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22/03/2026
20/03/2026
De partenaires de guerre à rivaux politiques : l’Iran pourrait-il mettre le feu au torchon entre Trump et Netanyahou ?
Quatre scénarios possibles d’un clash inéluctable entre le chien et sa queue (les avis divergent sur la question de savoir qui est le chien et qui est la queue)
Mostafa Ahmed, Centre de Recherche Al Habtoor, 18/3/2026
Original : من شركاء حرب إلي خصوم سياسة… هل تشعل إيران الخلاف بين ترامب ونتنياهو؟
English : From Wartime Partners to Political Rivals… Could Iran Ignite a Rift Between Trump and Netanyahu?
Traduit par Tlaxcala
Le partenariat stratégique entre les USA et Israël a longtemps démontré une capacité exceptionnelle à absorber et à gérer les divergences tactiques. Pourtant, les développements accompagnant le lancement de l’opération US « Epic Fury » menée parallèlement à l’opération israélienne « Silent Holy City » fin février 2026, ont soumis cette alliance à un test sans précédent dans le Moyen-Orient moderne. Bien que cette campagne coordonnée ait initialement remporté des succès opérationnels décisifs, notamment l’élimination du guide suprême iranien et le démantèlement de la structure de commandement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), l’image d’alignement complet projetée par Trump et Netanyahou dissimule des divergences fondamentales de visions et d’objectifs.
Une lecture attentive de la trajectoire historique de cette relation, parallèlement à ses contraintes politiques actuelles, suggère qu’un conflit prolongé mettra en lumière la vive divergence des intérêts stratégiques des deux capitales. Alors que la confrontation passe de frappes rapides à une guerre d’usure régionale complexe dont les conséquences s’étendent au-delà de Washington et Tel-Aviv, ces différences évolueront probablement vers des fractures structurelles profondes. Cet article propose une analyse stratégique de cette dynamique émergente, soutenant que les différences fondamentales dans la capacité à absorber les répercussions économiques, à gérer les pertes humaines et à naviguer dans des calendriers électoraux rigides transformeront les désaccords tactiques feutrés en une rupture stratégique ouverte qu’il sera de plus en plus difficile de contenir ou de nier.
19/03/2026
“STUPID FURY”: Joe Kent/Tucker Carlson [EN|FR|ES]
Full transcript of Tucker Carlson’s interview with Joe Kent, published on March 18, 2026
Joe Kent, who has just resigned as director of the U.S. National Counterterrorism Center, explains why the USA actually gone to war with Iran.
Transcription intégrale de l'interview de Joe Kent par Tucker Carlson, publiée le 18 mars 2026
Joe Kent, ex-directeur du Centre national usaméricain de lutte contre le terrorisme, explique les véritables raisons pour lesquelles les USA sont entrés en guerre contre l'Iran.
Joe Kent, exdirector del Centro Nacional Usamericano de Lucha contra el Terrorismo, explica las verdaderas razones por las que USA entró en guerra contra Irán.
18/03/2026
Plus ils le frappent, plus il devient fort : le paradoxe de l’Iran qui échappe à la stupidité impériale
Tahar Lamri, 16/3/2026
Il y a une catégorie qui manque dans le
débat sur la guerre en cours contre l’Iran, et son absence explique pourquoi
ceux qui la mènent continuent de tout rater.
L’Iran n’est pas un mouvement partisan
comme le FLN algérien, qui était un front sans dogme unificateur - coalition de
nationalistes, socialistes, communistes, conservateurs - maintenu par un seul
objectif : chasser le colonisateur. Ce n’est pas le Nord-Vietnam, qui était un
État sur une partie du territoire avec une doctrine exportable - le communisme
- mais dépendant de Moscou et Pékin et géographiquement limité. Le Hamas, le
Hezbollah, les Houthis sont des milices, des entités infranationales qui
utilisent des tactiques de guérilla parce qu’elles n’ont pas d’alternative :
leur asymétrie est contrainte, non choisie.
L’Iran est quelque chose de différent et
d’historiquement nouveau : il représente le premier cas historique d’un État
qui adopte structurellement la doctrine de la guerre partisane comme choix
stratégique souverain, combinant la légitimité et les ressources d’un État avec
la logique opérationnelle du mouvement de résistance. Il a une armée régulière,
des missiles balistiques, une marine, des institutions reconnues, c’est un État
westphalien à tous égards. Et pourtant, il a délibérément choisi la doctrine de
la guerre partisane comme stratégie souveraine : saturation avec des armes
économiques, attrition, acceptation consciente des pertes territoriales pour
rendre le coût insoutenable pour l’adversaire. Non pas parce qu’il ne pouvait
pas faire autrement, mais parce qu’il a jugé que c’était la stratégie optimale
contre une supériorité conventionnelle écrasante.
