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29/09/2026
Milei persona non grata à Paris
12/09/2025
SUSANA ALBARRÁN MÉNDEZ
Netanyahou annule sa visite en Argentine
Susana Albarrán Méndez, El
Salto, 1/9/2025
Traduit par Tlaxcala
Communicatrice sociale originaire de Mexico, migrante et féministe, vivant à Vallecas (Madrid), rédactrice au site El Salto Diario susiqiumadvk @SusiQiuMad
Le dirigeant
de l’État sioniste cherche désormais à rencontrer Javier Milei lors de
l’Assemblée générale de l’ONU, qui se tient fin septembre, où l’on s’attend à
l’annonce de la reconnaissance de l’État palestinien par des pays comme la
France, le Royaume-Uni ou l’Australie.
Début août,
la visite de Netanyahou en Argentine avait déjà été mise en suspens. Les
critiques contre l’invitation du gouvernement de Javier Milei au Premier
ministre israélien ne se sont pas fait attendre et divers secteurs ont remis en
cause l’initiative du président argentin d’inviter le principal artisan du
génocide palestinien. C’est précisément la semaine où sa visite était attendue,
entre le 7 et le 10 septembre, qu’il a définitivement annulé son voyage dans le
pays sud-américain « pour des raisons de sécurité » — en réalité, par crainte
d’être arrêté dans un pays où le mandat d’arrêt émis en novembre 2024 par la
Cour pénale internationale (CPI) pourrait être exécuté. Ce type de mandat
oblige tout pays reconnaissant l’autorité de la Cour à arrêter et à remettre
l’accusé à la justice.
Récemment,
une organisation palestinienne de défense des droits humains a déposé une
plainte devant les tribunaux fédéraux argentins au nom des familles de
plusieurs victimes : des employés de l’ONU, des membres de la Défense civile
palestinienne et deux secouristes du Croissant-Rouge ayant survécu à une
opération israélienne à Rafah, au cours de laquelle 15 personnes ont été
exécutées à bout portant puis enterrées dans une fosse commune. La plainte a
été déposée par l’avocat argentin Rodolfo Yanzón, spécialiste des crimes contre
l’humanité, et par Raji Sourani, directeur du Centre palestinien des droits
humains.
À l’approche
éventuelle de la visite de Benjamin Netanyahu, Yanzón a demandé que « son
arrestation immédiate soit ordonnée afin de le remettre à la CPI ou, à défaut,
qu’il soit jugé en Argentine ». Les avocats soutenaient que la mesure était
justifiée, considérant Netanyahou comme responsable de l’attaque en tant que
plus haute autorité politique d’Israël.
En
Argentine, plusieurs demandes d’arrestation de Netanyahu ont été présentées
début août. La première provenait de l’Association des travailleurs de l’État
(ATE) et du collectif de défense des droits humains HIJOS ; d’autres ont suivi,
notamment de la part des Mères de la Place de Mai — Ligne fondatrice, du Serpaj
et d’autres organisations. Quelques jours plus tard, le Llamamiento Argentino
Judío (Appel argentin juif) a déposé une requête similaire. La semaine
dernière, les Grands-mères de la Place de Mai ont publié un communiqué
condamnant la possible visite du Premier ministre israélien ainsi que
l’attitude du gouvernement de Milei face au génocide palestinien.
D’excellentes
relations Argentine–Israël
Depuis l’annonce par Netanyahu de la prise de Gaza avec toute l’artillerie des
FDI, qui a causé en moyenne 100 morts par jour, le Premier ministre israélien
fait face à une pression internationale croissante, aussi bien de la part de
gouvernements que de la société civile mondiale, qui a intensifié ses
protestations contre sa politique d’extermination envers la population
palestinienne. L’Argentine, cependant, est toujours restée un allié fidèle de
l’État sioniste, soutien que Milei a renforcé depuis son arrivée à la
présidence.
Lors de leur
rencontre en juin dernier, Netanyahu a qualifié Milei de « véritable ami »
d’Israël, tandis que l’Argentin a salué « la gestion de la guerre » à Gaza.
Cette réunion, qui s’est tenue lors de la visite de Milei à Jérusalem, a abouti
à un mémorandum d’entente en matière de coopération incluant des accords
économiques et militaires. Au cours de ce déplacement, Milei a également reçu
le « Nobel juif » décerné par la Fondation Genesis, une distinction accompagnée
d’un million de dollars destiné à des projets renforçant les liens entre
l’Amérique latine et Israël.
