What will Trump and Petro on this Tuesday
Feb.3 talk at the White House about, in a context of threats, interventions,
unfounded accusations, bombings, and a declared imperial ambition without
scruples?
What does Trump want from Petro?
He wants to bring him to his knees.
To subject him to his agenda of domination over the Latin American backyard.
Trump believes he holds all the
cards. He will be “diplomatic” in his dealings with the Colombian president,
but his ambitions will continue on their course.
He already has the governments of
Argentina, Ecuador, Paraguay, Peru, Bolivia, El Salvador, and Panama on their
knees; Chile, Honduras, and Costa Rica are next.
He has already fraudulently
intervened in the elections of several countries. He wants them all. Obedient.
Why did he kidnap President Maduro?
To tell the others (without saying it outright) that they could be next.
The level of malice and egolatry
displayed by Trump knows no limits. And the world carries on as if nothing were
happening. There are no authorities capable of stopping a convicted criminal, a
seditionist, an abuser, a thief, and a murderer.
The world reveals what it has always
been: a jungle with its own “law”
Trump wants to interfere in
Colombia’s upcoming elections. He is determined to install a puppet government.
That is why, through his subordinates, he has received the stooge Colombian
political operators.
The orange agent does not mince his
words. He knows exactly what he is after. He will meet Petro in order to obtain
information that will allow him to continue his interventionism in Colombia.
President Petro will know how to
handle the great blackmail that the emperor will present to him.
Trump has Petro by the throat. He
had him included on the Clinton List to weaken him and make him vulnerable to
blackmail. He accused him of being a drug lord for the same purpose.
Trump believes he holds all the
cards.
And he does.
He has a coordinated plan with the
local lackeys. Domestically, they managed to repeal the economic emergency
decree. They are going to disqualify Iván Cepeda from the Broad Front
consultation. The National Electoral Council has just revoked the Historical
Pact’s list in the Valle del Cauca for the House of Representatives.
Everything is coordinated. Internal
and external war against the continuity of the political project of change.
It is in this context that the
Trump–Petro meeting will take place.
Infamy keeps turning the crank
without pause.
What can be done in the face of such
ignominy?
OPC (Organized Political Crime) has
taken over the high courts, Congress, the Prosecutor’s Office, the Inspector
General’s Office, and the Comptroller’s Office. Enough to win the lawfare and
to destroy the election of more lawmakers from the Historical Pact.
This dirty war isn’t just talk. It
is what the economic and political oligarchy has always done, for more than 200
years.
The only difference is that now they
are forced to show their manners without keeping up appearances.
De quoi vont parler Trump et Gustavo Petro ce mardi 3 février à la Maison
Blanche dans un contexte de menaces, d’interventions, d’accusations infondées,
de bombardements, d’une ambition impériale déclarée sans scrupules ?
Que veut Trump de Petro ?
Il veut le mettre à genoux. Le soumettre à son agenda d’asservissement
de l’arrière-cour latino-américaine.
Trump croit tenir le manche de la poêle. Il se montrera « diplomate »
dans ses relations avec le président colombien, mais ses prétentions suivront
leur cours.
Il a déjà mis à genoux les gouvernements d’Argentine, d’Équateur, du
Paraguay, du Pérou, de la Bolivie, du Salvador, du Panama ; les prochains
seront le Chili, le Honduras, le Costa Rica.
Il est déjà intervenu de manière frauduleuse dans les élections de
plusieurs pays. Il les veut tous. Obéissants.
Pourquoi a-t-il kidnappé le président Maduro ? Pour dire aux autres
(sans le dire) qu’ils peuvent être les prochains.
Le degré de malveillance et d’égolâtrie de Trump n’a pas de limites. Et
le monde continue comme si de rien n’était. Il n’existe aucune autorité capable
d’arrêter un repris de justice, séditieux, abuseur, voleur et assassin.
Le monde révèle ce qu’il a toujours été : une jungle avec sa propre « loi ».
Trump veut intervenir dans les prochaines élections en Colombie. Il est
déterminé à imposer un gouvernement fantoche. C’est pour cela que, par
l’intermédiaire de ses subalternes, il a reçu les politiciens colombiens
apatrides.
L’agent orange n’y va pas avec le dos de la cuiller. Il sait très bien
ce qu’il veut. Il va rencontrer Petro afin d’obtenir des informations qui lui
serviront à poursuivre son interventionnisme en Colombie.
Le président Petro saura comment se débrouiller face au grand chantage
que l’empereur va lui imposer.
Trump tient Petro à la gorge. Il l’a fait inscrire sur la liste Clinton
pour l’affaiblir et pouvoir le faire chanter. Il l’a accusé d’être un chef de
narcotrafiquants dans le même but.
Trump croit tenir la poêle par le manche.
Et il la tient.
Il dispose d’un plan articulé avec les harkis locaux. À l’intérieur du
pays, ils ont réussi à abroger le décret d’urgence économique. Ils vont rendre
Iván Cepeda inéligible pour la consultation du Front large. Le Conseil national
électoral vient de révoquer la liste du Pacte historique dans le département du
Valle del Cauca pour la Chambre des représentants.
Tout est articulé. Guerre interne et externe contre la continuité du
projet politique du changement.
C’est dans ce contexte que se tiendra la rencontre Trump–Petro.
L’infamie actionne sans relâche la manivelle.
Que faire face à tant d’ignominie ?
Le CPO (Crime politique organisé) contrôle les hautes cours, le
Congrès, le Parquet, le Bureau du procureur général, la Cour des comptes.
Suffisant pour gagner la guerre juridique — le lawfare — et empêcher l’élection
de nouveaux parlementaires du Pacte historique.
Cette guerre sale ne relève pas du radotage. C’est ce que l’oligarchie
économique et politique a toujours fait, depuis plus de 200 ans.
Sauf qu’aujourd’hui, elle est obligée de montrer ses manières sans
sauver les apparences.
Renée Good et Alex Pretti ont été assassinés pour avoir osé entraver les
efforts de l’administration Trump visant à banaliser les kidnappings et la
violence d’État.
Renée Good et Alex Pretti ; illustrations de John Brooks
Fintan O’Toole (1958)
est éditeur conseil à The New York Review et chroniqueur au quotidien Irish Times. Son livre For and
Against a United Ireland (Pour et contre
une Irlande unie), coécrit avec Sam McBride, paraîtra aux USA en février 2026)@fotoole
Le désir de
Donald Trump de tout baptiser de son nom, du Centre Kennedy au golfe du Mexique
(« Je voulais l’appeler le golfe de Trump », a-t-il déclaré en janvier), peut
sembler presque comiquement puéril. Mais cette plaisanterie est devenue
meurtrière : son régime étiquette « terroristes » ceux qu’il exécute et traîne
leur nom dans la boue. Cet renommage est une affirmation de pouvoir absolu, et
les USA sont à un moment où la prétention de Trump à la domination du langage
est devenue mortelle – tant pour les individus que pour la république elle-même.
Si le meurtre d’Alex Pretti dans les rues de Minneapolis ne peut être appelé
meurtre, un régime autoritaire a réussi l’une de ses épreuves cruciales : il
peut inverser tous les sens, retourner la transgression morale ultime, faisant
de la victime le coupable, et du coupable la victime.
Il est
frappant que le crime capital pour lequel Pretti et Renée Good – abattue de
plusieurs balles à bout portant par un agent de l’ICE à Minneapolis quelques
semaines plus tôt – ont été sommairement exécutés, soit le crime de témoignage.
Good observait le travail de l’ICE depuis sa voiture. Pretti filmait des agents
de la Patrouille frontalière dans la rue. Tous deux s’acquittaient de la tâche
que les démocraties assignent aux citoyens : être attentifs au fonctionnement
du pouvoir. Si le prix de la liberté est une vigilance éternelle, un pays qui
inflige le châtiment ultime à ceux qui osent être vigilants ne peut plus être
libre.
La vigilance
est la forme de résistance la plus dangereuse car elle entrave le projet
d’accoutumance du régime Trump. Le fascisme opère en rendant l’extrême normal.
L’habitude, comme le dit Samuel Beckett, est une grande anesthésiante. Il est
évident depuis le début du second mandat de Trump qu’il tente de faire en sorte
que la vue d’hommes armés et masqués aux pouvoirs pratiquement illimités
devienne familière aux USAméricains.
D’abord en
déployant des troupes de la Garde nationale à Los Angeles et dans d’autres
villes, puis en envoyant des contingents de l’ICE à Washington, Memphis,
Nashville, Atlanta, Charlotte, La Nouvelle-Orléans, Brownsville, Las Vegas, Los
Angeles, Philadelphie, Newark, Boston, Chicago, Détroit, Indianapolis et
Minneapolis, le régime redéfinit non seulement les normes juridiques et
politiques, mais la normalité elle-même. Il rend routinière la menace d’une
violence d’État arbitraire, l’intégrant au tissu de la vie urbaine quotidienne.
L’espoir est que la plupart des USAméricains puissent être éduqués à vaquer à
leurs occupations ordinaires tout en étant visiblement occupés.
Je sais,
d’ailleurs, que c’est tout à fait possible. Pendant trente ans, dans certaines
régions de mon Irlande natale, des soldats avec des mitraillettes tapis dans
l’embrasure des boutiques ou rôdant dans les arrière-cours des maisons étaient
tellement considérés comme allant de soi qu’on ne les voyait, si on les voyait,
que du coin de l’œil. Ce qui est toujours présent finit par être à peine là.
Cette
procédure d’accoutumance est aussi un processus d’escalade. La prise de pouvoir
autoritaire dans une démocratie bien établie doit être graduelle. Et les
gradations sont principalement morales. La population doit être désensibilisée.
Les gens doivent s’habituer aux images d’enfants enlevés par des agents masqués
non identifiés. Ils doivent s’acclimater à voir de jeunes femmes saisies et
embarquées dans des camionnettes banalisées par des hommes sans visage ; ils
doivent apprendre à ne pas reconnaître un kidnapping.
Ils doivent
se familiariser avec les disparitions officielles – une idée autrefois confinée
aux ténèbres au-delà de la frontière sud, mais maintenant pleinement
domestiquée. Ils doivent s’habituer aux meurtres – d’abord aux morts obscures
et isolées de migrants : trente-deux personnes sont mortes en détention de
l’ICE en 2025, souvent à cause du refus des autorités de traiter des affections
médicales aiguës. Et puis ils doivent s’habituer aux meurtres publics, ouverts
et flagrants de citoyens usaméricains. Dans cette logique d’escalade, une
exécution sommaire de sang-froid n’est pas un accident. C’est un point
culminant. Le meurtre d’Alex Pretti était en soi un acte manifestement
intentionnel, mais il était aussi politiquement délibéré. Après la mort de
Renée Good le 7 janvier, une administration qui ne serait pas déterminée à
instaurer une autocratie aurait mis un terme aux déploiements massifs de l’ICE.
La mort de Good aurait été traitée comme un désastre – pas seulement une
tragédie privée, mais une terrible bévue gouvernementale. Trump aurait
clairement indiqué que cela n’aurait jamais dû arriver.
Bien sûr,
lui et ses subordonnés ont fait exactement le contraire, qualifiant Good de
terroriste intérieure et justifiant son meurtre comme un acte de légitime
défense individuelle et institutionnelle. Mais pour que cette tactique devienne
banale, pour établir de telles exécutions comme faisant partie de l’ordre des
choses, la mort de Good ne pouvait être un cas isolé. Il fallait doubler la
mise. Les terroristes intérieurs, par définition, ne viennent pas seuls. Ils
sont multiples – et les actions nécessaires pour s’en défendre doivent aussi
être multipliées.
Cela ne
signifie pas que le meurtre de Pretti ait été spécifiquement ordonné. Mais le
modèle était certainement préparé à l’avance. « La sentence d’abord – le
verdict ensuite », dit la Reine de Cœur de Lewis Carroll. Ici, c’est un cas de
justification d’abord, exécution ensuite. La licence de tuer Pretti a été émise
lorsque Good a été redéfinie comme une terroriste intérieure tentant de tuer un
agent.
Le corps à
peine refroidi de Pretti a été enfoncé dans ce récit préformulé. C’était un
tueur de masse contrarié. Quelques heures après son meurtre, le conseiller
principal de Trump, Stephen Miller, a posté sur X : « Un assassin potentiel a
tenté de tuer des forces de l’ordre fédérales et le compte officiel démocrate
prend le parti des terroristes. » Tant Gregory Bovino, alors commandant suprême
de la Patrouille frontalière, que Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe à la
Sécurité intérieure, ont affirmé que Pretti était sur le point de « faire un
maximum de dégâts et de massacrer les forces de l’ordre ». La secrétaire à la
Sécurité intérieure, Kristi Noem, a utilisé presque exactement la même
expression, laissant peu de doute sur le fait qu’elle avait été consciemment
élaborée.
Le grand
mensonge de la menace prétendument posée par Good est ici délibérément
amplifié. Good s’était livrée à du « terrorisme intérieur » ; Miller est passé
au pluriel, faisant de Pretti simplement l’un « des terroristes ». (Puisqu’ils
sont innombrables, ils pourraient être légion.) Good tentait de tuer un agent.
