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21/04/2022

GIDEON LEVY
Tous les Israéliens sont complices de l’occupation

Gideon Levy, Haaretz, 21/4/2022
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

NdT- Le mardi 19 avril, des colons juifs emmenés par leurs députés du parti Sionisme religieux, ont effectué une « marche de Pessah » vers Homesh, le lieu emblématique des colons juifs en Cisjordanie. Avec 3 autres colonies (Ganim, Kadim, Sa-Nur), Homesh, située sur les terres palestiniennes du village de Burqa, au nord de Naplouse, a été évacuée et démantelée en 2005 dans le cadre du « Désengagement de Gaza ». Depuis lors, une série de tentatives de réinstallation de colons ont eu lieu, dont il reste aujourd’hui une yeshiva (école religieuse) et un « avant-poste ». J’ai respecté l’utilisation du terme « occupation » [כִּיבּוּשׁ, kibush] par l’auteur, désignant dans le langage courant israélien israélien l’occupation depuis 1967 de Jérusalem-Est, la Cisjordanie, Gaza et le Golan syrien, avec un sens implicite : que le territoire appelé Israël (la Palestine de 1948) ne serait pas sous occupation.-FG

 Nous tous, chaque Israélien, avons défilé à Homesh l’autre jour. Chacun d’entre nous, chaque Israélien, a participé à la parade du drapeau à Jérusalem mercredi. Nous tous, chaque Israélien, sommes des colons. Il n’y a pas d’autre façon de décrire la réalité. Quiconque pense qu’il ne s’agit que d’une petite minorité violente de colons avec laquelle la plupart des gens n’ont aucun lien, quiconque pense qu’il s’agit d’une partie éloignée de la terre, d’une arrière-cour sombre qui n’a aucun lien avec la vitrine, se ment complètement à lui-même.

Des Israéliens participant à la marche sur Homesh regardent les villages palestiniens voisins. Photo : Amir Levy

Comme il est agréablement faux de penser que ça ne peut pas être nous, que c’est eux ; comme il est agréablement faux de penser que nous, les éclairés, n’avons aucun lien avec cela, que le gouvernement ne fait que céder à leur folie.

Dans toute extorsion, il y a l’extorqueur et l’extorqué. Ce n’est pas nous, ce sont ces autres personnes avec les grandes calottes et les longues papillotes, avec les femmes en foulard et les écoles religieuses pour filles. Qu’est-ce que Homesh a à voir avec nous ? Ou le Mont du Temple ? Il est vrai que la plupart des Israéliens n’ont jamais mis les pieds dans l’un ou l’autre de ces endroits, et que beaucoup n’ont probablement aucune idée de l’endroit où se trouve Homesh, mais la vérité est que nous sommes tous là. Nous portons tous la responsabilité.

Chaque drapeau provocateur de Homesh, et tous ceux qui sont brandis sur le Mont du Temple, portent nos noms à tous. On ne peut pas s’asseoir à Tel Aviv en sirotant un café au lait de soja, en gloussant et en se plaignant : « Qu’est-ce qui va se passer avec ces colons ? Ils ruinent ‘notre’ pays ».  On ne peut pas non plus siéger dans un gouvernement qui supervise tout cela et dire que c’est un gouvernement de changement. Si quelqu’un a encore besoin de la preuve qu’il n’y a aucune différence entre ce gouvernement et ses prédécesseurs, il suffit de regarder Homesh.

Benny Gantz aurait dû fermer Homesh. Omer Bar-Lev aurait dû disperser les drapeaux. Yair Lapid est aussi monté à Homesh. Nitzan Horowitz a également participé à la marche des drapeaux et Merav Michaeli a également frappé des vieillards avec des bâtons sur la place de la mosquée. Ils sont partie prenante de toutes ces choses. Idit Silman et Itamar Ben-Gvir ne marchent jamais seuls. Il y a les FDI qui les protègent, la police israélienne qui ne les arrête pas et un gouvernement qui ne lève pas le petit doigt. Par conséquent, nous étions tous à Homesh.

C’est ce qu’on appelle être complice d’un crime. Pas seulement le fait de ne pas empêcher un crime, ce qui est aussi un délit pénal, mais l’aide à la commission du crime lui-même. L’article 26 du Code Pénal stipule : « est considéré comme partie au délit celui qui, présent ou non au moment où le délit est commis, accomplit ou omet d’accomplir un acte quelconque dans le but de permettre ou d’aider une autre personne à commettre le délit ». Faut-il en dire plus ? La manifestation provocatrice à Homesh était méprisable. C’est l’apartheid dans sa forme la plus pure et une gifle au visage de la Haute Cour de Justice. Elle témoigne d’un plus grand mépris de la loi que ce qu’impliquent les accusations portées contre Benjamin Netanyahou.