Ce choix a une conséquence économique
dévastatrice pour ceux qui le combattent. Un drone Shahed coûte vingt mille
dollars. Un intercepteur THAAD coûte 12,7 millions de dollars. L’Iran a lancé
dans la première semaine de guerre cinq cents missiles balistiques et près de
deux mille drones. Les mathématiques sont impitoyables : la guerre pauvre fait
payer un coût insoutenable à la guerre riche : non pas sur le champ de
bataille, mais dans les chaînes d’approvisionnement, dans les budgets, dans les
stocks d’intercepteurs qui s’épuisent plus vite qu’ils ne peuvent être
produits.
Mais la nouveauté la plus profonde n’est
pas militaire : elle est structurelle. L’Iran a institutionnalisé une
contradiction que tous les mouvements de libération ont dû choisir : être État
ou être révolution. L’Algérie après 1962 a choisi d’être État et a cessé d’être
révolution. Cuba a tenté les deux et a échoué. L’Iran non : il a délibérément
construit une dualité permanente. L’armée régulière, c’est l’État westphalien.
Les Pasdaran - les Gardiens de la Révolution - sont la révolution permanente,
avec leurs réseaux régionaux, leurs ramifications au Yémen, en Irak, au Liban,
toutes unies non par une idéologie laïque mais par une foi : l’islam chiite
comme identité, mémoire, traumatisme fondateur. On ne choisit pas d’être chiite
comme on choisit d’être communiste. C’est la famille, le deuil, le corps. Kerbala
n’est pas un événement historique : c’est un paradigme cosmologique qui se
répète.
Le résultat est un internationalisme
religieux qui n’est pas une alliance entre États, pas une Internationale
léniniste, mais un réseau transnational maintenu par une grammaire
existentielle commune qui n’a pas besoin d’un centre de commandement explicite
pour se coordonner.
Et puis les USA et Israël lui ont fait
le plus grand cadeau : ils ont créé le panthéon. Soleimani, Nasrallah, Khamenei
: chaque élimination ciblée qu’ils croyaient résoudre un problème stratégique a
produit un martyr qui multiplie la cohésion du réseau. Dans la théologie
chiite, la mort du leader juste par la main de l’oppresseur n’est pas une
défaite : c’est la confirmation de sa justice. C’est la structure narrative de
Kerbala. Un général vivant peut se tromper, peut décevoir, peut vieillir. Un
martyr est éternel et parfait. Ils ont réécrit, avec leurs missiles, le
scénario que l’autre camp attendait.
La
République islamique d’Iran a pour idéal le bonheur de l’humanité dans l’ensemble
de la société humaine, et considère que l’accès à l’indépendance, à la liberté
et à un régime fondé sur la justice et la vérité est un droit pour tous les
peuples du monde. En conséquence, tout en s’abstenant scrupuleusement de toute
forme d’ingérence dans les affaires intérieures des autres nations, elle
soutient les luttes justes des mustadhafoun (opprimés) contre les mustakbirun
(oppresseurs/arrogants) aux quatre coins du globe.
Constitution
de la République islamique d’Iran, chapitre 10, article 154
Mais il y a une dernière erreur,
peut-être la plus grave. Israël a frappé les banques du Hezbollah (l’institut
Al Qardh al-Hassan) et la plus grande banque iranienne (Bank Sepah). Dans le
monde chiite khomeiniste, la banque n’est pas un institut financier : c’est l’infrastructure
matérielle de la théologie. C’est le mécanisme par lequel on distribue la
zakat, on finance les œuvres caritatives, on maintient le pacte avec les moustadhafin,
les plus faibles, les oppressés, les déshérités, les damnés de la terre de
Fanon. Khomeini a construit le consensus de la révolution sur ce réseau
capillaire de solidarité matérielle. La frapper n’affaiblit pas le récit de la
résistance : elle le confirme. Elle démontre, dans la vie quotidienne de
millions de pauvres, qui sont les ennemis des faibles. C’est la meilleure
propagande possible, réalisée par les bombes israéliennes elles-mêmes.
En rassemblant tout cela : on combat
avec la logique de la guerre conventionnelle - décapiter la structure, couper
les financements, détruire les infrastructures - une forme politique qui n’est
pas une structure conventionnelle. C’est un réseau symbolique, social,
militaire et religieux délibérément construit pour être indestructible
précisément à travers la destruction. Chaque bombe qui tombe renforce le récit.
Chaque martyr consolide le panthéon. Chaque banque frappée montre aux pauvres
de quel côté se trouve l’oppresseur.
Et si l’État iranien devait être
démembré ou vaincu, les Pasdaran sans État - entraînés, armés, formés dans une
culture du martyre qui ne dépend d’aucune institution pour survivre - se
répartiraient dans une région qui va du Liban au Pakistan, de l’Azerbaïdjan au
Bahreïn, avec des ramifications sur trois continents. N’étant plus contenus par
aucune structure étatique, sans rien à perdre, avec des martyrs très puissants
et un récit de résistance plus fort qu’avant. Un État iranien hostile peut être
dissuadé. Un essaim de Pasdaran sans État ne le peut pas.