Pretti planifiait un massacre – pas seulement des agents présents, mais des «
forces de l’ordre » elles-mêmes. L’inflation grotesque du langage par Trump, sa
diabolisation des politiciens d’opposition, sont désormais pleinement intégrées
à la violence organisée de rue de son régime. Ainsi doit-il en être toujours
dans l’État autoritaire : la menace existentielle ne peut être vaincue que si
ceux qui l’incarnent peuvent être privés de leur existence même.
Peu importe
que cette histoire enflée soit plus difficile à rendre crédible que le mensonge
officiel habituel qui caractérise de tels meurtres comme de simples accidents
malheureux dont la cause réelle est impossible à déterminer. Amener les gens à
accepter un récit vaguement crédible est une manifestation de pouvoir absolu
moindre que de les amener à accepter – ou mieux encore, à simplement hausser
les épaules devant – un récit incroyable au possible. Il y a, dans une grande
partie des médias usaméricains, une habitude acquise de haussement d’épaules,
une retenue civilisée à ne pas appeler une occupation une occupation, un
mensonge un mensonge, un meurtre un meurtre. Comme l’a noté Jem Bartholomew
dans la Columbia Journalism Review peu après le meurtre de Pretti, « la
presse est encore réticente à dénoncer directement les mensonges de
l’administration ». Mais cette timidité déplacée attise en réalité le feu.
Quand les incendiaires sont à la Maison Blanche et que leurs cibles sont toutes
les limites légales, institutionnelles, politiques, civiques et morales à la
capacité de Trump de faire, comme il le proclame si ouvertement, « tout ce que
je veux », l’anesthésie du langage a des conséquences fatales.
Ainsi, même
si le New York Times a fait un excellent travail en analysant les images
vidéo de l’exécution de Pretti, il a initialement eu recours à la conclusion
anodine que « les vidéos analysées par le New York Times semblent
contredire les récits fédéraux de la fusillade ». Semblent ? Comme le
journal l’a implicitement reconnu plus tard, la vérité est que « les vidéos
contredisent directement les descriptions de l’incident par les responsables de
l’administration ». Il est bon que le réflexe instinctif de la circonlocution
floue ait finalement été surmonté, mais assurément, une fois que l’analyse du
journal a montré de manière définitive que l’administration mentait
effrontément au sujet d’un meurtre officiel, cela aurait dû faire les titres
les plus crus.
Pendant ce
temps, le comité de rédaction du Wall Street Journal déclarait que bien
qu’il ne méritât pas d’être abattu, « Pretti a commis une erreur tragique en
interférant avec des agents de l’ICE ». Son erreur était d’avoir « tenté,
stupidement, d’aider une femme qui avait été gazée au poivre par des agents ».
Il ressort clairement du reste de l’article que le Journal croit que
l’administration Trump ment au sujet de son meurtre injustifié d’un citoyen usaméricain,
mais la portée de cette vérité par ailleurs stupéfiante est diluée par la
suggestion qu’il était, après tout, un imbécile. Dans un État autoritaire, qui,
à part un imbécile, tenterait d’aider une femme gazée au poivre par les troupes
de choc du grand leader ?
Le péché d’«
interférence » civique est en fait la grâce salvatrice de la démocratie. Good,
Pretti et des milliers d’autres citoyens ont entravé le renversement armé des
libertés démocratiques en faisant ce que le journalisme est censé faire :
prêter attention à la réalité effective, sur le terrain. Le téléphone que
Pretti avait à la main était un lien avec une détermination communautaire à
refuser le narcotique de la normalisation. Les vidéos qui exposent les trumperies
de l’administration sur son propre usage d’une violence extrême contre une
dissidence pacifique sont elles-mêmes le produit du courage de se montrer,
d’être là, de voir par soi-même – des impulsions que les journalistes sont
censés valoriser par-dessus tout, à côté de l’usage d’un langage précis pour
nommer ce que l’on voit.
Le défi que posent les vidéos est celui d’une
preuve inconfortablement irréfutable : la preuve d’exécutions sanctionnées
et du mensonge systématique d’un gouvernement. Si les preuves si courageusement
rassemblées ne mènent pas à un profond renversement, le recul temporaire de
Trump face à l’indignation publique (atténuant la campagne de diffamation
contre Pretti, retirant Bovino de Minneapolis, et plaçant les deux officiers
ayant abattu Pretti en congé administratif) ne sera qu’une retraite tactique ,
une autre étape dans l’accoutumance progressive des USAméricains à
l’application arbitraire de la loi martiale. Le nom de la condition à laquelle
les USA se seront rendus est écrit en toutes lettres dans les livres d’histoire
de l’Europe.
NdT Ci-dessous, traduits par Tlaxcala, deux articles d’intellectuels
afro-usaméricains sur les meurtres de Minneapolis et sur l’idéologie à l’œuvre dans
les crimes d’État trumpesques, avec un rappel historique salutaire.
Le
nationalisme « Sang et Sol »* qui a tué Alex Pretti et Renee Good
Pretti et
Good ont été étiquetés « terroristes intérieurs » par la Homeland** –
une rhétorique employée par l’administration pour justifier que l’État ôte la
vie, en associant les morts à la scélératesse nationale.
Ta-NehisiCoates (Baltimore, 1975) est l’auteur de The Beautiful
Struggle, We Were Eight Years in Power, The Water Dancer, et Between the
World and Me, qui a remporté le National Book Award en 2015. Il est récipiendaire d’un National
Magazine Award et d’une bourse MacArthur. Il occupe actuellement la chaire
Sterling Brown au département d’anglais de l’Université Howard.
Suite au meurtre de la poète et écrivaine Renee Good, Donald Trump et ses collaborateurs ont fait tout leur possible pour la définir comme une ennemie de « la Patrie » L’administration affirme, par exemple, que Good était une « terroriste intérieure», un terme qu’elle applique désormais également à Alex Pretti, l’infirmier de réanimation tué par des agents fédéraux samedi. Cette rhétorique est employée pour justifier que l’État ôte la vie, en associant les morts à la scélératesse nationale. Mais la campagne contre Good est différente – parce que la Patrie porte un intérêt particulier et pervers aux femmes jugées insuffisamment respectueuses du foyer et de la famille. Les propagandistes de Trump nous disent que Good faisait partie d’une cabale grandissante de dames blanches insolentes devenues violentes ; qu’elle était une « agitatrice lesbienne» de connivence avec des « escrocs somaliens avec un QI de 68 » ; ou qu’elle était simplement, comme son meurtrier l’a apparemment qualifiée, une « fucking bitch » (une putain de salope). Pour ces péchés et d’autres, sa stigmatisation s’est prolongée dans l’au-delà : avec l’outil d’IA Grok d’Elon Musk, les utilisateurs ont produit en masse des deepfakes de Good avec des balles dans la tête et de son cadavre en bikini. Tout cela est approprié : en défendant les sans-papiers, Good a violé la sainteté de la Patrie, c’est-à-dire qu’elle a remis en question la promesse divine du sol américain à un peuple mythique et singulier.
American Progressde John Gast, vers 1872, que le Département de la Sécurité intérieure a récemment posté sur les réseaux sociaux. Bibliothèque du Congrès.
Car la
Patrie n’est pas « l’État » ni même « le Pays ». La Patrie
n’est pas définie par une simple géographie. Elle existe au-delà des lois et
des normes. Elle se moque des concepts usaméricains traditionnels comme « liberté »,
« libre arbitre » ou « pluralisme ». La Patrie est ce
morceau de terre providentiellement attribué au Volk. Les frontières de
la Patrie sont tracées dans un sang non souillé, sa sainteté exemplifiée par
une conduite genrée appropriée et l’accomplissement des rôles de genre. C’est
la Patrie que l’ICE vénère dans ses posts de recrutement parés de colons blancs
victorieux et d’Amérindiens écrasés. C’est la Patrie que Musk
a saluée
(deux fois) lors de l’investiture de Trump. C’est la Patrie que feu Charlie
Kirk aimait
invoquer
:
Je veux pouvoir me marier, acheter une
maison, avoir des enfants, leur permettre de faire du vélo jusqu’au coucher du
soleil, les envoyer dans une bonne école, avoir un quartier peu criminogène, ne
pas qu’on enseigne à mon enfant ces conneries lesbiennes, gays, transgenres à l’école.
Tout en n’ayant pas non plus à entendre l’appel à la prière musulman cinq fois
par jour.
On dit
souvent que la Patrie se méfie des immigrants, mais plus précisément, la Patrie
se méfie des aliens. Les demandeurs
d’asile de Gaza
fuyant un génocide n’ont pas leur place dans la Patrie ; les Afrikaners
souffrant de l’indignité de l’après-apartheid sont les bienvenus. La Patrie
convoite les Nord-Européens, mais considère les USAméricains d’origine
somalienne comme « des
déchets ».
« Pourquoi ne pouvons-nous pas avoir des gens de Norvège, de Suède, juste
quelques-uns ? », a
récemment déclaré Trump. « Mais nous prenons toujours des gens de Somalie, des
endroits qui sont un désastre, n’est-ce pas ? Crades, sales, dégoûtants,
infestés par la criminalité ». Les critères de ces distinctions – entre
immigrant putatif et alien indélébile – ne sont pas compliqués ; car
avant tout, la Patrie est un projet raciste.
Sécuriser la
Patrie est la caractéristique centrale de l’administration Trump. À Los Angeles
et Chicago, Trump cherche à la purifier. Avec le Groenland et le Venezuela,
Trump cherche à l’étendre et l’enrichir. Les hommes hétérosexuels sont les
défenseurs légitimes de la Patrie. Les agitatrices lesbiennes, comme Good, en
sont les ennemies jurées. Les chrétiens sont le sang vital de la Patrie. Les « stupides musulmans » en sont le cancer.
Une caractéristique de la Patrie est que ses ennemis doivent être infrahumains
– les membres de la communauté LGBTQ+ sont des « pédés », les femmes
récalcitrantes sont des truies « moches » , et les habitants de
Washington sont des « cafards”.
Portrait
de la militante usaméricaine des droits civiques Viola Liuzzo avec ses enfants. Getty
Images.
Pendant des
années, un certain type de libéraux a soit minimisé une telle rhétorique de
guerre culturelle venant de l’autre camp, soit exhorté les acteurs politiques
de tout bord à l’ignorer au profit de questions « matérielles » ou « du
quotidien » – comme si le fait que l’État considère la vie de quelqu’un
comme « des déchets » n’avait aucune conséquence tangible, comme si
les termes d’un combat pouvaient être déterminés par la personne qui reçoit les
coups. Mais Trump a clarifié un fait gênant – la guerre culturelle est une
vraie guerre. L’ICE, pleine de myrmidons de la Patrie, jouit d’un budget de 85
milliards de dollars, une somme « supérieure au budget militaire annuel de
tous les pays du monde à l’exception des USA et de la Chine », comme Caitlin
Dickerson l’a rapporté dans The Atlantic : « Immigration and
Customs Enforcement – juste une composante du Département de la Sécurité
intérieure – reçoit plus d’argent que toute autre agence d’application de la
loi en Amérique ».
Les
expulsions ont augmenté sous Trump, mais ce n’est pas le véritable but de l’ICE.
« Ils ne prennent pas au sérieux le
fait de se débarrasser du plus grand nombre de personnes possible. Ils prennent
au sérieux le fait de causer de la douleur et de la souffrance humaines »,
a déclaré un ancien responsable de l’ICE à Dickerson. « Mettre quelqu’un
en détention n’est pas une expulsion, c’est une punition ». Trente-deux personnes
sont mortes
sous la garde de l’ICE en 2025 – le nombre le plus élevé depuis 20 ans. Et comme
il sied à administration remplie de stars de la télé-réalité, une politique de
douleur et de souffrance humaines est actuellement reconditionnée comme
spectacle. Les portraits de militants arrêtés pour avoir défié la Patrie ont
été modifiés via l’IA. Des célébrités mineures, dont le statut douteux décline,
ont cherché à booster leurs perspectives en accompagnant
l’ICE
lors de raids ou même en
rejoignant ses rangs.
Kristi Noem, la chef du Département de la Sécurité intérieure, a posé devant un
groupe d’immigrants envoyés sur un site de torture au Salvador, dans un show d’excitation
sadique. En juin dernier, la superviseure du comté de Los Angeles Janice Hahn a
regardé Noem mener un raid de l’ICE à Huntington Park. « Je pouvais dire
qu’elle faisait une production complète avec équipe de tournage », a
déclaré Hahn.
« Elle se faisait coiffer et maquiller ». Noem, comme le président qu’elle
sert, a le sens du théâtral. Elle fait du cosplay [costumade] en tenue
de camouflage et gilets pare-balles. L’accent mis sur l’apparence et la valeur
de production est essentiel dans un mouvement qui cherche non seulement à
purifier l’USAmérique réelle, mais à ressusciter l’USAmérique de la légende et
du mythe. Sécuriser la Patrie, nous disent-ils, est une priorité existentielle.
C’est aussi du contenu.
