20/08/2026

SOS From the USS Abraham Lincoln EN->ES FR IT DE

 

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Intellectual history of contemporary US foreign policy
Historia intelectual de la política exterior usamericana contemporánea
Histoire intellectuelle de la politique étrangère américaine contemporaine
Storia intellettuale della politica estera usamericana contemporanea
Geistesgeschichte der zeitgenössischen US-amerikanischen Außenpolitik


 Jean-François Drolet

Populist realism, civilizationalism, and the right
On the intellectual history of contemporary US foreign policy

Realismo populista, civilizacionismo y derecha
Sobre la historia intelectual de la política exterior usamericana contemporánea

Réalisme populiste, civilisationnisme et droite
Sur l’histoire intellectuelle de la politique étrangère américaine contemporaine

Realismo populista, civilizzazionismo e destra
Sulla storia intellettuale della politica estera usamericana contemporanea

Populistischer Realismus, Zivilisationismus und die Rechte
Zur Geistesgeschichte der zeitgenössischen US-amerikanischen Außenpolitik

18/08/2026

Palestine Palestina Palästina فلسطين

 

Unión Palestina de América Latina (UPAL)— 17 de agosto de 2026 

الاتحاد الفلسطيني لأمريكا اللاتينية 17 - (UPAL)  أغسطس/آب 2026

El Frente Nacional Unido, una necesidad palestina que ya no admite demora

الجبهة الوطنية المتحدة… ضرورة فلسطينية لا تحتمل التأجيل

The United National Front, A Palestinian Necessity That Can No Longer Be Delayed

Le Front national uni, une nécessité palestinienne qui ne peut plus attendre

Il Fronte nazionale unito, una necessità palestinese che non può più essere rinviata

Die Vereinigte Nationale Front, eine palästinensische Notwendigkeit, die keinen Aufschub mehr duldet

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Huckabee -> ‘Settler Terror’| « terreur des colons »|«terror de los colonos»|«terrore dei coloni»|„Siedlerterror“

 

Amira Hass, Haaretz, 14/8/2026

Huckabee Condemned ‘Settler Terror’ but He Was Defending Trump, Not Palestinians

Huckabee a condamné la « terreur des colons », mais c’était Trump qu’il défendait, pas les Palestiniens

Huckabee condenó el «terror de los colonos», pero estaba defendiendo a Trump, no a los palestinos

Huckabee ha condannato il «terrore dei coloni», ma stava difendendo Trump, non i palestinesi

Huckabee verurteilte den „Siedlerterror“, doch er verteidigte Trump – nicht die PalästinenserInnen

17/08/2026

Israeli terror Terrorismo israelí Terrorisme israélien Israelischer Terror Terrorismo israeliano EN ES FR DE IT

 

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Nacht & Nebel Nuit & Brouillard Noche & Niebla Notte & Nebbia Night & Fog Made in USA

 

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Kamel Daoud, le béniouiouiste hard qui a déjà conquis Paris : provoquer n'est pas démontrer

Le cinéaste français né en Irak Abbas Fahdel analyse la dernière chronique de Kamel Daoud parue dans l’hebdomadaire Le Point du 12 août. Source : Meta

La chronique de Kamel Daoud sur « Mamdani & Cie : l’islamisme soft à la conquête de Washington » révèle moins la réalité politique américaine qu’une certaine manière, devenue presque caricaturale, de regarder le monde arabe et musulman depuis les tribunes médiatiques occidentales. Daoud ne se contente pas de critiquer Mamdani, Abdul El-Sayed ou une nouvelle génération de militants musulmans américains : il construit un récit dans lequel l’identité musulmane, le soutien à la cause palestinienne, la gauche et la critique de l’Occident finissent artificiellement par se fondre dans la même catégorie : celle d’un « islamisme soft » qui avancerait masqué jusqu’au cœur de Washington.

Le procédé est d’autant plus contestable que le titre contient déjà le verdict. Il ne s’agit plus d’examiner des programmes, des idées, des contradictions ou des trajectoires politiques, mais de désigner des individus comme les représentants d’une menace. Le musulman qui entre dans la politique américaine ne serait plus simplement un citoyen américain ; il deviendrait le symptôme d’une « conquête ». Le musulman qui défend les Palestiniens ne serait plus nécessairement animé par une conviction politique, anticoloniale ou humanitaire ; il deviendrait suspect d’islamisme. Le musulman qui se situe à gauche ne serait plus seulement socialiste, progressiste ou anticapitaliste ; il participerait à une mystérieuse entreprise de pénétration idéologique de Washington. C’est ainsi que l’analyse politique se transforme en procès d’intention.

