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23/03/2026

« Epic Fury » ou « Biblical Fury » ? La guerre contre l’Iran censée préparer l’Armageddon et le retour du Messie

Ci-dessous deux articles traduits par Tlaxcala, qui en disent long sur l’état d’esprit régnant dans la machine de guerre yankee, dont les évangéliques sionistes sont en train de prendre le contrôle.

 On a dit aux soldats usaméricains que la guerre contre l’Iran était pour l’« Armageddon » et le retour de Jésus

Un groupe de défense des droits signale que des commandants ont donné des messages similaires dans plus de 30 bases militaires, dans toutes les branches de l’armée

Jonathan Larsen , The Fucking News , 3/03/2026

Jonathan Larsen (New Jersey) est le créateur de The Fucking News sur Substack. Né en 1966, il a étudié à Tufts University, a commencé comme reporter à The Bay Ridge Paper, un journal local de Brooklyn, avant d’entrer dans le secteur télévisuel. Il a participé à certains des programmes d’information télévisée les plus populaires et les plus estimés. Notamment, en tant que producteur exécutif, il a créé « Up with Chris Hayes », une émission saluée par les critiques de tout l’échiquier politique pour son engagement intelligent et substantiel sur des sujets que d’autres émissions n’osaient pas aborder et pour son inclusion de voix et de personnes rarement entendues. Avant « Up », il a travaillé pendant de nombreuses années à « Countdown with Keith Olbermann » et a également contribué au lancement d’« Anderson Cooper 360 ».

Un commandant d’unité de combat a déclaré lundi, lors d’une réunion d’information avec des sous-officiers, que la guerre contre l’Iran faisait partie du plan divin et que le président Donald Trump avait été « oint par Jésus pour donner en Iran le signal déclencheur de l’Armageddon et annoncer son retour sur Terre », selon une plainte déposée par un sous-officier.

De samedi matin à lundi soir, plus de 110 plaintes similaires concernant des commandants de toutes les branches de l’armée ont été enregistrées par la Military Religious Freedom Foundation (MRFF, Fondation pour la liberté religieuse dans l’armée).

Les plaintes proviennent de plus de 40 unités différentes réparties sur au moins 30 bases militaires, m’a indiqué lundi soir la MRFF.

La MRFF respecte l’anonymat des plaignants pour éviter des représailles de la part du département de la Défense. Le Pentagone n’a pas immédiatement répondu à ma demande de commentaire.

Un plaignant s’est identifié comme étant un sous-officier (NCO) dans une unité actuellement située en dehors de la zone de combat iranienne mais en état d’alerte, prête à intervenir à tout moment. Le sous-officier a déclaré être chrétien et a envoyé un courriel à la MRFF au nom de 15 soldats, dont au moins 11 chrétiens, un musulman et un juif. (Courriel complet reproduit ci-dessous.)

Le sous-officier a écrit à la MRFF que son commandant « nous a exhortés à dire à nos hommes que tout cela faisait partie du "plan divin de Dieu" [sic] et il a spécifiquement cité de nombreux passages du Livre de l’Apocalypse faisant référence à l’Armageddon et au retour imminent de Jésus-Christ ».

Le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a ancré le christianisme évangélique aux plus hauts niveaux de l’armée usaméricaine, en organisant des réunions de prière mensuelles dans tout le Pentagone. L’année dernière, le Pentagone m’a confirmé que Hegseth assistait à une étude biblique hebdomadaire à la Maison-Blanche. Elle est dirigée par un prédicateur qui affirme que Dieu ordonne à l’USAmérique de soutenir Israël.

Le courriel de lundi du sous-officier indiquait que les remarques de son commandant « détruisent le moral et la cohésion de l’unité et violent les serments que nous avons prêtés de soutenir la Constitution ».

Mikey Weinstein, président et fondateur de la MRFF, ancien combattant de l’armée de l’air et vétéran de l’administration Reagan, m’a déclaré que depuis les attaques usraéliennes contre l’Iran tôt samedi matin, la MRFF a été « submergée » de plaintes similaires :

Ces appels ont une seule et foutue chose en commun : nos clients de la MRFF font état de l’euphorie débridée de leurs commandants et chaînes de commandement quant à la façon dont cette nouvelle guerre « sanctionnée par la Bible » est clairement le signe indéniable de l’approche rapide de la « Fin des Temps » chrétienne fondamentaliste, comme décrit de manière saisissante dans le Livre de l’Apocalypse du Nouveau Testament.
Nombre de leurs commandants se délectent à l’idée de la violence extrême que prendra cette bataille, soulignant qu’elle devra être d’une brutalité sanglante pour se conformer pleinement — à 100 % — à l’eschatologie apocalyptique du fondamentalisme chrétien.

Weinstein a cité les interdictions constitutionnelles et du Code uniforme de justice militaire (UCMJ) d’injecter des croyances religieuses dans l’instruction ou les messages militaires officiels.

Il a déclaré : « Tout membre de l’armée cherchant à profiter de ses subordonnés en promouvant ses rêves humides et sanglants de nationalistes chrétiens sur les flammes de cette dernière attaque contre l’Iran non approuvée par le Congrès, devrait être poursuivi rapidement, fermement et de manière visible. »

Weinstein a ajouté que la MRFF reçoit des plaintes similaires concernant l’eschatologie chrétienne — la théologie de la fin du monde — « chaque fois que cette merde explose avec Israël au Moyen-Orient ».