Et pendant que tout cela se produit,
trois signaux disent à quel point cette guerre échappe profondément au contrôle
narratif de ceux qui l’ont déclenchée.
La Turquie s’attendait à des millions de
réfugiés iraniens fuyant les bombes. Elle a plutôt vu des milliers d’Iraniens
traverser la frontière dans la direction opposée, pour rentrer défendre la
patrie. Pas nécessairement le régime : l’Iran. La civilisation perse de quatre
millénaires qui ne se laisse pas réduire à l’équation « régime égal peuple ».
Le nationalisme blessé produit ce que des années d’opposition politique n’arrivent
pas à construire.
Et puis il y a Gaza. L’Iran est attaqué
après que le monde a assisté pendant des mois au génocide palestinien diffusé
en direct, documenté, nié par les chancelleries occidentales. Pour les pauvres
de la terre, pour le Sud global, pour quiconque se sent du côté des humiliés,
la séquence est lisible et brutale : ceux qui défendaient les Palestiniens sont
maintenant bombardés par les mêmes qui armaient ceux qui les massacraient. L’Iran
est devenu, dans l’imaginaire global des damnés, quelque chose qui va bien
au-delà de la politique régionale ou de la théologie chiite : c’est la promesse
qu’on peut résister, c’est la vengeance symbolique de ceux qui n’ont jamais eu
justice. Cette solidarité n’a pas de frontières confessionnelles ni
géographiques.
Enfin, il y a la Chine. Ses stratèges ne
regardent pas la guerre : ils mènent l’évaluation la plus détaillée possible
des capacités réelles usaméricaines dans des conditions de conflit à haute
intensité. Chaque intercepteur THAAD tiré, chaque Tomahawk lancé, chaque jour
de guerre est une donnée sur la tenue logistique et industrielle de l’adversaire
qu’ils devront affronter, un jour, dans le Pacifique. Ils voient les stocks s’épuiser,
les délais de production qui ne suivent pas la consommation, la chaîne
logistique sous pression. Ils prennent des notes. Et ils n’ont pas besoin de se
battre pour gagner cette guerre : il leur suffit d’attendre que l’Amérique
finisse ses munitions.
Cette guerre ne peut pas être gagnée.
Elle ne peut qu’être élargie. Et le monde le sait.
« Pourquoi l’Iran ne capitule-t-il pas ? » – La question de Trump révèle le désastre iranien
„Warum gibt Iran nicht auf?“ – Trumps Frage zeigt das Iran-Desaster
Jour 17 de la guerre contre l’Iran. Attendez, laissez-moi le répéter : jour 17.
Et savez-vous ce qui se passe en ce moment dans les couloirs de la Maison-Blanche ? Donald Trump est assis dans son bureau et pose à ses conseillers une question qui change tout : Pourquoi les Perses ne se rendent-ils pas ?
Le Wall Street Journal l’a révélé. L’homme le plus puissant du monde est surpris. Je répète : surpris. L’homme qui affirmait que cette guerre serait terminée très rapidement. Celui qui prétendait que l’Iran n’avait plus de marine, plus d’aviation.
Cet homme ne comprend pas pourquoi Téhéran continue de se battre. Et voici la partie qui m’a tenu éveillé toute la nuit : ses conseillers le poussent, en privé, à chercher une porte de sortie. En privé. Cela signifie qu’en public ils parlent de victoire, mais derrière des portes closes, c’est la panique totale. C’est un aveu de faiblesse.
Trump s’attendait à une victoire rapide. Une répétition de sa guerre de 12 jours en juin dernier. Mais la réalité est complètement différente.
Après 17 jours, l’Iran continue de tirer des missiles, a miné le détroit d’Ormuz et — accrochez-vous — exporte plus de pétrole qu’avant la guerre. Plus 30 %. Laissez ça vous pénétrer.
Les USA bombardent l’Iran depuis plus de deux semaines, auraient frappé 6 000 cibles, détruit la marine iranienne, neutralisé l’aviation. Et pourtant, les exportations de pétrole iraniennes augmentent. Comment est-ce possible ? La Chine.
Les Chinois achètent chaque baril que Téhéran propose. Pas de sanctions, pas de règles, seulement du business. Pendant que Trump pensait mettre l’Iran à genoux, les mollahs ont redirigé leurs navires, activé de nouvelles routes commerciales et gagnent plus d’argent qu’avant.
Le Wall Street Journal rapporte que Trump pose sans cesse la même question en réunion : pourquoi ne capitulent-ils pas ? Ses conseillers n’ont pas de réponse. Ou plutôt, ils en ont une, mais Trump ne veut pas l’entendre.