De nombreux USAméricains,
horrifiés par les agents de la Patrie qui déferlent sur des communautés
entières, saisissent des enfants, emmènent en menottes des vieillards à moitié
nus, et détiennent qui bon leur semble, avec ou sans inculpation, tout en
jouissant d’une « immunité
absolue »,
se sont arrêtés sur un terme intéressant : “occupation”. Cette désignation est
aussi correcte qu’elle est peu originale – un fait dont plus d’USAméricains
feraient bien de se souvenir. L’ICE a contracté des outils de surveillance qui,
selon Joseph Cox de 404
Media, lui permettent de « suivre des téléphones sans mandat et de
suivre leurs propriétaires jusqu’à leur domicile ou leur employeur ». Ces
outils, déployés dans tout Minneapolis selon les rapports, n’ont pas été créés
en Amérique, mais en
Israël,
une autre patrie encore, qui applique « l’occupation » la plus longue
de l’histoire moderne. Ainsi, les citoyens du Minnesota ont, en tant que
contribuables usaméricains, subventionné une occupation à l’étranger qui est
effectivement un laboratoire pour la leur.
Nous ne
sommes pas tombés aveuglément dans cette ère de règne de la Patrie. Il y a près
de 25 ans, lorsque le Département de la Sécurité intérieure a été proposé pour
la première fois, il y avait des pressentiments, même parmi les partisans, que
les choses pourraient un jour en arriver là. « Homeland n’est pas
vraiment un mot américain », a
écrit Peggy Noonan
dans The Wall Street Journal en 2002. Elle soutenait la création du
département. Mais quelque chose la gênait dans le nom. « Ce n’est pas
quelque chose que nous disions ou disons maintenant. Cela a une résonance
vaguement teutonique – Ve must help ze Fuehrer protect ze Homeland! »
Le blogueur Mickey Kaus, écrivant pour Slate cette année-là, a
fait écho aux inquiétudes de Noonan, notant que le nom proposé pour le département « lie
explicitement nos sentiments à la terre, pas à nos idées ».
Russell
Feingold, qui était à l’époque le sénateur junior du Wisconsin, a vu quelque
chose de plus substantiel à l’œuvre. Feingold a vu des lacunes dans la
législation qu’un tyran en puissance pourrait facilement exploiter. Une telle
figure serait totalement dépourvue de vertu, et les collègues de Feingold ne
pouvaient imaginer que le peuple usaméricain, dans son infinie sagesse,
permettrait à un tel archi-méchant d’accéder à la présidence.
« Les
gens disaient : ‘Russ, aucun président ne ferait X, Y ou Z’ », m’a
récemment confié Feingold. « En d’autres termes, les normes sont assez
fortes pour que tu fasses figure de Cassandre." Feingold a été le seul
sénateur à voter contre le Patriot Act, et l’un des neuf seuls sénateurs à s’opposer
à la création du Département de la Sécurité intérieure. Il a observé avec
inquiétude comment, après le 11 septembre, la politique d’immigration du pays a
été absorbée par la lutte antiterroriste.
Un
portrait de Renee Nicole Good est collé à un lampadaire près du lieu de sa
fusillade. Photo prise le 8 janvier 2026 à Minneapolis, Minnesota. Stephen
Maturen/Getty Images
« Dès
que le 11 septembre s’est produit, en quelques secondes, il est devenu clair
que l’administration Bush allait cibler les Américains musulmans et arabes »,
a déclaré Feingold. En effet, sur une période de mois, le FBI a détenu 762
immigrés sans papiers, principalement de pays musulmans ou arabes, comme
personnes « d’intérêt ». Le Bureau de l’Inspecteur Général du
Département de la Justice a rapporté plus tard que la détention pouvait
résulter de quelque chose d’aussi simple que « le signalement par un
propriétaire d’activités suspectes d’un locataire arabe » ou la possession
« d’objets suspects », comme des photos du World Trade Center et d’autres
bâtiments célèbres. Ces hommes ont été détenus pendant des semaines ou des
mois, certains privés de contact avec des représentants légaux, certains
physiquement maltraités, et certains mis à l’isolement 23 heures sur 24. La
plupart ont été expulsés. Et bien qu’ayant fait l’objet d’une enquête après le
11 septembre, aucun n’a jamais été inculpé de quoi que ce soit en lien avec le
terrorisme.
En 2008,
après que Barack Obama eut remporté la primaire démocrate, Feingold a commencé
à voir émerger une autre tendance, plus ancienne, qui est fondamentale pour le
mythe de la Patrie. Alors qu’il était au Sénat, Feingold tenait à organiser des
réunions publiques dans les 72 comtés du Wisconsin. Les réunions étaient, selon
lui, « plutôt calmes », remplies de partisans et de quelques
conservateurs. « Elles étaient toujours civiles », dit Feingold. « Et
puis Obama est élu, et... je commence à aller à ces 15 dernières réunions
publiques environ, et c’était incroyable. Le gars n’avait même pas encore prêté
serment. Et tout à coup, toutes ces personnes ont commencé à venir, une sorte
de foule à l’air dur, et à huer et dire : « C’est un socialiste ; il n’est
pas né aux States ; il va faire ci, il va faire ça, et il y avait du feu dans
leurs yeux. Et c’était très étrange, parce qu’Obama avait remporté beaucoup de
ces comtés dans les zones rurales, et pourtant il y avait cette chose qui se
passait ».
Quand les
experts ont ensuite essayé d’attribuer la croissance du Tea Party, puis la
première élection de Trump, à « l’anxiété économique » et à une
classe ouvrière bafouée, Feingold était sceptique. Il y avait « toute
cette dynamique qui s’est cristallisée [en] ce sentiment que les Blancs étaient
assiégés », dit Feingold. « ça,
pour moi, c’est en quelque sorte le contexte politique qui ouvre la porte ».
Mais aussi
sceptique qu’il fût, Feingold n’a jamais vu les choses aller aussi loin. (Il a
perdu sa candidature à la réélection en 2010 face au républicain Ron Johnson,
un allié de Trump toujours en fonction et qui n’a pas encore commenté le
meurtre de Pretti.) « Je serai le premier à l’admettre, la raison pour
laquelle je l’ai fait était parce que je craignais qu’un jour il pourrait y
avoir quelqu’un qui ferait certaines de ces choses de manière abusive », dit
Feingold à propos de son vote contre le DHS, « mais je n’ai jamais imaginé
qu’il y aurait quelqu’un qui ferait toutes ces choses à chaque occasion ».
Le problème
survivra presque certainement à la présidence de Trump. Le budget de l’ICE a
régulièrement augmenté sous les administrations démocrates et républicaines. Ce
financement est allé à ce que le journaliste Radley
Balko appelle
« l’agence de police fédérale la plus voyoute, renégate, et certainement
pro-Trump ». Peu importe qui gagne les élections de mi-mandat cette année,
ou l’élection présidentielle de 2028, l’Armée de la Patrie restera, et ses
ennemis au Parti Démocrate semblent avoir peu d’envie de riposter.
Et donc, il
revient alors au peuple lui-même de le faire.
En ces
moments, je trouve du réconfort et de l’inspiration chez les ancêtres et les
martyrs. Il y a plus d’un demi-siècle, comme
l’a récemment noté l’écrivain Jelani Cobb [voir ci-dessous], la militante
Viola Liuzzo, mère au foyer de cinq enfants, a quitté sa famille à Détroit et s’est
rendue dans le Sud pour rejoindre la marche vers Montgomery, et ce faisant a
laissé derrière elle les privilèges de la condition de dame blanche. Pour avoir
transgressé contre la Patrie de cette époque – le Sud néo-confédéré – Liuzzo a
été assassinée par des suprémacistes blancs. Tout comme Good a
été diffamée par les autorités de la Patrie comme terroriste intérieure et « putain
de salope », Liuzzo a été diffamée par les dirigeants de la Patrie comme
une héroïnomane et nymphomane qui était allée dans le Sud pour cocufier son
mari.
Mais la
diffamation était, en elle-même, révélatrice, car elle démontrait les normes
perverses et exigeantes de la Patrie, son obsession de la hiérarchie, ses
frontières rigides et le prix élevé imposé à quiconque osait les franchir. Les
forces du Sud néo-confédéré « ne représentaient pas simplement une menace
pour les Afro-Américains, comme c’était la perception populaire », a écrit
Cobb. « Elles étaient un danger mortel pour quiconque n’était pas d’accord
avec elles, quels que soient sa race, son origine ou son genre ».
Peut-être
sommes-nous dans un tel moment maintenant, où une mort démontre au pays la
nature large de la menace. Mais c’est un espoir passif, et dans la vie de
Liuzzo, nous trouvons un appel à l’action plus actif. Liuzzo est née dans la
pauvreté. Son père était mineur de charbon ; son mari, un organisateur
syndical. Sa famille était du genre sel de la terre souvent célébré dans
les hymnes de la Patrie. Alors que la Patrie voit la liberté comme la seule
prérogative de sa tribu, la vision de Liuzzo s’étendait à l’humanité elle-même.
Tout en comprenant l’exploitation économique de sa famille, elle comprenait
aussi que la blanchitude l’avait enrôlée dans l’exploitation des autres.
Quand Liuzzo
a acquis cette connaissance, quand elle est devenue « éveillée » (woke),
elle a été transfigurée en traîtresse à sa race et en menace pour la Patrie.
Pour avoir été une menace, pour avoir été « éveillée », elle a été
tuée – tout comme Renee Good. (Et comme Alex Pretti.) Mais les révélations ont
aussi leurs bénédictions. En l’occurrence, une vie, aussi brève soit-elle, qui
est propre et ne dépend pas de l’oppression et de l’avilissement d’autrui. La
révélation de liens humains profonds, la croyance que nous sommes tous
également élus, a condamné Liuzzo, Good et Pretti, comme la révélation le fait
si souvent. Mais elle les a aussi immortalisés.
NdT
*« Sang et Sol » (Blut und Boden)
est un concept-clé de l’idéologie nazie, empruntant à des courants antérieurs,
qui postule un lien organique et exclusif entre une race pure et son territoire
ancestral. Utilisé pour justifier des politiques agricoles, expansionnistes et
génocidaires, il reste aujourd’hui une référence pour critiquer les formes
contemporaines d’ethnonationalisme exclusif.
**Homeland: litt. Patrie.
Désigne le Department of Homeland Security (DHS), super-ministère de l’Intérieur
fédéral créé au lendemain du 11
septembre, et employant actuellement environ 300 000 personnes, avec un budget
de plus de 103 milliards de $.
Jelani Cobb (New York,
1969) contribue au New Yorker depuis 2012 et est devenu membre de sa rédaction en
2015. Il écrit fréquemment sur la race, la politique, l’histoire et la culture.
Ses livres incluent "Three or More Is a Riot: Notes on How We Got Here,
2012-2025" et "The Substance of Hope: Barack Obama and the Paradox of
Progress". Il
est éditeur, avec David Remnick, de "The Matter of
Black Lives",
une anthologie d’écrits du New Yorker sur la race en Amérique. Sa thèse
de doctorat à l’Université Howard s’intitulait Antidote to Revolution: African
American Anticommunism and the Struggle for Civil Rights, 1931--1957 (Columbia
University Press, 2004). Il a remporté le prix Sidney Hillman 2015 pour le
journalisme d’opinion et d’analyse, pour ses chroniques sur la race, la police
et l’injustice. Il est doyen de la Columbia Journalism School depuis 2022.
La
voiture de Viola Liuzzo transportait d’autres militants après la marche de
Selma à Montgomery. Archives Photos / Getty
Le 16 mars
1965, une femme de trente-neuf ans nommée Viola Liuzzo est montée dans une
Oldsmobile de modèle récent et a parcouru huit cents miles depuis sa maison de
Détroit, Michigan, jusqu’à Selma, Alabama. Quelques jours plus tôt, suite aux
manifestations du Dimanche Sanglant, où des manifestants pour le droit de vote
avaient été gazés et battus, le Dr Martin Luther King, Jr., avait lancé un
appel aux personnes de conscience à travers le pays pour qu’elles viennent en
Alabama et participent à ce qui était déjà devenu l’un des théâtres les plus
importants du mouvement pour l’égalité. Liuzzo, une femme blanche née en
Pennsylvanie, avait déménagé au Michigan, où elle avait finalement épousé un
responsable des Teamsters [syndicat des camionneurs, NdT] et était
devenue active à la N.A.A.C.P. de Détroit. Elle a dit à sa famille et à ses
amis qu’elle se sentait obligée de faire quelque chose concernant la situation
en Alabama, a organisé la garde de ses cinq enfants et a roulé vers le sud.
