of the Zionist army.
Their reach is limited, but they add to the cry for peace. President Petro
proposed an Army of Salvation of Humanity, but there was no timely response to
make it a reality. President Trump announced a recolonizing “Peace Plan” to
stop the “war” (he does not say genocide) and administer the Gaza Strip with Tony
Blair (killer of Asians). A deception and mockery of the world. They cancel the
self-determination of peoples with a stroke of the pen; they decide for
Palestine.
Everything indicates that the disorder that destroys International
Law can only be compensated by the use of force by new and daring actors. The Houthis
of Yemen, a poor country devastated by war, have dared to launch drones and
missiles at Israel; they do so out of solidarity with Palestine, to make
themselves felt as a neglected and beaten nation, for historical-religious
motives, for strategy, political calculation, and because they have the dignity
and courage that rich nations lack. These actions, along with the supersonic
missile responses from Iran that shattered Israel’s Iron Dome, are encouraging
other countries to intervene to stop the massacres committed daily with
impunity by the fanatical soldiers led by Netanyahu. Israel is not so
invulnerable; it has already been demonstrated. And a tiny country like Yemen
understands that it can play a role by controlling the Red Sea, through which
navigates a large part of the fuel and goods of international trade. In a world
where the rules of coexistence and respect between nations are violated, the
continuation of such violations by other interested parties is authorized. Israel
is risking being erased from the map because of its persistent defiance of peace
and international morality.
If the Israeli army arrogates to itself the right to kidnap
ships in international waters, it is validating the Houthis attacking ships
carrying weapons, goods, or fuel through the Bab el-Mandeb Strait, the southern
entrance to the Red Sea, through which pass ships loaded with oil that supply
not only Israel but also Europe and the United States. The ships of this last
country will also suffer. Oil prices may rise. The world economy could be
affected. The law of the jungle is expanding across the planet; an uncertain
future could mark international relations.
The dispute over markets and global trade routes is a
chessboard for Russia, China, Europe, and the United States. None of them cares
about the fate of Palestine. They are concerned with how they position
themselves against their rivals. Each time a new war front opens for the U.S., Russians
and Chinese take advantage of it. They are interested in seeing the U.S.
exhausted by helping its Israeli partners. Hence, bears and dragons do not
enter energetically to defend Palestine. That is how political economy works. Small
countries like Yemen and Lebanon (Hezbollah) do more for Gazans than the great
powers. Arab governments also fail to agree on how to support their Palestinian
brothers or how to confront the Zionist challenge.
Only the peoples save the peoples. Other initiatives
will be indispensable to halt the genocide. There is no military power that
saves lives in Gaza. No government dares to intercede for the massacred Palestinians.
None wants to “get into trouble”; each one looks to its own interest. So far,
only Indonesia has offered 20,000 soldiers for an improbable army of salvation.
No one believes in armies of salvation.
Gaza is alone. Its inhabitants continue to fall under
the murderous bullets of Netanyahu. After Hiroshima and Nagasaki, the Palestinian
genocide is the greatest failure of humanity.
The Zionist leadership is determined to exterminate the people of Gaza. It has
been doing so since 1947, when its British partners deliberately settled them
in Palestinian territory.
Their hatred and fear (lack of love) have led them to consider all Palestinians
as terrorists.
They say the same about those who try to bring them aid.
Fascism is
reigning, and we have not realized it.
RICARDO MOHREZ MUVDI
Quand la cause palestinienne devient une affaire de convenance
Ricardo
Mohrez Muvdi, 6 /10 /2025
Traducido por Tlaxcala
Ricardo Mohrez Muvdi est palestinien, né à Beit-Jala, en Palestine (1952). Réfugié en Colombie, il est administrateur d’entreprises et président de l’Union Palestinienne d’Amérique Latine (UPAL), créée en 2019 à San Salvador, au Salvador. Il est également président de la Fondation Culturelle Colombo-Palestinienne.
