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02/03/2026

Khameneitashn et “sacrifices de Pourim ” : le gouvernement israélien et les complotistes de tous bords mélangent Pourim et la guerre contre l’Iran


La proximité des frappes usraéliennes sur l’Iran avec la fête juive de Pourim - qui célèbre le triomphe du peuple juif dans l’ancienne Perse - a fourni une abondance de matière à déclarations pour les responsables israéliens, les créateurs de mèmes et les complotistes antisémites.

Une famille juive ultra-orthodoxe, avec un enfant déguisé pour Pourim, debout devant un abri après avoir entendu une alerte annonçant l’arrivée de missiles iraniens, à Haïfa, dans le nord d’Israël, dimanche. Photo  Shir Torem / Reuters

Linda Dayan , Haaretz, 1/3/2026

Original anglais: 
Khamenei-taschen and ‘Purim Sacrifices’- Israeli Government and Far-right Conspiracy Theorists Point to Purim Parallels in Iran War

Traduit par Tlaxcala

La frappe usraélienne contre l’Iran était en préparation depuis des mois. Le New York Times a rapporté dimanche que la CIA suivait les déplacements du guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, depuis des mois. Lorsqu’ils ont appris qu’il assisterait à une réunion de hauts responsables iraniens samedi matin, ils ont saisi l’occasion. Les USA ont transmis l’information à Israël, qui a mené des frappes contre les figures de proue du régime.

Mais ce timing a une autre importance en Israël et pour les Juifs du monde entier : la guerre a été déclenchée quelques jours seulement avant la fête de Pourim, qui commence lundi soir. Depuis plus de 2 000 ans, les Juifs célèbrent cette fête -- l’une des rares dans le judaïsme fondée sur la joie. Son texte, le Livre d’Esther, est centré sur la communauté juive de Perse pendant l’exil babylonien. Ses rebondissements hauts en couleur et les subversions de son propre récit en font une lecture divertissante deux millénaires plus tard.

Le roi Assuérus, décadent et influençable, après s’être débarrassé de sa femme désobéissante Vashti, cherche une jeune épouse. Au même moment, son grand vizir -- un homme méchant et hautain nommé Haman -- constate qu’un Juif nommé Mardochée refuse de se prosterner devant lui, ne s’agenouillant que devant Dieu. Haman prend cela très personnellement et décide que tout le peuple juif doit payer.

Il dit à son roi : « Il y a dans toutes les provinces de ton royaume des gens dispersés et séparés parmi le peuple, dont les lois sont différentes de celles de tous les peuples et qui n’observent point les lois du roi ». Il demande la permission de les massacrer, et Assuérus acquiesce. Il tire au sort (pour, dans le texte hébreu) pour décider de la date du massacre, et Haman fait ériger une potence pour y pendre personnellement Mardochée.

Des hommes lisent le Livre d’Esther tandis que des enfants déguisés regardent, à Jérusalem pendant Pourim 2024. Photo  Olivier Fitoussi

Ce qu’il ignore, cependant, c’est que la fiancée que le roi volage a choisie est Esther -- la nièce de Mardochée, et une Juive. Mardochée rappelle à Esther que sa nouvelle vie au palais ne la sauvera pas du génocide imminent de son peuple, et la convainc de faire sa part pour sauver la nation. Banquets et péripéties bouleversantes s’ensuivent, et la reine juive révèle son identité et les machinations cruelles d’Haman à Assuérus. Haman est pendu à la potence qu’il avait construite pour Mardochée, les Juifs se réjouissent et le reste de l’histoire, qui comprend la vengeance des Juifs contre les milliers de personnes de l’ancienne Perse qui leur avaient fait du tort, est plus ou moins passé sous silence.

La fête est marquée par la lecture à voix haute du Livre d’Esther, en faisant le plus de bruit possible lorsque le nom d’Haman est lu, par l’envoi de paniers de friandises aux amis et à la famille, par le déguisement et en se saoulant copieusement. Parmi une série de fêtes lugubres, elle est la préférée de la foule, ce qui peut se comprendre.

