30/11/2025

Gaz, guerre et pillage : les intérêts énergétiques derrière le génocide à Gaza

Yul Jabour, Tribuna Popular, 29/11/2025
Traduit par Tlaxcala

 

Yul Jabour Tannous (Caracas, 1970) est un militant communiste et avocat diplômé de l’Université Centrale du Venezuela. Il a intégré le Parti Communiste du Venezuela (PCV) en 1988, et il est actuellement membre de son Bureau Politique. Il a été député à l’Assemblée nationale du Venezuela pour l’État de Cojedes durant la période 2011-2016 puis pour l’État de Yaracuy entre 2016 et 2021. Il est secrétaire général du Comité de Solidarité Internationale (COSI).


Le génocide à Gaza, exécuté par l’État sioniste d’Israël depuis le 7 octobre 2023, fait partie de la stratégie usaméricaine et européenne de reconfiguration régionale connue sous le nom de « Nouveau Moyen-Orient ». Son objectif est d’affaiblir l’axe de résistance antisioniste, de consolider Israël comme puissance militaire et d’assurer le contrôle des principales sources d’énergie et routes commerciales pour le grand capital.

Gazaoduc


Le sionisme, créé et promu à l’origine par les colonialismes britannique et français au XIX siècle, puis financé par les USA et leurs alliés européens, a porté depuis la création de l’entité sioniste en 1948 un projet de nettoyage ethnique. L’offensive commencée en 2023 constitue l’un des épisodes les plus atroces enregistrés dans l’histoire contemporaine.

Le Bureau des Médias du gouvernement à Gaza a indiqué qu’entre octobre 2023 et octobre 2025, plus de 76 600 personnes avaient été assassinées ou portées disparues sous les décombres, dont 60 % de femmes et d’enfants. Au moins 2 605 Palestiniens ont été tués et plus de 19 000 blessés alors qu’ils cherchaient de l’aide humanitaire.

La destruction des infrastructures atteint 90 %, avec 80 % de la population déplacée, du fait des attaques aériennes, d’artillerie et terrestres, ainsi que du blocus total qui a coupé l’électricité, l’eau, le carburant et les biens essentiels. Les zones résidentielles, les écoles, les hôpitaux et les camps de réfugiés ont été systématiquement bombardés.

Alors que Gaza est ravagée et soumise à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité — avec des bombardements constants et la coupure totale de l’électricité, de l’eau et des combustibles — le ministre israélien de l’Énergie a annoncé que BP (British Petroleum) et ENI (Ente Nazionale Idrocarburi) avaient engagé des « investissements sans précédent » pour l’exploration du gaz naturel*. Une fois encore, combustibles fossiles, capital et guerre se combinent dans l’équation caractéristique des interventions impérialistes contre les peuples.

En 2000, Yasser Arafat annonçait la découverte des premiers gisements au large de la côte de Gaza, baptisés Gaza Marine. Cette zone, appartenant au bassin du Levant méditerranéen, abrite l’une des plus grandes réserves mondiales de gaz offshore, suffisante pour approvisionner cent millions de personnes pendant plus de deux décennies. Selon un rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU), ces gisements s’étendent principalement au large de la Palestine et d’Israël, et dans une moindre mesure en face du Liban et de l’Égypte. Le rapport souligne qu’étant un système souterrain interconnecté, les réserves doivent être considérées comme une ressource partagée ; il recommande donc une exploitation conjointe sous une formule équitable de répartition, octroyant aux Palestiniens une participation majoritaire tant dans les gisements situés sous leur sous-sol que dans la part correspondante des réserves communes.

En parallèle aux découvertes palestiniennes, Israël a lancé ses propres explorations aux côtés de la compagnie pétrolière usaméricaine Noble Energy. Entre 2009 et 2010, l’existence de l’énorme gisement de gaz Tamar a été confirmée. Son développement, évalué à 3 milliards de dollars, a été financé par des banques comme JP Morgan, Citigroup, Barclays et HSBC. En 2012, Noble Energy et ses partenaires ont signé un contrat pour fournir du gaz à Israël pour 14 milliards de dollars sur 15 ans, montant pouvant être porté à 23 milliards. Un autre accord a ensuite été signé pour 32 milliards. Ces projets ont transformé radicalement la matrice énergétique israélienne : jusqu’alors, le pays dépendait des importations de gaz et de charbon et devait acquérir 70 % du gaz qu’il consommait (dont 40 % provenaient d’Égypte). En 2018, Tamar générait déjà 60 % de l’électricité d’Israël. En 2020, Chevron a acquis 30 % du projet en rachetant Noble Energy. Bien que les gisements soient situés au large, la plateforme de traitement de Tamar opère à seulement 10 kilomètres au nord de Gaza.

Puis une découverte encore plus importante a suivi : le gisement Léviathan, dont les installations ont commencé à être construites en 2017 après confirmation qu’il contenait des réserves capables de couvrir la consommation d’Israël pendant 40 ans. Sa mise en service en 2020 a consolidé le basculement énergétique : Israël est passé d’un statut d’île énergétique dépendante de l’extérieur à celui d’exportateur net. Les exportations sont dirigées principalement vers l’Égypte et la Jordanie, renforçant sa position de puissance régionale et expliquant en partie l’inaction de ces gouvernements face à la tragédie palestinienne. En juin 2022, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a signé un accord pour importer du gaz israélien comme alternative au gaz russe, via un gazoduc sous-marin longeant Gaza jusqu’en Égypte, où il serait transformé en gaz naturel liquéfié avant d’être envoyé en Europe. Outre les bénéfices économiques, cet accord a renforcé la capacité de pression d’Israël sur l’UE.

