L’armée
israélienne affirme que 9 000 terroristes ont été tués depuis le début de la
guerre à Gaza. Des responsables de la défense et des soldats expliquent
cependant à Haaretz qu’il s’agit souvent de civils dont le seul crime a
été de franchir une ligne invisible tracée par les FDI.
Soldats
de l’armée israélienne à Khan Younès, le mois dernier. Photo Olivier Fitoussi
Il s’agissait
d’une annonce de routine de plus de la part de l’armée israélienne. Après le
lancement d’une roquette sur Ashkelon, « un terroriste qui avait tiré la
roquette a été identifié et un avion de l’armée de l’air l’a attaqué et éliminé ».
En apparence, il s’agissait d’une nouvelle statistique dans la liste des
militants du Hamas morts.
Cependant,
il y a plus d’une semaine, d’autres documents relatifs à l’incident ont fait
surface sur Al-Jazeera. On y voit quatre hommes, et non un seul,
marchant ensemble sur un large chemin, en vêtements civils. Il n’y a personne à
proximité, seulement les ruines des maisons où les gens vivaient autrefois. Ce
silence apocalyptique dans la région de Khan Younès a été brisé par une forte
explosion. Deux des hommes sont tués sur le coup. Deux autres, blessés, tentent
de continuer à marcher. Ils pensaient peut-être avoir été sauvés, mais quelques
secondes plus tard, une bombe est tombée sur l’un d’entre eux. On voit alors l’autre
tomber à genoux, puis un boum, du feu et de la fumée.
« Il s’agit
d’un incident très grave », a déclaré à Haaretz un officier
supérieur des Forces de défense israéliennes. « Ils n’étaient pas armés,
ils ne mettaient pas en danger nos forces dans la zone où ils marchaient ».
En outre, selon un officier des services de renseignement qui connaît bien l’affaire,
il n’est pas du tout certain qu’ils aient été impliqués dans le lancement de la
roquette. Selon lui, il s’agissait simplement des personnes les plus proches du
site de lancement - il est possible qu’il s’agisse de terroristes ou de civils
à la recherche de nourriture.
Cette
histoire n’est qu’un exemple, rendu public, de la manière dont les Palestiniens
sont tués par les tirs des FDI dans la bande de Gaza. On estime aujourd’hui à plus
de 32 000 le nombre de morts parmi les habitants de Gaza. Selon l’armée, quelque 9 000 d’entre eux sont des terroristes.
Images
de l’attaque publiées par Al Jazeera. Avertissement : contenu pénible
Cependant,
un grand nombre de commandants de l’armée de réserve et de l’armée permanente
qui se sont entretenus avec Haaretz ont mis en doute l’affirmation selon
laquelle tous ces hommes étaient des terroristes. Ils laissent entendre que la
définition du terme “terroriste” est sujette à de nombreuses interprétations.
Il est tout à fait possible que des Palestiniens qui n’ont jamais tenu une arme
de leur vie aient été élevés au rang de “terroristes” à titre posthume, du
moins par les FDI.
"Dans
la pratique, un terroriste est toute personne que les FDI ont tuée dans les
zones où leurs forces opèrent", explique un officier de réserve qui a
servi à Gaza.
Les chiffres
de l’armée ne sont pas secrets. Au contraire, ils sont devenus au fil du temps
une source de fierté, peut-être ce qui se rapproche le plus d’une « image
de victoire » qu’Israël a obtenue depuis le début de la guerre. Mais cette
image n’est pas tout à fait authentique, comme l’explique un officier supérieur
du commandement sud, très au fait de la question.
« Il
est étonnant d’entendre, après chaque opération, les rapports sur le nombre de
terroristes tués », explique-t-il : « Il n’est pas nécessaire d’être
un génie pour comprendre qu’il n’y a pas des centaines ou des dizaines d’hommes
armés qui courent dans les rues de Khan Younès ou de Jabaliya et qui combattent
les FDI ».
Alors, à
quoi ressemblent vraiment les batailles à Gaza ? Selon un officier de réserve
qui s’est rendu sur place, « il y a généralement un terroriste, peut-être
deux ou trois, caché dans un bâtiment. Ceux qui les découvrent sont des
combattants équipés de matériel spécial ou de drones ».
L’un des
rôles de cet officier était d’informer les échelons supérieurs du nombre de
terroristes tués dans la zone où lui et ses hommes se battaient. « Il ne s’agissait
pas d’un débriefing officiel où l’on vous demande de présenter tous les corps »,
explique-t-il. « Ils vous demandent combien et je donne un chiffre basé
sur ce que nous voyons et comprenons sur le terrain, et nous passons à autre
chose ».