Après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, par exemple, la MRFF a signalé une plainte concernant un commandant de l’armée de l’air qui a déclaré lors d’une réunion d’information que « la guerre entre Israël et le Hamas a été entièrement prédite par le Livre de l’Apocalypse dans l’Évangile de Jésus-Christ et personne ne peut rien y faire ».

Après le 11 septembre, le président George W. Bush a fait référence à la « croisade » usaméricaine contre le terrorisme, évoquant les affrontements anciens entre croisés chrétiens et musulmans. Le langage de Bush a été perçu comme pouvant inciter les musulmans à prendre les armes contre les USA, si ceux-ci se proclamaient une armée chrétienne en guerre contre l’islam.

Le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine avait alors déclaré : « Il faut éviter de tomber dans ce piège énorme, ce piège monstrueux » tendu par Al-Qaïda avec les attentats du 11 septembre. Bush a abandonné le terme « croisade ».

Alors que le nationalisme chrétien couve dans l’armée depuis des décennies, Hegseth a mis fin à toute prétention d’intolérance officielle à son égard. Trump, quant à lui, s’est présenté comme un champion de l’exceptionnalisme chrétien, l’intégrant dans des divisions du pouvoir exécutif.

Comme je l’ai révélé l’année dernière, Hegseth sponsorise l’étude biblique hebdomadaire à la Maison-Blanche qui prêche le soutien à Israël.


Ralph Drollinger, qui a renoncé à une carrière prometteuse de basketteur pour devenir prêcheur, est devenu un agent itinérant d'influence politique de la Maison Blanche, de l'Ukraine au Nicaragua. Ci-dessus, il parle à une célébration de Thanksgiving à Kiev, devant 50 000 participants en octobre 2019. Ci-dessous, il anime un groupe de prière avec Daniel Ortega et Rosario Murillo, le couple présidentiel, à Managua, durant l'été 2019, où il était l'un des invités d'honneur de la célébration du 40ème anniversaire de la révolution sandiniste (...)

Certains chrétiens affirment que la prophétie biblique exige qu’Israël existe pour que Jésus revienne. Mais Ralph Drollinger, le chef de l’étude biblique de Hegseth, enseigne que la raison de soutenir Israël est que Dieu bénit toujours les alliés d’Israël et maudit ses ennemis, même si Israël a tué Jésus (cette accusation, racine historique de l’antisémitisme, est désormais rejetée par toutes les religions monothéistes).

Après l’attaque d’Israël contre l’Iran l’année dernière, Drollinger a consacré deux semaines de leçons à prêcher le soutien à Israël. Ses leçons ont été diffusées aux membres du cabinet de la Maison-Blanche et aux membres du Congrès, tandis qu’Israël faisait également pression pour l’engagement usaméricain.

Hegseth a également initié des sessions de prière mensuelles, la plus récente mettant en vedette Doug Wilson, un nationaliste chrétien d’extrême droite. Il a également invité d’autres prédicateurs de son cercle personnel, rejetant toute tentative de rendre les réunions œcuméniques.

Hegseth lui-même prend également la parole lors de ces réunions, faisant du prosélytisme pour ses croyances religieuses personnelles. « C’est... je pense, exactement là où nous devons être en tant que nation, en ce moment », a déclaré Hegseth, selon le New York Times, « dans la prière, à genoux, reconnaissant la providence de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. »

Alors que la MRFF a historiquement réussi à faire en sorte que le Pentagone réprime les incursions chrétiennes dans l’armée, l’administration Trump méprise ouvertement les normes et la loi militaires. Il reste à voir si et comment la christianisation massive de la guerre contre l’Iran sera combattue par des responsables au sein du Pentagone, ou par des défenseurs politiques et juridiques des valeurs laïques à l’extérieur du Pentagone.

Courriel du sous-officier à la MRFF

Tel que caviardé par la MRFF

De : (Adresse e-mail d’un sous-officier militaire en service actif et client de la MRFF non divulguée)
Objet : Réunion d’information sur la préparation au combat de l’unité et Armageddon
Date : 2 mars 2026 à 13h02:53 HNR
À : Information Weinstein mikey@militaryreligiousfreedom.org

M. Weinstein, merci de prendre mes appels et ceux de certains de mes collègues concernant ce qui s’est passé plus tôt ce matin avec notre unité de combat.

Veuillez protéger mon identité et celles des personnes pour lesquelles je parle, comme nous en avons discuté.

Notre unité ne se trouve pas actuellement dans la zone d’opérations de combat concernant les attaques iraniennes, mais nous sommes en état d’« alerte-soutien » où nous pourrions être déployés à tout moment pour rejoindre et augmenter les opérations de combat en tant que participants.

