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07/01/2022

Soulèvement au Kazakhstan : les troupes ont reçu l'ordre de tirer sans sommation

 BBC, 7/1/2022
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Le dirigeant autoritaire du Kazakhstan a ordonné aux forces de sécurité de « tirer sans sommation » dans le cadre d'une violente répression des manifestations antigouvernementales.

 Le président Kassym-Jomart Tokaïev a également déclaré que « 20 000 bandits » avaient attaqué la ville principale d'Almaty, épicentre des manifestations déclenchées par une hausse du prix du carburant.

Il a accusé des « terroristes » formés à l'étranger, sans fournir de preuves.

Selon le ministère de l'Intérieur, 26 « criminels armés » et 18 agents de sécurité ont été tués jusqu'à présent dans les troubles.

Dans une allocution télévisée [traduction en français ici], Tokaïev a qualifié d' « absurdes » les appels à des pourparlers avec les manifestants : « Quel genre de discussions pouvons-nous avoir avec des criminels et des meurtriers ? »

« Nous avons dû faire face à des bandits armés et bien préparés, locaux comme étrangers. Plus précisément, avec des terroristes. Nous devons donc les détruire, ce qui sera fait prochainement », a-t-il déclaré. 

 

“Le gaz liquéfié a fait exploser le Kazakhstan”, des dizaines de manifestants abattus

Alda Engoian, Courrier international, 6/1/2022

Dans la nuit du 5 janvier au 6 janvier, le Kazakhstan a connu les affrontements les plus graves depuis le début des manifestations qui ont éclaté le 2 janvier après l’annonce de l’augmentation du prix du gaz. Selon la presse russe, ces événements pourraient déboucher sur un changement de régime dans le pays.

 

Lors des émeutes déclenchées par l’augmentation du prix du gaz, à Almaty, au Kazakhastan, le 5 janvier 2022. PHOTO / SPUTNIK / SPUTNIK VIA AFP

“Le gaz liquéfié a fait exploser le Kazakhstan”, titre le quotidien Kommersant (depuis deux jours, les sites d’information kazakhs sont inaccessibles, seules les sources russes délivrent des informations pour l’heure). Le jeu de mots du journal russe reflète fidèlement la situation : les protestations massives contre le doublement du prix du gaz carburant pour les voitures (de 12 centimes d’euro à 24 centimes d’euro le litre) dans la nuit du 1er janvier ont déclenché des émeutes dès le lendemain.

Et le bilan est lourd : selon Kommersant, des dizaines de manifestants ont été abattus, 13 policiers tués (deux ont été décapités), un millier de personnes blessées, des bâtiments administratifs ont été saccagés et la mairie d’Almaty a été incendiée.

C’est d’abord dans la ville de Janaozen, dans la région pétrolière de Manguistaou, dans l’ouest du pays, puis à Almaty (trois millions d’habitants), l’ancienne capitale et “capitale [historique] des protestations”, que les manifestations ont dégénéré en un soulèvement violent, note Kommersant. Les villes d’Aktaou, Aktioubé, Chymkent, Taraz, Taldykorgan et Karaganda se sont également embrasées.

La population réclame le vrai départ de Nazarbaev

Le problème du prix du gaz n’a été qu’un déclencheur, les revendications sont politiques”, analyse Kommersant. Parallèlement à la “revendication de justice sociale”, les manifestants ont réclamé “que soit mis un terme à la politique de Noursoultan Nazarbaev”. Officiellement “leader à vie de la nation”, l’ancien chef de l’État de 81 ans est toujours président du Conseil de sécurité, ce qui lui a permis, après avoir quitté la tête du pays en 2019, de “garder d’importants leviers de pouvoir”.