Mohammed Omar, houseofsaud.com, 16/3/2026
Traduit par Tlaxcala
Trump a demandé à 6 pays d’envoyer des navires de guerre à Ormuz. Aucun ne s’y est engagé. L’Inde et la Chine ont plutôt conclu des accords avec l’Iran. Ce que l’échec de la coalition signifie pour la sécurité saoudienne.
RIYAD — Le 14 mars, le
président Donald Trump a appelé six pays à envoyer des navires de guerre dans
le détroit d’Ormuz, promettant une flotte multinationale qui briserait le
blocus iranien et rétablirait le flux de vingt pour cent du pétrole mondial.
Deux jours plus tard, pas un seul pays n’a publiquement engagé de navire. La
France a mis des conditions. L’Allemagne a jugé le plan irréaliste. Le Japon a
invoqué des barrières constitutionnelles. La Corée du Sud est restée
silencieuse. L’Inde et la Chine ont contourné entièrement la coalition,
négociant leur propre passage avec Téhéran. La flotte qui était censée sauver
les marchés mondiaux de l’énergie n’existe que dans un message présidentiel sur
les réseaux sociaux — et pour l’Arabie saoudite, qui observe derrière son
bouclier antimissile fourni par les USA, ce silence porte un message bien plus
conséquent que n’importe quel déploiement de navire de guerre : l’architecture
de sécurité qui a protégé le Royaume pendant un demi-siècle pourrait ne plus
fonctionner quand elle compte le plus.
SOMMAIRE
·
Qu’a demandé Trump exactement dans le détroit d’Ormuz ?
·
Pourquoi aucun pays n’a-t-il publiquement engagé de
navires de guerre dans le détroit ?
·
L’offre conditionnelle de la France et les limites de
la puissance européenne
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Pourquoi l’Allemagne et le Japon ne peuvent ou ne
veulent pas envoyer de navires
·
Comment l’Inde, la Chine et la Turquie négocient leurs
propres accords avec Téhéran
·
Qu’est-ce que le Pentagone a mal évalué concernant
Ormuz ?
·
La matrice de préparation de la coalition
·
La Grande-Bretagne a envoyé des avions mais la Royal
Navy est restée à quai
·
Que signifie l’échec de la coalition pour l’Arabie
saoudite ?
·
L’Arabie saoudite a-t-elle déjà commencé à construire
une architecture de sécurité post-américaine ?
·
Pourquoi la coalition de la guerre des pétroliers de
1987 a fonctionné et celle-ci ne le peut pas
·
Le détroit d’Ormuz rouvrira-t-il sans une flotte
multinationale ?
·
Foire aux questions
Qu’a demandé Trump
exactement dans le détroit d’Ormuz ?
Le 14 mars 2026, le
président Trump a publié sur Truth Social que « de nombreux pays »
enverraient des navires de guerre aux côtés des forces navales usaméricaines
pour maintenir le détroit d’Ormuz « ouvert et sûr ». Il a
spécifiquement nommé la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le
Royaume-Uni — des pays dont les économies dépendent du flux ininterrompu d’énergie
du Golfe — et les a exhortés à déployer immédiatement des forces navales dans
la région. Le message marquait la première reconnaissance publique par l’administration
que les USA ne disposent pas des ressources nécessaires pour rouvrir le détroit
seuls.
L’appel est intervenu au
15e jour de la guerre qui a commencé lorsque les USA et Israël ont
lancé l’opération Epic Fury le 28 février, tuant le guide suprême iranien Ali
Khamenei et frappant le programme de missiles du pays, ses installations
nucléaires et les infrastructures du Corps des Gardiens de la révolution
islamique. La réponse de l’Iran a inclus des attaques soutenues de missiles et
de drones contre des bases militaires usaméricaines dans tout le Golfe, des
frappes sur l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït, le
Qatar et Oman, et la fermeture effective du détroit d’Ormuz par une combinaison
de menaces de missiles antinavires, d’opérations de pose de mines et de
patrouilles de la marine du CGRI exigeant une autorisation de passage.
Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a simultanément annoncé le déploiement du navire d’assaut amphibie USS Tripoli et de son unité expéditionnaire de marines au Moyen-Orient. Les marines seraient capables de mener des opérations au sol si l’ordre en était donné — une escalade significative par rapport à la campagne purement navale et aérienne que le Pentagone avait initialement envisagée. Hegseth a déclaré à des journalistes lors d’un briefing au Pentagone que l’Iran « faisait preuve de pur désespoir dans le détroit d’Ormuz » et a insisté sur le fait que la situation était sous contrôle : « Nous y faisons face, et il n’y a pas lieu de s’inquiéter ».
Le décalage entre les
dénis de Hegseth et l’appel de Trump à des navires étrangers racontait deux
histoires contradictoires. Si la situation était sous contrôle, pourquoi
demander de l’aide à six pays ? Si les USA avaient besoin d’une coalition,
pourquoi le Pentagone n’en avait-il pas préparé une avant de déclencher une
guerre dont les experts avertissaient depuis des décennies qu’elle
déclencherait exactement ce scénario ?
Pourquoi aucun pays n’a-t-il
publiquement engagé de navires de guerre dans le détroit ?


