Le 23 mars 2026, un nouveau rapport de la rapporteuse spéciale des Nations unies, Francesca Albanese, destiné au Conseil des droits de l’homme, a été publié sous le titre « Torture et génocide ». En voici un bref résumé. Le rapport, traduit par Tlaxcala, peut être téléchargé ci-dessous en cliquant sur l’image.
Torture et génocide en Palestine : une politique
systémique
Le
rapport de la Rapporteuse spéciale de l’ONU met en lumière une réalité
accablante : la torture infligée aux Palestiniens n’est ni accidentelle ni
marginale. Elle constitue un pilier central d’un système de domination
coloniale et d’un processus génocidaire en cours.
Depuis
des décennies, Israël a intégré la violence coercitive dans son appareil de
contrôle. Mais depuis octobre 2023, une escalade sans précédent révèle une
transformation qualitative : la torture est désormais massive, assumée et
dirigée contre l’ensemble du peuple palestinien. Elle ne vise plus seulement
des individus, mais une population « en tant que telle ».
Dans
les prisons et les camps de détention, les témoignages décrivent un régime de
brutalité extrême : passages à tabac, privation de sommeil, famine organisée,
violences sexuelles, humiliations systématiques. Des enfants, des médecins, des
journalistes, des humanitaires sont arrêtés, torturés, parfois jusqu’à la mort.
Les corps sont mutilés, les esprits brisés, les vies détruites. Cette violence
n’est pas une dérive : elle est coordonnée, institutionnalisée et revendiquée.
Mais
la torture ne se limite pas aux lieux de détention. Le rapport montre que l’ensemble
du territoire palestinien est transformé en un “environnement torturant”. À
Gaza, le siège, la famine, les bombardements massifs, la destruction des
hôpitaux, des écoles et des habitations créent une souffrance collective
permanente. La population entière est enfermée dans un espace où la mort, la
peur et la privation sont omniprésentes.
En
Cisjordanie, la surveillance généralisée, la violence des colons, les
déplacements forcés et la destruction des moyens de subsistance prolongent
cette logique. La vie quotidienne elle-même devient une forme de torture : une
existence marquée par l’insécurité, l’humiliation et la menace constante.
Le
droit international est clair : la torture est absolument interdite. Mais le
rapport va plus loin. Il démontre que l’usage systématique de la torture contre
un groupe constitue un indicateur clé de l’intention génocidaire. En infligeant
des souffrances physiques et psychologiques à grande échelle, en détruisant les
conditions de vie et en ciblant les structures sociales, Israël met en œuvre
une stratégie visant à affaiblir, fragmenter et finalement effacer le peuple
palestinien.
Ce
système ne repose pas seulement sur l’armée ou les services de sécurité. Il est
soutenu par des lois, validé par les tribunaux, légitimé par des discours
politiques, relayé par des médias et banalisé dans une partie de la société. La
torture devient ainsi une entreprise collective, normalisée et justifiée.
La
conclusion du rapport est sans ambiguïté : le génocide en cours se manifeste
aussi comme une torture continue, collective et générationnelle. Il ne s’agit
pas d’actes isolés, mais d’une architecture cohérente de destruction.
Face
à cela, l’inaction internationale n’est plus tenable. Les États ont l’obligation
de prévenir, d’enquêter et de poursuivre ces crimes. Mettre fin à la torture
signifie aussi mettre fin au système qui la produit : l’occupation, l’apartheid
et la colonisation.




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