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03/03/2026

Manifeste pour les prisonniers politiques sahraouis

Hier marquait la cinquième année de nos rassemblements hebdomadaires devant le ministère des Affaires étrangères d’Espagne pour demander au ministre d'agir en faveur des prisonniers politiques sahraouis incarcérés dans les prisons marocaines. Des amis de la cause sahraouie étaient présents et nous avons lu le communiqué ci-dessous.



Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines, Madrid, 2 mars 2026

Traduit par Tlaxcala

MANIFESTE

Pour le cinquième anniversaire des rassemblements pour la libération des prisonniers politiques sahraouis devant le siège du ministère espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération (Plaza de la Provincia, Madrid)

Cela fait maintenant cinq ans que nous, membres du Mouvement pour les Prisonniers Politiques Sahraouis (MPPS) dans les prisons marocaines, et toutes les personnes solidaires qui le souhaitent, nous nous rassemblons ici, sur la Plaza de la Provincia, à Madrid, devant le siège du ministère des Affaires étrangères, tous les lundis, pour exiger que le gouvernement espagnol réclame la libération des prisonniers politiques sahraouis.

NOUS DÉNONÇONS, devant les autorités espagnoles et devant le monde entier, l'inqualifiable injustice cruellement perpétrée contre ces prisonniers politiques et, à travers ce qu'ils représentent, contre tout le peuple sahraoui depuis 50 ans. Ils sont emprisonnés pour le seul fait de réclamer la liberté de leur peuple et l'exercice de leur droit légitime à l'autodétermination, proclamé par la Résolution 1514 (XV) des Nations Unies.

Ils sont soumis à toutes sortes de vexations et de tortures pour leur arracher des aveux incriminants, les juger lors de procès bidon, et les condamner à de longues peines de prison, à une mort lente, en territoire marocain, à plus de 1 000 km de leurs familles, soumis à l'isolement et à de constants mauvais traitements et châtiments, dans des conditions carcérales inhumaines, source de toutes sortes de maux et de maladies, dont les autorités carcérales marocaines refusent de permettre le traitement médical, étant également arbitrairement privés de communication téléphonique, de facilités pour étudier, de visites familiales, absolument sans protection en raison de l'interdiction faite aux avocats et aux observateurs, etc., etc., etc.

Leur seul outil pour dénoncer cette situation et tenter de la rendre visible au monde est la grève de la faim, des grèves terribles qui détériorent encore plus, et dangereusement, la santé même des prisonniers, leur causant parfois des maladies irréversibles qui les rapprochent plus rapidement de la mort. Parfois, les autorités carcérales parviennent à briser ces grèves par des tromperies et des promesses qu'elles ne tiendront pas par la suite.

Les Procédures spéciales des Nations Unies répondent toujours positivement aux plaintes pour torture et détention arbitraire de ces prisonniers. Elles demandent leur libération et la réparation due pour la souffrance et les préjudices causés. Mais le Maroc ignore systématiquement les avis de ces instances des Nations Unies.

Nous connaissons l'existence des 31 prisonniers politiques sahraouis actuels. 19 d'entre eux appartiennent au nombreux « Groupe de Gdeim Izik » - l'immense camp de protestation qui a tenu pendant un mois face au Maroc -, qui cumule 8 peines de prison à perpétuité, sur les 9 imposées par le Maroc aux Sahraouis. Mais il y en a plus de 31. Beaucoup ne réclament pas, ne dénoncent pas, ne veulent pas que l'on parle d'eux par crainte des représailles, contre eux-mêmes et aussi contre leurs familles, misérablement. Et pour cela, ils purgent silencieusement leurs peines. Il faut rappeler, dans ce contexte de brutalité, la dernière victime mortelle en captivité, Omar Bahia Abdelmajid, qui a été arrêté un dimanche de novembre 2024 lors d'une manifestation et le mercredi suivant était mort au commissariat. Les données de l'autopsie n'ont pas été rendues accessibles, ce qui a révélé une fois de plus l'obscurantisme et l'impunité propres à l'occupant marocain.

La position du gouvernement espagnol concernant diverses causes est erratique : parfois, il est critique envers le génocide israélien du peuple palestinien, mais en réalité il est complice d'Israël dans de très nombreux cas. En revanche, il n'y a aucun doute dans le cas du peuple sahraoui : notre gouvernement est indéniablement allié du Maroc dans l'occupation du Sahara occidental et, par conséquent, complice des méfaits marocains. Et il fait preuve d'une passivité criante face aux mauvais traitements et à la terrible situation des prisonniers politiques sahraouis.