La réponse est simple : parce que le plan a échoué. Parce que l’armée américaine peut frapper des cibles, mais ne peut pas bombarder des solutions politiques depuis les airs. Parce que l’Iran est un adversaire très différent de l’Afghanistan ou de l’Irak.
Attendez, ça devient encore pire. Les déclarations publiques de Trump changent chaque jour. D’abord : capitulation inconditionnelle. Puis : très bientôt terminé. Puis : pratiquement plus rien à bombarder.
Et maintenant cette question désespérée : pourquoi ne se rendent-ils pas ? Ce n’est pas une stratégie. C’est de l’improvisation. C’est un président qui réalise que son plus grand pari de politique étrangère est en train de déraper.
Les Républicains deviennent nerveux. Les sondages montrent que la majorité des Américains est contre cette guerre. Le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril, atteignant brièvement 119 dollars.
Aux stations-service aux USA, les gens paient des prix record. Les élections de mi-mandat approchent, et les conseillers de Trump le savent : si la guerre continue encore quelques semaines, nous perdrons le Congrès.
D’où la fuite vers le Wall Street Journal. D’où la pression privée pour que Trump trouve un plan de sortie. Ils essaient de pousser doucement le président vers la sortie sans qu’il perde la face.
Mais Trump reste Trump. Il ne peut pas simplement arrêter. Il doit annoncer une victoire, même s’il n’y en a pas.
Alors il dit à la presse : « Nous sommes très en avance sur le calendrier. » C’est un langage orwellien. « En avance sur le calendrier » signifie, dans le monde de Trump : nous n’avons plus de calendrier, parce que le plan initial s’est effondré.
Et voilà le point essentiel : l’Iran le sait. Les Gardiens de la Révolution ont publié une déclaration.
C’est l’Iran qui décidera quand la guerre prendra fin.
C’est une réponse directe aux affirmations de Trump. Téhéran dit à l’homme le plus puissant du monde en face : tu ne contrôles pas cette guerre. Nous la contrôlons.
Et les faits leur donnent raison.
Jürgen Habermas : en guise de nécrologie
Il avait dans dans les premiers deux ou trois quarts de sa vie appartenu à cette Allemagne que nous aimions, celle des « Dichter und Denker » (poètes et penseurs) pour finir sa longue existence (96 ans) du côté des « Richter und Henker » (Juges et bourreaux). Jürgen Habermas a disparu le 14 mars. Il n’a plus eu le temps ou la force de déclarer son soutien à l’opération Furie épique/Ville sainte silencieuse [sic et resic] déclenchée par le duo de bourreaux bien connus contre la terre qui vit fleurir Ibn Sina (Avicenne), Omar Khayyam, Rûmi, Al Ghazali, Sohravardî, Al-Razi, Al-Fârâbî, Molla Sadra et…Ali Shariati. Devenu une vache sacrée de l’Allemagne bien-pensante et mal-agissante, Habermas avait, peu après le 7 octobre 2023, commis un écrit infâme de soutien inconditionnel aux tueurs sionistes. Cette ultime perversion de son « agir communicationnel » lui avait valu une réponse cinglante d’un sociologue iranien, professeur à l’University of Illinois Urbana-Champaign, Asef Bayat, auteur de travaux extrêmement créatifs sur les mouvements sociaux au Machrek et au Maghreb .
Nous la reproduisons ci-dessous en guise de nécrologie. D’abord parue en anglais dans New Lines Magazine, sa lettre a été traduite en français par la revue Conditions.-FG, Tlaxcala
Jürgen Habermas se contredit lorsqu’il
s’agit de Gaza
Lettre à Habermas
Asef Bayat, 8 décembre 2023
Cher professeur Habermas,
Vous ne vous souviendrez peut-être pas de moi, mais nous nous sommes rencontrés en Égypte en mars 1998. Vous êtes venu à l’Université américaine du Caire en tant qu’éminent professeur invité pour interagir avec le corps professoral, les étudiants et le public plus généralement. Tout le monde était enthousiaste de vous entendre. Vos idées sur la sphère publique, le dialogue rationnel et la vie démocratique étaient comme un souffle d’air frais à une époque où les islamistes et les autocrates au Moyen-Orient étouffaient la libre expression sous prétexte de « protéger l’islam ». Je me souviens d’une conversation agréable que nous avons eue sur l’Iran et la politique religieuse lors d’un dîner chez un collègue. J’ai essayé de vous transmettre l’émergence d’une société « post-islamiste » en Iran, dont vous avez ensuite semblé faire l’expérience lors de votre voyage à Téhéran en 2002, avant d’évoquer une société « post-séculière » en Europe. Au Caire, nous voyions dans vos concepts fondamentaux un grand potentiel pour promouvoir une sphère publique transnationale et des conversations interculturelles. Nous avons pris à cœur le noyau de votre philosophie communicative sur la façon dont la vérité-consensus peut être atteinte grâce à un débat libre.
