Affichage des articles dont le libellé est Ricardo Mohrez Muvdi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ricardo Mohrez Muvdi. Afficher tous les articles

17/01/2026

The Greatest Historical Error of Palestinian Leaders

Ricardo Mohrez Muvdi, 16/1/2025
Translated by Tlaxcala

Ricardo Mohrez Muvdi 
is Palestinian, born in Beit Jala, Palestine (1952). A refugee in Colombia, he is a business administrator and president of the Palestinian Union of Latin America (UPAL), established in 2019 in San Salvador, El Salvador. He is also president of the Colombo-Palestinian Cultural Foundation.

The greatest mistake Palestinian leaders have made over decades of failed negotiations has been making concessions to Zionism in the belief that surrendering fundamental rights would bring peace, justice, or genuine recognition. History has shown precisely the opposite.

From the beginning of the modern conflict, the demand should have been clear: one single, democratic State with equal rights for all its inhabitants throughout historic Palestine. Accepting—and continuing to defend—the idea of “two States” was not only a poor strategy; it has been a progressive surrender of Palestine, legitimizing colonization, territorial fragmentation, and covert ethnic cleansing.

The so-called “two-State solution” was born already mutilated. It was not a proposal of justice, but of managing dispossession. Every Palestinian concession was met with more settlements, more walls, more checkpoints, and more racial laws. Negotiating under occupation was never negotiating: it was accepting the rules of the occupier. Persisting today in the fantasy of two States is not only naïve but politically suicidal. On the ground, there is no territorial continuity, no real sovereignty, and no control over borders, water, or resources.

What is being offered to the Palestinian people is not a State but fragmented, dependent, and surveilled reservations. Meanwhile, the Zionist project has been consistent: advancing without retreating, consolidating faits accomplis, and demanding international recognition without granting equality. In this sense, continuing to speak of two States is de facto endorsing the permanence of the occupation and accepting the transformation of territorial theft into international legality.

The only ethically, historically, and legally sustainable proposal is a single State in which Palestinians, whether Muslim, Christian, or Jewish, live with equal rights, free from ethnic or religious supremacy. A state where the right of return, equality before the law, and historical justice are non-negotiable.

This is not utopian; it is a matter of consistency. Apartheid regimes are not to be reformed—they are to be dismantled. And liberation does not arise from concessions to the oppressor but from steadfastness in principles. The Palestinian people have not survived decades of expulsion, exile, and resistance to settle for crumbs. Dignity is not negotiable—it is exercised.

 

La plus grande erreur historique des dirigeants palestiniens

Ricardo Mohrez Muvdi, 16/1/2025
Traduit par Tlaxcala

Ricardo Mohrez Muvdi est palestinien, né à Beit-Jala, en Palestine (1952). Réfugié en Colombie, il est administrateur d’entreprises et président de l’Union Palestinienne d’Amérique Latine (UPAL), créée en 2019 à San Salvador, au Salvador. Il est également président de la Fondation Culturelle Colombo-Palestinienne.

La plus grande erreur commise par les dirigeants palestiniens, au fil de décennies de négociations infructueuses, a été de faire des concessions aux sionistes en croyant que l’abandon de droits fondamentaux apporterait la paix, la justice ou une reconnaissance réelle. L’histoire a démontré exactement le contraire. 

Dès le début du conflit moderne, il aurait fallu exiger clairement un seul État, démocratique et garantissant l’égalité des droits pour tous ses habitants, sur l’ensemble de la Palestine historique. Accepter — et continuer à défendre — l’idée de « deux États » n’a pas seulement été une mauvaise stratégie : cela a constitué une renonciation progressive à la Palestine, légitimant la colonisation, la fragmentation territoriale et le nettoyage ethnique déguisé.

La prétendue « solution à deux États » est née déjà mutilée. Ce n’était pas une proposition de justice, mais une gestion de la dépossession. À chaque concession palestinienne il a été répondu par davantage de colonies, de murs, de points de contrôle et de lois raciales. Négocier sous occupation n’a jamais été négocier : c’était accepter les règles de l’occupant. Persister aujourd’hui dans le fantasme des deux États est, outre une naïveté, un suicide politique. Sur le terrain, il n’y a ni continuité territoriale, ni souveraineté réelle, ni contrôle des frontières, de l’eau ou des ressources.