Enfants
à Khan Younès vendredi 29 mars. Photo Ahmed Zakot/Reuters
Il souligne :
« ce n’est pas que nous inventons des corps, mais personne ne peut
déterminer avec certitude qui est un terroriste et qui a été touché après avoir
pénétré dans la zone de combat d’une force de Tsahal ». En effet, un
certain nombre de réservistes et d’autres soldats qui se trouvaient à Gaza ces
derniers mois soulignent la facilité avec laquelle un Palestinien est inclus
dans une catégorie spécifique après sa mort. Il semble que la question ne soit
pas de savoir ce qu’il a fait mais où il a été tué.
Au cœur d’une
zone de mise à mort
La zone de combat
est un terme clé. Il s’agit d’une zone dans laquelle une force s’installe,
généralement dans une maison abandonnée, et dont les abords deviennent une zone
militaire fermée, sans qu’elle soit clairement identifiée comme telle. Un autre
terme pour désigner ces zones est celui de “kill zones” [zones de mise à mort”].
« Dans
chaque zone de combat, les commandants définissent de telles zones de mise à mort »,
explique l’officier de réserve. "Il s’agit de lignes rouges claires que
personne n’appartenant pas à Tsahal ne peut franchir, afin que nos forces
présentes dans la région ne soient pas touchées. Les limites de ces zones d’abattage
ne sont pas déterminées à l’avance, pas plus que leur distance par rapport à la
maison où se trouvent les forces ».
L’armée d’Israël
s’est comportée comme on l’attendait d’elle. C’est exactement ce qu’on attend d’elle.
Le concert d’hypocrisie et de bien-pensance pharisienne internationales qui s’est
élevé après l’assassinat de sept travailleurs humanitaires de la World Central
Kitchen est une injustice pour les forces de défense israéliennes et une
injustice encore plus grande pour les milliers d’autres victimes. Quelle est la
différence entre un jour et un autre ? Quelle est la différence entre une
personne tuée et la suivante ? Qu’est-ce qui a changé lundi soir avec l’attaque
contre les sept travailleurs humanitaires ?
Emad Hajjaj
Même les
promesses d’Israël de mener une enquête approfondie sont tout à fait ridicules
: Qu’y a-t-il à enquêter ici ? Qui a donné l’ordre ? Qu’est-ce que cela change
de savoir qui a donné cet ordre ? N’y a-t-il pas eu d’innombrables ordres de ce
genre pendant la guerre ? Des dizaines de milliers d’ordres d’ouvrir le feu
pour tuer des journalistes, des équipes médicales, des personnes portant des
drapeaux blancs, des gens qui ont été déracinés et qui n’ont rien, et surtout
des enfants et des femmes.
Allez-y,
faites sauter une université à Gaza, mais suivez la procédure !
Les FDI ont
bombardé à trois reprises un convoi d’aide humanitaire de la WCK, visant un
membre armé du Hamas qui ne s’y trouvait pas.
Si seulement
Israël considérait toutes ses victimes de Gaza comme un désastre en termes de
relations publiques.
Des personnes se rassemblent autour du véhicule utilisé par l’organisation humanitaire usaméricaine World Central Kitchen après qu’il a été touché par une frappe israélienne la veille à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, mardi. Photo AFP
Avez-vous
entendu parler des champs de mort et de destruction révélés dans Haaretz
par Yaniv Kubovich, le seul correspondant militaire en Israël qui a également
révélé les détails de l’attaque contre les travailleurs humanitaires ? Tel est
l’esprit de Tsahal dans cette guerre, le seul. Qu’y a-t-il à enquêter ?
Il n’y a
aucune différence, aucune, entre l’attaque de l’hôpital Al-Shifa - qui a duré
deux semaines et a laissé des centaines de cadavres dans la poussière et un
hôpital dont il ne reste plus une pierre sur l’autre - et l’assassinat des sept
travailleurs humanitaires dans leur véhicule. Dans les deux cas, l’armée savait
qu’elle allait blesser des innocents, dans les deux cas, la justification était
les membres du Hamas qui s’y cachaient, dans les deux cas, il s’agissait de
cibles humanitaires qu’il est interdit de frapper.
Nous ne
saurons jamais combien de personnes ont été tuées à Al Shifa et combien d’entre
elles étaient réellement des terroristes, mais il est parfaitement clair que
beaucoup des personnes qui ont été tuées étaient des patients et des personnes réfugiées
dans l’hôpital. Israël s’en est réjoui et le monde est resté silencieux. Quelle
excellente opération chirurgicale, au milieu des décombres de ce qui avait été
un centre médical important, le seul de toute la bande de Gaza.
