Perle du jour

Les USA ont occupé le Groenland pendant la Deuxième guerre mondiale et ont contribué au développement du pays au cours de la décennie qui a suivi. « En fait, nous les avons amenés à vivre dans des conditions plus modernes que l'âge de pierre dans lequel ils vivaient à cause de l'oppression par le Danemark ».

Carla Sands, ambassadrice des USA au  Danemark de 2017 à 2021, Newsmax, 28/3/2025


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22/01/2025

GIORGIO GRIZIOTTI
Guerres et machines Capital-État
Note de lecture de “Guerre ou révolution” de Maurizio Lazzarato

Giorgio Griziotti, Effimera, 25/10/2022
Traduit par Fausto GiudiceTlaxcala

Les deux ouvrages précédents de Maurizio Lazzarato, Le capital déteste tout le monde et L’intolérable du présent, l’urgence de la révolution, constituaient un diptyque d’une grande profondeur : dans le cadre d’une vaste analyse, il parvenait à tracer un tableau cohérent de la contre-révolution néolibérale et des impasses de la pensée post-soixante-huitarde, une époque qui s’étend de la fin des années 1970 à nos jours.

Guerre ou révolution, qui paraît quelques mois après L’intolérable du présent, se situe dans une relation plus directe avec un « présent » qui semble valider pleinement les hypothèses théoriques de l’auteur et n’est plus seulement ou simplement « intolérable ». La concaténation et l’interpénétration de la pandémie, de la catastrophe climatique et de la guerre semblent soudain accélérer la séquence de transformation de la réalité en une science-fiction dystopique angoissante.

La guerre actuelle, qui est déjà mondiale par l’intermédiaire d’un pays martyr, est presque une démonstration de ce que l’auteur avait précédemment théorisé avec une grande clarté : « le capitalisme n’élimine pas la guerre mais l’intensifie comme aucun autre système économique et politique ne l’a jamais fait, et la répand sur toute la société ».

Lazzarato affirme que certaines erreurs d’analyse ont partiellement validé, comme cela s’est produit selon lui avec le célèbre livre Empire de Hardt et Negri, l’hypothèse américaine naïve selon laquelle « une fois l’URSS disparue, il n’y aurait plus qu’une seule puissance ».

Et en effet, plus tard, « se réveillant de leur sommeil rêveur qui avait duré des années, les USA ont déclaré la Chine comme l’ennemi principal avec tous les États (Russie, Iran, etc.) qui ne se soumettaient pas à cet empire en faillite ». Et c’est en ce sens qu’il faut lire la guerre actuelle « en déplaçant le discours obsessionnellement répété de l’agresseur et de l’agressé » tandis que « croire que la Russie est la cause d’une troisième guerre mondiale possible est comme croire que l’attentat de Sarajevo l’a été de la première » .

Cette vision d’un capitalisme qui ne peut se passer de la guerre est corroborée par des réflexions, parfois déjà présentes dans ses écrits précédents et ici approfondies : la Première Guerre mondiale opère un tournant fondamental où « s’amorce le rapport d’identité et de réversibilité entre production et destruction [...] qui se poursuit encore aujourd’hui », de même qu’il est de plus en plus certain que « l’industrie de la guerre constitue un investissement indispensable à l’accumulation », indispensable à la survie du capitalisme.

Et c’est aussi à partir de la Première Guerre mondiale que l’intégration de l’Etat et du capital s’accélère. En effet, une thèse centrale du discours de Lazzarato est que l’État et le capital ne sont pas des entités séparées mais qu’« ensemble, ils constituent un seul dispositif bicéphale qui produit, gouverne, fait la guerre, bien qu’avec des tensions internes, puisque le pouvoir souverain et le profit ne coïncident pas ». L’État et le capital s’intègrent progressivement, mais ne s’identifient jamais.

Une belle époque éphémère

Lazzarato reprend également ici sa critique de Foucault et de la pensée post-soixante-huitarde qui, selon lui, a remplacé la lutte des classes et la révolution par les concepts de biopolitique et de gouvernementalité, laissant la voie libre à la contre-révolution néolibérale.

Sa thèse semble en effet corroborée par le cours de l’histoire récente. La seule observation qui pourrait peut-être atténuer ce jugement quelque peu tranchant est que la pensée post-68 a pris des positions moins radicales parce que, ayant subi la défaite historique des mouvements mondiaux des années 1960-70, elle voyait s’éloigner les perspectives d’une révolution sur le modèle de celles du XXe siècle.

Selon l’auteur, lorsque la contre-révolution a triomphé à partir de Reagan et Thatcher, « le pouvoir des vainqueurs s’est stabilisé sous la forme de l’État administratif, de la gouvernementalité, du travail et de la consommation. On pourrait appeler cette phase ... la belle époque, dans laquelle, comme dans la précédente qui a conduit à la Grande Guerre, l’expansion de la production ... semble se dérouler « paisiblement », comme si toutes les contradictions de l’accumulation capitaliste avaient été surmontées et résolues ». 

Un capitalisme « pacifié » dans lequel l’incitation pressante à la consommation sans limite renverse les sentiments de culpabilité de la « morale » protestante wébérienne et donne naissance à La fabrique de l’homme endetté ... Ici aussi, selon Lazzarato, la pensée post-soixante-huitarde semble tomber dans le piège.

« Un « pouvoir tolérant » (le néolibéralisme version Pasolini, mais aussi Foucault qui le définit littéralement de cette façon) qui « incite, induit et sollicite » au lieu de simplement « surveiller et punir », est une illusion typique de la belle époque parce qu’il est temporaire et sélectif (au Nord plutôt que dans le Sud, avec les blancs plutôt qu’avec les non-blancs, avec les riches plutôt qu’avec les pauvres, avec les hommes plutôt qu’avec les femmes), parce qu’il est rapidement destiné à se renverser en son contraire. Mais après ces courtes périodes d’euphorie « pendant lesquelles le capitalisme semble triompher de ses contradictions, il ne lui reste plus que la guerre et le fascisme pour sortir de l’impasse ».

Dimorphos, un astéroïde aux dimensions du Colisée

Critique de la philosophie écologiste

Un autre passage important est la critique adressée à la philosophie écologiste, et en particulier à l’un de ses représentants les plus connus, le philosophe français Bruno Latour, récemment décédé.

A un « Latour perdu, dépassé par les événements [qui se plaint en disant] : “Je ne sais pas comment tenir ensemble les deux tragédies”, l’Ukraine et la tragédie du réchauffement climatique », Lazzarato répond par les mots de Keynes : la violence que les capitalistes et l’Etat peuvent déchaîner contient déjà la catastrophe écologique parce que pour ne pas perdre les profits, la propriété, le pouvoir, ils sont « capables d’éteindre le soleil et les étoiles ».

Lazzarato affirme que le regretté Latour, pour comprendre quelque chose à la guerre, aurait d’abord dû admettre l’existence du capitalisme - ce qui est indéniable - mais dans son livre, la catastrophe écologique n’occupe peut-être pas la place qu’elle devrait occuper.

Il faut, à tout le moins, reconnaître l’intuition de Latour selon laquelle nous sommes tous désorientés « parce que le changement est trop grand... ce qui est largement dû au fait que nous continuons à être dans le monde d’avant »[1].

En effet, il me semble problématique de continuer à placer la dégradation de l’état de santé de Gaïa, à laquelle nous appartenons comme toutes les autres espèces, sur le même plan que d’autres catastrophes, qu’elles soient guerrières, économiques, sociales, etc.

S’il est clair que le rôle du capitalisme a été décisif pour arriver à cette situation extrême, il me semble tout aussi clair qu’il n’a pas été le seul facteur. L’implication, présente ici comme dans tant d’écrits sur le Capitalocène, qu’une défaite globale souhaitable et théorique du capitalisme serait la condition indispensable pour relever le défi de la survie écologique ne nous aide peut-être pas à comprendre de quelle révolution nous avons besoin. Même si Lénine, souvent cité par l’auteur, avait magistralement réussi à « transformer la guerre impérialiste en guerre civile révolutionnaire », ce n’est pas sa révolution qui nous sauvera. Ainsi, si la guerre est déjà là, la révolution espérée reste une mystérieuse inconnue.

