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20/01/2026

« Pourquoi ne manifestent-ils pas pour l’Iran ? » : une question qui dénote la dépravation morale de ceux qui la posent, en Israël et aux USA

Dahlia Scheindlin, Haaretz, 16/01/2026
Traduit par Tlaxcala



Une femme israélienne lors d’un rassemblement de solidarité avec les manifestants iraniens, à Holon, une banlieue de Tel Aviv, mercredi. Photo Moti Milrod

Des Israéliens qui n’ont jamais rejoint de manifestations pour leurs concitoyens tués en nombre sans précédent dans une vague de violence criminelle et n’envisageraient pas de manifester pour les civils de Gaza, sont consternés par ce qu’ils perçoivent comme le silence de la gauche mondiale sur l’Iran.

Depuis que le massacre de ses citoyens par le régime iranien a commencé la semaine dernière, des Israéliens et des figures pro-israéliennes dénoncent l’hypocrisie mondiale. Ils voulaient savoir : où étaient les manifestants à travers le monde et sur les campus universitaires pour soutenir les droits humains en Iran et contre la dictature meurtrière ? Mercredi, même Piers Morgan s’est plaint que les manifestations propalestiniennes n’ont jamais vraiment été à propos de droits humains, mais une couverture pour la haine envers Israël et les Juifs.

Le message s’est répandu avec une efficacité stupéfiante. Vendredi dernier, un commentateur israélien populaire a dénoncé l’absence de manifestations de masse en Occident. Dès lundi, des voix palestiniennes parodiaient déjà le message. Une animatrice de télévision israélienne a posté avec indignation contre des célébrités américaines qui portaient des pins de protestation contre l’ICE et la mort de Renee Good dans le Minnesota la semaine dernière, plutôt que de soutenir l’Iran.

Le diffuseur public israélien Kan a diffusé un long segment mettant en vedette la directrice de l’organisation de droite Stand With Us et l’ancienne porte-parole du gouvernement israélien Eylon Levy – expliquant patiemment que « rien » ne se passe dans le monde pour soutenir les Iraniens, car l’activisme palestinien n’était qu’une campagne organisée contre Israël et les Juifs.

Exploiter les horreurs auxquelles l’Iran est confronté pour marquer un point pour la diplomatie publique israélienne – connue en hébreu sous le nom de hasbara – est avant tout une distraction grotesque des événements en Iran. Et ce n’est que le début de ce qui ne va pas dans cet argument.

Premièrement, absolument : Les peuples du monde devraient soutenir les Iraniens essayant de renverser un régime violent, fondamentaliste, oppressif et chauvin. Je souhaite qu’ils le fassent, de la même manière que je souhaite que plus de gens se mobilisent pour soutenir l’Ukraine et le Soudan.

Les Israéliens devraient également être dans les rues pour manifester. Ils devraient s’exprimer pour protéger la vie des citoyens arabo-palestiniens d’Israël, qui sont tués dans des attaques criminelles à un rythme de plus d’un par jour en 2026, tandis que les forces de l’ordre sont pratiquement indifférentes. Incompréhensiblement, presque aucun Israélien juif ne le fait. 99,9 % des Israéliens juifs n’envisageraient jamais non plus de manifester pour les civils palestiniens à Gaza. Alors oui, absolument, le monde est hypocrite et injuste, et les Israéliens n’ont pas la crédibilité pour s’en plaindre.

Mais l’accusation est aussi curieuse d’un point de vue factuel, étant donné qu’il y a eu des manifestations littéralement à travers le monde pour les Iraniens : Londres ; Manchester ; Paris ; Berlin ; Hambourg ; Munich ; Vienne ; Bruxelles ; Finlande ; Washington DC ; Los Angeles – où des gens ont été percutés par un camion ; Madrid ; Sydney, et dans au moins quatre villes canadiennes – Montréal, Toronto, Ottawa et Vancouver (« Ma vidéo ne capture pas combien de personnes sont là mais il y en a beaucoup », a écrit un ami à Vancouver). Des actes de provocation devant des ambassades et des remplacements de drapeaux du régime ont été signalés à Séoul, Prague, Stockholm et Ljubljana, Slovénie.


Des Iraniens résidant en Arménie tiennent une manifestation de solidarité avec les manifestants iraniens, devant l’ambassade d’Iran à Erevan jeudi. Photo Karen Minasyan / AFP

Personne ne suivant la ligne de la hasbara n’a mentionné cette mobilisation mondiale. C’est compréhensible – avec seulement Reuters, CBC, Euronews, la couverture des médias sociaux et des médias locaux, il faudrait un googlage intrépide pour découvrir les manifestations.

Ah, l’argument serait : mais ce ne sont que des Iraniens de la diaspora, pas d’autres. Où sont les citoyens occidentaux de gauche, progressistes ? De façon anecdotique, il y a une part de vérité là-dedans. Mais je devine que ces critiques n’ont pas examiné les images, inspecté les visages ou appelé des amis dans ces lieux lointains pour vérifier, quand une impression idéologiquement motivée suffit.

