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03/04/2025

GIDEON LEVY
Il y a 30 ans, le massacre de Qana a ébranlé Israël ; aujourd’hui, ce ne serait qu’une goutte d’eau de plus dans l’océan

Gideon Levy, Haaretz, 3/4/2025
Traduit par Fausto GiudiceTlaxcala

NdT : la traduction en anglais par Haaretz de l’article original en hébreu confond Qana au Liban et Kfar Kana/Kafr Qana en territoire israélien. Nous avons rectifié cette erreur.

Quelle naïveté et quelle sensibilité ! Le 18 avril 1996 - il y a 29 ans - une batterie d’artillerie israélienne a fourni un tir de couverture pour sortir le commando Maglan, dirigé par le major Naftali Bennett, d’une embuscade dans le village de Qana, au sud du Liban. Quatre obus frappent un camp de réfugiés des Nations unies, tuant 106 civils, dont de nombreux enfants.

Qana, par Moustafa Haidar, 1996

Le porte-parole des Forces de défense israéliennes a tenté de mentir et de brouiller les pistes, comme d’habitude ; le Premier ministre Shimon Peres a déclaré que nous étions “très désolés” mais que nous “ne nous excusons pas”, et le monde s’est déchaîné. Quelques jours plus tard, Israël a été contraint de mettre fin à l’opération “Raisins de la colère”, une autre des opérations militaires insensées entreprises au Liban au cours de ces années-là. Un mois plus tard, Benjamin Netanyahou était élu pour la première fois au poste de premier ministre, en partie grâce à Qana. Comme nous étions naïfs à l’époque, et sensibles.

Chadia Bitar proteste contre la visite de Shimon Peres en 2003 à Dearborn, Michigan, pour recevoir le prix John P. Wallach Peacemaker Award. Les deux jeunes fils de Chadia Bitar (Hadi, 8 ans, et Abdul-Mohsen, 9 ans) faisaient partie des 106 civils tués par les bombes israéliennes à Qana, au Liban, en avril 1996. Photo Rebecca Cook Reuters/Newscom

Qana est devenu le modèle du cauchemar israélien dans chaque guerre : un incident au cours duquel des dizaines de civils sont tués, forçant Israël à mettre fin à la guerre : tout sauf cela. Mais les temps ont changé. Aujourd’hui, Israël peut massacrer à sa guise, sans craindre un nouveau Qana. 

Au cours des deux dernières semaines Israël a commis un “Qana” presque tous les jours dans la bande de Gaza, et personne ne demande que ça  s’arrête. Le cauchemar de Qana s’est évaporé. Il n’est plus nécessaire de veiller à ne pas tuer des dizaines de civils innocents. Tout le monde s’en moque. Le porte-parole de Tsahal n’a plus besoin de mentir, le premier ministre n’a plus besoin de s’excuser. Le monde et la conscience d’Israël ont fondu.

Si l’horrible bain de sang de dimanche, dans la phase actuelle de la guerre de Gaza, n’arrête pas Israël, si le l’assassinat d’une équipe médicale à Rafah ne l’arrête pas, qu’est-ce qui pourrait l’arrêter ? Rien. Israël peut commettre autant de massacres qu’il le souhaite. Et apparemment, il en voudrait beaucoup.

Dans la première frappe de la nouvelle guerre à Gaza, Israël a tué 436 civils, dont 183 enfants et 94 femmes. Qana, quatre fois plus, et encore plus. 

Qana 2, par Moustafa Haidar, 1996

L’article choquant paru dans le Haaretz de vendredi de Nir Hasson et Hanin Majadli, a montré les visages et rapporté les histoires. Elles ont fait froid dans le dos. Cette semaine, les détails d’un autre massacre horrible, peut-être le plus barbare de tous jusqu’à présent, ont été publiés : le massacre d’équipes d’intervention d’urgence dans le quartier Tel al-Sultan de Rafah. Quinze corps, dont un avec les jambes ligotées et un autre transpercé de 20 balles, ont été retrouvés enterrés dans le sable, les uns sur les autres, avec leurs ambulances et leurs camions de pompiers.

Selon des témoins oculaires, au moins quelques-uns d’entre eux ont été exécutés. Tous étaient des secouristes qui tentaient d’atteindre des personnes blessées lors de frappes aériennes israéliennes. En temps normal, le rapport de Hasson, Jack Khoury et Liza Rozovsky(Haaretz, mardi), aurait suffi à faire cesser la guerre. Qana fait pâle figure en comparaison avec ce niveau de barbarie. Dans le premier cas, on pourrait croire qu’Israël a tué par inadvertance des dizaines d’innocents ; à Tel al-Sultan, il était clair qu’il y avait une intention malveillante et criminelle de le faire.

Ce qui s’est passé à Tel al-Sultan est un massacre de My Lai israélien. Mais alors que My Lai a marqué un changement radical dans l’opinion publique usaméricaine contre la guerre du Viêt Nam, Tel al-Sultan n’a pas intéressé la plupart des médias israéliens. L’USAmérique de l’époque, militariste et soumise à un lavage de cerveau, était en émoi ; l’Israël d’aujourd’hui a fermé les yeux sur Tel al-Sultan. 

