08/03/2026

Bangladesh: rationnement du carburant| Fuel Rationing| Racionamiento de combustible

 Bangladesh : le rationnement du carburant entre en vigueur dans un climat de tension

Bangladesh: Fuel Rationing Takes Effect Amid Tensions

Bangladesh: el racionamiento de combustible entra en vigor en medio de tensiones

 Jan Krikke
Khamenei’s killing is neocolonialism’s final gambit

La mort de Khamenei est le dernier coup de dés du néocolonialisme

8 Mars : sang, larmes et sueur de femme

Reinaldo Spitaletta, 6/3/2026
Traduit par Tlaxcala 


Le 8 mars est la Journée internationale des droits des femmes d’ici, de là-bas et de partout

Comme on a banalisé la Journée internationale des femmes ! La Journée internationale des droits des femmes ! Elle est devenue une caricature, sans histoire ni mémoire. On a dit que le capitalisme est expert pour transformer en marchandise ce qui, autrefois, représentait une menace pour sa stabilité et ses diktats. Ce qui a émergé comme une revendication sociale, avec des protestations populaires, des soulèvements, des mortes et de nombreuses blessures, avec du sang, il faut le rendre trivial, car ainsi on peut le vendre et le vider de son contexte.

Elle a été longue, l’épopée des femmes pour la conquête de leurs droits, avec des présences peu visibles, mais historiques, dans la Révolution française, et un vaste catalogue de manifestations de protestation aux XIXe et XXe siècles. Le capitalisme qui, selon Marx, est né « dégoulinant de sang par tous ses pores », a instauré des journées de travail inhumaines, qui ont engendré en Europe et aux USA d’immenses mouvements de revendication, comme celle des « Trois Huit » (huit heures de travail, huit de repos et huit pour l’éducation).

Aux luttes pour les revendications économiques des ouvrières se sont ajoutées celles pour les droits politiques, comme le droit de vote et pour l’élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes. Dans le feu des combats aux USA, il y a eu des manifestations héroïques de grèves et de mouvements sociaux, comme les très célèbres Martyrs de Chicago, qui ont donné naissance à la création — et à la célébration — mondiale du Premier Mai. Les immigré·es, par milliers, devenaient une main-d’œuvre bon marché dans les usines, comme les usines textiles, avec une majorité d’ouvrières.

Dans Une autre histoire des États-Unis, Howard Zinn dépeint des paysages impitoyables d’ouvriers exploités jusqu’à la moelle et relate les nombreuses luttes de femmes et d’hommes pour la dignité et une vie meilleure. Un poète populaire, Edwin Markham, a écrit dans le magazine Cosmopolitan sur les conditions de travail misérables : « dans des pièces sans ventilation, les mères et les pères cousent jour et nuit... et les enfants qui jouent, les patrons les appellent pour travailler aux côtés de leurs parents ».

Dans diverses usines textiles, en particulier aux USA, de graves accidents avaient eu lieu, causant des morts par centaines, en raison des conditions d’exploitation inhumaines et de l’insécurité industrielle. Les femmes, entassées dans les usines, travaillaient seize heures par jour. À New York, au début du XXe siècle, il y avait cinq cents usines de confection. « Dans ces trous malsains, nous tous, hommes, femmes et jeunes, nous travaillions entre soixante-dix et quatre-vingts heures par semaine, samedis et dimanches compris ! Le samedi après-midi, ils accrochaient une pancarte disant : “Si vous ne venez pas dimanche, ce n’est pas la peine de venir lundi"“” », a témoigné une femme, citée par Zinn.


22 novembre 1909 : le « soulèvement des 20 000 » éclate. La grève générale dure 13 semaines. 13 000 travailleur·ses obtiennent un contrat établissant des augmentations de salaires. Sur la photo, un meeting à Rutgers Square le 4 décembre : la femme de dos est sans doute Clara Lemlich, l’une des animatrices de la grève.

En 1909, les ouvrières de la confection, aux USA, ont mené une grève générale, avec la participation très significative des femmes noires. Cependant, les pénibles conditions de travail n’ont pas changé et, au contraire, se sont aggravées dans toutes les usines. En 1911, à l’usine Triangle, qui verrouillait ses portes pour surveiller et contrôler ses employé·es, un incendie a causé la mort de 146 travailleur·ses, en majorité des ouvrières. Sur Broadway, cent mille personnes ont défilé en l’honneur des sacrifié·es par les conditions barbares du capitalisme.

« Qui est responsable ? Qui est responsable du meurtre de cent quarante-cinq jeunes filles et jeunes hommes dans ce piège à feu « ignifugé » ? À qui incombe la responsabilité des escaliers inadéquats, vétustes et dangereux, ainsi que de la seule issue de secours, rendus possibles parce que le bâtiment était classé « ignifugé » ? Ces jeunes filles mortes crient à haute voix, non pas pour se venger, mais pour obtenir justice. Leurs corps calcinés réclament la protection des milliers de leurs sœurs travailleuses qui n’ont pas encore été sacrifiées au feu. Leurs lèvres silencieuses demandent : « Qui est responsable ? »
Dessin éditorial publié du New York Evening Journal du 28 mars 1911

Protestation ouvrière après l’incendie. La majorité des victimes étaient des ouvrières italiennes et juives

Tant d’abus contre les ouvrières, en particulier dans les usines usaméricaines, ont motivé, lors de la célébration de la deuxième Conférence des femmes socialistes à Copenhague, la déclaration du 8 mars comme Journée internationale de la femme travailleuse, grâce à une motion proposée par la dirigeante Clara Zetkin. Cette date, marquée par les immenses sacrifices des ouvrières, par leur sang, leur sueur et leurs larmes, a été officialisée dans le monde par les Nations Unies, en 1975, sous le nom de Journée internationale des  femmes.