J’ai fait des appels. J’ai parlé à Sara Bazoobandi, une Iranienne de la diaspora qui est chercheuse à l’Institut pour la politique de sécurité de l’Université de Kiel en Allemagne. Elle a exprimé une certaine frustration qu’il n’y ait pas plus de libéraux occidentaux rejoignant la cause. Elle a aussi mentionné une belle histoire à propos d’une femme allemande juive âgée qui l’a abordée lors d’une manifestation à Hambourg, pour exprimer son soutien. Il est peu probable que cette femme ait été la seule supportrice non iranienne là-bas.

Mais ignorer les manifestations de la diaspora iranienne est un message en soi. Si les Iraniens manifestant à travers le monde ne comptent pas, cela ne voudrait-il pas dire que les manifestants palestino-usaméricains ne comptent pas non plus ?

Ensuite, les théoriciens de l’hypocrisie diront ah, mais il n’y a pas de manifestations sur les campus soutenant les droits humains en Iran. Le spécialiste des études juives Tomer Persico sait pourquoi : c’est parce que les étudiants universitaires occidentaux sont affligés par une dissonance cognitive. N’attendez pas de preuve – son opinion fermement ancrée devra suffire.


Des citoyens arabes d’Israël manifestent à Jérusalem l’année dernière, demandant à la police d’en faire plus pour stopper la criminalité dans leur communauté. Photo Olivier Fitoussi

Explications alternatives et logiques

Mais le fait demeure qu’il y a peu de manifestations de masse d’USAméricains ou d’Occidentaux au-delà des groupes de la diaspora iranienne, ou d’étudiants universitaires de diverses origines. Pourquoi ?

Une explication différente pourrait s’appuyer sur des différences empiriques entre l’Iran et Gaza. Les étudiants et les citoyens savent que leurs institutions ou pays soutiennent le côté qu’ils considèrent comme l’agresseur dans le conflit israélo-palestinien. Vous pouvez être d’accord ou pas, mais ce n’est pas une « dissonance cognitive » de le croire. Vous pouvez argumenter sur un deux poids-deux mesures, mais en Occident, tout le monde sait qu’Israël prétend être une démocratie tout en réprimant les Palestiniens depuis toute son histoire, vous rétorqueront-ils alors.

Les Occidentaux savent aussi que les actions d’Israël ne sont possibles qu’avec le soutien politique, économique et militaire énorme et à long terme de leurs pays à l’État juif.

Quand les gens manifestent, ils demandent généralement quelque chose. Même quelques centaines de personnes à Montréal ont manifesté à propos de l’Iran devant une station de nouvelles, pour exiger une couverture plus complète des atrocités du régime iranien.
Les manifestants aux USA pour les Palestiniens exigeaient une pression gouvernementale sur Israël pour qu’il cesse de permettre la guerre ; les étudiants exigeaient que les universités se désengagent, même sans savoir comment cela fonctionne. Personne n’aurait jamais dû ignorer le 7 octobre, et une tache d’immoralité et de malhonnêteté reste sur quiconque l’a fait.

Des tentes abritant des familles palestiniennes déplacées installées le long du rivage à Gaza Ville, cette semaine. Photo Omar Al-Qattaa / AFP

Exiger qu’Israël arrête une guerre qui implique un siège massif et des meurtres de civils à Gaza équivaut à demander aux USAméricains que les USA agissent contre l’agresseur en Iran tuant des civils. Sauf que le gouvernement usaméricain fait cela depuis des décennies.

L’Amérique a imposé des sanctions au régime à partir de 1979. Celles-ci sont devenues un vaste réseau de sanctions et de limitations au fil des ans, avec seulement une pause partielle et limitée sous le JCPOA, l’accord nucléaire iranien de 2015, puis réimposées en 2018 lorsque les USA se sont retirés. En septembre, le Conseil européen a également réinstauré ses sanctions, suite au « retour automatique » à la fin de l’accord de 2015. Et nul besoin de rappeler que les USA ont déjà agi militairement contre l’Iran, aux côtés d’Israël, en juin dernier.

Quelques jours après les rapports faisant état de tueries de manifestants par le régime, le président Trump a annoncé des droits de douane usaméricains de 25% sur les pays commerçant avec Téhéran. Et au moment où ces lignes sont écrites, le monde est en alerte maximale pour une autre frappe militaire usaméricaine possible contre l’Iran. Ceux qui détestent le régime iranien pourraient ne pas avoir d’autres demandes supplémentaires, pour l’instant. Il est difficile d’exiger que votre université se désengage lorsqu’elle n’est pas investie dans des entreprises iraniennes.

Maintenant, si vous êtes USAméricain et que vous vous opposez au régime israélien pour l’occupation et le siège extrême, les punitions collectives et les bombardements aveugles de Gaza en réponse au 7 octobre, vous exigerez que votre gouvernement fasse tout différemment : qu’il cesse de financer, d’armer et de fournir l’armure diplomatique impénétrable pour Israël qui a assuré que sa guerre à Gaza dure depuis deux années horribles, et n’est pas tout à fait terminée.