L'Espagne - le gouvernement espagnol – s’incline devant le Maroc. Comme lorsqu'il a livré de force au Maroc Hussein Bachir Amadour, membre du groupe « Compagnons d'El Ouali », qui demandait l'asile politique en Espagne parce que 15 membres de son groupe étaient déjà en prison, et qui purge maintenant 12 ans de prison au Maroc. Ou comme lorsqu'il n'émet pas la moindre triste note de protestation face aux nombreuses expulsions d'observateurs, auxquels le Maroc ne permet pas d'accéder aux territoires occupés. Ou comme il le fait depuis 2012, étant le premier à soutenir le Maroc face aux plaintes du Front Polisario concernant les Accords illégaux UE-Maroc qui spolient les ressources naturelles des territoires sahraouis occupés. Ou comme lorsque le président du gouvernement, Pedro Sánchez Castejón, a soutenu en 2022, et maintient aujourd'hui, la thèse de la présumée autonomie pour le Sahara occidental, qui, en fait, équivaudrait à une annexion.

L'occupation d'un territoire, en général, et de la majeure partie du territoire sahraoui, en particulier, génère beaucoup de souffrance et toutes sortes d'injustices. C'est la négation de l'être humain en tant que tel et elle entraîne les pires violations des droits. Les habitants originels - les Sahraouis - sont une gêne pour que l'occupant marocain puisse occuper l'espace et piller à loisir les ressources naturelles d'autrui. C'est pourquoi les territoires occupés du Sahara occidental sont une prison à ciel ouvert, sans droits ; et les Sahraouis, victimes des plus grands outrages.

Face aux attaques criminelles qui sont actuellement perpétrées dans le monde, l'occupation du Sahara occidental par le Maroc est le contexte qui implique le plus - et qui devrait le plus impliquer - l'Espagne, car l'Espagne a été pendant près d'un siècle la métropole coloniale, et actuellement elle reste la puissance administrante du Sahara occidental. L'Espagne n'a pas décolonisé, mais a honteusement éludé ses obligations internationales, et a vendu illégalement la population sahraouie qu'elle devait protéger. Et sa responsabilité de veiller sur les Sahraouis - y compris les prisonniers politiques - ne s'éteindra pas tant que le référendum d'autodétermination n'aura pas eu lieu et que les Sahraouis ne pourront pas choisir librement leur avenir.

Mais le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, élude le problème, un problème, qui le concerne avant tout autre. Il ne cherche pas de solutions. Il ignore le cri du peuple sahraoui. Il ne lève pas le petit doigt pour répondre aux réclamations que nous lui adressons tous les lundis aux portes de son ministère, sur la Plaza de la Provincia. Il n'utilise pas le pouvoir et les outils de la diplomatie pour libérer ces prisonniers ni pour adoucir leurs injustes conditions de captivité. Il le fait, en revanche, dans le cas d'autres pays avec lesquels il n'a pas les responsabilités et obligations qui lui incombent en tant que puissance légalement administrante du Sahara occidental.

C'est pourquoi nous continuerons à être là tous les lundis et tout le temps qu'il faudra, dénonçant le Maroc et le gouvernement espagnol, et EXIGEANT LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS.

Nous avons besoin de votre soutien et de vos idées et initiatives, ainsi que d'une diffusion permanente pour briser le mur du silence et de l'impunité.

Le peuple sahraoui, et en particulier les prisonniers politiques et leurs familles, ont besoin de vous et vous en remercient infiniment.

VIVE LA LUTTE DU PEUPLE SAHRAOUI !

VIVE LE SAHARA LIBRE !

VIVENT LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS !

Manifiesto por los presos políticos saharauis

Ayer se cumplió el quinto aniversario de nuestras concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores de España para pedir al ministro que actúe en defensa de los presos políticos saharauis en cárceles de Marruecos. Acudieron amigos de la causa saharaui, y leímos el comunicado a continuación. 


Movimiento por los Presos Políticos Saharauis en cárceles marroquíes, Madrid, 2 de marzo de 2026

Manifiesto

En el quinto aniversario de las concentraciones por la libertad de los presos políticos saharauis ante la sede del Ministerio español de Asuntos Exteriores, Unión Europea y Cooperación (Plaza de la Provincia, Madrid)

Se cumplen ahora cinco años desde que los integrantes del Movimiento por los Presos Políticos Saharauis (MPPS) en cárceles marroquíes, y cuantas personas solidarias lo desean, nos concentramos aquí, en la Plaza de la Provincia, en Madrid, ante la sede del Ministerio de Asuntos Exteriores, todos los lunes, para exigir que el Gobierno de España reclame la puesta en libertad de los presos políticos saharauis.