 Clara Zetzkin et Rosa Luxemburg, 1910

La commémoration du 8 mars est un exercice d’histoire des mauvais traitements, de la persécution, de la discrimination et autres exploitations infligées aux femmes, en particulier aux travailleuses d’ici et d’ailleurs. En Colombie, les ouvrières ont ouvert une voie de revendications en février et mars 1920, lorsque quatre cents jeunes filles de la Fábrica de Tejidos de Bello ont mené la première grève (inaugurant le droit de grève, approuvé en 1919) dans le pays. Betsabé Espinal s’est érigée en phare de ce glorieux mouvement de « petites pucelles rebelles », de Jeanne d’Arc à la colombienne, comme les ont qualifiées des reporters de l’époque.

« Les femmes qui remplissent pleinement leurs devoirs de travailleuses, de mères et de membres de la communauté, qui doivent payer leurs impôts à l’État et à la commune, se sont jusqu’à présent vu refuser la pleine citoyenneté en raison de préjugés et d’une pensée réactionnaire. Lutter pour ce droit humain fondamental doit être la volonté inébranlable et ferme de chaque femme, de chaque travailleuse. Il ne doit y avoir ni repos ni pause. Alors ; femmes et filles, venez toutes le dimanche 8 mars 1914 aux 9 assemblées publiques de femmes pour le droit de vote ». Affiche de Karl Maria Stadler, qui a inspiré celle-ci, des éditions Rotation, à Berlin-Ouest, en 1978.

La Journée internationale des femmes est la mémoire des nombreux combats de travailleuses dans le monde qui, par leur héroïsme et leur capacité de lutte, portant le fardeau des discriminations, se sont soulevées contre les diktats et les abus des patrons d’usines. Ce n’est pas une date anodine ni un jour commercial, comme on a voulu l’imposer depuis longtemps, avec une tentative, tant officielle que d’autres secteurs, de décontextualiser et d’effacer les luttes intrépides des femmes pour leur dignité et la conquête de leurs droits à l’intérieur et à l’extérieur des usines.

Tout ce qui, pour le capitalisme, sent les troubles, les révolutions sociales, les transformations du système de production, il le cache, le censure, le combat, le ridiculise. Et, en plus, il le transforme en une marchandise de plus sur le marché, il lui efface l’histoire et ne laisse que des excroissances qui peuvent se vendre, qui produisent des plus-values. C’est ainsi qu’on a banalisé la Journée internationale des droits des femmes. Elle est devenue un bazar, un chahut sans contextes historiques ni politiques.

Le 8 mars est une journée universelle pour en savoir un peu plus sur Rosa Luxemburg, María Cano, Nadia Kroupuskaïa, Betsabé Espinal et sur les ouvrières brûlées vives dans les usines de confection et de textile ; sur les suffragettes, sur les Mères de Soacha, sur les Mères de Mai... Ce n’est pas une célébration de pétales et de chocolats, mais une commémoration pour marcher main dans la main avec l’histoire et les utopies.

 


« J’ai fabriqué vos vêtements ». En Novembre 2012, un incendie à l’usine Tazreen Fashion au Bangladesh a tué au moins 112 ouvrières. Le 24 avril 2013, l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza dans une banlieue de Dacca a tué 1134 ouvrières du textile et blessé des centaines de survivantes. Un siècle après Triangle, la géographie a changé, mais pas l'histoire.

8 de Marzo: Sangre, lágrimas y sudor de mujer

Reinaldo Spitaletta , 6-3-2026
Italiano

 


El 8 de marzo es el Día Internacional de los Derechos de las Mujeres de aquí, de allá y de acullá

¡Cómo han frivolizado el Día Internacional de las  Mujeres! ¡El Día Internacional de los Derechos de las Mujeres! Se tornó en una caricatura, sin historia y sin memoria. Se ha dicho que el capitalismo es experto en convertir en mercancía lo que en otro tiempo fue una amenaza a su estabilidad y a sus imposiciones. Aquello que emergió como reivindicación social, con protestas populares, con alzamientos, con muertes y muchas heridas, con sangre, hay que volverlo trivialidad, porque así se puede vender y despojarlo de contextos.

Ha sido larga la gesta de las mujeres por la conquista de sus derechos, con presencias no muy visibles, pero sí históricas, en la Revolución Francesa, y un extenso catálogo de demostraciones de protesta en los siglos XIX y XX. El capitalismo que, al decir de Marx, nació “chorreando sangre por todos sus poros”, implantó jornadas de trabajo inhumanas, que originaron en Europa y Estados Unidos colosales movimientos de reclamo, como el de los “Tres Ochos” (ocho horas de trabajo, ocho de descanso y ocho para la educación).

A las luchas por reivindicaciones económicas de las obreras, se sumaron las de los derechos políticos, como el del sufragio y por la eliminación de todas las formas de discriminación contra las mujeres. Al fragor de las contiendas en Estados Unidos hubo muestras heroicas de huelgas y movimientos sociales, como los muy célebres de los Mártires de Chicago, que originaron la creación —y celebración— mundial del Primero de Mayo. Los inmigrantes, a montones, se convertían en mano de obra barata de fábricas, como las textileras, con mayoría de trabajadoras.

En La otra historia de los Estados Unidos, Howard Zinn muestra descarnados paisajes de obreros explotados hasta la médula y da cuenta de las numerosas luchas de mujeres y hombres por la dignidad y una vida mejor. Un poeta popular, Edwin Markham, escribió en la revista Cosmopolitan sobre las miserables condiciones laborales: “en habitaciones sin ventilación, las madres y los padres cosen día y noche… y a los niños que están jugando, los patronos los llaman para trabajar junto a sus padres”.