Le 25 mars,
la troisième tentative de marche de Selma à Montgomery, la capitale de l’État,
s’est avérée réussie, et King a prononcé l’un de ses discours les moins connus
mais les plus significatifs sur la manière dont la privation du droit de vote
des électeurs noirs avait été essentielle pour démanteler la politique
progressiste interraciale dans tout le Sud. « La ségrégation raciale »,
a souligné King, « n’est pas survenue comme un résultat naturel de la
haine entre les races immédiatement après la guerre civile ». Elle avait
plutôt évolué, a-t-il soutenu, dans le cadre d’une campagne plus large visant à
détruire l’alliance naissante entre les anciens esclaves et les Blancs
dépossédés qui est apparue pendant la Reconstruction. Ensuite, Liuzzo, qui s’était
portée volontaire pour transporter des militants entre les deux villes, a roulé
vers Montgomery avec Leroy Moton, un organisateur noir de dix-neuf ans. Ils ne
sont jamais arrivés. La voiture de Liuzzo a été interceptée par une voiture
transportant quatre hommes associés au Ku Klux Klan. Des balles ont été tirées
dans la voiture de Liuzzo, la tuant. Moton, couvert du sang de Liuzzo, a fait
semblant d’être mort, puis est parti chercher de l’aide après le départ des tueurs.
Le meurtre a
envoyé des ondes de choc à travers le mouvement et à travers la nation. Les
travailleurs des droits civiques Andrew Goodman, James Chaney et Michael
Schwerner avaient été assassinés à Philadelphie, Mississippi, l’été précédent,
et en février de la même année, Jimmie Lee Jackson, un marcheur de vingt-six
ans, avait été mortellement abattu par un policier de l’État de l’Alabama après
une manifestation pour le droit de vote. Deux semaines avant que Liuzzo ne soit
attaquée, le révérend James Reeb, un ministre unitarien et membre de la
Southern Christian Leadership Conference de Boston qui était également bénévole
dans la campagne pour le droit de vote, avait été battu à mort. Néanmoins, la
mort de Liuzzo – et, spécifiquement, le fait que les antagonistes du mouvement
étaient prêts à tuer une femme blanche – pointait vers une conclusion plus
large. Les forces alignées contre le mouvement ne représentaient pas simplement
une menace pour les Afro-Américains, comme c’était la perception populaire.
Elles étaient un danger mortel pour quiconque n’était pas d’accord avec elles, quels
que soient sa race, son origine ou son genre.
Les
événements récents ont donné une pertinence renouvelée aux circonstances de la
mort de Viola Liuzzo. À Minneapolis, le 7 janvier, Renee
Good, une
poète et mère de trois enfants de trente-sept ans originaire du Colorado, a été
tuée par Jonathan Ross, un agent de l’Immigration and Customs Enforcement qui a
tiré sur sa voiture alors qu’elle tentait de s’enfuir. Good, qui venait de
déposer son plus jeune enfant à l’école, tentait de bloquer la rue dans le
cadre d’une protestation contre une vaste répression de l’ICE qui
assiège Minneapolis depuis des semaines. Superficiellement, les circonstances
des deux morts, séparées de plus de soixante ans, présentaient quelques
ressemblances : deux femmes blanches d’âge similaire, toutes deux poussées par
leur conscience à venir défendre des communautés vulnérables, toutes deux tuées
dans leurs véhicules au milieu d’un conflit sociétal beaucoup plus large se
déroulant autour d’elles.
Pourtant, il
y a des similitudes plus troublantes dans ce qui s’est passé après leurs morts,
et dans ce qu’elles ont révélé sur les crises dans lesquelles elles sont
survenues. Les funérailles de Liuzzo, à Détroit, ont attiré les leaders du
mouvement, dont King et Roy Wilkins, le secrétaire exécutif de la N.A.A.C.P.,
ainsi que des personnalités du syndicalisme organisé, comme Walter Reuther et
Jimmy Hoffa. Néanmoins, le F.B.I. de J. Edgar Hoover a immédiatement lancé une
campagne de diffamation contre Liuzzo, affirmant faussement que des preuves
physiques suggéraient qu’elle avait consommé de l’héroïne peu avant sa mort et
laissant entendre qu’elle avait été attirée en Alabama non pas par des
principes profondément ancrés mais par la perspective de relations sexuelles
avec des hommes noirs. Le Bureau tentait probablement de détourner l’attention
du public du fait que l’un des quatre hommes dans la voiture lorsque Liuzzo a
été tuée était un « agent infiltré » – un indicateur payé – qui n’avait
apparemment rien fait pour empêcher sa mort. Hoover avait peut-être décidé que
si le caractère de Liuzzo pouvait être suffisamment discrédité, alors tout
contrecoup potentiel à la connexion du Bureau avec un incident impliquant le
meurtre d’une mère de famille blanche pourrait être évité.
Compte tenu
du cynisme et de la malhonnêteté qui ont défini la seconde administration
Trump, il n’était pas surprenant de voir un schéma similaire émerger dans les
heures suivant la mort de Good. Trump a initialement affirmé que Good avait
renversé Ross avec sa voiture, l’accusant d’avoir « agi horriblement »
et laissant entendre qu’elle était responsable de sa propre mort. La Secrétaire
à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, est allée plus loin et a accusé Good de
s’être livrée à un acte de « terrorisme intérieur ». La porte-parole
de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a dénigré Good comme « une
folle dérangée ». L’objectif clair de cette campagne était de faire
paraître l’inconcevable raisonnable, et le raisonnable louable.
Pourtant,
malgré toutes les similitudes entre les préjudices subis par Liuzzo et Good, il
y a la possibilité troublante que les circonstances entourant la mort de cette
dernière soient encore plus sombres. Le lendemain du meurtre de Liuzzo, le
président Lyndon B. Johnson a déclaré qu’elle avait été « assassinée par
les ennemis de la justice qui pendant des décennies ont utilisé la corde et le
pistolet, le goudron et les plumes pour terroriser leurs voisins ». Les trois hommes inculpés pour sa mort ont été
acquittés des accusations de meurtre lors d’un procès étatique, mais reconnus
coupables d’accusations fédérales de violation des droits civiques, et ont
écopé chacun d’une décennie de prison, bien que l’un soit mort avant le début
de sa peine.
La mort de
Good est survenue dans un paysage où l’implication fédérale va au-delà de la
volonté de fournir une histoire de couverture pour les actions de Ross jusqu’au
refus du Département de la Justice d’enquêter même si la fusillade a violé les
droits civiques de Good. Le D.O.J., en fait, est allé dans la direction
opposée, poussant pour une enquête criminelle sur la veuve de Good, tout en
refusant d’enquêter sur le tireur ; six procureurs fédéraux de carrière du
Minnesota ont démissionné en réponse. (Vendredi, il a été rapporté que le
D.O.J. avait ouvert une enquête criminelle sur le gouverneur de l’État, Tim
Walz, et le maire de Minneapolis, Jacob Frey, pour conspiration présumée visant
à entraver l’application de la loi fédérale.) Même à ce stade précoce, les
implications de la mort de Good sont claires. La déclaration du vice-président
J. D. Vance selon laquelle l’ICE peut opérer avec une « immunité
absolue » clarifie le sentiment que l’agence opère comme une sorte de
police secrète pouvant agir en toute impunité, sachant que les mécanismes de
responsabilité ont été annulés par le Président à qui ils doivent leur
allégeance première. L’ICE a commencé ce chapitre en antagonisant et en
détenant des personnes qu’elle prétendait être sans papiers, mais le danger s’est
étendu bien au-delà de toute communauté unique à quiconque – à travers les
lignes de genre, d’origine ou de statut de citoyenneté – ayant la témérité de
dissentir.
Ces dernières
semaines, un personnage sinistre est devenu le Méchant des médias usaméricains
et pas seulement sociaux, puisqu’il a même eu droit à un papier de la
responsable fashion du prestigieux quotidien de référence de la Grosse Pomme,
ze nouyorktaïmss. L’homme aux multiples surnoms, dont Gestapo Greggy, gagne à
être connu. Ci-dessous trois articles traduits par Tlaxcala pour découvrir Don
Gregory Bovino. Nous avons respecté le style répétitif des originaux. Aux anthropologues,
ethnologues, narratologues et autres amérikkkanologues le soin d’analyser ce phénomène
et les manières dont ils est relaté et commenté.
ICE : une
figure controversée dans l’application des lois sur l’immigration en 2026
Au cours des
premières semaines de 2026, peu de noms ont dominé les discussions sur l’application
des lois usaméricaines en matière d’immigration plus que Gregory Bovino. En
tant que fonctionnaire de longue date de la Patrouille frontalière élevé au
poste inhabituel de « Commandant sans affectation fixe », Bovino est devenu le
visage public – et l’objet fréquent de controverses – des opérations agressives
de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) sous le second mandat du
président Donald Trump. Son implication s’étend aux descentes très médiatisées
dans les grandes villes, aux affrontements avec les manifestants, aux examens
des tribunaux, et même aux commentaires des médias internationaux sur son
apparence personnelle. L’expression « Bovino ICE » apparaît maintenant
fréquemment dans les gros titres, les débats sur les réseaux sociaux et les
slogans de protestation, incarnant à la fois la politique de déportations
massives et l’intense réaction qu’elle a provoquée.
La
trajectoire de carrière de Bovino suit un chemin classique dans l’application
fédérale des lois frontalières. Né et élevé en Caroline du Nord, il est diplômé
du lycée Watauga en 1988 et a ensuite obtenu un diplôme de l’Université de
Western Carolina en 1993, où il a figuré sur la liste du doyen [tableau d’honneur].
Après de brèves études supérieures à l’Université d’État des Appalaches, il a
rejoint la Patrouille frontalière en 1996, initialement affecté au secteur d’El
Paso au Texas. Au cours des deux décennies suivantes, il a gravi régulièrement
les échelons, devenant finalement chef adjoint dans le secteur de Yuma, en
Arizona, en 2008. Ses collègues l’ont décrit comme méthodique et axé sur les
opérations, des qualités qui définiront plus tard son leadership lors de
missions à grande échelle.
Jeunesse
Gregory Kent
Bovino est né dans le comté de San Bernardino, en Californie (peut-être en
raison de circonstances familiales, du service militaire des parents ou d’un
déménagement temporaire). Son père, Michael Bovino, a été stationné dans une
base militaire après avoir été enrôlé pour un service lié à l’ère de la guerre
du Vietnam. Ce bref chapitre californien a marqué son entrée dans le monde,
mais il a été de courte durée. Dès sa petite enfance, la famille a déménagé
dans la Caroline du Nord rurale, s’installant dans la région des Appalaches
autour de Boone et Blowing Rock. Là, dans l’environnement montagneux et de
petite ville de la High Country, Bovino a passé ses années de formation,
façonnant le noyau de son identité en tant que garçon de campagne discret,
amateur de plein air, issu d’un milieu italo-américain de la classe ouvrière.
Sa famille a
déménagé en Caroline du Nord très tôt dans sa vie. Il y a été élevé, y a été scolarisé
et est fortement associé à cet État. Cependant, certains rapports et références
sur les réseaux sociaux le décrivent comme étant né et élevé dans la Caroline
du Nord rurale (par exemple, autour de Boone, Blowing Rock ou la région des
Appalaches). Le journalisme d’investigation (par exemple, l’enquête approfondie
de WBEZ en décembre 2025) se concentre sur ses « racines » en Caroline du Nord
et ses années de formation sans contredire une naissance en Californie ; la
formulation brouille parfois la distinction, amenant les lecteurs à supposer que
la Caroline du Nord est son lieu de naissance.
Aucune
source crédible majeure ne fournit un mois et un jour précis (par exemple, les
affirmations du 27 mars ou du 28 février apparaissent dans des blogs isolés ou
des publications Instagram sans vérification). La plupart se limitent à « 1970
» uniquement, probablement parce que les documents publics comme les
certificats de naissance ne sont pas rendus publics pour les personnes vivantes
non publiques, et Bovino ne l’a pas divulgué dans des interviews ou des
témoignages devant le Congrès.
Bovino a
bâti une carrière longue et régulière dans l’application fédérale des lois
frontalières bien avant de devenir une figure nationalement reconnue dans les
opérations d’immigration.
L’héritage
familial de Bovino remonte à des racines d’immigrants italiens. Ses
arrière-grands-parents ont émigré de Calabre, en Italie, en Pennsylvanie en
1909, devenant plus tard des citoyens usaméricains naturalisés. La lignée
Bovino avait des origines rurales et de la classe ouvrière – similaires, comme
l’ont noté certains profils de 2025, à celles de nombreux nouveaux venus
mexicains et d’Amérique centrale que Bovino rencontrerait plus tard dans sa
carrière d’application de la loi. Sa famille immédiate mettait l’accent sur les
valeurs traditionnelles, l’autonomie et les liens communautaires dans une
région connue pour son terrain accidenté, ses activités de plein air et ses
tendances conservatrices. Bien que des détails spécifiques sur sa mère ou ses
frères et sœurs restent limités dans les documents publics, les rapports
décrivent un foyer modeste où la discipline, le travail acharné et la
responsabilité personnelle étaient inculqués tôt.