DENUNCIAMOS, ante las autoridades españolas y ante el mundo entero, la incalificable injusticia cruelmente perpetrada contra esos presos políticos y, a través de lo que ellos representan, contra todo el Pueblo Saharaui desde hace 50 años. Son encarcelados por el mero hecho de reclamar la libertad de su pueblo y el ejercicio de su legítimo derecho a la autodeterminación, proclamado por la Resolución 1514 (XV) de las Naciones Unidas.

Son sometidos a toda clase de vejaciones y torturas para arrancarles confesiones inculpatorias, procesarlos en juicios-farsa, y condenarlos a largas penas de prisión, a una muerte lenta, en territorio marroquí, a más de 1.000 Km de sus familias, sometidos a aislamiento y a constantes malos tratos y castigos, en unas condiciones carcelarias inhumanas, fuente de toda clase de dolencias y enfermedades, cuyo tratamiento médico las autoridades carcelarias marroquíes se niegan a permitir, siendo también arbitrariamente privados de comunicación telefónica, de facilidades para estudiar, de visitas de familiares, absolutamente desprotegidos por la prohibición de abogados y observadores, etcétera, etcétera, etcétera.

Su única herramienta para denunciar esa situación e intentar hacerla visible al mundo es la huelga de hambre, unas huelgas terribles que deterioran aún más, y peligrosamente, la propia salud de los presos, produciéndoles a veces enfermedades irreversibles que les acercan más rápidamente a la muerte. A veces, las autoridades carcelarias consiguen romper esas huelgas con engaños y promesas que luego no cumplirán.

Los Procedimientos Especiales de Naciones Unidas responden siempre positivamente a las denuncias de tortura y de detención arbitraria de estos presos. Piden su liberación y la debida reparación por el sufrimiento y los perjuicios causados. Pero Marruecos ignora sistemáticamente los dictámenes de esas instancias de Naciones Unidas.

Conocemos la existencia de los actuales 31 presos políticos saharauis. 19 de ellos pertenecen al numeroso “Grupo de Gdeim Izik” -el inmenso campamento de protesta que se mantuvo en pie durante un mes frente a Marruecos-, que acumula 8 cadenas perpetuas, de las 9 impuestas por Marruecos a los saharauis. Pero hay más de 31. Muchos no reclaman, no denuncian, no quieren que se hable de ellos por temor a las represalias, contra ellos mismos y también contra sus familiares, miserablemente. Y por eso, cumplen silenciosamente sus condenas. Hay que recordar, en este contexto de brutalidad, a la última víctima mortal en cautiverio, Omar Bahia Abdelmajid, que fue detenido un domingo de noviembre de 2024 en una manifestación y el miércoles acabó muerto en comisaría. Los datos de la autopsia no fueron revelados, haciendo gala, una vez más, del oscurantismo y de la impunidad propios del ocupante marroquí.

La posición del Gobierno español en relación con diversas causas es errática: a veces, es crítica con el genocidio israelí del Pueblo Palestino, pero en realidad es cómplice de Israel en muchísimos casos. En cambio, no ofrece duda alguna en el caso del Pueblo Saharaui: nuestro Gobierno es inequívocamente aliado de Marruecos en la ocupación del Sáhara Occidental y, por consiguiente, cómplice de los desmanes marroquíes. Y muestra una clamorosa pasividad ante el maltrato y la terrible situación de los presos políticos saharauis

España -el Gobierno español- se pliega ante Marruecos. Como cuando entregó forzosamente a Marruecos a Hussein Bachir Amadour, miembro del grupo “Compañeros de El Uali”, que estaba solicitando asilo político en España porque ya había 15 miembros de su grupo en la cárcel, y que ahora cumple 12 años de prisión en Marruecos. O como cuando no emite ni una triste nota de queja frente a las numerosas expulsiones de observadores, a los cuales Marruecos no permite acceder a los territorios ocupados. O como viene haciendo desde 2012, siendo el primero en apoyar a Marruecos frente a las denuncias del Frente Polisario por los ilegales Acuerdos UE-Marruecos que expolian los recursos naturales de los territorios saharauis ocupados. O como cuando el presidente del Gobierno, Pedro Sánchez Castejón, apoyó en 2022, y mantiene hoy en día, la tesis de la presunta autonomía para el Sáhara Occidental, que, de hecho, supondría una anexión.