En pleine catastrophe humanitaire, en novembre 2023, la Commission européenne a publié une nouvelle liste de projets énergétiques prioritaires, incluant le gazoduc EastMed. Ce projet, officiellement appelé EuroAsia Interconnector, vise à relier la ville israélienne de Hadera, située à 106 kilomètres au nord de Gaza, à la Grèce via Chypre. Le gazoduc sera alimenté par les gisements chypriotes, par Léviathan et, possiblement, par Gaza Marine.

Pendant ce temps, Gaza Marine reste intact sous les eaux, face à un territoire qui aujourd’hui n’a accès à aucun type de combustible. Après l’opération « Plomb Durci » en 2008, les négociations entre la Palestine et Israël ont définitivement échoué et Tel-Aviv a assumé le contrôle effectif des eaux juridictionnelles palestiniennes, militarisant la côte et confisquant les gisements, en violation flagrante du droit international.

En plus du gaz, on trouve en Cisjordanie le gisement pétrolier Meged, dont les réserves sont estimées à 1,5 milliard de barils, d’une valeur dépassant les 100 milliards de dollars. Bien que 80 % du champ se situe en territoire palestinien, Israël l’exploite sans verser la moindre compensation.


À cela s’ajoute le retour du projet israélien du canal Ben Gourion, proposé en 1956, qui connecterait le golfe d’Aqaba à la Méditerranée comme alternative au canal de Suez. Ce serait un canal plus long que celui d’Égypte, et dont la route prévue passe près de la frontière nord de Gaza. Certains analystes soulignent qu’Israël pourrait même tracer le canal en lui faisant traverser Gaza. S’il se concrétisait, ce corridor modifierait les dynamiques du commerce mondial, conférant à Israël une importance stratégique inédite.

Le 10 octobre a été annoncé un prétendu cessez-le-feu à Gaza, promu par les USA et soutenu par la Turquie, l’Égypte et le Qatar. Mais loin d’être un accord de paix, ce mécanisme constitue une extension du soi-disant « Deal du Siècle » : il vise à transformer la bande de Gaza en un protectorat usaméricain de facto et à laisser intacte l’occupation israélienne de toute la Palestine, en particulier d’un territoire dont la richesse énergétique a été systématiquement confisquée.

Cet accord ne vise pas la paix : il fait partie intégrante des projets impérialistes visant à redessiner « un nouveau Moyen-Orient », à assurer le contrôle des routes stratégiques et à sécuriser l’accès aux gisements de gaz du Levant. Dans cette logique, le régime israélien — responsable de la dévastation de Gaza et du pillage énergétique de toute la Palestine — demeure entièrement indemne, protégé par ceux qui bénéficient de son rôle d’enclave militaire et énergétique dans la région.

*NdT: l'alors ministre de l'Énergie Israel Katz (devenu ensuite ministre de la Guerre) a annoncé fin octobre 2023 que 12 licences d'exploration de gaz avaient été accordées pour 3 ans à 2 consortiums : d'une part celui constitué par ENI, Dana Petroleum (filiale écossaise d'une compagnie sud-coréenne) et Ratio Energies, d'autre part celui constitué par BP, la Compagnie pétrolière d'État de l'Azerbaïdjan (SOCAR) et NewMed Energy.

Pas de musique sans justice/No Music without Justice
Lettre ouverte au directeur de la Philarmonie de Paris, Olivier Mantei
Open Letter to Olivier Mantei, Director General of the Philharmonie de Paris

English version after the French original
Ce dimanche 30 novembre 2025, le Rotterdam Philharmonic Orchestra donnera un concert à la Philarmonie de Paris (Cité de la Musique) sous la direction de son directeur musical Lahav Shani, qui est aussi directeur musical de l’Orchestre philarmonique d’Israël et sera celui de l’Orchestre philarmonique de Munich à partir de septembre 2026. Un précédent concert donné le 6 novembre au même endroit par l’Orchestre symphonique d’Israël sous la même direction avait été le théâtre d’incidents, à la suite desquels 4 manifestants propalestiniens ont été mis en examen et ont déposé à leur tour diverses plaintes pour agressions et violation du secret de l’enquête. Plusieurs organisation viennent d’adresser la lettre ci-dessous au directeur de la Philarmonie.-Tlaxcala

Jeudi 27 novembre 2025

Monsieur le Directeur,

Depuis le début du génocide à Gaza, on atteste de près de 70 000 personnes assassiné.e.s, hommes, femmes et enfants compris. Toujours à Gaza, ce sont 345 personnes qui ont été assassinées et 889 blessées par l’armée israélienne, depuis l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu », le 11 octobre dernier, cessez-le-feu violé plus de 500 fois. En deux ans, c’est 6 fois la bombe d’Hiroshima qui s’est écrasée sur un territoire d’à peine 150 kilomètres carrés. L’aide humanitaire et médicale reste bloquée alors qu’avec l’hiver les épidémies s’apprêtent à emboîter le pas à la famine. Tous les jours les cadavres s’amoncèlent lorsqu’ils ont la « chance » d’être retrouvés. Lundi 24 novembre, c’est en armes que les milices israéliennes ont chassé les enfants du Théâtre national palestinien (El-Hakawati Theatre) de Jérusalem occupée. Ces armes feront certainement moins parler d’elles que de pauvres fumigènes brandis face aux ambassadeurs culturels de l'État d’Israël.

Le génocide, tel qu’il a été caractérisé par les instances de droit international compétentes, se poursuit sous nos yeux. Et vous, que faites-vous ?