Tout le
monde sait également que l’attaque contre les travailleurs humanitaires n’était
pas intentionnelle, qu’il s’agissait d’une erreur - après tout, les FDI ne sont
pas comme ça, nos soldats ne sont pas comme ça. Même lorsqu’il est absolument
clair qu’il n’y a pas eu d’erreur, ni d’écart par rapport aux ordres et aux
procédures.
Ce que les
soldats ont appris à AlShifa, ils l’ont
également mis en œuvre à Deir al-Balah. Ceux qui se sont tus à propos d’Al
Shifa feraient bien de se taire à propos de la World Central Kitchen. Même les
ratios sont similaires : tuer sept personnes pour obtenir la tête d’un
terroriste, dont personne ne connaît avec certitude l’identité et le crime. En
tout cas, il n’était pas dans la voiture, ni lui ni Yahya Sinwar.
L’aide
humanitaire transportée par World Central Kitchen arrive à Gaza le mois
dernier. Photo FDI via AP
Le terme “terroriste”
est le plus souple du lexique israélien. Dans les zones de combat, il désigne n’importe
quel individu. C’est ainsi que le pharisaïsme est arrivé en Israël également.
Le premier ministre a regretté l’assassinat des travailleurs humanitaires -
pourquoi regrette-t-il soudainement, et à propos de quoi exactement ? Le chef d’état-major
de l’armée israélienne déclare qu’une erreur s’est produite - quelle erreur,
avec le tir de trois roquettes sur trois voitures parfaitement identifiées ? Et
les FDI ont enquêté à la vitesse de la lumière.
En tête de
liste, curieusement, la critique gastronomique Ruthie Rousso. Très engagée dans
cette guerre, elle a apporté son aide aux Israéliens délogés et aux familles
des otages. Mme Rousso a travaillé avec les responsables de la World Central
Kitchen, qui opèrent également dans les communautés frontalières de Gaza. « Je
suis anéantie », a-t-elle écrit sur X, ce qui, bien sûr, est déchirant.
Mais la
Rousso anéantie est la même personne qui a écrit il y a exactement trois ans
sur Twitter : « Ils sont tous du Hamas. Personne n’est à l’abri (à part
les animaux qui sont là) ».
Que dire de
plus ? Si personne à Gaza n’est innocent, à part les animaux, c’est bien que
les FDI ont aussi tué les amis de Rousso de la WCK. Ou peut-être que leur sang
étranger est plus épais que le sang fluide et de second ordre des Palestiniens,
et que leur race est supérieure ?
L'apparente stabilité de l'Italie institutionnelle
cache aujourd'hui une réalité sociale complexe. Sa narration politique est
également contestée. À seulement 28 ans, Michele Sodano fut élu en 2018 député
national de la région d'Agrigente, en Sicile. À l'époque, il appartenait au
Mouvement 5 étoiles (Movimento 5 Stelle, ou M5S). Dans ces années-là, cette
organisation était un phénomène national particulier, en raison de son pouvoir
de convocation et de la diversité de ses positions internes. M. Sodano a terminé
son mandat en octobre 2022, mais plus en tant que représentant du M5S. En
raison de divergences avec la direction, il fut exclu de son parti en février
2021, en même temps qu'une vingtaine de ses collègues parlementaires. Malgré
son jeune âge, M. Sodano a accumulé un vaste curriculum professionnel. Diplômé
en économie de l'université de Milan et en administration de l'université de
Copenhague, il a travaillé pour le Programme des Nations unies pour le
développement et dans diverses entreprises privées. Il dirige actuellement Immagina,
une organisation/espace de travail collectif et un lieu de référence pour les
rencontres de solidarité, situé dans le centre d'Agrigente. Interview.
Q : Entre 2018 et 2022, vous avez été député
national, que retenez-vous de cette expérience ?
MS : C'était très
riche, pas du tout négatif. Cela m'a permis de mieux comprendre l'essence de
beaucoup de choses. En particulier, l'énorme vide de la politique
institutionnelle et traditionnelle. J'ai l'impression - et ce que je dis est
peut-être provocateur - que la différence aujourd'hui en Italie entre la droite
et la gauche est fondamentalement une différence de narration, et non de
contenu essentiel. Une narration que beaucoup de gens regardent comme s'il
s'agissait d'un épisode de Big Brother
ou d'une émission de Netflix. Cela a
été particulièrement évident après les années du gouvernement Berlusconi, qui a
fait de la politique un spectacle. Cela a conduit beaucoup de personnes à ne
pas comprendre que la politique en général - et le Parlement en particulier -
n'ont pratiquement aucun pouvoir réel aujourd'hui en Italie, aucune capacité à les
représenter.
Q : C'est une affirmation très forte. Alors qui a
le pouvoir en Italie aujourd'hui ?