Depuis lors,
les relations entre les deux gouvernements se sont resserrées, Israël
représentant pour l’Argentine son deuxième meilleur allié après les USA,
désormais dirigés par Donald Trump.
Le soutien
de la politique extérieure argentine s’est également manifesté à l’ONU par des
votes alignés sur Netanyahou et Trump. L’homme clé dans ce dossier est
Francisco Tropepi, représentant de l’Argentine aux Nations unies et ancien bras
droit de l’ambassadeur argentin à Washington, Gerardo Werthein. Tropepi
entretient des liens étroits avec le pouvoir israélien, ayant déjà occupé le
poste de chargé d’affaires lorsqu’il était le second de l’ex-ambassadeur
d’Argentine en Israël, Sergio Urribarri.
Tropepi
Une autre
preuve du rapprochement entre l’Argentine et Israël a été la décision de
déclarer le « Cartel de los Soles », une soi-disant organisation criminelle
vénézuélienne, groupe terroriste. Une stratégie de Milei pour s’aligner sur la
politique étrangère d’Israël et des USA face à l’axe Caracas–Téhéran. Cette
décision a également été critiquée en Argentine car elle manque de fondement
judiciaire clair.
Le président
sud-américain cherche maintenant à obtenir une nouvelle rencontre avec le
président Trump, lors de sa visite à New York pour l’Assemblée générale.
Netanyahou a proposé de rencontrer Milei le 25 septembre à New York, profitant
de son propre déplacement dans la ville.
De son côté,
le gouvernement Trump a révoqué et refusé des visas à des diplomates
palestiniens de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) et de l’AP
(Autorité palestinienne), les empêchant ainsi d’entrer aux USA, où se trouve le
siège de l’ONU, et de participer aux débats. Fin septembre s’ouvrira la 80e
session de l’Assemblée générale de l’ONU, où l’on attend l’annonce de la
reconnaissance de l’État palestinien par des pays comme la France, le
Royaume-Uni ou l’Australie.
SERGIO FERRARI
Argentine. : une victoire électorale contre le sociocide de Milei
Sergio Ferrari, El
Independiente, 11/9/2025
Traduit par Tlaxcala
Avec près de 14 points d’écart, le dimanche 7 septembre, le péronisme-kirchnérisme a infligé dans la province de Buenos Aires le premier coup politique d’envergure au gouvernement de Javier Milei et à son projet antisocial. « Une raclée électorale », ont titré divers médias nationaux et internationaux, en commentant des résultats qu’aucun institut de sondage n’avait prévus.
Près de deux
ans après la victoire de Milei en 2023, l’élection des parlementaires
provinciaux buenos-airiens constituait le test le plus significatif de l’état
d’esprit politique de la population dans son ensemble.
La province
de Buenos Aires, avec plus de 17 millions d’habitants – soit le double de la
population de la Suisse –, regroupe presque un tiers de l’électorat argentin.
Historiquement, les résultats de ce géant démographique de 307 000 km² (plus
vaste que l’Italie) constituent l’un des indicateurs de référence des tendances
électorales à l’échelle nationale.
Le prochain
26 octobre sera l’autre moment clé pour évaluer la marche du projet « anarcho-libertarien-antisocial
» de Milei : les élections parlementaires nationales. Y seront élus la moitié
des députés et un tiers des sénateurs. D’où l’importance du scrutin du 7
septembre dernier.
Des
résultats sans appel
Fuerza
Patria, qui regroupe les péronistes-kirchnéristes et leurs alliés, avec plus de
3 800 000 suffrages (47,3 % des voix), a été le grand vainqueur. Avec 2 700 000
voix (33,7 %), La Libertad Avanza de Javier Milei, qui a absorbé dans cette
élection la Proposition Républicaine (PRO) de l’ancien président de droite
Mauricio Macri, est arrivée en deuxième position. En d’autres termes, Milei a
rassemblé dans ce scrutin tout l’éventail de la droite et de l’extrême droite.
Très loin
derrière, avec un peu plus de 5 %, on trouve Somos Buenos Aires (un secteur de
l’ancien Parti radical du centre), suivi en quatrième position par le Front de
gauche et des travailleurs – Unité, qui a obtenu 4,7 % des voix. Une dizaine
d’autres petites forces se sont situées en dessous de 2 % chacune, sans
atteindre, ensemble, les 10 % des suffrages.
Deux
conclusions principales
Au-delà de
l’arithmétique et de la majorité parlementaire nette que les péronistes-kirchnéristes
conserveront pendant quatre ans dans la plus grande province d’Argentine, deux
principaux éléments d’analyse émergent comme conclusions provisoires.
