Rafael Poch de Feliu, CTXT, 28/1/2026
Traduit par Tlaxcala
Après Gaza, la question que se pose, avec une sensation de vertige, le secteur conscient de l’opinion publique européenne est de savoir comment expliquer la complicité et la coopération des gouvernements, des institutions et des médias européens avec le génocide colonial israélien. La réponse se trouve dans l’histoire : c’est l’histoire coloniale européenne qui rapproche les gouvernements occidentaux du massacre israélien.
L’industrie
du divertissement est un outil fondamental de l’hégémonisme occidental. En
étroite collaboration avec le complexe politico-militaire, financier et
médiatique, sa production pénètre quotidiennement dans tous les foyers et joue
un rôle idéologique clé, parfaitement identifié et connu. Rétrospectivement, l’industrie
hollywoodienne a réussi à transformer en exploits, épopées et récits
romantiques cette encyclopédie universelle de l’infamie que contient l’histoire
du colonialisme européen, et plus particulièrement celle des Britanniques,
parents directs de l’hégémon actuel. La liste des films glorifiant les grands
crimes coloniaux reste à faire, mais il suffit de citer des classiques tels que
« Lawrence d’Arabie » (1962), « 55 jours à Pékin » (1963), « Zoulou » (1964) ou
« Khartoum » (1966) pour se rappeler comment toute une génération a grandi
bercée et divertie par ce genre exaltant dont elle a intériorisé la légende.
Il est
instructif de comparer la lecture de n’importe quel ouvrage sérieux sur l’action
de l’empire britannique en Inde ou en Chine avec des films tels que « Victoria
et Abdul » (2017) de Stephen Frears ou « Tai Pan » (1986) de Daryl Duke, afin
de mesurer le niveau de bassesse d’un tel bombardement. Frears présente la
relation d’amitié chaleureuse entre la reine Victoria et son serviteur indien à
une époque où les Indiens mouraient de faim dans des crises effroyables
directement liées à la gestion coloniale. Le film de Duke s’inspire de la
figure de William Jardine (1784-1843) pour monter une fiction romantique,
érotique et héroïque autour du principal trafiquant de drogue de l’histoire,
qui a condamné 150 millions de Chinois à la toxicomanie et est devenu l’un des
hommes les plus puissants et les plus riches de son temps.
« Fumez
du tabac de l’Empire » : l’Empire Marketing Board (Bureau
publicitaire de l’Empire, EMB) a produit plus de 800 affiches de publicité
pour inciter les Britanniques à consommer colonial, sans grand succès. Créé en
1926, il a été dissous en 1930.
Après plus
de deux siècles de violence, de racisme et d’exploitation, l’empire britannique
se présente toujours avec hauteur et arrogance comme une entreprise
civilisatrice et exemplaire, aux côtés des empires français, espagnol,
portugais, etc., déclarés défectueux ou manifestement défaillants.
« Pour
certaines nations, comme l’Espagne par exemple, l’ouverture du monde a été une
invitation à la prospérité, au faste et à l’ambition, une ancienne façon de
procéder. Pour d’autres, comme les Pays-Bas et l’Angleterre, ce fut l’occasion
de faire de nouvelles choses, de surfer sur la vague du progrès technologique
», écrit David S. Landes. (Dans : La richesse et la pauvreté des nations,
1998). Cette cohérence avec le « vecteur de progrès » plus qu’ambigu que
souligne avec satisfaction l’illustre historien de Harvard explique peut-être
la nostalgie actuelle et renouvelée de l’empire britannique, dont font état
deux auteurs critiques à l’égard de ce phénomène (Hickel et Sullivan). « Des
livres très influents tels que Empire : How Britain Made the Modern World,
de Niall Ferguson, et The Last Imperialist, de Bruce Gilley, ont affirmé
que le colonialisme britannique a apporté prospérité et développement à l’Inde
et à d’autres colonies. Il y a deux ans, un sondage YouGov a révélé que 32 %
des Britanniques sont fiers de l’histoire coloniale de leur pays »,
soulignent-ils.