Non seulement ces massacres n’ont pas provoqué de changement dans l’opinion publique ni entraîné l’arrêt de la guerre, mais ils semblent encourager d’autres massacres. Mardi, l’armée israélienne a bombardé une clinique de l’UNRWA dans le camp de Jabalya, tuant 19 personnes, dont des enfants. C’est le genre de massacre que l’on laisse se reproduire. Qui aurait pu imaginer que nous pourrions un jour nous remémorer avec tendresse l’époque de Qana, de l’opération “Raisins de la colère” ou du gouvernement Peres ? Et pourtant, nous en sommes là.


19/09/2021

GIDEON LEVY
Répétez après moi : Naftali Bennett met en place un État d'apartheid

 Gideon Levy, Haaretz, 19/9/2021

Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala 

Le rédacteur en chef de Haaretz, Aluf Benn, a offert une analyse habile des 100 premiers jours du Premier ministre Naftali Bennett dans un article publié hier. Contrairement à la secte "tout sauf Bennett", qui s'adore et ne peut s'empêcher de s'épancher sur le changement de style introduit par Bennett - comment il complimente ses ministres et comment nous n'entendons rien de la part des membres de sa famille- Benn a minimisé à juste titre l'importance du style, auquel les gens s'accrochent maintenant avec extase, et est allé droit au but : "[Bennett] galope doucement et avec détermination vers un seul État avec des millions de sujets palestiniens", écrit Benn.

Le premier ministre israélien Naftali Bennett, par Mahmoud Rifai, Jordanie

Mais ce n'est pas seulement "un seul État" que Bennett est en train d'établir. Il établit un État d'apartheid. Le mot "apartheid" doit désormais apparaître dans tous les textes. L'apartheid sera le deuxième prénom d'Israël, au moins à partir du moment où son premier ministre a déclaré qu'il n'a aucun intérêt à un accord de paix avec les Palestiniens et que l'occupation [de 1967, NdT] est éternelle à ses yeux.

Bennett a le mérite de dire la vérité : il a mis fin à la mascarade d'un processus de paix, qui n'était pas un processus et n'a jamais eu pour but de parvenir à la paix. Son prédécesseur a un jour marmonné quelque chose à propos de "deux États", ce qui est maintenant également terminé. C'est une évolution positive.

30/08/2021

GIDEON LEVY
Naftali Bennett, responsable maintenance de l’entreprise Israël

Gideon Levy, Haaretz, 28/8/2021
Traduction par
Fausto Giudice, Tlaxcala

Le responsable maintenance d'Israël est rentré chez lui dimanche après avoir accompli un nouvel exploit : la réunion à la Maison Blanche s'est bien déroulée, avec succès même.


Et même en tenant compte de l'importance absurde et exagérée que les correspondants puérils de Washington ont attribué à ses moindres détails - était-ce dans la salle à manger privée du bureau ovale ou dans la kitchenette, cela a-t-il duré 25 minutes ou 30, est-il déjà un ami de Joe Biden ou non ? - Naftali Bennett s'est bien comporté.

Rien ne s'est passé, il n'y a même pas eu la moindre maladresse. Les déclarations prévisibles ont été prononcées, les grandes promesses ont été faites et le Premier ministre rentrera en Israël sain et sauf, au grand dam des fans de Benjamin Netanyahou, qui n'abandonnent pas un seul instant.

Bennett est certainement susceptible de s'épanouir dans son nouveau poste, mais ce poste est limité : responsable maintenance, rien de plus. L'Israël d'aujourd'hui veut un manager, pas un leader. Après l'ère Netanyahou, la seule chose que les adversaires de Netanyahou veulent, c'est un peu de silence. Ils l'auront. Bennett est fait pour ce travail.

15/08/2021

GIDEON LEVY
On peut aussi détester Netanyahou et Bennett, mais pas aussi aveuglément

 Gideon Levy, Haaretz, 15/8/2021
Traduit par Fausto Giudice

Quelle ironie : les partisans de Benjamin Netanyahou, les bibiistes, se comportent exactement comme les détracteurs de l'ancien Premier ministre, le camp « Tout sauf Bibi ». Ils utilisent le même vocabulaire, les mêmes épithètes, affichent la même haine aveugle et automatique, la même focalisation sur le personnel, uniquement le personnel. Tout ce qui était détesté par les partisans de Netanyahou est maintenant utilisé contre Naftali Bennett (et Ayelet Shaked). Nous verrons bientôt des manifestations devant la résidence du Premier ministre, rue Balfour, avec les bandanas et les poupées gonflables. Le Satan Netanyahu a été remplacé par le Satan Bennett. 
 