Protestations contre une série de concerts de l'Israel Symphony Orchestra au Carnegie Hall de New York, 15 octobre 2025


Non content d’inviter l’Israel Philharmonic Orchestra (IPO) et son chef titulaire, ambassadeurs officiels de l’état colonial en plein génocide, non content d’accueillir ces musicien.ne.s qui se font le relais de la déshumanisation des Palestinien.ne.s par des propos de désinformation condamnables sur leurs réseaux sociaux à l’instar d’Eleonora Lutsky qui nous parle de « Hamaswood » et Kirill Mihanovsky qui désigne les Palestinien.ne.s  de « monstrueux voisins », non content d’attaquer en justice des militant.e.s pacifiques qui appellent au boycott légitime des institutions culturelles israéliennes qui participent à la normalisation du génocide, vous, vous décidez de vous enfoncer avec votre institution dans le mensonge en espérant ne jamais avoir à assumer vos responsabilités face à l’histoire et face à la justice.

Vous avez menti à vos salarié.e.s lors d’une assemblée générale extraordinaire en qualifiant de violent.e.s des militant.e.s pacifistes, en passant sous silence la violence des insultes racistes et homophobes d’une partie du public, en affirmant que vous ne saviez pas que l’orchestre allait jouer l’hymne israélien alors qu’il l’interprète régulièrement lors de ces tournées. Car oui, cet hymne n’a pas été joué en réaction à l’action de nos camarades, c’était déjà un acte prémédité.

Vous avez été cordialement invité, au regard des appels palestiniens et dans le cadre du droit international, à annuler les venues de Lahav Shani, de l’IPO et du Jerusalem Quartet pour le rôle institutionnel qu’ils occupent dans la politique d’effacement par la culture du crime de génocide commis par Israël. À ces appels, là encore, vous avez répondu par le mensonge et par l’instrumentalisation outrancière des artistes palestinien.ne.s programmé.e.s dans votre institution pour justifier votre collaboration avec les institutions culturelles de l’état génocidaire. Ce mardi 25 novembre, vous avez décidé d’assumer cet agenda politique et d’entraîner toute votre institution dans le discours de propagande en répondant positivement à la demande de Lahav Shani de s’expliquer auprès de vos salarié.e.s. Un discours d'explication qui n’est autre qu'un redoublement de condamnation qualifiant la protestation pacifiste d’ « attaque armée » à l’encontre de l’identité israélienne. Or, chacun des appels à boycott que vous avez reçus était très clair sur la nature de l’action : « nous n’appelons pas à boycotter des artistes du fait de leur nationalité israélienne mais du fait de leur participation institutionnelle à la politique d’effacement des vies palestiniennes orchestrée par l’État israélien. »

Vous imposez à vos salarié.e.s le discours de propagande par l’explication - hasbara - alors que vous refusez le dialogue avec celles et ceux qui vous alertent depuis le début sur cette complicité avec le pire. C’est votre manière de passer sous silence les voix palestiniennes.

Cacher vos décisions derrière le supposé apolitisme de la musique classique relevait déjà de l’outrage face aux souffrances endurées par les Palestinien.ne.s depuis plus de deux ans et à l’égard du droit international. Devions-nous espérer, après un tel acharnement à maintenir la collaboration avec les ambassadeurs du génocide notamment par le recours démesuré à la force policière et judiciaire, que vous reveniez à la raison ? Vous êtes aujourd’hui prêt à excuser un tel affront à la dignité humaine et au droit international - comme l’a été l’hymne de l'État génocidaire qui a retenti dans vos murs. Et tout cela pourquoi ? Pour ne pas prendre le risque d’annuler un concert avec Martha Argerich parce que cela ferait mauvais genre auprès de vos confrères ? Ou pour ne pas froisser l’extrême droite politique et médiatique qui, depuis le 6 novembre, vous soutient inconditionnellement comme elle a soutenu la politique génocidaire ?

Renoncez donc à vos valeurs humanistes de pacotille et assumez l’agenda réactionnaire que vous avez décidé d’endosser en ouvrant les portes de votre institution à celles et ceux qui nient la valeur des vies palestiniennes et le droit international. Vos mensonges se poursuivent car non, cette institution n’est plus la nôtre. Vous l’avez livrée au fascisme qui ronge le monde, vous en avez fait l’étendard de la déshumanisation, la normalisation des heures les plus sombres de notre présent. Vous n’avez jamais souhaité nous écouter lorsque nous vous avons alerté. Vous faites la sourde oreille au bruit des bombes lorsqu’elles explosent sur Gaza en tuant par milliers hommes, femmes et enfants, mais vous ouvrez votre scène à celles et ceux qui les lancent là-bas, mais aussi au Qatar, en Iran, au Yémen, au Liban et en Syrie.

À quoi s’attendre pour les concerts des 30 novembre et 16 janvier prochains ? À une Philharmonie aux allures de bunker, nouveau fief des forces de l’ordre et de la répression dans le 19e arrondissement de Paris ? À une réunion au sommet des institutions et associations négationnistes du génocide en cours et qui, par le pire travers antisémite qui consiste à associer toustes les Juif.ve.s du monde à l’état d’Israël, instrumentalisent l’histoire et la culture juive à des fins guerrières ?  Si vous n’entendez pas les souffrances des Palestinien.ne.s avez vous au moins compris celles de vos salarié.e.s et des mélomanes que vous traînez dans votre complicité outrageante ?

