Ameer Makhoul, Progress Center for Policies, 3/3/2026
إيران: الحرب الأمريكية – الإسرائيلية المشتركة الأولى علناً تخطيطاً وقراراً وتنفيذاً
Iran: The First Open U.S.–Israeli Joint War
in Planning, Decision-Making, and Execution
Traduit
par Tlaxcala
Introduction
La
guerre en cours contre l’Iran représente une transformation qualitative dans la
nature de la relation usraélienne et dans les schémas de gestion des conflits
au Moyen-Orient. Pour la première fois, elle constitue une guerre conjointe
ouvertement reconnue en termes de planification, de prise de décision et d’exécution
opérationnelle, et non plus seulement un soutien usaméricain traditionnel à
Israël ou la fourniture d’une couverture politique et militaire comme lors des
guerres précédentes.
Dans le discours sécuritaire israélien, ainsi que dans les analyses de niveau
stratégique, le concept de « synchronisation » est fréquemment utilisé pour
décrire l’action conjointe organisée entre les deux parties. Il s’agit de faire
fonctionner un système militaro-politique unifié basé sur une coordination
précise du calendrier, des objectifs et de la répartition des rôles.
Du
point de vue israélien, cette guerre diffère fondamentalement du schéma
traditionnel du soutien usaméricain. Elle reflète une division complète des
rôles opérationnels entre les deux armées. L’armée usaméricaine a déployé
environ la moitié de ses forces de combat dans la région, tandis qu’Israël a
activé la totalité de son armée de l’air et de sa direction du renseignement
militaire. De plus, Israël opère désormais comme une composante centrale et
organique dans le cadre du Commandement central usaméricain (CENTCOM).
Le 16
février, le chef d’état-major israélien a confirmé à des officiers qu’Israël
menait une guerre sur plusieurs fronts en 2026, soulignant que la campagne
resterait de haute intensité et offensive. Il a réitéré ce concept le 2 mars,
déclarant : « Nous avons commencé une guerre offensive contre le Hezbollah »,
suite à des tirs de roquettes du Liban vers Israël. Dans le même contexte, il a
félicité les pilotes israéliens qui ont frappé Téhéran et d’autres endroits à l’intérieur
de l’Iran, leur disant : « Vous êtes en train d’écrire l’histoire. »
Politiquement,
Benyamin Netanyahou a souligné que le but ultime de la guerre est l’effondrement
du régime iranien et le démantèlement de ses structures de gouvernement et de
sécurité. Le président Trump a réaffirmé cet objectif après le début de la
guerre, bien qu’il se soit auparavant abstenu de le déclarer explicitement.
Analyse
1. Transformation du récit : des valeurs partagées à l’interdépendance
stratégique
Pendant des décennies, le récit israélien dominant attribuait la relation avec
les USA à des « valeurs partagées ». Mais la guerre actuelle révèle l’émergence d’un
récit différent : l’alliance politico-militaire entre Israël et les USA repose
principalement sur la force d’Israël et sa capacité à servir les intérêts
mondiaux usaméricains, ou du moins sur la convergence des objectifs
stratégiques des deux pays.
Cette
dynamique est évidente dans la guerre usraélienne contre l’Iran. La situation a
dépassé le simple soutien usaméricain à Israël pour devenir un partenariat
opérationnel à part entière dans lequel les objectifs stratégiques s’alignent.
Simultanément,
le récit usaméricain a subi un changement parallèle. L’administration Trump est
passée de la rhétorique de « l’Amérique d’abord », largement destinée aux
publics nationaux et aux courants isolationnistes au sein du Parti républicain,
à une stratégie externe construite autour des concepts de « paix par la force »
et de « négociations par la force ».
Ce
concept a évolué, passant de l’évitement des guerres étrangères et de l’obligation
pour d’autres États de supporter les coûts de leurs conflits, à une nouvelle
approche : une « grande Amérique » capable d’intervenir dans les conflits – ou
même de les façonner – tout en s’appuyant sur une supériorité militaire
écrasante pour les résoudre sans s’enliser dans des guerres longues et
coûteuses.