Ce qui est offert au peuple palestinien n’est pas un État, mais des réserves fragmentées, dépendantes et sous surveillance. Pendant ce temps, le projet sioniste a été cohérent : avancer sans reculer, consolider les faits accomplis et exiger une reconnaissance internationale sans accorder l’égalité. En ce sens, continuer à parler de deux États revient à soutenir de facto la pérennité de l’occupation et à accepter que le vol territorial se transforme en légalité internationale.

La seule proposition éthique, historiquement et juridiquement viable est celle d’un seul État, où les Palestiniens, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs, vivraient avec les mêmes droits, sans suprématie ethnique ou religieuse. Un État où le droit au retour, l’égalité devant la loi et la justice historique ne seraient pas négociables.

Il ne s’agit pas d’utopie, mais de cohérence. Les régimes d’apartheid ne se réforment pas, ils se démantèlent. Et la libération ne naît pas de concessions à l’oppresseur, mais de la fermeté dans les principes. Le peuple palestinien n’a pas survécu à des décennies d’expulsion, d’exil et de résistance pour se contenter de miettes. La dignité ne se négocie pas, elle s’exerce.

 

El mayor error histórico de los dirigentes palestinos

 Ricardo Mohrez Muvdi, 16-1-2025

Ricardo Mohrez Muvdi es palestino, nacido en Beit-Jala, Palestina (1952). Refugiado en Colombia, es administrador de empresas y presidente de la Unión Palestina de América Latina (UPAL), creada en 2019 en San Salvador, El Salvador. Es también presidente de la Fundación Cultural Colombo -Palestina.

El error más grande que han cometido los dirigentes palestinos, a lo largo de décadas de negociaciones fallidas, ha sido hacer concesiones al sionismo creyendo que la cesión de derechos fundamentales traería paz, justicia o reconocimiento real. La historia ha demostrado exactamente lo contrario. 

Desde el inicio del conflicto moderno, debió exigirse con claridad un solo Estado, democrático y con igualdad de derechos para todos sus habitantes, en toda la Palestina histórica. Aceptar —y seguir defendiendo— la idea de “dos Estados” no solo fue una mala estrategia: ha sido una renuncia progresiva a Palestina, legitimando la colonización, la fragmentación territorial y la limpieza étnica encubierta. 

La llamada “solución de dos Estados” nació ya mutilada. No fue una propuesta de justicia, sino de administración del despojo. Cada concesión palestina fue respondida con más asentamientos, más muros, más puestos de control y más leyes raciales. Negociar bajo ocupación nunca fue negociar: fue aceptar las reglas del ocupante. Persistir hoy en la fantasía de dos Estados es, además de ingenuo, políticamente suicida. Sobre el terreno no existe continuidad territorial, ni soberanía real, ni control de fronteras, agua o recursos. 

Lo que se ofrece al pueblo palestino no es un Estado, sino reservas fragmentadas, dependientes y vigiladas. Mientras tanto, el proyecto sionista ha sido coherente: avanzar sin retroceder, consolidar hechos consumados y exigir reconocimiento internacional sin conceder igualdad. En ese sentido, seguir hablando de dos Estados es respaldar de facto la permanencia de la ocupación y aceptar que el robo territorial se transforme en legalidad internacional. 

La única propuesta ética, histórica y jurídicamente sostenible es un solo Estado, en el que palestinos, sean musulmanes, cristianos o judíos vivan con los mismos derechos, sin supremacías étnicas ni religiosas. Un Estado donde el derecho al retorno, la igualdad ante la ley y la justicia histórica no sean negociables. 

No se trata de utopía; se trata de coherencia. Los regímenes de apartheid no se reforman, se desmantelan. Y la liberación no nace de concesiones al opresor, sino de la firmeza en los principios. El pueblo palestino no ha sobrevivido décadas de expulsión, exilio y resistencia para conformarse con migajas. La dignidad no se negocia, se ejerce.