Beaucoup de palestino-descendants,
enfants et petits-enfants de ceux qui ont été expulsés de leur terre natale par
l’occupation, se proclament défenseurs de la cause palestinienne. Cependant,
cette loyauté s’efface souvent lorsque la cause entre en conflit avec leurs
intérêts personnels, économiques ou politiques. À ce moment-là, la mémoire
historique devient un ornement que l’on exhibe quand ça arrange, mais que l’on
range dans un tiroir lorsqu’elle dérange.
La
différence avec les sionistes est abyssale. Le sioniste, sans se soucier du
coût humain ou de la vérité historique, ne doute jamais de son soutien à l’État
génocidaire d’Israël. Il le fait avec une cécité idéologique, une discipline et
une cohérence qui frôlent la complicité. Pendant ce temps, certains descendants
palestino-descendants préfèrent se taire, s’accommoder ou même justifier
l’oppresseur lorsqu’ils sentent leurs positions de privilège menacées.
La cause
palestinienne n’est pas un slogan pour les réseaux sociaux ni un symbole
culturel vide que l’on arbore avec un keffieh pour une photo complaisante. La
cause, c’est la résistance, la dignité, la justice et la mémoire d’un peuple
toujours massacré, dépouillé et réduit au silence. Elle ne tolère ni doubles
discours ni silences lâches.
Les sionistes
ont compris que leur force réside dans l’unité sans faille, même si c’est une
unité autour du crime. La Palestine, en revanche, a besoin que ses enfants et
petits-enfants soient à la hauteur du sacrifice de leurs ancêtres. Il ne s’agit
pas de vivre dans la nostalgie, mais de rester cohérents : être avec la
Palestine, toujours, même si cela implique l’inconfort, la perte de contrats,
d’amitiés ou de faveurs politiques.
La véritable
loyauté ne se mesure pas lorsque soutenir la Palestine est facile, mais quand ça
a un coût. Voilà la différence entre ceux qui font de la cause un drapeau de
vie et ceux qui la réduisent à un accessoire éphémère.
Parce que la Palestine n’est ni une mode ni un souvenir : c’est une plaie ouverte qui nous appelle à la dignité et à l’action permanente.
25/09/2025
GERALDINA COLOTTI
Italie : la révolution bolivarienne et la Flottille de la liberté
Geraldina Colotti, Resumen Latinoamericano,
24/9/2025
Traduit par Tlaxcala
Dans le port
d’Otrante, le drapeau vénézuélien flotte aux côtés des drapeaux palestiniens.
Un jeune homme grimpe au mât du navire Ghassan Kanafani, dédié à l’un
des écrivains palestiniens les plus importants du siècle dernier, journaliste
et homme politique, assassiné à Beyrouth par une bombe placée dans sa voiture
par le Mossad, le 8 juillet 1972. Il était une figure importante du Front
populaire de libération de la Palestine. Aujourd’hui, le drapeau du Venezuela
flotte au vent, aux côtés de celui de la Palestine. D’autres militants montent
sur le pont, saluent le poing levé devant la caméra pour la campagne « Le
Venezuela est un espoir, pas une menace », et crient à tue-tête : « Je m’engage
avec Maduro, gringos go home ! » et « Palestine-Venezuela, un seul drapeau ».
Depuis la
ville apulienne du Salento, située sur la côte adriatique et considérée comme
le point le plus oriental de l’Italie, la Flottille de la liberté se prépare
également à partir pour Gaza. « Il y a un équipage maritime, mais aussi un
équipage terrestre, qui prépare le voyage et le suivra dans toutes ses phases
», explique Schoukri Hroub, qui est ici le coordinateur logistique de l’Union
démocratique arabe-palestinienne (UDAP).