19/12/2021

GIDEON LEVY
Crime et châtiment à Homesh, colonie juive en Cisjordanie

 

Gideon Levy, Haaretz, 18/12/2021
Photos de Majdi Mohammed/AP Photo
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Homesh est le crime, le meurtre de Yehuda Dimentman est le châtiment. La plupart des Israéliens voient cela différemment, parce que c'est ce qu'on leur dit : un beau jour, un étudiant de yeshiva est assassiné sans qu'il y ait faute de sa part, uniquement parce qu'il était juif et que ses tueurs assoiffés de sang étaient nés pour tuer. Les Palestiniens sont toujours dans le rôle des méchants,  les Juifs sont toujours les victimes.

 

Des soldats israéliens se tiennent entre des Palestiniens et des colons juifs suite à une attaque de colons contre le village de Burqah en Cisjordanie, vendredi.

 


C'est une version réconfortante, mais elle n'a aucun lien avec la réalité. S'il existe un endroit en Cisjordanie où une attaque ne sort pas de nulle part, sans raison ni contexte, c’est bien Homesh. S'il existe un endroit où les Palestiniens n'ont aucun moyen de récupérer leurs terres, sauf par la violence, c’est bien Homesh. Et s'il existe un endroit où les colons, la droite, le gouvernement et l'armée font tout ce qu'ils peuvent pour provoquer ce bain de sang, c’est bien Homesh. Le sang de Dimentman est aussi sur leurs mains.

« Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? », s’est lamenté le colon Ariel Danino de Kumi Uri sur Twitter. Kumi Uri est un avant-poste dont les habitants attaquent aussi les soldats et les policiers. Et voilà pourquoi : le gouvernement israélien a décidé d'évacuer Homesh lors du désengagement de Gaza en 2005. Huit ans plus tard, la Haute Cour de justice a ordonné à l'État d'annuler les ordres d'appropriation et de fermeture de la zone émis à l'encontre des Palestiniens. Les colons, soutenus par l'armée, le gouvernement et la droite, y ont établi une yeshiva.


Pendant des années, nous avons essayé d'approcher Homesh à plusieurs reprises. Des colons armés et masqués sortaient toujours de cette pure maison de la Torah et nous chassaient en nous menaçant. Leur rabbin regardait de loin et n'intervenait pas. Lorsque nous y sommes venus après l'arrêt de la Haute Cour avec quelques propriétaires terriens de Burqah, ils n'ont pas osé sortir de leur voiture. Je n'ai jamais vu de Palestiniens aussi effrayés que ce groupe d'agriculteurs, qui depuis 35 ans n'ont pas été autorisés à aller sur leurs terres. Pendant un moment, il y a eu l'espoir qu'une justice tardive serait rendue, puis lorsqu'ils ont été soi-disant autorisés à revenir, ils n'ont pas osé quitter leur voiture par peur des colons.

27/08/2021

GIDEON LEVY
Ligoté, enchaîné, battu, suspendu à un arbre : un adolescent palestinien brutalement attaqué par des colons

Gideon Levy et Alex Levac (photos), Haaretz, 26/8/2021
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

La semaine dernière, dans la colonie de Homesh, censée avoir été évacuée, un adolescent palestinien a été saisi par des colons et soumis à des violences physiques pendant plus de deux heures. Il s'agit d'une pratique régulière sur ce site dont le tribunal a depuis longtemps ordonné l'ouverture aux Palestiniens.

Tareq Zubeidi est allongé sur son lit en acier dans un coin du salon faiblement éclairé, recouvert jusqu'au cou d'une couverture synthétique et fixant le plafond. Garçon pâle de 15 ans, sans barbe, son sourire est doux, sa voix chuchotante. S'il est touché par inadvertance sur les jambes, surtout autour des genoux, il se dresse d'un bond comme s'il avait été mordu par un serpent et son visage devient blanc de douleur. Deux grandes cicatrices rondes sont gravées dans la plante de ses pieds, ce qui explique pourquoi il lui est impossible de se tenir debout. Son visage était couvert lorsque les colons lui ont infligé ces blessures, mais il est convaincu que l'une d'entre elles a été causée par une brûlure, probablement avec un briquet tenu sous un pied jusqu'à ce que la chair soit roussie, tandis que l'autre a reçu des coups avec une barre de fer. Tareq est alité depuis ce matin d'horreur de mardi dernier, et reste traumatisé par cet événement.

 

Tareq Zubeidi, 15 ans, cette semaine. Les colons lui ont donné des coups de pied, dit-il, alors qu'il était allongé sur le sol, puis l'ont placé sur le capot de la voiture, l'attachant avec une chaîne.