06/10/2025

RICARDO MOHREZ MUVDI
Quand la cause palestinienne devient une affaire de convenance

Ricardo Mohrez Muvdi, 6 /10 /2025
Traducido por Tlaxcala

Ricardo Mohrez Muvdi est palestinien, né à Beit-Jala, en Palestine (1952). Réfugié en Colombie, il est administrateur d’entreprises et président de l’Union Palestinienne d’Amérique Latine (UPAL), créée en 2019 à San Salvador, au Salvador. Il est également président de la Fondation Culturelle Colombo-Palestinienne.

Beaucoup de palestino-descendants, enfants et petits-enfants de ceux qui ont été expulsés de leur terre natale par l’occupation, se proclament défenseurs de la cause palestinienne. Cependant, cette loyauté s’efface souvent lorsque la cause entre en conflit avec leurs intérêts personnels, économiques ou politiques. À ce moment-là, la mémoire historique devient un ornement que l’on exhibe quand ça arrange, mais que l’on range dans un tiroir lorsqu’elle dérange.


La différence avec les sionistes est abyssale. Le sioniste, sans se soucier du coût humain ou de la vérité historique, ne doute jamais de son soutien à l’État génocidaire d’Israël. Il le fait avec une cécité idéologique, une discipline et une cohérence qui frôlent la complicité. Pendant ce temps, certains descendants palestino-descendants préfèrent se taire, s’accommoder ou même justifier l’oppresseur lorsqu’ils sentent leurs positions de privilège menacées.

La cause palestinienne n’est pas un slogan pour les réseaux sociaux ni un symbole culturel vide que l’on arbore avec un keffieh pour une photo complaisante. La cause, c’est la résistance, la dignité, la justice et la mémoire d’un peuple toujours massacré, dépouillé et réduit au silence. Elle ne tolère ni doubles discours ni silences lâches.

Les sionistes ont compris que leur force réside dans l’unité sans faille, même si c’est une unité autour du crime. La Palestine, en revanche, a besoin que ses enfants et petits-enfants soient à la hauteur du sacrifice de leurs ancêtres. Il ne s’agit pas de vivre dans la nostalgie, mais de rester cohérents : être avec la Palestine, toujours, même si cela implique l’inconfort, la perte de contrats, d’amitiés ou de faveurs politiques.

La véritable loyauté ne se mesure pas lorsque soutenir la Palestine est facile, mais quand ça a un coût. Voilà la différence entre ceux qui font de la cause un drapeau de vie et ceux qui la réduisent à un accessoire éphémère.

Parce que la Palestine n’est ni une mode ni un souvenir : c’est une plaie ouverte qui nous appelle à la dignité et à l’action permanente.



RICARDO MOHREZ MUVDI
Quando a causa palestina se torna conveniência

Ricardo Mohrez Muvdi, 6/10/ 2025
Traduzido por Tlaxcala

Ricardo Mohrez Muvdi é palestino, nascido em Beit-Jala, Palestina (1952). Refugiado na Colômbia, é administrador de empresas e presidente da União Palestina da América Latina (UPAL), criada em 2019 em San Salvador, El Salvador. Também é presidente da Fundação Cultural Colombo-Palestina.

Muitos descendentes palestinos, filhos e netos daqueles que foram expulsos de sua terra natal pela ocupação, costumam se declarar defensores da causa palestina. No entanto, essa lealdade muitas vezes se desfaz quando a causa entra em conflito com seus interesses pessoais, econômicos ou políticos. Nesse momento, a memória histórica se torna um enfeite usado quando convém, mas guardado na gaveta quando incomoda.


A diferença em relação ao sionismo é abissal. O sionista, independentemente do custo humano ou da verdade histórica, jamais hesita em apoiar o Estado genocida de Israel. Faz isso com cegueira ideológica, disciplina e uma coerência que beira a cumplicidade. Enquanto isso, alguns descendentes palestinos preferem se calar, se acomodar ou até justificar o opressor quando sentem ameaçadas suas posições de privilégio.