Le plus troublant est que Kamel Daoud semble reproduire exactement le mécanisme qu’il prétend dénoncer. Il reproche à certains progressistes occidentaux de réduire les individus à leur identité musulmane, mais il fait lui-même de cette identité la clé permettant d’interpréter leurs positions politiques. Il transforme le musulman en catégorie politique avant même d’avoir démontré que sa religion détermine son projet politique. Or être musulman n’est pas une idéologie. Soutenir les droits des Palestiniens n’est pas une idéologie islamiste. Être socialiste n’est pas être islamiste. Critiquer la politique étrangère américaine n’est pas haïr l’Occident. Et dénoncer le génocide à Gaza n’est pas, par définition, soutenir le Hamas.

Ce qui apparaît alors derrière cette chronique, c’est une figure médiatique devenue familière : celle de l’Arabe ou du musulman « acceptable », celui qui peut être installé confortablement dans l’espace médiatique occidental à condition de confirmer certaines représentations que cet espace attend de lui. Il ne s’agit évidemment pas de nier à Daoud sa liberté intellectuelle ni son droit de critiquer les sociétés arabes ou musulmanes. Il s’agit de constater la fonction particulière qu’il finit par occuper dans un certain paysage médiatique : celle du musulman qui rassure l’Occident sur lui-même en dénonçant inlassablement les siens.

C’est ici que la référence de Malcolm X à la figure du « house negro », le « nègre de maison », devient éclairante — non comme assimilation littérale entre des situations historiques différentes, mais comme métaphore d’un mécanisme de domination. Malcolm X décrivait ainsi celui qui, placé à proximité du maître, finissait par défendre l’ordre du maître et par considérer les intérêts de celui-ci comme les siens. Le parallèle permet de poser une question dérangeante : que devient, dans l’espace médiatique contemporain, l’intellectuel arabe ou musulman dont la légitimité occidentale semble se renforcer à mesure qu’il confirme les peurs, les soupçons et les préjugés de ceux qui l’écoutent ?

Daoud semble avoir transformé cette position en véritable rente symbolique. Il peut dénoncer l’islamisme, les sociétés arabes, les Palestiniens, les militants de gauche ou les musulmans occidentaux avec une violence qui serait immédiatement suspecte dans la bouche d’un journaliste occidental, précisément parce que sa parole est présentée comme venant de « l’intérieur ». Il devient alors une sorte de caution culturelle : puisque la critique vient d’un Arabe ou d’un musulman, elle pourrait difficilement être qualifiée d’islamophobe ou de condescendante. Le procédé est redoutablement efficace. La parole du dominé supposé devient le certificat d’authenticité du discours dominant.

Mais cette position comporte un prix : à force de vouloir être l’exception acceptable, on finit par ne plus voir ceux dont on parle. Les Arabes deviennent des masses, les musulmans deviennent une menace potentielle, les Palestiniens deviennent un problème, la gauche devient une alliée objective de l’islamisme, et toute critique de l’ordre occidental est soupçonnée de ressentiment anti-occidental. Tout ce qui devrait être distingué est mélangé jusqu’à produire un ennemi commode.

La chronique sur Mamdani et El-Sayed illustre parfaitement cette dérive. Au lieu de prendre au sérieux la crise profonde du Parti démocrate américain, le rejet de l’establishment, la montée d’une gauche socialiste, la transformation du rapport des jeunes Américains à Israël et à la Palestine ou encore les revendications sociales qui traversent les États-Unis, Daoud choisit une grille biaisée : les musulmans seraient en train de conquérir Washington. Une campagne électorale devient une conquête. Des citoyens américains deviennent les instruments d’une idéologie religieuse. Une évolution politique complexe est réduite à une menace civilisationnelle.

Ce vocabulaire n’est pas innocent. Il produit un imaginaire dans lequel le musulman qui réussit politiquement n’est jamais simplement un citoyen qui participe à la démocratie : il est quelqu’un qui « avance ». Le musulman élu n’est pas simplement élu : il « conquiert ». Le musulman critique d’Israël n’est pas simplement critique : il est potentiellement islamiste. Et le musulman qui revendique une transformation radicale de la politique américaine devient nécessairement suspect de vouloir transformer l’Amérique de l’intérieur.