 Le grand village de Silat al-Daher se trouve sur la route Naplouse-Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Surplombant le village depuis une haute colline, on trouve des vestiges de la colonie de Homesh, censée avoir été évacuée, qu'Israël a démantelée en principe dans le cadre du processus dit de désengagement en 2005. Dans le même temps, la Haute Cour de justice a ordonné à l'État d'annuler les ordonnances militaires de saisie et de fermeture qui avaient interdit aux Palestiniens d'accéder au site - mais rien de tout cela n'a de rapport avec la réalité.

Un groupe appelé "Homesh d’abord" a établi une yeshiva sur le site peu après les évacuations : ses étudiants sont parmi les plus violents des colons. Quiconque a déjà essayé d'approcher Homesh sait de quoi - et surtout de qui - il s'agit. La décision de la Haute Cour a depuis longtemps été foulée aux pieds ici et personne ne s'en soucie. L'organisation israélienne de défense des droits humains B'Tselem a recensé pas moins de sept agressions violentes de Palestiniens par des colons de la yeshiva de Homesh depuis mars 2020. À une occasion, ils ont attaqué un groupe de femmes et un nourrisson, à une autre ils ont matraqué un fermier avec des bâtons et des pierres, à une troisième ils ont cassé la jambe d'un berger avec des pierres, et à deux reprises ils ont attaqué des maisons et des véhicules à la périphérie du village. Néanmoins, la semaine dernière, le 17 août, un groupe de jeunes de Silat al-Daher a décidé d'organiser un pique-nique et un barbecue près de Homesh, dans le bosquet qui constitue le poumon vert du village.

09/01/2022

GIDEON LEVY
C’est peut-être dur de les qualifier de « sous-humains », mais comment appeler autrement les crimes des colons juifs?

 Gideon Levy, Haaretz, 8/1/2022
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Le vice-ministre de l'Économie Yair Golan, du parti Meretz, a suscité une tempête d’indignation en Israël après avoir qualifié les colons de l'avant-poste de Homesh, en Cisjordanie, de « sous-hommes », le jeudi 6 janvier, en réponse aux profanations de pierres tombales par des colons juifs dans le cimetière du village palestinien voisin de Burqa.

Golan a déclaré dans une interview à la chaîne de télévision de la Knesset : « Nous, membres du peuple juif, qui a subi des pogroms tout au long de l'histoire, venons perpétrer un pogrom sur d'autres. Ce ne sont pas des personnes. Ce sont des sous-hommes ».

Le député du Meretz a également demandé que les colons soient évacués du site par la force, et que « la loi et l'ordre » soient rétablis dans la région. « Ce comportement sauvage, extrémiste et nationaliste, va nous apporter une catastrophe » a-t-il déclaré, qualifiant les colons de « dysfonctionnement du peuple juif ». Ci-dessous le commentaire de Gideon Levy.-NdT

Ils sont la lie de la terre. Quiconque enlève un adolescent palestinien, le maltraite pendant des heures, le bat et lui donne des coups de pied, l'attache sous le capot d’une voiture pour finalement le pendre à un arbre et lui brûler la plante des pieds avec un briquet est un sous-homme. Comment est-il possible de dire ça autrement ?

Celui qui expulse les propriétaires légaux des terres qu'il a volées en les menaçant de les abattre, détruit leurs pierres tombales, réduit leurs récoltes en poussière, vandalise leurs voitures et brûle leurs champs est un sous-homme. Quoi d’autre ?

Colons juifs et manifestants palestiniens s'affrontant dans le village d'Asira al-Qibliya, en Cisjordanie, en septembre. Photo : Majdi Mohammed/AP

Quiconque attaque des bergers âgés avec des bâtons et des pierres est un sous-homme. Quiconque coupe des milliers d'oliviers chaque année est un sous-homme. Les nazis utilisaient ce terme ? Eh bien, ils appelaient aussi les tomates « tomates », et pourtant nous avons toujours le droit d'utiliser ce mot.

« Sous-homme » est un mot dur, mais il n'est pas rare. Il y a tout juste sept ans, le chroniqueur du Haaretz Yossi Verter l'a utilisé pour décrire les partisans de Benjamin Netanyahou, alors Premier ministre. À leur sujet, d'ailleurs, il est permis de tout dire.

Mais le tollé provoqué chez les colons et leurs complices par l'utilisation de ce terme par Yair Golan a également un sous-texte délibéré qui ne doit pas être négligé. Si « sous-homme » est une expression nazie utilisée contre les Juifs pendant l'Holocauste, alors lorsque quelqu'un l'utilise contre les colons, ils deviennent instantanément les victimes involontaires d'un autre Holocauste. Et s'ils sont des victimes, alors bien sûr ils sont autorisés à faire n'importe quoi - abuser, voler et brûler.