Malgré cette inconnue non résolue, le livre de Lazzarato a le mérite de nous amener à réfléchir et, nous l’espérons, à aller au-delà du passage aujourd’hui significatif et global de la « grande résignation », qui est une forme de rejet à la fois de l’exploitation et de la guerre. Son principal mérite est de contenir l’une des analyses géopolitiques les plus complètes, les plus cohérentes et les plus plausibles du chaos vers lequel nous nous dirigeons à grande vitesse. À moins qu’une forte poussée de la base ne vienne dévier sa trajectoire. Mais, pour rester dans la métaphore aérospatiale, il s’agit malheureusement de quelque chose de bien plus complexe que l’astéroïde Dimorphos [2], qui comme son nom l’indique n’avait que deux formes, et le dispositif pour l’impacter n’est pas sur la rampe de lancement.

Notes

[1] Extrait d’une série d’entretiens télévisés de B. Latour disponibles sur Arte TV. 2022 ; https://www.arte.tv/fr/videos/RC-022018/entretien-avec-bruno-latour  

[2] Astéroïde détourné de sa trajectoire par la sonde Dart de la NASA qui s’est écrasée dessus le 27/9/2022.



20/01/2025

MAURIZIO LAZZARATO
Guerre ou révolution
Pourquoi la paix n’est pas une alternative

 

La guerre de Palestine n’a pas commencé le 7 octobre 2023. La guerre d’Ukraine n’a pas commencé le 24 février 2022, ni même le 20 février 2014. Nous sommes tous embarqués, de près ou de loin mais toujours en temps réel, direct, dans une guerre civile mondiale. Toutes les certitudes, toutes les identités, tous les clichés sont ébranlés, tous les abris sont bombardés. Comment agir ? Mais avant cela, comment penser ? La French-Italian Theory, autrement dit les théories développées par Foucault, Deleuze, Guattari, Negri, Hardt, Agamben, Rancière et leurs disciples, s’avère à chaque instant incapable d’armer une résistance intellectuelle, psychologique, morale, en un mot politique, qui soit efficace, face aux catastrophes qui nous tombent dessus. Reprenons donc les choses à zéro et relisons quelques classiques. C’est à cet exercice ardu mais stimulant que Maurizo Lazzarato nous invite, dans une trilogie dont voici le premier volet en français, qui sera suivi des deux autres dans les mois qui viennent.

 « Guerres et révolutions, malgré́ le déni dont elles font l’objet de la part de la pensée critique, continuent à déterminer le début et la fin des grandes séquences politiques. La guerre fait partie intégrante de la machine Capital – État au même titre que la production, le travail, le racisme et le sexisme. Depuis la première guerre mondiale, tous ces éléments sont intégrés de façon indissoluble et fonctionnent ensemble comme un tout. Et comme il y a un siècle, ils ne peuvent que produire des situations comme celles que nous vivons en ce moment. 

 « Le marxisme de la première moitié du XXe siècle, celui qui a organisé et pratiqué la « guerre de partisans » a encore des choses à transmettre, même si une grande partie de ses concepts et mots d’ordre ont vieilli et sont aujourd’hui impraticables. Sa pensée stratégique pour s’opposer à la guerre et au capitalisme (ce que toutes les théories que nous avons élaborées pour le remplacer sont incapables de proposer) a été complètement ignorée alors qu’elle peut constituer une orientation de la pensée et de l’action si on a la capacité de la requalifier par rapport à l’époque. 

« Le poststructuralisme, la déconstruction, la biopolitique, le spinozisme, la pensée écologique, les théories féministes, la micropolitique et la microphysique du pouvoir, etc. , c’est-à-dire tout l’effort qui, à partir des années 60, a été produit pour essayer de construire une alternative à la lutte de classe marxiste (sans la trouver !), risque, s’il ne s’articule pas à une pensée stratégique de la guerre et de la révolution, de rester impuissant, car guerres et révolutions sont toujours et encore, malheureusement , les débouchés « naturels » de l’action du capitalisme et de ses États. »

Table des matières
Introduction
1♦ La guerre en Ukraine, l’Occident et nous
2 ♦ Guerre, capitalisme, écologie : pourquoi Bruno Latour ne peut rien y comprendre
3 ♦ Comment le capitalisme a été pacifié
4 ♦ Michel Foucault : à propos d’une volte-face sur la guerre civile
5 ♦ Mondialisation : machine de guerre, Empire ou impérialisme ?
♦ Postface Les impasses de la French Theory, la pensée critique occidentale
♦ Les artisan·es de ce livre

Maurizio Lazzarato
Guerre ou révolution
Pourquoi la paix n’est pas une alternative
Traduit de l’italien par Rosa Llorens
Édité par Fausto Giudice
Éditions The Glocal Workshop/L’Atelier Glocal
Collection “erga omnes” n° 11
Janvier 2025
210 pages, format A5

Classification Dewey: 300 – 320 – 321 – 324 – 327 -330- 331 – 333- 336- 337- 341 – 355- 801-844-854-901-940-950-960-970

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28/03/2025

MAURIZIO LAZZARATO
¡Armarse para salvar el capitalismo financiero!
La lección de Rosa Luxemburg, Kalecki, Baran y Sweezy

Maurizio Lazzarato, 26-3-2025
Viñetas de Enrico Bertuccioli
Traducido por Tlaxcala, editado por Luis Casado

Maurizio Lazzarato (1955), exiliado en Francia tras la represión desatada el 7 de abril de 1979 contra el movimiento Autonomía Obrera Organizada, en el que militaba en la Universidad de Padua, es un sociólogo y filósofo independiente italiano residente en París. Es autor de numerosos libros y artículos sobre el trabajo inmaterial, el capitalismo cognitivo, la biopolítica y la bioeconomía, la deuda, la guerra y lo que él llama la máquina del Estado-Capital. Último libro publicado en español: Guerra o revolución. Por qué la paz no es una alternativa (Tinta Limón, 2022). Bibliografia en español

Por grande que sea una nación, si ama la guerra perecerá; por pacífico que sea el mundo, si olvida la guerra estará en peligro”.

(“Wu Zi”, antiguo tratado militar chino)

Cuando decimos sistema de guerra nos referimos a un sistema como el vigente  que asume la guerra, aunque sólo sea planeada y no combatida, como fundamento y vértice del orden político, es decir, de la relación entre los pueblos y entre los hombres. Un sistema en el que la guerra no es un acontecimiento sino una institución, no una crisis sino una función, no una ruptura sino una piedra angular del sistema, una guerra siempre obsoleta y exorcizada, pero nunca abandonada como posibilidad real”.

(Claudio Napoleoni, 1986)


El advenimiento de Trump es apocalíptico, en el sentido original del término apocalipsis: revelación. Su convulsa agitación tiene el gran mérito de mostrar la naturaleza del capitalismo, la relación entre guerra, política y beneficio, entre capital y Estado habitualmente cubierta por la democracia, por los derechos humanos, por los valores y la misión de la civilización occidental.

La misma hipocresía está en el corazón de la narrativa construida para legitimar los 800.000 millones de euros para el rearme que la UE le impone mediante el recurso al estado de excepción a los Estados miembros.

Armarse no significa, como dice Draghi, defender “los valores que han fundado nuestra sociedad europea” y han “garantizado durante décadas a sus ciudadanos la paz, la solidaridad y, con el aliado usamericano, la seguridad, la soberanía y la independencia”, sino salvar el capitalismo financiero.