Des USAméricains juifs ont manifesté en novembre 2023 pour exiger la libération des otages. En fait, la plus grande partie de l’activisme juif usaméricain et pro-israélien s’est concentré sur les otages. Mais avec le gouvernement usaméricain sous Joe Biden puis Trump travaillant déjà à cet objectif, combien de manifestations de masse devaient-ils organiser ?

Toutes les manifestations propalestiniennes sont-elles pures de cœur et dépourvues d’arrière-pensées ou d’hypocrisie ? Non. Devrait-il y avoir une bien plus grande solidarité dans ce monde pour tous les peuples cruellement tués par leurs régimes misérables ? Absolument. Mais l’accusation pro-israélienne contre le faux « silence mondial » sur l’Iran, venant de personnes qui n’envisageraient jamais de manifester pour sauver les enfants de Gaza, reflète une dissonance cognitive, et morale.

11/01/2026

Iran : Déstabiliser par étranglement
Remarques sur la nouvelle vague de protestations en Iran

 Joachim Guilliard, Nachgetragen, 9/1/2026
Traduit par Tlaxcala

Joachim Guilliard (né en 1958) a étudié la physique, travaille principalement comme consultant en informatique et est actif dans le mouvement pacifiste allemand. Il s’intéresse depuis longtemps au Moyen-Orient et au Proche-Orient, en particulier à l’Irak, et est l’auteur de nombreux articles spécialisés ainsi que le coéditeur et coauteur de plusieurs livres sur les pays de la région touchés par la guerre. Depuis 2009, il anime le blog «Nachgetragen ».

La forte vague de protestations qui s’est propagée en Iran fin 2025 contre la misère économique n’a pas été une surprise. Les blocus économiques sans cesse renforcés au cours de l’année et l’agression militaire directe d’Israël et des USA en juin dernier ont considérablement aggravé les problèmes économiques du pays. L’embargo auquel l’Iran est confronté est aussi vaste et brutal que celui contre Cuba.

Le pays réussit certes à en amortir quelque peu les effets en développant le commerce avec la Russie, la Chine et ses voisins asiatiques. Les pertes financières et les problèmes d’approvisionnement restent néanmoins considérables. Ils entraînent, entre autres, une dépréciation constante de la monnaie iranienne, une perte croissante du pouvoir d’achat et une inflation élevée persistante, qui a bondi à plus de 50 % après le rétablissement des blocus par le président usaméricain en 2018 et se maintient depuis à une moyenne de 35 %. Les autres crises intérieures sont également exacerbées par l’embargo. Des millions de personnes, y compris de la classe moyenne, sont ainsi plongées dans la pauvreté. [1]

C’est précisément l’objectif ouvertement proclamé de Trump. Les Iraniens doivent être poussés au désespoir par une détérioration drastique de leurs conditions de vie, au point de se soulever contre le régime. C’est d’ailleurs le calcul général qui sous-tend les sanctions économiques [2], également poursuivi par Berlin, Paris et Londres. Les sanctions économiques de l’ONU et de l’UE réactivées par ces derniers via le « snapback » ont fait chuter encore plus le taux de change et ont poussé l’inflation à près de 50 %.

Le déclencheur des protestations actuelles a finalement été une chute extrême du taux de change du rial par rapport au dollar. Les commerçants du bazar de Téhéran ont alors fermé leurs boutiques et sont descendus dans la rue. Le rial avait perdu 10 % supplémentaires de sa valeur en quelques jours. Comme cela était exceptionnel, même pour un Iran habitué aux chutes de cours, sa direction y voit la « main de l’ennemi ». [3]

Si les manifestations se sont propagées dans de nombreuses régions du pays, les espoirs des USA et de leurs alliés européens ne se sont pas concrétisés jusqu’à présent. Même si les médias occidentaux tentent de donner une autre impression, les protestations ne visent pas un renversement du régime, mais s’opposent principalement à l’inflation, à la précarité de l’emploi, aux conditions de vie difficiles et à l’insuffisance des mesures gouvernementales pour y remédier.

Face à cette situation tendue, le gouvernement réagit avec plus de retenue que lors des protestations précédentes.[4] Il déclare les revendications légitimes, cherche le dialogue et a fait les premières concessions, comme des allègements fiscaux pour les commerçants et des subventions plus élevées.[5] Le président Massoud Pezeshkian a toutefois également reconnu que le gouvernement manquait actuellement des moyens pour résoudre la crise économique.[6]

De toute évidence, des groupes armés se sont également efforcés de faire escalader les manifestations. Dans plusieurs provinces, des émeutes violentes ont éclaté, des bâtiments ont été incendiés et des postes de police attaqués. Les forces de sécurité iraniennes ont répondu avec une fermeté correspondante. Elles soupçonnent, certainement non sans raison, une ingérence étrangère.