La ocupación de un territorio, en general, y de la mayor parte del territorio saharaui, en particular, genera mucho sufrimiento y toda clase de injusticias. Es la negación del ser humano como tal y conlleva las peores vulneraciones de derechos. Los habitantes originarios -los saharauis- son un estorbo para que el ocupante marroquí pueda ocupar el espacio y saquear a placer los recursos naturales ajenos. Por eso, los territorios ocupados del Sáhara Occidental son una cárcel a cielo abierto, sin derechos; y los saharauis, víctimas de los mayores atropellos.

Ante los ataques criminales que actualmente se están perpetrando en el mundo, la ocupación del Sáhara Occidental por Marruecos es el contexto que más implica -y que más debiera involucrar- a España, porque España fue durante casi un siglo la metrópoli colonial, y actualmente sigue siendo la potencia administradora del Sahara Occidental. España no descolonizó, sino que eludió vergonzosamente cumplir sus obligaciones internacionales, y vendió ilegalmente a la población saharaui que debía proteger. Y su responsabilidad de velar por los saharauis -incluidos los presos políticos- no se extinguirá en tanto no se lleve a cabo el referéndum de autodeterminación y los saharauis puedan elegir libremente su futuro.

Pero el ministro de Asuntos Exteriores, José Manuel Albares, elude el problema, un problema, éste, que le incumbe antes que cualquier otro. No busca soluciones. Desoye el clamor del Pueblo Saharaui. No mueve un solo dedo para atender las reclamaciones que venimos dirigiéndole todos los lunes a las puertas de su Ministerio, en la madrileña Plaza de la Provincia. No utiliza el poder y las herramientas de la diplomacia para liberar a estos presos ni para suavizar sus injustas condiciones de cautiverio. Sí lo hace, en cambio, en el caso de otros países con los que no tiene las responsabilidades y obligaciones que le incumben como potencia legalmente administradora del Sáhara Occidental.

Por eso, seguiremos aquí todos los lunes y todo el tiempo que haga falta, denunciando a Marruecos y al Gobierno español, y EXIGIENDO LA LIBERACIÓN DE TODOS LOS PRESOS POLÍTICOS SAHARAUIS.

Necesitamos vuestro apoyo y vuestras ideas e iniciativas, como también una difusión permanente para romper la barrera de silencio y de impunidad.

El Pueblo Saharaui, y en particular los Presos Políticos y sus familias, os necesitan y os lo agradecen infinitamente.

¡VIVA LA LUCHA DEL PUEBLO SAHARAUI!

¡VIVA EL SAHARA LIBRE!

¡VIVAN LOS PRESOS POLÍTICOS SAHARAUIS!

08/12/2024

Agir pour sauver Mohamed Lamine Haddi, prisonnier sahraoui depuis 14 ans

 Cristina Martínez, Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis (MPPS), 8/12/2024
Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala

Nous avons commencé les rassemblements pour les prisonniers politiques sahraouis le 1er mars 2021, alors que Mohamed Lamine Haddi   était en grève de la faim depuis 48 jours. Nous avions déjà vécu beaucoup d'angoisse avec une autre grève très longue, celle de Bachir Khadda. Voir les jours passer et sa situation se dégrader de plus en plus et ne rien faire, c'était multiplier l'impuissance. C'est pourquoi nous avons décidé de nous rassembler devant le ministère des Affaires étrangères à Madrid pour exiger une intervention de l'Espagne afin de lui sauver la vie.

Trois ans et neuf mois se sont écoulés. Nous sommes toujours là, essayant de faire connaître la situation de ces prisonniers politiques sahraouis qui souffrent tellement, sans défense, humiliés, torturés, en isolement pendant des années, dans des conditions carcérales indignes allant de la nourriture à l'hygiène, et enfin, privés de traitement médical.

Haddi est dans cette situation. Il est en isolement depuis plus de 7 ans - 7 ans d'isolement est une idée inacceptable -, dans une cellule souterraine sans fenêtre, la nourriture qu'on lui donne est dégoûtante et il doit l'acheter au magasin, de la nourriture froide, toujours ; enfin, il la commande parce qu'il ne peut pas bouger de sa cellule.



Sur la pancarte que nous lui avons dédiée, nous avons indiqué quelques-unes des maladies qu’on ne veut pas lui soigner : infection de l'oreille, fièvre, mal de dos, asthme, énurésie, il peut à peine voir.