La plupart
des bateaux, réunis au sein de la Global Sumud Flotilla, ont pris la mer en
direction de la ville martyre de Palestine, chargés d’aide humanitaire pour une
population affamée et décimée par un génocide que personne ne parvient à
arrêter. Global signifie que l’équipage provient de dizaines de pays, et «
Sumud » est un mot arabe qui signifie « résilience » et « persévérance
inébranlable », pour indiquer la détermination des militants à ne pas se
laisser intimider par les menaces du criminel Netanyahou : menaces qui sont
toutefois prises au sérieux, compte tenu de la liberté d’action que lui ont
laissée ses maîtres occidentaux, en lui permettant d’étendre et de multiplier
une occupation à des fins évidentes d’épuration ethnique et d’extermination,
qui a maintenant atteint son paroxysme.
La « Sumud »
a déjà reçu plus d’un drone d’avertissement et, au moment où nous écrivons ces
lignes, il a de nouveau été attaqué. Certains députés de la gauche
institutionnelle ont symboliquement occupé la salle du Parlement italieb pour
demander au gouvernement d’extrême droite, grand sponsor du régime sioniste, de
garantir la sécurité de la flottille sur laquelle des députés ont également
embarqué.
Le ministre
italien de la Défense a assuré avoir envoyé un navire de sauvetage, mais les
conditions obligent les militants à abandonner l’aide à d’autres mains.
Netanyahou avait déjà demandé aux navigants de remettre l’aide aux mains
sanglantes de ses forces armées qui, a-t-il déclaré sans la moindre honte, la
remettraient certainement aux Palestiniens. Proposition rejetée par les
militants, unis dans cette affaire malgré la diversité de leurs appartenances.
Compte tenu
de la situation, l’ambiance est également joyeuse, mais concentrée, dans le
port d’Otrante. La Flottille de la liberté a déjà fait ses preuves sur le plan
politique en tentant de briser le blocus naval de Gaza. Schoukri se souvient du
prix payé le 31 mai 2010. À l’époque, les forces spéciales sionistes avaient
attaqué le navire turc Mavi Marmara, qui faisait partie du convoi, dans
les eaux internationales. L’opération, qui s’était déroulée à environ 120 km
des côtes israéliennes, avait causé la mort de neuf militants et fait des
dizaines de blessés, provoquant une vive réaction internationale et entraînant
une crise diplomatique entre la Turquie et Israël.
À Otrante,
la Flottille de la liberté bénéficie du soutien des différentes composantes
territoriales, ainsi que des autorités ecclésiastiques et politiques, qui ont
participé aux journées de rencontres, d’information et de débats en préparation
du départ, avec des attitudes plus nuancées et des accents humanitaires.
« Nous avons
une attitude inclusive et ouverte, la lutte doit s’intensifier car ce combat
est mondial et concerne l’humanité tout entière, mais il n’y a aucune ambiguïté
sur la nature du génocide et sur le modèle capitaliste qui le détermine dans sa
férocité coloniale », déclare Boris Tremolizzo, l’un des coordinateurs.
C’est pourquoi, dans les deux débats centraux, le comité organisateur s’est efforcé d’inviter, outre les personnes qui luttent pour la défense du territoire – paysans, pêcheurs, précaires, étudiants, ouvriers, féministes et écologistes – également des représentants de Cuba et du Nicaragua (alors occupés à d’autres activités), et surtout du Venezuela, attaqué par l’impérialisme usaméricain, qui a envoyé sur les côtes des Caraïbes une flotte opposée à celle de la flottille de la paix, qui dénonce le génocide de Gaza.
Au nom de l’ambassadrice
Marilyn Di Luca, Estalina Báez, première secrétaire de la mission diplomatique
vénézuélienne auprès de la FAO, a participé aux deux débats – « La faim comme
arme de guerre et outil de domination » et « De la Palestine au Venezuela en
passant par l’Afrique, la guerre de l’impérialisme ne s’arrête pas » – et a
reçu un accueil très favorable.