Maintenant, quelque 25 ans plus tard, à Berlin, j’ai lu avec plus qu’un peu d’inquiétude et de consternation votre déclaration coécrite sur le principe de solidarité avec Israël concernant la guerre de Gaza. L’esprit de la déclaration réprimande largement ceux en Allemagne qui expriment, par des prises de position ou des manifestations, leur opposition au bombardement incessant de Gaza par Israël en réponse aux attaques épouvantables du 7 octobre du Hamas. Cela sous-entend que ces critiques envers l’État d’Israël sont intolérables parce que le soutien à celui-ci est une partie fondamentale de la culture politique allemande, « pour laquelle la vie juive et le droit d’Israël à exister sont des éléments centraux méritant une protection spéciale ». Le principe de « protection spéciale » trouve sa source dans l’histoire de l’Allemagne, laquelle est rendue singulière par les « crimes de masse de l’époque nazie ».
Il est louable que vous et la classe politique et intellectuelle de votre pays soyez déterminés à entretenir la mémoire de cette horreur historique afin que jamais des horreurs similaires ne s’abattent sur les Juifs (et je suppose et espère sur d’autres peuples). Mais votre formulation et votre fixation sur l’exceptionnalisme allemand ne laissent aucune marge à la discussion sur la politique d’Israël et les droits des Palestiniens. Lorsque vous confondez les critiques des actions de l’État d’Israël avec des « réactions antisémites », vous encouragez le silence et étouffez le débat.
En tant qu’universitaire, je suis stupéfait d’apprendre qu’en Allemagne, même dans les salles de classe qui devraient être des espaces libres de discussion et d’interrogation, tout le monde demeure silencieux lorsque le sujet de la Palestine est abordé. Les journaux, la radio et la télévision sont à peu près entièrement dépourvus de débat ouvert et significatif sur le sujet. De nombreuses personnes ayant appelé à un cessez-le-feu, y compris juives, ont été licenciées de leurs postes, ont vu leurs événements et leurs récompenses annulés et ont été accusées d’antisémitisme. Comment les gens sont-ils censés délibérer sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas s’ils ne sont pas autorisés à parler librement ? Qu’advient-il de vos fameuses notions de sphère publique, de dialogue rationnel et de démocratie délibérative ?
17/03/2026
Un proche collaborateur de Tulsi Gabbard démissionne en raison de la guerre en Iran
L'équipe de Trump s'effondre
Malek Dudakov, Команда Трампа разбегается, 17 mars 2026
Traduit par Tlaxcala

Le directeur du Centre national antiterroriste usaméricain, Joe Kent - un protégé de la cheffe du bureau du renseignement national, Tulsi Gabbard - démissionne, accusant le lobby israélien de provoquer une guerre avec l’Iran. Joe Kent est un ancien Béret vert, ayant servi 20 ans dans l’armée US.
[…] “Je ne peux pas, en conscience, soutenir la guerre en cours contre l’Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain.” […]
Il connaît bien la guerre, contrairement à de nombreux faucons de salon comme Ben Shapiro ou Mark Levin, qui prônent activement la poursuite de l’escalade. Kent a également servi en tant qu’officier militaire détaché auprès de la CIA. D’ailleurs, Langley s’efforce également de ne pas s’impliquer directement dans l’aventure iranienne. Ils ont tout laissé à Pete Hegseth.
Tulsi Gabbard sabote également la guerre avec l’Iran. Elle a récemment publié, avec la CIA, un rapport conjoint affirmant qu’il ne faut pas s’attendre à un changement de régime à Téhéran. Les services de renseignement usaméricains affirment avoir prévenu Trump à l’avance des risques d’escalade. Mais il n’a voulu écouter personne.
En attendant, autour de Gabbard, commencent à se rassembler des apparatchiks du Pentagone qui sont mécontents de l’attitude militariste de Hegseth.
En fait, nous assistons actuellement à une véritable guerre entre les faucons et les isolationnistes dans l’équipe de Trump, au milieu du chaos dans lequel ils se sont embourbés.
Les prix du diesel aux USA ont bondi de 40% et ont dépassé pour la première fois depuis 2022 les cinq dollars le gallon. Les porte-avions usaméricains rencontrent des difficultés, et il est peu probable qu’ils puissent mener une campagne pendant longtemps. Il n’a pas été possible de débloquer le détroit d’Ormuz, et l’Europe et la Chine ont refusé d’aider Trump. Les premiers licenciements et démissions ont commencé. Ce ne sera pas facile si la guerre avec l’Iran dure jusqu’en avril. Beaucoup de gens vont alors fuir un navire qui coule.
Traduction intégrale de la lettre
President Trump,
Après mûre réflexion, j’ai décidé de démissionner de mon poste de directeur du Centre national de contre-terrorisme, avec effet immédiat.