En distintas fábricas de textiles habían ocurrido, en particular en Estados Unidos, graves accidentes con muertes a montón, por las infrahumanas condiciones de explotación e inseguridad industrial. Las mujeres, hacinadas en las fábricas, laboraban dieciséis horas al día. En Nueva York, a principios del siglo XX, había quinientas fábricas de ropa. “En esos agujeros malsanos, todos nosotros, hombres, mujeres y jóvenes ¡trabajábamos entre setenta y ochenta horas semanales, incluidos los sábados y domingos! El sábado a la tarde, colgaban un cartel que decía: ‘Si no venís el domingo, no hace falta que vengáis el lunes”, testimonió una mujer, citada por Zinn.

22 de noviembre de 1909: estalla el «levantamiento de l@s 20 000». La huelga general dura 13 semanas. 13 000 trabajador@s consiguen un contrato que establece aumentos salariales. En la foto, una reunión en Rutgers Square el 4 de diciembre: la mujer de espaldas es sin duda Clara Lemlich, una de las impulsoras de la huelga.

En 1909, las trabajadoras de ropa, en Estados Unidos, promovieron una huelga general, con la muy significativa participación de mujeres negras. Sin embargo, las penosas condiciones laborales no cambiaron y, al contrario, se agudizaron en todas las fábricas. En 1911, en la Compañía Triangle, que cerraba sus puertas con pestillo a fin de vigilar y controlar a sus empleados, un incendio causó la muerte de 146 trabajadores, en su mayoría obreras. En Broadway marcharon cien mil personas en honor a los sacrificados por las bárbaras condiciones del capitalismo.

«¿Quién es el responsable? ¿Quién es el responsable de la muerte de ciento cuarenta y cinco jóvenes, hombres y mujeres, en una trampa de fuego «a prueba de incendios»? ¿Sobre quién recae la culpa por las escaleras inadecuadas, anticuadas y peligrosas y por la única salida de emergencia, que fue posible porque el edificio estaba clasificado como «a prueba de incendios»? Estas chicas muertas claman en voz alta, no por venganza, sino por justicia. Sus cuerpos calcinados exigen protección para las miles de compañeras trabajadoras que aún no han sido sacrificadas al fuego. Sus labios silenciosos preguntan: «¿Quién es el responsable?».
Viñeta editorial del New York Evening Journal del 28 de marzo de 1911.

Protesta obrera después del incendio. La mayoría de las víctimas eran obreras italianas y judías

Tantos atropellos contra las obreras, en especial en las fábricas estadounidenses, motivaron a que, en la celebración de la Segunda Conferencia de Mujeres Socialistas, en Copenhague, se declarara el 8 de marzo como el Día Internacional de la Mujer Trabajadora, gracias a una moción propuesta por la dirigente Clara Zetkin. Esta fecha, atravesada por inmensos sacrificios de las obreras, por su sangre y su sudor y sus lágrimas, se oficializó en el mundo por las Naciones Unidas, en 1975, con el nombre de Día Internacional de la Mujer.

 Clara Zetzkin y Rosa Luxemburg, 1910

 La conmemoración del 8 de marzo es un ejercicio de historia del maltrato, de la persecución, discriminación y otras explotaciones a las mujeres, en especial a las trabajadoras de aquí y de allá. En Colombia, las obreras abrieron un camino de reivindicaciones en febrero y marzo de 1920, cuando cuatrocientas señoritas de la Fábrica de Tejidos de Bello realizaron la primera huelga (estrenaron el derecho de huelga, aprobado en 1919) en el país. Betsabé Espinal se erigió como el faro de aquel glorioso movimiento de “virgencitas rebeldes”, de Juanas de Arco a la colombiana, como las calificaron reporteros de la época.

«Las mujeres que cumplen plenamente con sus obligaciones como trabajadoras, madres y miembros de la comunidad, que deben pagar sus impuestos al Estado y al municipio, hasta ahora se han visto privadas de la plena ciudadanía debido a los prejuicios y al pensamiento reaccionario. Luchar por este derecho humano fundamental debe ser la voluntad inquebrantable y firme de cada mujer, de cada trabajadora. No debe haber descanso ni pausa. Por lo tanto, mujeres y niñas, acudan todas el domingo 8 de marzo de 1914 a las nueve asambleas públicas de mujeres por el derecho al voto». Cartel de Karl Maria Stadler, que inspiró a este, de la editorial Rotation, en Berlín Occidental, en 1978.

El Día Internacional de la Mujer es la memoria de numerosas lides de trabajadoras en el mundo que, con su heroísmo y capacidad de lucha, portando el fardo de las discriminaciones, se levantaron contra las imposiciones y atropellos de los dueños de las fábricas. No es una fecha baladí ni un día comercial, como se ha querido imponer desde hace tiempos, con un intento, tanto oficial como de otros sectores, de descontextualizar y borrar las intrépidas faenas de las mujeres por su dignidad y la conquista de derechos dentro y fuera de las factorías.

Todo lo que al capitalismo le huela a disturbios, a revoluciones sociales, a transformaciones del sistema de producción, lo oculta, lo censura, lo combate, lo ridiculiza. Y, además, lo vuelve una mercancía más del mercado, le borra la historia y deja solo excrecencias que pueden venderse, que producen plusvalías. Así se ha banalizado el Día Internacional de los Derechos de la Mujer. Se volvió un bazar, una recocha sin contextos históricos ni políticos.

El 8 de marzo es una jornada universal para saber un poco más sobre Rosa Luxemburgo, María Cano, Nadia Krupskaya, Betsabé Espinal y sobre las obreras incineradas en fábricas de ropas y tejidos; sobre las sufragistas, sobre las Madres de Soacha, sobre las Madres de Mayo… No es una celebración de pétalos y bombones, sino una conmemoración para caminar de la mano de la historia y de las utopías.

 


«Yo fabriqué su ropa». En noviembre de 2012, un incendio en la fábrica Tazreen Fashion de Bangladesh causó la muerte de al menos 112 trabajadoras. El 24 de abril de 2013, el derrumbe del edificio Rana Plaza, en un suburbio de Daca, causó la muerte de 1134 trabajadoras textiles y dejó heridas a cientos de supervivientes.
Un siglo después de Triangle, ha cambiado la geografía, pero no la historia.