À part ça, tout va bien. Et pourtant, on ne peut s'empêcher d'être stupéfait par l'ampleur de la haine envers Bennett, l'ancien partenaire du Likoud. En vérité, il faut souhaiter le succès aux deux camps. Une telle haine entre camps de droite ne peut être que satisfaisante. Sur ce, on peut s'interroger sur le faible niveau de la politique israélienne.

Le Premier ministre Naftali Bennett lors d'une réunion du gouvernement à Jérusalem, dimanche. Photo : Ohad Zwigenberg

01/07/2021

Saïd Al Kharumi, le député qui se bat pour les Bédouins d'Israël, pourrait décider du sort du nouveau gouvernement

David B. Green, Haaretz, 30/6/2021

Traduit par Fausto Giudice

Saïd Al Kharumi a été le seul membre de son parti à s'abstenir lors d'un vote sur la formation du gouvernement de Naftali Bennett. Pour obtenir son soutien, la coalition devra changer les politiques menées depuis des décennies à l'égard des Bédouins du Néguev.

 Saïd Al Kharumi lors de son entretien avec Haaretz à la Knesset. Photo David Green

Dans la soirée du 13 juin, le jour de la prestation de serment du nouveau gouvernement, on spéculait déjà sur le fait que le membre de la Knesset Saïd Al Kharumi pourrait devenir une « faction à lui tout seul », comme l'a dit le commentateur de Channel 13 News, Raviv Drucker, au sein de la coalition intrinsèquement fragile. Le député de la Liste arabe unie s'était abstenu lors du vote de confirmation du nouveau gouvernement à la Knesset dans l'après-midi, de sorte que celui-ci est entré en fonction avec une seule voix de majorité.

Al Kharumi, 49 ans, est originaire de la localité bédouine de Segev Shalom, et se déclare ouvertement le représentant des quelque 250 000 Arabes bédouins du Néguev - dont près de 75 % des électeurs ont effectivement voté pour la Liste Arabe Unie. Ils constituent la tranche la plus pauvre et la plus négligée de la population d'Israël, et pourtant, pour les partis sionistes religieux Yamina et surtout Sionisme religieux, dirigé par Bezalel Smotrich, ils représentent une minorité arabe sans foi ni loi et gâtée qui menace la souveraineté juive dans le Néguev, rien de moins. C'est pourquoi, pendant la décennie et plus de gouvernements de droite, la politique gouvernementale s'est concentrée sur l'éradication des constructions et des cultures illégales des Bédouins.

Environ 90 000 Bédouins du Néguev vivent dans l'un des 35 villages bédouins non reconnus de la région, qui, en raison de leur statut "illégal", ne disposent pas des services de base tels que les égouts, l'eau courante, le ramassage des ordures et les routes pavées. (Dans de nombreux cas, les conditions ne sont guère meilleures dans les 11 villages qui ont obtenu une reconnaissance officielle il y a 20 ans). 

Selon Attia Alasam, le président du Conseil régional des villages non reconnus, plus de 12 000 structures non autorisées ont été rasées au cours des cinq dernières années. En fait, dit Alasam, en 2020 - qui a été dominée par la pandémie de coronavirus, au cours de laquelle le gouvernement s'est engagé à geler la plupart des démolitions - le nombre a atteint 2 500, "plus que toute autre année".

L'élément le plus cruel de cette politique est sans doute le fait que les Bédouins sont contraints de procéder à la destruction de leurs propres résidences, à moins qu'ils ne veuillent payer les autorités pour effectuer le travail. Selon certains témoignages, les frais atteignent généralement 300 000 shekels (78 000 €), car de grandes équipes sont appelées pour entreprendre et sécuriser les démolitions, et chaque membre doit être payé pour une journée de travail.
 

27/06/2021

RAMZY BAROUD
Aunque la mona se vista de seda…: ¿Por qué Washington se muestra adulador con el nuevo Gobierno de Israel?

Ramzy Baroud , 23/6/2021
Traducido del inglés por
Sinfo Fernández
Original inglés Versión francesa

Cuando el expresidente de USA, Barack Obama, utilizó un viejo tópico para denigrar a su oponente político, el difunto senador John McCain, desató una controversia política que duró varios días.
“Aunque la mona se vista de seda, mona es y mona se queda”, dijo Obama en un evento de campaña en 2008. La máxima indica que los cambios superficiales no influyen en los resultados y que modificar nuestra fachada no altera lo que realmente somos.
Los políticos usamericanos son toda una autoridad en ese tema. Son expertos en cambios artificiales, retóricos y, en última instancia, superficiales. Una vez más, los maquilladores políticos de Washington están demasiado ocupados haciendo ese trabajo.
Desde el dramático derrocamiento de su antiguo mentor, el primer ministro israelí Benjamin Netanyahu, el nuevo primer ministro de Israel, Naftali Bennett, se presenta ahora como la alternativa al estilo político derechista, chovinista y pendenciero de Netanyahu. Sin embargo, para que esto suceda, se necesita más maquillaje.
Mucho podría decirse sobre Bennett y su partido de ultranacionalistas y extremistas de derecha, Yamina.
 


Naftali Bennett por Emad Hajjaj