Haddi se plaignait de son oreille. Elle est infectée depuis 7 ans. Il se plaint, se plaint et il n'y a rien à faire. Ils ne la soignent pas. Avant, il avait mal à la tête, bien sûr. Maintenant, les douleurs sont infernales, et la fièvre, et l'insomnie. C'est très grave. Et l'administration pénitentiaire ne permet pas le transfert à l'hôpital prescrit par le médecin – car enfin, un médecin l'a visité. Il est peut-être trop tard, mais ils doivent l'emmener à l'hôpital et essayer de le soigner.

Que peut-on faire ? Écrivez au plus grand nombre possible d'organisations et d'ONG. Faites passer le message. Faites-le savoir. Faites honte au Maroc. Faites pression sur le gouvernement espagnol au parlement. Il y a un hashtag #SaveHaddi.

Ce lundi, comme ce premier lundi d’il y a presque quatre ans, nous allons le dédier à Haddi, avec toute notre affection et notre admiration. Et le ministre nous verra par la fenêtre et peut-être se dira-t-il qu'il doit essayer de le sauver.

➤Lundi 9 décembre 2024, 12h30, Plaza de la Provincia, Madrid

LETTRE AU MINISTRE ALBARES
   
S.E. Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères,
Union européenne et coopération
    Plaza de la Provincia
    28012 - Madrid

    Madrid, le 6 décembre 2024

Objet : Haddi, très gravement malade et sans soins médicaux

Votre Excellence, Monsieur le Ministre,

Le médecin de la prison de Tifelt 2 (Maroc) est enfin descendu dans la cellule de Mohamed Lamine Haddi pour examiner son oreille, alerté par la forte fièvre et les terribles douleurs. Vous avez déjà été informé à plusieurs reprises de l'infection de l'oreille de Haddi. Il souffre de cette infection depuis 7 ans à cause des coups qu'il a reçus pendant les séances de torture. Pendant tout ce temps, il n'a reçu aucun soin médical. Vous ne semblez pas non plus vous être préoccupé de son état.
Le médecin a vérifié la gravité de l'infection, qui peut entraîner d'autres complications. En fait, son diagnostic est que Haddi souffre d'une septicémie et d'une tumeur grave, qu'il ne peut pas traiter. La vie de Haddi est en danger. Il doit être transporté à l'hôpital. Mais cette procédure ne relève pas automatiquement du médecin. C'est Haddi qui a dû s'adresser à l'administration pénitentiaire, qui a conditionné son transfert au port de l'uniforme attribué aux assassins. Haddi a refusé, comme d'autres prisonniers politiques sahraouis, pour la simple raison qu'il n'est pas un criminel, mais une victime.
L'administration pénitentiaire marocaine, bien que connaissant la gravité de l'état de santé de Haddi diagnostiqué par un médecin, s'acharne à l'humilier et à ne pas lui fournir les soins de santé urgents dont il a besoin.
Pour ajouter la barbarie à la barbarie, l'administration pénitentiaire a menacé Haddi de représailles - plus ? - s'il révélait à sa famille ou aux organisations de défense des droits humains que son transfert à l'hôpital lui était refusé.
Cela fait des années que le Maroc prolonge son agonie, juste pour le faire souffrir et pour se moquer de tout le monde. Et cela touche à sa fin. Il est affligeant de voir la vie d'un homme supprimée de sang-froid.
Monsieur le Ministre, pouvez-vous faire quelque chose pour tenter de lui sauver la vie ? Évitez cette nouvelle complicité.
Je n'ai pas besoin de vous rappeler pourquoi vous avez cette obligation.

Cristina Martínez Benítez de Lugo
Participante au Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis





Actuar para salvar a Mohamed Lamine Haddi, preso saharaui desde hace 14 años

Cristina Martínez , Movimiento por los Presos Políticos Saharauis (MPPS), 8-12-2024

Empezamos las concentraciones por los presos políticos saharauis el 1 de marzo de 2021, cuando Mohamed Lamine Haddi llevaba 48 días de huelga de hambre. Ya habíamos pasado mucha angustia con otra huelga muy larga, la de Bachir Khadda. Ver pasar los días que agravaban cada vez más su situación y no hacer nada era multiplicar la impotencia. Por eso decidimos concentrarnos ante el Ministerio a reclamar algún tipo de implicación por parte de España para salvarle la vida.

Han pasado tres años y nueve meses. Seguimos ahí, intentando difundir la situación de esos presos políticos saharauis que están sufriendo tantísimo, indefensos, humillados, torturados, en aislamiento por años, en unas condiciones carcelarias indignas que van desde la comida a la higiene, y por fin, negados de tratamiento médico.