Au nom de la musique que nous défendons, au nom de l’humanité que nous incarnons et puisqu’il s’agirait encore selon vous de notre institution, nous vous exhortons à cesser toute collaboration avec les institutions culturelles et académiques israéliennes qui lavent les mains des génocidaires. Après vous avoir invité cordialement à envisager l’annulation des venues de Lahav Shani et du Jerusalem Quartet, nous vous l’exigeons. Et malgré vos habitudes policières prises le 6 novembre dernier, nos revendications et surtout les voix palestiniennes dont nous nous faisons le relais ne souffriront aucune de vos répressions. Enfin, dans le doute que tout cela soit entendu il nous faudra constater que vous n’avez pas été à la hauteur de vos fonctions d’un point de vue politique et moral et qu’il nous semblera justifié d’exiger votre démission au nom de la dignité des victimes d’un génocide que vous avez décidé de normaliser. L’histoire finira par juger les auteur.ice.s du génocide et leurs complices. À ce jour, vous êtes sur le banc des accusés.

Tahia Falestine !

Artistes pour la Palestine - France
Palestine Action
Union Juive Française pour la Paix
Tsedek
Culture en luttes

On Sunday, November 30, 2025, the Rotterdam Philharmonic Orchestra will give a concert at the Philharmonie de Paris (Cité de la Musique) under the baton of its music director Lahav Shani, who is also music director of the Israel Philharmonic Orchestra and will be music director of the Munich Philharmonic Orchestra from September 2026. A previous concert given on November 6 at the same venue by the Israel Symphony Orchestra under the same conductor was the scene of incidents, following which four pro-Palestinian protesters were charged and in turn filed various complaints for assault and violation of the secrecy of the investigation. Several organizations have just sent the letter below to the director of the Philharmonic. -Tlaxcala

Thursday, 27 November 2025

Sir,

Since the beginning of the genocide in Gaza, nearly 70,000 people have been killed—men, women, and children included. Still in Gaza, 345 people have been killed and 889 injured by the Israeli army since the so-called “ceasefire” came into effect on October 11, a ceasefire that has been violated more than 500 times. In two years, the equivalent of six Hiroshima bombs has been dropped on a territory barely 150 square kilometers in size. Humanitarian and medical aid remains blocked while, with winter approaching, epidemics are preparing to follow in the footsteps of famine. Every day, bodies pile up—when they have the “luck” of being found. On Monday, November 24, armed Israeli militias forced children out of the Palestinian National Theatre (El-Hakawati Theatre) in occupied Jerusalem. These weapons will certainly attract less attention than a few harmless smoke flares raised in front of the cultural ambassadors of the State of Israel.

The genocide—characterized as such by the relevant international legal bodies—continues before our eyes. And you, what are you doing?

Not only have you invited the Israel Philharmonic Orchestra (IPO) and its principal conductor, official ambassadors of a colonial state in the midst of committing genocide; not only have you welcomed musicians who relay the dehumanization of Palestinians through reprehensible disinformation on their social media—for instance, Eleonora Lutsky speaking of “Hamaswood,” or Kirill Mihanovsky referring to Palestinians as “monstrous neighbors”; not only have you taken peaceful activists to court for calling for the legitimate boycott of Israeli cultural institutions that participate in the normalization of genocide—you have chosen to plunge your institution deeper into falsehood, hoping never to have to assume your responsibilities before history and before justice.
You lied to your employees during an extraordinary general assembly, describing peaceful activists as violent, ignoring the racist and homophobic insults from part of the audience, and claiming you did not know the orchestra would play the Israeli anthem even though they perform it regularly on tour. Yes—the anthem was not played in response to the action of our comrades; it was a premeditated act.

You were cordially invited—considering the Palestinian calls and in accordance with international law—to cancel the appearances of Lahav Shani, the IPO, and the Jerusalem Quartet due to the institutional role they play in the cultural whitewashing of the crime of genocide committed by Israel. To these calls you again responded with falsehoods and with the blatant instrumentalization of Palestinian artists programmed in your institution, using them to justify your collaboration with the cultural institutions of a genocidal state.
This Tuesday, November 25, you chose to fully assume this political agenda and drag your entire institution into the propaganda narrative by agreeing to Lahav Shani’s request to address your employees. His “explanation” was nothing more than a renewed condemnation, describing peaceful protest as an “armed attack” against Israeli identity. Yet every call to boycott you received was very clear: “We are not calling for a boycott of artists because of their Israeli nationality, but because of their institutional participation in the erasure of Palestinian lives orchestrated by the Israeli state.”
You impose propaganda—hasbara—on your employees through these explanations, while refusing dialogue with those who have been warning you from the start about this complicity with the worst. This is your way of silencing Palestinian voices.

Hiding behind the supposed apolitical nature of classical music was already an outrage given the suffering endured by Palestinians over the past two years and in the face of international law. After such relentless efforts to maintain collaboration with the ambassadors of genocide—calling disproportionately on police and judicial force—were we to hope you might come to your senses?
Today you are ready to excuse an affront to human dignity and to international law—just like the anthem of the genocidal state that resounded within your walls. And why? To avoid risking the cancellation of a concert with Martha Argerich because it would look bad among your peers? Or to avoid offending the far-right political and media forces that have supported you unconditionally since November 6, just as they support genocidal policy?

Cast aside your sham humanist values and assume the reactionary agenda you have chosen to adopt by opening your institution’s doors to those who deny the value of Palestinian lives and international law. Your lies continue, because no—this institution is no longer ours. You have handed it over to the fascism eating away at the world; you have made it a banner of dehumanization and the normalization of the darkest hours of our present. You never wished to hear us when we warned you. You turn a deaf ear to the sound of bombs exploding over Gaza, killing thousands of men, women, and children, but you open your stage to those who drop them there—and in Qatar, Iran, Yemen, Lebanon, and Syria as well.