En compagnie
de plusieurs médecins palestiniens, connectés à distance, Estalina a présenté
avec précision les données, les initiatives et les dénonciations
internationales présentées par le Venezuela pour accompagner les actions de
paix entreprises par le président Maduro et le gouvernement bolivarien face à l’agression
impérialiste de Donald Trump et Marco Rubio.
Elle a
montré l’adhésion populaire résolue à la défense de la souveraineté du
Venezuela, qui a impliqué tous les secteurs sociaux : des pêcheurs aux paysans,
des ouvriers aux jeunes, avec les femmes productrices toujours en première
ligne. Des personnes qui voient leur propre survie et leur travail menacés,
comme cela a été le cas pour les pêcheurs, pris pour cible par les navires de
guerre sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue.
Trump, a-t-elle
déclaré, bombarde les bateaux de pêche sans avertissement, ce qui fait que
beaucoup ont peur de prendre la mer, ce qui compromet leurs activités de pêche
habituelles, leur économie, et pourrait même menacer la souveraineté
alimentaire du pays, en les empêchant de se procurer de la nourriture. Une fois
de plus, a-t-elle ajouté, l’impérialisme utilise à nouveau l’alimentation comme
une arme de guerre contre la révolution bolivarienne.
Le même
mécanisme criminel est à l’œuvre contre la population de Gaza, à qui l’occupant
empêche de se procurer de la nourriture sur ses propres côtes, en les prenant
pour cible avec ses fusils. Que dirait, a-t-elle demandé à l’assistance, un
pêcheur de ces côtes en signe de solidarité avec les pêcheurs vénézuéliens,
attaqués comme ceux de Gaza ? Depuis le public, les comités territoriaux ont
répondu sans hésiter : « Gringos go home ! » Et, dans la soirée, lors d’une
réunion de paysans et d’écologistes avec la représentante diplomatique
vénézuélienne, ils se sont déclarés prêts à impliquer dans cette lutte les
pêcheurs des autres côtes et à organiser des jumelages avec les communes et les
pêcheurs vénézuéliens.
« Nous
défendrons toujours la souveraineté du Venezuela », a répété Schoukri Hroub,
rappelant que la liberté de la Palestine a toujours été présente et la
solidarité toujours active, tant au niveau international que populaire, de
Chávez à Maduro.
Le Venezuela
est un espoir, pas une menace. Mais pour l’impérialisme usaméricain et les
gouvernements européens hypocrites qui le soutiennent, la véritable menace est
celle de l’exemple, qui doit être enterré sous un voile de mensonges avec la
complicité des médias hégémoniques qui ont cautionné les fausses informations
du prétendu Cartel des Soleils, initialement pour calomnier le capitaine
Diosdado Cabello, puis le président Maduro.
La menace
que représente le socialisme bolivarien est celle d’avoir lancé un modèle
alternatif au capitalisme dominant grâce auquel le Venezuela avait réussi à
atteindre les premiers objectifs du millénaire de la FAO en deux fois moins de
temps, et c’est pourquoi on a tenté de le bloquer et de l’étouffer par tous les
moyens.
C’est
pourquoi, comme à Gaza, l’impérialisme utilise la faim et l’alimentation comme
arme de guerre. Mais sans succès, car, tout comme en Palestine, malgré les
agressions et les « sanctions », le Venezuela a toujours répondu avec
créativité, à commencer par la création des Clap, les comités locaux d’approvisionnement
et de production, qui sont également des instruments d’auto-organisation
sociale.
Aujourd’hui,
le pays produit 90 % de ce qu’il consomme, et les données sur la croissance
économique, illustrées ces derniers jours par la vice-présidente exécutive,
Delcy Rodríguez, sont encore plus prometteuses. Une offense insupportable pour
un impérialisme qui bafoue le droit international, comme nous le voyons avec le
génocide en Palestine, mais qui a ainsi éveillé la conscience des peuples.