L’enfance
dans la Caroline du Nord rurale a exposé Bovino à la nature et à des activités
de mise à l’épreuve de soi qui sont devenues des thèmes récurrents. Enfant, il
a développé une fascination pour le plein air, notamment la chasse aux serpents
dans les forêts et cours d’eau locaux – une activité qui a aiguisé ses
compétences d’observation, sa patience et son aisance dans des environnements
difficiles. Ces expériences dans la nature sauvage des Appalaches – naviguer
dans des bois denses, gérer la faune et endurer des conditions météorologiques
extrêmes – ont forgé une résilience physique et un confort avec l’isolement qui
correspondaient plus tard au travail de terrain de la Patrouille frontalière
dans des secteurs loin de tout.
Une
influence formatrice cruciale est venue de la culture populaire. Jeune garçon,
Bovino a regardé le film hollywoodesque de 1982 The Border, avec Jack
Nicholson dans le rôle d’un agent désabusé de la Patrouille frontalière
confronté à la corruption et aux traversées de migrants. Le film a laissé une
impression durable ; Bovino a plus tard rappelé avoir été frappé par le rôle
des agents dans le maintien de la loi au milieu de complexités morales. Il « ne
pouvait pas croire que les agents de la Patrouille frontalière dans le film
étaient les méchants », selon des articles d’investigation retraçant ses
motivations. Cette exposition précoce a planté la graine d’une carrière dans l’application
des lois frontalières, la présentant comme un devoir nécessaire, même
difficile, plutôt que comme une vilenie.
Les années
de lycée au Watauga de Boone (diplômé en 1988) ont marqué une croissance
personnelle clé. Bovino a rejoint l’équipe de lutte, un sport exigeant
nécessitant discipline, endurance et force mentale. Bien qu’il ne soit pas le
lutteur le plus grand ou le plus dominant – il a été décrit comme étant de
petite taille – ses coéquipiers l’ont élu « le plus amélioré » lors de sa
dernière année, une reconnaissance de sa persévérance et de son éthique de
travail. La lutte a inculqué des leçons d’agression contrôlée, de stratégie
sous pression et de camaraderie d’équipe, des qualités qui se sont traduites
plus tard dans des rôles de supervision. Les registres scolaires et les
souvenirs des camarades de classe le dépeignent comme poli, modeste et
concentré, bien que certaines anecdotes en ligne ultérieures (souvent
partisanes ou exagérées) aient tenté de présenter des incidents du lycée sous
un jour négatif.
Les
dynamiques familiales ont ajouté des couches de complexité. Des rapports de
journalisme d’investigation de 2025, y compris des articles dans le Chicago
Sun-Times et le Daily Mail, font référence à un « secret familial
tragique » impliquant son père. Michael Bovino a lutté contre l’alcool, et
quand Greg avait environ 14 ans, son père est parti pour le Nouveau-Mexique,
laissant Greg en Caroline du Nord avec le reste de la famille. Cette séparation
– au milieu de défis familiaux plus larges – a contribué à un sentiment d’autonomie
et peut-être à une motivation précoce à se prouver par la structure et la
réussite. Malgré ces difficultés, Bovino a maintenu des liens solides avec la
région, la considérant comme chez lui même des décennies plus tard.
Après le
lycée, Bovino a poursuivi des études supérieures à l’Université de Western
Carolina à Cullowhee, à proximité. Il a obtenu un baccalauréat en conservation
des ressources naturelles en 1993, figurant sur la liste du doyen et se
concentrant sur la gestion environnementale, la faune et la gestion des terres
– des intérêts qui faisaient écho à ses chasses aux serpents d’enfance et à ses
explorations de plein air. Le programme mettait l’accent sur le travail sur le
terrain, l’écologie et la protection des ressources, fournissant une base dans
l’observation systématique et les systèmes basés sur des règles. Il a
brièvement suivi des études supérieures à l’Université d’État des Appalaches
mais s’est tourné vers des aspirations en matière d’application de la loi,
influencé par son intérêt de longue date pour la sécurité frontalière suscité
par The Border et un désir de carrière structurée et impactante.
Ces
premières années – marquées par des racines Appalachiennes, un héritage
italo-américain, une mise à l’épreuve de soi en plein air, une persévérance
athlétique, des adversités familiales et une représentation médiatique
influente des agents frontaliers – ont formé le socle de l’identité
professionnelle de Bovino. Les profils de 2025–2026 soulignent souvent comment
ce passé a contribué à son approche méthodique et sans fioritures de l’application
de la loi : la considérant comme un devoir essentiel dans un monde complexe, un
peu comme gérer un paysage accidenté ou lutter contre un adversaire. Bien que
les controverses ultérieures aient amplifié l’examen de son passé, la période
de formation reste celle d’une détermination tranquille dans un cadre de petite
ville, lié à la nature, qui valorisait le courage et la responsabilité.
Une
carrière de trois décennies dans la Patrouille frontalière
Au milieu
des années 1990, alors qu’il approchait de la mi-trentaine, Bovino avait
synthétisé ces expériences en un chemin clair. L’éducation rurale a favorisé l’indépendance
et le confort dans des environnements austères ; la lutte a bâti la discipline
et la résilience ; les défis familiaux ont encouragé l’automotivation ; le film
a fourni une vision à la fois romancée et réaliste du travail frontalier ; et
ses études de conservation ont ajouté des compétences analytiques utiles dans
la planification opérationnelle. En 1996, il est entré à l’Académie de la
Patrouille frontalière dans le cadre de la Classe 325, commençant une carrière
de près de 30 ans qui l’a conduit de simple agent à El Paso à des rôles de
leadership supérieur. Son entrée dans le service fédéral est intervenue pendant
une période de défis frontaliers en évolution, notamment des flux migratoires
accrus et le trafic de drogue le long de la frontière sud. Affecté initialement
au secteur d’El Paso au Texas – l’une des zones les plus fréquentées et les
plus exigeantes – il a passé ses premières années en tant qu’agent de ligne à
apprendre les tâches principales : patrouiller dans des terrains paumés,
effectuer des arrêts de véhicules, gérer des interpellations et collaborer avec
d’autres agences. Ces expériences fondamentales dans des secteurs à fort volume
ont façonné son état d’esprit opérationnel, mettant l’accent sur le travail de
terrain, la conscience situationnelle et la coordination interagences.
Au début des
années 2000, Bovino avait été muté et avait progressé à travers divers rôles.
Il a servi dans de multiples secteurs, étant exposé à divers environnements
frontaliers – des postes de contrôle urbains aux paysages désertiques
accidentés. Ses collègues de cette période l’ont décrit comme méthodique,
soucieux du détail et engagé dans la formation des nouveaux agents. Il a
développé une expertise en opérations tactiques, gestion des preuves et pistage
assisté par des chiens, devenant finalement l’un des maîtres-chiens de pistage
certifiés de l’agence. Au cours de sa carrière, il a enregistré près de 2 000 «
trouvailles » en utilisant des équipes canines, une statistique qui a mis en
lumière ses contributions pratiques aux efforts de détection et d’interpellation.
Au milieu
des années 2010, la carrière de Bovino a accéléré vers des postes de direction
supérieure. En avril 2016, il a été promu chef associé des politiques au siège
de la Patrouille frontalière à Washington, D.C. Ce poste de cadre supérieur l’a
placé dans un rôle stratégique, où il a aidé à façonner les politiques
nationales, les normes de formation et les directives opérationnelles. Ses
responsabilités comprenaient l’examen des indicateurs de performance des
secteurs, le mentorat des dirigeants sur le terrain et la résolution de
problèmes systémiques comme l’allocation des ressources et la sécurité des
agents. L’affectation au siège a marqué un passage du commandement sur le
terrain à l’influence politique, élargissant sa perspective sur la façon dont
les directives nationales se traduisaient en travail de première ligne.
En
2019–2020, Bovino est revenu à un leadership sur le terrain en tant que chef de
la patrouille du secteur d’El Centro dans le sud de la Californie. Couvrant
environ 70 miles de la frontière usaméricano-mexicaine dans le comté d’Imperial,
le secteur était connu pour une intense activité de traversée, de la
contrebande agricole et sa proximité avec les grands centres de population. En
tant que chef, Bovino supervisait environ 800 agents, des technologies de
surveillance avancées (y compris des capteurs au sol et des caméras) et les
opérations aux points d’entrée. Il s’est concentré sur l’amélioration de l’efficacité,
comme réduire les temps d’attente aux points de contrôle, augmenter les saisies
de drogue et de marchandises de contrebande, et améliorer la coordination avec
les forces de l’ordre locales et l’ICE. Les déclarations publiques de cette
époque mettaient l’accent sur l’intégrité opérationnelle, le bien-être des
agents et l’engagement communautaire dans l’Imperial Valley.
Pendant l’administration
Biden (2021–2024), Bovino est fréquemment apparu dans des audiences du Congrès
et des rapports de surveillance comme l’un des chefs de secteur témoignant des
conditions à la frontière. En juillet 2023, il a fourni un témoignage transcrit
au Comité de la sécurité intérieure de la Chambre, discutant des défis comme
les « passants clandestins », les grands groupes de migrants, l’influence des
cartels et les tensions sur les ressources. Il a décrit comment les changements
de politique affectaient la fonctionnalité des points de contrôle, la sécurité
des agents et les risques pour la sécurité nationale dus aux traversées non
détectées. Ses commentaires s’alignaient avec ceux d’autres chefs en soulignant
les impacts opérationnels des volumes élevés d’affrontements (avec des
migrants), y compris les points de contrôle fermés et les organisations de
contrebande renforcées. Ces apparitions l’ont positionné comme une voix experte
sur les réalités de première ligne, bien qu’elles soient restées dans le
protocole standard de l’agence.
En 2023,
Bovino a subi un revers professionnel lorsqu’il a été relevé du commandement du
secteur d’El Centro en août et encouragé à prendre sa retraite. Les rapports
citaient des préoccupations internes de l’agence, bien que les spécificités
soient restées limitées dans les documents publics. Certains récits l’ont
présenté comme faisant partie de transitions de leadership plus larges ou d’examens
de performance. Malgré la réaffectation, Bovino est resté en service, passant à
d’autres rôles au sein des Douanes et de la Protection des frontières (CBP).
Cette période a représenté un point d’inflexion potentiel, mais il a continué à
contribuer à travers des capacités opérationnelles et de formation.
Tout au
long, Bovino a maintenu un profil public relativement bas par rapport à sa
visibilité ultérieure. Il est occasionnellement apparu dans les médias locaux
ou des vidéos de l’agence discutant des réussites du secteur, de la formation
des agents (y compris des patrouilles à vélo et des opérations canines) et des
actions de sensibilisation communautaire pendant les fêtes dans des zones comme
l’Imperial Valley. Les publications sur les réseaux sociaux des comptes du
secteur et des collègues le montraient participant à des remises de diplômes,
des démonstrations K-9 et des événements communautaires – des activités qui
soulignaient un accent sur le moral et les liens locaux. Il a mis l’accent sur
le mentorat, notant dans des interviews l’importance d’équilibrer des quarts de
travail exigeants avec la vie familiale et le développement professionnel.
La carrière
précoce de Bovino comprenait également des affectations dans d’autres lieux,
comme des assignations potentielles dans les secteurs de l’État de Washington
ou de La Nouvelle-Orléans (bien que la documentation principale se concentre
sur El Paso, le siège et El Centro). Ses résumés LinkedIn et professionnels
mettaient en avant 25+ années d’identification d’améliorations de processus,
comme des programmes de formation améliorés et de meilleurs flux de travail
interagences. Il a coordonné avec l’ICE sur des actions basées sur des mandats
et a insisté sur une application éthique de la loi. Fin 2024, approchant de l’âge
de la retraite obligatoire pour de nombreux officiers fédéraux (environ 57
ans), Bovino prévoyait un retour final à ses racines en Caroline du Nord après
des décennies de service à travers plusieurs États et rôles.
Bovino
représentait un arc de carrière classique dans la Patrouille frontalière :
commençant comme agent de terrain dans des secteurs à haute pression, s’élevant
à travers les échelons de supervision, influençant la politique au siège,
dirigeant une division géographique majeure, et naviguant les complexités des
administrations changeantes et des dynamiques frontalières. Son dossier
comprenait des appréhensions significatives, des contributions politiques, des
témoignages devant le Congrès et une réputation d’accent opérationnel – des
éléments qui ont jeté les bases de sa notoriété ultérieure sans les
controverses nationales ou l’attention médiatique qui ont émergé par la suite.
Les collègues et les documents l’ont dépeint comme un leader dévoué et
expérimenté dont le parcours de trois décennies reflétait l’évolution de l’application
des lois frontalières usaméricaines elle-même.
Trump 47
Le tournant
est venu avec le retour de Trump à la Maison Blanche en janvier 2025. Cherchant
à tenir les promesses de campagne de répressions massives sur l’immigration, l’administration
a restructuré des parties du Département de la sécurité intérieure (DHS).
Bovino a été choisi pour un rôle extraordinaire : commandant sans affectation
fixe pour la Patrouille frontalière, un poste manquant de définition statutaire
claire mais lui accordant une autonomie opérationnelle significative. Relevant
directement de la secrétaire du DHS Kristi Noem plutôt que des canaux
traditionnels de la Patrouille frontalière, il a collaboré avec des figures
comme Corey Lewandowski sur des efforts de réorganisation visant à accélérer l’application
des lois à l’intérieur. D’ici mi-2025, Bovino supervisait « l’Opération Midway
Blitz » à Chicago et une série de descentes majeures à Los Angeles, des actions
qui ont déclenché des protestations généralisées et des défis légaux.