Le vice-ministre Yair Golan lors d'une manifestation devant la Knesset, la semaine dernière. Photo : Ohad Zwigenberg

Une fois de plus, les agresseurs sont devenus les victimes, cette fois parce qu'un vice-ministre a dit quelque chose de méchant à leur sujet. C'est un nouveau pas en avant dans l'amélioration de leur image. D'abord, ils étaient des pionniers ; maintenant, ils sont aussi des victimes. C'est déchirant de voir à quel point ils sont sensibles à ce que les autres disent d'eux.

14/01/2022

ΓΚΙΝΤΕΟΝ ΛΕΒΙ
Το «υπάνθρωποι» σαν χαρακτηρισμός είναι σκληρός, αλλά πώς αλλιώς θα μπορούσαμε να αποκαλέσουμε τα εγκλήματα των εποίκων;

Μετάφραση : Niko Demo, Τλαξκάλα

Είναι τα αποβράσματα της γης. Όποιος αρπάζει έναν Παλαιστίνιο έφηβο, τον κακομεταχειρίζεται για ώρες, τον χτυπά και τον κλωτσά, τον δένει κάτω από το καπό του αυτοκινήτου και στη συνέχεια τον κρεμάει από ένα δέντρο και του καίει τα πέλματα των ποδιών του με έναν αναπτήρα είναι υπάνθρωπος. Πώς είναι δυνατόν να πούμε το αντίθετο;



Έποικοι και Παλαιστίνιοι διαδηλωτές συγκρούονται στο χωριό Asira al-Qibliya της Δυτικής Όχθης τον Σεπτέμβριο. Φωτο: Majdi Mohammed/AP

Όποιος διώχνει τους νόμιμους ιδιοκτήτες της γης που έκλεψε απειλώντας τους ότι θα τους πυροβολήσει, καταστρέφει τις ταφόπλακες τους, καταστρέφει τη σοδειά τους, βανδαλίζει τα αυτοκίνητά τους και πυρπολεί τα χωράφια τους είναι υπάνθρωπος. Τι άλλο είναι?

Όποιος επιτίθεται σε ηλικιωμένους βοσκούς με ξύλα και πέτρες είναι υπάνθρωπος. Όποιος κόβει χιλιάδες ελαιόδεντρα κάθε χρόνο είναι υπάνθρωπος. Οι Ναζί χρησιμοποιούσαν αυτόν τον όρο; Ωραία, και τις ντομάτες αποκαλούσαν "ντομάτες", αλλά μας επιτρέπεται να χρησιμοποιούμε αυτή τη λέξη.

Το «υπάνθρωπος» είναι μια σκληρή λέξη, αλλά δεν είναι ασυνήθιστη. Μόλις πριν από επτά χρόνια, ο αρθρογράφος της Haaretz, Yossi Verter, τη χρησιμοποίησε για να περιγράψει τους υποστηρικτές του τότε πρωθυπουργού Benjamin Netanyahu. Σχετικά με αυτούς, παρεμπιπτόντως, επιτρέπεται να λέμε οτιδήποτε.

Αλλά η οργή των εποίκων και των συνεργατών τους για τη χρήση του όρου από τον Yair Golan έχει επίσης μια σκόπιμη συνεκδοχή που δεν πρέπει να αγνοηθεί. Αν το «υπάνθρωπος» είναι μια ναζιστική έκφραση που χρησιμοποιήθηκε κατά των Εβραίων κατά τη διάρκεια του Ολοκαυτώματος, τότε όταν κάποιος τη χρησιμοποιεί εναντίον των εποίκων, γίνονται αμέσως ακούσια θύματα ενός άλλου Ολοκαυτώματος. Και αν είναι θύματα, τότε φυσικά τους επιτρέπεται να κάνουν οτιδήποτε – να κακοποιούν, να κλέβουν και να πυρπολούν.

 

Ο Yair Golan μιλώντας στην Κνεσέτ, πέρυσι. Φωτο: Noam Moskowitz/Knesset

07/06/2023

MICHAEL SFARD
Protestataires israéliens, au lieu de “Démocratie”, scandez “Apartheid” !

Michael Sfard, Haaretz, 7/6/2023
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Michael Sfard (Jérusalem, 1972) se définit comme « avocat israélien des droits de l’homme, et pourtant, optimiste ». Fils de dissidents polonais chassés de Pologne en 1968, petit-fils du sociologue Zygmunt Bauman, il travaille principalement à la défense des droits humains dans les territoires occupés par Israël depuis 1967. Il contribue aussi à divers journaux, dont Haaretz et le New York Times, qui l’a appelé en 2012 “le principal avocat de la gauche en Israël”. On peut lire de lui en français Le dernier espion (avec Marcus Klingberg, Nouveau monde 2015) et Le mur et la porte — Israël, Palestine, 50 ans de bataille judiciaire pour les droits de l’homme (Zulma 2020).