Je suis un (grade de sous-officier non divulgué) dans notre unité. Ce matin, notre commandant a ouvert la réunion d’information sur l’état de préparation au combat en nous exhortant à ne pas avoir « peur » de ce qui se passe actuellement avec nos opérations de combat en Iran. Il nous a exhortés à dire à nos hommes que tout cela faisait « partie du plan divin de Dieu » [sic] et il a spécifiquement cité de nombreux passages du Livre de l’Apocalypse faisant référence à l’Armageddon et au retour imminent de Jésus-Christ. Il a dit que « le président Trump a été oint par Jésus pour donner en Iran le signal déclencheur de l’Armageddon et annoncer son retour sur Terre». Il avait un grand sourire sur le visage quand il a dit tout cela, ce qui rendait son message encore plus fou. Notre commandant serait probablement décrit comme un partisan de « Christian First ». Il est ainsi depuis très longtemps et il est clair qu’il désire que nous tous sous ses ordres devenions comme lui en tant que chrétiens. Mais ce qu’il a fait ce matin était tellement toxique et dépassait les limites que cela a choqué beaucoup d’entre nous présents à la réunion d’information sur la préparation opérationnelle. Outre moi-même, je contacte la MRFF au nom de 15 camarades soldats. Je sais que vous m’avez interrogé sur les opinions religieuses de notre groupe qui a demandé de l’aide à la MRFF. Je peux seulement vous dire que je suis chrétien et qu’au moins 10 des autres sont également chrétiens. L’un des autres est juif et l’un est musulman. Je ne connais pas le statut religieux ou non religieux des trois derniers pour le moment.

Mes camarades soldats et moi-même savons qu’il est complètement inacceptable de devoir subir ce que notre commandant a dit aujourd’hui. Ce n’est pas seulement la séparation de l’Église et de l’État, comme nous en avons discuté, M. Weinstein. C’est le fait que notre commandant se sente pleinement soutenu et justifié par l’ensemble de la chaîne de commandement (nom de l’unité de combat non divulgué) pour imposer ses vues sur l’Armageddon concernant notre attaque contre l’Iran à ceux d’entre nous qui sont sous lui dans la chaîne de commandement.

J’espère qu’en vous envoyant ce courriel, cela aidera à exposer ces actions répréhensibles qui détruisent le moral et la cohésion de l’unité et violent les serments que nous avons prêtés de soutenir la constitution.

 Déclaration complète de Mikey Weinstein, président de la MRFF

« Depuis le début de la guerre non provoquée usraélienne contre l’Iran, samedi matin dernier, la Military Religious Freedom Foundation a littéralement été submergée d’appels désespérés à l’aide de la part de militaires de toutes les branches, organisations et désignations MOS/AFSC/SFSC (domaines d’activité militaire). Plus de 100 appels sont déjà arrivés et continuent d’arriver.

Ces appels ont une seule et foutue chose en commun : nos clients de la MRFF font état de l’euphorie débridée de leurs commandants et chaînes de commandement quant à la façon dont cette nouvelle guerre « sanctionnée par la Bible » est clairement le signe indéniable de l’approche rapide de la « Fin des Temps » chrétienne fondamentaliste, comme décrit de manière saisissante dans le Livre de l’Apocalypse du Nouveau Testament. »

 

Un « Jésus au mortier » aurait été affiché au quartier général d’un bataillon

L’affiche au QG d’un bataillon de l’armée est le dernier signe que des militaires présentent la guerre contre l’Iran comme étant chrétienne.

Jonathan Larsen , Fucking News , 20/03/2026



Une affiche montrant un stéréotype de Jésus tirant un obus de mortier aurait été trouvée exposée dans une zone commune du quartier général d’un bataillon. (Courtoisie MRFF )

Une nouvelle indication que la guerre usaméricaine contre l’Iran est présentée en termes chrétiens aurait émergé des rangs de l’armée.

Une affiche montrant un obus de mortier tiré par une version occidentale stéréotypée de Jésus a été trouvée au QG d’un bataillon de l’armée sur une base non divulguée à l’extérieur des USA lorsque de nouvelles troupes sont arrivées, m’a déclaré aujourd’hui la Military Religious Freedom Foundation (MRFF).

L’affiche en noir et blanc semble avoir été produite au cours de l’année écoulée, car elle porte le filigrane d’un compte de médias sociaux qui a publié une version en couleur, avec le même filigrane, en mai 2025. Le Pentagone n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Selon Mikey Weinstein, président et fondateur de la MRFF, l’affichage de ce poster dans une zone commune a violé les directives du Pentagone. « Les gens devraient être traduits en cour martiale pour avoir permis cela », a déclaré Weinstein.

Weinstein a également déclaré que l’emplacement présumé de l’affiche signifiait que les hauts gradés, y compris les généraux, l’auraient vue et, vraisemblablement, ne l’avaient pas fait enlever.

La MRFF ne divulgue généralement pas l’identité ou les informations d’identification des militaires ou des membres des services de renseignement qui se manifestent avec des plaintes concernant du prosélytisme ou de la religiosité inappropriés.

Dans ce cas, un bataillon de combat était en rotation vers une base militaire à l’extérieur des USA, a écrit le lanceur d’alerte dans un courriel que la MRFF a ensuite caviardé et partagé avec moi :

« Moi et quelques sous-officiers faisions des trucs dans l’espace de travail de notre quartier général de bataillon ici à [XXX] et nous avons découvert une affiche de Jésus tirant un obus de mortier qui avait été laissée par l’unité précédente que nous avons remplacée. Le bâtiment où nous l’avons trouvée était auparavant le QG du commandement de cette unité. Cela m’a vraiment inquiété que l’unité précédente ait pu avoir quelque chose comme ça, surtout compte tenu des rapports faisant état de commandants au Moyen-Orient disant à leurs soldats que la guerre avec l’Iran est une guerre sainte et que Dieu a oint Trump pour provoquer l’apocalypse. »

Le courriel était daté de jeudi soir. Pour illustrer à quel point l’affiche aurait été visible pour l’unité, Weinstein a comparé la zone où elle a été trouvée à Times Square à New York et à « l’espace de travail de la passerelle de l’USS Enterprise », de Star Trek.