En premier
lieu, et c’est le plus évident, la victoire incontestable des péronistes-kirchnéristes
sur La Libertad Avanza du président Milei. Plus globalement, on peut
l’interpréter comme un rejet clair, par une majorité d’électeurs de Buenos
Aires, du projet de rigueur antisociale radicale mis en œuvre par le dirigeant
libertarien avec l’aval du Fonds monétaire international.
Si Milei est
parvenu à un contrôle relatif de l’inflation, le coût social de son ajustement,
le démantèlement accéléré de l’État social, la dépendance totale vis-à-vis du
FMI, ainsi que son alignement aveugle sur Donald Trump et Benyamin Netanyahou
(principaux référents de sa vision géopolitique) lui valent une lourde facture
politique. À cela s’ajoutent le rejet populaire du négationnisme de Milei en
matière de droits humains et de changement climatique, ainsi que la
condamnation de la répression constante exercée par son gouvernement contre
toute forme d’opposition, notamment contre les retraités qui, depuis des mois,
mènent la contestation sociale dans les rues.
Par
ailleurs, le triomphe de Fuerza Patria conduit à analyser les dynamiques
internes de ce vaste ensemble politique péroniste-kirchnériste. Trois grands
secteurs s’y croisent : celui d’Axel Kicillof (53 ans), actuel gouverneur de
Buenos Aires, héritier du kirchnérisme mais revendiquant une autonomie de
gestion ; le secteur kirchnériste mené par Cristina Fernández de Kirchner (72
ans), aujourd’hui proscrite, assignée à résidence mais toujours présidente du
Parti justicialiste (péroniste) au niveau national ; et la mouvance centriste Renovación
Peronista de l’ancien candidat à la
présidentielle Sergio Massa (53 ans).
Cependant,
au-delà de ces forces structurées, le péronisme-kirchnérisme intègre une grande
diversité de secteurs sociaux, ce qui complexifie encore davantage la conduite
unifiée de ce large mouvement : les principales centrales syndicales du pays ;
les mouvements sociaux urbains et ruraux ; les gouverneurs provinciaux
péronistes – souvent porteurs de projets et d’intérêts propres, et disposés à
négocier avec le gouvernement national – ainsi que les maires. À titre
d’exemple, rien qu’à Buenos Aires, le péronisme a remporté le 7 septembre
dernier près d’une centaine des 135 municipalités de la province, où l’on
élisait également des conseillers municipaux et scolaires.
Une première
lecture laisse penser que le grand gagnant de cette dynamique interne est Axel
Kicillof, qui a imposé sa volonté d’avancer à septembre ce scrutin provincial,
séparé des élections législatives d’octobre prochain. Les urnes ont montré que
ce pari politique à haut risque était le bon. Cependant, la victoire du
péronisme-kirchnérisme livre aussi une leçon essentielle : sans unité dans la
diversité, il n’y a pas de victoire contre le projet de Milei.
Le grand défi des prochains mois et années consistera non seulement à maintenir cette fragile unité au sein du camp national et populaire, mais aussi à l’élargir à d’autres secteurs, afin que le succès enregistré à Buenos Aires puisse dépasser, à l’échelle nationale, les 50 % de soutiens électoraux – condition indispensable pour détrôner ce dangereux laboratoire de sociocide que met en œuvre le gouvernement Milei.
11/09/2025
SERGIO FERRARI
Argentina, il progetto libertariano sotto la lente d'ingrandimento
Gli investimenti che Milei sognava e che non arrivano
Sergio Ferrari, 7/9/2025
Traduzione a cura del Gruppo Insegnanti di Geografia Autorganizzati
Fin dall'inizio, il progetto economico del governo Milei ha puntato ad aprire le porte dell'Argentina agli investimenti stranieri, con due obiettivi: facilitare l'ingresso di grandi capitali e accelerare le esportazioni nel breve termine.
La leva per promuovere l'arrivo di questi capitali è il Regime di
Incentivazione dei Grandi Investimenti (RIGI), uno dei pilastri della Legge di
Base e Punto di Partenza per la Libertà degli Argentini. Si tratta di un
pacchetto di agevolazioni fiscali, tributarie e legali della durata di
trent'anni per gli investimenti privati stranieri o nazionali in megaprogetti
che superano i 200 milioni di dollari. Secondo il decreto 749, che ha sancito
questo pacchetto, il governo anarchico-libertariano del presidente Javier Milei
concettualizza il RIGI come “uno strumento per attrarre investimenti
significativi per l'economia nazionale, che altrimenti non si svilupperebbero”.