La surveillance, les poursuites et les arrestations avaient augmenté depuis juin, après que des attaques de drones, des attentats et des actes de sabotage depuis le territoire iranien eurent montré à quel point des secteurs sensibles du pays avaient été infiltrés par les services secrets israéliens et usaméricains. Les opposants pro-occidentaux étaient ainsi davantage soupçonnés. Comme toujours, les attaques, les efforts de déstabilisation et les blocus économiques réduisent drastiquement les marges de manœuvre politiques de la société civile.

Mais les mesures d’étranglement occidentales et le soutien massif aux forces anti-gouvernementales dans le pays n’ont rien à voir avec des efforts en faveur de la liberté et de la démocratie. Elles ne visent pas non plus principalement le programme nucléaire iranien. L’objectif est d’éliminer une puissance régionale qui, par ses richesses en ressources, son haut niveau d’éducation et ses compétences technologiques, dispose d’un énorme potentiel de développement. Et qui – à l’instar du Venezuela – entretient des alliances stratégiques avec la Chine, la Russie et d’autres adversaires de l’Occident, pratique un commerce contournant le dollar et, de par sa situation géographique, est un carrefour multipolaire.

Comme il n’existe pas dans le pays même de forces suffisamment fortes pour installer un régime pro-occidental, les USA, Israël et l’UE visent à ramener l’Iran au niveau de la Syrie, de l’Irak ou du Liban.

Notes

[1] Iran nach dem Zwölf-Tage-Krieg, UZ vom 26. Dezember 2025

[2] Joachim Guilliard, Arsenal des Faustrechts: Wirtschaftsblockaden, Menschenrechte und der Widerstand des Südens, IMI-Studie 2024/4, 24. Mai 2024

[3] Sayyed Khamenei links currency devaluation to ‚enemy hand’, Al Mayadeen, 3 Jan 2026

[4] Tehran adjusts its public tone as protests return, Iran International, 1.1.2026

[5] Iran President Moves to Calm Protests With Vow to Fix Budget, Bloomberg, 30.12.2025, Iran Offers Citizens $7 a Month in a Bid to Cool Protests, New York Times, 5.1.2026

[6] Iran’s Pezeshkian urges unity as protests over economic woes turn deadly, Aljazeera, 31/12/2025

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Iran: Destabilizing by Strangulation
Notes on the new protest wave in Iran

Joachim Guilliard, Nachgetragen, 9/1/2026
Translated by Tlaxcala

Joachim Guilliard (b. 1958) studied physics, works professionally as an IT consultant, and is active in the German peace movement. He has long been engaged with the Middle East, with a focus on Iraq, and is the author of numerous specialist articles as well as the co-editor and co-author of several books on war-affected countries in the region. Since 2009, he has run the blog “Nachgetragen”.

The strong wave of protest that spread in Iran at the end of 2025 against economic misery did not come as a surprise. The economic blockades steadily intensified over the course of the year and the direct military aggression by Israel and the USA in June have significantly exacerbated the country’s economic problems. The embargo Iran faces is as comprehensive and brutal as the one against Cuba.


While the country manages to somewhat cushion the effects by expanding trade with Russia, China, and its Asian neighbors, the financial losses and supply problems are still considerable. Among other things, they lead to a steady devaluation of the Iranian currency, growing loss of purchasing power, and persistently high inflation, which soared to over 50 percent after the blockades were reinstated by the US President in 2018 and has since averaged 35 percent. Other domestic crises are also exacerbated by the embargo. Millions of people, including from the middle class, are thus increasingly being driven into poverty. [1]

This is precisely the openly proclaimed goal of Trump. Iranians are to be driven to despair by a drastic deterioration in living conditions to the point where they rise up against the regime. This is in itself also the general calculation behind economic sanctions [2] and is also pursued by Berlin, Paris, and London. The UN and EU economic sanctions reactivated by them via “snapback” further devalued the exchange rate and drove inflation to almost 50 percent.

The trigger for the current protests was ultimately an extreme plunge in the exchange rate of the rial against the dollar. Merchants in Tehran’s bazaar consequently closed their shops and took to the streets. The rial had lost another 10 percent of its value within a few days. As this was exceptional even for an Iran accustomed to currency crashes, its leadership sees the “hand of the enemy” behind it. [3]

Although demonstrations spread to wide parts of the country, the hopes of the USA and its European allies have not been fulfilled so far. Even if Western media seek to convey a different impression, the protests are not aimed at overthrow the regime, but are predominantly directed against inflation, insecure employment, precarious living conditions, and the government’s inadequate measures to counter them.

In the tense situation, the government is reacting more restrainedly than in previous protests.[4] It declares the demands to be justified, seeks dialogue, and made initial concessions, such as tax relief for merchants and higher subsidies.[5] President Masoud Pezeshkian also admitted, however, that the government currently lacks the means to solve the economic crisis.[6]

Evidently, armed groups also endeavored to escalate demonstrations. In several provinces, there were violent riots, buildings were set on fire, and police stations attacked. Iranian security forces responded with corresponding severity. They also suspect, certainly not without reason, foreign interference.

Surveillance, charges, and arrests had increased since June, after drone attacks, assassinations, and sabotage from Iranian territory had shown the extent to which sensitive areas of the country had been infiltrated by Israeli and US intelligence services. Pro-Western opposition figures thus came under increased suspicion. As always, attacks, destabilization efforts, and economic blockades drastically narrow political spaces for the civil society .

But the Western strangulation measures and the massive support for anti-government forces in the country have nothing to do with efforts for freedom and democracy. They are also not primarily aimed at the Iranian nuclear program. The goal is the elimination of a regional power which, with its resource wealth, high level of education, and technological prowess, has enormous development potential. And which – similar to Venezuela – maintains strategic alliances with China, Russia, and other adversaries of the West, conducts trade bypassing the dollar, and due to its geographical location is a multipolar hub.

As there are no sufficiently strong forces within the country itself to install a pro-Western regime, the USA, Israel, and the EU aim to bring Iran down to the level of Syria, Iraq, or Lebanon.

Notes

[1] Iran nach dem Zwölf-Tage-Krieg, UZ vom 26. Dezember 2025

[2] Joachim Guilliard, Arsenal des Faustrechts: Wirtschaftsblockaden, Menschenrechte und der Widerstand des Südens, IMI-Studie 2024/4, 24. Mai 2024

[3] Sayyed Khamenei links currency devaluation to ‚enemy hand’, Al Mayadeen, 3 Jan 2026

[4] Tehran adjusts its public tone as protests return, Iran International, 1.1.2026

[5] Iran President Moves to Calm Protests With Vow to Fix Budget, Bloomberg, 30.12.2025, Iran Offers Citizens $7 a Month in a Bid to Cool Protests, New York Times, 5.1.2026

[6] Iran’s Pezeshkian urges unity as protests over economic woes turn deadly, Aljazeera, 31/12/2025

Iran: Destabilisieren durch Strangulieren
Anmerkungen zur neuen Protestwelle im Iran

Joachim Guilliard, Nachgetragen, 9.1.2026

Joachim Guilliard (*1958), hat Physik studiert, arbeitet hauptberuflich als IT-Berater und ist in der deutschen Friedensbewegung aktiv. Er befasst sich seit langem mit dem Nahen und Mittleren Osten, schwerpunktmäßig mit dem Irak und ist Verfasser zahlreicher Fachartikel sowie Mitherausgeber bzw. -autor mehrerer Bücher über die von Kriegen betroffenen Länder der Region. Seit 2009 betreibt er den Blog „Nachgetragen“.

Die starke Welle des Protests, die sich Ende 2025 im Iran gegen die wirtschaftliche Misere ausbreitete, kam nicht überraschend. Die im Lauf des Jahres immer weiter verschärften Wirtschaftsblockaden und die direkte militärische Aggression Israels und der USA im Juni, haben die wirtschaftlichen Probleme des Landes erheblich verschärft. Das Embargo, mit dem der Iran konfrontiert ist, ist ähnlich umfassend und brutal wie das gegen Kuba.

Es gelingt dem Land zwar durch Ausweitung des Handels mit Russland, China und seinen asiatischen Nachbarn, die Auswirkungen einigermaßen abzufedern. Die finanziellen Einbußen und Versorgungsprobleme sind aber dennoch erheblich. Sie führen unter anderem zur steten Abwertung der iranischen Währung, zu wachsenden Kaufkraftverlusten und einer anhaltend hohen Inflation, die seit der Wiederinkraftsetzung der Blockaden durch US-Präsident 2018 auf über 50 Prozent schnellte und seither bei durchschnittlich 35 Prozent liegt. Auch sonstige inländischen Krisen werden durch das Embargo noch verschärft. Millionen Menschen, auch aus der Mittelschicht, werden so zunehmend in die Armut getrieben. [1]

Genau das ist das offen verkündete Ziel Trumps. Die Iraner sollen durch drastische Verschlechterung der Lebensbedingungen derart in die Verzweiflung getrieben werden, dass sie sich gegen das Regime erheben. Das ist an sich auch das generelle Kalkül hinter Wirtschaftssanktionen[2] und wird auch von Berlin, Paris und London verfolgt. Die von ihnen über den „Snapback“ reaktivierten Wirtschaftssanktionen der UNO und der EU ließen den Währungskurs weiter verfallen und trieben die Inflation auf fast 50 Prozent.

Auslöser der aktuellen Proteste war schließlich ein extremer Absturz des Wechselkurses des Rial gegenüber dem Dollar. Händler auf dem Teheraner Bazar schlossen daraufhin ihre Läden und gingen auf die Straße. Der Rial hatte innerhalb weniger Tage weitere 10 Prozent seines Wertes verloren. Da dies selbst für den Kursstürze gewohnte Iran außergewöhnlich war, sieht seine Führung die „Hand des Feindes“ dahinter. [3]

Demonstrationen breiteten sich zwar im weiten Teilen des Landes aus, die Hoffnungen der USA und ihrer europäischen Verbündeten erfüllten sich bisher jedoch nicht. Auch wenn die westlichen Medien einen anderen Eindruck zu vermitteln suchen, zielen die Proteste nicht auf einen Umsturz, sondern richten sich überwiegend gegen Inflation, unsichere Arbeitsverhältnisse, prekäre Lebensbedingungen und die unzureichenden Maßnahmen der Regierung dagegen.

Diese reagiert in der angespannten Lage zurückhaltender als bei früheren Protesten.[4] Sie erklärt die Forderungen für berechtigt, sucht den Dialog und machte erste Zugeständnisse, wie Steuernachlässe für Händler und höhere Subventionen.[5] Präsident Massud Peseschkian räumte aber auch ein, dass der Regierung aktuell die Mittel zur Lösung der Wirtschaftskrise fehlen.[6]

Offensichtlich bemühten sich allerdings auch bewaffnete Gruppen, Demonstrationen eskalieren zu lassen. In mehreren Provinzen kam es zu gewalttätigen Ausschreitungen, wurden Gebäude in Brand gesteckt und Polizeistationen angegriffen. Die iranischen Sicherheitskräfte reagierten mit entsprechender Härte. Sie gehen, sicherlich nicht zu Unrecht, auch von ausländischer Einmischung aus.  

Überwachung, Anklagen und Verhaftungen hatten seit Juni zugenommen, nachdem Drohnenangriffe, Attentate und Sabotage von iranischem Territorium aus gezeigt hatten, in welchem Maße sensible Bereiche des Landes von israelischen und US-amerikanischen Geheimdiensten unterwartet worden waren. Pro-westliche Oppositionelle gerieten so verstärkt unter Verdacht. Wie immer verengen Angriffe, Destabilisierungsbemühungen und Wirtschaftsblockaden drastisch die politischen zivilgesellschaftlichen Spielräume.

Doch die westlichen Strangulationsmaßnahmen und die massive Unterstützung regierungsfeindlicher Kräfte im Land haben nichts mit Bemühungen um Freiheit und Demokratie zu tun. Sie richten sich auch nicht primär gegen das iranische Atomprogramm. Ziel ist die Ausschaltung einer Regionalmacht, die mit ihrem Ressourcenreichtum, hohem Bildungsgrad und technologischem Niveau ein enormes Entwicklungspotential hat. Und die – ähnlich wie Venezuela – strategische Allianzen mit China, Russland und anderen Gegnern des Westens unterhält, Handel am Dollar vorbei betreibt und durch seine geografische Lage ein multipolarer Knotenpunkt ist.

Da im Land selbst ausreichend starke Kräfte fehlen, um ein pro-westliches Regime zu installieren, zielen USA, Israel und der EU darauf, den Iran auf das Niveau von Syrien, Irak oder Libanon herunterzubringen.

Noten

[1] Iran nach dem Zwölf-Tage-Krieg, UZ vom 26. Dezember 2025

[2] Joachim Guilliard, Arsenal des Faustrechts: Wirtschaftsblockaden, Menschenrechte und der Widerstand des Südens, IMI-Studie 2024/4, 24. Mai 2024

[3] Sayyed Khamenei links currency devaluation to ‚enemy hand’, Al Mayadeen, 3 Jan 2026

[4] Tehran adjusts its public tone as protests return, Iran International, 1.1.2026

[5] Iran President Moves to Calm Protests With Vow to Fix Budget, Bloomberg, 30.12.2025, Iran Offers Citizens $7 a Month in a Bid to Cool Protests, New York Times, 5.1.2026

[6] Iran’s Pezeshkian urges unity as protests over economic woes turn deadly, Aljazeera, 31-12-2025

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20/11/2025

Colonel Wilkerson : “Israël est derrière l'escalade de Trump contre le Venezuela”

India & Global Left, 15/11/2025
Transcrit, résumé et traduit par Tlaxcala

Lawrence Wilkerson explique pourquoi les USA intensifient leurs actions contre le Venezuela, à quel point Washington est proche d'une éventuelle intervention militaire et pourquoi il pense qu'Israël joue un rôle moteur dans la stratégie de Trump à l'égard du Venezuela. Nous explorons également des questions géopolitiques plus larges : • Les USA ont-ils une véritable grande stratégie après avoir perdu la guerre tarifaire contre la Chine ? • L'OTAN va-t-elle se retirer de son aventure ratée en Ukraine ? • Que signifie pour la région la réintégration effective de la Syrie dans l'architecture usaméricaine au Moyen-Orient ? • Washington réagit-il aux changements mondiaux ou intensifie-t-il aveuglément ses efforts sur plusieurs fronts ? Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur l'empire usaméricain, la rivalité entre les grandes puissances et les acteurs cachés qui façonnent les conflits actuels, cette interview du colonel Wilkerson est incontournable.

 

L’épisode s’ouvre par un message de bienvenue adressé aux spectateurs et un appel à soutenir la chaîne au moyen d’abonnements, d’adhésions ou de dons. L’animateur présente ensuite l’invité du jour, le colonel Lawrence Wilkerson, ancien colonel de l’armée usaméricaine et ancien chef de cabinet du secrétaire d’État Colin Powell. La discussion s’engage sur l’escalade des USA contre le Venezuela : renforcement militaire dans la Caraïbe, opérations lancées depuis Porto Rico sous couvert d’une « guerre contre le narco-terrorisme » et intensification des campagnes de propagande. Certaines figures de l’opposition vénézuélienne — comme María Corina Machado — sont accusées de promettre des actifs du pays aux entreprises usaméricaines, tandis que le président Trump affiche ouvertement sa volonté d’un changement de régime à Caracas. La question centrale posée à Wilkerson est jusqu’où Washington est prêt à aller.

Wilkerson répond en évoquant son expérience sous l’administration de George W. Bush, soulignant que de nombreuses pratiques de cette époque sont aujourd’hui reproduites avec encore plus de profondeur, d’ampleur et d’illégalité. Il invoque l’héritage des procès de Nuremberg et rappelle que leur objectif fondamental, formulé par le juge Jackson, était de prévenir les guerres d’agression. Ce principe a servi de fondement moral à l’ONU et aux Conventions de Genève de 1948, destinées à imposer des normes de conduite de la guerre et à instituer le droit pénal international. Selon Wilkerson, les USA démantèlent désormais, « pièce par pièce, fil par fil », tout l’édifice juridique international mis en place après la Seconde Guerre mondiale. Il affirme que les USA sont devenus le principal auteur de guerres d’agression dans le monde, le Venezuela étant la cible la plus récente.

Il rappelle que l’implication clandestine usaméricaine s’est intensifiée en 2016 lorsque Trump a signé une directive autorisant la CIA à mener des opérations sur le terrain. La décision d’Obama, en 2015, de qualifier le Venezuela de menace pour la sécurité nationale avait déjà préparé le terrain aux sanctions et aux politiques interventionnistes. Wilkerson souligne qu’il n’existe aucune différence significative entre administrations démocrates et républicaines. Il s’inquiète notamment des nouveaux fondements juridiques élaborés par le département de la Justice pour justifier des assassinats extrajudiciaires en mer — des opérations qui ont déjà coûté la vie à des dizaines de personnes, dont de simples pêcheurs pauvres pris à tort pour des trafiquants. En Colombie et au Venezuela, certains évitent désormais de sortir pêcher de peur d’être tués. Cela illustre, selon lui, la destruction du droit international et du principe de procédure régulière.

Interrogé sur la possibilité d’une intervention militaire, Wilkerson se dit très préoccupé. Il affirme qu’Israël joue un rôle majeur dans les opérations de renseignement usaméricaines au Venezuela depuis au moins 2016. Trump, dit-il, reçoit un renseignement biaisé ou manipulé non pas par les agences officielles usaméricaines, mais par des intermédiaires comme Laura Loomer et des individus liés aux services israéliens, financés par des acteurs de l’opposition vénézuélienne. Cette filière parallèle contourne le renseignement officiel et alimente des opérations fondées sur des agendas extérieurs.

Wilkerson détaille ensuite l’ascension du Commandement des opérations spéciales (SOCOM), devenu une structure militaire semi-autonome étroitement intégrée à la CIA. Ce dispositif permet à l’agence de mener des opérations d’action directe tout en échappant au contrôle du Congrès, puisque celles-ci sont techniquement exécutées par l’armée. Il cite plusieurs précédents historiques — Mogadiscio, l’Afghanistan, l’Irak — où les forces spéciales ont mené des missions unilatérales hors du contrôle des commandants régionaux. Il affirme que la même dynamique est à l’œuvre au Venezuela, où des unités spéciales, stationnées sur un « navire-mère » au large du pays, mènent des opérations clandestines sans en référer au commandement militaire conventionnel. Il qualifie cette situation de rupture « invraisemblable » et dangereuse du contrôle civil et militaire.

L’animateur note que l’armée vénézuélienne est fortement politisée et étroitement liée au processus bolivarien — à la différence du Chili en 1973. Cela rend un coup d’État bien plus difficile. Wilkerson approuve : l’armée est restée loyale et les tentatives de corruption ou d’infiltration usaméricaines ont probablement échoué. Une intervention se heurterait à la fois à l’armée et à une opinion publique largement opposée aux USA. Wilkerson prédit qu’une tentative de changement de régime conduirait à une guerre de guérilla prolongée, que les USA finiraient par perdre, provoquant d’immenses souffrances au Venezuela et peut-être en Colombie.

Colonel Wilkerson: “Israel Is Behind Trump’s Escalation on Venezuela”


India & Global Left, 15/11/2025

Transcribed and summarized by Tlaxcala

Wilkerson explains why the U.S. is escalating against Venezuela, how close Washington is to a possible military intervention, and why he believes Israel is playing a driving role behind Trump’s Venezuela strategy. We also explore bigger geopolitical questions: • Does the U.S. have a real grand strategy after losing the tariff war to China? • Will NATO retreat from its failing venture in Ukraine? • What does Syria’s effective re-absorption into the U.S. Middle East architecture mean for the region? • Is Washington reacting to global shifts—or blindly escalating on multiple fronts? If you want a deep dive into U.S. empire, great-power competition, and the hidden actors shaping today’s conflicts, this interview with Colonel Wilkerson is essential.

 

The episode opens with a welcome to viewers and an appeal to support the channel through subscriptions, membership, or donations. The host then introduces the evening’s guest, Colonel Lawrence Wilkerson, a retired U.S. Army Colonel and former Chief of Staff to Secretary of State Colin Powell. The conversation begins with an overview of U.S. escalation against Venezuela, including military buildups in the Caribbean, operations originating from Puerto Rico under the banner of a so-called "war on narco-terrorism," and intensified propaganda efforts. Figures in the Venezuelan opposition—such as María Corina Machado—are described as promising Venezuelan assets to U.S. corporations, while President Trump has been explicit in seeking regime change in Caracas. The central question posed to Wilkerson is how far Washington is willing to go.

Wilkerson responds by recalling his experience during the George W. Bush administration, noting that many of the practices of that era are now being repeated with even greater depth, breadth, and illegality. He invokes the legacy of the Nuremberg Trials, reminding viewers that their primary purpose—articulated by Justice Jackson—was to stop wars of aggression. This principle formed the moral foundation for the UN and the Geneva Conventions of 1948, which sought to impose standards on the conduct of war and establish international criminal law. According to Wilkerson, the United States is now dismantling, "peg by peg, thread by thread," the entire post-World War II international legal framework. He argues that the U.S. has become the world’s chief perpetrator of wars of aggression, with Venezuela being the most recent target.

Wilkerson explains that U.S. covert involvement in Venezuela escalated in 2016 when Trump signed a presidential finding authorizing CIA operations on the ground. Obama’s 2015 declaration that Venezuela was a national security threat to the United States also paved the way for sanctions and interventionist policies. Wilkerson stresses that both Democratic and Republican administrations have followed the same trajectory. He highlights a troubling trend: the creation of new legal rationales by the Department of Justice to justify extrajudicial killings at sea—killings that have already claimed dozens of lives, including impoverished fishermen misidentified as smugglers. People in Colombia and Venezuela are now reportedly afraid to fish for fear of being killed. This, Wilkerson says, represents the destruction of international law and due process.

Turning to the possibility of a military intervention, Wilkerson describes the situation as deeply alarming. He asserts that Israel is heavily involved in U.S. intelligence operations related to Venezuela, having participated since at least 2016. According to him, Trump receives misleading or manipulated intelligence not from official U.S. agencies but from intermediaries such as Laura Loomer and figures connected to the Israeli intelligence apparatus, financed by actors within the Venezuelan opposition. In Wilkerson’s view, this intelligence pipeline circumvents the established intelligence community, enabling operations driven by external agendas.

He elaborates on the rise of U.S. Special Operations Command (SOCOM), which has grown into a powerful, semi-autonomous military structure closely integrated with the CIA. This arrangement allows the CIA to conduct direct-action operations while avoiding congressional oversight, since the military technically carries out the actions. Wilkerson provides historical examples—from Mogadishu to Afghanistan and Iraq—where Special Operations forces conducted unilateral missions without the knowledge of regional commanders. He argues that similar dynamics are now visible in Venezuela, where special operations personnel aboard a “mother ship” off the Venezuelan coast conduct clandestine missions without the awareness or approval of the conventional military command at Southern Command. This, he says, represents an “unbelievable” and dangerous breakdown of civilian and military oversight.

13/08/2025

ALEX SHAMS
Unser Mann für Teheran

Die von den USA und Israel unterstützte Kampagne, die Reza Pahlavi, den Sohn des Schahs, für einen Regimewechsel im Iran positioniert.

Alex Shams,Boston Review, 6-8- 2025
Von Tlaxcala übersetzt

Als Israel am 13. Juni einen Überraschungsangriff auf den Iran startete, war das erklärte Ziel, das Atomprogramm des Gegners zu zerstören. Doch innerhalb weniger Tage kam es zu einer Ausweitung der Mission. Der israelische Ministerpräsident Benjamin Netanjahu räumte offen ein, dass die Operation zum Sturz der Islamischen Republik führen könnte. Am letzten Tag der Kämpfe schloss sich Donald Trump, der den Angriff von Anfang an unterstützt hatte, Netanjahu an und sprach von einem Regimewechsel.