What are we to expect for the concerts of November 30 and January 16? A Philharmonie turned into a bunker, new stronghold of law enforcement and repression in Paris’s 19th arrondissement? A summit of institutions and associations denying the ongoing genocide and—through the very worst form of antisemitism, which consists of conflating all Jews worldwide with the State of Israel—instrumentalizing Jewish history and culture for warlike purposes?
If you cannot hear the suffering of Palestinians, have you at least understood that of your employees and of the music-lovers you are dragging into your outrageous complicity?

In the name of the music we defend, in the name of the humanity we embody, and since this is supposedly still our institution according to you, we call on you to cease all collaboration with Israeli cultural and academic institutions that wash the hands of the perpetrators of genocide.
After having cordially invited you to consider cancelling the appearances of Lahav Shani and the Jerusalem Quartet, we now demand it. And despite the policing habits you embraced on November 6, our demands—and above all the Palestinian voices we relay—will not tolerate any repression from you.
Finally, should all this go unheard, we will be forced to acknowledge that you have failed to meet the political and moral responsibilities of your position, and it will seem justified to demand your resignation in the name of the dignity of the victims of a genocide you have chosen to normalize.
History will judge the perpetrators of genocide and their accomplices. As of today, you sit on the defendants’ bench.

Tahia Falestine!

Artistes pour la Palestine - France
Palestine Action
Union Juive Française pour la Paix
Tsedek
Culture en lutte

 

El 12 de noviembre de 2025, Aysam Jihan Ma’alla murió en Cisjordania. Tenía 13 años
Testimonio de una voluntaria durante la cosecha de aceitunas en Cisjordania

Anna Haunimat, 17-11-2025

Traducido por Tlaxcala

Aysam, que llevaba un mes en coma, murió a causa de un ataque de colonos israelíes y de la intervención del ejército israelí que lanzó gases lacrimógenos en Beita. Aysam Jihad Ma’alla tenía 13 años; participaba en la cosecha de aceitunas con su familia junto a otras familias agricultoras. No estaba en Gaza. Estaba en la zona B de Cisjordania, una zona que debía ser devuelta totalmente a l@s palestin@s cinco años después de los Acuerdos de Oslo (1993), pero que permanece bajo control civil de la Autoridad Palestina y control militar de las fuerzas de ocupación.

La geografía es un destino
—Ibn Jaldún

A principios de octubre de 2025 viajé a Cisjordania para participar en la campaña Harvest Zeytoun con la UAWC (Unión de Comités de Trabajo Agrícola). La UAWC, cuya sede se encuentra en Ramala, es una organización de apoyo a l@s agricultor@s de Cisjordania. Existe desde 1986 y está afiliada a Vía Campesina.

Esta Harvest Campaign se renueva desde hace varios años y

tiene como objetivo permitir a las familias palestinas asegurar su cosecha de aceitunas gracias a la presencia de voluntarios internacionales frente a las agresiones continuas de los colonos israelíes. “BAQA” (بقاء) —palabra árabe que significa “quedarse”— simbolizando firmeza, arraigo y resistencia frente a la ocupación y la violencia de los colonos, es el nombre de esta campaña.

Estos ataques buscan, ante todo, aterrorizar a las familias palestinas agricultoras, impedirles recolectar sus aceitunas y empujarlas a abandonar sus tierras. Una “ley israelí” estipula que cualquier tierra no cultivada durante dos años pasa a manos de las fuerzas de ocupación (+ 5.200 hectáreas confiscadas por Israel entre el 08/10/2023 y el 08/08/2025). También se trata de volver inutilizables estas tierras, en este caso los olivares. Olivos centenarios o replantados son arrancados o quemados por los colonos.

Los ataques violentos y cotidianos de los colonos contra familias palestinas se han intensificado en los últimos tres años (3.041 ataques, de los cuales 150 mortales, entre el 8/10/2023 y el 8/08/2025).
52.300 olivos han sido destruidos en Gaza y Cisjordania desde el 7 de octubre de 2023.
El 16/11/2025, según la agencia oficial palestina WAFA, Ibrahim al-Hamed, director general de Agricultura en Salfit, precisó que 135 olivos de al menos siete años y pertenecientes a tres agricultores habían sido arrancados en el valle de Qana, en la localidad de Deir Istiya. Durante los primeros ocho meses de 2025, el ejército israelí emitió órdenes para talar árboles en una superficie de 681 hectáreas en los territorios palestinos ocupados. El informe de octubre del Consejo sobre las violaciones israelíes indica que, con el apoyo del ejército israelí, los colonos arrancaron o dañaron 1.200 olivos en tierras palestinas. [fuente]

La destrucción casi sistemática de los olivos por parte de los colonos priva a l@s palestin@s de uno de sus recursos esenciales. Pero contribuye también —desde el establecimiento del proyecto sionista en Palestina— a la invención de un mito: el de una tierra sin pueblo, una tierra vacía. Desde 1948, borrar toda huella de una presencia anterior ha sido una constante (casi 500 aldeas arrasadas en 1948, 780.000 personas expulsadas de sus tierras, sin derecho al retorno).

Nosotros, l@s voluntari@s que partimos para intentar frenar esta máquina infernal de destrucción, salíamos cada mañana en pequeños grupos para ayudar a las familias a cosechar. Las jornadas sin intervención de los colonos, obligándonos a abandonar los olivares, eran pocas. Pero cuando se podía, ¡era una fiesta! Terminar la cosecha, comer juntas y juntos, a veces incluso bailar.