I settori prioritari sono l'industria forestale, il turismo, le infrastrutture,
l'estrazione mineraria, la tecnologia, la siderurgia, l'energia, il petrolio e
il gas. Il decreto sostiene che, nel contesto attuale, gli incentivi concessi
nell'ambito del RIGI contribuiranno a rendere “la ripresa economica più rapida,
sostenibile e duratura”.
Il termine per aderire a questo regime speciale di promozione del capitale transnazionale scade nel luglio 2026, ma il governo potrebbe prorogarlo. (https://www.boletinoficial.gob.ar/detalleAviso/primera/312707/20240823).
Alleanza per un controllo cittadino
A un anno dall'entrata in vigore del RIGI, cinque organizzazioni e
istituzioni argentine - la Fondazione Ambiente e Risorse Naturali (FARN), il
Centro di Studi Legali e Sociali (CELS), lo Spazio di lavoro fiscale per
l'equità (ETFE), il Centro di politiche pubbliche per il socialismo (CEPPAS) e
la Scuola di politica e governo dell'Università Nazionale di San Martín (EPYG/
UNSAM) - insieme al Transnational Institute (TNI), con sede ad Amsterdam, Paesi
Bassi, hanno elaborato un primo bilancio multitematico. Esso si concentra sui
risultati dell'applicazione del RIGI, ma con un occhio di riguardo per i
diritti umani, la giustizia ambientale e la sovranità territoriale. Pubblicato
in agosto dall'Osservatorio RIGI, questo rapporto rappresenta un contributo
scientifico di rilevanza internazionale.
Secondo Luciana Ghiotto, ricercatrice associata del TNI e del
Consiglio Nazionale delle Ricerche Scientifiche e Tecniche, CONICET, (presso la
sede dell'Università Nazionale di San Martín), questa sinergia tra diverse
organizzazioni nazionali e internazionali, promossa in modo articolato, è
coerente con “la tradizione di lavorare insieme alle organizzazioni del Sud del
mondo”. E simile all'esperienza vissuta in altri paesi, come la Colombia, dove
il TNI fa parte della campagna internazionale #Frenemos el Poder de las
Transnacionales (Fermiamo il potere delle multinazionali). Nel caso
dell'Argentina, spiega Ghiotto, “abbiamo partecipato alla campagna contro
l'Accordo di libero scambio (ALCA) negli anni 2003-2005 ed esiste già una
tradizione di lavoro e analisi congiunta con diverse organizzazioni sociali e
accademiche che oggi compongono l'Osservatorio del RIGI”.
La giovane ricercatrice sottolinea la ricchezza che apporta la
diversità all'interno dell'Osservatorio: “L'alleanza è stata costruita grazie
all'azione di organizzazioni come la FARN e il CELS che, già nel 2024, hanno
avuto un ruolo attivo nei dibattiti sulla Legge di Base, di cui fa parte il
RIGI”. Tali dibattiti hanno cercato di mostrare i possibili impatti negativi
che il Regime di Incentivazione avrebbe avuto sull'ambiente e sui territori.
Successivamente, “una volta approvata la Legge di Base, abbiamo convenuto sulla
necessità di agire congiuntamente con approcci diversi per poter analizzare le
implicazioni del RIGI”. Ghiotto spiega che questo regime mira a promuovere
l'afflusso di capitali attraverso la concessione di “vantaggi fiscali,
valutari, doganali e di certezza giuridica” agli investitori. Inoltre, “ogni
organizzazione dell'Osservatorio contribuisce con le proprie conoscenze e
capacità di analisi sui diversi aspetti inclusi nel decreto”.
Bilancio preliminare: RIGI, rinviato
In questo primo anno, il Regime di Incentivazione ha ricevuto
diciannove progetti per oltre 30 miliardi di dollari. Sette di questi progetti,
per un valore di 13,067 miliardi di dollari, sono stati approvati, uno è stato
respinto e gli altri sono ancora in fase di valutazione. Il tutto, tuttavia,
molto lontano dai 40 miliardi di dollari che inizialmente il governo Milei
pensava di attrarre.