07/03/2026

Garsha Rezaei Chez soi| Home |Das Zuhause|El hogar| البيت |(Khune)
خونه : گرشا رضایی

گرشا رضایی برای وطن خواند
 Garsha Rezaei chante pour son pays, l'Iran
Garsha Rezaei sings for his country, Iran
Garsha Rezaei singt für seine Heimat Iran
Garsha Rezaei canta para su país, Irán
غارشا رضائي يغني لبلده إيران

Vivre sans toi, mon amour, n’aurait plus de sens.
Toute ma vie, toute ma joie, sont ici.
J’ai parcouru tous les mots du monde
et j’ai compris
que patrie est le plus beau d’entre eux.

Si la sincérité a déserté ce monde,
si l’ennemi s’avance vêtu en ami,
Dieu restera à nos côtés jusqu’au dernier jour
et l’arbre de notre patience finira par porter ses fruits.

Par amour pour toi, regarde : je tiens debout.
Par amour pour toi, je n’ai jamais cessé de respirer.
Pour la terre de ceux qui t’aiment,
j’ai donné mon cœur,
et à quiconque s’est dressé contre toi
je me suis opposé.

Nul ne pourra nous effrayer.
Les jeunes comme les anciens de cette maison le savent.

Nul ne pourra nous effrayer.
Les jeunes comme les anciens de cette maison le savent.

Interroge chacun de ces hommes de courage,
compagnons de l’amour, au parfum de pluie.
Pour que l’Iran et les Iraniens demeurent,
ils se donnent en sacrifice
et restent anonymes.

Nul ne pourra nous effrayer.
Les jeunes comme les anciens de cette maison le savent.

Nul ne pourra nous effrayer.
Les jeunes comme les anciens de cette maison le savent.

 

Azizam zende budan bi to bi-ma'nast
Tamume zendegi o delkhoshi injast
Tamume vazheha ro gashtam o didam
Vatan zibatarin vazhe tu in donyast

Age rasm-e sedaghat rafte az donya
Age doshman lebās-e dust pushide
Khoda ta akhar-e donya kenar-e mast
Nahāl-e sabr-e ma akhar samar mide

Be eshgh-e to
ببین mardune vāysadam
Be eshgh-e to man az nafas nayoftadam
Baraye khāk-e asheghāt man ghalbamo dādam
Bā har ki bā to doshman shod daroftādam

Nemitoone kasi mā ro betarsoone
Javun o pir-e in khune to midune

Nemitoone kasi mā ro betarsoone
Javun o pir-e in khune to midune

Bepors az tak-tak-e mardāye mardi
Ke rafiq-e eshqān o ham-atr-e bārune
Barāye munden-e Irān o Irāni
Fadāyi mishan o gomnām mimune

Nemitoone kasi mā ro betarsoone
Javun o pir-e in khune to midune

Nemitoone kasi mā ro betarsoone
Javun o pir-e in khune to midune

عزیزم زنده بودن بی تو بی‌معناست
تموم زندگی و دلخوشی اینجاست
تموم واژه‌ها رو گشتم و دیدم
وطن زیباترین واژه تو این دنیاست
اگه رسم صداقت رفته از دنیا
اگه دشمن لباس دوست پوشیده
خدا تا آخر دنیا کنار ماست
نهال صبر ما آخر ثمر میده
به عشق تو ببین مردونه وایسادم
به عشق تو من از نفس نیفتادم
برای خاک عاشقات من قلبمو دادم
با هر کی با تو دشمن شد درافتادم
نمی‌تونه کسی ما رو بترسونه
جوون و پیر این خونه تو میدونه
نمی‌تونه کسی ما رو بترسونه
جوون و پیر این خونه تو میدونه
بپرس از تک‌تک مردای مردی
که رفیق عشقن و هم‌عطر بارونن
برای موندن ایران و ایرانی
فدایی میشن و گمنام می‌مونن
نمی‌تونه کسی ما رو بترسونه
جوون و پیر این خونه تو میدونه
نمی‌تونه کسی ما رو بترسونه
جوون و پیر این خونه تو میدونه





La bombe opaque de Shimshon : arme ultime, tabou suprême
Comment Israël est devenu “la seule démocratie”… nucléaire du Moyen-Orient


Bibi Netanyahou vocifère urbi et orbi depuis 34 ans (1992) que l’Iran est sur le point d’avoir une bombe atomique, « d’ici quelques mois », « d’ici quelques semaines », « d’ici quelques jours ». Pour le moment, personne n’a vu la fameuse bombe iranienne. En revanche, il y a, enterrées dans le désert du Néguev /Naqab, entre 90 et 400 ogives nucléaires israéliennes. C’est le secret de Polichinelle le mieux gardé au monde. Dès 1952, chargé de mission par Ben-Gourion puis Golda Meïr, Shimon Peres, 32 ans avant de recevoir le Prix Nobel de la Paix, a mis en place la fabrication de la bombe, avec l’appui inconditionnel de la France radical-socialiste de la IVème République et l’affaire a suivi un long cours tranquille, en dépit de de Gaulle, Kennedy, Johnson et avec un coup de pouce décisif du bon Docteur K., entendez Heinrich Kissinger, l’âme damnée de Tricky Dicky, alias Richard Nixon Il nous a semblé salutaire de reconstituer les 73 ans de politique d’“Amimut” (ambigüité, opacité en hébreu) au moment où les bombes made in USA pleuvent sur l’Iran et où les détenteurs avérés de bombes nucléaire menacent l’humanité d’un Armageddon. Nous avons donc assemblé une trentaine de documents qui retracent ce sinistre feuilleton. Lisez et indignez-vous !