Pero también, muchas veces, había que trabajar rápido y en silencio, como pequeñas hormigas intentando engañar la vigilancia de los colonos y terminar antes de sus ataques. El jueves 16 de noviembre, fuimos a un olivar cerca de Huwara con una concejala municipal; una vez más, fuimos agredid@s y expulsad@s por colonos y ejército. Luego nos trasladamos a otro olivar en la entrada de Burin, situado junto a la carretera, frente a la casa del propietario. Muy pronto llegó el ejército y nos ordenó marcharnos, lo que hicimos, y fuimos a casa del agricultor, quien nos ofreció café, té y dulces. El ejército entró en su patio alegando que habíamos violado una zona militar.

Al cabo de una hora, el ejército volvió con un mapa que indicaba que ese olivar —incluida la casa del agricultor— había sido declarado zona militar esa misma mañana. Así avanza, silenciosamente, la colonización: declaración de tierras como zonas militares, confiscación, despojo y luego establecimiento de colonos en esas mismas tierras.


Durante las discusiones surrealistas con el ejército hablé con el propietario y con su esposa. Al ver su cinta bordada y al maravillarme de su belleza, llamó a sus hijas. Llegaron con magníficos vestidos bordados, un cinturón con los nombres de ciudades palestinas, y nos mostraron la página web de su tienda llena de maravillosas prendas bordadas. 

Hablábamos, en cierto modo, de ropa, mientras el ejército nos encerraba en su patio. Ella explicaba: «Para nosotras es cada día. Entran, registran la casa con el pretexto de que somos terroristas, a veces nos arrestan. Nosotras podemos vivir con todo el mundo—cristianos, judíos, musulmanes—pero ellos no, ellos no quieren. Quieren estar solos en nuestras tierras, por eso nos persiguen.» Luego llegó la policía; fuimos detenid@s después de haber sido filmad@s por un colono, por el ejército y por la policía. Abracé fuertemente a estas mujeres que bordan su historia. En el autobús, una soldada explicó que esa mujer era una terrorista, que yo había abrazado a una terrorista, que toda su familia lo era, incluido el niño que nos sirvió café y té y tenía cuidado de nosotras. Después me reuní con mis compañer@s en el autobús; el propietario y otro agricultor también fueron detenidos. Ese autobús acabaría llevándonos, después de tres interrogatorios, toma de huellas, fotografías, un viaje a la frontera jordana, un paso por la policía fronteriza, hasta la prisión de Givon. Solo salimos de allí el martes 21 de octubre por la mañana, acusad@s de violar una zona militar, de participar en un grupo terrorista y de alterar el orden público. Supimos que los dos agricultores también fueron liberados ese mismo día, sin que nunca llegáramos a saber dónde habían sido retenidos.

Si se trata, ciertamente, de un objetivo económico para asfixiar la economía palestina en Cisjordania, se trata también de alimentar la mentira histórica forjada por el sionismo y sus aliados occidentales desde su llegada a Palestina: «Palestina era un desierto; la convertimos en un vergel». La realidad es muy distinta, y lejos de un vergel, lo que han hecho es un infierno.


Los paisajes luminosos, los vergeles, los cultivos en terrazas con muros de piedra seca salpican las colinas, los valles y sus habitantes. En el valle de Qana, por ejemplo, se accede a los olivares por un camino pedregoso (porque la carretera está prohibida por los colonos), atravesando campos de naranjos, limoneros, granados y colmenas, donde aún pasan algunos rebaños de cabras.


Un campesino del Partido Comunista Palestino al que ayudábamos a recoger las aceitunas señalaba en la ladera opuesta la antigua casa de piedra donde vivió antes de 1967, fecha de la invasión de las fuerzas de ocupación israelíes. Nos explicó que antes de la invasión poseía una tarjeta de identidad jordana, pues ese territorio estaba bajo protectorado jordano. Le fue confiscada por las fuerzas de ocupación el mismo día de la invasión. «Jordania combatió un día», nos dijo, «luego se marcharon y nos dejaron bajo los bombardeos israelíes». Desde entonces, los asentamientos se han multiplicado y «vivimos bajo la amenaza permanente de los colonos», dijo señalando las construcciones que cubren las cimas de las colinas como manchas que se extienden como una gangrena imposible de eliminar.

Estaba en los olivares de Beita el 10 de octubre junto a familias palestinas y decenas de otras personas voluntarias internacionales para recoger aceitunas. Fui testiga de uno de estos ataques. Y escribo ahora con urgencia para que la muerte de Aysam, con 13 años, no sea un número más añadido a una lista interminable. No será la última, lo sé. Otras personas ya han muerto desde entonces. Más palestin@s seguirán muriendo bajo los ataques de colonos y las intervenciones de las fuerzas armadas de ocupación. Y otr@s palestin@s seguirán en sus tierras, como lo han hecho desde hace milenios.


Durante uno de estos ataques, en una breve calma, seguí ayudando a una familia palestina a recoger aceitunas, metiéndolas en sacos mientras hablaba con una mujer. Le pregunté, en un inglés rudimentario, qué pensaba del alto el fuego en Gaza. Tras responder riendo «your English is broken!», me dijo tranquilamente, mientras seguía recogiendo: «Nunca han respetado un solo acuerdo; no respetarán este». Luego el ataque de los colonos volvió a comenzar. Esta vez, más numerosos, más violentos. Bajaban corriendo las colinas gritando, apedreando, disparando, incendiando coches. Los niños gritaban «¡Allahu Akbar!» y sus voces rebotaban de colina en colina, como si sus gritos pudieran repeler la brutalidad en la que han nacido.