C’est une vision profondément condescendante de la démocratie. Elle suppose implicitement que certains citoyens auraient une légitimité politique moindre que d’autres en raison de leur origine ou de leur religion. Le citoyen blanc, chrétien ou athée qui défend la cause palestinienne est un militant politique. Le citoyen musulman qui fait exactement la même chose risque, dans la grille de lecture de Daoud, de devenir un agent de l’islamisme.

Daoud sait provoquer. Mais provoquer n’est pas démontrer. La formule ne remplace pas la preuve. L’étiquette « islamisme soft » lui permet d’éviter la démonstration : si aucun programme islamiste n’est clairement identifiable, il suffit d’inventer une version « soft » de l’islamisme. Ainsi, toute contradiction disparaît. S’ils ne sont pas islamistes, c’est qu’ils sont des islamistes qui ne disent pas leur nom. Et s’ils protestent contre cette accusation, leur protestation peut à son tour devenir la preuve de leur dissimulation. C’est une mécanique intellectuelle particulièrement pauvre.

On peut critiquer Mamdani. On peut critiquer El-Sayed. On peut interroger leurs positions. On peut contester leur programme et leurs alliances. Mais pour être intellectuellement honnête, il faut critiquer ce qu’ils disent et ce qu’ils font, et non fabriquer autour d’eux une fiction d’« islamisme soft » destinée à rendre leur existence politique inquiétante.

La véritable question n’est donc pas de savoir si l’islamisme conquiert Washington. La question est de savoir pourquoi une partie de la jeunesse américaine rejette l’ordre politique traditionnel, pourquoi elle conteste la politique américaine au Moyen-Orient, pourquoi elle refuse de considérer Israël comme une exception permanente à la critique et pourquoi des candidats musulmans, juifs, athées ou chrétiens peuvent désormais trouver un électorat autour d’un discours social et anticolonial.

Cette réalité est beaucoup plus complexe, et surtout beaucoup plus dérangeante, que la fable d’une conquête islamiste.

Kamel Daoud devrait savoir qu’un intellectuel issu du monde arabe ne devient pas plus libre simplement parce qu’il est applaudi par les institutions occidentales. La liberté intellectuelle consiste aussi à refuser le rôle que l’on vous assigne, même lorsque ce rôle est confortable, prestigieux et rémunérateur. Elle consiste à pouvoir critiquer l’Occident lorsqu’il le mérite, comme on critique les sociétés arabes lorsqu’elles le méritent. Elle consiste surtout à ne pas devenir l’Arabe ou le musulman de service chargé de fournir à l’Occident la confirmation morale de ses propres certitudes.

Car le problème n’est pas qu’un Arabe critique les Arabes, ni qu’un musulman critique l’islamisme. Le problème commence lorsque cette critique devient une marchandise médiatique, lorsque l’identité de celui qui parle devient la garantie d’une vérité que l’on attend précisément de lui, et lorsque la parole venue « de l’intérieur » est utilisée pour fermer toute possibilité de contradiction.

C’est à cet endroit que la référence à Malcolm X prend toute sa force. Non pas pour traiter Kamel Daoud de « nègre de maison » — formule historiquement située, brutale et qui ne peut être transposée mécaniquement — mais pour interroger le mécanisme qu’elle désignait : celui d’un système de domination qui distingue les voix indigènes selon leur capacité à conforter ou à contester l’ordre établi.

Le paradoxe est cruel : celui qui prétend combattre l’islamisme au nom de la liberté risque, à force de tout ramener à l’islamisme, de devenir l’un des meilleurs auxiliaires d’un autre enfermement : celui qui réduit les musulmans à une menace, les Palestiniens à un problème et les Arabes à des sujets que l’Occident doit constamment surveiller, corriger ou juger.

Daoud, dans sa chronique, ne décrit pas une conquête : il participe surtout à la fabrication d’un fantasme.

 

14/08/2026

Maryam Tahmasebi: letter from the U.S. Gulag EN FR ES FA IT DE پیام یک زن ایرانی از جهنم بازداشت اداره مهاجرت و گمرک ایالات متحده


One Iranian Woman’s Message From the Hell of ICE Detention
My husband, son, and I have been locked up for months—despite being permanent residents with no criminal record.


Le message d’une femme iranienne depuis l’enfer de la détention d’ICE
Mon mari, mon fils et moi sommes enfermés depuis des mois – bien que nous soyons des résidents permanents sans casier judiciaire.

El mensaje de una mujer iraní desde el infierno de la detención de ICE
Mi marido, mi hijo y yo llevamos meses encerrados, a pesar de ser residentes permanentes sin antecedentes penales.