Parallèlement,
la politique usaméricaine a de plus en plus cherché à affaiblir le rôle du
Conseil de sécurité de l’ONU et des institutions internationales, proposant des
cadres alternatifs comme le « Board of Peace ». De tels cadres ne se
limiteraient pas à mettre fin à la guerre à Gaza mais s’étendraient à la
gestion des conflits internationaux d’une manière alignée sur la domination usaméricaine,
en particulier sous l’administration Trump.
2.
L’alliance des forts et la reconfiguration des axes régionaux
Lors de la rencontre de Netanyahou avec le Premier ministre indien en Israël,
le concept d’« alliance des forts » a été répété à plusieurs reprises. La
visite a marqué l’aboutissement d’une relation bilatérale déjà avancée. Pour l’administration
Trump, les relations avec l’Inde constituent un autre pilier dans le
renforcement des alignements géopolitiques qui servent la compétition
stratégique des USA avec la Chine.
Pour
Israël, quant à lui, les alliances avec l’Inde à l’est et avec Chypre et la
Grèce à l’ouest reflètent une stratégie plus large : construire un réseau d’alliances
non arabes et non islamiques visant à encercler la région et à renforcer l’indépendance
stratégique d’Israël.
3.
Partenariat dans la technologie et les capacités militaires
La structure émergente des relations usraéliennes repose sur un partenariat
avancé dans le développement des capacités militaires, en particulier dans les
secteurs de la haute technologie et de l’intelligence artificielle.
Israël se présente comme l’un des États les plus avancés au monde dans ces
domaines, commercialisant ses capacités cybernétiques et de renseignement
auprès de l’administration Trump comme un atout stratégique dont les USA ont
besoin.
Israël
a démontré ces capacités lors d’opérations majeures, y compris les explosions
des bipeurs du Hezbollah au Liban, qui ont effectivement mis fin à l’équilibre
de dissuasion précédent. Cela a été suivi par l’assassinat de la direction
militaire et politique du groupe, y compris son secrétaire général.
Ces
capacités sont réapparues lors de la première frappe contre l’Iran le 27
février, au cours de laquelle des figures de proue de la direction ont été
éliminées, aboutissant à l’assassinat du Guide suprême. Cela s’est appuyé sur
les capacités conjointes usraéliennes après que l’administration Trump a été
convaincue de leur efficacité et a élargi leur développement.
En
conséquence, les objectifs de guerre usaméricains ont évolué vers l’élimination
du régime iranien et le démantèlement des structures étatiques, s’alignant
pleinement sur les objectifs israéliens. Les deux pays ont divisé les
responsabilités opérationnelles en conséquence.
4. La « doctrine Sparte » et la transformation d’Israël
Dans un discours le 15 septembre 2025, Netanyahou a parlé d’une « doctrine
Sparte » combinant des stratégies défensives et offensives. Cette doctrine
inclut la militarisation de la sphère publique et une volonté de transformer
Israël en un État capable de compter sur ses propres capacités face à un
éventuel isolement international – même de la part des alliés occidentaux.
La vision cherche à construire un État avec les caractéristiques d’une grande
puissance capable de répondre de manière indépendante aux défis sécuritaires,
tandis que l’horizon politique est remplacé par des politiques de contrôle et
des solutions basées sur la sécurité.
Cette
perspective s’aligne sur la décision d’Israël d’élever sa relation avec les USA
d’une aide militaire annuelle à un partenariat stratégique pluriannuel,
englobant le développement conjoint d’armes et la gestion partagée des guerres
– comme l’illustre le conflit actuel avec l’Iran.
5.
La dimension internationale : l’Iran au centre de la compétition avec la Chine
Les évaluations journalistiques israéliennes suggèrent que la décision de faire
la guerre n’est pas uniquement liée aux programmes nucléaire ou de missiles
iraniens, car des accords auraient théoriquement pu être trouvés sur ces
questions.