Cette semaine marque la fin de la 56e année d’occupation. Le fait que tant de temps se soit écoulé signifie que la grande majorité des millions d’êtres humains qui vivent sous l’occupation israélienne ont grandi sous celle-ci.

Willem, 2017

Ils n’ont jamais vécu un seul jour sans répression ni dépossession, et ne connaissent pas une réalité dans laquelle ils seraient des citoyens participant à la prise des décisions qui affectent leur vie.

Certains d’entre eux ont déjà des petits-enfants, qui sont eux aussi nés dans un monde où un Israélien armé décide de tout : s’ils pourront aller à l’étranger, s’ils seront autorisés à accéder au verger familial, s’ils pourront aller prier à Jérusalem, si le fils de Gaza sera autorisé à dire au revoir à sa mère mourante qui vit en Cisjordanie.

Mais le soldat n’est pas le seul problème pour les personnes vivant sous l’occupation. Car à côté de l’Israélien armé en uniforme, il y a aussi un Juif armé d’un fusil, d’un gourdin ou d’une pierre, qui ne porte pas d’uniforme. Et le Juif sans uniforme vole leurs terres, déracine ce qu’ils ont planté, s’en prend à leurs troupeaux, brûle leurs maisons, les blesse et même les tue. Le Juif sans uniforme mène une guerre totale pour anéantir la vie des Palestiniens dans les zones ouvertes de la Cisjordanie.

Voici un aperçu incomplet des événements qui se sont déroulés en l’espace de quatre jours il y a une semaine. Il montre que les Juifs sans uniformes ont une productivité qui ne ferait pas honte aux bandes antisémites de notre histoire.

Lundi, des colons sans foi ni loi ont achevé le nettoyage ethnique de la petite communauté bédouine d’Al-Samia, au nord-est de Ramallah. Ces 27 familles avaient loué la terre et s’y étaient installées il y a 40 ans, après avoir subi une série de déplacements forcés, dont le dernier pour permettre l’établissement de la colonie de Kochav Hashahar.

Je leur ai rendu visite il y a environ un an et demi avec des membres de l’organisation humanitaire Comet-ME, qui a installé un système d’électricité solaire et les a ainsi aidés à vivre avec un minimum de dignité. Au cours de cette visite, ils nous ont raconté que les colons violents de deux avant-postes agricoles érigés au sommet de collines voisines les empêchaient, par des actes de violence graves, de faire paître leurs troupeaux, vandalisaient leurs champs et profanaient leur espace de vie à l’aide de gourdins et de chiens.

Au cours des deux dernières années, les attaques étaient devenues plus sauvages et incessantes. Ce lundi-là, ils en ont eu assez. Une nouvelle attaque nocturne sur leurs maisons et la crainte pour la sécurité de leurs enfants les ont amenés à décider de démonter eux-mêmes leurs maigres cabanes et tentes et de partir, le diable seul sait où. Alors qu’ils étaient encore en train de charger leurs affaires dans un camion, un colon avait déjà commencé à faire paître son troupeau dans leur champ de blé.

Le mercredi de la même semaine, des colons ont perpétré un mini-pogrom dans le village de Burqa, sur les terres duquel se trouve l’avant-poste de Homesh. Ils ont incendié une caravane et quelques maisons en représailles au fait que les habitants du village avaient accueilli une délégation de l’Union européenne.

Jeudi, des colons ont commencé à aplanir illégalement les terres de Burqa, dans le cadre de leur plan de reconstruction de Homesh et pour empêcher les propriétaires palestiniens de ces terres d’y retourner. Le gouverneur de facto de la Cisjordanie, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, a ordonné aux autorités de ne pas appliquer la loi et de ne pas arrêter les travaux.

Le lendemain, les colons ont incendié des voitures et des terres agricoles dans deux villages au nord-est de Ramallah. Ils ont également tiré sur un Palestinien, le blessant grièvement.

Et c’est ainsi que l’un en uniforme et l’autre sans uniforme dépouillent les Palestiniens, couche par couche, de tout ce qui rend la vie humaine : la capacité de maintenir une vie de famille, de gagner sa vie, de jouir de la sécurité et de faire les choix qui constituent le parcours de chaque personne vers la réalisation de ses talents et l’atteinte de son bonheur. Que quiconque est prêt à vivre ainsi lève la main.

Un autre événement s’est produit cette semaine-là. Les éditeurs de l’édition hébraïque de wikipédia ont rejeté une proposition visant à rétablir l’entrée sur la “violence des colons”. Cette entrée a été supprimée en 2019 (elle existe toujours dans la version anglaise, sous le nom de "Israeli settler violence" [et arabe, sous le nom de عنف المستوطنين”, mais dans aucune autre langue, NdT]), au motif qu’elle reflète “une segmentation arbitraire de la population et un parti pris politique”, et parce que la violence en question “n’est pas caractéristique des seuls colons”.