 
Il messaggio di una donna iraniana dall’inferno della detenzione dell’ICE
Mio marito, mio figlio ed io siamo rinchiusi da mesi, nonostante siamo residenti permanenti senza precedenti penali.

Die Botschaft einer iranischen Frau aus der Hölle der ICE-Haft
Mein Mann, mein Sohn und ich sind seit Monaten eingesperrt – obwohl wir ständige Einwohner ohne Vorstrafen sind.

 

 

 

 

Gaza->Nobel AR ES EN FR FA DE IT

 




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09/08/2026

PTSD TEPT TSPT PTBS DSPT اختلال استرس پس از سانحه

 

Tom Levinson, Haaretz, 6/8/2026

من عکس‌های کودکان مرده را دیدم. در ارتش اسرائیل به ما گفته'بودند که فقط تروریست‌ها را می‌کشیم
یائل، یک کهنه‌سرباز ۲۲ ساله که در غزه و لبنان مورد آزار قرار گرفته است 

06/08/2026

How a Teen, Not a Journalist, Debunked Israel’s Gaza ‘Voluntary Emigration’ Plan
Cómo un adolescente, y no un periodista, desmontó el plan israelí de «emigración voluntaria» de Gaza
Comment un adolescent, et non un journaliste, a démonté le projet israélien d’« émigration volontaire » de Gaza
Come un adolescente, non un giornalista, ha smontato il piano israeliano di «emigrazione volontaria» da Gaza
Wie ein Teenager – und kein Journalist – Israels Plan einer „freiwilligen Auswanderung“ aus Gaza entlarvte

 

How a Teen, Not a Journalist, Debunked Israel’s Gaza ‘Voluntary Emigration’ Plan

Cómo un adolescente, y no un periodista, desmontó el plan israelí de «emigración voluntaria» de Gaza

Comment un adolescent, et non un journaliste, a démonté le projet israélien d’« émigration volontaire » de Gaza

Come un adolescente, non un giornalista, ha smontato il piano israeliano di «emigrazione volontaria» da Gaza

Wie ein Teenager – und kein Journalist – Israels Plan einer „freiwilligen Auswanderung“ aus Gaza entlarvte

La IA, o cuando el capitalismo aprendió a “producir sentido”
L’IA, ou quand le capitalisme a appris à « produire du sens »
AI, or When Capitalism Learned to ‘Produce Meaning’
KI, oder als der Kapitalismus lernte, ‚Sinn zu produzieren‘

 

La IA, o cuando el capitalismo aprendió a “producir sentido”
Una conversación con Giorgio Griziotti

L’IA, ou quand le capitalisme a appris à « produire du sens »
Entretien avec Giorgio Griziotti

AI, or When Capitalism Learned to ‘Produce Meaning’
A Conversation with Giorgio Griziotti

KI, oder als der Kapitalismus lernte, ‚Sinn zu produzieren‘
Giorgio Griziotti im Gespräch

31/07/2026

Antonio Gramsci (1921): Il movimento dei Consigli di Fabbrica

Antonio Gramsci
Il movimento dei Consigli di Fabbrica
L'Ordine Nuovo
14 marzo 1921

Uno dei membri della delegazione italiana, testé ritornato dalla Russia sovietica, riferì ai lavoratori torinesi che la tribuna destinata all'accoglienza della delegazione di Kronstadt era fregiata con la seguente iscrizione: "Evviva lo sciopero generale torinese dell'aprile 1920". Gli operai appresero questa notizia con molto piacere e grande soddisfazione. La maggior parte dei componenti la delegazione italiana recatasi in Russia erano stati contrari allo sciopero generale d'aprile. Essi sostenevano nei loro articoli contro lo sciopero che gli operai torinesi erano stati vittime di un'illusione e avevano sopravvalutato l'importanza dello sciopero. I lavoratori torinesi appresero perciò con piacere l'atto di simpatia dei compagni di Kronstadt ed essi si dissero: "I nostri compagni comunisti russi hanno meglio compreso e valutato l'importanza dello sciopero di aprile che non gli opportunisti italiani, dando così a questi ultimi una buona lezione".