Ni siquiera hacen falta grandes discursos ni documentados análisis para desenmascarar la pobreza de estas narrativas, bastó otra masacre de 400 civiles palestinos para sacar a la luz la verdad de la indecente cháchara sobre la exclusividad la y supremacía moral y cultural de Occidente.

Trump no es un pacifista, se limita a reconocer la derrota estratégica de la OTAN en la guerra de Ucrania, mientras las élites europeas rechazan la evidencia. La paz para ellos significaría volver al estado catastrófico al que han reducido a sus naciones.

La guerra debe continuar porque para ellos, como para los demócratas y el Estado profundo usamericano, es el modo de salir de la crisis iniciada en 2008, como ya ocurrió con la gran crisis de 1929.

Trump piensa resolver la cuestión privilegiando la economía sin renegar de la violencia, del chantaje, de la intimidación, de la guerra. Es muy probable que ni el uno ni los otros tengan éxito en el intento porque tienen un enorme problema: el capitalismo, en su forma financiera, está en profunda crisis y precisamente desde su centro USA – llegan señales “dramáticas” para las élites que nos gobiernan. En lugar de converger hacia USA, los capitales huyen hacia Europa.

Gran novedad, síntoma de rupturas imprevisibles que corren el riesgo de ser catastróficas. El capital financiero no produce mercancías, sino burbujas que se inflan todas en USA y estallan en detrimento del resto del mundo, demostrando ser armas de destrucción masiva.

La finanza usamericana chupa valor (capital) de todo el mundo, lo invierte en una burbuja, que tarde o temprano estallará, obligando a los pueblos del planeta a la austeridad, al sacrificio para pagar sus fracasos: primero fue la burbuja de internet, luego la burbuja de las subprimes que provocó una de las mayores crisis financieras de la historia del capitalismo, abriendo la puerta a la guerra.

Intentaron incluso la burbuja del capitalismo verde que nunca despegó y, por último, la burbuja incomparablemente mayor de las empresas de alta tecnología.

Para tapar los agujeros de los desastres de la deuda privada descargada sobre la deuda pública, la Reserva Federal y la banca europea inundaron los mercados de liquidez que en lugar de “gotear” en la economía real, sirvió para alimentar la burbuja de la alta tecnología y el desarrollo de los fondos de inversión conocidos como los “Tres Grandes”, Vanguard, BlackRock y State Street (el más grande monopolio de la historia del capitalismo, gestiona 50 billones de dólares, accionista mayoritario de todas las empresas cotizadas más importantes). Ahora incluso esta burbuja se está desinflando.

Si dividimos por dos toda la capitalización de la lista de la Bolsa de Wall Street, todavía estamos muy lejos del valor real de las empresas de alta tecnología, cuyas acciones han sido infladas por los propios fondos para mantener altos los dividendos para sus “ahorradores” (los demócratas contaban incluso con sustituir el bienestar por las finanzas para todos, como antes habían delirado con la vivienda para todos los usamericanos).

Ahora la diversión llega a su fin. La burbuja ha llegado a su límite y los valores caen con riesgo real de un colapso. Si a esto añadimos la incertidumbre que las políticas de Trump – representante de unas finanzas que no son las de los fondos de inversión – introducen en un sistema que éstos habían conseguido estabilizar con la ayuda de los demócratas, comprendemos el temor de los “mercados”.

El capitalismo occidental necesita otra burbuja porque no conoce sino la reproducción de lo mismo de siempre (el intento trumpiano de reconstruir la industria manufacturera en USA está destinado a un fracaso seguro).


La identidad perfecta de “producción” y destrucción

Europa, que ya gasta 386.000 millones de euros [UE: 326 000; RU: 60 000] en armamento, es decir, 2,64 veces más de lo que gasta Rusia [146 000 millones] (la OTAN representa el 55% del gasto mundial en armas, Rusia el 5%) decidió un importante plan de inversión de 800.000 millones de euros para seguir aumentando el gasto militar.

La guerra y la Europa donde siguen activas las redes políticas y económicas, centros de poder que remiten a la estrategia representada por Biden, derrotada en las últimas elecciones presidenciales, son la ocasión para construir una burbuja basada en el armamento para compensar las crecientes dificultades de los “mercados” usamericanos.

Desde diciembre, las acciones de las empresas armamentísticas son objeto de especulación, yendo de subida en subida y fungiendo de refugio seguro para los capitales que ven la situación usamericana demasiado riesgosa.

En el centro de la operación están los fondos de inversión, que también figuran entre los principales accionistas de las grandes empresas armamentísticas. Poseen participaciones significativas en Boeing, Lockheed Martin y RTX, influyendo en la gestión y las estrategias de estas empresas.

También en Europa están presentes en el complejo militar-industrial: Rheinmetall, empresa alemana que fabrica los carros Leopard y que ha visto subir el precio de sus acciones un 100% en los últimos meses, tiene como principales accionistas a Blackrock, Société Générale, Vanguard, etc.

Rheinmetall, el mayor fabricante de municiones de Europa, ha superado en capitalización al mayor fabricante de automóviles del continente, Volkswagen, la última señal del creciente apetito de los inversores por los valores ligados a la defensa.

La Unión Europea quiere recoger y canalizar el ahorro continental hacia el armamento con consecuencias catastróficas para el proletariado y una mayor división de la Unión. La carrera armamentística no podrá funcionar como “keynesianismo de guerra” porque la inversión en armamento interviene en una economía financiarizada y ya no industrial. Construida con dinero público beneficiará a una pequeña minoría de particulares, mientras empeora las condiciones de la inmensa mayoría de la población.

La burbuja armamentística sólo puede producir los mismos efectos que la burbuja de alta tecnología usamericana. Después de 2008, las sumas de dinero captadas para la inversión en la burbuja de alta tecnología nunca han “goteado” hacia el proletariado usamericano.

Por el contrario, han producido una desindustrialización cada vez mayor, empleos precarios y poco cualificados, salarios bajos, pobreza rampante, la destrucción del escaso bienestar heredado del New Deal y la posterior privatización de todos los servicios. Esto es lo que sin duda producirá en Europa la burbuja financiera europea.

La financiarización conducirá no sólo a la destrucción completa del Estado del Bienestar y a la privatización a ultranza de los servicios, sino a una mayor fragmentación política de lo que queda de la Unión Europea. Las deudas, contraídas por cada Estado por separado, tendrán que ser reembolsadas y habrá enormes diferencias entre los Estados europeos en cuanto a su capacidad para honrar las deudas contraídas.

El verdadero peligro no son los rusos, sino los alemanes con su rearme de € 500.000 millones y otros € 500.000 millones para infraestructuras, financiación decisiva en la construcción de la burbuja.

La última vez que se armaron combinaron desastres mundiales (25 millones de muertos sólo en la Rusia soviética, la solución final, etc.), de donde surgió la famosa declaración de François Mauriac: “Me gusta tanto Alemania que me alegro de que haya dos”.

A la espera de los desarrollos ulteriores del nacionalismo y de la extrema derecha ya al 21 %, que inevitablemente producirá “Deutschland ist zurück” [Alemania está de vuelta], Alemania impondrá su habitual hegemonía imperialista a los demás países europeos.

Los alemanes han abandonado rápidamente el credo ordoliberal que no tenía ninguna base económica, sólo política, y abrazan a ultranza la financiarización angloamericana, con el mismo objetivo, dominar y explotar Europa.

El Financial Times habla de una decisión tomada por Merz, el hombre de Blackrock, y Kukies, el ministro del Tesoro, hombre de Goldman Sachs, con el aval de los partidos de “izquierda” SPD y Die Linke, que, como sus predecesores en 1914, asumen una vez más la responsabilidad de la futura carnicería.

Si el anterior imperialismo interior alemán se fundaba en la austeridad, el mercantilismo de exportación, la congelación salarial y la destrucción del Estado del Bienestar, éste se fundará en la gestión de una economía de guerra europea jerarquizada en los diferenciales de tipos de interés a pagar para reembolsar la deuda contraída.