MS : La grande
finance, comme dans toute l'Europe, où règne ce capitalisme néolibéral
dominant. L'Italie n'a pas de défenses immunitaires contre ce système. Elle a
une tradition et une histoire extraordinaires qui permettent encore aux gens de
penser qu'ils vivent dans un bon pays. Mais en réalité, ici, les
multinationales et le capital financier peuvent faire ce qu'ils veulent et
gouverner à leur guise. Je l'ai découvert lorsque j'étais député. La différence
entre Giorgia Meloni aujourd'hui et le Parti démocrate (ex-Parti communiste) ou
le Mouvement 5 étoiles hier, n'est que narrative. En réalité, ce que Madame Meloni
met en œuvre aujourd'hui, en 18 mois de mandat, c'est ce que le gouvernement de
coalition de Giuseppe Conte puis celui de Mario Draghi ont fait dans la période
précédente. Ce sont eux qui ont ouvert les portes à toutes les grandes
privatisations et celles-ci continuent, comme dans le secteur de la santé.
Cependant,
le projet stratégique de Giorgia Meloni est une synthèse des propositions des
trois principaux secteurs qui composent son gouvernement. Son parti, Fratelli d'Italia, cherche des réformes
pour remplacer la démocratie représentative par un système présidentiel fort. La Lega de Matteo Salvini propose un
modèle d'autonomie régionale, pour continuer à favoriser le nord au détriment
du reste de l'Italie. Forza Italia,
le parti mafieux créé par Berlusconi, milite pour une réforme de la justice
afin d'instaurer une impunité totale dans le pays. Il n'est pas dit que cette
proposition stratégique sera mise en œuvre, mais ils essaient…
Le drame d'un discours imposé
Q : Dans ce contexte, n'est-il pas vraiment
inquiétant que l'Italie soit aujourd'hui gouvernée par une dirigeante qui puise
ses origines dans le militantisme néo-fasciste ?
MS : Bien sûr que
c'est dramatique, parce que Madame Meloni et la droite avancent des
propositions idéologiques très négatives pour le développement de la conscience
humaine. Parce que leur xénophobie, leur peur de l'autre, leur rage contre ceux
qui sont différents d'un point de vue idéologique, tout cela crée d'énormes
dégâts et est très dangereux.
Q : Pensez-vous que ces impulsions, ces messages et
ces concepts sont irréversibles ?
MS : Je ne peux
pas évaluer le niveau de réversibilité ou d'irréversibilité des arguments avancés
par l'extrême droite. L'histoire est faite de thèses, antithèses et synthèses.
Je ne peux pas dire si l'antithèse de tous ces abominables contenus
idéologiques sera atteinte. Ce que je constate, c'est un démantèlement accéléré
de tout ce qui est culturel, au sens large du terme. Aujourd'hui, je perçois
que beaucoup de gens ont peur des immigré·es et reprennent sans arguments le
message des "immigrés ou réfugiés qui ne viennent que pour voler et
profiter". Il existe sans doute encore un secteur conscient et solidaire
dans la société italienne, mais il est réduit. Il existe aussi un groupe
majoritaire parmi les secteurs populaires. Ceux-ci ont peur et souffrent chaque
jour davantage de la crise économique. Face au risque de finir affamés,
beaucoup d'Italien·nes du peuple deviennent conservateurs et adoptent sans
critique les arguments xénophobes.
Q : Avez-vous eu peur lorsque le parti de Madame Meloni,
Fratelli d'Italia, a gagné en 2022 ?
MS : Ce n'était
pas de la peur mais de l'inquiétude. Et plus encore, un sentiment très étrange
: si Madame Meloni est là, c'est parce que le camp progressiste italien a déroulé
le tapis rouge.
Q : Pour bien comprendre, je vous demande à nouveau
: selon vous, le gouvernement actuel promeut plutôt un changement d'idéologie
et de récit politique plutôt qu'un changement profond de programme ?
MS : Je pense que
c'est le cas même s’il a une vision stratégique dangereuse. Par exemple, il a
trouvé des arguments et des mesures pour s'opposer aux raves (nombreuses et clandestines, NDLR) pour interdire la viande
synthétique ou encore pour imposer des amendes pour l'utilisation de mots
anglais. Il entraîne l'opinion publique et le débat citoyen autour de ces
questions non essentielles.
Cependant,
dans le même temps, il annule les dettes historiques des grandes entreprises et
permet aux multinationales de faire ce qu'elles veulent. Il annule le Reddito di cittadinanza [Revenu de citoyenneté], cette
subvention très importante de 700 euros pour chaque famille en-dessous du seuil
de pauvreté, l'une de nos grandes réalisations lorsque notre Mouvement 5
étoiles était au gouvernement. C'est terrible, parce qu'avec leurs mécanismes
médiatiques, Madame Meloni et les siens imposent comme vérité absolue que cette
subvention était injuste et que “les gens doivent travailler”. Comme
si le problème n'était pas la pauvreté systémique d'une grande partie de la
population, mais le refus de travailler. Ils investissent tout et profitent de
la pauvreté et du désespoir des gens. C'est pourquoi j'insiste pour parler du
grand problème du récit politique des groupes dominants.