Lo sciopero di aprile

Il movimento torinese dell'aprile fu infatti un grandioso avvenimento nella storia non soltanto del proletariato italiano, ma di quello europeo, e possiamo dirlo, nella storia del proletariato di tutto il mondo. Per la prima volta nella storia, si verificò infatti il caso di un proletariato che impegna la lotta per il controllo della produzione, senza essere stato spinto all'azione dalla fame o dalla disoccupazione. Di più non fu soltanto una minoranza, un'avanguardia della classe operaia che intraprese la lotta, ma la massa intiera dei lavoratori di Torino scese in campo e portò la lotta, incurante di privazioni e di sacrifizi, fino alla fine. I metallurgici scioperarono per un mese, le altre categorie dieci giorni. Lo sciopero generale degli ultimi dieci anni dilagò in tutto il Piemonte, mobilizzando circa mezzo milione di operai industriali e agricoli, e coinvolse quindi circa quattro milioni di popolazione. I capitalisti italiani tesero tutte le loro forze per soffocare il movimento operaio torinese; tutti i mezzi dello Stato borghese furono posti a loro disposizione, mentre gli operai sostennero da soli la lotta senza alcun aiuto né dalla direzione del Partito socialista, né dalla Confederazione Generale del Lavoro. Anzi, i dirigenti del Partito e della Confederazione schernirono i lavoratori e contadini italiani da qualsiasi azione rivoluzionaria colla quale essi intendevano manifestare la loro solidarietà coi fratelli torinesi, e portare a essi un efficace aiuto. Ma gli operai torinesi non si perdettero d'animo. Essi sopportarono tutto il peso della reazione capitalista, osservarono la disciplina fino all'ultimo momento e rimasero fino dopo la disfatta fedeli alla bandiera del comunismo e della rivoluzione mondiale.

Anarchici e sindacalisti

La propaganda degli anarchici e sindacalisti contro la disciplina di partito e la dittatura del proletariato non ebbe alcuna influenza sulle masse, anche quando, causa del tradimento dei dirigenti, lo sciopero terminò con una sconfitta. I lavoratori torinesi giurarono anzi di intensificare la lotta rivoluzionaria e di condurla su due fronti: da una parte contro la borghesia vittoriosa, dall'altra contro i capi traditori. La coscienza e la disciplina rivoluzionaria, di cui le masse torinesi hanno dato prova, hanno la loro base storica nelle condizioni economiche e politiche in cui si è sviluppata la lotta di classe a Torino. Torino è un centro di carattere prettamente industriale. Quasi tre quarti della popolazione, che conta mezzo milione di abitanti, è composta di operai: gli elementi piccolo-borghesi sono una quantità infima. A Torino vi è inoltre una massa compatta di impiegati e tecnici, che sono organizzati nei sindacati e aderiscono alla Camera del Lavoro. Essi furono durante tutti i grandi scioperi a fianco degli operai, e hanno quindi, se non tutti, almeno la maggior parte, acquistato la psicologia del vero proletariato, in lotta contro il capitale, per la rivoluzione e il comunismo. Due insurrezioni armate

Durante la guerra imperialista del 1914-18, Torino vide due insurrezioni armate: la prima insurrezione, che scoppiò nel maggio 1915, aveva l'obiettivo di impedire l'intervento dell'Italia nella guerra contro la Germania (in questa occasione venne saccheggiata la Casa del popolo); la seconda insurrezione, nell'agosto 1917, assunse il carattere di una lotta rivoluzionaria armata, su grande scala. La notizia della Rivoluzione di marzo in Russia era stata accolta a Torino con gioia indescrivibile. Gli operai piangevano di commozione quando appresero la notizia che il potere dello zar era stato rovesciato dai lavoratori di Pietrogrado. Ma i lavoratori torinesi non si lasciarono infinocchiare dalla fraseologia demagogica di Kerenski e dei menscevichi.
Quando nel luglio del 1917 arrivò a Torino la missione inviata nell'Europa occidentale dal Soviet di Pietrogrado, i delegati Smirnov e Goldemberg, che si presentarono dinanzi a una folla di cinquantamila operai, vennero accolti da grida assordanti di "Evviva Lenin! Evviva i bolscevichi!". Goldemberg non era troppo soddisfatto di questa accoglienza; egli non riusciva a capire in che maniera il compagno Lenin si fosse acquistata tanta popolarità fra gli operai torinesi. E non bisogna dimenticare che questo episodio avvenne dopo la repressione della rivolta bolscevica del luglio, che la stampa borghese italiana infuriava contro Lenin e contro i bolscevichi, denunziandoli come briganti, intriganti, agenti e spie dell'imperialismo tedesco. Dal principio della guerra italiana (24 maggio 1915) il proletariato torinese non aveva fatto nessuna manifestazione di massa.