Los países ya muy endeudados (Italia, Francia, etc.) tendrán que encontrar quién compre sus bonos emitidos para pagar su deuda, en un “mercado” europeo cada vez más competitivo. A los inversionistas les convendrá más comprar bonos alemanes, bonos emitidos por empresas armamentísticas sobre los que jugará la especulación al alza, y títulos de deuda pública europea, sin duda más seguros y rentables que los bonos de los países sobreendeudados.

El famoso “diferencial” (spread) seguirá desempeñando su papel como en 2011. Los miles de millones necesarios para pagar a los mercados no estarán disponibles para el Estado del Bienestar. El objetivo estratégico de todos los gobiernos y oligarquías desde hace cincuenta años, la destrucción de los gastos sociales para la reproducción del proletariado y su privatización, será alcanzado.

Veintisiete egoísmos nacionales lucharán entre sí sin nada en juego, porque la historia, que “somos los únicos que sabemos lo que es”, nos ha arrinconado, inútiles e irrelevantes tras siglos de colonialismo, guerras y genocidios.

La carrera armamentística va acompañada de una machacona justificación de “estamos en guerra” contra todo el mundo (Rusia, China, Corea del Norte, Irán, BRICS) que no puede abandonarse y que corre el riesgo de llegar a buen puerto porque esta delirante cantidad de armas aún debe “consumirse”.

La lección de Rosa Luxemburg, Kalecki, Baran y Sweezy

Sólo los ingenuos pueden asombrarse de lo que está ocurriendo. Todo se repite, sólo que dentro de un capitalismo financiero y ya no industrial como en el siglo XX.

La guerra y el armamento estén en el centro de la economía y de la política desde que el capitalismo se hizo imperialista. Y son también el centro del proceso de reproducción del capital y del proletariado, en feroz competencia entre sí.

Reconstruyamos rápidamente el marco teórico proporcionado por Rosa Luxemburg, Kalecki, Baran y Sweezy, firmemente plantado, – en contraste con las inútiles teorías críticas contemporáneas –, sobre las categorías de imperialismo, monopolio y guerra, que nos ofrece un espejo de la situación contemporánea.

Empecemos por la crisis de 1929, que tuvo sus raíces en la Primera Guerra Mundial y en el intento de salir de ella activando el gasto público mediante la intervención del Estado. Según Baran y Sweezy (en adelante, B&S) el inconveniente del gasto público en los años 30 era su volumen, incapaz de contrarrestar las fuerzas depresivas de la economía privada.

“Visto como una operación de rescate de la economía usamericana en su conjunto, el New Deal fue, por tanto, un fracaso estrepitoso. Incluso Galbraith, el profeta de la prosperidad sin compras bélicas, reconoció que en la década 1930 - 1940, ‘la gran crisis' nunca terminaba”.

Saldrá solo con la Segunda Guerra Mundial: “Luego vino la guerra, y con la guerra la salvación (...) el gasto militar hizo lo que el gasto social no había conseguido hacer”, porque el gasto público pasó de 17.500 millones de dólares a 103.100 millones.

B&S demuestran que el gasto público no dio los resultados que dio el gasto militar porque estaba limitado por un problema político que sigue siendo el nuestro. ¿Por qué el New Deal y su gasto no consiguieron un objetivo que “estaba al alcance de la mano, como demostró más tarde la guerra”?

Porque sobre la naturaleza y composición del gasto público, es decir, la reproducción del sistema y del proletariado, se desata la lucha de clases.

“Dada la estructura de poder del capitalismo monopolista usamericano, el aumento del gasto civil casi había alcanzado sus límites extremos. Las fuerzas que se oponían a una mayor expansión eran demasiado poderosas para ser superadas”.

El gasto social competía o perjudicaba a las corporaciones y oligarquías, arrebatándoles poder económico y político.

“Como los intereses privados controlan el poder político, los límites del gasto público se fijan rígidamente sin preocuparse de las necesidades sociales, por vergonzosamente evidentes que sean”.

Y estos límites valían también para el gasto, la sanidad y la educación, que en aquella época, a diferencia de hoy, no competían directamente con los intereses privados de las oligarquías.

La carrera armamentística permite aumentar el gasto público del Estado, sin que esto se transforme en un aumento de los salarios y del consumo del proletariado. ¿Cómo se puede gastar el dinero público para evitar la depresión económica que conlleva el monopolio, evitando al mismo tiempo el fortalecimiento del proletariado? “Con armamento, con más armamento, con más y más armamento”.

Michael Kalecki, trabajando sobre el mismo periodo, pero sobre la Alemania nazi, consigue dilucidar otros aspectos del problema. Contra todo economicismo que amenaza siempre la comprensión del capitalismo incluso por las teorías críticas marxistas, pone en evidencia la naturaleza política del ciclo del capital: “La disciplina en las fábricas y la estabilidad política son más importantes para los capitalistas que los beneficios corrientes”.

El ciclo político del capital, que ahora sólo puede ser garantido por la intervención del Estado, debe recurrir al gasto armamentístico y al fascismo. Para Kalecki, el problema político también se manifiesta en la “dirección y los fines del gasto público”. La aversión a la “subvención del consumo de masas” está motivada por la destrucción que provoca “de los fundamentos de la ética capitalista ‘ganarás el pan con el sudor de tu frente’ (a menos que vivas de las rentas del capital)’. ¿Cómo conseguir que el gasto estatal no se convierta en aumento del empleo, del consumo y de los salarios y, por tanto, en fuerza política del proletariado?

El inconveniente para las oligarquías se supera con el fascismo porque la maquinaria estatal está entonces bajo el control del gran capital y de la dirección fascista, con “la concentración del gasto estatal en armamento”, mientras que “la disciplina de fábrica y la estabilidad política se garantizan mediante la disolución de los sindicatos y los campos de concentración. La presión política sustituye aquí a la presión económica del desempleo”.

De ahí el inmenso éxito de los nazis entre la mayoría de los liberales británicos y usamericanos.

La guerra y el gasto en armamento ocupan un lugar central en la política usamericana, incluso después del fin de la Segunda Guerra Mundial, porque es inconcebible una estructura política sin una fuerza armada, es decir, sin el monopolio de su ejercicio.

El volumen del aparato militar de una nación depende de su posición en la jerarquía mundial de explotación. “Las naciones más importantes serán siempre las que más necesiten, y la magnitud de sus necesidades (de fuerza armada) variará en función de que entre ellas haya o no una lucha encarnizada por el primer puesto”.

Por lo tanto, el gasto militar sigue creciendo en el centro del imperialismo: “Naturalmente, la mayor parte de la expansión del gasto público tuvo lugar en el sector militar, que pasó de menos del 1% a más del 10% del PNB, y que representó alrededor de dos tercios del aumento total del gasto público desde 1920. Esta absorción masiva del excedente en preparativos militares ha sido el hecho central de la historia usamericana de posguerra”.

Kalecki señala que en 1966 “más de la mitad del crecimiento de la renta nacional se traduce en el crecimiento de los gastos militares”.

Ahora, en la posguerra, el capitalismo ya no puede contar con el fascismo para controlar el gasto social. El economista polaco, “alumno” de Rosa Luxemburg, señala: “Una de las funciones fundamentales del hitlerismo fue superar la aversión del gran capital a la política anticoyuntural a gran escala. La gran burguesía había dado su asentimiento al abandono del laisser-faire y al aumento radical del papel del Estado en la economía nacional, a condición de que el aparato estatal estuviera bajo el control directo de su alianza con la dirección fascista” y de que el destino y el contenido del gasto público estuvieran determinados por el armamento.

En los Treinta Gloriosos, sin el fascismo asegurando la dirección del gasto público, los Estados y los capitalistas se vieron forzados a un compromiso político. Relaciones de poder determinadas por el siglo de las revoluciones obligan al Estado y a los capitalistas a concesiones que, en cualquier caso, son compatibles con beneficios que alcanzan tasas de crecimiento desconocidas hasta entonces.