Je ne peux pas en mon âme et conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons commencé cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain.
Je soutiens les valeurs et les politiques étrangères sur lesquelles vous avez fait campagne en 2016, 2020, 2024, et que vous avez mises en œuvre durant votre premier mandat. Jusqu’en juin 2025, vous compreniez que les guerres au Moyen-Orient étaient un piège qui privait l’Amérique des vies précieuses de nos patriotes et épuisait la richesse et la prospérité de notre nation.
Durant votre première administration, vous avez mieux que tout président moderne compris comment appliquer la puissance militaire de manière décisive sans nous entraîner dans des guerres sans fin. Vous l’avez démontré en tuant Qassem Soleimani et en vainquant Daesh.
Au début de cette administration, des responsables israéliens de haut rang et des membres influents des médias américains ont déployé une campagne de désinformation qui a totalement miné votre plateforme “America First” et semé des sentiments pro-guerre pour encourager un conflit avec l’Iran. Cette chambre d’écho a été utilisée pour vous tromper en vous faisant croire que l’Iran représentait une menace imminente pour les États-Unis, et qu’en frappant maintenant, il y avait une voie claire vers une victoire rapide. C’était un mensonge et c’est la même tactique que les Israéliens ont utilisée pour nous entraîner dans la désastreuse guerre d’Irak qui a coûté à notre nation la vie de milliers de nos meilleurs hommes et femmes. Nous ne pouvons pas refaire cette erreur.
En tant que vétéran ayant été déployé au combat 11 fois et en tant qu’époux de Gold Star [parent/conjoint endeuillé par la guerre] ayant perdu mon épouse bien-aimée Shannon dans une guerre fabriquée par Israël, je ne peux pas soutenir l’envoi de la prochaine génération se battre et mourir dans une guerre qui n’apporte aucun bénéfice au peuple américain et ne justifie pas le coût en vies américaines.
Je prie pour que vous réfléchissiez à ce que nous faisons en Iran, et pour qui nous le faisons. Le moment est venu d’agir avec audace. Vous pouvez inverser la tendance et tracer une nouvelle voie pour notre nation, ou vous pouvez nous laisser glisser davantage vers le déclin et le chaos. Vous avez les cartes en main.
Ce fut un honneur de servir dans votre administration et de servir notre grande nation.
La victoire [usaméricaine] qui terrifie l'Arabie saoudite
Une analyse venue de Riyad examine trois issues possibles à la guerre contre l’Iran. La plus dangereuse pour les pétromonarchies du Golfe pourrait être… la victoire totale de Washington.
Totalitarisme coloré, un dictionnaire critique
Entretien avec l'auteur, Rudolph Bauer
Dans son dictionnaire « Totalitarisme coloré », le sociologue de Brême, le professeur Rudolph Bauer, associe avec clairvoyance les deux termes « coloré » et « totalitaire » pour décrire et dénoncer le totalitarisme contemporain avant qu'il ne soit trop tard. Dans un monde où la violence, le militarisme, la restriction des libertés, la surveillance, le racisme, la discrimination, l'indifférence totale et l'absence d'empathie sont en hausse, les termes que Bauer cite dans son dictionnaire critique nous secouent pour penser de manière indépendante et critique, sans nous laisser éblouir par les couleurs vives de ce fascisme contemporain. Milena Rampoldi de ProMosaik a interviewé l'auteur. Ce dictionnaire nous épargne la lecture de nombreux ouvrages. Il nous enseigne la remise en question critique d'un monde qui, par ses couleurs, a l'air antifasciste, mais qui est en réalité structuré de manière totalitaire.
Le
titre désigne la tendance politique générale des pays occidentaux vers un
régime totalitaire déguisé en Arlequin. « Coloré » et
« totalitaire » semblent se contredire. Le totalitarisme classique
était uniforme : avec un parti, une idéologie, un leader, un peuple, une
race, un collectif et une seule vocation : dominer le monde. Le totalitarisme
contemporain qui naît sous nos yeux semble être le contraire. Il est diversifié
et coloré comme l'arc-en-ciel : bariolé, migrant, antifasciste et
antiraciste, « autodéterminé », diversifié et woke. Il se veut
libéral, cosmopolite, libéral et démocratique. Extérieurement, il se démarque
de l'idéologie du rétro-fascisme. Mais l'élément décisif de ce système de domination
est le totalitarisme. Il censure et opprime, marginalise et délimite, enferme
et enserre, il est militariste, orienté vers la conquête et la domination du
monde. Le régime totalitaire naissant trompe sur son vrai caractère et son
noyau profond par sa coloration en surface.
Quels
sont les principaux thèmes des termes qui apparaissent dans votre
dictionnaire ?