Ce qu’il voulait dire, c’est qu’il ne s’agissait pas de quelque chose qu’un simple soldat avait accroché sur son casier. C’était dans une zone très fréquentée où les gradés en visite l’auraient vue et, vraisemblablement, l’auraient soit permise, soit ordonné son retrait.

Dans un communiqué fourni par la MRFF, Weinstein a déclaré :

« La MRFF exige que quiconque dans la chaîne de commandement militaire américaine qui a permis, directement ou indirectement, l’affichage de cette affiche sectaire abjecte, imprégnée de nationalisme chrétien fondamentaliste, de domination, d’exceptionnalisme, d’exclusivité et de supériorité dans un espace de travail du quartier général d’un bataillon de combat militaire américain (et qui sait combien d’autres endroits ?), soit puni publiquement et de manière agressive dans toute la mesure de la loi par le biais d’une cour martiale générale en vertu, entre autres, de l’article 92 du Code uniforme de justice militaire. » [Déclaration complète ci-dessous]

Les coprésidents du Caucus parlementaire des libres-penseurs [Congressional Freethought Caucus], les députés Jared Huffman et Jamie Raskin (Démocrates de Californie), ont demandé il y a deux semaines à l’inspecteur général du Pentagone d’enquêter sur les allégations de la MRFF concernant du prosélytisme interdit par des commandants présentant prétendument la campagne contre l’Iran comme une guerre sainte. La lettre a été signée par 28 autres membres du Congrès, dont l’ancienne présidente démocrate Nancy Pelosi.

Une version couleur de l’image en noir et blanc signalée à la MRFF jeudi a été publiée sur Facebook dès le 3 mai 2025 par un compte appelé U.S Army W.T.F! moments (USAWTFM). Ce compte partage des images inhabituelles ou comiques de la vie de l’armée, suggérant que le compte partageait l’affiche de Jésus comme objet d’amusement ou de ridicule.

La même image a été publiée le même jour, avec le même filigrane USAWTFM, sur au moins un autre compte que j’ai pu trouver. Des images similaires sont apparues ailleurs depuis lors.

Représenter Jésus dans un contexte martial a été à la fois extrêmement sérieux et une source d’humour pendant des années. En 2014, un site a promu une poupée Jésus avec un lance-roquettes comme une plaisanterie.

La photo de 2025 de l’affiche montrait la version couleur montée sur bois, avec des légendes en haut et en bas. «« Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés » [ Matthieu 7:1]. Sous l’image apparaissait ce qui semblait être son titre : « Jésus au mortier ».

Le mélange d’images religieuses et d’irrévérence impie suggère une intention ironique ou humoristique. Le sentiment religieux derrière pourrait tout de même être sincère et les règlements ne permettent pas les présentations sectaires, même sous forme de satire.

« Il existe une série de directives » contre de tels affichages, a déclaré Weinstein, dans les règlements du Pentagone, le Code uniforme de justice militaire et, bien sûr, la Constitution.

Le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, cependant, a fièrement bravé la Constitution, la loi militaire, les procédures et la tradition lorsqu’il s’agit d’élever ses croyances sectaires au-dessus des autres, manquant à ses obligations laïques.

Il a institué un service de prière mensuel dirigé par ceux qui partagent son credo protestant évangélique. Il s’est joint à une étude biblique hebdomadaire de la Maison-Blanche qui enseigne la calomnie du déicide, accusant les Juifs d’avoir tué Jésus. Et Hegseth a affaibli les directives empêchant les aumôniers de dériver vers des préjugés sectaires et du prosélytisme.

La semaine dernière, Hegseth a déclaré à CBS : « La providence de notre Dieu tout-puissant est là pour protéger ces soldats. »

Le Pentagone n’a pas encore commenté publiquement mon article précédent selon lequel certains militaires ont dit à la MRFF que des commandants présentaient la guerre contre l’Iran comme une guerre sainte, dans certains cas la présentant comme faisant partie de la prophétie biblique impliquant l’Armageddon et le retour de Jésus.

Déclaration complète du 20 mars 2026 de Mikey Weinstein, président de la MRFF

« Cette affiche répugnante et totalement inconstitutionnelle, immorale, contraire à l’éthique et illicite de Jésus tirant un obus de mortier ne fait qu’étayer de manière incommensurable la validité absolue du « récit d’Armageddon du Livre de l’Apocalypse dans le Nouveau Testament » proféré par un certain nombre de commandants militaires américains à leurs subordonnés comme justification divine du Christ après l’attaque non provoquée de l’Amérique contre l’Iran les 28 février-1er mars 2026.

L’affichage flagrant de cette affiche odieuse dans un espace de travail réel du QG d’un bataillon de combat militaire américain viole gravement une série de directives, instructions et règlements du département de la Défense, y compris, mais sans s’y limiter, le Règlement conjoint sur l’éthique (JER) DoD 5500.07-R. Bien entendu, il s’agit d’une violation prima facie de la clause d’établissement de la religion du Premier Amendement de la Déclaration des droits de la Constitution des USA.