Haddi está en esa circunstancia. Lleva más de 7 años en aislamiento -7 años de aislamiento es un concepto inasumible-, en una celda subterránea sin ventana, la comida que le pasan es asquerosa y se la tiene que comprar en la tienda, comida fría, siempre; bueno, la encarga porque no se puede mover de su celda.

En la pancarta que le tenemos dedicada hemos señalado algunas de las enfermedades que no le quieren curar, oído infectado, fiebre, dolor de espalda, asma, enuresis, casi no ve.

Haddi venía quejándose del oído. Lo tiene infectado desde hace 7 años. Reclama, reclama y no hay nada que hacer. No le curan. Le dolía la cabeza, claro. Ahora, los dolores son infernales, y la fiebre, y el insomnio. Está muy grave. Y la administración de la cárcel no permite el traslado al hospital que prescribió el médico -por fin le visitó un médico-. A lo mejor ya es tarde igual, pero tienen que llevarle al hospital e intentar curarle.

¿Qué se puede hacer? Escribir a todos los organismos y ONG que se pueda. Difundirlo. Que se sepa. Avergonzar a Marruecos. Presionar al Gobierno en el Parlamento. Hay un hashtag #SaveHaddi.

Nosotros, este lunes, como ese primer lunes de hace casi cuatro años, se lo vamos a dedicar a Haddi, con todo nuestro cariño y admiración. Y el ministro nos verá desde la ventana y a lo mejor se le ocurre que tiene que intentar salvarle.

➤Lunes 9 de diciembre de 2024, 12:30 horas, plaza de la Provincia, Madrid

CARTA AL MINISTROS ALBARES

    Excmo. Sr. ministro de Asuntos Exteriores,
Unión Europea y Cooperación
    Plaza de la Provincia
    28012 - Madrid

    Madrid, 6 de diciembre de 2024

Asunto: Haddi, gravísimo y sin asistencia médica

Excmo. Sr. ministro,

El médico de la prisión de Tifelt 2 (Marruecos) bajó por fin a la celda de Mohamed Lamine Haddi a examinarle el oído, alertado por la alta fiebre y los dolores terribles. De la infección en el oído de Haddi ya ha sido Vd. informado en varias ocasiones. Haddi lleva 7 años arrastrando esa infección a raíz de los golpes recibidos durante las sesiones de tortura. Durante todo este tiempo no ha recibido atención médica. Tampoco Vd. parece haberse preocupado por su dolencia.
El médico ha comprobado la gravedad de la infección, que puede causar otras complicaciones. De hecho su diagnóstico es que Haddi sufre sepsis y un grave tumor, que él no puede tratar. La vida de Haddi está en peligro. Hay que llevarlo al hospital. Pero no es ese un trámite automático en manos del médico. Es Haddi quien ha tenido que presentar una solicitud ante la Administración penitenciaria, que ha condicionado su traslado a que se vistiera con el uniforme asignado a los asesinos. Haddi se ha negado, como se han negado otros presos políticos saharauis, por la sencilla razón de que no es un criminal, es una víctima.
La Administración penitenciaria marroquí, aun sabiendo la gravedad del estado de salud de Haddi diagnosticada por un médico, se dedica a humillarle y a no prestarle la atención sanitaria urgente que necesita.
Para añadir barbarie a la barbarie, la Administración de la prisión ha amenazado a Haddi con represalias -¿más?- si contaba a su familia o a organizaciones de derechos humanos que le estaban negando su traslado al hospital.
Marruecos lleva años prolongando su agonía, sólo para que sufra y para escarmiento de todos. Y está llegando al final. Es angustioso ver cómo se están llevando la vida de un hombre a sangre fría.
Sr. ministro, ¿se le ocurre algo que pueda Vd. hacer por intentar salvarle la vida? Evite esta nueva complicidad.
No hace falta recordarle por qué tiene Vd. esa obligación.

Cristina Martínez Benítez de Lugo
Participante en el Movimiento por los Presos Políticos Saharauis





09/02/2023

CRISTINA MARTÍNEZ
Première visite en quatre ans à Mohamed Lamine Haddi, prisonnier politique sahraoui.

Cristina Martínez, Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis (MPPS), 8-2-2023

Mohamed Lamine Haddi, un prisonnier politique du groupe de Gdeim Izik, a été condamné par le Maroc à 25 ans de prison lors d'un procès entaché d'irrégularités de procédure.