Les
mots-clés se réfèrent aux institutions, aux organisations, aux personnes et,
surtout, aux termes et à leur signification ou à leur diversité confuse. D'une
part, les mots-clés sont mis en relation les uns avec les autres par des
références croisées. Cela crée une grille de contextes qui nous fait réaliser
que nous vivons derrière les barreaux comme en captivité. Ou en d'autres
termes : un réseau dense de liens se forme dans lequel nous sommes
impliqués et dont nous, en tant que consommateurs des nouvelles quotidiennes,
ne sommes pas conscients. Notre pensée ordinaire est parcellaire. Nous ne
voyons toujours qu'un côté du cube du destin de la réalité. Nous ne voyons
toujours que l'actualité, pas le contexte général et global. Nous ne
reconnaissons pas non plus les liens historiques qui ont des répercussions
jusqu'à présent et se reproduisent dans le futur. Le dictionnaire permet de
reconnaître les relations contemporaines au niveau horizontal. Et cela montre à
la fois des liens verticaux avec le passé totalitaire et des lignes de
développement vers un avenir totalitaire.
Le 4ème scénario : celui de la défaite usaméricaine en Iran
Après “La victoire [usaméricaine] qui terrifie l’Arabie saoudite”, nous proposons ici la traduction en français de deux articles publiés à une semaine d’intervalle par Policy Tensor, en commençant par le plus récent, daté du 16 mars 2026.

Les conséquences géopolitiques de la défaite, par Policy Tensor
Que se passe-t-il après la défaite des USA ?
Substack, Policy Tensor, The Geopolitical Consequences of Defeat, 16 mars 2026.
Quand un étudiant en relations internationales dit que le monde est unipolaire ou bipolaire, il émet en fait une hypothèse sur la répartition de la puissance. Dans un monde unipolaire, l’idée sous-jacente est qu’aucun autre État n’est capable de véritablement rivaliser avec le plus puissant. Si un État se révèle capable de le faire, alors cette hypothèse tombe à l’eau.
Comme je l’expliquais dans mon précédent article [Cf. plus bas pour la version française, après le présent article], les USA sont aujourd’hui au bord d’une défaite stratégique. Je ne dis pas que c’est joué d’avance, mais que ce scénario est devenu bien plus qu’une simple possibilité : c’est l’hypothèse centrale à envisager.
Pour être concret : si les USA échouent à neutraliser les attaques iraniennes dans le Golfe, s’ils sont incapables de rouvrir par la force le détroit d’Ormuz, ce sera une défaite stratégique. Une défaite qui prouverait que le monde n’est ni unipolaire, ni bipolaire, ni même tripolaire, mais bien multipolaire – avec l’Iran comme l’un de ses pôles. Alors, quelles seraient les conséquences géopolitiques d’un tel retournement ?
Mais avant d’en arriver là, reprenons les éléments clés du raisonnement.
Pour éviter la défaite, les USA n’ont qu’une seule option : détruire ou neutraliser les capacités iraniennes qui menacent les installations du Golfe et maintiennent Ormuz fermé. Si l’armée usaméricaine n’y parvient pas, par la force directe ou par la coercition, le résultat sera vécu comme une défaite stratégique – même si la guerre s’arrête sur un cessez-le-feu. Car alors, le monde entier aura vu que les USA ne peuvent plus imposer leur volonté dans cette région.
Tout repose donc sur la campagne d’interdiction, cette opération visant à détruire les moyens de frappe iraniens (drones, missiles, lanceurs, etc.).
Même si cette campagne réussit à dégrader rapidement ces capacités, la victoire ne sera pas pour autant acquise. Il faudra encore, si les Iraniens minent le détroit – ce qu’ils auraient déjà commencé à faire – mener des opérations de déminage. Or, le déminage en contexte hostile est un problème militaire loin d’être résolu, et qui prendrait lui aussi des mois.
Ce que j’ai montré dans mon précédent article, c’est que même avec des hypothèses optimistes, la campagne d’interdiction prendra de très longs mois – assez pour infliger des dégâts considérables à l’économie mondiale et à la présidence Trump.
Car dans cette guerre, le temps joue pour l’Iran.
Plus le conflit dure, plus l’Iran peut imposer des coûts élevés aux USAméricains et à l’économie globale. Si, à l’avenir, les présidents usaméricains hésitent à attaquer l’Iran de peur d’en payer le prix, alors Téhéran aura gagné son objectif principal : rétablir une dissuasion crédible.
16/03/2026
Personne ne se précipite pour sauver Ormuz
Mohammed Omar, houseofsaud.com, 16/3/2026
Traduit par Tlaxcala
Trump a demandé à 6 pays d’envoyer des navires de guerre à Ormuz. Aucun ne s’y est engagé. L’Inde et la Chine ont plutôt conclu des accords avec l’Iran. Ce que l’échec de la coalition signifie pour la sécurité saoudienne.