Due dei progetti approvati riguardavano il settore degli
idrocarburi, due quello minerario, due quello delle energie rinnovabili e uno
quello siderurgico. Secondo l'Osservatorio, e sulla base di uno studio
dell'Istituto di Ricerche Politiche dell'Università di San Martín e del
CONICET, nel settore degli idrocarburi i principali investimenti sono orientati
alla costruzione di infrastrutture per l'esportazione, dove si concentrano gli
importi più elevati. Nel settore minerario, il rame e il litio sono in testa
alle iniziative proposte, con progetti localizzati principalmente nelle
province di San Juan, Salta e Catamarca.
Il RIGI, spiega Ghiotto, riflette l'orientamento del governo verso
un minore intervento statale nella gestione dei beni comuni e con un ruolo
preponderante per il settore privato. Secondo la ricercatrice e attivista
sociale, questa visione costituisce una prospettiva “allarmante, in particolare
perché l'espansione dei diritti degli investitori avrà un impatto sulla vita
quotidiana delle persone che vivono nei territori interessati da questi
progetti”. Inoltre, sostiene Ghiotto, il RIGI non prevede meccanismi di
pianificazione industriale né incorpora disposizioni per la protezione
ambientale o sociale degli ecosistemi e delle comunità nelle aree di influenza.
Non mantiene nemmeno la promessa eterna di creare nuovi posti di
lavoro a livello locale. Anche nelle proiezioni più ottimistiche pubblicate dal
governo, gli investimenti approvati prevedono poco più di mille nuovi posti di
lavoro diretti. Questa cifra risulta ancora più limitata se si considera che
non esiste un piano concreto di industrializzazione o di creazione di filiere
produttive che consenta a questi investimenti di avere un impatto economico
duraturo per le regioni coinvolte (https://observatoriorigi.org/2025/08/14/el-rigi-tras-su-primer-ano/).
Tutto al servizio del grande capitale
Secondo il CELS, il RIGI rientra nella strategia del governo Milei
“per attirare investimenti estrattivi attraverso lo smantellamento delle
protezioni legali alle comunità indigene e ai produttori locali”. Di
conseguenza, “l'uso dell'apparato di sicurezza statale è orientato al controllo
dei conflitti socio-ambientali attraverso la sorveglianza, il monitoraggio e la
repressione delle resistenze”. Ne è un esempio il fatto che il governo Milei
abbia smantellato l'architettura istituzionale che esisteva per garantire e
proteggere i diritti dei popoli indigeni sui loro territori. La principale
misura ufficiale in tal senso è stata l'abrogazione della legge 26.160,
approvata nel 2006, che dichiarava lo stato di emergenza territoriale indigena,
obbligava lo Stato a effettuare un censimento nazionale dei territori abitati
dalle comunità e sospendeva gli sfratti. Verso la fine del 2024, quando tale
legge è stata abrogata, era stata censita poco meno della metà dei territori
comunitari. Il decreto di abrogazione riconosce che esistono ancora più di 250
conflitti territoriali.
Un altro esempio critico affrontato anche dal Centro di Studi
Legali e Sociali riguarda l'agricoltura familiare, poiché il governo ha
indebolito la politica volta ad accompagnare e rafforzare questo settore.
Appena salito al potere, Milei ha licenziato quasi tutti i lavoratori
dell'Istituto Nazionale dell'Agricoltura Familiare. Una delle conseguenze di
questo svuotamento è stato l'abbandono dei produttori che vivono in luoghi
difficili da raggiungere, dove solo questo organismo poteva arrivare. Nel luglio
2025 Milei ha abrogato con un decreto la maggior parte degli articoli della
Legge sull'agricoltura familiare contadina indigena, che mirava a rafforzare
questo settore. Questo abbandono da parte dello Stato ha indebolito la
posizione dei produttori e delle produttrici e la loro capacità di resistere ai
tentativi di sfratto, generalmente promossi dagli imprenditori locali.
Da parte sua, il TNI mette in guardia da un grave pericolo che
accompagna l'applicazione del regime speciale di incentivi al grande capitale
imposto da Milei: il meccanismo di risoluzione delle controversie tra
investitori e Stati (ISDS), che amplia i diritti degli investitori stranieri e
nazionali a scapito degli Stati e apre la porta a potenziali richieste di
arbitrato internazionale, cosa che, di fatto, è costata molto cara
all'Argentina. Diverse società con progetti RIGI (Rio Tinto, Chevron, Shell e
Pan American Energy, tra le altre) hanno già ampiamente utilizzato questo
meccanismo di arbitrato per esercitare pressioni o citare in giudizio diversi
Stati per politiche pubbliche che, secondo loro, danneggiano i propri interessi
e i propri profitti. “La combinazione del RIGI e di queste aziende”, sottolinea
il TNI, “crea uno scenario ad alto rischio per la sovranità normativa, le
finanze pubbliche e la capacità dello Stato di dare priorità agli interessi
sociali e ambientali”.