A causa palestina não é um slogan para redes sociais nem um símbolo cultural vazio exibido com uma keffiyeh em uma foto condescendente. A causa é resistência, dignidade, justiça e memória de um povo que continua sendo massacrado, despojado e silenciado. Não admite duplos discursos nem silêncios covardes.

O sionismo entendeu que sua força reside na unidade sem fissuras, ainda que seja uma unidade em torno do crime. A Palestina, por sua vez, precisa que seus filhos e netos estejam à altura do sacrifício de seus pais e avós. Não se trata de viver na nostalgia, mas de manter a coerência: estar com a Palestina sempre, mesmo que isso implique desconforto, perda de contratos, amizades ou favores políticos.

A verdadeira lealdade não se mede quando apoiar a Palestina é fácil, mas quando isso tem um custo. Essa é a diferença entre os que transformam a causa em bandeira de vida e os que a reduzem a um acessório passageiro.

Porque a Palestina não é uma moda nem uma lembrança: é uma ferida aberta que nos reclama dignidade e ação permanente.



عندما تتحول القضية الفلسطينية إلى مصلحة

ريكاردو موهريز موفدي، 6 تشرين الأول/أكتوبر 2025

ترجمه تلاكسكالا

ريكاردو موهريز موفدي فلسطيني، وُلد في بيت جالا، فلسطين (1952). لاجئ في كولومبيا، وهو إداري ورئيس الاتحاد الفلسطيني في أمريكا اللاتينية (UPAL) ، الذي تأسس عام 2019 في سان سلفادور، السلفادور. كما يشغل منصب رئيس المؤسسة الثقافية الكولومبية – الفلسطينية.

كثير من الفلسطينيين من الجيلين الثاني والثالث، أبناء وأحفاد الذين طُردوا من وطنهم بسبب الاحتلال، يعلنون أنفسهم مدافعين عن القضية الفلسطينية. غير أن هذه الولاء كثيراً ما يتلاشى عندما تتعارض القضية مع مصالحهم الشخصية أو الاقتصادية أو السياسية. في تلك اللحظة، تتحول الذاكرة التاريخية إلى زينة تُستخدم عندما تكون ملائمة، وتُخفى في الدرج عندما تُصبح مزعجة.


الفرق بين ذلك وبين الصهيونية شاسع. فالصهيوني، بغض النظر عن الثمن الإنساني أو الحقيقة التاريخية، لا يتردد أبداً في دعم الدولة الإسرائيلية الإبادية. يفعل ذلك بعمى أيديولوجي، وبانضباط، وباتساق يكاد يصل إلى التواطؤ. في المقابل، يختار بعض الفلسطينيين الصمت، أو التكيّف، أو حتى تبرير المحتل عندما يشعرون أن امتيازاتهم مهددة.

القضية الفلسطينية ليست شعاراً لمواقع التواصل الاجتماعي، ولا رمزاً ثقافياً فارغاً يُعرض من خلال كوفية في صورة متعالية. القضية هي مقاومة، كرامة، عدالة، وذاكرة شعب ما زال يُذبح ويُسلب ويُسكت. إنها لا تقبل الخطاب المزدوج ولا الصمت الجبان.

لقد فهمت الصهيونية أن قوتها تكمن في الوحدة الصلبة، حتى وإن كانت وحدة على الجريمة. أما فلسطين، فهي بحاجة إلى أن يكون أبناؤها وأحفادها على مستوى تضحيات آبائهم وأجدادهم. ليس المطلوب العيش في الحنين، بل الحفاظ على التناسق: أن تكون مع فلسطين دائماً، حتى لو كان ذلك يعني التضحية بالرفاهية ، أو خسارة العقود، أو الصداقات، أو المنافع السياسية.

الولاء الحقيقي لا يُقاس عندما يكون دعم فلسطين سهلاً، بل عندما يكون له ثمن. تلك هي الفارق بين من يجعل من القضية راية حياة، ومن يحولها إلى زينة عابرة.

لأن فلسطين ليست موضة ولا ذكرى، بل جرح مفتوح يطالبنا بالكرامة والفعل الدائم.