Au lieu de cela, l’administration usaméricaine a déclaré après le début de la
guerre que l’objectif était de changer le régime et l’identité de l’État
iranien pour les aligner sur les ambitions usaméricaines de contrôler les
routes commerciales maritimes et terrestres mondiales, les minéraux critiques
utilisés dans la fabrication électronique et les marchés mondiaux de l’énergie.
Les USA
considèrent l’Iran comme un pilier stratégique du développement économique et
technologique de la Chine, ainsi qu’un nœud géopolitique clé.
Renverser
le régime iranien affaiblirait les corridors commerciaux chinois et réduirait l’influence
de Pékin dans les économies émergentes qui bénéficient des partenariats
chinois.
La
Chine dépend fortement du pétrole iranien, l’achetant à des prix inférieurs d’ environ
30 % aux taux du marché mondial en
raison des sanctions, et bénéficie également des ressources minérales de l’Iran.
Dans
cette perspective, contrôler l’Iran – même à un coût militaire et humain
significatif – pourrait représenter un investissement stratégique si les
objectifs sont atteints.
Les analyses
israéliennes suggèrent que l’administration Trump croit également que réduire
les ressources énergétiques de la Chine augmenterait ses coûts de production
au-delà de ce que les tarifs douaniers traditionnels pourraient accomplir.
6.
Risques d’une escalade incontrôlable
Le concept de synchronisation entre les capacités militaires avancées usraéliennes
offre une efficacité opérationnelle élevée, maximisant l’impact de la force et
accélérant l’atteinte des objectifs déclarés.
Cependant, ce niveau d’intégration militaire dans un environnement régional
fragile comporte un risque significatif d’escalade incontrôlable.
Des
frappes réciproques soutenues pourraient éroder les systèmes de dissuasion et
ouvrir la porte à l’implication directe ou indirecte d’acteurs supplémentaires,
élargissant le conflit au-delà de son théâtre initial.
Des
perturbations sur les routes maritimes vitales, des attaques contre les
infrastructures énergétiques ou une escalade de la guerre asymétrique
pourraient rapidement affecter les marchés mondiaux de l’énergie et les chaînes
d’approvisionnement, plongeant l’économie internationale dans une grave
incertitude.
Ainsi,
une efficacité militaire maximale ne garantit pas nécessairement un contrôle
total sur les trajectoires politiques et économiques de la guerre, augmentant
la probabilité que le conflit s’étende à des crises régionales ou
internationales plus larges.
Conclusions
La guerre usraélienne contre l’Iran marque le début d’une phase nouvelle et
plus dangereuse dans les relations bilatérales, passant d’un modèle d’aide
militaire à un modèle de « partenariat entre puissants » dans la gestion des
guerres qui façonnent les structures de pouvoir mondiales et l’ordre économique
international.
Les
objectifs de la guerre s’étendent au-delà du « soutien au peuple iranien »
ou du règlement des questions nucléaires et balistiques. Ils sont liés à la
recomposition des équilibres de puissance internationaux basés sur le principe
de la force, à l’affaiblissement des institutions internationales et
potentiellement à leur remplacement par des cadres dirigés par les USA.
Si la
guerre réussit à renverser le régime iranien et à démanteler sa structure, elle
pourrait entraîner de profondes transformations dans les relations
internationales et éventuellement encourager l’application d’un modèle
similaire ailleurs.
Si elle échoue, les conséquences pourraient affaiblir la domination usaméricaine
et affecter négativement la position politique intérieure de Trump et
Netanyahou. Cela pourrait également conduire à une forme de stabilisation
régionale à long terme, malgré les tensions persistantes entre l’Iran et les
États du Golfe.
Dans
tous les cas, les grandes guerres régionales ont tendance à reléguer la
question palestinienne et ses revendications politiques à la marge de l’ordre du
jour international.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire