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03/03/2026

Manifeste pour les prisonniers politiques sahraouis

Hier marquait la cinquième année de nos rassemblements hebdomadaires devant le ministère des Affaires étrangères d’Espagne pour demander au ministre d'agir en faveur des prisonniers politiques sahraouis incarcérés dans les prisons marocaines. Des amis de la cause sahraouie étaient présents et nous avons lu le communiqué ci-dessous.



Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines, Madrid, 2 mars 2026

Traduit par Tlaxcala

MANIFESTE

Pour le cinquième anniversaire des rassemblements pour la libération des prisonniers politiques sahraouis devant le siège du ministère espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération (Plaza de la Provincia, Madrid)

Cela fait maintenant cinq ans que nous, membres du Mouvement pour les Prisonniers Politiques Sahraouis (MPPS) dans les prisons marocaines, et toutes les personnes solidaires qui le souhaitent, nous nous rassemblons ici, sur la Plaza de la Provincia, à Madrid, devant le siège du ministère des Affaires étrangères, tous les lundis, pour exiger que le gouvernement espagnol réclame la libération des prisonniers politiques sahraouis.

NOUS DÉNONÇONS, devant les autorités espagnoles et devant le monde entier, l'inqualifiable injustice cruellement perpétrée contre ces prisonniers politiques et, à travers ce qu'ils représentent, contre tout le peuple sahraoui depuis 50 ans. Ils sont emprisonnés pour le seul fait de réclamer la liberté de leur peuple et l'exercice de leur droit légitime à l'autodétermination, proclamé par la Résolution 1514 (XV) des Nations Unies.

Ils sont soumis à toutes sortes de vexations et de tortures pour leur arracher des aveux incriminants, les juger lors de procès bidon, et les condamner à de longues peines de prison, à une mort lente, en territoire marocain, à plus de 1 000 km de leurs familles, soumis à l'isolement et à de constants mauvais traitements et châtiments, dans des conditions carcérales inhumaines, source de toutes sortes de maux et de maladies, dont les autorités carcérales marocaines refusent de permettre le traitement médical, étant également arbitrairement privés de communication téléphonique, de facilités pour étudier, de visites familiales, absolument sans protection en raison de l'interdiction faite aux avocats et aux observateurs, etc., etc., etc.

Leur seul outil pour dénoncer cette situation et tenter de la rendre visible au monde est la grève de la faim, des grèves terribles qui détériorent encore plus, et dangereusement, la santé même des prisonniers, leur causant parfois des maladies irréversibles qui les rapprochent plus rapidement de la mort. Parfois, les autorités carcérales parviennent à briser ces grèves par des tromperies et des promesses qu'elles ne tiendront pas par la suite.

Les Procédures spéciales des Nations Unies répondent toujours positivement aux plaintes pour torture et détention arbitraire de ces prisonniers. Elles demandent leur libération et la réparation due pour la souffrance et les préjudices causés. Mais le Maroc ignore systématiquement les avis de ces instances des Nations Unies.

Nous connaissons l'existence des 31 prisonniers politiques sahraouis actuels. 19 d'entre eux appartiennent au nombreux « Groupe de Gdeim Izik » - l'immense camp de protestation qui a tenu pendant un mois face au Maroc -, qui cumule 8 peines de prison à perpétuité, sur les 9 imposées par le Maroc aux Sahraouis. Mais il y en a plus de 31. Beaucoup ne réclament pas, ne dénoncent pas, ne veulent pas que l'on parle d'eux par crainte des représailles, contre eux-mêmes et aussi contre leurs familles, misérablement. Et pour cela, ils purgent silencieusement leurs peines. Il faut rappeler, dans ce contexte de brutalité, la dernière victime mortelle en captivité, Omar Bahia Abdelmajid, qui a été arrêté un dimanche de novembre 2024 lors d'une manifestation et le mercredi suivant était mort au commissariat. Les données de l'autopsie n'ont pas été rendues accessibles, ce qui a révélé une fois de plus l'obscurantisme et l'impunité propres à l'occupant marocain.

La position du gouvernement espagnol concernant diverses causes est erratique : parfois, il est critique envers le génocide israélien du peuple palestinien, mais en réalité il est complice d'Israël dans de très nombreux cas. En revanche, il n'y a aucun doute dans le cas du peuple sahraoui : notre gouvernement est indéniablement allié du Maroc dans l'occupation du Sahara occidental et, par conséquent, complice des méfaits marocains. Et il fait preuve d'une passivité criante face aux mauvais traitements et à la terrible situation des prisonniers politiques sahraouis.

L'Espagne - le gouvernement espagnol – s’incline devant le Maroc. Comme lorsqu'il a livré de force au Maroc Hussein Bachir Amadour, membre du groupe « Compagnons d'El Ouali », qui demandait l'asile politique en Espagne parce que 15 membres de son groupe étaient déjà en prison, et qui purge maintenant 12 ans de prison au Maroc. Ou comme lorsqu'il n'émet pas la moindre triste note de protestation face aux nombreuses expulsions d'observateurs, auxquels le Maroc ne permet pas d'accéder aux territoires occupés. Ou comme il le fait depuis 2012, étant le premier à soutenir le Maroc face aux plaintes du Front Polisario concernant les Accords illégaux UE-Maroc qui spolient les ressources naturelles des territoires sahraouis occupés. Ou comme lorsque le président du gouvernement, Pedro Sánchez Castejón, a soutenu en 2022, et maintient aujourd'hui, la thèse de la présumée autonomie pour le Sahara occidental, qui, en fait, équivaudrait à une annexion.

L'occupation d'un territoire, en général, et de la majeure partie du territoire sahraoui, en particulier, génère beaucoup de souffrance et toutes sortes d'injustices. C'est la négation de l'être humain en tant que tel et elle entraîne les pires violations des droits. Les habitants originels - les Sahraouis - sont une gêne pour que l'occupant marocain puisse occuper l'espace et piller à loisir les ressources naturelles d'autrui. C'est pourquoi les territoires occupés du Sahara occidental sont une prison à ciel ouvert, sans droits ; et les Sahraouis, victimes des plus grands outrages.

Face aux attaques criminelles qui sont actuellement perpétrées dans le monde, l'occupation du Sahara occidental par le Maroc est le contexte qui implique le plus - et qui devrait le plus impliquer - l'Espagne, car l'Espagne a été pendant près d'un siècle la métropole coloniale, et actuellement elle reste la puissance administrante du Sahara occidental. L'Espagne n'a pas décolonisé, mais a honteusement éludé ses obligations internationales, et a vendu illégalement la population sahraouie qu'elle devait protéger. Et sa responsabilité de veiller sur les Sahraouis - y compris les prisonniers politiques - ne s'éteindra pas tant que le référendum d'autodétermination n'aura pas eu lieu et que les Sahraouis ne pourront pas choisir librement leur avenir.

Mais le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, élude le problème, un problème, qui le concerne avant tout autre. Il ne cherche pas de solutions. Il ignore le cri du peuple sahraoui. Il ne lève pas le petit doigt pour répondre aux réclamations que nous lui adressons tous les lundis aux portes de son ministère, sur la Plaza de la Provincia. Il n'utilise pas le pouvoir et les outils de la diplomatie pour libérer ces prisonniers ni pour adoucir leurs injustes conditions de captivité. Il le fait, en revanche, dans le cas d'autres pays avec lesquels il n'a pas les responsabilités et obligations qui lui incombent en tant que puissance légalement administrante du Sahara occidental.

C'est pourquoi nous continuerons à être là tous les lundis et tout le temps qu'il faudra, dénonçant le Maroc et le gouvernement espagnol, et EXIGEANT LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS.

Nous avons besoin de votre soutien et de vos idées et initiatives, ainsi que d'une diffusion permanente pour briser le mur du silence et de l'impunité.

Le peuple sahraoui, et en particulier les prisonniers politiques et leurs familles, ont besoin de vous et vous en remercient infiniment.

VIVE LA LUTTE DU PEUPLE SAHRAOUI !

VIVE LE SAHARA LIBRE !

VIVENT LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS !

Manifiesto por los presos políticos saharauis

Ayer se cumplió el quinto aniversario de nuestras concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores de España para pedir al ministro que actúe en defensa de los presos políticos saharauis en cárceles de Marruecos. Acudieron amigos de la causa saharaui, y leímos el comunicado a continuación. 


Movimiento por los Presos Políticos Saharauis en cárceles marroquíes, Madrid, 2 de marzo de 2026

Manifiesto

En el quinto aniversario de las concentraciones por la libertad de los presos políticos saharauis ante la sede del Ministerio español de Asuntos Exteriores, Unión Europea y Cooperación (Plaza de la Provincia, Madrid)

Se cumplen ahora cinco años desde que los integrantes del Movimiento por los Presos Políticos Saharauis (MPPS) en cárceles marroquíes, y cuantas personas solidarias lo desean, nos concentramos aquí, en la Plaza de la Provincia, en Madrid, ante la sede del Ministerio de Asuntos Exteriores, todos los lunes, para exigir que el Gobierno de España reclame la puesta en libertad de los presos políticos saharauis.

DENUNCIAMOS, ante las autoridades españolas y ante el mundo entero, la incalificable injusticia cruelmente perpetrada contra esos presos políticos y, a través de lo que ellos representan, contra todo el Pueblo Saharaui desde hace 50 años. Son encarcelados por el mero hecho de reclamar la libertad de su pueblo y el ejercicio de su legítimo derecho a la autodeterminación, proclamado por la Resolución 1514 (XV) de las Naciones Unidas.

Son sometidos a toda clase de vejaciones y torturas para arrancarles confesiones inculpatorias, procesarlos en juicios-farsa, y condenarlos a largas penas de prisión, a una muerte lenta, en territorio marroquí, a más de 1.000 Km de sus familias, sometidos a aislamiento y a constantes malos tratos y castigos, en unas condiciones carcelarias inhumanas, fuente de toda clase de dolencias y enfermedades, cuyo tratamiento médico las autoridades carcelarias marroquíes se niegan a permitir, siendo también arbitrariamente privados de comunicación telefónica, de facilidades para estudiar, de visitas de familiares, absolutamente desprotegidos por la prohibición de abogados y observadores, etcétera, etcétera, etcétera.

Su única herramienta para denunciar esa situación e intentar hacerla visible al mundo es la huelga de hambre, unas huelgas terribles que deterioran aún más, y peligrosamente, la propia salud de los presos, produciéndoles a veces enfermedades irreversibles que les acercan más rápidamente a la muerte. A veces, las autoridades carcelarias consiguen romper esas huelgas con engaños y promesas que luego no cumplirán.

Los Procedimientos Especiales de Naciones Unidas responden siempre positivamente a las denuncias de tortura y de detención arbitraria de estos presos. Piden su liberación y la debida reparación por el sufrimiento y los perjuicios causados. Pero Marruecos ignora sistemáticamente los dictámenes de esas instancias de Naciones Unidas.

Conocemos la existencia de los actuales 31 presos políticos saharauis. 19 de ellos pertenecen al numeroso “Grupo de Gdeim Izik” -el inmenso campamento de protesta que se mantuvo en pie durante un mes frente a Marruecos-, que acumula 8 cadenas perpetuas, de las 9 impuestas por Marruecos a los saharauis. Pero hay más de 31. Muchos no reclaman, no denuncian, no quieren que se hable de ellos por temor a las represalias, contra ellos mismos y también contra sus familiares, miserablemente. Y por eso, cumplen silenciosamente sus condenas. Hay que recordar, en este contexto de brutalidad, a la última víctima mortal en cautiverio, Omar Bahia Abdelmajid, que fue detenido un domingo de noviembre de 2024 en una manifestación y el miércoles acabó muerto en comisaría. Los datos de la autopsia no fueron revelados, haciendo gala, una vez más, del oscurantismo y de la impunidad propios del ocupante marroquí.

La posición del Gobierno español en relación con diversas causas es errática: a veces, es crítica con el genocidio israelí del Pueblo Palestino, pero en realidad es cómplice de Israel en muchísimos casos. En cambio, no ofrece duda alguna en el caso del Pueblo Saharaui: nuestro Gobierno es inequívocamente aliado de Marruecos en la ocupación del Sáhara Occidental y, por consiguiente, cómplice de los desmanes marroquíes. Y muestra una clamorosa pasividad ante el maltrato y la terrible situación de los presos políticos saharauis

España -el Gobierno español- se pliega ante Marruecos. Como cuando entregó forzosamente a Marruecos a Hussein Bachir Amadour, miembro del grupo “Compañeros de El Uali”, que estaba solicitando asilo político en España porque ya había 15 miembros de su grupo en la cárcel, y que ahora cumple 12 años de prisión en Marruecos. O como cuando no emite ni una triste nota de queja frente a las numerosas expulsiones de observadores, a los cuales Marruecos no permite acceder a los territorios ocupados. O como viene haciendo desde 2012, siendo el primero en apoyar a Marruecos frente a las denuncias del Frente Polisario por los ilegales Acuerdos UE-Marruecos que expolian los recursos naturales de los territorios saharauis ocupados. O como cuando el presidente del Gobierno, Pedro Sánchez Castejón, apoyó en 2022, y mantiene hoy en día, la tesis de la presunta autonomía para el Sáhara Occidental, que, de hecho, supondría una anexión.

La ocupación de un territorio, en general, y de la mayor parte del territorio saharaui, en particular, genera mucho sufrimiento y toda clase de injusticias. Es la negación del ser humano como tal y conlleva las peores vulneraciones de derechos. Los habitantes originarios -los saharauis- son un estorbo para que el ocupante marroquí pueda ocupar el espacio y saquear a placer los recursos naturales ajenos. Por eso, los territorios ocupados del Sáhara Occidental son una cárcel a cielo abierto, sin derechos; y los saharauis, víctimas de los mayores atropellos.

Ante los ataques criminales que actualmente se están perpetrando en el mundo, la ocupación del Sáhara Occidental por Marruecos es el contexto que más implica -y que más debiera involucrar- a España, porque España fue durante casi un siglo la metrópoli colonial, y actualmente sigue siendo la potencia administradora del Sahara Occidental. España no descolonizó, sino que eludió vergonzosamente cumplir sus obligaciones internacionales, y vendió ilegalmente a la población saharaui que debía proteger. Y su responsabilidad de velar por los saharauis -incluidos los presos políticos- no se extinguirá en tanto no se lleve a cabo el referéndum de autodeterminación y los saharauis puedan elegir libremente su futuro.

Pero el ministro de Asuntos Exteriores, José Manuel Albares, elude el problema, un problema, éste, que le incumbe antes que cualquier otro. No busca soluciones. Desoye el clamor del Pueblo Saharaui. No mueve un solo dedo para atender las reclamaciones que venimos dirigiéndole todos los lunes a las puertas de su Ministerio, en la madrileña Plaza de la Provincia. No utiliza el poder y las herramientas de la diplomacia para liberar a estos presos ni para suavizar sus injustas condiciones de cautiverio. Sí lo hace, en cambio, en el caso de otros países con los que no tiene las responsabilidades y obligaciones que le incumben como potencia legalmente administradora del Sáhara Occidental.

Por eso, seguiremos aquí todos los lunes y todo el tiempo que haga falta, denunciando a Marruecos y al Gobierno español, y EXIGIENDO LA LIBERACIÓN DE TODOS LOS PRESOS POLÍTICOS SAHARAUIS.

Necesitamos vuestro apoyo y vuestras ideas e iniciativas, como también una difusión permanente para romper la barrera de silencio y de impunidad.

El Pueblo Saharaui, y en particular los Presos Políticos y sus familias, os necesitan y os lo agradecen infinitamente.

¡VIVA LA LUCHA DEL PUEBLO SAHARAUI!

¡VIVA EL SAHARA LIBRE!

¡VIVAN LOS PRESOS POLÍTICOS SAHARAUIS!

01/03/2023

CRISTINA MARTÍNEZ
Nouvelles grèves de la faim de Mohamed Lamine Haddi, prisonnier politique sahraoui

Cristina Martínez , 1/3/2023
Traduit par Tlaxcala

La vie de Mohamed Lamine Haddi ne tient qu'à un fil. Aujourd'hui, 1er  mars, et demain, 2 mars, il organise une grève d'avertissement pour être vu par un médecin. Il est très faible.


Le paradoxe du prisonnier politique qui porte atteinte à sa santé pour qu'un médecin l'examine se joue une fois de plus. C'est le cas de Haddi, qui souffre de graves maux de toutes sortes, certains causés par les précédentes grèves de la faim, terribles, d'autres par les conditions de détention, monstrueuses, d'autres encore par l'aggravation de ses symptômes lorsqu'ils ne sont pas traités par un médecin.

Que peuvent-ils faire - dans ce cas, Haddi - et le reste des prisonniers politiques, pour recevoir une assistance médicale ? Demander de l'aide, appeler l'attention. Ces grèves, qui sont administrativement adressées au directeur de la prison, sont en réalité un appel à l'aide à la communauté internationale. Que le monde sache ce qu’on leur fait subir, au XXIe siècle, alors que les droits humains sont inscrits dans tous les traités, tous les pays et toutes les institutions.

Ces droits humains qui sont défendus de manière sélective, en fonction du pays où ils sont violés ; tant de budget dépensé pour des institutions telles que les Nations Unies, qui ont les outils pour démanteler une occupation ; une Croix-Rouge internationale qui ne rend pas visite à ces prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines. Des prisons loin de leur patrie, où ils ne devraient pas être, d'abord parce qu'ils sont innocents, et ensuite parce que c'est ce que dit la IVème Convention de Genève : «  Les personnes protégées inculpées seront détenues dans le pays occupé et, si elles sont condamnées, elles y subiront leur peine ». Bien sûr, l'article 76 stipule également que les condamnés « recevront l'assistance médicale que leur état de santé peut exiger ». Cela va sans dire. Mais se donner la peine de stipuler ce droit dans un article, pour que personne ne se soucie de le contrôler, est une plaisanterie. Cela n'a pas d'importance. On joue les imbéciles, on signe de nombreux accords qui restent lettre morte parce qu'ils ne sont pas respectés. Et c'est ainsi que nous pensons que la société avance.

Nous savons déjà que le ministre [espagnol des AE] Albares ne va rien faire. Nous lui avons demandé d'intercéder depuis le début de son mandat, mais il est clair qu'il ne fait rien. Le Sahara Occidental n'est qu'une monnaie d'échange, pas une colonie pour la reddition illégale de laquelle l'Espagne continue à porter la responsabilité politique et morale.

Il y a d'autres institutions. Le Parlement espagnol, le Parlement européen, les différents parlements du monde doivent s'exprimer et sauver la vie de ces prisonniers. Les représentants du peuple n'ont pas à suivre les lignes des exécutifs, parfois très éloignées du droit international.

Il est choquant d'apprendre que Haddi, malgré l'enfer de ses précédentes grèves, la plus longue et la plus récente de 69 et 63 jours, a l'intention de continuer à organiser de nouvelles grèves. D'abord à titre d'avertissement, comme aujourd'hui et demain, puis des grèves illimitées pour cause de malnutrition et de mauvais traitements.

29/01/2023

LUIS PORTILLO
La grève du prisonnier politique sahraoui Abdallahi Elouali Lakhfawni et la dérive scandaleuse des socialistes espagnols
Lettre au ministre des A.E. José Manuel Albares

 Luis Portillo Pasqual del Riquelme, Mouvement pour les Prisonniers Politiques Sahraouis (MPPS), 24/1/2023
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

M. le Ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération
Plaza de la Provincia
28012 Madrid

Madrid, le 23 janvier 2023

Objet : La grève du prisonnier politique sahraoui Abdallahi Elouali Lakhfawni et la dérive scandaleuse des socialistes espagnols

Monsieur le Ministre,

C'est la 52e  lettre que nous vous adressons depuis votre arrivée au ministère le 10 juillet 2021. Dans tous ces cas, le Mouvement des Prisonniers Politiques Sahraouis (MPPS) a dénoncé la situation dégradante et cruelle des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines et a demandé votre intervention pour contribuer à leur libération ou, au moins, pour humaniser leurs conditions de détention et les protéger des abus auxquels ils sont soumis. Jusqu'à présent, cependant, nous n'avons pas connaissance qu'une telle action ait été entreprise.  