RICARDO MOHREZ MUVDI
Cuando la causa palestina se convierte en conveniencia

Ricardo Mohrez Muvdi, 6-10-2025

Ricardo Mohrez Muvdi es palestino, nacido en Beit-Jala, Palestina (1952). Refugiado en Colombia, es administrador de empresas y presidente de la Unión Palestina de América Latina (UPAL), creada en 2019 en San Salvador, El Salvador. Es también presidente de la Fundación Cultural Colombo -Palestina.

Muchos descendientes palestinos, hijos y nietos de quienes fueron expulsados de su tierra natal por la ocupación, suelen proclamarse defensores de la causa palestina. Sin embargo, esa lealtad muchas veces se desvanece cuando la causa choca con sus intereses personales, económicos o políticos. En ese instante, la memoria histórica se convierte en un adorno que se usa cuando conviene, pero que se guarda en el cajón cuando incomoda.


La diferencia con el sionismo es abismal. El sionista, sin importar el costo humano o la verdad histórica, jamás duda en apoyar al Estado genocida de Israel. Lo hace con ceguera ideológica, con disciplina y con una coherencia que raya en la complicidad. Mientras tanto, algunos descendientes palestinos prefieren callar, acomodarse o incluso justificar al opresor cuando sienten amenazadas sus posiciones de privilegio.

La causa palestina no es un eslogan para redes sociales ni un símbolo cultural vacío que se exhibe en una keffiyeh durante una foto condescendiente. La causa es resistencia, dignidad, justicia y memoria de un pueblo que sigue siendo masacrado, despojado y silenciado. No admite dobles discursos ni silencios cobardes.

El sionismo ha entendido que su fuerza radica en la unidad sin fisuras, aunque sea una unidad alrededor del crimen. Palestina, en cambio, necesita que sus hijos y nietos estén a la altura del sacrificio de sus abuelos y padres. No se trata de vivir en la nostalgia, sino de mantener la coherencia: estar con Palestina siempre, aunque eso implique incomodarse, perder contratos, amistades o favores políticos.

La verdadera lealtad no se mide cuando apoyar a Palestina resulta fácil, sino cuando hacerlo implica un costo. Esa es la diferencia entre quienes convierten la causa en bandera de vida y quienes la reducen a un accesorio pasajero.

Porque Palestina no es una moda ni un recuerdo: es una herida abierta que nos reclama dignidad y acción permanente.



04/08/2025

RICARDO MOHREZ MUVDI
Que cache l’avalanche de reconnaissances de l’État palestinien ?

Ricardo Mohrez Muvdi, Resumen Latinoamericano, 3/8/2025

Traduit par Tlaxcala

Ricardo Mohrez Muvdi, Bogotá, est membre de la présidence de l’Union palestinienne d’Amérique latine (UPAL) et président de la Fondation culturelle colombo-palestinienne.

Au cours des dernières semaines, une vague de pays – dont l’Espagne, la Norvège, l’Irlande et la Slovénie – a annoncé en grande pompe sa reconnaissance de l’État palestinien. Pour certains, il s’agit d’un événement historique. Pour d’autres, c’est une victoire morale après des décennies d’occupation et de souffrances. Mais derrière ces gestes diplomatiques se cache une stratégie beaucoup plus complexe. La question est inévitable : quels sont les intérêts réels qui se cachent derrière cette avalanche soudaine de reconnaissances ?



Un État palestinien... ou une issue pour l’Occident ?

Tout d’abord, il faut comprendre que ces reconnaissances ne surgissent pas de nulle part. Elles interviennent au milieu d’une guerre génocidaire contre Gaza, où Israël a échoué dans sa tentative d’éliminer la résistance palestinienne, en particulier le Hamas. Ni les bombes, ni la famine, ni les déplacements forcés n’ont réussi à soumettre un peuple qui résiste avec dignité.

Face à cet échec, l’Occident – et en particulier les USA et l’Europe – cherchent un « plan B ». Ils ne peuvent plus soutenir le discours selon lequel Israël « se défend ». Ils doivent proposer une alternative qui permette de maintenir le contrôle politique, de désamorcer la résistance et d’apaiser la pression sociale interne. C’est là qu’intervient la reconnaissance de l’« État palestinien ».