Réjouissez-vous, chantez et dansez, il n’est pas nécessaire d’éradiquer le phénomène qui salit l’image d’Israël chez les Gentils ! Il suffit de l’effacer de wikipédia.

Mais contrairement aux films de science-fiction, dans la vie réelle, l’effacement de cette entrée ne ramènera pas les habitants d’Aïn Samia dans leur village, n’enlèvera pas la balle du corps du blessé, ne replantera pas les dizaines de milliers d’oliviers que les colons ont déracinés au fil des ans et ne remettra pas les voitures, les maisons et les magasins de Huwara dans l’état où ils se trouvaient avant cette orgie nocturne de violence raciste et fasciste, en février dernier.

C’est peut-être un cliché, mais on ne peut résister à la tentation de dire que les éditeurs de wikipédia en hébreu sont comme ce bébé qui se cache les yeux et qui est certain que le monde n’existe plus. Sauf que le bébé est innocent, et qu’eux ne le sont pas. Il ne fait que se voiler les yeux, alors que les éditeurs de wikipédia essaient de voiler les yeux de tout le monde.

En fin de compte, ce ne sont que d’autres juifs israéliens, cette fois avec des claviers, qui participent à l’effacement de la vie des Palestiniens. Non pas avec des gourdins ou des bidons d’essence, mais avec un acte politique offensif d’effacement - et donc de négation - du statut de victime de ceux-ci.

Néanmoins, il y a une part de vérité qui se cache derrière la suppression de l’entrée sur la “violence des colons”, même si ce n’est pas pour les raisons invoquées par ces rédacteurs nationalistes. Car ce n’est pas seulement la suppression, mais aussi l’accent excessif mis sur les colons en tant que source de la violence à l’égard de la nation occupée qui déforme une caractérisation correcte du mal de l’occupation.

La violence israélienne à l’égard des peuples vivant sous notre domination est une violence d’État. Il s’agit d’un projet national - une entreprise commune à toutes les composantes de la nation, chacune selon ses capacités et ses talents.

Les centaines de colons qui ont incendié Huwara l’ont fait avec l’aide des milliers de policiers qui n’étaient pas là et des bataillons de soldats qui étaient là mais n’ont rien fait. Le vol des champs d’Aïn Samia s’est produit grâce à une armée et à une police qui n’ont ni empêché le vol, ni arrêté les coupables par la suite, et qui, par principe, ne jugent pas les voleurs juifs.

Mais fermer les yeux n’est que le petit péché des autorités. La quantité de terres volées aux Palestiniens et transférées aux colons par le biais des mécanismes officiels d’expropriation et d’attribution est mille fois supérieure à la quantité volée par le biais de la violence “privatisée”. Les ressources pillées dans le territoire occupé par les entreprises israéliennes sont mille fois plus importantes que celles pillées par les avant-postes agricoles violents. Les avocats et les juges, tant militaires que civils, ont davantage contribué à l’élimination des droits fondamentaux de millions de personnes que tous les abus des “jeunes des collines” réunis.

Les Juifs israéliens armés de fusils, de gourdins, de claviers, de stylos et de portefeuilles sont les occupants ultimes. Et même si nombre d’entre eux se retrouvent parmi les manifestants qui protestent contre le bouleversement juridique prévu par le gouvernement dans la rue Kaplan à Tel-Aviv, là-bas, dans le royaume de l’occupation, ils ne sont pas vraiment en faveur de la “démocratie”, comme ils le scandent à Tel-Aviv. Là-bas, ils pérennisent, renforcent et appliquent l’apartheid.

Bienvenue dans la 57e année.

24/04/2022

GIDEON LEVY
Comment Israël utilise l'islam radical pour justifier l'occupation

Gideon Levy, Haaretz, 24/4/2022
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Les événements qui se déroulent depuis quelques semaines dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 semblent sortis de la Bible. Tout est immergé dans la religion et le fondamentalisme - le Mont du Temple, le Tombeau de Joseph, la yeshiva de Homesh, les pèlerins, les adorateurs, le Ramadan, l'agneau sacrificiel, le Temple. Une guerre de religion tout droit sortie des récits bibliques.

Un colon israélien en train de prier près de la colonie de Keidar en avril, sur le passage d'un camion de livraison d'une entreprise alimentaire palestino-jordanienne. Photo : Hadas Parush

Malgré cela, ne vous y trompez pas, la religion n'est qu'un accessoire de théâtre. Le motif qui pousse les colons et leurs partisans reste l'ultranationalisme, alimenté par des considérations immobilières, y compris le mal, la violence et le sadisme qui en découlent, employés par les colons et les autorités qui les soutiennent.