Barricate, trincee, reticolati

L'imponente comizio che era stato organizzato in onore dei delegati del Soviet pietrogradese segnò l'inizio di un nuovo periodo di movimenti di masse. Non passò un mese, che i lavoratori torinesi insorsero con le armi in pugno contro l'imperialismo e il militarismo italiano. L'insurrezione scoppiò il 23 agosto 1917. Per cinque giorni gli operai combatterono nelle vie della città. Gli insorti, che disponevano di fucili, granate e mitragliatrici, riuscirono persino a occupare alcuni quartieri della città e tentarono tre o quattro volte di impadronirsi del centro ove si trovavano le istituzioni governative e i comandi militari. Ma i due anni di guerra e di reazione avevano indebolito la già forte organizzazione del proletariato, e gli operai inferiori di armamento furono vinti. Invano sperarono in un appoggio da parte dei soldati; questi si lasciarono ingannare dall'insinuazione che la rivolta era stata inscenata dai tedeschi. Il popolo eresse barricate, scavò trincee, circondò qualche rione di reticolati a corrente elettrica e respinse per cinque giorni tutti gli attacchi delle truppe e della polizia. Caddero più di 500 operai, più di 2.000 vennero gravemente feriti, Dopo la sconfitta i migliori elementi furono arrestati e allontanati e il movimento proletario perdette di intensità rivoluzionaria. Ma i sentimenti comunisti del proletariato torinese non erano spenti.

Nel dopoguerra

Dopo la fine della guerra imperialista il movimento proletario fece rapidi progressi. La massa operaia di Torino comprese che il periodo storico aperto dalla guerra era profondamente diverso dall'epoca precedente la guerra. La classe operaia torinese intuì subito che la III Internazionale è un'organizzazione del proletariato mondiale per la direzione della guerra civile, per la conquista del potere politico, per l'istituzione della dittatura proletaria, per la creazione di un nuovo ordine nei rapporti economici e sociali. I problemi della rivoluzione, economici e politici, formavano oggetto di discussione in tutte le assemblee degli operai. Le migliori forze dell'avanguardia operaia si riunirono per diffondere un settimanale di indirizzo comunista, "l'Ordine Nuovo". Nelle colonne di questo settimanale si trattarono i vari problemi della rivoluzione; l'organizzazione rivoluzionaria delle masse che dovevano conquistare i sindacati alla causa del comunismo; il trasferimento della lotta sindacale dal campo grettamente corporativista e riformista, sul terreno della lotta rivoluzionaria, del controllo sulla produzione e della dittatura del proletariato.
Anche la questione dei Consigli di fabbrica fu posta all'ordine del giorno. Nelle aziende torinesi esistevano già prima piccoli comitati operai, riconosciuti dai capitalisti, e alcuni di essi avevano già ingaggiato la lotta contro il funzionarismo, lo spirito riformista e le tendenze costituzionali dei sindacati. Ma la maggior parte di questi comitati non erano creature dei sindacati; le liste dei candidati per questi comitati (commissioni interne) venivano proposte dalle organizzazioni sindacali, le quali sceglievano di preferenza operai di tendenze opportuniste che non avrebbero dato delle noie ai padroni, e avrebbero soffocato in germe ogni azione di massa. I seguaci dell' "Ordine Nuovo" perorarono nella loro propaganda in prima linea la trasformazione delle commissioni interne, e il principio che la formazione delle liste dei candidati dovesse avvenire nel seno della massa operaia e non dalle cime della burocrazia sindacale. I compiti che essi assegnarono ai Consigli di fabbrica furono il controllo sulla produzione, l'armamento e la preparazione militare delle masse, la loro preparazione politica e tecnica. Essi non dovevano più compiere l'antica funzione di cani da guardia che proteggono gli interessi delle classi dominanti, né frenare le masse nelle loro azioni contro il regime capitalistico. 