La frappe a été menée pendant Shabbat Zachor, le samedi qui précède Pourim. À cette occasion, des extraits des livres du Deutéronome et de Samuel sont lus dans les synagogues, dans lesquels les Israélites reçoivent l’ordre de se souvenir des mauvaises actions de la nation d’Amalek, qui les a attaqués sans provocation pendant l’exode d’Égypte, et de les exterminer. De nos jours, Amalek est rarement considéré comme un groupe ethnique ou un peuple, mais comme un archétype de la méchanceté et du désir d’anéantir le peuple juif -- parfois appliqué par les nationalistes religieux aux ennemis d’Israël.

Des manifestants protestent contre l’assassinat du guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei devant le consulat israélien à Istanbul dimanche. Photo Khalil Hamra/AP

De l’ancienne Perse à Téhéran aujourd’hui

Au moment où les tensions entre Washington et Téhéran se sont intensifiées, des mèmes opportuns sur Pourim circulaient déjà. Le rabbin Zalmy Fogelman de la Village Synagogue de New York a posté une photo du président Trump rencontrant le commentateur de droite et complotiste de plus en plus antisémite Tucker Carlson à la Maison Blanche. Il l’a légendée : « Il y a dans toutes les provinces de ton royaume des gens dispersés et séparés parmi le peuple », présentant Carlson comme le Haman antisémite et Trump comme le roi capricieux.


Après le début de l’opération militaire contre l’Iran samedi, de plus en plus de personnes discutent des parallèles. L’idée d’une tentative de personnages perses d’exterminer le peuple juif, pour ensuite être victimes de ceux dont ils voulaient faire leurs victimes, semble troublante. Le fait que l’opération ait été initiée par les puissants USA, dirigés par un roi potentiel aimant le luxe et d’humeur changeante, n’a fait que renforcer la comparaison.

Un panneau d’affichage à Tel Aviv, en octobre 2025, comparant Trump à l’ancien roi perse Cyrus. Photo Moti Milrod

04/06/2024

LINDA DAYAN
Itamar Ben-Gvir, un ministre qui a les boules face à l’opinion publique, ne peut pas regarder les familles d'otages dans les yeux

Linda Dayan, Haaretz,  3/6/2024
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

 

Lundi, le ministre israélien de la sécurité nationale Itamar Ben-Gvir - un homme déjà connu pour son manque de conscience de soi - a déclaré, après avoir pris la fuite devant des membres de familles d’otages détenus à Gaza, qu'il était temps de « mettre fin au populisme ».

 

Le mot “populisme” apparaît régulièrement dans les profils de Ben-Gvir, le provocateur d'extrême droite qui a accédé à la notoriété politique grâce à un programme d'ultranationalisme, d'annexion de la Cisjordanie, de possession d'armes à feu par des civils comme solution à la criminalité et de réduction des droits des Arabes et des Palestiniens. Que veut-il donc dire lorsqu'il affirme en avoir assez vu ?

 

A l'extérieur de la salle où la faction Otzma Yehudit de Ben-Gvir tenait sa réunion à la Knesset, bloquant l'entrée aux familles des otages, Einav Zangauker s'est adressé aux médias. Einav Zangauker a été l'une des figures les plus franches du mouvement pour la libération des otages, faisant campagne pour la libération de son fils Matan lors de rassemblements, de manifestations et de marches. Dans le passé, elle s'est adressée directement à la droite : elle a déclaré dans des discours qu'elle était une électrice du Likoud et qu'elle attendait maintenant que ceux qu'elle avait portés au pouvoir choisissent son fils plutôt que des considérations politiques.

 

« Lorsque les familles des otages sont venues écouter sa déclaration à la presse, il s'est enfui comme un rat par la porte de derrière, et maintenant il est entré dans un endroit dont l'accès m'est interdit - pourquoi ? », a-t-elle déclaré à propos de Ben-Gvir. « Je veux savoir pourquoi un ministre israélien refuse de regarder les familles des otages dans les yeux ».