Les aspirations palestiniennes ont toujours été et restent des aspirations nationales : droits, indépendance, retrait de l'occupant. C'est ce qui sous-tend l'agitation violente exprimée par des jeunes Palestiniens débridés. La religion n'est utilisée par les deux parties que comme une excuse. Malgré toutes les apparences, il ne s'agit pas d'une guerre de religion, même si elle pourrait bien le devenir.

La droite israélienne a longtemps présenté la guerre pour la terre et la souveraineté en Israël-Palestine comme une guerre de religion entre musulmans et juifs. Il est beaucoup plus commode pour les ultra-nationalistes de la présenter comme telle, plutôt que comme une guerre entre les colonialistes et les dépossédés, ce qu'elle est réellement. Dans les guerres de religion, il n'y a pas de place pour le compromis. C'est nous ou eux.

Et si c'est le cas, c'est une bataille eschatologique de la fin des temps. Soit ils nous jettent à la mer, soit nous les expulsons dans le désert. Il n'y a pas de troisième voie. Et si c'est le cas, non seulement tout est permis, mais tous les moyens sont essentiels, y compris la dépossession, les meurtres, la destruction et l'oppression.

Dans une guerre de religion, tout est permis, puisqu'elle n'a pas d'autre issue que totale et violente. Ainsi, on peut dépeindre une nation qui se bat pour ce qu'elle mérite comme une nation qui tente d'imposer sa religion. Les Palestiniens comme l'État islamique. Dans ce cas, Israël mène une guerre pour son existence même, et la justice est exclusivement de son côté. Il s'agit bien sûr d'une propagande mensongère. La plupart des Palestiniens ne veulent pas vivre dans un califat, ils veulent la liberté et la dignité nationale.

S'il s'agit d'une bataille pour la liberté, d'une autre lutte anticoloniale semblable à celles qui l’ont précédée, le colonialisme doit respecter les droits nationaux de la nation occupée afin de résoudre le problème. Qu'est-ce qu'Israël a à voir avec tout cela ? Les colons sont bien loin d'un tel état d'esprit, car cela reviendrait à inyerdire à Israël de faire tout ce qui lui plaît, et les Palestiniens mériteraient les mêmes droits nationaux que les Juifs, Dieu nous en préserve.

Ces dernières années, les deux nations ont connu un processus de religiosité et d'extrémisme accrus. Ce processus a embringué les Palestiniens, qui étaient autrefois parmi les plus laïques des nations arabes, et les Juifs israéliens, dont la plupart se considéraient comme laïques, même si cela a toujours été discutable. Le désespoir palestinien a poussé de nombreux jeunes vers la religion. La mosquée est dans la plupart de leurs communautés le seul lieu de rassemblement, et Al Aqsa est le seul endroit dans les territoires occupés où ils peuvent avoir un certain sentiment de souveraineté et d'indépendance.

En ce qui concerne les Juifs, la croissance naturelle de la communauté ultra-orthodoxe et la construction d'immenses villes haredi dans les territoires, ainsi qu'un nouvel essor de l'establishment des colons, ont contribué à donner le sentiment que la lutte pour les territoires est une lutte religieuse. Mais les dés ne sont pas jetés. La lutte était et reste une lutte nationale.

Les colons, pour la plupart religieux, ont utilisé la religion pour leurs besoins dès le début. Le Park Hotel à Hébron se trouvait sur le territoire de nos ancêtres, qui en ont fait leur propriété. Le Caveau des Patriarches n'appartient qu'à eux, tout comme chaque motte de terre palestinienne en Cisjordanie.

Il ne s'agit pas d'une guerre de religion mais d'une guerre de domination sous un manteau religieux. Leur bataille pour expulser les Palestiniens des territoires - qui est leur véritable objectif - est une bataille territoriale et nationale. Ils veulent tout simplement le pays tout entier pour eux. Tout comme ils ont fait un usage cynique et malhonnête de la sécurité comme motif de leur implantation, ils se racontent et racontent aux autres des histoires bibliques afin de prouver leur souveraineté. Il ne s'agit pas d'une guerre de religion.

Les Palestiniens qui se battent pour Al Aqsa ou Gaza ne le font pas au nom de l'imposition de leur religion. Il existe des éléments de ce type parmi eux, qui se renforcent en l'absence d'un sauveur alternatif, mais la plupart d'entre eux aspirent toujours à ce que toutes les autres nations laïques souhaitent pour elles-mêmes - l'égalité des droits nationaux ou un État qui leur soit propre.

Un réfugié de Jénine ne veut pas d'un État islamique. Il veut un État libre. Il peut encore changer sa préférence. Israël fera très probablement tout ce qu'il peut pour le pousser dans cette direction.