Q : Le récit de la droite et le démantèlement des
conquêtes sociales...
MS : Sans aucun
doute. Lorsqu'en 2018, notre mouvement a acquis l’ampleur qui lui a permis
d’arriver au gouvernement, nous avons eu le sentiment que la justice avait
triomphé. J'ai été élu député avec le soutien de plus de 50 % des électrices et
électeurs de ma ville. Beaucoup d'Italien·nes ont vécu tout cela comme une
révolution extraordinaire. Nous avons pu légiférer sur des avancées
impressionnantes, comme la subvention pour les plus démuni·es, ou l'obligation
de contrats de travail fixes et sûrs après deux ans de travail dans la même
entreprise. Nous avons réussi à abolir la publicité pour les jeux d'argent dans
un pays où ces jeux augmentaient sans cesse en raison du désespoir économique
de nombreuses personnes. Mais rapidement, les concessions à la droite et à
l'extrême droite ont commencé et nous avons perdu chaque jour un peu plus de
terrain.
La chute d'une grande illusion
Q : Cela a-t-il provoqué une crise interne au sein
du Mouvement 5 étoiles ?
MS : C'est exact.
Un groupe d'entre nous qui, en tant que députés européens, ne soutenait pas la
nomination de Mario Draghi au poste de premier ministre en 2021, a été exclu du
Mouvement et a formé un groupe parlementaire indépendant. Draghi, selon nous,
représentait l'élite européenne néolibérale et mondialiste. Il a été directeur
exécutif de la Banque mondiale puis, pendant huit ans, président de la Banque
centrale européenne. L'extrême droite et la droite, ainsi que le parti
démocrate et le M5S, se sont à nouveau rangés derrière lui. Sa nomination était
quelque chose que notre décence politique ne pouvait plus accepter.
Q : Lorsque la guerre a éclaté en Ukraine, votre
groupe de membres expulsés du M5S s'est distancié de tout soutien militaire à
l'Ukraine et à ce conflit en général...
MS : En effet.
Cette guerre sape tout rôle stratégique que l'Europe entend jouer. En tant que
continent, nous ne sommes que des vendeurs d'armes alors que nous aurions dû
faire entendre une voix forte et alternative en faveur de la paix. Et
attention, je pense qu'il aurait fallu encourager une distance saine avec
Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine. J'ai le sentiment qu'aujourd'hui
l'Europe, en tant que concept d'un projet original dans la construction d'un
continent égalitaire et juste, est très affaiblie.
Q
: Enfin, votre organisation IMMAGINA vient d'ouvrir ses portes pour présenter
Grand Hotel Coronda, un livre écrit par les prisonniers politiques de la prison
argentine de Coronda pendant la dictature militaire. Et dans la même salle se
tiennent les réunions régulières des différents groupes et forces qui prônent
la paix en Palestine...
MS
: Pour nous, IMMAGINA est un espace ouvert, en construction, humain et
profondément solidaire. L'objectif principal que nous poursuivons est de donner
un petit sens d'éternité à ce moment que nous vivons ici et maintenant. Il ne
s'agit pas d'un projet achevé ou fermé. Les portes de nos locaux sont ouvertes
à tous. Nous avons l'intention, en particulier ceux d'entre nous qui font
partie d'IMMAGINA, de nous réapproprier la vie. Et cela implique deux concepts
principaux : faire communauté et contribuer au bonheur collectif. Dans notre
pratique collective, nous cherchons à promouvoir des activités et des
propositions au niveau micro sans oublier le niveau macro de notre ville et de
notre région. Avec beaucoup d'humilité et pas à pas, sans désespoir.
La solidarité internationale continue de mobiliser des groupes
de solidarité active. Peinture murale de Rosk & Loste, quartier de La
Kalsa, Palerme. Photo Sergio Ferrari.
Dans
ce contexte, la solidarité est pour nous un concept fondamental. Combattre tout
ce qui appauvrit aujourd'hui notre société planétaire : les frontières, les
guerres qui profitent à quelques multinationales, les polarisations entre les
régions et les États. Nous sommes tous des êtres humains issus d'une seule et
même planète. Nous devons nous préserver les uns les autres, ne pas nous battre
les uns contre les autres, et prendre soin de notre planète ensemble.
L’apparente stabilità istituzionale dell’Italia nasconde oggi una realtà
sociale complessa. Anche la sua narrativa politica è in discussione.