Il litio e il rame tra i settori più ambiti dagli investimenti stranieri. Foto Litium Triangle South America
Governo indebolito e situazione instabile
Nella loro analisi del contesto politico argentino, le sei
organizzazioni dell'Osservatorio concordano sul fatto che tutto sembra indicare
che gli investitori internazionali guardano con cautela alla possibilità di
investire capitali prima delle elezioni di ottobre 2025, quando sarà rinnovata
metà della Camera dei deputati e due terzi del Senato.
Se il piano economico del governo non funzionerà e i risultati
elettorali non saranno favorevoli, Milei difficilmente riuscirà a promuovere
gli investimenti desiderati. Inoltre, sottolineano, a questa situazione
instabile si aggiungono le tensioni sociali esistenti, la mancanza di
partecipazione dei cittadini, l'assenza di meccanismi di responsabilità e la
criminalizzazione delle comunità locali. Tutti questi fattori configurano uno
scenario particolarmente preoccupante quando si tratta di progetti estrattivi
che potrebbero essere realizzati fino a 30 anni.
La riflessione finale di Ghiotto sul progetto economico del
presidente Milei e del suo partito anarchico-libertariano afferma che “è il
progetto della libertà del capitale” e che il suo obiettivo è quello di
“portare investimenti nel settore primario-estrattivo, poiché l'interpretazione
che ne danno [i governanti] è che l'Argentina non ha altro da offrire al mondo
se non le sue risorse naturali a basso costo e senza
restrizioni”. Da qui il fatto che il RIGI rappresenti uno strumento
centrale, accompagnato da un Comando Unificato di Sicurezza Produttiva che
garantisce agli investitori non solo la sicurezza giuridica, ma anche quella fisica
dei loro investimenti. Ed è per questo che il piano di Milei non accetta alcuna
protesta che possa fermare il libero arbitrio del capitale. Resta da vedere
cosa succederà con il RIGI, come verranno attivate le sue clausole quando
inizieranno le proteste e la resistenza contro alcuni dei progetti estrattivi
approvati.
Quello sarà il momento di misurare realmente la pressione e il
ricatto esercitati dal grande capitale per non perdere nessuna delle sue enormi
aspettative di guadagno.
La conclusione macro-regionale è categorica per la ricercatrice e attivista sociale del Cono Sud: “In questo modo, il RIGI argentino può servire da monito per il resto dei paesi latinoamericani sui rischi della nuova ondata di quadri normativi ‘amichevoli’ con gli investimenti che proliferano nella regione, che ampliano il quadro di protezione dei trattati bilaterali di investimento”.
08/09/2025
SERGIO FERRARI
Argentine : investissements ou envahissements ?
Un an après le lancement du RIGI, peu de résultats et de mauvaises perspectives
Sergio
Ferrari, El Cohete
a la Luna, 7/9/2025
Traduit par Tlaxcala
Depuis son lancement, le projet économique du gouvernement de Milei a misé sur l’ouverture de l’Argentine aux investissements étrangers, avec deux objectifs : faciliter l’entrée de grands capitaux et accélérer les exportations à court terme.
Le levier destiné à promouvoir l’arrivée de cet argent est le Régime d’Incitation aux Grands Investissements (RIGI), l’un des piliers de la “Loi de Bases et de Point de Départ pour la Liberté des Argentins”. Il s’agit d’un paquet d’avantages fiscaux, douaniers et juridiques, d’une durée de trente ans, destiné à l’investissement privé étranger ou national dans les mégaprojets dépassant 200 millions de dollars. Selon le décret 749, qui a établi ce dispositif, le gouvernement anarcho-libertarien de Milei conçoit le RIGI comme « un outil pour attirer des investissements significatifs pour l’économie nationale, qui autrement ne se développerait pas ».
Les secteurs
prioritaires sont : l’industrie forestière, le tourisme, l’infrastructure,
l’exploitation minière, la technologie, la sidérurgie, l’énergie, le pétrole et
le gaz. Le décret soutient que, dans le contexte actuel, les incitations
accordées dans le cadre du RIGI contribueront à rendre « la reprise économique
plus rapide, durable et pérenne ». Le délai d’adhésion à ce régime spécial
d’encouragement du capital transnational expire en juillet 2026, mais le
gouvernement pourrait le prolonger.