Cette même
fierté envers le passé colonial est sans aucun doute honteusement présente dans
de nombreuses autres anciennes nations impériales, mais nulle part ailleurs que
chez les « Anglais des deux côtés de l’Atlantique », que Benjamin Franklin a
définis comme « le noyau le plus important du peuple blanc », ce sentiment n’a
autant de conséquences pour le présent.
« L’empire tel qu’il était a officiellement pris fin dans les années 1960, mais son héritage malheureux est toujours présent dans le monde actuel, où de nombreux conflits éclatent dans les anciens territoires coloniaux », observe Richard Gott dans son ouvrage sur l’impérialisme britannique (Britain’s Empire, 2012). « Si la Grande-Bretagne a connu un tel succès avec ses colonies, pourquoi beaucoup d’entre elles restent-elles des sources importantes de violence et de troubles ? », s’interroge-t-il. Les Britanniques, désormais relégués à l’humble rang d’ajoints du shérif, encore plus que les autres Européens, « ont continué à mener des guerres sur les terres de leur ancien empire au XXIe siècle, et une grande partie de la population britannique est revenue sans broncher à son ancienne position consistant à accepter sans réfléchir ce qui est fait en son nom dans des endroits lointains du monde », explique Gott. Le rôle que jouaient au XIXe siècle la « civilisation », le « commerce » et le « christianisme » imposés aux « sauvages » est désormais joué par l’idéologie des droits de l’homme, de l’égalité de genre et autres nobles causes. Pour toutes ces raisons, se souvenir des exploits exemplaires d’un empire aussi vertueux n’est pas un exercice historique, mais un impératif pour comprendre le présent et, en particulier, pour comprendre la complicité européenne (politique, financière, commerciale, militaire et médiatique) dans le génocide palestinien.
Le goulag
britannique
L’empire
britannique était une dictature militaire dans laquelle les gouverneurs
coloniaux imposaient la loi martiale à la moindre dissidence. Pendant plus de
200 ans, il a été le théâtre de révoltes constantes et de violences
répressives. Dans la métropole même, des centaines de milliers de personnes ont
été confinées dans le goulag insulaire de Sa Majesté. En particulier après que
l’indépendance des USA eut mis fin à ce territoire colonial du Nouveau Monde –
dans les trente années précédant 1776, un quart des immigrants arrivés au
Maryland étaient des condamnés –, des îles des Caraïbes comme les Bermudes et
Roatán, au Honduras, d’Asie, comme Penang, en Malaisie, ou de l’océan Indien
comme les Seychelles ou les Andaman, faisaient partie du pénitencier insulaire
britannique, qui envoyait également de nombreux prisonniers indiens et chinois
à Singapour. Au XIXe siècle, les Seychelles étaient une prison pour les chefs
de révoltes et les notables locaux, de Zanzibar, de Somalie, d’Égypte ou du
Ghana, qui, pour une raison ou une autre, ne pouvaient être exécutés. L’archevêque
Makarios, leader des nationalistes chypriotes grecs, y fut emprisonné jusqu’en
1956. Mais c’est l’Australie, la grande île-continent offrant des espaces
illimités, qui fut la grande destination dont le gouvernement avait besoin pour
les déchets sociaux de sa révolution industrielle catastrophique, grand jalon
de ce « progrès » commenté par Landes.
En 1840, la
moitié de la population de Tasmanie, soit environ 30 000 personnes, était
composée de détenus. Comme il était coûteux de maintenir les prisonniers dans
les prisons métropolitaines, les peines minimales de déportation vers l’Australie
pour s’en débarrasser, même pour de petits vols, étaient de sept ans. Entre
1788 et 1868, 162 000 condamnés ont été envoyés en Australie, parmi lesquels 4
000 syndicalistes, chartistes, luddites, les célèbres « filles de Rebecca » du
Pays de Galles, qui détruisaient les péages et les barrières pour protester
contre la privatisation et les péages sur les routes, ainsi que 2 000
révolutionnaires irlandais.