La bombe opaque de Shimshon
Arme ultime, tabou suprême
Comment Israël est devenu “la seule démocratie”… nucléaire du Moyen-Orient
Une anthologie d’enquêtes et d’analyses 1986-2025
Textes choisis, traduits et édités par Fausto Giudice
Éditions The Glocal Workshop/L’Atelier Glocal
juin 2025/mars 2026
Collection Tezcatlipoca
308 pages
Classification Dewey : 623.455 – 956.94 – 320.9 – 944 – 621.48 -341.67- 327.174 – 355.825 

Table des matières
1. Révélation : les secrets de l’arsenal nucléaire israélien
SUNDAY TIMES - 5 octobre 1986……………………………………………………….5 
2. L’Opération Shimshon : entretien avec le général ER Yitzhak ‘Ya’tza’ Ya’akov
Avner Cohen, 1999………………………………………………………………………..10 
3. Comment la France livra l’arme atomique à Israël
Michael Karpin, 2003……………………………………………………………………..81
4. Stratégie du secret : Le “flou nucléaire” israélien
Joseph Algazy, 2005………………………………………………………………………86 
5. L’armement nucléaire israélien, un tabou
Abdelwahab Biad, 2005………………………………………………………………….90 
6. Israël et la dissuasion nucléaire
Pierre Razoux, 2015……………………………………………………………………..113 
7. La vérité derrière le plan désespéré d’Israël de faire exploser un engin nucléaire pour se sauver en 1967
Avner Cohen, 2017………………………………………………………………………124
 8. Des notes manuscrites secrètes révèlent la genèse du programme nucléaire israélien
Adam Raz, 2019………………………………………………………………………….132 
9. Les secrets nucléaires d’Israël que Peres a partagés avec Kissinger en 1965
Avner Cohen, 2020………………………………………………………………………147
 10. Comment Israël a mis en place un programme nucléaire sous le nez de l’Oncle Sam
Avner Cohen et William Burr, 2021…………………………………………………154 
11. Armes nucléaires israéliennes, 2021
 Hans M. Kristensen & Matt Korda, Bloc-notes nucléaire, 2022…………….179
 12. Israël et la Bombe - L’histoire du nucléaire israélien
Bernard Norlain, 2021…………………………………………………………………..221
 13. Qui a divulgué les secrets atomiques d’Israël, 20 ans avant Vanunu ? Ce que révèlent des documents déclassifiés
Avner Cohen et William Blurr, 2025…………………………………………………231 
14. Bibliographie pour aller plus loin ……………………………………………….…254
 15. Annexe : 3 documents de l’ONU, 1981-1987…………………..………..255



ما قد يكون الرد الإيراني الموجع حقاً على هجمات الولايات المتحدة وإسرائيل؟

أوليغ تساروف، 6 مارس 2026

النسخة الأصلية  Каким может быть реально болезненный ответ Ирана на атаки : США и Израиля?

فارسی      Français
ترجمة  : تلاكسكالا

 إنها المياه. يعيش ملايين الأشخاص في ممالك الخليج الفارسي في الصحراء بفضل وجود عشرات المصانع الكبيرة لتحلية مياه البحر على الساحل. هذه المصانع هي أهداف ثابتة كبيرة، لا يمكن إخفاؤها أو نقلها، وتقع في نطاق عمل الطائرات بدون طيار والصواريخ الإيرانية الرخيصة


ووفقًا للتقديرات، تحصل قطر على ما يقرب من 100% من مياهها الصالحة للشرب عن طريق التحلية، والبحرين والكويت حوالي 90%، والمملكة العربية السعودية حوالي 70%، والإمارات العربية المتحدة 42%. يبلغ عدد سكان هذه الدول الخمس حوالي 58 إلى 60 مليون نسمة. يعيش معظمهم في المدن الكبرى - الرياض، جدة، دبي، أبو ظبي، الدوحة، الكويت، المنامة - حيث يعتمد الوصول إلى المياه على عدد قليل من المجمعات الساحلية التي تضخ المياه عبر أنابيب تمتد لمئات الكيلومترات في الصحراء

وفي إسرائيل أيضًا، يتم توفير ما يصل إلى 80-90% من مياه الشرب للمدن عن طريق خمس محطات ساحلية على البحر الأبيض المتوسط، وهي أيضًا في متناول الطائرات المسيرة والصواريخ الإيرانية.

يحذر الخبراء بالفعل من أن تعطل عقدة رئيسية واحدة كبيرة يمكن أن يسبب بسرعة حالة طوارئ.

ماذا لو ضربت إيران عدة منشآت في وقت واحد؟

لن تمتلك السلطات أسبوعًا، بل بضعة أيام لمحاولة منع انهيار دول الخليج - لنشر لوجستيات ميدانية، وتنظيم توزيع المياه، وحماية المستودعات من النهب. ولكن قد لا يكون هناك مكان لاستقاء المياه منه: فالدول المجاورة صحراوية أيضًا. بدون ماء، ستتوقف المستشفيات والمطارات ومراكز البيانات والقواعد العسكرية عن العمل. بعد بضعة أيام، سيكون هناك نزوح جماعي من المدن الساحلية، وأوبئة، وصراع مباشر للوصول إلى الآبار والخزانات التي لا تزال تعمل. سيناريو كلاسيكي لكارثة إنسانية: ملايين من سكان المدن في أغنى منطقة نفطية في العالم سيجدون أنفسهم في وضع يشبه مخيمات اللاجئين.

بالنسبة للولايات المتحدة، سيكون مثل هذا السيناريو ضربة قاسية، لأن الملكيات ستضغط عليها: إما أن تضع حدا سريعا للحرب وتعزز الدفاع عن بنيتنا التحتية، أو أننا سنحد من وجودها في المنطقة.