Gritos contra las masacres, gritos para proteger sus tierras, sus hermanos, hermanas, madres, padres. Gritos para defenderse de una barbarie que desde 1948 arrasa a sus familias, sus casas, sus cosechas, devora sus tierras y vomita muerte bajo la mirada indiferente, a veces falsamente incómoda y otras acusadora, de todos esos ojos occidentales que les ordenan callar, desaparecer, sin ruido, en silencio sobre todo.

En cuanto los colonos empezaron a bajar de las colinas, el ejército —que se había colocado entre ellos y nosotr@s— nos roció inmediatamente con gases lacrimógenos.

Aysam inhaló uno de esos gases. Y murió.

L@s palestin@s, para protegernos, nos pidieron que nos retiráramos. Recogiendo a toda prisa algunas últimas aceitunas y llenando algunos sacos más, empezamos a retirarnos, a disgusto, pero lo hicimos. Y mientras nos marchábamos, y un compañero voluntario me decía: «Nosotr@s, nos vamos; ell@s se quedan», coches destartalados llenos de palestinos llegaban para intentar frenar los ataques desatados de los colonos.

Ese día, los colonos quemaron una decena de coches, volcaron una ambulancia e hirieron a más de 35 personas, entre ellas un fotoperiodista palestino, corresponsal de la AFP [Jaafar Ashtiyeh]. Entonces decidí escribir, contar un poco de lo que vi, después de tantas y tantos otros, porque sí, aunque todo esto no sirva de nada, «habrá que hacer algo», como escribe Éric Vuillard en un libro reciente.

Aysam tenía 13 años. Ya no es el último muerto de las atrocidades cometidas por un Estado criminal concebido por Estados nacidos de genocidios y/o cómplices de ellos durante siglos. Pero será también uno de una larga lista de rostros, de vidas que no ceden, que se niegan a rendirse, que no se venden, que siguen gritando al mundo que seguirán viviendo. Que los olivos volverán a florecer, que la cosecha será hermosa y el aceite verde y brillante como la tierra que lo produjo.

Que estas palabras sean tantas manchas indelebles, rojo sangre, tatuadas en las frentes despreciativas, altivas e inhumanas de los genocidas y de sus cómplices en todo el mundo.

 

On November 12, 2025, Aysam Jihan Ma’alla died in the West Bank. He was 13 years old
Testimony from a volunteer during the olive harvest in the West Bank

Anna Haunimat, 17/11/2025

Translated by Tlaxcala

Aysam, who had been in a coma for a month, died as a result of an attack by Israeli settlers and the intervention of the Israeli army using tear gas in Beita. Aysam Jihad Ma’alla was 13 years old; he was helping his family harvest olives alongside other farming families. He was not in Gaza. He was in Zone B in the West Bank, an area that was supposed to be fully returned to the Palestinians five years after the Oslo Accords (1993), but which remains under the civil control of the Palestinian Authority and the military control of the occupying forces.

“Geography is destiny”
—Ibn Khaldun

I left at the beginning of October 2025 for the West Bank to take part in the Harvest Zeytoun campaign with UAWC (Union of Agricultural Work Committees). The UAWC, headquartered in Ramallah, is an organisation that supports farmers in the West Bank. It was founded in 1986 and is affiliated with Via Campesina.

This Harvest Campaign has been renewed for several years and

aims to enable Palestinian families to secure their olive harvests thanks to the presence of international volunteers in the face of continuous attacks from Israeli settlers. “BAQA” (بقاء) — an Arabic word meaning “to stay” — symbolising steadfastness, rootedness, and resistance in the face of occupation and settler violence, is the name given to this campaign.

These attacks aim first and foremost to terrorise Palestinian farming families, preventing them from harvesting olives and pushing them to abandon their land. An “Israeli law” states that land not cultivated for two years is transferred to the occupying forces (+ 5,200 hectares confiscated by Israel between 08/10/2023 and 08/08/2025). The aim is also to make these lands unusable, in this case, the olive groves. Centuries-old olive trees or newly planted ones are uprooted and burned by settlers.


Violent and daily attacks by settlers against Palestinian families have intensified over the past three years (3,041 incidents, including 150 fatal ones, between 8/10/2023 and 8/08/2025).
52,300 olive trees have been destroyed in Gaza and the West Bank since 7 October 2023.
On 16/11/2025, according to the official Palestinian news agency WAFA, Ibrahim al-Hamed, Director General of Agriculture in Salfit, stated that 135 olive trees, at least seven years old and belonging to three farmers, had been uprooted in the Qana Valley within the locality of Deir Istiya. In the first eight months of 2025, the Israeli army issued orders to cut down trees over an area of 681 hectares in the occupied Palestinian territories. The October report from the Council on Israeli Violations indicates that, with the support of the Israeli army, settlers uprooted or damaged 1,200 olive trees on Palestinian land. [source]

The almost systematic destruction of olive trees by settlers deprives Palestinians of one of their essential resources. But it also contributes — since the establishment of the Zionist project in Palestine — to the fabrication of a myth: a land without people, an empty land. Since 1948, erasing all traces of prior presence has been a constant (nearly 500 villages were razed in 1948, 780,000 people expelled from their lands, without the right of return).

We volunteers, who set out hoping to try to slow this infernal machine of destruction, left every morning in small groups to help families with the harvest. Days without settler intervention forcing us to abandon the olive groves were rare. But when it was possible, it was a celebration! Finishing the harvest, eating together, sometimes even dancing.