La terrible
situation des personnes persécutées et condamnées dans la métropole, qui à leur
tour persécutaient et massacraient la population indigène dans les colonies,
comme cela s’est produit de manière si féroce aux USA avec les nations
indiennes, s’est répétée dans d’autres colonies européennes et également en
Australie. En 1824, le gouverneur militaire de Nouvelle-Galles du Sud a
autorisé les colons, dont beaucoup étaient d’anciens condamnés déportés, à tuer
les aborigènes à leur guise. Le gouverneur s’appelait Thomas Brisbane et son
nom de famille donne aujourd’hui son nom à l’une des grandes villes
australiennes.
Below
Decks
(Sous les ponts), par Rodney K. Charman (1995). Représentation de l'intérieur
d'un «cercueil flottant» ( long cónra) transportant
des migrants irlandais vers l’Amérique. Collection du musée Knights of Columbus
La famine
en Irlande
Certains
considèrent la famine qui a frappé la Chine pendant le Grand Bond en avant
(1958-1962) comme la plus grave de l’histoire. Un siècle plus tôt, la famine en
Irlande (« An Gorta Mór ») a été bien pire que celle de Chine si l’on tient
compte de la proportion de la population touchée. Avec huit millions d’habitants,
la famine et ses conséquences ont coûté la vie à un à deux millions d’Irlandais.
Certains endroits ont perdu un tiers de leur population, la moitié étant morte
et l’autre moitié ayant émigré. ( Patrick Joyce, Remembering
Peasants. A personal History of a Vanished World, 2024).
« J’ai
visité les vestiges désolants de ceux qui furent autrefois de nobles
Peaux-Rouges dans leurs réserves d’Amérique du Nord et j’ai exploré les
quartiers noirs où les Africains sont dégradés et réduits en esclavage »,
écrivait en 1847 James Hack Tuke, un philanthrope quaker anglais, dans une
lettre après sa visite à Connaught, « mais je n’ai jamais vu autant de misère,
ni une dégradation physique aussi avancée, que celle des habitants des
marécages d’Irlande ».
D’autres
pays comme la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Russie ont
également souffert du mildiou de la pomme de terre en 1846/1847, mais
contrairement à ce qui s’est passé en Irlande sous la domination britannique,
ils ont freiné les exportations des autres denrées alimentaires pour compenser
la perte. La politique anglaise destinait à l’exportation les denrées
alimentaires produites en Irlande, une stratégie dont le maintien était
considéré comme plus important que la vie des Irlandais. L’un des protagonistes
de cette politique, le sous-secrétaire au Trésor Charles Trevelyan, était plus
préoccupé par la « modernisation » de l’économie irlandaise que par le
sauvetage de vies humaines, et il a donc vu dans la famine une occasion d’appliquer
des réformes radicales de libre marché.
« Nous n’avons
aucun doute que, en raison des lois impénétrables mais immuables de la nature,
le Celte est moins actif, moins indépendant et moins travailleur que le Saxon.
Telle est la condition archaïque de sa race », écrivait The Times, le
quotidien central de l’establishment impérial.
The
Economist,
le même hebdomadaire qui, dans les années 1990, prônait les vertus de la
thérapie de choc russe, qui a fait un demi-million de victimes, principalement
des hommes en âge de travailler, tout en dénigrant la mauvaise réforme
chinoise, avait publié le 30 janvier 1847 un éditorial consacré à la crise
irlandaise : « Que les innocents souffrent avec les coupables est une triste
réalité », disait-il, « mais c’est l’une des grandes conditions sur lesquelles
repose l’existence de toute société. Chaque violation des lois de la morale et
de l’ordre social entraîne sa propre punition. C’est la première loi de la
civilisation ». (Dans : The Economist and the Irish Famine, par Crooked
Timber )
Depuis le
XVIe siècle, une dîme était en vigueur en Irlande, obligeant les
Irlandais, majoritairement catholiques, à verser un dixième de leurs revenus
annuels pour financer l’Église protestante. Jusqu’en 1829, les catholiques qui
refusaient de prêter serment d’allégeance à la couronne protestante ne
pouvaient accéder à la fonction publique. Pendant la famine, les théologiens
protestants anglais attribuaient le fléau de la pomme de terre au « papisme »,
c’est-à-dire au catholicisme, qui avait « provoqué la colère de Dieu ». L’hebdomadaire
satirique Punch publiait régulièrement des caricatures présentant les
Irlandais comme des singes brutaux, sales, paresseux, violents et seuls
responsables de leur propre malheur.