A soli 28 anni, nel 2018 Michele Sodano è stato eletto
Deputato Nazionale per la circoscrizione di Agrigento, Sicilia. Ha fatto parte
del Movimento 5 Stelle, organizzazione che in quegli anni è diventata un
fenomeno nazionale di particolare interesse per l’incredibile capacità di
coinvolgere la popolazione, nonché per la forte differenziazione delle
posizioni interne. Sodano ha concluso il suo mandato nell'ottobre 2022, non più
come rappresentante del M5S. A causa di divergenze con la leadership legate all’elezione
di Mario Draghi a Premier, nel febbraio 2021 è stato espulso dal suo partito
insieme a una ventina di suoi colleghi parlamentari. Nonostante la sua giovane
età, Sodano ha accumulato un ampio curriculum professionale. Laureato in
Economia presso l'Università Bocconi e specializzato presso l'Università di
Copenaghen, ha lavorato con il Programma di Sviluppo delle Nazioni Unite e in
diverse aziende private. Attualmente dirige Immagina Aps,
associazione/coworking, luogo di riferimento per incontri culturali,
progettazione e solidarietà, che può contare su una struttura situata nel cuore
di Agrigento. Ecco l’intervista esclusiva a questo giovane intellettuale
impegnato, convinto pacifista e riferimento “apartitico” per i gruppi cittadini
della sua città.
D: Come lo presento?
Michele Sodano (MS): Domanda
difficile. Normalmente, nella nostra cultura, ci presentiamo tutti con ciò che
facciamo. Nel mio caso, in questo momento della mia vita, sto dando la priorità
a quelle che ritengo attività per la mia comunità; inoltre apprezzo e valorizzo
al massimo il tempo che posso dedicare a me stesso, cosa che fino ad ora non ho
mai potuto fare. Mi sento molto fortunato se penso di potere rifiutare il
modello imperante della società contemporanea che ci vuole tutti impegnati a
vivere principalmente per il lavoro in azienda e finire così prigionieri di una
logica consumistica che può essere paragonata ad un grande carcere di lusso.
D: Vuole dire che la sua priorità
oggi è quasi esistenziale?
MS: Totalmente. Percepisco intorno a me tante persone
depresse, tristi; questo avviene perché nella maggior parte delle volte, non
sappiamo più nemmeno per cosa si è in vita. I modelli di successo che ci
vengono proposti sono molto lineari: produrre per un’azienda attraverso il
sacrificio del nostro tempo, andare in pensione e poi vivere in libertà forse
solo gli ultimi anni della nostra esistenza. Ma adesso sempre più esseri umani
cominciano ad intuire che la loro vita non debba ruotare interamente intorno ai
concetti di lavoro e reddito. La vita, nel suo miracolo, deve essere molto più
di questo. Io l’ho imparato quando ho dovuto affrontare una pesante malattia
all’età di 17 anni. È stato un momento di totale cambiamento per me. Attenzione
non sto in alcun modo demonizzando il concetto di lavoro, credo però che questo
debba corrispondere a un vero contributo, calibrato sulla nostra natura, le
nostre più intime aspirazioni e le nostre capacità, al mondo che ci circonda e
agli esseri umani che lo popolano.
Politica tradizionale in crisi
D: Una riflessione
sorprendente perché espressa dopo quattro anni vissuti in maniera frenetica, da
un Deputato Nazionale che ha vissuto a Roma, che ha preso decine di voli tra la
capitale italiana e Agrigento, la sua città…
MS: È stata un'esperienza ricca, per niente negativa che
non rinnego affatto. Mi ha permesso di comprendere meglio l’essenza di molte
cose. Non voglio essere arrogante, ma penso che adesso ho maggiore lucidità per
interpretare certe situazioni e fenomeni. In particolare, comprendere
nell’interezza del fenomeno l’enorme vuoto della politica. Ritengo, e forse ciò
che dico può sembrare provocatorio, che oggi, almeno in Italia, la differenza
tra destra e sinistra sia per lo più una questione di narrativa, non di
sostanza o di contenuto essenziale. Siamo bombardati costantemente da una
narrazione come un episodio diuna serie
Netflix, siamo molto lontani da qualsiasi contenuto sostanziale. Ciò è stato
particolarmente evidente dopo gli anni del governo Berlusconi, un ventennio che
ha ridotto quasi a zero gli strumenti di analisi sociale e che ha trasformato
la dimensione politica a quella dello spettacolo. Tutto ciò ha portato la
maggior parte della popolazione a non percepire nemmeno che oggi la politica
tutta, e il Parlamento in particolare, si è svuotata di ogni potere reale,
nessuna capacità di rappresentare il proprio popolo.