Mais il y a un hic. Car l’État reconnu n’a ni frontières, ni armée, ni souveraineté sur son territoire. Il ne contrôle ni son espace aérien ni son espace maritime. Il ne peut garantir la sécurité de ses citoyens et n’a aucune unité politique. Il s’agit, en substance, d’un fantôme administratif sous occupation. Et ce n’est pas un véritable État.

Une opération de blanchiment d’image pour l’Europe

Ces reconnaissances servent également à soulager la conscience de l’Europe. Après des mois de complicité avec le génocide – que ce soit par le silence, le soutien militaire ou des sanctions sélectives contre la résistance – elle tente maintenant d’équilibrer la balance par un geste symbolique. Elle parle de « deux États » comme si c’était encore une option viable, alors qu’en réalité Israël a tellement fragmenté et colonisé le territoire que cette formule est devenue impraticable.

On reconnaît un « État palestinien », mais on ne sanctionne pas Israël, on ne cesse pas la vente d’armes, on n’arrête pas l’expansion des colonies. En d’autres termes, on légitime une solution diplomatique sans modifier les conditions matérielles de l’occupation.

Et si le véritable objectif était de remplacer la résistance ?

Un autre élément préoccupant est la question de savoir qui on reconnait. La plupart de ces pays continuent de considérer l’[In]Autorité palestinienne comme le « gouvernement légitime » du peuple palestinien, malgré son manque de représentativité, sa corruption interne et sa collaboration avec l’occupation.

Sommes-nous face à une tentative de réorganisation de la direction palestinienne depuis l’extérieur, excluant les mouvements de résistance tels que le Hamas ou le Jihad islamique ? Cherche-t-on à créer un État artificiel, obéissant, qui administrerait l’occupation sans la remettre en question ?

Si tel est le cas, l’avalanche de reconnaissances serait moins un signe de solidarité qu’une manœuvre géopolitique visant à neutraliser la lutte du peuple palestinien.

Le piège de l’État fictif

Il y a un risque énorme que le monde commence à parler de la Palestine comme d’un « État reconnu » alors qu’elle reste en pratique une nation occupée, colonisée et bloquée. Cette fiction juridique peut être utilisée pour geler le conflit, désamorcer les dénonciations internationales et rendre les victimes elles-mêmes responsables de leur situation.

Dans ce scénario, la cause palestinienne passe d’une lutte anticoloniale légitime à un différend bureaucratique entre « deux gouvernements ». L’histoire est effacée, l’apartheid est rendu invisible et la voix des martyrs est étouffée.

Conclusion

L’avalanche de reconnaissances n’est ni gratuite, ni désintéressée, ni révolutionnaire. Elle s’inscrit dans un réajustement politique mondial face à l’usure morale de l’Occident et à la montée de la résistance palestinienne. Elle peut être utile sur le plan diplomatique, certes, mais nous ne devons pas nous laisser berner : la véritable libération ne viendra pas des chancelleries, mais de la détermination du peuple palestinien, à Gaza, en Cisjordanie, en exil et dans la diaspora. Tant que le régime d’occupation sioniste ne sera pas démantelé, aucune reconnaissance ne sera complète. Et tant que le sang continuera de couler à Gaza, aucun geste symbolique ne suffira.

 

RICARDO MOHREZ MUVDI
¿Qué secreto esconde la avalancha de reconocimientos al Estado de Palestina?

Ricardo Mohrez Muvdi, Resumen Latinoamericano, 3-8-2025

Ricardo Mohrez Muvdi, Bogotá, es miembro presidente de la Unión Palestina de América Latina (UPAL) y presidente de la Fundación cultural colombo -palestina.