بالنسبة لترامب، فإن مخاطر تحويل "حرب صغيرة منتصرة" إلى صراع طويل الأمد مع إيران وفقدان حلفاء أثرياء أصبحت واضحة بشكل متزايد


 

06/03/2026

عکس‌العمل دردناک ایران به حملات آمریکا و اسرائیل چه می تواند باشد؟

 اولگ تساریف  Олег Царёв

6 مارس 2026

نسخه اصلی:

Каким может быть реально болезненный ответ Ирана на атаки США и  Израиля

Français
بفارسی از حمید بهشتی

این آب است. به میمنت این واقعیت که ده‌ها کارخانه بزرگ نمک‌زدایی آب دریا در امتداد ساحل قرار دارند میلیون‌ها نفر در شیخ‌نشین‌های خلیج فارس در بیابان زندگی می‌کنند. این کارخانه‌ها اهداف بزرگ و ثابتی هستند که پنهان کردن یا جابه‌جا کردن آن‌ها غیرممکن است، و در محدوده عملیات پهپادها و موشک‌های ارزان‌قیمت ایرانی قرار دارند.


واکنش واقعاً دردناک ایران به حملات ایالات متحده و اسرائیل چه می‌تواند باشد؟

کارخانه‌های نمک‌زدایی آب دریا در شش کشور شورای همکاری خلیج فارس

برآوردها نشان می‌دهد که قطر تقریباً ۱۰۰٪ آب آشامیدنی خود را از طریق نمک‌زدایی تأمین می‌کند، بحرین و کویت حدود ۹۰٪، عربستان سعودی حدود ۷۰٪ و امارات متحده عربی ۴۲٪. جمعیت این پنج کشور حدود ۵۸ تا ۶۰ میلیون نفر است. بیشتر آن‌ها در شهرهای بزرگ زندگی می‌کنند — ریاض، جده، دبی، ابوظبی، دوحه، کویت و منامه — جایی که دسترسی به آب به چند مجتمع ساحلی وابسته است که آب را صدها مایل از طریق لوله‌ها در دل بیابان پمپاژ می‌کنند.

در اسرائیل نیز تا ۸۰ تا ۹۰٪ آب آشامیدنی شهرها توسط پنج کارخانه ساحلی در کنار دریای مدیترانه تأمین می‌شود و آن‌ها نیز در برد پهپادها و موشک‌های ایرانی قرار دارند.

کارشناسان پیشاپیش هشدار می‌دهند که آسیب دیدن حتی یک گره بزرگ می‌تواند به سرعت وضعیت اضطراری ایجاد کند.

اگر ایران همزمان چندین تأسیسات را هدف قرار دهد چه خواهد شد؟

مقامات نه یک هفته، بلکه فقط چند روز فرصت خواهند داشت تا از فروپاشی کشورهای خلیج جلوگیری کنند — با به‌کارگیری تدارکات میدانی، سازمان‌دهی توزیع آب و محافظت از ذخایر در برابر غارت. اما شاید اصلاً جایی برای تأمین آب وجود نداشته باشد: کشورهای همسایه نیز بیابانی هستند. بدون آب، بیمارستان‌ها، فرودگاه‌ها، مراکز کامپیوتر و پایگاه‌های نظامی از کار خواهند افتاد. پس از چند روز، فرار گسترده از شهرهای ساحلی، شیوع بیماری‌ها و درگیری‌های مستقیم برای دسترسی به چاه‌ها و مخازن فعال آغاز خواهد شد. یک سناریوی کلاسیک فاجعه انسانی: میلیون‌ها ساکن شهری در ثروتمندترین منطقه نفتی جهان در وضعیتی شبیه اردوگاه‌های پناهندگان قرار خواهند گرفت
برای ایالات متحده چنین سناریویی یک ضربه خواهد بود، زیرا پادشاهی‌ها بر آمریکا فشار خواهند آورد: یا جنگ را سریع پایان دهید و دفاع از زیرساخت‌های ما را تقویت کنید، یا حضور شما در منطقه را محدود خواهیم کرد.

برای ترامپ، خطر تبدیل یک «جنگ کوچکِ پیروزمندانه» به یک درگیری طولانی با ایران و از دست دادن متحدان ثروتمند، هر روز آشکارتر می‌شود.



 

 Quelle pourrait être la réponse réellement douloureuse de l’Iran aux attaques des USA et d’Israël ?


 Tigrillo L. Anudo, 6-3-2026

Un par de malhechores



05/03/2026

 Riesgo sistémico de un cierre del estrecho de Ormuz y una paralización total del flujo de hidrocarburos, por Craig Tindale

Un análisis en cascada de 12 niveles, desde el presente hasta un horizonte de cinco años o más.
Une analyse en cascade sur 12 niveaux, de l’immédiateté à un horizon de cinq ans et plus

Risque systémique d’une fermeture du Détroit d’Ormuz entraînant l’arrêt complet du flux pétrolier, par Craig Tindale

Original : Systemic Risk: A 12-Order Cascading Analysis of a Zero-Flow Strait of Hormuz Closure, 4 /3/2026

Pourim au Maboulistan

Ci-dessous 2 articles traduits par Tlaxcala qui en disent long sur la folie régnant dans l'unique démocratie nucléaire du Moyen-Orient

Dans ce pays (Israël), tout le monde est devenu fou

Gideon Levy, Haaretz, 5/3/2026

Pas une seule voix de la raison à trouver parmi les commentateurs, les politiciens et le grand public, qui courent tous aux abris toutes les heures mais sourient en en sortant, louant la guerre contre l’Iran et les bénédictions qu’elle apporte. Ça donne presque la nostalgie de 1967.