But often too, we had to work quickly and in silence, like little ants trying to elude the settlers’ vigilance and finish before their attacks. On Thursday 16 November, we went to an olive grove near Huwara with a municipal councillor; once again we were attacked and chased away by settlers and the army. We then moved to another olive grove at the entrance to Burin, located right by the roadside, opposite the owner’s house. The army arrived very quickly and ordered us to leave, which we did, and we went to the farmer’s house, where he offered us coffee, tea, and pastries. The army entered his courtyard, claiming that we had violated a military zone.

After an hour, the army returned with a map indicating that this olive grove — including the farmer’s house — had been declared a military zone that very morning. This map, produced after a short while, showed how colonisation advances quietly: declaring land as military zones, confiscation, dispossession, and then the establishment of settlers on that same land.


During the absurd discussions with the army, I spoke with the owner and his wife. Seeing her embroidered headband and admiring its beauty, she called her daughters. They arrived with magnificent embroidered dresses, a belt embroidered with the names of Palestinian cities, and showed us the website of their shop filled with beautiful embroidered garments. 

We were “talking clothes,” in a sense, while the army penned us in their courtyard. She explained: “For us, this is every day. They enter, search the house claiming we are terrorists, sometimes arrest us. We can live with everyone — Christians, Jews, Muslims — but them, no, they don’t want to. They want to be alone on our land, that’s why they chase us away.” Then the police arrived; we were taken away after being thoroughly filmed by a settler, the army, and the police. I hugged tightly these women who embroider their history. In the bus, a female soldier explained that this woman was a terrorist, that I had hugged a terrorist, that her whole family was, including the little boy who had served us coffee and tea and taken care of us. Then I joined my comrades on the bus; the owner and another farmer were also arrested. That bus ultimately took us — after three interrogations, fingerprinting, photographs, a trip to the Jordanian border, a stop at border police, and finally to Givon prison — from which we were only released on Tuesday 21 October in the morning, accused of violating a military zone, participating in a terrorist group, and disturbing public order. We later learned the two farmers were also released the same day, though we never knew where they had been held.


If this is indeed an economic strategy to suffocate the Palestinian economy in the West Bank, it is just as much about fuelling the historical lie forged by Zionism and its Western allies: “Palestine was a desert; we made it a garden.” The reality is quite different: instead of an orchard, they have made it a hell.


The luminous landscapes, orchards, terraced fields with dry-stone walls cover the hills and valleys and their inhabitants. In the Qana Valley, for example, one reaches the olive groves by a stony path (because the road is forbidden by the settlers), walking through fields of orange, lemon, and pomegranate trees, and beehives, where a few goat herds still pass.



A farmer from the Palestinian Communist Party whom we helped with the olive harvest pointed to a stone house on the opposite hillside where he lived before 1967, the date of the Israeli occupation forces’ invasion. He explained that before the invasion he held a Jordanian identity card because the territory was under Jordanian mandate. It was confiscated by the occupation forces on the day of the invasion. “Jordan fought for one day,” he told us, “then they left and abandoned us under Israeli bombardment.” Since then, the settlements have multiplied, and “we live under the permanent threat of the settlers,” he said, pointing to the buildings that cover the hilltops, spreading like a gangrene impossible to eliminate.

I was in the olive groves in Beita on 10 October, alongside Palestinian families and dozens of other international volunteers. I witnessed one of these attacks. So I write now in urgency so that Aysam’s death at 13 years old does not become just another number added to an endless list. It will not be the last, I know. Others have already died since. Other Palestinians will continue to die under settler attacks and interventions by the occupying armed forces. And other Palestinians will remain on their land, as they have done for millennia.


During these attacks, in a brief lull, I kept helping a Palestinian family gather olives, putting them into sacks, talking with a woman. I asked her in rudimentary English what she thought of the ceasefire in Gaza. After laughing and saying, “Your English is broken!”, she calmly continued picking olives and said: “They have never respected a single agreement; they will not respect this one.” Then the settlers attacked again. This time, more numerous, more violent. They came charging down the hills screaming, stoning, shooting, burning cars. Children were shouting “Allahu Akbar!” and their voices echoed from hill to hill, as if their cries could push back the savagery in which they were born.

Cries against massacres, cries to protect their land, their brothers, sisters, mothers, fathers. Cries to defend themselves from a barbarism which, since 1948, has taken their families, homes, harvests, engulfed their land, and spewed death under the indifferent, sometimes falsely embarrassed, often accusatory gaze of Western eyes urging them to be silent, to disappear quietly, silently, above all.

As soon as the settlers began running down the hills, the army — which had positioned itself between the settlers and us — immediately fired tear gas at us.


Aysam inhaled the gas. It killed him.

The Palestinians, trying to protect us, asked us to withdraw. Hastily gathering a few more olives and filling a few more sacks, we began to leave — reluctantly, but we did. As we left, and as a fellow volunteer told me, “We are leaving; they remain,” rickety cars full of Palestinians arrived, trying to slow the frenzied settler attacks.

That day, settlers burned about ten cars, overturned an ambulance, and injured more than 35 people, including a Palestinian photojournalist and AFP correspondent [[Jaafar Ashtiyeh]. So I am writing now, to tell a little of what I saw — after many others, certainly — because yes, even if all this changes nothing, “something will have to be done,” as Éric Vuillard put it in a recent book.


Aysam was 13 years old. He is already no longer the last victim of the atrocities committed by a criminal state conceived by states born of genocide and/or complicit in them for centuries. But he will also be part of a long list of faces, of lives that do not give in, that refuse to surrender, that do not sell out, that continue to shout to the world that they will live. That the olive trees will bloom again, that the harvest will be beautiful, and that the oil will be green and bright like the land that produced it.


May these words be as many indelible stains, blood red, tattooed on the disdainful, still haughty, and inhuman foreheads of the genocidaires and their accomplices around the world.