 

La peur du public - de la criminalité, de la terreur, des gens qui ne leur ressemblent pas - a été le moteur de l'ascension de Ben-Gvir, tout comme de la méfiance à l'égard de la façon dont l'establishment a traité ces sujets. Mais face à la peur et à la colère des familles qui ont perdu leur confiance en l'État, voilà qu’il est temps de mettre un terme au fléau du “populisme”.

 

Ben-Gvir, ainsi que le ministre des finances Bezalel Smotrich, un autre partenaire politique d'extrême droite, ont déclaré qu'ils quitteraient le gouvernement si Israël acceptait l'accord de cessez-le-feu et de libération des otages présenté par le président Biden.

 

« Il s'agit d'un accord irresponsable qui représente une victoire pour la terreur et une menace pour la sécurité d'Israël. Accepter un tel accord n'est pas une victoire totale, mais une défaite totale », a déclaré Ben-Gvir. C'est un point que les familles et les supporters des otages ont régulièrement réfuté lors de rassemblements, en déclarant que la démarche “irresponsable” consisterait à laisser languir nos proches après les avoir abandonnés au Hamas le 7 octobre - mais peu d'Israéliens sont prêts à recevoir des conseils sur la responsabilité de la part d'un homme dont le principal passe-temps semble être d'inciter aux conflits ethniques.

 

Du populisme à l'opinion populaire : selon un sondage publié dimanche par la chaîne publique Kan, 40 % des Israéliens soutiennent l'accord proposé par Biden. 27 % sont contre et 33 % sont incertains. Le même sondage révèle que 42 % des Israéliens pensent qu'Israël ne sera pas en mesure d'éradiquer le Hamas et que le groupe terroriste continuera à contrôler Gaza, contre 32 % qui pensent qu'Israël peut atteindre son objectif.

 

Plus important encore, le public israélien souhaite que les otages rentrent chez eux. Le mois dernier, avant l'offensive de Rafah, un sondage de l'Institut israélien de la démocratie a révélé que 62 % des Israéliens donnaient la priorité à la libération des captifs plutôt qu'à une action militaire supplémentaire, contre 31,5 % qui estimaient que l'opération de Rafah devait avoir la priorité. Il semble que ce soit ce que veut la population, même si le gouvernement d'extrême droite a d'autres projets, populistes.

 "Arrêtez de parmler de tuer des Arabes et sauvez des Juifs" : clash entre familles de captifs israéliens et Ben-Gvir&Co. à la Knesset en novembre 2023 lors d'un panel sur le projet bengvirien d'introduire "la peine de mort pour les Hamasniks"

25/10/2023

Perle de culture sioniste : la petite Linda et l’empathie surhumaine de l’otage Yocheved

Linda Dayan, une (toute) petite journaliste au quotidien Haaretz, mobilisée comme “reporter de guerre” depuis le 7 octobre, vient de publier un article  dépassant toutes les bornes de la dégueulasserie sioniste, que j’ai traduit en me bouchant le nez et que je vous livre avec des pincettes. Yocheved Lifchitz est née en 1938, et la décence voudrait que la petite Linda, qui a au maximum 30 ans, fasse preuve d’un minimum de respect vis-à-vis d'une ancienne et de son expérience de vie, qui, seule, peut expliquer son attitude (qualifiée d' “empathie surhumaine” par notre “telavivarde stéréotypée mcnuggetomane” Linda). Mais peut-on exiger qu’un robot humanoïde de la génération bibiesque manifeste de l’empathie ? Surtout quand on sait qu'elle a effectué son service militaire au bureau anglophone de l'unité des porte-parole de l'armée israélienne, où elle était chargée entre autres de “Réponses aux événements en temps réel et de création de contenu pendant les événements opérationnels”? Elle ne fait que continuer ce sale boulot au sein de la rédaction de Haaretz. Bref, beurk.- FG



Ce que nous pouvons apprendre de Yocheved Lifshitz, otage du Hamas libérée

Linda Dayan, Haaretz, 24/10/2023

Yocheved Lifshitz vient de subir un traumatisme que peu de gens dans le monde peuvent comprendre. Nous ne devrions pas juger la façon dont elle traite ces traumatismes, surtout dans les premiers jours de sa vie de femme libre, alors qu'elle ramasse les morceaux de sa vie qui ont volé en éclats.


Oded et Yocheved. Photo Daniel Lifshitz

Le jour même où Yocheved Lifshitz, 85 ans, a été libérée par ses ravisseurs du Hamas, des journalistes internationaux ont assisté à une projection au cours de laquelle ils ont visionné une compilation d'images brutes du massacre du 7 octobre.

Avant que leurs articles ne soient imprimés, les journalistes se sont rendus sur X, anciennement connu sous le nom de Twitter, pour raconter ce qu'ils venaient de voir : Une vidéo après l'autre, d'une violence à vous glacer le sang, de membres du Hamas se délectant de leur propre inhumanité.

Les Israéliens ont été surpris de voir Mme Lifshitz serrer la main de son ravisseur du Hamas et lui faire ses adieux lorsqu'elle et Nurit Cooper, 79 ans, ont été libérées lundi, après avoir vu une grande partie de ces images au cours des dernières semaines, dont certaines ont été téléchargées par le Hamas lui-même sur des chaînes Telegram. La conférence de presse qu'elle a donnée le lendemain les a laissés encore plus perplexes.

S'exprimant depuis l'hôpital Ichilov de Tel-Aviv, elle a raconté sa capture et les coups qu'elle a reçus des mains des terroristes alors qu'elle était emmenée dans le réseau de tunnels de Gaza, mais elle a également parlé avec sympathie de ses ravisseurs. Les membres du Hamas ont fait la conversation. Ils ont nourri les otages avec la même nourriture qu'eux. Ils leur donnaient du shampoing et nettoyaient les toilettes. Ils leur amenaient régulièrement des médecins.

Bien que certains apologistes du Hamas se soient emparés du récit de Lifshitz pour prouver que l'organisation est humaine, cela ne rend pas compte des conditions de vie des autres otages. Si le traitement de Lifshitz a effectivement été aussi compatissant, il est possible qu'il ait été unique, peut-être en raison de son âge.

Quoi qu'il en soit, ces conditions ne sont toujours pas “bonnes” - personne ne devrait être détenu pendant des semaines dans un tunnel, quelle que soit la propreté des toilettes - et la prise d'otages reste illégale au regard du droit international. La Croix-Rouge s'est toujours vu refuser l'accès aux captifs, et il n'existe aucune vérification indépendante de leur santé et de leur intégrité.

Mais le témoignage de Lifshitz a soulevé des questions parmi les Israéliens. Comment peut-on attribuer de la gentillesse à un groupe qui vient d'anéantir brutalement une grande partie du kibboutz Nir Oz, où elle vivait ? S'agit-il d'un syndrome de Stockholm classique ? Ou se pourrait-il qu'elle ait ressenti le besoin de parler en bien de ses ravisseurs, alors qu'ils détiennent toujours son mari, Oded, âgé de 83 ans ?

Les Lifshitz sont des militants pacifistes de longue date. Lors d'une conférence de presse à Londres il y a deux semaines, leur fille Sharon a déclaré que son père avait défendu la cause des Bédouins, rencontré Yasser Arafat et rejoint des organisations de coexistence qui ont favorisé l'établissement de liens avec les habitants de Gaza. Le couple a conduit des habitants de Gaza malades dans des hôpitaux en Israël pour qu'ils y reçoivent des soins médicaux.

Yocheved Lifshitz vient de subir un traumatisme que peu de gens dans le monde peuvent comprendre. Nous ne devrions pas juger la façon dont elle traite ces traumatismes, surtout dans les premiers jours de sa vie de femme libre, alors qu'elle ramasse les morceaux de sa vie qui ont été brisés.

Mais nous pouvons nous ébahir de ce qui semble être son empathie surhumaine. Lifshitz a été confrontée à des personnes qui ont fait preuve de la plus grande brutalité, et elle a continué à voir en elles les enfants qu'elles étaient autrefois. Lifshitz ne prouve pas que le Hamas est humain, elle prouve qu'elle l'est.