Début 2026,
la visibilité de Bovino a explosé pendant les opérations menées par l’ICE à
Minneapolis, Minnesota. Les agents fédéraux ont effectué des milliers d’arrestations,
ciblant des personnes présumées en situation irrégulière dans le pays. Bovino
est personnellement apparu sur plusieurs sites, dirigeant les réponses
tactiques au milieu de manifestations croissantes. Des vidéos l’ont montré
déployant des grenades fumigènes et des irritants chimiques lors d’affrontements
à l’extérieur de bâtiments fédéraux et de parcs publics. Un clip largement
diffusé l’a montré lançant un dispositif près de manifestants dans le sud de
Minneapolis, une action que le DHS a ensuite défendue comme nécessaire pour la
sécurité des agents. Bovino a tenu des conférences de presse affirmant que les
opérations étaient « légales, éthiques et morales », tout en accusant les
médias locaux de couverture biaisée et la police de Minneapolis de soutien
inadéquat – même si le département a déclaré qu’aucune assistance formelle n’avait
été demandée.
Les actions
de Minneapolis ont attiré de vives critiques. Les manifestants ont accusé l’ICE
de profilage racial, d’usage excessif de la force et de séparations familiales,
y compris la brève détention d’un enfant de cinq ans devenu un symbole national
de la répression. Bovino a répliqué en mettant en lumière des crimes
prétendument commis par des personnes sans papiers et en affirmant un large
soutien public, déclarant une fois que 90 à 95 % des Minneapolitains
soutenaient la campagne d’application. Les observateurs indépendants et les
groupes de défense des droits civils ont contesté ces chiffres, pointant une
résistance organisée incluant le clergé, les leaders communautaires et même des
activistes venus d’autres États. Les tensions ont atteint leur paroxysme lorsqu’un
agent de l’ICE a abattu un homme lors d’un heurt ; Bovino a défendu l’action,
disant que l’officier « craignait pour sa vie », bien que les enquêtes se
poursuivent.
Gestapo
Greggy
Une couche
surréelle s’est ajoutée à la controverse, Bovino s’est retrouvé au centre d’une
polémique visuelle et symbolique féroce. Son choix vestimentaire – en
particulier un long pardessus double boutonné – et sa coupe de cheveux
militaire haute et serrée distinctive ont attiré des critiques généralisées,
les détracteurs l’accusant d’évoquer l’esthétique de l’ère nazie, y compris des
comparaisons directes avec Heinrich Himmler, le tristement célèbre chef des SS.
Ces éléments de son apparence ont transformé des opérations de terrain
routinières en un champ de bataille culturel et politique plus large, amplifiant
les débats sur l’application des lois migratoires, la militarisation et le
symbolisme historique.
Alors que
les agents de l’ICE portaient divers équipements tactiques non standardisés,
Bovino apparaissait fréquemment dans un long manteau vert olive double boutonné
avec des boutons en laiton, des épaulettes et de larges revers. Le vêtement,
rappelant les styles militaires du milieu du 20e siècle, est devenu
instantanément un objet de fixation
médiatique. Les médias allemands l’ont comparé à l’esthétique de l’ère
fasciste, avec Der Spiegel et la Süddeutsche Zeitung établissant
des parallèles avec les officiers de l’ère nazie. Aux USA, le gouverneur de
Californie Gavin Newsom l’a qualifié de « tenue SS », tandis que d’autres
faisaient référence au look iconique du général Douglas MacArthur. Bovino a
rejeté les comparaisons, mais le manteau est devenu un raccourci visuel
puissant pour les critiques qui considéraient les opérations comme
excessivement militarisées. Des photos de lui flanqué d’agents en gilets
tactiques – Bovino se distinguant par le manteau vintage – ont circulé
largement, alimentant des mèmes, des éditoriaux et de l’art de protestation.
Le manteau
lui-même est un long manteau vert olive ou en laine foncée avec de larges
revers, des boutons en laiton, des épaulettes et une coupe militaire
structurée. Bovino a été fréquemment photographié et filmé le portant lors d’actions
très médiatisées à Minneapolis, Chicago et d’autres villes, se distinguant
souvent au milieu d’agents en équipement tactique moderne. Le design d’inspiration
vintage du vêtement – rappelant les manteaux militaires du début au milieu du
20e siècle – a provoqué un
rejet immédiat. Les critiques sur les réseaux sociaux et dans les médias grand
public l’ont comparé aux uniformes portés par les officiers nazis, en
particulier ceux associés aux chefs de la Schutzstaffel (SS). Le discours en
ligne a explosé avec des comparaisons, des mèmes l’étiquetant « cosplay nazi »
ou « manteau de l’Icestapo », et des accusations que le look était délibérément
provocateur.
Bovino a
défendu le manteau à plusieurs reprises dans des interviews, y compris des
apparitions sur NewsNation. Il a expliqué qu’il l’avait acheté vers 1999
en tant que jeune agent de la Patrouille frontalière et qu’il le portait depuis
plus de 25 ans par temps froid ou pour des occasions formelles sans controverse
préalable. Il a signalé une cérémonie du Département de la sécurité intérieure
en 2022 sous l’administration Biden où il l’avait porté et n’avait reçu que des
compliments. Les partisans ont fait valoir que le design s’inspire des
traditions militaires usaméricaines anciennes – comme les manteaux style M1939
ou les manteaux de pont utilisés dans l’application de la loi et les uniformes
formels – plutôt que de l’imagerie exclusivement fasciste. Ils ont rejeté l’indignation
comme une hystérie politiquement motivée destinée à saper les efforts de
sécurité frontalière, insistant sur le fait que le manteau était pratique et
sans particularité dans les contextes historiques de l’application de la loi.
Aggravant la
controverse du manteau, la coupe de cheveux de Bovino : un style militaire
classique, haute et serrée. Cette coupe présente des côtés et l’arrière
extrêmement courts (souvent rasés au niveau de la peau ou avec une garde très
basse), les cheveux se fondant haut au-dessus des tempes et un dessus
légèrement plus long, texturé, qui se dresse de manière épineuse ou rigide.
Cette coupe haute et serrée est un incontournable dans le toilettage militaire
et de l’application de la loi usaméricaine – pratique, conforme aux règlements,
et mettant l’accent sur la discipline et la préparation. Cependant, dans l’atmosphère
chargée des opérations de l’ICE en 2026, les critiques s’en sont saisis comme
une autre couche de symbolisme autoritaire. Les utilisateurs des réseaux
sociaux et les commentateurs l’ont décrite comme « nazie » ou « sévère »,
certains l’associant explicitement à la coupe courte et sévère de Heinrich
Himmler visible dans les portraits historiques.
Les
comparaisons directes avec Himmler sont devenues un thème récurrent dans les
discussions en ligne et la rhétorique de protestation. Des fils de discussion
et des publications Reddit ont juxtaposé des photos de Bovino dans son manteau
et sa coupe haute et serrée avec des images d’archive de Himmler, notant des
similitudes dans les cheveux courts et disciplinés, l’expression austère et l’apparat
général. Une publication virale a légendé des images côte à côte : « L’un de
ces hommes est Heinrich Himmler, le chef des SS d’Hitler. L’autre est Greg
Bovino, le Commandant sans affectation fixe de la Patrouille frontalière de
Trump. » Les détracteurs ont utilisé des surnoms comme « Munchkin Himmler » ou
« Gestapo Greggy », arguant que la combinaison du manteau vintage et de la
coupe de cheveux haute et serrée évoquait l’apparence du tristement célèbre
chef des SS. Les sites de vérification des faits comme Snopes ont examiné les
affirmations, confirmant l’authenticité des photos tout en notant que les
ressemblances visuelles étaient spéculatives et manquaient de preuves d’imitation
intentionnelle.
Le débat sur
la coupe de cheveux a mis en lumière des tensions plus profondes. Alors que
Bovino et ses alliés considéraient la coupe haute et serrée comme un toilettage
professionnel standard – courant parmi les officiers fédéraux et sans lien avec
l’idéologie – les opposants l’ont présentée comme faisant partie d’un ensemble
plus large de « paquetage esthétique fasciste ». Des publications sur des
plateformes comme Reddit et Threads soulignaient que « ce n’est pas seulement
une coupe haute et serrée ou une coupe en brosse ; son apparat ressemble
fortement à celui des SS », reliant le style personnel aux perceptions d’une
application des lois excessivement militarisée. Les manifestants ont incorporé
l’imagerie dans des pancartes et des slogans, faisant de l’apparence de Bovino
un raccourci pour les critiques des séparations familiales, de l’usage excessif
de la force et des tendances autoritaires dans la politique d’immigration.
Malgré le
rejet, Bovino a continué à apparaître dans le manteau et à maintenir sa coupe
haute et serrée lors de conférences de presse, de supervisions sur le terrain
et d’engagements publics. Les responsables du DHS ont rejeté les accusations de
symbolisme nazi, décrivant la tenue comme standard ou personnellement choisie
sans intention idéologique. La controverse a persisté jusqu’en janvier 2026,
alimentée par les images continues des descentes et l’amplification sur les
réseaux sociaux. Elle a souligné comment la présentation visuelle peut devenir
une arme puissante dans des débats polarisés : pour les critiques, le manteau
et la coupe de cheveux symbolisaient l’intimidation et des échos historiques ;
pour les partisans, ils représentaient un professionnalisme sans compromis
injustement ciblé par les opposants.
Le pardessus
et la coupe de cheveux haute et serrée de Bovino ont transcendé de simples
choix de mode. Ils sont devenus des symboles durables dans la conversation
nationale sur l’application des lois migratoires en 2026 – des points chauds
visuels qui mélangeaient style personnel, analogie historique et théâtre
politique. Que les comparaisons avec Himmler et l’imagerie de l’ère nazie aient
un poids substantiel ou reflètent une indignation fabriquée reste âprement
contesté, mais leur impact sur la perception publique de Bovino et des
opérations de l’ICE était indéniable.
L’apparence hautement
reconnaissable de Bovino lors des opérations de l’Immigration and Customs
Enforcement a servi un objectif tactique pratique qui le distingue de la
plupart des autres agents sur place : elle signale immédiatement et sans
équivoque la présence et l’emplacement du commandant tactique sur place. La
combinaison de son long manteau double boutonné vert olive, de sa coupe de
cheveux militaire haute et serrée et de son visage pleinement visible, non
masqué, crée un phare visuel au milieu d’environnements de descente souvent
chaotiques ou faiblement organisés. Contrairement aux nombreux agents de l’ICE
et de la CBP qui apparaissent en tenue décontractée avec gilets tactiques superposés
– souvent avec les visages camouflés par des masques ou des cagoules – Bovino
se distingue nettement dans les photographies, les images de drones, les
couvertures télévisées en direct et les vidéos de téléphone portable des
manifestants de Minneapolis, Chicago et d’autres villes.
Cette
visibilité n’est pas accidentelle. Bovino porte le manteau distinctif de
longueur mi-mollet depuis plus de 25 ans, acquis à l’origine vers 1999 pendant
ses premiers services de Patrouille frontalière. Le vêtement – avec ses larges
revers, boutons en laiton, épaulettes et coupe militaire structurée –
fonctionne presque comme un drapeau de commandement de terrain. Dans des scènes
où des dizaines d’agents forment des périmètres lâches, se déplacent en groupes
non coordonnés ou se rassemblent autour de véhicules, la silhouette de Bovino
est instantanément identifiable. Il est fréquemment photographié debout à l’avant
des lignes, dirigeant les mouvements, parlant aux médias ou confrontant
directement les manifestants, son visage découvert et clairement visible même à
distance. Les partisans soutiennent que cette présence de commandement ouverte
promeut la responsabilité, projette la confiance, dissuade l’escalade inutile
et permet à la fois aux subordonnés et aux adversaires de savoir exactement qui
détient l’autorité opérationnelle à tout moment.
En
comparaison, la majorité des agents de l’ICE impliqués dans ces actions d’application
de grande envergure présentent souvent une apparence bien moins unifiée ou
disciplinée. Beaucoup portent des vêtements de ville anodins ou des vestes soft-shell
sous des gilets tactiques, sans vêtement extérieur standardisé pour indiquer le
rang ou le rôle. Les couvre-visages – qu’il s’agisse de masques balistiques, de
cagoules ou de masques de type médical – sont courants, soi-disant pour se
protéger contre les irritants chimiques, les risques d’identification ou les
protocoles standards de contrôle des foules. Le résultat est une impression
fréquente d’anonymat et de diffusion tactique : des groupes d’agents semblent
se déplacer sans but, former des lignes irrégulières ou changer de position
sans signalisation hiérarchique claire. Les critiques des opérations, y compris
les manifestants et les observateurs indépendants, ont décrit ces scènes comme
ressemblant à « une foule de voyous » plutôt qu’à une force fédérale
étroitement formée et disciplinée, pointant des formations incohérentes, des
réponses retardées et un manque de structure de commandement visible sur le
terrain.
