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01/01/2026

Affaire Mohammad Hannoun en Italie : quand la justice se transforme en propagande, par Tahar Lamri

 La police antiterroriste italienne a arrêté le 27 décembre dernier 9 Palestiniens résidant en Italie, qui ont été mis en détention préventive. Parmi eux Mohammad Hannoun, un architecte de 63 ans résidant en Italie depuis plus de 40 ans, président de l’Association des Palestiniens en Italie. Quelques jours avant l’opération, Mahmoud Abbas, le président à vie de l’(In)autorité palestinienne, avait fait un one man show au Festival Atreju de Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni. Tahar Lamri décortique ci-dessous l’ordonnance surréaliste émise par les services du Procureur de Gênes pour justifier cette opération, un document de plus de 300 pages basé sur des « informations » fournies par l’armée et les services de renseignement israéliens. [NdT]

Mohammad Hannoun

L’ordonnance de placement en détention provisoire visant Mohammad Hannoun est un cas d’école de thèse préconçue reposant sur un axiome : « musulman = terroriste ».

Tahar Lamri, Kritica, 30/12/2025
Traduit par Tlaxcala

Écrivain et journaliste, né à Alger (1958), arrivé en Italie en 1986, Tahar Lamri vit à Ravenne. Il a collaboré avec il manifesto et Internazionale, écrit des nouvelles et des pièces de théâtre. Il a rassemblé certains de ses textes dans le livre I sessanta nomi dell’amore, Fara Editore, 2006.

L’ordonnance du parquet de Gênes ordonnant des mesures conservatoires contre Mohammad Hannoun et d’autres membres de l’Association caritative de solidarité avec le peuple palestinien (ABSPP) est un document monumental : plus de 300 pages d’accusations, de preuves, de reconstructions historiques et d’analyses juridiques. Elle devrait constituer un exemple de la manière dont la justice italienne aborde avec rigueur et objectivité un dossier complexe et délicat.

Or, ce qui ressort d’une analyse attentive des soixante premières pages – seulement les soixante premières, soit un cinquième du total – est tout autre et profondément inquiétant : une entreprise systématique de falsification historique, de manipulation des faits, d’omission de preuves contraires et d’adoption acritique du récit d’une partie directement impliquée – Israël – afin de construire une mise en accusation qui ne se contente pas de viser des individus, mais criminalise l’ensemble de l’univers du soutien humanitaire et politique à la cause palestinienne.

Dans cet article, nous documentons les falsifications les plus graves relevées dans ces soixante premières pages. Il ne s’agit pas d’un catalogue technique, mais du récit de la manière dont la justice peut se transformer en propagande lorsqu’elle accepte de devenir l’instrument d’un agenda politique.

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