La MRFF exige que quiconque dans la chaîne de commandement militaire américaine qui a permis, directement ou indirectement, l’affichage de cette affiche sectaire abjecte, imprégnée de nationalisme chrétien fondamentaliste, de domination, d’exceptionnalisme, d’exclusivité et de supériorité dans un espace de travail du quartier général d’un bataillon de combat militaire américain (et qui sait combien d’autres endroits ?), soit puni publiquement et de manière agressive dans toute la mesure de la loi par le biais d’une cour martiale générale en vertu, entre autres, de l’article 92 du Code uniforme de justice militaire. »

 

 

20/03/2026

De partenaires de guerre à rivaux politiques : l’Iran pourrait-il mettre le feu au torchon entre Trump et Netanyahou ?

Quatre scénarios possibles d’un clash inéluctable entre le chien et sa queue (les avis divergent sur la question de savoir qui est le chien et qui est la queue)


Mostafa Ahmed, Centre de Recherche Al Habtoor, 18/3/2026

Original : من شركاء حرب إلي خصوم سياسة… هل تشعل إيران الخلاف بين ترامب ونتنياهو؟

English : From Wartime Partners to Political Rivals… Could Iran Ignite a Rift Between Trump and Netanyahu?

Traduit par Tlaxcala

Le partenariat stratégique entre les USA et Israël a longtemps démontré une capacité exceptionnelle à absorber et à gérer les divergences tactiques. Pourtant, les développements accompagnant le lancement de l’opération US « Epic Fury » menée parallèlement à l’opération israélienne « Silent Holy City » fin février 2026, ont soumis cette alliance à un test sans précédent dans le Moyen-Orient moderne. Bien que cette campagne coordonnée ait initialement remporté des succès opérationnels décisifs, notamment l’élimination du guide suprême iranien et le démantèlement de la structure de commandement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), l’image d’alignement complet projetée par Trump et Netanyahou dissimule des divergences fondamentales de visions et d’objectifs.

Une lecture attentive de la trajectoire historique de cette relation, parallèlement à ses contraintes politiques actuelles, suggère qu’un conflit prolongé mettra en lumière la vive divergence des intérêts stratégiques des deux capitales. Alors que la confrontation passe de frappes rapides à une guerre d’usure régionale complexe dont les conséquences s’étendent au-delà de Washington et Tel-Aviv, ces différences évolueront probablement vers des fractures structurelles profondes. Cet article propose une analyse stratégique de cette dynamique émergente, soutenant que les différences fondamentales dans la capacité à absorber les répercussions économiques, à gérer les pertes humaines et à naviguer dans des calendriers électoraux rigides transformeront les désaccords tactiques feutrés en une rupture stratégique ouverte qu’il sera de plus en plus difficile de contenir ou de nier.

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18/03/2026

Plus ils le frappent, plus il devient fort : le paradoxe de l’Iran qui échappe à la stupidité impériale

Tahar Lamri, 16/3/2026

Il y a une catégorie qui manque dans le débat sur la guerre en cours contre l’Iran, et son absence explique pourquoi ceux qui la mènent continuent de tout rater.

L’Iran n’est pas un mouvement partisan comme le FLN algérien, qui était un front sans dogme unificateur - coalition de nationalistes, socialistes, communistes, conservateurs - maintenu par un seul objectif : chasser le colonisateur. Ce n’est pas le Nord-Vietnam, qui était un État sur une partie du territoire avec une doctrine exportable - le communisme - mais dépendant de Moscou et Pékin et géographiquement limité. Le Hamas, le Hezbollah, les Houthis sont des milices, des entités infranationales qui utilisent des tactiques de guérilla parce qu’elles n’ont pas d’alternative : leur asymétrie est contrainte, non choisie.

L’Iran est quelque chose de différent et d’historiquement nouveau : il représente le premier cas historique d’un État qui adopte structurellement la doctrine de la guerre partisane comme choix stratégique souverain, combinant la légitimité et les ressources d’un État avec la logique opérationnelle du mouvement de résistance. Il a une armée régulière, des missiles balistiques, une marine, des institutions reconnues, c’est un État westphalien à tous égards. Et pourtant, il a délibérément choisi la doctrine de la guerre partisane comme stratégie souveraine : saturation avec des armes économiques, attrition, acceptation consciente des pertes territoriales pour rendre le coût insoutenable pour l’adversaire. Non pas parce qu’il ne pouvait pas faire autrement, mais parce qu’il a jugé que c’était la stratégie optimale contre une supériorité conventionnelle écrasante.

Ce choix a une conséquence économique dévastatrice pour ceux qui le combattent. Un drone Shahed coûte vingt mille dollars. Un intercepteur THAAD coûte 12,7 millions de dollars. L’Iran a lancé dans la première semaine de guerre cinq cents missiles balistiques et près de deux mille drones. Les mathématiques sont impitoyables : la guerre pauvre fait payer un coût insoutenable à la guerre riche : non pas sur le champ de bataille, mais dans les chaînes d’approvisionnement, dans les budgets, dans les stocks d’intercepteurs qui s’épuisent plus vite qu’ils ne peuvent être produits.

Mais la nouveauté la plus profonde n’est pas militaire : elle est structurelle. L’Iran a institutionnalisé une contradiction que tous les mouvements de libération ont dû choisir : être État ou être révolution. L’Algérie après 1962 a choisi d’être État et a cessé d’être révolution. Cuba a tenté les deux et a échoué. L’Iran non : il a délibérément construit une dualité permanente. L’armée régulière, c’est l’État westphalien. Les Pasdaran - les Gardiens de la Révolution - sont la révolution permanente, avec leurs réseaux régionaux, leurs ramifications au Yémen, en Irak, au Liban, toutes unies non par une idéologie laïque mais par une foi : l’islam chiite comme identité, mémoire, traumatisme fondateur. On ne choisit pas d’être chiite comme on choisit d’être communiste. C’est la famille, le deuil, le corps. Kerbala n’est pas un événement historique : c’est un paradigme cosmologique qui se répète.

Le résultat est un internationalisme religieux qui n’est pas une alliance entre États, pas une Internationale léniniste, mais un réseau transnational maintenu par une grammaire existentielle commune qui n’a pas besoin d’un centre de commandement explicite pour se coordonner.

Et puis les USA et Israël lui ont fait le plus grand cadeau : ils ont créé le panthéon. Soleimani, Nasrallah, Khamenei : chaque élimination ciblée qu’ils croyaient résoudre un problème stratégique a produit un martyr qui multiplie la cohésion du réseau. Dans la théologie chiite, la mort du leader juste par la main de l’oppresseur n’est pas une défaite : c’est la confirmation de sa justice. C’est la structure narrative de Kerbala. Un général vivant peut se tromper, peut décevoir, peut vieillir. Un martyr est éternel et parfait. Ils ont réécrit, avec leurs missiles, le scénario que l’autre camp attendait.

La République islamique d’Iran a pour idéal le bonheur de l’humanité dans l’ensemble de la société humaine, et considère que l’accès à l’indépendance, à la liberté et à un régime fondé sur la justice et la vérité est un droit pour tous les peuples du monde. En conséquence, tout en s’abstenant scrupuleusement de toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures des autres nations, elle soutient les luttes justes des mustadhafoun (opprimés) contre les mustakbirun (oppresseurs/arrogants) aux quatre coins du globe.

Constitution de la République islamique d’Iran, chapitre 10, article 154

Mais il y a une dernière erreur, peut-être la plus grave. Israël a frappé les banques du Hezbollah (l’institut Al Qardh al-Hassan) et la plus grande banque iranienne (Bank Sepah). Dans le monde chiite khomeiniste, la banque n’est pas un institut financier : c’est l’infrastructure matérielle de la théologie. C’est le mécanisme par lequel on distribue la zakat, on finance les œuvres caritatives, on maintient le pacte avec les moustadhafin, les plus faibles, les oppressés, les déshérités, les damnés de la terre de Fanon. Khomeini a construit le consensus de la révolution sur ce réseau capillaire de solidarité matérielle. La frapper n’affaiblit pas le récit de la résistance : elle le confirme. Elle démontre, dans la vie quotidienne de millions de pauvres, qui sont les ennemis des faibles. C’est la meilleure propagande possible, réalisée par les bombes israéliennes elles-mêmes.

En rassemblant tout cela : on combat avec la logique de la guerre conventionnelle - décapiter la structure, couper les financements, détruire les infrastructures - une forme politique qui n’est pas une structure conventionnelle. C’est un réseau symbolique, social, militaire et religieux délibérément construit pour être indestructible précisément à travers la destruction. Chaque bombe qui tombe renforce le récit. Chaque martyr consolide le panthéon. Chaque banque frappée montre aux pauvres de quel côté se trouve l’oppresseur.

Et si l’État iranien devait être démembré ou vaincu, les Pasdaran sans État - entraînés, armés, formés dans une culture du martyre qui ne dépend d’aucune institution pour survivre - se répartiraient dans une région qui va du Liban au Pakistan, de l’Azerbaïdjan au Bahreïn, avec des ramifications sur trois continents. N’étant plus contenus par aucune structure étatique, sans rien à perdre, avec des martyrs très puissants et un récit de résistance plus fort qu’avant. Un État iranien hostile peut être dissuadé. Un essaim de Pasdaran sans État ne le peut pas.

Et pendant que tout cela se produit, trois signaux disent à quel point cette guerre échappe profondément au contrôle narratif de ceux qui l’ont déclenchée.

La Turquie s’attendait à des millions de réfugiés iraniens fuyant les bombes. Elle a plutôt vu des milliers d’Iraniens traverser la frontière dans la direction opposée, pour rentrer défendre la patrie. Pas nécessairement le régime : l’Iran. La civilisation perse de quatre millénaires qui ne se laisse pas réduire à l’équation « régime égal peuple ». Le nationalisme blessé produit ce que des années d’opposition politique n’arrivent pas à construire.

Et puis il y a Gaza. L’Iran est attaqué après que le monde a assisté pendant des mois au génocide palestinien diffusé en direct, documenté, nié par les chancelleries occidentales. Pour les pauvres de la terre, pour le Sud global, pour quiconque se sent du côté des humiliés, la séquence est lisible et brutale : ceux qui défendaient les Palestiniens sont maintenant bombardés par les mêmes qui armaient ceux qui les massacraient. L’Iran est devenu, dans l’imaginaire global des damnés, quelque chose qui va bien au-delà de la politique régionale ou de la théologie chiite : c’est la promesse qu’on peut résister, c’est la vengeance symbolique de ceux qui n’ont jamais eu justice. Cette solidarité n’a pas de frontières confessionnelles ni géographiques.