En 1847,
alors que le Times ignorait les ravages de la famine, une campagne d’aide
fut lancée aux USA, mettant en évidence l’inaction du gouvernement de Londres.
Les colis portant la mention « Irlande » étaient transportés gratuitement par
chemin de fer et 114 navires furent affrétés pour acheminer l’aide.
L’holocauste
irlandais se poursuivait pour ceux qui parvenaient à émigrer. Au cours du
dernier des trois siècles de traite négrière, au cours desquels environ dix
millions d’Africains ont été transférés vers le Nouveau Monde, la moitié d’entre
eux ayant péri pendant la capture et le transport, selon l’un des grands
historiens de ce trafic (Joseph Miller, 1988, dans Way of Death), les
émigrants irlandais ont connu un sort similaire. Sur les navires anglais qui
transportaient les émigrants irlandais vers l’Amérique, les conditions étaient
si épouvantables qu’un sur quatre mourait pendant le voyage ou dans les six
mois suivant son arrivée dans le Nouveau Monde. La mortalité enregistrée sur ce
qui était décrit comme des « cercueils flottants » n’était pas inférieure à
celle des navires transportant des esclaves africains vers les colonies. Le
fait que cette mortalité ait été particulièrement élevée sur les navires
anglais témoigne d’une négligence criminelle manifeste : pour chaque décès d’un
émigrant à bord d’un navire américain, il y en avait quatre sur un navire
britannique, et pour chaque malade arrivant aux USA sur un navire américain, il
y en avait cinq sur un navire britannique. En 1847, sur les 98 000 émigrants
arrivés au Canada à bord de navires anglais, 25 000 sont morts pendant le
voyage ou dans les six mois suivant leur arrivée. Tout cela a fait la une des
journaux américains et canadiens, mais le Times de Londres l’a ignoré.
Le gouvernement britannique n’a commencé à prendre des mesures qu’en 1854, sept
ans plus tard. (Thomas Gallagher, La lamentation de Pady 1846-1847. Prélude
à la haine, 1982. Version espagnole 2007. Toujours
inédit en français).
L’industrie
du divertissement a complètement ignoré la famine en Irlande, mais en 2018, une
rare exception irlandaise produite au Luxembourg a présenté « Black 47 », du
réalisateur et scénariste Lance Daly, un film d’action au rythme effréné de
western construit sur la trame de cette tragédie historique. The Times a
cette fois souligné la « théâtralité machiste » du film, dont il a noté que «
tout est profondément absurde, mais dans un contexte troublant de profondeur ».
The Independent a souligné le caractère « excessivement sombre » de ce
qu’il a qualifié de « western de pacotille » en référence aux westerns
spaghetti, et The Guardian a regretté que « la caricaturisation des
méchants diminue l’impact » de ce film formidable qui a néanmoins été un succès
au box-office...
L’Irlande à
l’Ouest et la Birmanie à l’Est ont été les territoires les plus puissants et
les plus tenaces dans leur résistance aux Anglais, c’est pourquoi la répression
y a été particulièrement dure, mais en Inde aussi, les bouleversements, les
famines et les révoltes ont été chroniques.
Fresque sur les murs du Shaheed-Smarak ou Auditorium du Mémorial des Martyrs à Jabalpur MP (Inde), représentant le Mouvement Quittez l'Inde par l'artiste local Beohar Rammanohar Sinha de Santiniketan.