Alliance
pour un contrôle citoyen
À l’occasion
du premier anniversaire du RIGI, cinq organisations et institutions argentines
— la Fondation Environnement et Ressources Naturelles (FARN), le Centre
d’Études Légales et Sociales (CELS), l’Espace de Travail Fiscal pour l’Équité
(ETFE), le Centre de Politiques Publiques pour le Socialisme (CEPPAS) et l’École
de Politique et Gouvernement de l’Université Nationale de San Martín
(EPYG/UNSAM) —, en collaboration avec le Transnational Institute (TNI), basé à
Amsterdam, ont réalisé un premier bilan pluridisciplinaire.
Celui-ci s’intéresse aux
résultats de l’application du RIGI, mais en prenant pour boussole les droits
humains, la justice environnementale et la souveraineté territoriale. Publié en
août par l’Observatoire du RIGI, ce rapport représente une contribution
scientifique à portée internationale.

Luciana
Ghiotto
Luciana Ghiotto, chercheuse associée au TNI et au CONICET (Conseil National de Recherches Scientifiques et Techniques, à l’UNSAM), explique que cette synergie entre diverses organisations nationales et internationales est cohérente avec « la tradition de travailler en collaboration avec des organisations du Sud global ». Elle rappelle des expériences similaires, comme en Colombie, où le TNI participe à la campagne internationale #Stoppons le Pouvoir des Transnationales.
En
Argentine, dit-elle, « nous avons participé à la campagne contre l’Accord de
Libre-Commerce (ALCA) entre 2003 et 2005, et il existe déjà une tradition de
travail et d’analyse conjointe avec plusieurs organisations sociales et
académiques qui forment aujourd’hui l’Observatoire du RIGI ».
La diversité
des membres de l’Observatoire est une richesse, ajoute Ghiotto : « L’alliance
s’est construite grâce à l’action d’organisations comme la FARN et le CELS,
qui, dès 2024, ont joué un rôle actif dans les débats sur la Loi de Bases, dont
fait partie le RIGI ». Ces débats ont cherché à mettre en évidence les impacts
négatifs potentiels du régime sur l’environnement et les territoires.
Une fois la loi approuvée, poursuit-elle, « nous avons constaté la nécessité d’agir ensemble, à partir d’approches différentes, pour analyser les implications du RIGI ». Ce régime cherche à attirer des capitaux en offrant « des avantages fiscaux, douaniers, de change et de sécurité juridique » aux investisseurs. Chaque organisation de l’Observatoire apporte ses connaissances propres et sa capacité d’analyse sur les divers aspects du décret.
Bilan
préliminaire : un RIGI en retard
Durant sa
première année, le Régime d’Incitation a reçu 19 projets totalisant plus de 30
milliards de dollars. Sept d’entre eux, pour une valeur de 13,067 milliards de
dollars, ont été approuvés, un a été rejeté et les autres sont encore à
l’étude. Des chiffres cependant très éloignés des 40 milliards de dollars que
Milei espérait attirer initialement.
Parmi les
projets approuvés : deux concernent les hydrocarbures, deux l’exploitation
minière, deux les énergies renouvelables et un la sidérurgie. D’après
l’Observatoire, et selon une étude de l’Institut de Recherches Politiques de
l’UNSAM et du CONICET, les principales initiatives dans le secteur des
hydrocarbures visent la construction d’infrastructures d’exportation,
concentrant les montants les plus élevés. Dans le secteur minier, le cuivre et
le lithium dominent, avec des projets situés surtout dans les provinces de San
Juan, Salta et Catamarca.
Le RIGI,
précise Ghiotto, reflète l’orientation du gouvernement vers une réduction de
l’intervention de l’État dans la gestion des biens communs, en donnant un rôle
prépondérant au secteur privé. Cette vision est « alarmante », souligne-t-elle,
car l’expansion des droits des investisseurs aura des répercussions sur la vie
quotidienne des habitants des territoires concernés.
De plus, le
RIGI ne prévoit aucun mécanisme de planification industrielle, ni de
dispositions pour la protection environnementale ou sociale des écosystèmes et
des communautés locales.
Quant à la création d’emplois, la promesse reste non tenue. Même dans les prévisions les plus optimistes du gouvernement, les investissements approuvés ne généreraient qu’un peu plus de mille emplois directs. Un chiffre encore plus limité en l’absence de plan d’industrialisation ou de développement de chaînes productives permettant un véritable impact économique durable pour les régions concernées.