L’approche
de Bovino contraste nettement. Sa coupe de cheveux haute et serrée – côtés
courts coupés presque au rasoir, avec un dessus légèrement plus long et texturé
– renforce une esthétique militaire nette, conforme aux règlements, qui s’aligne
avec les notions traditionnelles de présence de commandement. Combinée au
manteau, elle crée une silhouette presque archaïque qui rappelle des époques où
les officiers de terrain portaient des tenues distinctives précisément pour
être vus et reconnus au milieu des troupes. Contrairement à de nombreuses
unités tactiques modernes qui privilégient la dissimulation et l’uniformité à
travers un équipement identique et une occultation faciale, le style de Bovino
met l’accent sur l’identification ouverte du leadership. Ce choix a valu des
éloges de certains secteurs comme « menant depuis l’avant » et « pointe de la
lance », avec des commentaires en ligne notant que les subordonnés et le public
savent toujours exactement où se trouve le commandant.
Fait
intéressant, cette présentation visible, non masquée, uniformément distinctive
invite à la comparaison avec certains précédents historiques – bien que pas
toujours de la manière dont les critiques entendent. Alors que le discours de
2026 regorge d’analogies nazies dirigées contre l’ICE et Bovino personnellement
(par exemple, « tenue SS », « cosplay de la Gestapo », ou références directes à
Heinrich Himmler), il est à noter que la Geheime Staatspolizei (Gestapo) et la
Sturmabteilung (SA) ont délibérément utilisé des uniformes reconnaissables et
des visages non masqués comme instruments d’autorité et d’intimidation. Les
chemises brunes de la SA étaient intentionnellement uniformes et visibles pour
projeter le pouvoir au niveau de la rue et la cohésion de groupe ; les agents
de la Gestapo dans de nombreux contextes opérationnels évitaient l’anonymat
pour instiller la peur par l’exercice ouvert du pouvoir de l’État. En ce sens
tactique étroit, la présence identifiable de Bovino s’aligne plus étroitement
avec ces modèles historiques de commandement ouvert qu’avec la préférence
contemporaine pour des équipes tactiques anonymisées et sans visage.
Bien sûr, le
contexte moderne est fondamentalement différent. Bovino et les responsables du
Département de la sécurité intérieure ont constamment présenté sa tenue comme
pratique, personnelle et professionnelle – un manteau vieux d’un quart de
siècle choisi pour son utilité par temps froid et une coupe haute et serrée
standard courante dans l’application de la loi fédérale – plutôt que comme une
déclaration idéologique. La visibilité est présentée comme un choix de
leadership, pas un choix symbolique. Néanmoins, le contraste visuel frappant
entre Bovino et les agents environnants est devenu l’une des images
déterminantes de la vague d’application de 2026. Cela transforme ce qui
pourrait autrement être une différence stylistique mineure en un symbole
puissant de la philosophie de commandement dans un environnement opérationnel
profondément polarisé.
Que le style
distinctif et à haute visibilité de Bovino améliore finalement la discipline
tactique, renforce la responsabilité publique, ou ne fasse qu’accroître les
tensions symboliques reste un sujet de débat permanent. Ce qui est clair, c’est
que son apparence a fait de Bovino non seulement le visage public de ces
opérations, mais aussi le marqueur littéral et indubitable du commandement sur
le terrain – quelque chose rarement vu parmi les nombreux agents masqués et
habillés de manière décontractée qui composent le reste de la force.
Des
batailles judiciaires ont assombri le mandat de Bovino. À Chicago, un juge
fédéral l’a critiqué pour des témoignages évasifs et des incohérences
apparentes sous serment concernant les menaces de protestation, conduisant à
des restrictions sur certaines tactiques de contrôle des foules. Un autre cas
très médiatisé impliquait Juan Espinoza Martinez, un résident de Chicago
acquitté d’un complot de meurtre commandité censé avoir visé Bovino. Quelques
jours après l’acquittement, l’ICE a pris Espinoza Martinez en détention pour
des motifs d’immigration, provoquant des accusations de représailles. Ses
avocats ont soutenu que la mesure punissait un homme qui avait vécu légalement
aux USA pendant des décennies, avait fondé une famille et travaillé
régulièrement dans la construction. Le nom de Bovino est apparu à plusieurs
reprises dans les dossiers judiciaires, cimentant son statut à la fois d’exécuteur
et de symbole polarisant.
Les
partisans dépeignent Bovino comme un leader décisif enfin habilité à appliquer
des lois migratoires longtemps ignorées. Ils le créditent du retrait de la
circulation de milliers d’individus avec des casiers judiciaires et de la
perturbation des réseaux de contrebande. Les pages des réseaux sociaux portant
son nom célèbrent les missions, partagent des images d’agents en action et
mettent l’accent sur la sécurité frontalière. Les critiques, au contraire, le
voient comme l’emblème d’un pouvoir exécutif trop envahissant – irresponsable,
théâtral et prêt à intensifier la force contre la dissidence. Le surnom «
Bovino ICE » fusionne son identité si profondément avec l’agence que les
recherches pour l’un ou l’autre terme retournent maintenant massivement des
résultats sur l’autre.
Alors que
janvier 2026 avance, Bovino reste actif. Les conférences de presse, les
apparitions sur le terrain et les interviews médiatiques continuent, amplifiant
chacune le débat national sur les priorités de l’application des lois
migratoires. Que les opérations s’étendent à de nouvelles villes, fassent l’objet
d’une surveillance du Congrès ou rencontrent de nouvelles réactions judiciaires
reste incertain. Ce qui est clair, c’est que Gregory Bovino est devenu plus qu’un
administrateur – il est un personnage central dans l’un des chapitres
politiques les plus controversés de la décennie. Son passé dans les secteurs
frontaliers, son ascension rapide sous un nouveau leadership, sa volonté de
confronter directement les manifestants, et même sa garde-robe distinctive ont
combiné pour faire de « Bovino ICE » un raccourci à la fois pour la politique
de déportation agressive et la résistance féroce qu’elle inspire.
Les mois à
venir détermineront probablement si l’approche de Bovino devient
institutionnalisée au sein du DHS ou déclenche des réformes significatives.
Pour l’instant, son nom – et les opérations qu’il dirige – continuent de
dominer les gros titres, les registres des tribunaux, les pancartes de
protestation et le discours public à travers les USA et au-delà.
Voici l'histoire des origines du Méchant Gregory Bovino !
Marcie Jones
vit à Baltimore City avec son chien névrosé. Elle est directrice de la communication stratégique du Towson University College of Business and Economics. Elle est propriétaire de la marque de vêtements Great Expectations, auteure de six livres sur la grossesse et l'éducation des enfants et ancienne consultante pour la marque Huggies de Kimberly-Clark. Elle est titulaire d'une maîtrise en design intégré de l'université de Baltimore et d'une licence en économie du Mills College d'Oakland, en Californie. En 2009, elle a été désignée par le Maryland Daily Record comme l'une des personnalités influentes du Maryland dans le domaine de la communication pour son travail sur le projet Baltimore Crime Blog.
Oh là là, le
Chicago Sun-Times a publié une longue histoire d’origine de méchant de Gregory
Bovino, Commandant Op sans affectation fixe de la Patrouille frontalière /
menteur déclaré et gazeur d’enfants / envahisseur en chef de la Californie,
Chicago, Charlotte et La Nouvelle-Orléans, tentant de répondre à la question
que tout le monde se pose sur le gars : Qu’est-ce qui a foiré là-dedans ?
en retraçant ses racines gélifiées. Et c’est intrigant et juteux !
(Bovino
lui-même, bien sûr, a refusé de commenter ou de participer. Vous pouvez
toujours le suivre sur CBS News.)
L’histoire
de Bovino commence dans le village d’Aprigliano en Calabre, Italie, en proie au
crime organisé en 1909, d’où Michele Bovino (il/lui) est parti pour les régions
minières de la Pennsylvanie à la recherche de travail comme mineur, grâce à la
politique des frontières ouvertes du président Taft, laissant sa femme Luigia
et leurs quatre enfants derrière. La Patrouille frontalière usaméricaine serait
fondée 15 ans plus tard, en 1924, par crainte que l’Europe du Sud et de l’Est n’envoie
pas ses meilleurs éléments ! Mais heureusement, Michele était déjà dans le pays
à ce moment-là, a rapidement déposé des papiers pour devenir citoyen, a changé
son nom en Michael à un moment donné et a été naturalisé en 1927. Et puis
Luigia et les quatre enfants sont arrivés aux USA sur le SS Giuseppe Verdi.
Beaucoup
mieux. Et l’un des enfants était Vincenzo Bovino, âgé de 12 ans, le futur
grand-père de Gregory, qui s’est vu automatiquement accorder la « citoyenneté
dérivée » pour les mineurs. C’est ce qu’on appelle la migration en chaîne !
Et puis le
fils de Vincenzo Bovino, Michael, a épousé une dame de Blowing Rock, Caroline du
Nord, Betty Hartley, et ils ont eu Gregory, il y a 55 ans en mars dernier.
Aujourd’hui, Gregory insiste lourdement sur ses racines de Caroline du Nord,
jouant parfois de son accent et traînant à propos de Ma and Pa America,
bien que selon les standards vieux-blancs-sudistes-racistes, ses racines soient
relativement peu profondes.
Bref, qu’est-ce
qui a si mal tourné dans la vie du jeune Gregory ? Peut-être quelques indices :
de 11 à 12 ans, vers 1981-82, a été un moment chargé. Son père Michael Bovino
était alcoolique et possédait un bar à Blowing Rock appelé le Library Club. Et
sur le chemin du retour un soir, le père Michael a tué une femme, Janie Mae
Mitchell, 26 ans, et gravement blessé son mari Larry, en fonçant à pleine
vitesse avec son camion dans leur voiture alors qu’il conduisait du mauvais
côté de la route, après avoir bu ce qu’il a admis plus tard être « deux,
peut-être trois packs de six bières ».
Michael
avait également eu une conduite en état d’ivresse sept ans auparavant. Et en
1974, il en fallait beaucoup pour avoir une conduite en état d’ivresse,
c’était avant même qu’il n’y ait des tests d’alcoolémie, ou des tests de
sobriété standardisés. Pour la mort de Janie Mae Mitchell, Michael a passé
quatre mois en prison, et Larry Mitchell l’a poursuivi. Le père Bovino a perdu
son bar, et Betty Hartley Bovino a divorcé de lui, renvoyant Michael avec
seulement « la table de billard, les outils, la tondeuse à gazon, un « chapeau
de bière », trois valises, une télé couleur, trois photos de bébé, des livres,
une raquette de tennis, une sorbetière, un juke-box avec des disques et une
horloge de cheminée ».
Ironique,
car l’administration Trump a annoncé que l’Opération Midway Blitz a été lancée
à Chicago en l’honneur de la victime d’un accident de conduite en état d’ivresse
de 20 ans, Katie Abraham, à la surprise et finalement au dégoût de la mère d’Abraham.
Abraham a été tuée par le conducteur ivre et citoyen guatémaltèque Julio
Cucul-Bol, avec son amie Chloe Polzin, 21 ans, bien qu’on ne sache pas pourquoi
l’opération n’était pas également en l’honneur de Polzin. Bovino pense-t-il
encore parfois à la femme que son père a tuée ?
Aussi à 11
ans, a dit Bovino une fois dans un podcast, c’est là qu’il a été inspiré pour
rejoindre la Patrouille frontalière, après avoir regardé un film appelé The
Border, produit par un cousin éloigné de sa mère et avec Jack Nicholson et
Harvey Keitel dans les rôles d’agents méchants qui sévissent contre un réseau
de passeurs.
Le film n’a
qu’une note de 65 pour cent sur Rotten Tomatoes, donc si vous n’en avez jamais
entendu parler, c’est probablement pour ça. Et il a fait impression sur Greg. «
Mais le jeune Bovino a été abattu de voir que le film dépeignait les agents
comme les méchants et a dit qu’il a été poussé à rejoindre la Patrouille
frontalière en 1996 pour montrer qu’il était l’opposé – un bon flic des
frontières. »
Et pourtant,
ses sbires de l’ICE ressemblent plus à Harvey Keitel dans un autre film, Bad
Lieutenant, qui passe son temps à dévaliser les gens.
Bien que
même Bad Lieutenant n’ait fait que quelques drogues et joué (et forcé quelques
adolescentes à le regarder se masturber, style Louis CK). Il n’a jamais gazé d’enfants,
traîné une femme enceinte de l’autre côté de la rue par le bras, ou volé les
courses de quelqu’un la veille de Noël. Il n’était pas mauvais
Lieutenant. Personne ne veut regarder ça.
Plus tard,
quand Greg avait 14 ans, son père Michael est parti au Nouveau-Mexique, et Greg
est resté en Caroline du Nord. Il s’est inscrit au lycée Watauga à Boone, où il
était connu pour être agréable, drôle, un bon élève et poli. Et il a rejoint l’équipe
de lutte, un très bon sport pour les jeunes hommes de petite taille qui
manquent de figures paternelles actives pour participer.
