United Staff for Gaza, 13 février
2026
Traduit
par Tlaxcala
United Staff for Gaza est une association de membres actuels et anciens du personnel des Nations Unies, agissant à titre privé. Visitez notre site ouèbe, contactez-nous par courriel
United Staff for Gaza regrette que les ministres français, allemand et d'autres pays aient, sur la base d’informations de toute évidence erronées et trompeuses, formulé des accusations injustifiées contre la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, Francesca Albanese. Nous demandons une rectification de ces erreurs et appelons à la fin des attaques personnelles, des menaces et de la désinformation visant les agences, les titulaires de mandat et le personnel des Nations Unies.
Les faits :
Le 7 janvier,
par le biais d'une vidéo préenregistrée diffusée à distance, la Rapporteuse
spéciale Albanese a prononcé une allocution au Forum d'Al Jazeera, une
conférence organisée par ce média à Doha, au Qatar. Le thème de la conférence
était « La cause palestinienne et l'équilibre des pouvoirs régionaux dans le
contexte d'un monde multipolaire émergent ». La Rapporteuse spéciale Albanese a
évoqué la commission d'un génocide contre les Palestiniens et la manière dont
la communauté internationale a, selon elle, aidé et encouragé ce génocide. Au
milieu de son discours, la Rapporteuse spéciale a déclaré que le système de
complicité mondiale dans le génocide – reposant sur des intérêts financiers,
les algorithmes des (réseaux) sociaux et le commerce des armes – a été révélé
et s'est montré être « l'ennemi commun de l'humanité ».
Peu après, des
vidéos et des images fabriquées ont circulé en ligne, prétendant que la
Rapporteuse spéciale avait déclaré qu'« Israël est l'ennemi commun de
l'humanité » – une distorsion manifestement fausse de ses propos. Le 10
février, un groupe de parlementaires français, qui avaient déjà attaqué la
Rapporteuse spéciale Albanese par le passé, a envoyé une lettre conjointe au
ministre français des Affaires étrangères, répétant de fausses allégations et
déformant davantage ses propos d'une manière trop choquante pour être décrite.
Ils ont demandé au ministre des Affaires étrangères de travailler à
l'imposition de sanctions à son encontre et à la faire destituer de son mandat
aux Nations Unies.
Le lendemain, à
l'Assemblée nationale française, la parlementaire qui avait coordonné la lettre
a répété les fausses allégations qu'elle contenait et a demandé au ministre des
Affaires étrangères de confirmer si le gouvernement chercherait à faire
destituer la Rapporteuse spéciale Albanese de son poste. Dans une réponse
étonnante et empreinte de virulence, le ministre a déclaré que la France
condamne ses « propos scandaleux et répréhensibles » et appelle à sa démission.
Le 12 février, la ministre allemande des Affaires étrangères a fait écho à son
homologue français, condamnant les « récentes déclarations de la Rapporteuse
spéciale Albanese sur Israël » et affirmant que « sa position est intenable ».
Les ministres des Affaires étrangères autrichien, italien et tchèque ont
également amplifié la désinformation.
- United Staff for Gazar exprime sa stupéfaction que
les ministres français, allemand et d'autres pays semblent avoir accepté
sans esprit critique comme un fait des distorsions manifestes des propos
de la Rapporteuse spéciale Albanese. Nous les encourageons à examiner les
preuves et à retirer leurs déclarations de condamnation. Nous apprécions
que le ministre autrichien des Affaires étrangères ait supprimé son
précédent message sur X à ce sujet.
- United Staff for Gaza condamne sans réserve la
désinformation et les autres actions hostiles dirigées contre la
Rapporteuse spéciale Albanese, ainsi que contre la Cour pénale
internationale (CPI) et l'Office de secours et de travaux des Nations
Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Nous
déplorons que la Rapporteuse spéciale, ainsi que 11 juges et procureurs de
la CPI, aient été sanctionnés par les États-Unis d'Amérique, et que
l'UNRWA ait été soumise, par le gouvernement israélien, à la violence, à
l'obstruction et à une désinformation galopante. Nous observons que cette
dernière tentative de déformer les propos de la Rapporteuse spéciale
Albanese s'inscrit dans une campagne plus large de désinformation visant à
saper la capacité des Nations Unies à protéger les droits humains du
peuple palestinien. Nous exprimons notre consternation face aux
contre-vérités propagées par les parlementaires français qui ont cosigné
la lettre susmentionnée, et saluons l'effort d'un autre groupe de
parlementaires français qui ont cherché à rétablir les faits. Nous
réitérons que les titulaires de mandat et les membres du personnel des
Nations Unies ne doivent pas être attaqués dans l'exercice légitime de
leurs fonctions qui leur ont été conférées par les États membres. Dans
cette veine, nous réitérons en outre notre solidarité avec les près de 400
membres du personnel de l'ONU qui ont été tués par les forces israéliennes
dans la bande de Gaza depuis octobre 2023.
- United Staff for Gaza appelle à l'unité de soutien
à la Rapporteuse spéciale Albanese, ainsi qu'à la CPI et à l'UNRWA. Nous
appelons tous les États membres siégeant au Conseil des droits de l'homme
à maintenir leur engagement en faveur de l'intégrité du système des
procédures spéciales. Nous partageons l'avis exprimé dans la déclaration
publiée par le secrétaire général d'Amnesty International à cet égard, et
nous nous félicitons de la vérification des faits fournie par le
porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.
- United Staff for Gaza souligne également que la
communauté internationale doit rester saisie de la question et intensifier
ses condamnations des actes continuellement inhumains et illégaux
perpétrés par le gouvernement israélien contre le peuple palestinien. Ces
actes comprennent, parmi de nombreuses autres violations flagrantes du
droit international, la poursuite des bombardements à Gaza malgré le
prétendu cessez-le-feu, la persistance des restrictions à l'acheminement
de l'aide humanitaire cruciale, la violence scandaleuse contre l'UNRWA, et
le déplacement forcé de population et l'annexion de facto de la
Cisjordanie – le tout au mépris flagrant des décisions de la Cour
internationale de Justice.
Une copie de cette déclaration doit être transmise au
Président du Conseil des droits de l'homme.
NdT
La lettre d’une quarantaine de députés du groupe Renaissance (macronistes) a été initiée par Caroline Yadan, députée de la huitième circonscription des Français de l'étranger (qui inclut notamment Israël). Parmi les signataires Olivia Grégoire, Sylvain Maillard, Constance Le Grip et l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne ainsi que Sandro Gozi, ancien membre du Front de la jeunesse néofasciste devenu « libéral-macroniste », élu eurodéputé italien en France.



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