Tout au
service du grand capital
Selon le CELS,
le RIGI s’inscrit dans la stratégie de Milei visant à « attirer des
investissements extractifs grâce au démantèlement des protections légales des
communautés autochtones et des producteurs locaux ».
Ainsi, «
l’appareil d’État de sécurité est mobilisé pour contrôler les conflits
socio-environnementaux par la surveillance, le suivi et la répression des
résistances ».
Un exemple
est la suppression par Milei de l’architecture institutionnelle qui protégeait
les droits territoriaux des peuples autochtones. La principale mesure fut l’abrogation
de la loi 26.160, adoptée en 2006, qui déclarait l’urgence territoriale
autochtone, imposait au gouvernement de réaliser un recensement national des
territoires communautaires et suspendait les expulsions.
Lorsque la
loi a été abrogée fin 2024, moins de la moitié des territoires avaient été
recensés. Le décret reconnaît l’existence de plus de 250 conflits territoriaux
en suspens.
Autre cas
critique relevé par le CELS : l’agriculture familiale. Dès son arrivée au
pouvoir, Milei a licencié presque tous les employés de l’Institut National de
l’Agriculture Familiale. Résultat : l’abandon des producteurs vivant dans des
zones isolées, où seul cet organisme intervenait. En juillet 2025, Milei a
abrogé par décret la plupart des articles de la Loi d’Agriculture Familiale
Paysanne Autochtone, qui visait à renforcer ce secteur.
Cet abandon
fragilise les producteurs et réduit leur capacité à résister aux tentatives
d’expulsion, généralement initiées par de grands entrepreneurs locaux.
Le TNI
alerte sur un autre danger : le mécanisme de règlement des différends
investisseurs-États (ISDS), qui élargit les droits des investisseurs au
détriment des États et ouvre la voie à des arbitrages internationaux coûteux.
L’Argentine en a déjà fait les frais.
Plusieurs
entreprises liées au RIGI (Rio Tinto, Chevron, Shell, Pan American Energy,
entre autres) ont largement utilisé ce mécanisme pour exercer des pressions ou
poursuivre des États au nom de leurs intérêts et profits potentiels.
« La combinaison du RIGI et de
ces entreprises », souligne le TNI, « configure un scénario à haut risque pour
la souveraineté réglementaire, les finances publiques et la capacité de l’État
à prioriser les intérêts sociaux et environnementaux ».

Gouvernement
affaibli et conjoncture instable
Dans leur
analyse du contexte politique argentin, les six organisations de l’Observatoire
estiment que les investisseurs internationaux attendront probablement la fin
des élections législatives d’octobre 2025 (renouvellement de la moitié de la
Chambre des Députés et des deux tiers du Sénat) avant d’engager de gros
capitaux.
Si le plan
économique échoue et que les résultats électoraux sont défavorables, Milei aura
du mal à attirer les investissements souhaités.
À cela s’ajoutent des tensions sociales, l’absence de participation citoyenne, le manque de mécanismes de reddition de comptes et la criminalisation des communautés locales. Un cocktail préoccupant pour des projets extractifs qui peuvent durer jusqu’à trente ans.
« La liberté du capital »
Pour
Ghiotto, le projet économique de Milei et de son parti anarco-libertaire est
clair : « c’est le projet de la liberté du capital », dont l’objectif est de «
drainer des investissements vers le secteur primaire-extractif, car [les
dirigeants] considèrent que l’Argentine n’a rien d’autre à offrir au monde que
ses ressources naturelles, à très bas prix et sans restrictions ».
Le RIGI est
donc un instrument central, accompagné d’un Commandement Unifié de Sécurité
Productive qui garantit aux investisseurs non seulement la sécurité juridique,
mais aussi la sécurité physique de leurs capitaux.
C’est
pourquoi le plan de Milei n’admet aucune protestation qui pourrait entraver le
libre déploiement du capital. La véritable épreuve viendra lorsque commenceront
les mobilisations et résistances contre certains projets extractifs approuvés.
Ce sera alors le moment de mesurer la pression et le chantage exercés par le
grand capital pour préserver ses énormes perspectives de gains.
Enfin, la
conclusion que tire Ghiotto pour la région est sans appel :
« De cette
manière, le RIGI argentin peut servir d’avertissement pour le reste des pays
latino-américains sur les risques de cette nouvelle vague de cadres normatifs
“favorables” aux investissements, qui élargissent encore le champ de protection
des Traités Bilatéraux d’Investissement. »