D: È un'affermazione molto
dura. Allora chi ha il potere oggi in Italia?
MS: La grande finanza, come in tutta Europa, dove domina
questo capitalismo neoliberista dominante. Ma l’Italia, in particolare, non ha
più difese immunitarie contro questo sistema. Ha una tradizione e una storia
straordinaria che ci inducono a pensare di vivere in un buon Paese. Ma in
realtà qui multinazionali e capitale finanziario possono fare quello che
vogliono, governare come vogliono e porsi all’apice di ogni processo
decisionale. Io ho avuto la possibilità di appurarlo per vie dirette, da Deputato
della Repubblica. La differenza tra Giorgia Meloni, oggi al governo, il Pd (ex
Partito Comunista) e il Movimento 5 Stelle è principalmente di narrativa.
Infatti quello che la Meloni sta mettendo in pratica oggi, in 18 mesi di
governo, non è dissimile da quanto hanno fatto, nel periodo precedente,
Giuseppe Conte o Mario Draghi (ultimi due premier prima della Meloni). Sono
stati proprio loro a spalancare le porte a tutte le principali privatizzazioni,
come quelle nel settore sanitario e delle società pubbliche, che oggi
continuano ad amplificarsi.
Un discorso per vincere la battaglia culturale
D: Secondo la sua analisi, non
sembra poi così drammatico che attualmente l'Italia sia governata da un leader
le cui origini affondano nella militanza neofascista…
MS: Non voglio negare che sia drammatico, perché la
Meloni e la destra, in più rispetto al “campo progressista”, avanzano proposte
ideologiche negative per lo sviluppo della coscienza umana. La loro xenofobia,
l’esasperazione del concetto di patriottismo, la paura dell'altro, la rabbia
verso chi è diverso, dal punto di vista ideologico e sociale creano danni
enormi e sono molto pericolose.
D: Pensa che questi impulsi,
messaggi e concetti siano irreversibili?
MS: Non posso valutare il livello di reversibilità o
irreversibilità degli argomenti imposti dall'estrema destra. La storia è fatta
di tesi, antitesi e sintesi. Non posso dire se, dopo tutti questi abominevoli
contenuti ideologici propagandati direttamente dalla politica governativa, si
raggiungerà una nuova fase di coscienza. Quello che vedo è un tremendo
smantellamento, molto accelerato, di tutto ciò che è “critical thinking” e
conoscenza nel senso più ampio del termine. Un disinvestimento concreto nella cultura,
nell’istruzione, che incide direttamente sulle consapevolezze più radicate dei
cittadini. Oggi, per esempio, molte persone reputano che il problema principale
di questo Paese profondamente indebolito per mano delle banche e delle mafie,
sia la presenza degli immigrati e il messaggio “immigrati o rifugiati che
vengono solo per rubare e farsi gli
affari propri” diventa dilagante, specie nelle fasce meno scolarizzate.
Tuttavia, per fortuna, resiste ancora una nicchia consapevole e solidale;
minoritaria, troppo piccola per incidere e incapace di organizzarsi. E così, di
fronte a una povertà dilagante, molti italiani diventano conservatori e si
appropriano acriticamente di argomentazioni bocciate dalla storia.
“Il campo progressista italiano le ha spianato la strada”
D: Ha avuto paura quando ha
vinto Fratelli d'Italia, il partito della Meloni, nel 2022?
MS: Preoccupazione e soprattutto una sensazione molto
strana: se la Meloni è qui è perché il campo progressista italiano le ha
spianato la strada.
D: Le chiedo ancora, per capire
bene: secondo la sua riflessione, l'attuale Governo, più che profondi
cambiamenti di programma, promuove un cambiamento ideologico e di narrazione
politica?
MS: Penso di sì. Ad esempio, i primi provvedimenti
approvati sono misureridicole, decreti
per opporsi ai “rave party” o per rendere illegale la carne sintetica, o ancora
circolari per vietare l’uso di parole inglesi. E così la politica trascina
tutta l’opinione pubblica e sposta il dibattito popolare su questioni non
essenziali. Ma allo stesso tempo, devo anche dire che si porta il Paese nel
passato, si condonano i grandi imprenditori con enormi evasioni fiscali, si
permette alle multinazionali di avere carta bianca su tutto. Hanno anche
cancellato il Reddito di Cittadinanza, che era un importantissimo sussidio di
700 euro per ogni famiglia sotto la soglia di povertà, una delle nostre grandi
conquiste quando governava il Movimento 5 Stelle. È terribile, perché con
l’enorme propaganda mediatica e sui social la Meloni e i suoi stanno radicando
la percezione che questo strumento di redistribuzione della ricchezza era
ingiusto e che “la gente deve lavorare”, non
importa se perfino senza diritti o sotto sfruttamento. Come se il problema non fosse la povertà strutturale di una parte
significativa della popolazione e l’incapacità a inserirsi nel mercato del
lavoro, ma la mancanza di volontà di lavorare. Esasperano tutto e approfittano
della disperazione della gente. Ecco perché insisto nel parlare del grande
problema della narrativa dei gruppi politici dominanti, ma probabilmente anche
Draghi e il Pd avrebbero, prima o poi, cancellato il Reddito di Cittadinanza.