04/09/2022

GIDEON LEVY
Quand le Shin Bet est plus gentil que la Cour suprême d'Israël

 Gideon Levy, Haaretz, 4/9/2022
Traduit par
Fausto Giudice

La bataille sur le caractère, le statut et la composition de la Cour suprême d’Israël est réservée aux experts, et est beaucoup moins importante qu'on ne le pense généralement. C'est comme la bataille sur le caractère du tribunal militaire de la prison d'Ofer, ou la composition de l'orchestre de l’armée. On peut en débattre, écrire des articles d'opinion percutants, faire des discours enflammés et même descendre dans la rue, mais le tribunal militaire d'Ofer restera le tribunal militaire d'Ofer, et l'orchestre des FDI jouera les mêmes marches. Même si Lahav Shani, le directeur musical de l'Orchestre philharmonique d'Israël, dirigeait l'Orchestre des FDI et que le célèbre avocat des droits civils et humains Avigdor Feldman était président du tribunal militaire, cela n'en ferait pas un véritable orchestre ou un véritable tribunal.

La même chose est vraie, croyez-le ou non, de la Cour suprême, appelée Haute Cour de justice lorsqu'elle siège en tant que cour constitutionnelle. Elle est pieds et poings liés au récit national qui, à ses yeux, croyez-le ou non, l'emporte sur tout autre principe. La cour d'Ofer et la cour de Jérusalem sont subordonnées aux mêmes principes et au même establishment de défense presque dans la même mesure ; toutes deux en sont des sous-traitantes. Des luttes passionnées sont menées sur la composition de la Cour suprême, sur le nombre de juges libéraux par rapport aux juges conservateurs - sur les questions essentielles, le résultat est le même. Une seule et même voix, même au sein de la Cour.

À cet égard, la Cour est un étonnant reflet de la société israélienne : à la Cour suprême, comme en politique, les différences entre les individus sont beaucoup, beaucoup plus faibles qu'on ne le dit généralement. Lorsqu'il s'agit de valeurs fondamentales, il n'y a pas de différences. Maintenir la suprématie juive au-dessus de toute autre valeur ; placer les considérations sécuritaires au-dessus de toutes les autres ; ignorer complètement le droit international, comme s'il n'existait pas ; et obéir aveuglément, automatiquement et inconditionnellement aux jeux de pouvoir et de contrôle de l'establishment de la défense - et la Cour suprême capitule sans aucune honte.

Lorsqu'il y a une bataille sur la composition de la Cour suprême des USA, il est clair pour tous que c'est une bataille qui va façonner le visage de la société pour les années à venir, de l'avortement aux lois sur les armes à feu. Aux USA, vous savez qu'un juge libéral sera libéral et qu'un juge conservateur sera conservateur. En Israël, ils suivront tous la même ligne, se blottiront tous dans le giron chaleureux du consensus militaire, et aucun des juges, pas même le dernier des libéraux, n'osera adopter une position différente.


Khalil Awawdeh

La semaine dernière, la Cour a démontré, de façon si typique, son attitude de carpette envers l'establishment de la défense, mais cette fois-ci, sa conduite a pris des proportions grotesques. Il est difficile de trouver quelque chose de plus ridicule que la façon dont la plus haute cour du pays ferme les yeux, endurcit son cœur et prononce un “oui” soumis aux caprices du service de sécurité du Shin Bet, et la façon dont le Shin Bet se moque d'elle. Le Shin Bet a manqué de respect à la cour, l'a ridiculisée et humiliée, et la cour l'a encore une fois cru lorsque l'agence lui a craché au visage en disant qu'il pleuvait. Il n'y a aucune entité dans le pays, à part l'establishment de la défense et les colons - allez à Homesh et voyez comment les colons se moquent des sentences de la cour, avec le soutien de l'armée - qui puisse faire de la Cour la risée de tous.

La Haute Cour a rejeté la demande de libération du détenu administratif Khalil Awawdeh, qui a fait une grève de la faim de six mois, au motif que son état n'a pas changé et que sa détention sans charges est justifiée. Le lendemain, le Shin Bet a annoncé sa libération, crachant au visage des juges. Soudain, il s'avère que le cruel Shin Bet est plus humain que la Haute Cour. C'est la façon dont l'agence punit la Cour et les juges “libéraux” qui ont également rejeté la requête, les juges Anat Baron et Khaled Kabub. Soudain, il est devenu évident qu'il n'y a aucune différence entre eux et le juge Alex Stein, et entre eux tous et le juge Noam Sohlberg, un colon.

La guerre sur le caractère de la Cour suprême a été réglée il y a longtemps. La prochaine commission des nominations judiciaires pourra choisir les juges en jouant à pile ou face. Peu importe qui formera le prochain gouvernement. Tant que perdurera la situation dans laquelle le gouvernement soutient la perpétuation de l'apartheid, une chose est sûre : quelle que soit la composition de la Cour suprême, elle le soutiendra et cautionnera tous ses crimes. L'apartheid a des collaborateurs à Jérusalem.