Enfin, il y a la Chine. Ses stratèges ne regardent pas la guerre : ils mènent l’évaluation la plus détaillée possible des capacités réelles usaméricaines dans des conditions de conflit à haute intensité. Chaque intercepteur THAAD tiré, chaque Tomahawk lancé, chaque jour de guerre est une donnée sur la tenue logistique et industrielle de l’adversaire qu’ils devront affronter, un jour, dans le Pacifique. Ils voient les stocks s’épuiser, les délais de production qui ne suivent pas la consommation, la chaîne logistique sous pression. Ils prennent des notes. Et ils n’ont pas besoin de se battre pour gagner cette guerre : il leur suffit d’attendre que l’Amérique finisse ses munitions.

Cette guerre ne peut pas être gagnée. Elle ne peut qu’être élargie. Et le monde le sait.

« Pourquoi l’Iran ne capitule-t-il pas ? » – La question de Trump révèle le désastre iranien

„Warum gibt Iran nicht auf?“ – Trumps Frage zeigt das Iran-Desaster

Jour 17 de la guerre contre l’Iran. Attendez, laissez-moi le répéter : jour 17.

Et savez-vous ce qui se passe en ce moment dans les couloirs de la Maison-Blanche ? Donald Trump est assis dans son bureau et pose à ses conseillers une question qui change tout : Pourquoi les Perses ne se rendent-ils pas ?

Le Wall Street Journal l’a révélé. L’homme le plus puissant du monde est surpris. Je répète : surpris. L’homme qui affirmait que cette guerre serait terminée très rapidement. Celui qui prétendait que l’Iran n’avait plus de marine, plus d’aviation.

Cet homme ne comprend pas pourquoi Téhéran continue de se battre. Et voici la partie qui m’a tenu éveillé toute la nuit : ses conseillers le poussent, en privé, à chercher une porte de sortie. En privé. Cela signifie qu’en public ils parlent de victoire, mais derrière des portes closes, c’est la panique totale. C’est un aveu de faiblesse.

Trump s’attendait à une victoire rapide. Une répétition de sa guerre de 12 jours en juin dernier. Mais la réalité est complètement différente.

Après 17 jours, l’Iran continue de tirer des missiles, a miné le détroit d’Ormuz et — accrochez-vous — exporte plus de pétrole qu’avant la guerre. Plus 30 %. Laissez ça vous pénétrer.

Les USA bombardent l’Iran depuis plus de deux semaines, auraient frappé 6 000 cibles, détruit la marine iranienne, neutralisé l’aviation. Et pourtant, les exportations de pétrole iraniennes augmentent. Comment est-ce possible ? La Chine.

Les Chinois achètent chaque baril que Téhéran propose. Pas de sanctions, pas de règles, seulement du business. Pendant que Trump pensait mettre l’Iran à genoux, les mollahs ont redirigé leurs navires, activé de nouvelles routes commerciales et gagnent plus d’argent qu’avant.

Le Wall Street Journal rapporte que Trump pose sans cesse la même question en réunion : pourquoi ne capitulent-ils pas ? Ses conseillers n’ont pas de réponse. Ou plutôt, ils en ont une, mais Trump ne veut pas l’entendre.

La réponse est simple : parce que le plan a échoué. Parce que l’armée américaine peut frapper des cibles, mais ne peut pas bombarder des solutions politiques depuis les airs. Parce que l’Iran est un adversaire très différent de l’Afghanistan ou de l’Irak.

Attendez, ça devient encore pire. Les déclarations publiques de Trump changent chaque jour. D’abord : capitulation inconditionnelle. Puis : très bientôt terminé. Puis : pratiquement plus rien à bombarder.

Et maintenant cette question désespérée : pourquoi ne se rendent-ils pas ? Ce n’est pas une stratégie. C’est de l’improvisation. C’est un président qui réalise que son plus grand pari de politique étrangère est en train de déraper.

Les Républicains deviennent nerveux. Les sondages montrent que la majorité des Américains est contre cette guerre. Le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril, atteignant brièvement 119 dollars.

Aux stations-service aux USA, les gens paient des prix record. Les élections de mi-mandat approchent, et les conseillers de Trump le savent : si la guerre continue encore quelques semaines, nous perdrons le Congrès.

D’où la fuite vers le Wall Street Journal. D’où la pression privée pour que Trump trouve un plan de sortie. Ils essaient de pousser doucement le président vers la sortie sans qu’il perde la face.

Mais Trump reste Trump. Il ne peut pas simplement arrêter. Il doit annoncer une victoire, même s’il n’y en a pas.

Alors il dit à la presse : « Nous sommes très en avance sur le calendrier. » C’est un langage orwellien. « En avance sur le calendrier » signifie, dans le monde de Trump : nous n’avons plus de calendrier, parce que le plan initial s’est effondré.

Et voilà le point essentiel : l’Iran le sait. Les Gardiens de la Révolution ont publié une déclaration.

C’est l’Iran qui décidera quand la guerre prendra fin.