Outre les tortures avant le procès, Mohamed Lamine souffre de conditions de détention dramatiques. Il est placé à l'isolement depuis septembre 2017. Il ne reçoit pas de soins médicaux malgré ses multiples affections, même lorsqu'il a organisé, entre autres, deux impressionnantes grèves de la faim de 69 et 63 jours au cours de la même année 2021. Pas même à ces moments-là, on n'a permis à sa famille de lui rendre visite : elle avait parcouru 1 300 km pour savoir s'il était vivant ou mort, car ils ne pouvaient pas communiquer avec lui et n'avaient aucune nouvelle.

Hier, le 7 février, il a reçu sa première visite en quatre ans. Son frère Mohamed Ali lui a rendu visite et ne l'a pas reconnu, tant son apparence s'est dégradée. Il est très maigre, ses traits et sa structure physique ont changé. Son état d'esprit est aussi malade que son corps.

La visite a duré moins de quinze minutes. Le frère a voyagé d'El Ayoun à la tristement célèbre prison de Tiflet 2, pour n'avoir le droit de le voir qu'un quart d'heure après quatre ans. Pendant ce temps, Mohamed Lamine toussait, il avait l'air malade. Il n'avait pas le droit à une assistance médicale, ni à ce moment-là ni jamais.

Après la première grande grève de la faim qui s'est terminée le 22 mars 2021, il a souffert d'une « paralysie partielle du côté gauche, de tremblements dans les jambes, de la sensation d'avoir une pierre dans la main gauche, de pertes de mémoire et de douleurs sévères à l'estomac et aux reins ». Tout cela n'a pas été traité et n'a pas été soigné, et la grève de la faim a entraîné des complications qui l'accompagnent toujours, telles que, comme la famille continue de l'énumérer, « l'énurésie, des brûlures d'estomac, le syndrome du côlon irritable, des vomissements et des nausées en raison de la pourriture de la cellule, de la toilette à côté de laquelle où il dort, et de graves douleurs à la tête et aux articulations dues à la torture, ainsi qu'une mauvaise vision de l'œil gauche en raison du coup qu'il a reçu le 15 mars 2022. Il a très mal à l'oreille gauche, d'où sort du pus ». Une fois encore, l'administration pénitentiaire lui refuse la visite du médecin.

Son frère lui a apporté des livres, des stylos et du miel, mais les gardiens de la prison ne lui ont pas permis de les lui remettre.

Les photos que nous avons de Mohamed Lamine datent de plus de 12 ans. Ce jeune homme beau, souriant, courageux, correspondant radio de la RASD, amoureux de la vie et de la cause sahraouie, n'existe plus. À sa place se trouve un homme malade, âgé, déformé et rongé par la torture, les grèves, la maladie, la solitude et le désespoir. La souffrance de 12 ans s'est matérialisée dans un corps dégradé.

Des souffrances qui ont été gravées sur tous les membres de la famille. Parmi eux, la mère, Munina, qui est allée le voir et s'est retrouvée en détention, et qui a propagé la cause de Mohamed Lamine jusqu'à ce que son autre fils, Ahmed, soit emprisonné pour acheter le silence de la famille ; la sœur, Tfarah, qui a fait trois fausses couches, dont deux lorsque Mohamed Lamine a fait deux grèves de la faim. L'horreur d'une grève de la faim de 69 jours et d'une autre de 63 jours est insupportable, inimaginable. D'autant plus pour la famille qui ne pouvait ni le voir ni lui parler, qui n'avait aucune nouvelle, qui ne savait pas s'il était vivant ou mort. Le troisième avortement a eu lieu lorsque son frère Ahmed a été arrêté.

La violation des droits humains par le Maroc vient d'être condamnée par l'Union européenne (avec quelques exceptions déshonorantes : le PSOE a voté contre, le PP s'est abstenu). Plus précisément, la cruauté du Maroc envers les prisonniers politiques sahraouis est notoire, mais il est nécessaire de personnaliser l'histoire de la torture pour découvrir la véritable dimension de la cruauté du Maroc envers les innocents et sans défense. Le cas de Mohamed Lamine Haddi est significatif.

Dans deux semaines, cela fera cinq ans que Mohamed El Ayoubi, un autre prisonnier de Gdeim Izik, est décédé, le 21 février 2018, des séquelles des tortures et des négligences médicales qu'il avait subies en prison. Sa mort n'a servi à rien. Personne n'a pris de mesures pour s'assurer que cela ne se reproduise pas.