Pero incluso este compromiso es demasiado porque, a pesar de los grandes beneficios, “en tal situación los trabajadores se vuelven ‘recalcitrantes’ y los ‘capitanes de la industria’ se muestran ansiosos por ‘darles una lección’”.

La contrarrevolución, desplegada a partir de finales de los años 60, tendrá en su centro la destrucción del gasto social y la feroz voluntad de orientar el gasto público hacia los intereses únicos y exclusivos de las oligarquías. El problema, a partir de la República de Weimar, nunca fue una intervención genérica del Estado en la economía, sino el hecho de que el Estado haya sido investido por la lucha de clases y haya sido obligado a ceder a las exigencias de las luchas obreras y proletarias.

En los tiempos “pacíficos” de la Guerra Fría, sin la ayuda del fascismo, la explosión del gasto militar necesita una legitimación, asegurada por una propaganda capaz de evocar continuamente la amenaza de una guerra inminente, de un enemigo a las puertas dispuesto a destruir los valores occidentales:

“Los creadores oficiosos y oficiales de la opinión pública tienen preparada la respuesta: los Estados Unidos deben defender el mundo libre de la amenaza de agresión soviética (o china)”.

Kalecki, para el mismo período, precisa: “Los periódicos, el cine, la radio y la televisión que trabajan bajo la égida de la clase dominante crean una atmósfera que favorece la militarización de la economía”.

El gasto en armamento no sólo tiene una función económica, sino también de producción de subjetividades sometidas. La guerra, al exaltar la subordinación y el mando, “contribuye a crear una mentalidad conservadora”.

“Mientras que el masivo gasto público en educación y bienestar tiende a socavar la posición privilegiada de la oligarquía, el gasto militar hace lo contrario. La militarización favorece a todas las fuerzas reaccionarias (...) se determina un respeto ciego a la autoridad; se enseña y se impone una conducta de conformidad y sumisión; y la opinión contraria se considera un acto antipatriótico o directamente una traición”.

El capitalismo produce un capitalista que, precisamente por la forma política de su ciclo, es un sembrador de muerte y destrucción, más que un promotor del progreso. Richard B. Russell, un senador conservador del sur de EEUU en los años 60 citado por B&S, nos dice:

“Hay algo en los preparativos para la destrucción que induce a los hombres a gastar el dinero más descuidadamente que si fuera para fines constructivos. No sé por qué ocurre esto; pero durante los treinta años que llevo en el Senado, más o menos, comprendí que, al comprar armas para matar, destruir, borrar ciudades de la faz de la tierra y eliminar grandes sistemas de transporte, hay algo que hace que los hombres no calculen los gastos con el mismo cuidado que cuando se trata de pensar en una vivienda digna y en la atención sanitaria para los seres humanos”.

La reproducción del capital y del proletariado se politizó con las revoluciones del siglo XX. La lucha de clases, ocupando también esta realidad hizo emerger una oposición radical entre la reproducción de la vida y la reproducción de su destrucción que desde los años 1930 no ha hecho sino profundizarse.


¿Cómo funciona el capitalismo ?

La guerra y el armamento, prácticamente excluidos de todas las teorías críticas del capitalismo, funcionan como discriminadores en el análisis del capital y del Estado.  Es muy difícil definir el capitalismo como un “modo de producción”, como hizo Marx, porque la economía, la guerra, la política, el Estado y la tecnología son elementos estrechamente entrelazados e inseparables.

La “crítica de la economía” no basta para producir una teoría revolucionaria. Ya con el advenimiento del imperialismo se produjo un cambio radical en el funcionamiento del capitalismo y del Estado, puesto de manifiesto claramente por Rosa Luxemburg para quien la acumulación tiene dos aspectos.

El primero “se refiere a la producción de plusvalía – en la fábrica, en la mina, en la explotación agrícola – y a la circulación de mercancías en el mercado. Considerada desde este punto de vista, la acumulación es un proceso económico cuya fase más importante es una transacción entre el capitalista y el asalariado”.

El segundo aspecto tiene como teatro el mundo entero, una dimensión mundial irreductible al concepto de “mercado” y a sus leyes económicas.

“Aquí los métodos empleados son la política colonial, el sistema internacional de créditos, la política de esferas de interés, la guerra. La violencia, el engaño, la opresión, la depredación se desarrollan abiertamente, sin máscara, y es difícil reconocer las estrictas leyes del proceso económico en el entrelazamiento de la violencia económica y la brutalidad política”.

La guerra no es una continuación de la política, sino que siempre coexiste con ella, como muestra el funcionamiento del mercado mundial. Aquí, donde la guerra, el fraude y la depredación coexisten con la economía, la ley del valor nunca ha funcionado realmente. El mercado mundial tiene un aspecto muy diferente del esbozado por Marx. Sus consideraciones parecen ya no ser válidas, o mejor dicho, son precisadas: sólo en el mercado mundial el dinero y el trabajo devendrían adecuados a su concepto, haciendo realidad su abstracción y su universalidad. A contrario, lo que podemos constatar es que el dinero, la forma más abstracta y universal del capital, es siempre la moneda de un Estado. El dólar es la moneda de USA y  reina sólo en cuanto tal.

La abstracción del dinero y su universalidad (y sus automatismos) se los apropia una “fuerza subjetiva” y son gestionados según una estrategia que no está contenida en el dinero. Incluso la finanza, como la tecnología, parece ser objeto de apropiación por parte de fuerzas subjetivas "nacionales", muy poco universales.  

En el mercado mundial, ni siquiera el trabajo abstracto triunfa como tal, sino encontrando en su lugar otros trabajos radicalmente diversos (trabajo servil, trabajo esclavo, etc.) y es objeto de estrategias.

La acción de Trump, – caído el velo hipócrita del capitalismo democrático –, nos revela el secreto de la economía: sólo puede funcionar a partir de una división internacional de la producción y la reproducción definida e impuesta políticamente, es decir, mediante el uso de la fuerza, que implica también la guerra.

La voluntad de explotar y dominar, gestionando simultáneamente las relaciones políticas, económicas y militares, construye una totalidad que nunca puede cerrarse sobre sí misma, sino que siempre permanece abierta, escindida por los conflictos, las guerras, las depredaciones. En esta totalidad escindida, convergen y se gobiernan todas las relaciones de poder.Trump interviene sobre el uso de las palabras, pero también sobre las teorías de género, al mismo tiempo que quiere imponer un nuevo posicionamiento global, político y económico, de los USA. De lo micro a lo macro, acción política que los movimientos contemporáneos están lejos sólo de pensar.

La construcción de la burbuja financiera, proceso que podemos seguir paso a paso, tiene lugar del mismo modo. Los actores que intervienen en su producción son múltiples: la Unión Europea, los Estados que deben endeudarse, la Banca Europea, el Banco de Inversiones europeas, los partidos políticos, los medios de comunicación y la opinión pública, los grandes fondos de inversión (todos usamericanos) que organizan el trasiego de capitales de una Bolsa a otra, y las grandes empresas.

Sólo después de que el choque/cooperación entre estos centros de poder haya dado su veredicto, la burbuja económica y sus automatismos podrán funcionar. Hay toda una ideología sobre el funcionamiento automático que hay que desmentir. El “piloto automático”, sobre todo a nivel financiero, existe y funciona sólo después de que ha sido instituido políticamente. No existía en los 30 gloriosos porque se decidió políticamente en ese sentido. Funciona desde finales de los 70 por voluntad política explícita.

Esta multiplicidad de actores que llevan meses agitándose se mantiene unida por una estrategia. Hay, pues, un elemento subjetivo que interviene de manera fundamental. De hecho, dos. Desde el punto de vista capitalista, hay una lucha feroz entre el “factor subjetivo” Trump y el “factor subjetivo” de las élites que fueron derrotadas en las elecciones presidenciales, pero que todavía tienen una fuerte presencia en los centros de poder en los USA y Europa.