En las últimas semanas, una oleada de países —España, Noruega, Irlanda, Eslovenia, entre otros— ha anunciado con bombo y platillo su reconocimiento al Estado de Palestina. Para algunos, esto representa un hito histórico. Para otros, una victoria moral tras décadas de ocupación y sufrimiento. Pero detrás de estos gestos diplomáticos se esconde una estrategia mucho más compleja. La pregunta es inevitable: ¿Qué intereses reales están detrás de esta repentina avalancha de reconocimientos?


Miki y Duarte

¿Un Estado palestino… o una salida para Occidente?

En primer lugar, hay que entender que estos reconocimientos no surgen en el vacío. Se producen en medio de una guerra genocida contra Gaza, donde Israel ha fracasado en su intento de eliminar a la resistencia palestina, en particular a Hamás. Ni con bombas, ni con hambre, ni con desplazamientos forzados ha logrado someter a un pueblo que resiste con dignidad.

Ante ese fracaso, Occidente —y especialmente Estados Unidos y Europa— buscan un “Plan B”. Ya no pueden sostener la narrativa de que Israel está “defendiéndose”. Necesitan ofrecer una alternativa que mantenga el control político, desactive la resistencia y calme la presión social interna. Ahí es donde entra el reconocimiento al “Estado palestino”.

Pero hay truco. Porque el Estado que se reconoce no tiene fronteras, ni ejército, ni soberanía sobre su territorio. No controla su espacio aéreo ni marítimo. No puede garantizar la seguridad de sus ciudadanos ni tiene unidad política. Es, en esencia, un fantasma administrativo bajo ocupación. Y eso no es un verdadero Estado.

Un lavado de imagen para Europa

Estos reconocimientos también sirven para limpiar la conciencia de Europa. Luego de meses de complicidad con el genocidio —ya sea con silencio, apoyo militar o sanciones selectivas contra la resistencia— ahora intentan equilibrar la balanza con un gesto simbólico. Hablan de “dos Estados” como si aún fuera una opción viable, cuando en realidad Israel ha fragmentado y colonizado tanto el territorio que esa fórmula se ha vuelto impracticable.

Se reconoce un “Estado palestino” pero no se sanciona a Israel, ni se corta la venta de armas, ni se detiene la expansión de asentamientos. Es decir, se legitima una solución diplomática sin modificar las condiciones materiales de la ocupación.

¿Y si el verdadero objetivo es reemplazar a la resistencia?

Otro elemento preocupante es a quién se reconoce. La mayoría de estos países siguen considerando a la Autoridad Palestina como el “gobierno legítimo” del pueblo palestino, a pesar de su falta de representatividad, su corrupción interna y su colaboración con la ocupación.

¿Estamos ante un intento de reorganizar el liderazgo palestino desde fuera, excluyendo a los movimientos de resistencia como Hamás o la Yihad Islámica? ¿Se busca crear un Estado artificial, obediente, que administre la ocupación sin cuestionarla?

Si es así, la avalancha de reconocimientos sería menos una muestra de solidaridad y más una maniobra geopolítica para neutralizar la lucha del pueblo palestino.

La trampa del Estado ficticio

Hay un riesgo enorme en que el mundo empiece a hablar de Palestina como un “Estado reconocido” cuando en la práctica sigue siendo una nación ocupada, colonizada y bloqueada. Esa ficción legal puede usarse para congelar el conflicto, desactivar denuncias internacionales y responsabilizar a las propias víctimas de su situación.

En ese escenario, se transforma la causa palestina de una lucha anticolonial legítima en una disputa burocrática entre “dos gobiernos”. Se borra la historia, se invisibiliza el apartheid y se apaga la voz de los mártires.

Conclusión

La avalancha de reconocimientos no es gratuita, ni desinteresada, ni revolucionaria. Es parte de un reajuste político global ante el desgaste moral de Occidente y el ascenso de la resistencia palestina. Puede ser útil diplomáticamente, sí, pero no debemos dejarnos engañar: la verdadera liberación no vendrá de las cancillerías, sino de la determinación del pueblo palestino, en Gaza, en Cisjordania, en el exilio y en la diáspora. Mientras no se desmantele el régimen sionista de ocupación, ningún reconocimiento será completo. Y mientras la sangre siga corriendo en Gaza, ningún gesto simbólico bastará.