 

CRISTINA MARTiNEZ
Primera visita en cuatro años a Mohamed Lamine Haddi, preso político saharaui

Cristina Martínez, Movimiento por los Presos Políticos Saharauis (MPPS),  8-2-2023

Mohamed Lamine Haddi, preso político del grupo de Gdeim Izik, fue sentenciado por Marruecos a 25 años de prisión en un juicio plagado de irregularidades procesales.

Aparte de las torturas previas al juicio, Mohamed Lamine sufre unas condiciones carcelarias dramáticas. Desde septiembre de 2017 está en aislamiento. No recibe atención médica a pesar de sus múltiples dolencias ni siquiera cuando protagonizó, entre otras, dos huelgas de hambre impresionantes de 69 y 63 días en el mismo año de 2021. Tampoco en esos momentos permitieron la visita de la familia que se había desplazado 1.300 km para saber si estaba vivo o muerto porque no podían comunicarse con él ni tenían noticias.

Ayer, 7 de febrero, recibió la primera visita después de 4 años. Le ha visitado su hermano Mohamed Alí y no le ha reconocido, tanto se ha deteriorado su aspecto. Está muy delgado, le han cambiado los rasgos y la estructura física. Su estado de ánimo está tan enfermo como su cuerpo.

Menos de quince minutos duró la visita. El hermano viajó desde El Aaiún hasta la infame cárcel de Tiflet 2, para que sólo le permitieran estar un cuarto de hora con él tras cuatro años. Durante ese tiempo Mohamed Lamine estuvo tosiendo; se le veía enfermo. Sin derecho a asistencia médica, ni en esos momentos ni nunca.

Tras la primera gran huelga de hambre que terminó el 22 de marzo de 2021, sufría de “parálisis parcial en el lado izquierdo, temblores en las piernas, sensación de tener una piedra en la mano izquierda, pérdida de la memoria y dolor severo en el estómago y los riñones”. Todo esto no se trató ni se curó, y la huelga de hambre resultó en complicaciones que todavía lo acompañan, como, según sigue enumerando la familia, “enuresis, acidez estomacal, síndrome del intestino irritable, vómitos y nauseas como resultado de la podredumbre de la celda, que es un retrete junto al que duerme, y fuertes dolores en la cabeza y articulaciones producto de las torturas, así como mala visión en el ojo izquierdo por el golpe que recibió el 15 de marzo de 2022. Le duele mucho el oído izquierdo de donde sale pus”. También en este caso la administración penitenciaria le niega una visita del médico.

El hermano le llevaba libros, bolígrafos y miel, pero los carceleros no permitieron su entrega.

Las fotos que tenemos de Mohamed Lamine son de hace más de 12 años. Ese joven guapo, sonriente, valiente, corresponsal de radio de la RASD, enamorado de la vida y de la causa saharaui, ya no existe. En su lugar hay un enfermo avejentado, deformado y consumido por la tortura, las huelgas, la enfermedad, la soledad, la falta de esperanza. El sufrimiento de 12 años materializado en un cuerpo degradado.

Sufrimiento que se ha venido clavando en todos los miembros de la familia. Entre ellos, la madre, Munina, que le fue a visitar y acabó detenida, y que difundió con ahínco la causa de Mohamed Lamine hasta que encarcelaron a su otro hijo, Ahmed, para comprar el silencio de la familia; la hermana, Tfarah, que lleva tres abortos espontáneos, dos ocurridos cuando Mohamed Lamine entró dos veces en huelga de hambre. El horror de una huelga de hambre de 69 días y de otra de 63 es algo inasumible, inimaginable. Tanto más para la familia que no podía ni verle ni hablarle ni tenía noticias, que no sabía si estaba vivo o muerto. El tercer aborto sucedió cuando arrestaron a su hermano Ahmed.

La vulneración de los derechos humanos por Marruecos acaba de ser reprobada por el Parlamento Europeo (con algunas deshonrosas excepciones: el PSOE se opuso, el PP se abstuvo). Más concretamente, es notorio el ensañamiento de Marruecos con los presos políticos saharauis, pero es preciso personalizar el relato de la tortura para descubrir la verdadera dimensión de la crueldad de Marruecos con los inocentes e indefensos. El caso de Mohamed Lamine Haddi es significativo.

Dentro de dos semanas se cumplirán 5 años del fallecimiento, un 21 de febrero de 2018, de Mohamed El Ayoubi, otro preso de Gdeim Izik, por las secuelas de las torturas y la negligencia médica que había padecido en la cárcel. Su muerte no sirvió de nada. Nadie ha tomado medidas para que esto no se repita.