Pero para que el capitalismo funcione debemos tomar en consideración también un factor subjetivo proletario. Éste desempeña un papel decisivo porque, o bien se convertirá en el portador pasivo del nuevo proceso de producción/reproducción del capital, o bien tenderá a rechazarlo y destruirlo. Constatada la incapacidad del proletariado contemporáneo, el más débil, el más desorientado, el menos autónomo e independiente de la historia del capitalismo, la primera opción parece la más probable.

Pero si no logra oponer su propia estrategia a las continuas innovaciones estratégicas del enemigo, capaces de renovarse continuamente, caeremos en una asimetría de las relaciones de poder que nos retrotraerá a antes de la revolución francesa, a un nuevo/ya visto "ancien régime".

Notas del editor

Capital financiero

El capital financiero suele ser un espejismo, como el dinero que se supone lo constituye. Desde la elección de Trump, la “riqueza” de media docena de oligarcas (Musk, Bezos, Zuckerberg...) se incrementó en varios centenares de miles de millones de dólares (sin que se hubiese creado un céntimo de valor añadido...), para luego desaparecer tan rápidamente como había llegado (sin que se destruyese ni un céntimo de valor...). El autor de la nota se refiere a este moderno fantasma que, a su vez, recorre en mundo. El capital financiero es, efectivamente, un arma de destrucción masiva, en la medida en que muchos líderes contemporáneos y los países que regentan son sensibles a los espejismos...

Deuda pública

O deuda soberana. Proviene del derecho de cada Estado a emitir dinero sin contrapartida real. El dólar es la moneda de todos los records, y de la más gigantesca irresponsabilidad monetaria desde que Richard Nixon decidiera abandonar el respaldo oro (15-08-1971). De ahí en adelante los EEUU han emitido dólares sin límites y sin respaldo, exportando inflación a todo el planeta. Se trata de la llamada “liquidez” que no es sino un “pase mágico”. Emitir dinero sin respaldo significa aumentar la cantidad de dinero en circulación sin incrementar la cantidad de bienes y servicios disponibles en la economía. Los EEUU pagan con papelitos verdes que no valen la tinta con la que fueron impreos. La deuda pública yanqui supera el 120% del PIB de los EEUU. Y subiendo... Expresar el “valor” de una empresa en dólares truchos (monnaie de singe), es una forma (otra forma) de estafa.

Financiación del rearme

Hasta antes de ayer en la UE no había dinero para financiar la Salud (sólo en Francia se han suprimido 48 mil camas en los hospitales), ni para financiar la Educación (miles de clases no tienen todos sus profesores y sus salarios son miserables). Y he aquí que en 48 horas cronometradas la UE encontró € 800 mil millones para financiar la compra de armamento. Digan lo que digan, el modelo social pagará las habas que se comerá el burro.

Consecuencias del rearme

Gastar la enorme suma de € 800 mil millones en armas generará empleos bien pagados, y la colaboración de parte del proletariado (amén de ganancias extraordinarias para el gran capital). La industria armamentística tiene un detalle: para crecer requiere el consumo de lo ya producido, o sea... una guerra lo más destructiva posible. En ese sentido se trata de la peor corrupción en extensión, volumen y profundidad. La propaganda que debe convencer a los europeos de la necesidad de la guerra ya está entre nosotros, día y noche... ¡Heil!


MAURIZIO LAZZARATO
Arming to save financial capitalism!
The lessons of Rosa Luxemburg, Kalecki, Baran and Sweezy

Cartoons by  Enrico Bertuccioli
Translated by  Tlaxcala, edited by John Catalinotto

Maurizio Lazzarato (1955), exiled in France following the crackdown on April 7, 1979 on the Organized Worker Autonomy movement, in which he was an activist at the University of Padua, is an Italian independent sociologist and philosopher living in Paris. He is author of numerous books and articles on immaterial labor, cognitive capitalism, biopolitics and the bioeconomy, debt, war and what he calls the Capital-State machine.

"However great a nation is, if it loves war it will perish; however peaceful the world is, if it forgets war it will be in danger."

from Wu Zi, ancient Chinese military treaty

"When we say system of war we mean a system such as the one in force that assumes war even if only planned and not fought as the foundation and culmination of the political order, that is, of the relationship between peoples and between men. A system where war is not an event but an institution, not a crisis but a function, not a rupture but a cornerstone of the system, a war always deprecated and exorcised but never abandoned as a real possibility."

Claudio Napoleoni, 1986


Donald Trump’s advent is apocalyptic, in the original meaning of the world apocalypse, revelation. His convulsive flailing has the great merit of demonstrating the true nature of capitalism, the relationship between war, politics and profit, between capital and the state usually hidden under the fig leaf of democracy, human rights, values and the mission of Western civilization. 

The same hypocrisy is at the heart of the narrative constructed to legitimize the 840 billion euros for rearmament that the EU has imposed on member states using the state of exception. Arming does not mean, as Draghi says, defending "the values that founded our European society" and have "guaranteed for decades, to its citizens peace, solidarity and with the American ally, security, sovereignty and independence," but it means saving financial capitalism.

There is not even any need for grand speeches and documented analysis to mask the paucity of these narratives. It only took another massacre of 400 Palestinian civilians to bring out the truth of the indecent chatter about the uniqueness and moral and cultural supremacy of the West.

Trump is no pacifist; he merely acknowledges NATO's strategic defeat in the Ukraine war, while European elites reject the evidence. Peace for them would mean returning to the catastrophic state to which they have reduced their nations. The war must continue because for them, as for the Democrats and the U.S. deep state, it is the means to get out of the crisis that began in 2008, as happened once before with the Great Crisis of 1929. Trump thinks he can solve it by prioritizing the economy without disavowing violence, blackmail, intimidation, and war. It is very likely that neither of them will succeed because they have a huge problem: Capitalism, in its financial form, is in deep crisis and it is precisely from its center, the U.S., that “dramatic” signals are coming for the elites who govern us. Instead of converging to the U.S., capital is fleeing to Europe. This is big news, a symptom of great unpredictable ruptures that threaten to be catastrophic.

Instead of producing commodities, finance capital blows bubbles that all inflate in the U.S. and all burst to the detriment of the rest of the world, proving to be weapons of mass destruction. U.S. finance sucks value (capital) from all over the world, invests it in a bubble, which sooner or later bursts, forcing the peoples of the planet into austerity, their sacrifices paying for its failures: First the internet bubble, then the subprime bubble that caused one of the biggest financial crises in the history of capitalism, opened the door to war. They also attempted the green capitalism bubble that never got off the ground and finally the incomparably larger bubble of high-tech companies. To plug the flaws of the private debt disasters dumped on public debts, the Federal Reserve and the European bank flooded the markets with liquidity that instead of 'dripping' into the real economy, served to fuel the high -tech bubble and the development of investment funds known as the "Big Three" -- Vanguard, BlackRock and State Street -- (the largest monopoly in the history of capitalism, managing $50 trillion, major shareholder in all major publicly traded companies). Now even this bubble is deflating.

If you divide the entire capitalization of the Wall Street Stock Exchange list by two we are still a long way from the real value of High tech companies, whose stocks have been inflated by the very funds to keep dividends high for their "rescuers" (the Democrats were also counting on replacing welfare with finance for all, as they had previously raved about housing for all people in the U.S.).

Now the party is over. The bubble has reached its limit and values are falling leaving a real risk of collapse. If we add to this the uncertainty that the policies of Trump, representing a form of finance that is not that of investment funds, are introducing into a system that the investment funds had managed to stabilize with the help of the Democrats, we can understand the fears of the “markets”. Western capitalism needs another bubble because it knows only how to reproduce the same thing over and over (the Trumpian attempt to rebuild manufacturing in the U.S. is doomed to certain failure). 