L'entusiasmo per i Consigli

La propaganda per i Consigli di fabbrica venne accolta con entusiasmo dalle masse; nel corso di mezzo anno vennero costituiti Consigli di fabbrica in tutte le fabbriche e officine metallurgiche, i comunisti conquistarono la maggioranza nel sindacato metallurgici; il principio dei Consigli di fabbrica e del controllo sulla produzione venne approvato e accettato dalla maggioranza del Congresso e dalla maggior parte dei sindacati appartenenti alla Camera del Lavoro. L'organizzazione dei Consigli di fabbrica si basa sui seguenti principi: in ogni fabbrica in ogni officina viene costituito un organismo sulla base della rappresentanza (e non sull'antica base del sistema burocratico) il quale realizza la forza del proletariato, la lotta contro l'ordine capitalistico o esercita il controllo sulla produzione, educando tutta la massa operaia per la lotta rivoluzionaria e per la creazione dello Stato operaio.
Il Consiglio di fabbrica deve essere formato secondo il principio dell'organizzazione per industria; esso deve rappresentare per la classe operaia il modello della società comunista, alla quale si arriverà attraverso la dittatura del proletariato; in questa società non esisteranno più divisioni di classe, tutti i rapporti sociali saranno regolati secondo le esigenze tecniche della produzione e della organizzazione corrispondente, e non saranno subordinati a un potere statale organizzato. La classe operaia deve comprendere tutta la bellezza e nobiltà dell'ideale per il quale essa lotta e si sacrifica; essa deve rendersi conto che per raggiungere questo ideale è necessario passare attraverso alcune tappe; essa deve riconoscere la necessità della disciplina rivoluzionaria e della dittatura. Ogni azienda si suddivide in reparti e ogni reparto in squadre di mestiere; ogni squadra compie una determinata parte del lavoro; gli operai di ogni squadra eleggono un operaio con mandato imperativo e condizionato.
L'assemblea dei delegati di tutta l'azienda forma un Consiglio che elegge dal suo seno un comitato esecutivo. L'assemblea dei segretari politici dei comitati esecutivi forma il comitato centrale dei Consigli che elegge dal suo seno un comitato urbano di studio per la organizzazione della propaganda, la elaborazione dei piani di lavoro, per l'approvazione dei progetti e delle proposte delle singole aziende perfino di singoli operai, e infine per la direzione generale di tutto il movimento.

Consigli e commissioni interne durante gli scioperi

Alcuni compiti dei Consigli di fabbrica hanno carattere prettamente tecnico e perfino industriale, come ad esempio, il controllo sul personale tecnico, il licenziamento di dipendenti che si dimostrano nemici della classe operaia, la lotta con la direzione per la conquista dei diritti e libertà, il controllo della produzione dell'azienda e delle operazioni finanziarie. I Consigli di fabbrica presero presto radici. Le masse accolsero volentieri questa forma di organizzazione comunista, si schierarono intorno ai comitati esecutivi e appoggiarono energicamente la lotta contro l'autocrazia capitalista. Quantunque né gli industriali, né la burocrazia sindacale volessero riconoscere i Consigli e i comitati, questi ottennero tuttavia notevoli successi: essi scacciarono gli agenti e le spie dei capitalisti, annodarono rapporti con gli impiegati e coi tecnici per avere delle informazioni d'indole finanziaria e industriale; negli affari dell'azienda essi concentrarono nelle loro mani il potere disciplinare e dimostrarono alle masse disunite e disgregate ciò che significa la gestione diretta degli operai nell'industria. L'attività dei Consigli e delle commissioni interne si manifestò più chiaramente durante gli scioperi; questi scioperi perdettero il loro carattere impulsivo, fortuito e divennero l'espressione dell'attività cosciente delle masse rivoluzionarie.
L'organizzazione tecnica dei Consigli e delle commissioni interne, la loro capacità di azione si perfezionò talmente, che fu possibile ottenere in cinque minuti la sospensione dal lavoro di 15 mila operai dispersi in 42 reparti della Fiat. Il 3 dicembre 1919 i Consigli di fabbrica diedero una prova tangibile della loro capacità di dirigere movimenti di masse in grande stile; dietro ordine della sezione socialista, che concentrava nelle sue mani tutto il meccanismo del movimento di massa, i Consigli di fabbrica mobilizzarono senza alcuna preparazione, nel corso di un'ora, centoventimila operai, inquadrati secondo le aziende. Un'ora dopo si precipitò l'armata proletaria come una valanga fino al centro della città e spazzò dalle strade e dalle piazze tutto il canagliume nazionalista e militarista.

