Après “La victoire [usaméricaine] qui terrifie l’Arabie saoudite”, nous proposons ici la traduction en français de deux articles publiés à une semaine d’intervalle par Policy Tensor, en commençant par le plus récent, daté du 16 mars 2026.

Les conséquences géopolitiques de la défaite, par Policy Tensor
Que se passe-t-il après la défaite des USA ?
Substack, Policy Tensor, The Geopolitical Consequences of Defeat, 16 mars 2026.
Quand un étudiant en relations internationales dit que le monde est unipolaire ou bipolaire, il émet en fait une hypothèse sur la répartition de la puissance. Dans un monde unipolaire, l’idée sous-jacente est qu’aucun autre État n’est capable de véritablement rivaliser avec le plus puissant. Si un État se révèle capable de le faire, alors cette hypothèse tombe à l’eau.
Comme je l’expliquais dans mon précédent article [Cf. plus bas pour la version française, après le présent article], les USA sont aujourd’hui au bord d’une défaite stratégique. Je ne dis pas que c’est joué d’avance, mais que ce scénario est devenu bien plus qu’une simple possibilité : c’est l’hypothèse centrale à envisager.
Pour être concret : si les USA échouent à neutraliser les attaques iraniennes dans le Golfe, s’ils sont incapables de rouvrir par la force le détroit d’Ormuz, ce sera une défaite stratégique. Une défaite qui prouverait que le monde n’est ni unipolaire, ni bipolaire, ni même tripolaire, mais bien multipolaire – avec l’Iran comme l’un de ses pôles. Alors, quelles seraient les conséquences géopolitiques d’un tel retournement ?
Mais avant d’en arriver là, reprenons les éléments clés du raisonnement.
Pour éviter la défaite, les USA n’ont qu’une seule option : détruire ou neutraliser les capacités iraniennes qui menacent les installations du Golfe et maintiennent Ormuz fermé. Si l’armée usaméricaine n’y parvient pas, par la force directe ou par la coercition, le résultat sera vécu comme une défaite stratégique – même si la guerre s’arrête sur un cessez-le-feu. Car alors, le monde entier aura vu que les USA ne peuvent plus imposer leur volonté dans cette région.
Tout repose donc sur la campagne d’interdiction, cette opération visant à détruire les moyens de frappe iraniens (drones, missiles, lanceurs, etc.).
Même si cette campagne réussit à dégrader rapidement ces capacités, la victoire ne sera pas pour autant acquise. Il faudra encore, si les Iraniens minent le détroit – ce qu’ils auraient déjà commencé à faire – mener des opérations de déminage. Or, le déminage en contexte hostile est un problème militaire loin d’être résolu, et qui prendrait lui aussi des mois.
Ce que j’ai montré dans mon précédent article, c’est que même avec des hypothèses optimistes, la campagne d’interdiction prendra de très longs mois – assez pour infliger des dégâts considérables à l’économie mondiale et à la présidence Trump.
Car dans cette guerre, le temps joue pour l’Iran.
Plus le conflit dure, plus l’Iran peut imposer des coûts élevés aux USAméricains et à l’économie globale. Si, à l’avenir, les présidents usaméricains hésitent à attaquer l’Iran de peur d’en payer le prix, alors Téhéran aura gagné son objectif principal : rétablir une dissuasion crédible.