The perfect identity of "production" and destruction

Europe, which already spends more than twice what Russia spends on arms [$420 billion vs. 158] (NATO accounts for 55 percent of the world's arms spending, Russia 5 percent) has decided on a major investment plan of 800 billion euros to further increase military spending.

The war and Europe where political and economic networks are still active, and power centers that align with the strategy represented by Biden, which was defeated in the last presidential election, have the opportunity to build a bubble based on armaments that compensates for the growing difficulties of the U.S. "markets." Since December, stocks of arms companies have already been the subject of speculation, going from rise to rise and functioning as a safe haven for capital that sees the U.S. situation as too risky. At the center of the operation are investment funds that are also among the largest shareholders in major arms companies. They hold significant stakes in Boeing, Lockheed Martin and RTX, influencing the management and strategies of these companies. They also have a presence in the military-industrial complex in Europe: Rheinmetall, a German company that manufactures Leopards [tanks] and has seen its stock rise 100 percent in recent months, has Blackrock, Société Générale, Vanguard, etc. as major shareholders. Rheinmetall, Europe's largest munitions manufacturer, has surpassed the continent's leading automaker, Volkswagen, in terms of capitalization, the latest sign of investors' growing appetite for defense-related stocks.

The European Union wants to collect and channel continental savings into armaments with catastrophic consequences for the proletariat and a further division of the Union. The arms race will not be able to function as "war keynesianism" because investment in arms intervenes in a financialized economy that is no longer industrial. Built with public money it will generate profits for  a small minority of private investors while worsening conditions for the vast majority of the population.

The arms bubble can only produce the same effects as the U.S. bubble of high-tech enterprises. After 2008, the sums of money captured for investment in the high-tech bubble never 'trickled' down to the U.S. proletariat. Instead, they have produced ever-increasing de-industrialization, de-skilled and precarious jobs, low wages, rampant poverty, the destruction of the little Welfare inherited from the New Deal and the subsequent privatization of all services. This is what the European financial bubble will undoubtedly produce in Europe. Financialization will lead not only to the complete destruction of the Welfare State and the outright privatization of services, but to the further political fragmentation of what remains of the European Union. The debts, incurred by each state separately, will have to be repaid, and huge differences will be produced among European states in their ability to repay the debts they have incurred. 

The real danger is not the Russians, but the Germans with their 500 billion rearmament and another 500 billion for infrastructure, crucial financing in building the bubble. The last time Germany rearmed it wreaked global disasters (25 million dead in the Soviet Union alone, the final solution, etc.), hence François Mauriac's famous statement against German unification "I love Germany so much that I’m happy there are two of them." Waiting for the further developments of nationalism and the already 21% far-right that "Deutschland ist zurück" [Germany is back] will inevitably produce, Germany will impose its usual imperialist hegemony on other European countries. The Germans have quickly abandoned the ordo-liberal creed that had no economic foundation, only political, and embrace to the hilt Anglo-American financialization, but with the same goal, to command and exploit Europe. The Financial Times recounts a decision made by Blackrock's man Merz and Goldman Sachs' man Treasury Minister Joerg Kukies, with the endorsement of the 'left' parties SPD and Die Linke, who, like their predecessors in 1914, are once again taking responsibility for future carnage.

If Germany's previous internal imperialism was based on austerity, export mercantilism, wage freezes and the destruction of the welfare state, this one will be based on the management of a European war economy organized hierarchically according to the differential interest rates to be paid when repaying the contracted debt.

The already heavily indebted countries (Italy, France, etc.) will have to find those who will buy their bonds issued to pay off the debt, in an increasingly competitive European "market." Investors will find it worthwhile to buy German bonds, bonds issued by arms companies on which upward speculation will be in play, and European government debt securities, which are certainly safer and more profitable than the bonds of super-indebted countries. The famous "spread" will still play its role as it did in 2011. The billions needed to pay the markets will not be available to the welfare state. The strategic goal of all governments and oligarchies for the past 50 years will now be achieved: Destroy social spending for the reproduction of the proletariat and instead privatize it. 

Driven by self-interest, 27 national entities will battle each other with nothing to gain, because history, which “we are the only ones who know what’s happening” has backed them into a corner, useless and irrelevant after centuries of colonialism, wars and genocides. 

The arms race is accompanied by a pounding "we are at war" pretext used against everyone (Russia, China , North Korea, Iran, Brics) that cannot be abandoned and is likely to come to fruition in a real war because this delusional amount of weapons must still "be consumed." 


The lessons of Rosa Luxemburg, Kalecki, Baran and Sweezy

Only the clueless can claim to be astonished by what is happening now. Everything is repeating itself, only it is happening within a system dominated by financial capitalism that is no longer the industrial capitalism of the 20th century.

War and armaments have been at the heart of economics and politics since capitalism became imperialist. And they are also at the heart of the process of reproduction of capital and the proletariat, in fierce competition with each other. Let us quickly reconstruct the theoretical framework provided by Rosa Luxemburg, Kalecki, Baran and Sweezy, firmly planted, in contrast to the useless contemporary critical theories, on the categories of imperialism, monopoly and war, which offers us a mirror of the contemporary situation.

We will start with the crisis of 1929, which had its roots in World War I and the attempt to get out of it by activating public spending through state intervention. According to Baran et Sweezy (henceforth B&S), the drawback of government spending in the 1930s was its volume, which was inadequate to counteract the depressive forces of the private economy. 

"Viewed as a rescue operation for the U.S. economy as a whole, the New Deal was thus a blatant failure. Even [John] Galbraith, the prophet of prosperity without war orders, recognized that in the decade 1930 - 1940, 'the great crisis' never ended."

The system would only come out of its crisis with World War II: "Then came the war, and with the war came salvation (...) military spending did what social spending had failed to accomplish" because government spending rose from $17.5 billion to $103.1 billion a year.

B&S show that government spending did not bring the results that military spending did because it was limited by a political problem that is still our own. Why did the New Deal and its spending, fail to achieve a goal that "was within reach, as the war later proved"? Because regarding the nature and composition of government spending, that is, of the reproduction of the system and the proletariat, the class struggle is unleashed. 

"Given the power structure of U.S. monopoly capitalism, the increase in civilian spending had almost reached its outer limits. The forces opposing further expansion were too powerful to be overcome." 

Social spending competed with or harmed corporations and oligarchies, robbing them of economic and political power. "Because private interests control political power the limits of public spending are rigidly set without any concern for social needs, however shamefully obvious they may be." And these limits also applied to spending, health care and education, which at that time, unlike today were not directly competing with the private interests of the oligarchies. 

The arms race allows increased public spending by the state, without transforming this into increased wages and consumption of the proletariat. [The challenge is] how to spend public money to avoid the economic depression that monopoly [capitalism] brings, while avoiding strengthening of the proletariat? "By armaments, by more armaments, by more and more armaments."

Michael Kalecki, working on the same period but on Nazi Germany, succeeds in elucidating other aspects of the problem. Against all economism, which always threatens the understanding of capitalism by critical theories, even by Marxist ones, he highlights the political nature of the capital cycle: "Discipline in the factories and political stability are more important to capitalists than current profits."

The political cycle of capital, which can now' only be guaranteed by state intervention, must resort to arms spending and fascism. For Kalecki, too, the political problem manifests itself in the "direction and purposes of public spending." The aversion to "subsidizing mass consumption" is motivated by the destruction it causes "of the basis of the capitalist ethic ----  'you will earn your bread by the sweat of your brow' (unless you live off the profits of capital)."

How to make sure that state spending is not transformed into increased employment, consumption and wages and thus into the political strength of the proletariat? The inconvenience for the oligarchies is overcome with fascism because the state machine is then under the control of big capital and the fascist leadership, with "the concentration of state expenditures in armaments," while "factory discipline and political stability is ensured by the dissolution of trade unions and concentration camps. Political pressure here replaces the economic pressure of unemployment."