Un ancien
coéquipier semble penser que le vieux Greg n’approuverait pas le nouveau Greg :
« Je ne
pense pas que Greg ne ferait pas son travail, et, comme, s’ils demandent de
faire quelque chose qui n’est pas juste envers les minorités, je suis sûr qu’il
le déteste. C’est une communauté de la Bible Belt, donc je sais que Greg a été
exposé à la compassion et à l’amour pour son prochain. Mais c’est dangereux de
spéculer sur ce qu’un homme pense. J’espère que quoi qu’il arrive, ça se
termine bien pour lui et sa famille et les personnes qui sont maltraitées ».
Le vieux
Greg a l’air cool, un gars amoureux de la nature qui aimait particulièrement
les serpents et a obtenu un diplôme en conservation des ressources naturelles
de l’Université de Western Carolina, puis une maîtrise en administration
publique de l’Université d’État des Appalaches. Il aurait pu aimer un travail
de garde forestier dans l’une des nombreuses magnifiques forêts et parcs
nationaux de l’ouest de la Caroline du Nord ! Mais à la place, il a obtenu un
emploi au département de police de Boone, et après ça à la Patrouille
frontalière. Puis il a gravi les échelons et les différentes affectations,
revenant finalement à son premier poste à El Centro, Californie, en 2020 en
tant que chef du secteur.
Et avec les
réseaux sociaux, le monde a rencontré le nouveau Greg, qui en tant que chef du
secteur postait des photos de lui-même avec des armes, et des tweets sur les
Mexicains et les Yéménites. Vous savez, le même gars qui se plaint maintenant
que les agents de l’ICE doivent porter des masques et cacher leur identité pour
ne pas être doxxés !
Pourtant, il
était et est apparemment toujours peu disposé à poser son propre téléphone et à
faire preuve d’un peu de discrétion pour le bénéfice de tous les autres. Et la
méchante ancienne Patrouille frontalière de Joe Biden lui a dit de retirer ses
publications, et a même tenté de le rétrograder à un nouveau poste vague à DC.
La censure !
Mais ce n’était
pas que les publications, le nouveau Greg était un connard prétentieux et
problématique à d’autres égards aussi. Son secteur a été poursuivi deux fois
pour profilage racial, et ses agents ont été accusés des mêmes mouvements
destructeurs et théâtraux plus tard à Chicago, comme une violence inutile, et pour
faire exploser les portes d’entrée et briser les vitres de voiture.
Et son
département était aussi truffé d’allégations d’inconduite sexuelle. Une
ancienne agente là-bas, Jenn Budd, dit qu’elle et d’autres femmes sous la
Patrouille frontalière de Bovino « ont été violées comme un rite de passage et
ont fait face à un retour de bâton si elles se plaignaient. »
Aussi, « La
méthode et la pratique ici est de faire de fausses accusations contre les
personnes que vous venez de battre. » Nous avons certainement tous vu ça !
Budd dit qu’elle
a quitté le travail après avoir découvert des méfaits et avoir été menacée de
se taire. Son avis sur Bovino :
« [Bovino]
rit quand ils le dénoncent sur le truc, et c’est juste un truc de potes. Il se
balade juste avec ses potes, capturant des migrants et des personnes de couleur
et harcelant les gens. Ils mentiront constamment, comme vous l’avez vu dans les
tribunaux de Chicago. Ils n’hésiteront pas à le faire, et personne ne les
tiendra pour responsables. »
Mais,
peut-être pas personne. Bovino et des centaines de ses agents ont déjà
décampé de Chicago comme des serpents rats après que la juge Sara Ellis leur a
infligé une injonction, après que Bovino s’était fait prendre à mentir à
plusieurs reprises devant la caméra. Et vous savez quoi, les plaignants dans le
procès de Chicago disent que depuis, l’ICE a cessé de pécher ! Du moins, pas
légalement, à Chicago, en termes de ce procès. Au moins, c’est un pas en avant
par rapport à tirer une balle au poivre dans l’œil d’un prêtre en prière ?
Et peu
importe ce que Bovino a pu leur dire, les agents individuels n’opèrent pas sous
une « exception constitutionnelle » à la loi. Le DOJ de Pam Bondi n’ira
peut-être pas après les agents de l’ICE qui enfreignent la loi, mais les
procureurs et juges locaux le pourraient, ou un DOJ post-Trump, inshallah.
Pendant ce
temps, Bovino est maintenant en Louisiane, avec « l’Opération Catahoula Crunch
» après une escale à Charlotte, NC, pour « l’Opération Charlotte’s Web ». Il
sera peut-être dans la région de Baltimore ensuite, dès qu’il pourra penser à
un titre accrocheur de style Bovino pour l’appeler. Pas de titres de pénis, c’est
juste Hegseth ! Et « Opération Tirer sur un homme dans une fourgonnette à Glen
Burnie » est bien trop long, en parlant de la police et des procureurs locaux, heuheu.
J’ai hâte de voir ce qui se passe avec cette histoire folle.
Où que les
bottes de Bovino puissent aller, cependant, ses pouces sont toujours sur
les réseaux sociaux, postant chaque jour du contenu : de la bouillie d’IA, des
photos de gens que ses sbires ont appréhendés avec des affirmations non
vérifiables qu’ils sont des criminels, des pleurnicheries sur la façon dont des
foules violentes essaient d’agresser de pauvres patriotes de l’ICE courageux,
et des réels feel-good sur à quel point tout le monde l’aime et veut être son
meilleur ami.
Parce qu’il
sait bien que tout le monde ne l’aime pas.
En fait,
Bovino n’a jamais mentionné publiquement de partenaire ou d’enfants. Non pas qu’il
y ait quelque chose de mal à ça, mais ça semble malsain que la
Patrouille frontalière soit apparemment toute sa vie et la seule chose autre
que le shitposting sur les réseaux sociaux. A-t-il un seul ami ? Un
chien de la taille d’un sac à main à qui il peut parler et prétendre que c’est
une personne ?
C’est une question sans
réponse de la condition humaine : Qu’est-ce qui FAIT qu’un bon garçon devienne
mauvais ? Perde son empathie, et la garde éteinte ? Devienne prêt, même
désireux, à mentir et enfreindre la loi pour essayer d’impressionner un
criminel comme Donald Trump ? À vous de devine !
Quand un
manteau devient un symbole de conflit
Comment le
choix de la tenue de Gregory Bovino, le chef de la patrouille frontalière du
président, s’est intégré à la narration des déportations.
Vanessa Friedman est
directrice de la section mode et critique en chef de mode pour le Times
depuis 2014. Elle couvre l’image politique et ses influences depuis l’affaire
Bush contre Gore, y compris Volodymyr Zelensky et son t-shirt vert olive, et l’apparition
(et la réapparition) du tailleur-pantalon blanc.
D’abord les
masques, puis le manteau.
Depuis que les agents de l’ICE se déploient dans les villes usaméricaines,
leurs uniformes sont des points de discorde. Les vêtements sont devenus des
symboles de la bataille autour des politiques d’immigration et d’expulsion de l’administration
Trump, de leur mise en œuvre et du débat sur leur nature : outil d’autoritarisme
ou réaction justifiée à une situation intenable.
Les masques
faciaux (ou cache-cols ou foulards) portés par les agents, qui les dissimulent
aux yeux du public ou les protègent, selon les points de vue, ont été le
premier point de friction.
Maintenant, alors que la situation à Minneapolis s’aggrave et que de plus en
plus d’images montrent des manifestants face à des agents de l’ICE, un autre
élément a refait surface : le manteau porté par Gregory Bovino, le responsable
des opérations de la patrouille frontalière du président Trump.
Connu sous le nom de « greatcoat », ce long manteau militaire vert à
double boutonnage, avec de larges revers, de gros boutons métalliques, des
épaulettes et des insignes sur les bras, se distingue au milieu de la mer de
blousons bombers et de gilets tactiques portés par les agents de l’ICE
entourant Mister Bovino. Il est impossible à ignorer. Et il est devenu un point
de crispation dans les conversations en ligne sur l’ICE, en partie parce que
ses antécédents historiques sont eux aussi impossibles à ignorer.
Il faisait, après tout, partie du costume militaire classique pendant la
Première et la Seconde Guerre mondiale.
Pour
quiconque a vu des photos de ces guerres, c’est-à-dire à peu près toute
personne ayant suivi un cours d’histoire à l’école, le lien est presque
pavlovien par son immédiateté et son intensité.
Le général Douglas MacArthur en France en
1918. Photo Glasshouse Images/Shutterstock
Et si le « greatcoat » était porté par des officiers des deux côtés
pendant les guerres mondiales, y compris le général Douglas MacArthur, il est
étroitement associé à l’armée allemande sous Hitler. Il n’a donc pas fallu
longtemps pour que le manteau de M. Bovino devienne, pour de nombreux
observateurs, un signe non seulement de militarisation mais aussi de tyrannie –
comme divers commentateurs se sont empressés de le souligner.
Le manteau
est devenu un sujet de discussion à la fin de l’année dernière, lorsque M.
Bovino a dirigé les opérations de l’ICE à Los Angeles et Chicago, et que le
département de la Sécurité intérieure a posté une vidéo sur l’air de « Viva
la Vida » de Coldplay, avec des plans rapides de M. Bovino sur le
terrain sous-titrés « On ne s’arrêtera pas ». Parmi les images : de
nombreux plans de M. Bovino dans son « greatcoat ». Presque
immédiatement, les comparaisons avec la Gestapo ont commencé. Même le
gouverneur de Californie, Gavin Newsom, est entré dans le débat, ajoutant son
propre post sur X : « Si vous pensez que les accusations de fascisme et d’autoritarisme
sont de l’hyperbole, faites une pause et regardez cette vidéo ».
Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe aux affaires publiques du département de
la Sécurité intérieure, a écrit dans un e-mail que le manteau faisait partie d’un
3uniforme d’hiver standard de la patrouille frontalière ». M. Bovino le
porte « depuis 1999 », a-t-elle écrit, notant que le manteau était
déjà disponible pour les officiers à cette époque. (Dans un document de 2025
détaillant les normes vestimentaires et de toilettage de la patrouille
frontalière, un « greatcoat » n’est listé comme faisant partie d’aucun
uniforme officiel.) « Il y a des débats politiques légitimes à avoir, mais
fabriquer une indignation factice et assimiler les forces de l’ordre aux nazis
ou à la Gestapo est incroyablement dangereux », a poursuivi Mme
McLaughlin, attribuant en partie une augmentation des agressions contre les
forces de l’ordre à cette question.
Le problème, a déclaré Harold James, professeur d’histoire à l’Université de
Princeton, n’est pas nécessairement le manteau lui-même, qui, comme de nombreux
articles d’habillement militaire, a depuis longtemps été approprié par la mode,
mais la façon dont M. Bovino le porte et le contexte dans lequel il est porté. « Utiliser
le manteau pour affronter des foules avec des partisans armés, associé aux
cheveux coupés en brosse de Bovino et aux vêtements (apparemment) noirs ou
sombres en dessous, dégage un parfum indéniable de dictateurs et d’années 1930 »,
a écrit M. James dans un e-mail. Accessoirisé avec des chaussures en cuir noir
et des insignes bordés d’or, c’est un look, a-t-il ajouté, « destiné à
intimider et aussi à provoquer ».
Bien que le département de la Sécurité intérieure ait régulièrement protesté
contre les comparaisons avec l’Allemagne nazie et ait demandé aux gens de
modérer leur langage, M. Bovino n’a pas cessé de porter son manteau – ni l’écharpe
et les chaussures noires qui vont avec. Bien qu’il ait parfois porté l’uniforme
standard de l’ICE depuis le début des manifestations à Minneapolis, il est
aussi apparu en « greatcoat », malgré l’interprétation faite de cette
tenue. En cela, il est en phase avec l’adhésion manifeste de l’administration
Trump au pouvoir du costume comme outil de communication, qu’il s’agisse de la
casquette MAGA ou du costume bleu patriotique, de la chemise blanche et de la
cravate rouge de M. Trump lui-même, que nombre d’hommes de son cabinet et de
son parti ont adoptés, pour mieux démontrer leur allégeance.
Il émule aussi l’approche de sa supérieure, Kristi Noem, qui a subi une sorte
de relooking avant de rejoindre l’administration et aime tenir des conférences
de presse en tenue de l’ICE ou avec un chapeau de cow-boy, comme pour souligner
la nature de « Far West » de la frontière qu’elle supervise. (En tant
que gouverneure du Dakota du Sud, elle avait un jour réalisé des vidéos
promotionnelles dans lesquelles elle revêtait les tenues de diverses
professions – hygiéniste dentaire, patrouilleuse autoroutière, électricienne –
pour démontrer que son État était ouvert au business)
Il est possible que M. Bovino, en portant le manteau et les accessoires très
reconnaissables d’un homme fort à l’ancienne, s’adresse à un public très
spécifique. M. Trump adore un homme en uniforme, comme l’a démontré son défilé
militaire. Apparemment, même si cet uniforme fait que certains esprits pensent
immédiatement aux SS.