Des Israéliens religieux célèbrent Pourim dans un parking souterrain qui sert d’abri anti-bombes pendant la guerre contre l’Iran, lundi. Photo Itay Ron

Où a-t-il été décrété que le temps de guerre est aussi un temps pour la bêtise ? Qui a écrit que quand les canons tonnent, les muses ne sont pas seulement silencieuses mais devraient avoir honte ? Cela couvait depuis longtemps, mais ce qui est arrivé cette semaine à la conversation publique en Israël bat tous les records.

Il est déjà impossible de ne pas regretter les albums de la victoire et les chants de gloire de 1967. « Nasser attend Rabin, aïe, aïe, aïe » est subtil comparé aux ordures d’aujourd’hui. Et qui aurait cru qu’on regretterait « Ô Charm el-Cheikh, nous y sommes revenus ». Aujourd’hui c’est : « Enfin nous pourrons vivre libres, enfin nous pourrons respirer, Israël est libre, l’Iran est libre, tout le monde entend le lion rugissant, Alléluia, pour l’armée de l’air, Alléluia pour l’armée... Tu es notre grande fierté » (paroles de Pnina Rosenblum).

Une de Haaretz après la victoire d’Israël dans la guerre de 1967 annonçant que « 200 000 personnes ont visité le mur des Lamentations » et donnant des détails sur la victoire de Tsahal contre les forces jordaniennes. Photo Haaretz

Sauf qu’on ne parle pas seulement de chansons, mais du discours public et médiatique. Ultra-nationaliste, on y est habitué ; militariste, c’est normal aussi. Tout est aligné à droite, il n’y a pas de place pour le doute, pour l’opposition, pour les points d’interrogation ou quoi que ce soit de moins que le respect et les éloges pour l’armée israélienne -- c’est aussi une caractéristique du temps de guerre. Silence, on tire. Seulement du patriotisme dans les studios de télé et de radio et sur les réseaux sociaux. Ce qui est différent cette fois, c’est le niveau du discours ou, disons-le, son niveau incroyablement bas -- jamais auparavant il n’avait été aussi creux, cliché et abrutissant.

Un ancien footballeur est considéré comme la voix de la sagesse, un officier de police militaire la voix de la moralité. Chaque Juif persan est un commentateur. Aux marionnettes que sont les correspondants militaires et leurs collègues couvrant les affaires étrangères, qui ont aussi rejoint le chœur, s’est ajouté un nouveau groupe d’analystes, un type qui n’avait jamais envahi les ondes et les réseaux sociaux avec une telle densité et une telle exclusivité ; des salves de matraquage mental comme on n’en a jamais vu ici. C’est ainsi après deux ans et demi sans vrai journalisme, sans même une couverture minimale de la guerre à Gaza.

Essayez de trouver ne serait-ce qu’une voix de la raison, quelqu’un qui ait quelque chose à dire, qui sache vraiment quelque chose. Pas une seule. Pour Pourim, la personnalité médiatique Avri Gilad est un pilote de l’armée de l’air, l’animateur pour enfants Yuval Shem Tov chante en farsi. Tout le monde est si joyeux : pourquoi ? Ou peut-être que tout cela finira en larmes. Il est inacceptable même d’envisager cette possibilité. L’orgie d’assassinats bat son plein, chaque frappe est une raison de célébrer.


Avri Gilad déguisé en pilote de l’armée de l’air lors d’un journal télévisé de la chaîne 12 sur la guerre contre l’Iran. Capture d’écran de la chaîne 12

Dans le studio de la journaliste Sharon Gal, la fête bat son plein : les ventes d’armes israéliennes vont atteindre de nouveaux sommets, et tout le monde bourdonne de plaisir. « Chaînes de montage dans toute l’Inde... On a conquis l’Inde... On a besoin d’1,4 milliard d’Indiens pour fabriquer pour nous ». Quel monde nouveau et prometteur cette guerre va nous ouvrir. Maintenant, il ne s’agit pas seulement de la rédemption de la terre mais d’argent, de beaucoup d’argent.

L’appel au meurtre ne connaît pas de limites. Un manifestant qui dépasse un journaliste de télévision à toute allure est un scandale national qui nécessite une punition sévère. Un colon qui tue deux agriculteurs ne suscite qu’un bâillement. Un minuscule don européen à une organisation de défense des droits humains est présenté comme une ingérence étrangère dans les affaires de l’État. Une tentative de renverser un régime dans un pays étranger en le bombardant est un geste démocratique légitime. Jusqu’où irons-nous ?

Toute tentative désespérée d’entendre ne serait-ce qu’une voix intelligente est vouée à l’échec. Alors que des discussions intelligentes sur la guerre ont lieu sur les chaînes étrangères, ici seules la stupidité et l’ignorance parlent. Alors que là-bas ils racontent ce qui se passe vraiment en Iran et au Liban, ici ils font un reportage depuis un mariage dans un parking - le non-sens infini est le principal sujet, sans discussion substantielle. C’est ainsi que la stupidité des masses se répand comme un nuage radioactif, détruisant tout sur son passage.

Ça pourrait empirer. Regardez le « conseiller spirituel » du président Donald Trump, qui a été nommé à la tête de son « Bureau de la foi de la Maison Blanche ». Une évangéliste pour la guerre sainte : « J’entends le son de la victoire. J’entends le son des cris et des chants. J’entends un son de victoire. Le Seigneur dit que c’est fait. J’entends la victoire ! Victoire ! Victoire ! “, crie-t-elle en extase. Bientôt, ce sera ici.

Pour Pourim cette semaine, Israël s’est déguisé en Iran

Uri Misgav, Haaretz, 5/3/2026


Des hommes juifs ultra-orthodoxes célèbrent mercredi la fête de Pourim à Jérusalem, en pleine guerre contre l’Iran. Photo Ohad Zwigenberg/AP

Des dirigeants appelant à une guerre totale pour anéantir leurs ennemis ? Oui. Des dirigeants gouvernementaux collaborant avec des fanatiques religieux ? Oui. Des forces de police œuvrant pour réprimer toute dissidence politique ? Oui.

Mardi, Benjamin Netanyahou a été photographié sur la base aérienne de Palmachim en train d’appuyer sur un bouton qui ferait larguer une bombe par un drone sur l’Iran. La scène venait tout droit de Corée du Nord, avec le chef d’état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, et le secrétaire militaire de Netanyahou, le général Roman Gofman, présents pour les relations publiques.

L’étape suivante du premier ministre fut la version jérusalémite de Téhéran, la yechiva sioniste-religieuse Mercaz Harav, pour une lecture de la megilla de Pourim. Entouré de mollahs barbus et d’étudiants de yechiva échappant à la conscription chantant à partir du Livre d’Esther « les Juifs eurent autorité sur ceux qui les haïssaient », Netanyahu battant la mesure avec eux, en tapant sur la table.

Derrière lui se tenaient ses gardes du corps du Shin Bet, masqués de noir, et son fils aîné, Yaïr (on suppose que son apparition publique a été rendue nécessaire par la tempête déclenchée par un post sur X de Guy Sudri, directeur de contenu de Channel 12 News, insinuant que des membres de la famille de Netanyahou avaient été exfiltrés à l’étranger peu avant l’attaque contre l’Iran).


Netanyahu encadré par ses gardes du corps, la semaine dernière. Photo Yonathan Zindel/Flash90

C’est là, de tous les lieux, au cœur idéologique du racisme juif, de la misogynie et de l’homophobie, que le premier ministre a choisi d’aller avec son fils pendant ce qui ressemble à une guerre de religion moderne. Ce n’était pas un hasard. Israël s’est déguisé en Iran pour Pourim cette semaine. Je ne me souviens pas d’une autre ironie historique qui se soit développée aussi rapidement et vertigineusement.

Il y a des décennies, le journaliste du New York Times Thomas Friedman avait forgé le bon mot appelant Israël « Yad Vashem avec une armée de l’air ». Depuis le début de l’attaque contre l’Iran, du moins selon le gouvernement du Bibistan et les studios de télévision, Israël est « la Yechiva Mercaz Harav avec une armée de l’air ». Le gros du travail de la guerre est fait par les protestataires anti-gouvernementaux de l’armée de l’air et du renseignement militaire tant vilipendés, sa fondation idéologique étant formulée par un large éventail du spectre politique, public et médiatique.


Des Israéliennes célèbrent Pourim dans un parking servant d’abri anti-bombes à Tel Aviv lundi. Photo Itay Ron

Ça commence avec la députée Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit), qui s’est fait photographier costumée en Mangemort au service de l’État : en combinaison du Service pénitentiaire israélien, une corde dans une main et une seringue de poison dans l’autre. À côté d’elle, en chemise blanche, son mari, portant un fusil automatique (un hommage au meurtrier de masse Baruch Goldstein ?) et arborant des pancartes « expulsion », « conquête » et « colonisation ».

Leurs frères judéo-fondamentalistes ont célébré toute la semaine par des pogroms contre les Palestiniens en Cisjordanie et leur poignée d’amis juifs. Dans l’un d’eux, deux frères d’un village près de Naplouse ont été abattus par un colon portant son uniforme de réserviste. ça a continué avec la personnalité médiatique Avri Gilad qui, dans son excitation face à la fenêtre d’opportunité pour un miracle historique, a lancé un appel depuis son domicile du nord de Tel Aviv en faveur de l’occupation, du nettoyage ethnique et de la colonisation juive au Liban, au sud du fleuve Litani.


 
شبكة قدس الإخبارية

 @qudsn

جيش الاحتلال يؤمن هجوم مليشيات المستوطنين ويواصل اقتحام قرية قريوت جنوب نابلس.

L'armée d'occupation sécurise l'attaque des milices de colons et continue de prendre d'assaut le village de Qaryut, au sud de Naplouse.

1:07 PM · 2 mars 2026

Il n’y a pas de limite à leur manque de conscience. Ce n’est pas seulement Netanyahou qui est arrogant et déconnecté, exhortant les Iraniens à descendre dans la rue et à renverser leur horrible régime tyrannique (il s’avère qu’à Téhéran, il est permis et même souhaitable de renverser un mollah au pouvoir). C’est tous ceux qui répètent le slogan « il faut remplacer le régime en Iran » alors même qu’ils soutiennent (ou du moins ignorent) les efforts de ce gouvernement d’extrême droite, religieux, kahaniste, pour établir ici une version juive des Gardiens de la révolution.

Pour plus de détails, voir le jeune homme de 19 ans qui a osé se joindre à une minuscule veillée de protestation contre la guerre sur une place de Tel Aviv. Il a été brutalement arrêté (pour « rassemblement illégal ») et fouillé à nu, bien qu’il ne représente aucun danger, dans le but clair de le harceler et de l’humilier. Quelle est exactement la différence entre cela et la façon dont la milice Bassidj en Iran maltraite les manifestants anti-gouvernementaux là-bas ?

Toute cette folie – l’arrogance, l’euphorie et la joie saisonnière de la guerre (moins d’un an après que Netanyahou, ses collaborateurs et porte-parole nous aavaient dit que la menace nucléaire et balistique iranienne et la menace du Hezbollah étaient éliminées pour des générations) – se déroule dans un emballage messianique-religieux étouffant, inspiré par l’histoire biblique vieille de plusieurs millénaires qui a donné naissance à la fête de Pourim.

Maintenant, le gouvernement et l’armée nous assurent déjà qu’ils s’efforceront de continuer cette merveilleuse guerre au moins jusqu’à Pessa’h, qui est dans un mois (et si c’est le cas, pourquoi ne pas continuer jusqu’au Jour de la Shoah et au Jour du Souvenir ?). Je ne me suis jamais senti aussi triste, étranger et aliéné dans ce pays que j’ai tant aimé autrefois. Israël est en train de disjoncter.