La lotta contro i Consigli

Alla testa del movimento per la costruzione dei Consigli di fabbrica furono i comunisti appartenenti alla sezione socialista e alle organizzazioni sindacali; vi presero pure parte gli anarchici, i quali cercarono di contrapporre la loro fraseologia ampollosa al linguaggio chiaro e preciso dei comunisti marxisti. Il movimento incontrò la resistenza accanita dei funzionari sindacali, della direzione del Partito socialista e dell' "Avanti!". La polemica di questa gente si basava sulla differenza fra il concetto di Consiglio di fabbrica e quello di Soviet. Le loro conclusioni ebbero un carattere puramente teorico, astratto, burocratico. Dietro le loro frasi altisonanti si celava il desiderio di evitare la partecipazione diretta delle masse alla lotta rivoluzionaria, il desiderio di conservare la tutela delle organizzazioni sindacali sulle masse. I componenti la direzione del Partito si rifiutarono sempre di prendere l'iniziativa di una azione rivoluzionaria, prima che non fosse attuato un piano di azione coordinato, ma non facevano mai nulla per preparare ed elaborare questo piano.
Il movimento torinese non riuscì però ad uscire dall'ambito locale, poiché tutto il meccanismo burocratico dei sindacati venne messo in moto per impedire che le masse operaie delle altre parti d'Italia seguissero l'esempio di Torino. Il movimento torinese venne deriso, schernito, calunniato e criticato in tutti i modi. Le aspre critiche degli organismi sindacali e della direzione del Partito socialista incoraggiarono nuovamente i capitalisti i quali non ebbero più freno nella loro lotta contro il proletariato torinese e contro i Consigli di fabbrica.
La conferenza degli industriali, tenutasi nel marzo 1920 a Milano, elaborò un piano d'attacco; ma i "tutori della classe operaia", le organizzazioni economiche e politiche non si curarono di questo fatto. Abbandonato da tutti, il proletariato torinese fu costretto ad affrontare da solo, colle proprie forze, il capitalismo nazionale e il potere dello Stato. Torino venne inondata da un esercito di poliziotti; intorno alla città si piazzarono cannoni e mitragliatrici nei punti strategici. E quando tutto questo apparato militare fu pronto, i capitalisti cominciarono a provocare il proletariato. È vero che di fronte a queste gravissime condizioni di lotta il proletariato esitò ad accettare la sfida; ma quando si vide che lo scontro era inevitabile, la classe operaia uscì coraggiosamente dalle sue posizioni di riserva e volle che la lotta fosse condotta fino alla sua fine vittoriosa.

Il Consiglio nazionale socialista di Milano

I metallurgici scioperarono un mese intero, le altre categorie dieci giorni; l'industria in tutta la provincia era ferma, le comunicazioni paralizzate. Il proletariato torinese fu però isolato dal resto d'Italia; gli organi centrali non fecero niente per aiutarlo; ma non pubblicarono nemmeno un manifesto per spiegare al popolo italiano l'importanza della lotta dei lavoratori torinesi; L' "Avanti!" si rifiutò di pubblicare il manifesto della sezione torinese del partito. I compagni torinesi si buscarono dappertutto epiteti di anarchici e avventurieri. In quell'epoca si doveva avere a Torino il Consiglio nazionale del Partito; tale convegno venne però trasferito a Milano, perché una città "in preda a uno sciopero generale" sembrava poco adatta come teatro di discussioni socialiste. In questa occasione si manifestò tutta l'impotenza degli uomini chiamati a dirigere il Partito; mentre la massa operaia difendeva a Torino coraggiosamente i Consigli di fabbrica, la prima organizzazione basata sulla democrazia operaia, incarnante il potere del proletario, a Milano si chiacchierava intorno a progetti e metodi teorici per la formazione di Consigli come forma di potere politico da conquistare dal proletariato; si discuteva sul modo di sistemare le conquiste non avvenute e si abbandonava il proletariato torinese al suo destino, si lasciava alla borghesia la possibilità di distruggere il potere operaio già conquistato.
Le masse proletarie italiane manifestarono la loro solidarietà coi compagni torinesi in varie forme; i ferrovieri di Pisa, Livorno e Firenze si rifiutarono di trasportare le truppe destinate a Torino, i lavoratori dei porti e i marinari di Livorno e Genova sabotarono il movimento dei porti; il proletariato di molte città scese in sciopero contro gli ordini dei sindacati. Lo sciopero generale di Torino e del Piemonte cozzò contro il sabotaggio e la resistenza delle organizzazioni sindacali e del Partito stesso. Esso fu tuttavia di grande importanza educativa perché dimostrò che l'unione pratica degli operai e contadini è possibile, e riprovò l'urgente necessità di lottare contro tutto il meccanismo burocratico delle organizzazioni sindacali, che sono il più solido appoggio per l'opera opportunistica dei parlamentari e dei riformisti mirante al soffocamento di ogni movimento rivoluzionario delle masse lavoratrici.