RIYAD — Le 14 mars, le
président Donald Trump a appelé six pays à envoyer des navires de guerre dans
le détroit d’Ormuz, promettant une flotte multinationale qui briserait le
blocus iranien et rétablirait le flux de vingt pour cent du pétrole mondial.
Deux jours plus tard, pas un seul pays n’a publiquement engagé de navire. La
France a mis des conditions. L’Allemagne a jugé le plan irréaliste. Le Japon a
invoqué des barrières constitutionnelles. La Corée du Sud est restée
silencieuse. L’Inde et la Chine ont contourné entièrement la coalition,
négociant leur propre passage avec Téhéran. La flotte qui était censée sauver
les marchés mondiaux de l’énergie n’existe que dans un message présidentiel sur
les réseaux sociaux — et pour l’Arabie saoudite, qui observe derrière son
bouclier antimissile fourni par les USA, ce silence porte un message bien plus
conséquent que n’importe quel déploiement de navire de guerre : l’architecture
de sécurité qui a protégé le Royaume pendant un demi-siècle pourrait ne plus
fonctionner quand elle compte le plus.
SOMMAIRE
·
Qu’a demandé Trump exactement dans le détroit d’Ormuz ?
·
Pourquoi aucun pays n’a-t-il publiquement engagé de
navires de guerre dans le détroit ?
·
L’offre conditionnelle de la France et les limites de
la puissance européenne
·
Pourquoi l’Allemagne et le Japon ne peuvent ou ne
veulent pas envoyer de navires
·
Comment l’Inde, la Chine et la Turquie négocient leurs
propres accords avec Téhéran
·
Qu’est-ce que le Pentagone a mal évalué concernant
Ormuz ?
·
La matrice de préparation de la coalition
·
La Grande-Bretagne a envoyé des avions mais la Royal
Navy est restée à quai
·
Que signifie l’échec de la coalition pour l’Arabie
saoudite ?
·
L’Arabie saoudite a-t-elle déjà commencé à construire
une architecture de sécurité post-américaine ?
·
Pourquoi la coalition de la guerre des pétroliers de
1987 a fonctionné et celle-ci ne le peut pas
·
Le détroit d’Ormuz rouvrira-t-il sans une flotte
multinationale ?
·
Foire aux questions
Qu’a demandé Trump
exactement dans le détroit d’Ormuz ?
Le 14 mars 2026, le
président Trump a publié sur Truth Social que « de nombreux pays »
enverraient des navires de guerre aux côtés des forces navales usaméricaines
pour maintenir le détroit d’Ormuz « ouvert et sûr ». Il a
spécifiquement nommé la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le
Royaume-Uni — des pays dont les économies dépendent du flux ininterrompu d’énergie
du Golfe — et les a exhortés à déployer immédiatement des forces navales dans
la région. Le message marquait la première reconnaissance publique par l’administration
que les USA ne disposent pas des ressources nécessaires pour rouvrir le détroit
seuls.
L’appel est intervenu au
15e jour de la guerre qui a commencé lorsque les USA et Israël ont
lancé l’opération Epic Fury le 28 février, tuant le guide suprême iranien Ali
Khamenei et frappant le programme de missiles du pays, ses installations
nucléaires et les infrastructures du Corps des Gardiens de la révolution
islamique. La réponse de l’Iran a inclus des attaques soutenues de missiles et
de drones contre des bases militaires usaméricaines dans tout le Golfe, des
frappes sur l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït, le
Qatar et Oman, et la fermeture effective du détroit d’Ormuz par une combinaison
de menaces de missiles antinavires, d’opérations de pose de mines et de
patrouilles de la marine du CGRI exigeant une autorisation de passage.
Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a simultanément annoncé le déploiement du navire d’assaut amphibie USS Tripoli et de son unité expéditionnaire de marines au Moyen-Orient. Les marines seraient capables de mener des opérations au sol si l’ordre en était donné — une escalade significative par rapport à la campagne purement navale et aérienne que le Pentagone avait initialement envisagée. Hegseth a déclaré à des journalistes lors d’un briefing au Pentagone que l’Iran « faisait preuve de pur désespoir dans le détroit d’Ormuz » et a insisté sur le fait que la situation était sous contrôle : « Nous y faisons face, et il n’y a pas lieu de s’inquiéter ».
Le décalage entre les
dénis de Hegseth et l’appel de Trump à des navires étrangers racontait deux
histoires contradictoires. Si la situation était sous contrôle, pourquoi
demander de l’aide à six pays ? Si les USA avaient besoin d’une coalition,
pourquoi le Pentagone n’en avait-il pas préparé une avant de déclencher une
guerre dont les experts avertissaient depuis des décennies qu’elle
déclencherait exactement ce scénario ?
Pourquoi aucun pays n’a-t-il
publiquement engagé de navires de guerre dans le détroit ?