Abdallahi Elouali Lakhfawni (né en 1974), condamné à la prison à vie pour son implication dans le camp de protestation de Gdeim Izik (novembre 2010)

Aujourd'hui, nous souhaitons attirer votre attention en particulier sur le prisonnier politique sahraoui Abdallahi Elouali Lakhfawni, membre du groupe de Gdeim Izik, détenu à la prison centrale de Kenitra, au nord de Rabat. La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines a informé de la grève de la faim d'avertissement entreprise par Abdallahi pour dénoncer la politique de discrimination raciale et la négligence médicale à laquelle il est soumis (il souffre de maladies chroniques) par la délégation générale de l'administration pénitentiaire marocaine, ainsi que pour protester contre les obstacles à sa capacité à terminer ses études à l'Université Ibn Tufail dans la ville de Kenitra.[1]

La grève de la faim est le dernier recours des prisonniers politiques sahraouis pour donner de la visibilité à leur situation et faire valoir leurs droits ; avec les effets néfastes conséquents sur leur santé, déjà très détériorée par les conditions épouvantables d'emprisonnement et les mauvais traitements auxquels ils sont soumis.

Comme vous le savez, en 1884, l'Espagne a conclu un accord à l'amiable avec les tribus sahraouies vivant sur la côte du Sahara occidental. Par cet accord, la population sahraouie s'engageait à permettre la présence espagnole - principalement intéressée par les ressources halieutiques - en échange de la protection de l'Espagne contre d'autres puissances.

C'est ainsi que commence la pénétration pacifique de l'Espagne dans ce que la dictature franquiste transformera plus tard en sa “Province 53”[2]. Aujourd'hui, c'est le Maroc qui contrôle militairement la majeure partie du territoire sahraoui qu'il appelle par euphémisme les “provinces du Sud”. Dans les deux cas, il s'agit de la même colonie, la dernière colonie d'Afrique. L'Espagne se l'est appropriée par le biais de cet accord pacifique - qu'elle oubliera progressivement - tandis que le Maroc l'a simplement envahie et occupée dans le sang et le feu après l'abandon irresponsable de l'Espagne, en violation de ses obligations internationales. Juan Carlos de Bourbon lui-même promettra cyniquement de protéger la population civile sahraouie lors de son voyage éclair à El Ayoun en 1975, peu avant l'abandon du territoire par l'Espagne, habilement mis en scène par les accords tripartites illégaux de Madrid. [3]

En vertu du droit international, et malgré l'occupation militaire illégale d'une grande partie du territoire sahraoui par le Maroc, l'Espagne reste la puissance administrante de jure du Sahara occidental et est donc tenue de protéger la population civile sahraouie en général et les prisonniers politiques sahraouis en particulier.

Lors de son 16ème  Congrès qui s'est tenu récemment (13-17 janvier) à Dakhla, dans les camps de réfugiés sahraouis, le Front Polisario [4] a appelé la communauté internationale à agir pour accélérer la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis détenus dans les prisons marocaines et pour mettre fin immédiatement au pillage intensif des ressources naturelles sahraouies par le Maroc. [5]

Par ailleurs, à moins que le monarque marocain ne procède à de nouveaux reports capricieux, un sommet de haut niveau (RAN) entre les gouvernements espagnol et marocain se tiendra à Rabat au début du mois de février. A cette occasion, trois organisations humanitaires (la Ligue espagnole des droits de l'homme, la Fédération espagnole des droits de l'homme et la Fédération internationale des droits de l'homme-Espagne) ont envoyé une lettre au président Pedro Sánchez suggérant que deux questions liées à la défense des droits de l'homme et à la cause du peuple sahraoui soient incluses dans l'ordre du jour de la réunion : 1) que le harcèlement judiciaire du Royaume du Maroc contre le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, victime d'espionnage par le programme malveillant Pegasus, cesse[6] et 2) que tous les prisonniers sahraouis soient libérés et que la violation des droits de l'homme du peuple sahraoui cesse. [7]

 

Baby Hamday Boujemaa

À cet égard, les organisations susmentionnées rappellent au président Sánchez que la Ligue espagnole des droits de l'homme a déjà déposé une plainte contre le Royaume du Maroc pour l'assassinat du citoyen sahraoui-espagnol Baby Hamday, et que c'est précisément l'actuel ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui, dans une ordonnance judiciaire, en tant que président de la chambre pénale de l'Audience nationale, en avril 2014, a transformé une enquête préliminaire en une mise en examen pour crimes contre l'humanité et génocide. [8] Dans cet ordre, le statut de l'Espagne en tant que puissance administrante du Sahara Occidental a été affirmé et la prétendue compétence du Royaume du Maroc pour administrer la justice dans un territoire qui ne lui appartient pas a été niée, comme établi dans les résolutions de divers organismes internationaux et de l'ONU elle-même. 9]

Dans ce contexte, et suite à l'inqualifiable volte-face du président Sánchez qui a fait siennes les revendications alaouites concernant le territoire non autonome du Sahara occidental, en attente de décolonisation, l'Association espagnole des professeurs de droit international et de relations internationales (AEPDIRI), dans une déclaration soutenue par 600 juristes, a dénoncé publiquement a dénoncé publiquement la “violation du droit international” que le gouvernement espagnol commet en soutenant le plan d'autonomie marocain pour le Sahara occupé, niant ainsi l'exercice du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui, contribuant à blanchir l'occupation marocaine du territoire, empêchant une solution juste au conflit et prolongeant la souffrance du peuple sahraoui. [10]

Pour sa part, la prestigieuse Revista Española de Derecho Internacional (REDI) a consacré, dans son dernier numéro, une section monographique au virage unilatéral du président Sánchez. Sous le titre « Le gouvernement espagnol et la proposition d'autonomie pour le Sahara occidental », plusieurs experts juridiques critiquent la décision unilatérale du Premier ministre. [11]

Le président sahraoui lui-même, Brahim Ghali, l'a fait savoir dans les médias espagnols, à l'occasion du 16e congrès du Front Polisario qui s'est tenu la semaine dernière dans les camps de réfugiés sahraouis : « Le gouvernement espagnol, a déclaré Gali, a commis la deuxième trahison du peuple sahraoui en moins de 50 ans »[12].

Après tout ce qui a été dit jusqu'à présent, au moment où nous écrivons ces lignes, nous avons reçu la nouvelle embarrassante que les eurodéputés socialistes espagnols se sont honteusement soumis aux demandes alaouites - transmises par le ministre marocain des Affaires étrangères à son homologue espagnol - de voter contre une enquête surle Maroc au Parlement européen pour le Marocogate, sous la menace marocaine de faire dérailler la tant vantée RAN qui doit se tenir en février. [Et comme le ministre marocain l'avait demandé, les députés socialistes espagnols ont voté comme le Maroc le souhaitait, les laissant seuls aux côtés d’une douzaine de députés de l'extrême droite de Le Pen. Je suis dégoûté et honteux de ce scandale socialiste qui ne fait que soulever de plus en plus de remous. [14]

Malgré la dérive réactionnaire du président du gouvernement et de ce ministère des Affaires étrangères par rapport à la cause sahraouie, en se soumettant continuellement aux exigences alaouites, je continue à attirer votre attention, Monsieur le Ministre, sur la situation du prisonnier sahraoui Abdallahi Elouali Lakhfawuni, dans le cadre de la demande faite par les trois organisations des droits humains mentionnées ci-dessus et par le 16ème congrès du Front Polisario. Et je réitère la même demande que le Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis vous a fait dans des lettres précédentes : que fassiez preuve de la même sensibilité que vous avez montré avec une telle efficacité apparente envers le peuple ukrainien, à l’égard du peuple sahraoui, lui aussi en guerre et envahi.

Certes, on ne peut pas attendre grand-chose de votre gestion à cet égard, compte tenu de la dérive honteuse entreprise par le président du gouvernement, imitant le suprémaciste Donald Trump dans les soubresauts de son mandat présidentiel. [15] [Mais cela ne signifie pas que nous cesserons de dénoncer et de récriminer contre ce comportement réactionnaire par lequel le PSOE s'est placé du mauvais côté de l'histoire. Et nous continuerons à exiger le respect des droits inaliénables du peuple sahraoui.

Notes

[1]El preso político saharaui Abdallahi Elouali Lakhfawni inicia una huelga de hambre de advertencia”, SPS RASD Info, 16/01/2023, https://www.spsrasd.info/news/es/articles/2023/01/16/43658.html

[2]Provincia 53”, https://www.provincia53.com/#/

[3] “El Acuerdo Tripartito de Madrid y la traición española a los saharauis”, SPS RASD Info, 12/11/2022, https://www.spsrasd.info/news/es/articles/2022/11/12/42772.html

– Carlos Ruiz Miguel: “Los Acuerdos de Madrid, inmorales, ilegales y políticamente suicidas”, La Ilustración Liberal nº 26, https://www.clublibertaddigital.com/ilustracion-liberal/26/los-acuerdos-de-madrid-inmorales-ilegales-y-politicamente-suicidas-carlos-ruiz-miguel.html

[4] Carlos Ruiz Miguel, “El Frente Polisario. Desde sus orígenes hasta la actualidad, Ed. Almuzara, Madrid 2022, https://almuzaralibros.com/fichalibro.php?libro=6177&edi=1

[5]“Frente Polisario pide a la comunidad internacional que actúe para la liberación de todos los presos políticos saharauis”, Por Un Sahara Libre (PUSL), 16/01/2023, https://porunsaharalibre.org/2023/01/16/frente-polisario-pide-a-la-comunidad-internacional-que-actue-para-la-liberacion-de-todos-los-presos-politicos-saharauis/