C’est une réponse directe aux affirmations de Trump. Téhéran dit à l’homme le plus puissant du monde en face : tu ne contrôles pas cette guerre. Nous la contrôlons.

Et les faits leur donnent raison.


17/03/2026

Un proche collaborateur de Tulsi Gabbard démissionne en raison de la guerre en Iran
L'équipe de Trump s'effondre

 Malek Dudakov, Команда Трампа разбегается, 17 mars 2026
Traduit par Tlaxcala

National Counterterrorism Center Director Joseph Kent attends a House Homeland Security hearing on Capitol Hill
Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, assiste à une audition de la commission de la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants au Capitole, à Washington, le 11 décembre 2025. (Elizabeth Frantz/Reuters)

Le directeur du Centre national antiterroriste usaméricain, Joe Kent - un protégé de la cheffe du bureau du renseignement national, Tulsi Gabbard - démissionne, accusant le lobby israélien de provoquer une guerre avec l’Iran. Joe Kent est un ancien Béret vert, ayant servi 20 ans dans l’armée US.

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[…] “Je ne peux pas, en conscience, soutenir la guerre en cours contre l’Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain.” […]

Il connaît bien la guerre, contrairement à de nombreux faucons de salon comme Ben Shapiro ou Mark Levin, qui prônent activement la poursuite de l’escalade. Kent a également servi en tant qu’officier militaire détaché auprès de la CIA. D’ailleurs, Langley s’efforce également de ne pas s’impliquer directement dans l’aventure iranienne. Ils ont tout laissé à Pete Hegseth.

Tulsi Gabbard sabote également la guerre avec l’Iran. Elle a récemment publié, avec la CIA, un rapport conjoint affirmant qu’il ne faut pas s’attendre à un changement de régime à Téhéran. Les services de renseignement usaméricains affirment avoir prévenu Trump à l’avance des risques d’escalade. Mais il n’a voulu écouter personne.

En attendant, autour de Gabbard, commencent à se rassembler des apparatchiks du Pentagone qui sont mécontents de l’attitude militariste de Hegseth.

En fait, nous assistons actuellement à une véritable guerre entre les faucons et les isolationnistes dans l’équipe de Trump, au milieu du chaos dans lequel ils se sont embourbés.

Les prix du diesel aux USA ont bondi de 40% et ont dépassé pour la première fois depuis 2022 les cinq dollars le gallon. Les porte-avions usaméricains rencontrent des difficultés, et il est peu probable qu’ils puissent mener une campagne pendant longtemps. Il n’a pas été possible de débloquer le détroit d’Ormuz, et l’Europe et la Chine ont refusé d’aider Trump. Les premiers licenciements et démissions ont commencé. Ce ne sera pas facile si la guerre avec l’Iran dure jusqu’en avril. Beaucoup de gens vont alors fuir un navire qui coule.

Traduction intégrale de la lettre

President Trump,

Après mûre réflexion, j’ai décidé de démissionner de mon poste de directeur du Centre national de contre-terrorisme, avec effet immédiat.

Je ne peux pas en mon âme et conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons commencé cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain.

Je soutiens les valeurs et les politiques étrangères sur lesquelles vous avez fait campagne en 2016, 2020, 2024, et que vous avez mises en œuvre durant votre premier mandat. Jusqu’en juin 2025, vous compreniez que les guerres au Moyen-Orient étaient un piège qui privait l’Amérique des vies précieuses de nos patriotes et épuisait la richesse et la prospérité de notre nation.

Durant votre première administration, vous avez mieux que tout président moderne compris comment appliquer la puissance militaire de manière décisive sans nous entraîner dans des guerres sans fin. Vous l’avez démontré en tuant Qassem Soleimani et en vainquant Daesh.

Au début de cette administration, des responsables israéliens de haut rang et des membres influents des médias américains ont déployé une campagne de désinformation qui a totalement miné votre plateforme “America First” et semé des sentiments pro-guerre pour encourager un conflit avec l’Iran. Cette chambre d’écho a été utilisée pour vous tromper en vous faisant croire que l’Iran représentait une menace imminente pour les États-Unis, et qu’en frappant maintenant, il y avait une voie claire vers une victoire rapide. C’était un mensonge et c’est la même tactique que les Israéliens ont utilisée pour nous entraîner dans la désastreuse guerre d’Irak qui a coûté à notre nation la vie de milliers de nos meilleurs hommes et femmes. Nous ne pouvons pas refaire cette erreur.

En tant que vétéran ayant été déployé au combat 11 fois et en tant qu’époux de Gold Star [parent/conjoint endeuillé par la guerre] ayant perdu mon épouse bien-aimée Shannon dans une guerre fabriquée par Israël, je ne peux pas soutenir l’envoi de la prochaine génération se battre et mourir dans une guerre qui n’apporte aucun bénéfice au peuple américain et ne justifie pas le coût en vies américaines.

Je prie pour que vous réfléchissiez à ce que nous faisons en Iran, et pour qui nous le faisons. Le moment est venu d’agir avec audace. Vous pouvez inverser la tendance et tracer une nouvelle voie pour notre nation, ou vous pouvez nous laisser glisser davantage vers le déclin et le chaos. Vous avez les cartes en main.

Ce fut un honneur de servir dans votre administration et de servir notre grande nation.