Inde
Selon une
estimation récente, rien qu’au cours des quarante années allant de 1880 à 1920,
la colonisation britannique a causé en Inde environ 100 millions de morts,
provoquées par l’appauvrissement de la population et la fréquence et la
mortalité accrues des famines. (Jason Hickel, Dylan
Sullivan, How British colonialism killed 100 million Indians in 40 years).
« Il s’agit
de l’une des plus grandes crises de mortalité induite par des politiques dans l’histoire
de l’humanité », soulignent les auteurs. « Elle est plus importante que le
nombre total de décès survenus pendant toutes les famines de l’Union
soviétique, de la Chine de Mao, de la Corée du Nord, du Cambodge de Pol Pot et
de l’Éthiopie de Mengistu », toutes survenues au XXe siècle,
précisent-ils. Avant cela, en 1770, une grande famine a ravagé le Bengale,
tuant environ 10 millions de ses habitants, soit un tiers de la population. La
situation a été aggravée par le monopole sur le riz et d’autres produits imposé
par la Compagnie britannique des Indes orientales qui gouvernait le territoire.
L’effondrement et les taxes, combinés à la sécheresse et à la famine, ont
marqué le début de la domination anglaise en Inde, une situation qui allait
durer 200 ans.
Dès son
arrivée sur le sous-continent au XVIIe siècle, la Grande-Bretagne a
détruit le secteur manufacturier indien, qui exportait des tissus dans le monde
entier. Le régime colonial a supprimé les droits de douane sur les produits
textiles britanniques et a créé un système de taxes et de barrières internes
qui empêchaient les Indiens de vendre leurs produits dans le pays et encore
moins de les exporter. « Si l’histoire de la domination britannique en Inde
devait être résumée en une seule donnée, ce serait celle-ci : entre 1757 et
1947, il n’y a pas eu d’augmentation du revenu par habitant et, dans la seconde
moitié du XIXe siècle, les revenus ont certainement diminué de plus
de 50 % », explique Mike Davis (Late victorian Holocausts, 2002). La
nouvelle économie coloniale a fragilisé les populations face aux sécheresses et
aux phénomènes naturels défavorables qui ont favorisé la famine. Selon l’historien
Robert C. Allen (Global Economic History: A Very Short Introduction,
2011), sous la domination britannique, l’extrême pauvreté est passée de 23 % en
1810 à plus de 50 % au milieu du XXe siècle, les salaires réels ont
diminué et les famines sont devenues plus fréquentes et plus meurtrières. Un
passé lointain ?
Le plus important homme politique anglais de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill, mort en 1965, était un raciste avoué. Dans les années 1940, il qualifiait les Indiens de « peuple bestial avec une religion bestiale » et, à propos de la famine de 1943 au Bengale, qui fit trois millions de morts, il affirmait que « c’était de leur faute s’ils se reproduisaient comme des lapins ». En 1919, Churchill s’est déclaré « totalement favorable à l’utilisation de gaz toxiques contre les tribus non civilisées » [en Irak et en Palestine, NdT]. Dans les années 1930, il qualifiait les Palestiniens de « hordes barbares qui ne mangent que du fumier de chameau ». Avant la guerre, il était un admirateur de Mussolini (« je ne pouvais m’empêcher d’être charmé par son attitude aimable et simple et son calme aplomb ») et avait des mots élogieux pour Hitler en 1937, l’année de Guernica : « on peut détester le système de Hitler et pourtant admirer ses réalisations patriotiques. Si notre pays était vaincu, j’espère que nous trouverions un champion aussi admirable qui nous redonnerait courage et nous ramènerait à notre place parmi les nations ». Lors de la campagne électorale de 1955, Churchill a proposé pour le parti conservateur un slogan auquel de nombreux Européens souscrivent aujourd’hui : « Gardons l'Angleterre blanche ! ».
