[6]Ante el acoso de Marruecos a Ignacio Cembrero”, Periodistas-es, 08/01/2023; https://periodistas-es.com/ante-el-acoso-de-marruecos-a-ignacio-cembrero-164050,

– “El apabullante silencio de los socialistas españoles ante el acoso judicial de Marruecos a un periodista”, El Confidencial, 12/01/2023, https://blogs.elconfidencial.com/espana/tribuna/2023-01-12/silencio-socialistas-espanoles-acoso-judicial-marruecos-periodista_3555347/

[7]Organizaciones de derechos humanos solicitan a Pedro Sánchez que incluya la libertad de los presos saharauis en la próxima cumbre hispano marroquí”, Mundo Obrero, 13/01/2023, https://www.mundoobrero.es/2023/01/13/organizaciones-de-derechos-humanos-solicitan-a-pedro-sanchez-que-incluya-la-libertad-de-los-presos-saharauis-en-la-proxima-cumbe-hispano-marroqui/

[8]DILIGENCIAS PREVIAS 309/10, TRANSFORMADAS EN «SUMARIO 4/2014» (Caso Baby Hamday – AkdeimIzik)”, Centro de Estudios sobre el Sáhara Occidental (CESO), Universidad de Santiago de Compostela, https://www.usc.gal/es/institutos/ceso/Caso-Hamday.html

[9]La Audiencia Nacional avala la jurisdicción española sobre el Sáhara Occidental”, El Correo, 23/03/2022, https://www.elcorreo.com/politica/audiencia-nacional-avala-20220323195736-ntrc.html

[10]DECLARACIÓN SOBRE EL SAHARA OCCIDENTAL Y EL DERECHO INTERNACIONAL”, https://www.aepdiri.org/index.php/actividades-aepdiri/declaracion-sahara

– “Profesores de Derecho Internacional ven una «grave violación» del derecho internacional con el Sáhara”, El Confidencial, 24/03/2023, https://www.elconfidencial.com/espana/2022-03-24/profesores-derecho-internacional-moncloa-sahara-marruecos_3397586/

– “Expertos en Derecho Internacional y RRII advierten a Pedro Sánchez de la «grave violación» que comete en Sáhara Occidental y la inviabilidad del plan marroquí”, SPS RASD Info, https://www.spsrasd.info/news/es/articles/2022/03/24/38861.html

– “600 especialistas en Derecho Internacional denuncian la ilegalidad de la política antisaharaui del Gobierno español”, Rebelión, 03/10/2022, https://rebelion.org/600-especialistas-en-derecho-internacional-denuncian-la-ilegalidad-de-la-politica-antisaharaui-del-gobierno-espanol/

[11] Revista Española de Derecho Internacional (REDI), Vol. 47/2022, Num. 2 (Julio-Diciembre): “EL GOBIERNO ESPAÑOL Y LA PROPUESTA DE AUTONOMÍA PARA EL SÁHARA OCCIDENTAL”:

– Alcaide Fernández, “Nota Introductoria”, pp. 427-429.

– González Vega, J.A., “¡Triste España!: los aspectos formales y contextuales del cambio de posición español”, pp. 431-446.

– Yturriaga Barberán, J. A., “Giro copernicano de Sánchez en el conflicto sahariano”, pp. 447-461

– Soroeta Liceras, J., “Por qué la integración en Marruecos (la autonomía) no es la forma de resolver el conflicto (la descolonización) del Sáhara Occidental”, pp. 463-471.Disponible en Internet, en edición pre-print, bajo el título “Sáhara Occidental: apoyando la autonomía marroquí, España viola una vez más sus obligaciones ante la ONU”, piensa Chile, 04/10/2022,https://piensachile.com/2022/10/04/sahara-occidental-apoyando-la-autonomia-marroqui-espana-viola-una-vez-mas-sus-obligaciones-ante-la-onu/

– Aznar Gómez, M.J., “Consecuencias territoriales marítimas de la (presunta) cesión en el Sáhara”, pp. 473- 480.
[12] Brahim Ghali, Front Polisario : « Le gouvernement espagnol a commis la deuxième trahison du peuple sahraoui en moins de 50 ans »
Interview sur TVE (Télévision espagnole)

<<Brahim Gali, líder del Frente Polisario: “España ha repetido una traición en el Sáhara”>>, El País, 18/01/2023,  https://elpais.com/internacional/2023-01-18/brahim-gali-lider-del-frente-polisario-espana-ha-repetido-una-traicion-en-el-sahara.html

[13]Marruecos pidió a Albares que los eurodiputados del PSOE votaran contra la investigación de la UE”, Voz Pópuli, 19/01/2023, https://www.vozpopuli.com/espana/marruecos-pidio-albares-eurodiputados-psoe-votaran-contra-investigacion-ue.html

– “Diecisiete eurodiputados socialistas españoles votan en contra de la resolución que condena a Marruecos por violación de los derechos humanos y reprimir a los periodistas”, Contramutis, 19/01/2023,  https://contramutis.wordpress.com/2023/01/19/ddhh-el-parlamento-europeo-condena-a-marruecos-con-el-voto-en-contra-del-psoe/ 

– “El PSOE ordena a sus eurodiputados votar contra la condena a Marruecos en el Parlamento para salvar la cumbre”, El Periódico de España, 20/01/2023,  https://www.epe.es/es/politica/20230120/psoe-eurodiputados-votar-condena-marruecos-parlamento-europeo-salvar-cumbre-rabat-81421926

– “Parlamento Europeo pide a Marruecos respeto a la libertad de expresión y prensa”, Por Un Sahara Libre (PUSL), 19/01/2023,  Parlamento Europeo pide a Marruecos respeto a la libertad de expresión y prensa – POR UN SAHARA LIBRE .org – PUSL https://mobile.twitter.com/Alilmrabet/status/1616081284047962113

– “El Parlamento Europeo tira de las orejas a Marruecos por no respetar los derechos humanos”, El Español, 19/01/2023,  https://www.elespanol.com/mundo/20230119/parlamento-europeo-marruecos-no-respetar-derechos-humanos/734676964_0.html

– “El PSOE se alinea con los intereses de Rabat pese a la reprimenda de Europa por el Marruecosgate y los derechos humanos”, Público, 19/01/2023,  https://www.publico.es/internacional/psoe-alinea-intereses-rabat-pese-reprimenda-europa-marruecosgate-y-derechos-humanos.html

– “Otra vergonzosa cesión de Sánchez ante Mohamed VI: los eurodiputados del PSOE votan en contra de investigar los sobornos de Rabat para ocultar las violaciones de derechos humanos”, Hispanidad, 20/01/2023, https://www.hispanidad.com/politica/internacional/nueva-cesion-sanchez-marruecos-eurodiputados-psoe-votan-en-contra-denunciar-posible-participacion-rabat-en-trama-sobornos-ganar-peso-politico-en-instituciones-europeas_12039845_102.html

– “El PSOE vota en contra de una resolución del Parlamento Europeo que denunciaba la vulneración de derechos humanos en Marruecos”, El Liberal, 20/01/2023, https://www.elliberal.com/el-psoe-vota-en-contra-de-un-resolucion-del-parlamento-europeo-que-denunciaba-la-vulneracion-de-derechos-humanos-en-marruecos/

– “Escándalo de corrupción MoroccoGate: El Parlamento Europeo pone fin a la impunidad del régimen marroquí”, SPS RASD Info, 20/01/2023, https://www.spsrasd.info/news/es/articles/2023/01/20/43741.html

– “El PSOE vota en contra de una resolución europea que exige libertad de prensa en Marruecos”, La Marea, 20/01/2023, https://www.lamarea.com/2023/01/20/psoe-vota-contra-resolucion-europea-libertad-de-prensa-en-marruecos/

– “El PSOE se queda solo y rompe la unidad de su grupo en la Eurocámara votando contra una resolución crítica con Marruecos”, 19/01/2023, El Mundo, 19/01/2023, https://www.elmundo.es/espana/2023/01/19/63c95d3321efa0247a8b45a4.html

– “El PSOE ordenó desde Madrid no condenar a Marruecos para blindar la cumbre de Rabat: «A veces toca tragar”, El Mundo, 20/01/2023, https://www.elmundo.es/espana/2023/01/20/63caf69221efa0c82a8b4594.html

Entrevista a Ignacio Cembrero: «Pensaba que el PSOE defendía los derechos humanos. Es una vergüenza su voto en contra sobre Marruecos»>>, El Mundo, 21/01/2023, https://www.elmundo.es/espana/2023/01/21/63caf26cfc6c83f4438b4590.html

Una llamada del ministro de Exteriores marroquí al Gobierno forzó el cambio de voto del PSOE en Estrasburgo por los periodistas acosados”, ABC, 21/01/2023, https://www.abc.es/espana/llamada-ministro-exteriores-marroqui-gobierno-forzo-cambio-20230121032923-nt.html

– “Ignacio Cembrero: «El Gobierno quiere tener la mejor de las relaciones con Marruecos a cualquier precio»”, ABC, 21/01/2023,  https://www.abc.es/espana/ignacio-cembrero-gobierno-quiere-tener-mejor-relaciones-20230121174543-nt.html

– “El PSOE se queda solo en Europa en el rechazo a los abusos de periodistas en Marruecos”, ABC, 20/01/2023, https://www.abc.es/espana/psoe-queda-solo-europa-rechazo-abusos-periodistas-20230119182420-nt.html

[14]La última «traición» de Sánchez al Sáhara a favor de Marruecos levanta ampollas en Alicante”, El Español, 19/01/2023, https://www.elespanol.com/alicante/vivir/20230119/traicion-sanchez-sahara-marruecos-levanta-ampollas-alicante/734676765_0.html

[15]Trumpistas supremacistas en el Sáhara Occidental ocupado por Marruecos”, Rebelión, 15/02/2021 ,https://rebelion.org/trumpistas-supremacistas-en-el-sahara-occidental-ocupado-por-marruecos/