Hence the immense success of the Nazis among most economic liberals in both Britain and America.

War and arms spending were central to American policy even after the end of World War II, because a political structure without an armed force, that is, without a monopoly on its exercise, was inconceivable. The volume of a nation's military apparatus depends on its position in the world hierarchy of exploitation. "The most important nations will always need the most, and the extent of their need (for armed force) will vary according to whether or not a spirited struggle for first place is going on among them." 

Military spending thus continued to grow in the center of imperialism: "Of course, most of the expansion of government spending took place in the military sector, which rose from less than 1 to more than 10 percent of GNP and accounted for about two-thirds of the total increase in government spending since 1920. This massive absorption of the surplus in limited preparations has been the central fact of postwar American history." 

Kalecki points out that in 1966 "more than half of the growth in national income is resolved in the growth of military spending."

Now, after the war [World War II], capitalism can no longer count on fascism to control social spending. The Polish economist, a 'pupil' of Rosa Luxemburg, points out, "One of the fundamental functions of Hitlerism was to overcome big capital's aversion to large-scale anti-consumerist policy. 

The big bourgeoisie had given its assent to the abandonment of laisser-faire and to the radical increase of the role of the state in the national economy, on the condition that the state apparatus would be under direct control of its alliance with the fascist leadership," and that the destination and content of public spending would be determined by armaments. 

In the Glorious Thirties (1930s), without fascism ensuring the direction of public spending, states and capitalists were forced into political compromise. Power relations determined by the century of revolutions forced the state and capitalists into concessions that are nevertheless compatible with profits reaching previously unknown growth rates. But even this compromise is one too many because, despite large profits, "the workers become 'recalcitrant' in such a situation and the 'captains of industry' become eager to 'teach them a lesson.'"

The counter - revolution, unfolding since the late 1960s, will have at its center, the destruction of social spending and the fierce desire to direct public spending toward the sole and exclusive interests of the oligarchies. The problem, since the Weimar Republic, has never been a generic intervention of the state in the economy, but the fact that the state had been invested by the class struggle and had been forced to yield to the demands of workers' and proletarian struggles.

In the "peaceful" times of the Cold War, without the aid of fascism, the explosion of military spending needs legitimacy, secured by propaganda capable of continually conjuring up the threat of a looming war, of an enemy at the gates ready to destroy Western values : "The unofficial and official creators of public opinion had the answer ready: the United States must defend the free world from the threat of Soviet (or Chinese) aggression."

Kalecki, for the same period specifies, "Newspapers, cinema, radio and television stations that work under the auspices of the ruling class create an atmosphere conducive to the militarization of the economy."

Spending on armaments has not only an economic function, but also one of producing subjugated subjectivities. War by exalting subordination and command "contributes to the creation of a conservative mentality."

"While massive public spending on education and welfare tends to undermine the privileged position of the oligarchy, military spending does the opposite. Militarization favors all reactionary forces (...) a blind respect for authority is determined; conduct of conformity and submission is taught and imposed; and contrary opinion is regarded as unpatriotic or even treasonable."

Capitalism produces a capitalist who, precisely because of the political form of its cycle, is a sower of death and destruction rather than a promoter of progress. Richard B. Russel, a conservative U.S. Southern senator as early as the 1960s quoted by B&S, tells us: "There is something about preparations for destruction that induces men to spend money more carelessly than if it were for constructive purposes. Why this happens I don't know; but for the thirty years or so that I have been in the Senate I have realized that in buying weapons to kill, destroy, wipe cities off the face of the earth and eliminate great transportation systems there is something that causes men not to calculate the expenditure with the same care employed when it comes to thinking of decent housing and health care for human beings."

The reproduction of capital and the proletariat became politicized through the revolutions of the 20th century. The class struggle also investing this reality has brought out a radical opposition between the reproduction of life and the reproduction of its destruction that has only deepened since the 1930s.


How does capitalism work

War and armaments, excluded in practice from virtually all critical theories of capitalism, function as discriminants in the analysis of capital and the state.

It is very difficult to call capitalism a "mode of production," as Marx did, because economy, war, politics, state, and technology are closely intertwined and inseparable elements. The "critique of economics" is not enough to produce a revolutionary theory. 

Already with the advent of imperialism a radical change in the functioning of capitalism and the state had been produced, made crystal clear by Rosa Luxemburg for whom accumulation has two expects. The first "concerns the production of surplus-value ---- in the factory, in the mine, in agricultural exploitation ---- and the circulation of goods in the market. Viewed from this point of view, accumulation is an economic process whose most important stage is a transaction between the capitalist and the wage earner." 

The second aspect has the whole world as its theater, a world dimension irreducible to the concept of "market" and its economic laws. "Here the methods employed are colonial politics, the international loan system, the politics of spheres of interest, war. Violence, fraud, oppression, predation develop openly, without mask, and it is difficult to recognize the strict laws of the economic process in the interweaving of economic violence and political brutality."

War is not a continuation of politics but coexists, from time immemorial, with it, as the functioning of the world market shows. Here, where war, fraud, and predation coexist with economics the law of value has never really worked. 

The world market looks very different from the one sketched by Marx. His considerations seem to no longer apply, or rather, need to be specified: only in the world market would money and labor become adequate to their concept, bringing their abstraction and universality to fruition. On the contrary, what we can see is that money, the most abstract and universal form of capital, is always the state currency. The dollar is the currency of the United States and reigns only as such. The abstraction of money and its universality (and its automatisms) are appropriated by a 'subjective force' and are managed according to a strategy that is not contained in money.  

Finance too, like technology seems to be the object of appropriation by "national" subjective forces, hardly universal.  In the world market, even abstract labor does not triumph as such, but instead encountering other, radically different labor (servile labor, slave labor, etc.) is the object of strategies.

Trump's action, having dropped the hypocritical veil of democratic capitalism, reveals to us the secret of economics: it can only function from an international division of production and reproduction that is defined and imposed politically, that is, using force that also involves war. 

The will to exploitation and domination, simultaneously managing political, economic and military relations, constructs a totality, which can never close in on itself, but always remains open, split by conflict, war and pillaging. In this split totality, the set of power relations converge and are governed. Trump intervenes on the use of words, but also on gender theories, while he would like to impose a new global positioning, both political and economic, of the U.S. From the micro to the macro, this is a political action that contemporary movements are far from even thinking about.

The construction of the financial bubble, a process we can follow step by step, happens in the same way. There are many actors that contribute to its production: the European Union, the states that must go into debt, the European Investment Bank, political parties, the media and public opinion, large investment funds (all based in the United States) that organize the movement of capital from one stock exchange to another, and large corporations. Only after the clash/cooperation between these power centers has given its verdict can the economic bubble and its automatic mechanisms function. There is a whole ideology about automatic operation that must be debunked. "Autopilot," especially at the financial level, exists and works only after it is politically established. It did not exist in the Glorious Thirties because it was politically decided upon, it has been functioning since the late 1970s by explicit political will.

This multiplicity of actors who have been agitating for months is held together by a strategy. There is thus a subjective element that intervenes in a fundamental way. Two ways. From the capitalist point of view, there is a fierce struggle going on between the "subjective factor" Trump and the "subjective factor" of the elites who were defeated in the presidential election but still have strong presences in the centers of power in the U.S. and Europe. 

But for capitalism to work we must also consider a subjective proletarian factor. It plays a decisive role because it will either become the passive bearer of the new process of capital production/reproduction or it will tend to reject and destroy it. Having ascertained the incapacity of the contemporary proletariat, the weakest, the most disoriented, the least autonomous and independent proletariat in the history of capitalism, the first option seems the most likely. But if it fails to oppose a strategy of its own to the enemy's continuous strategic innovations, capable of continual renewal, we will fall within an asymmetry of power relations that will take us back to before the French Revolution, into a new/already seen "ancien régime."