D: Narrazione di destra e
smantellamento delle conquiste sociali…
MS: Senza dubbio. Quando nel 2018 il nostro movimento ha
raggiunto tale forza ed è salito al potere, abbiamo sentito che la giustizia
aveva trionfato. Ho vissuto in Danimarca, dove ero già attivo con il M5S. Ho
lasciato il mio lavoro lì per tornare in Sicilia e partecipare alla campagna
elettorale regionale. Dopo sei mesi e a soli 28 anni, con una candidatura del
tutto inaspettata e con il profilo di un giovane dalla parlata decisa e forte,
sono stato eletto Deputato con il sostegno di oltre il 50% dell'elettorato
della mia città. Molti italiani hanno vissuto tutto questo come una
straordinaria rivoluzione. Siamo stati in grado di legiferare e portare a
termini progressi impressionanti, come i sussidi per i più bisognosi, o
l’obbligo di avere contratti di lavoro stabili e sicuri dopo due anni di lavoro
nella stessa azienda. Siamo riusciti ad abolire la pubblicità del gioco
d’azzardo in un Paese in cui il gioco d’azzardo era sempre più una piaga e
continuava ad aumentare a causa della disperazione economica di molte persone.
Ma le concessioni alla destra di Salvini con cui era partito il primo Governo
sono iniziate rapidamente e ogni giorno perdevamo sempre più terreno. La stessa
classe dirigente del Movimento 5 Stelle ha, a poco a poco, preso gusto e si è
affezionata al potere, con la capacità di accettare compromessi sempre più a
ribasso.
Svanisce una grande illusione
D: Questo ha causato la crisi
interna al Movimento 5 Stelle?
MS: Esatto. Un gruppo di noi, che nel 2021 non ha
sostenuto la nomina di Mario Draghi a primo ministro, è stato espulso dal
Movimento e ha formato un gruppo parlamentare indipendente. Draghi, a nostro
avviso, rappresentava l’élite europea neoliberista e globalizzante. Un uomo
della Goldman Sachs, era stato direttore esecutivo della Banca Mondiale e poi,
per otto anni, presidente della Banca Centrale Europea. Dietro Draghi si sono
riuniti nuovamente la destra di Salvini e di Berlusconi, ma allo stesso tempo anche
il Partito Democratico e il M5S. La sua nomina era qualcosa che la nostra
decenza politica non poteva più accettare.
D: Un momento molto difficile
nella sua carriera politica?
MS: L'espulsione del M5S ha rappresentato un evento molto
amaro nella mia vita. Ma non potevo fidarmi di quel Governo che, come poi gli
eventi hanno dimostrato, non avrebbe apportato alcun beneficio al nostro
popolo. È stato triste perché ha rappresentato a mio parere la rottura
definitiva di un processo partecipativo, quello del Movimento 5 Stelle, che non
aveva eguali. Allo stesso tempo ritengo che la mia espulsione dal partito sia
una sorta di medaglia al valore se la guardo dal punto di vista della mia etica.
È stata una decisione di principio che ho preso sapendo che non avrebbe portato
alcun beneficio personale. Ho fatto ciò che era giusto, non la cosa più
conveniente per me ed è per questo che la considero un grande grido di libertà.
Da subito, con gli altri colleghi con cui abbiamo creato il gruppo
indipendente, abbiamo aperto una nuova fase della nostra vita parlamentare.
Abbiamo presentato progetti di legge in totale autonomia e, per la prima volta,
ho esposto nei miei interventi parlamentari i miei valori più radicali e le mie
convinzioni, senza dover leggere un documento scritto da qualcun altro. Devo
confessarti che è stata un'esperienza di cui sono molto orgoglioso. Altri
colleghi, amici e colleghi Parlamentari del nostro movimento hanno continuato
con la linea ufficiale. Provo per loro una specie di compassione, perché
dev'essere molto difficile sentirsi bene, e a posto con la propria coscienza,
dopo aver venduto l'anima al diavolo e tradito la volontà di milioni di
elettori che ci avevano dato un preciso mandato: sovvertire il sistema.
La crisi di un’Europa con la guerra dentro
D: Quando è scoppiata la
guerra in Ucraina, il vostro gruppo di M5S espulsi ha preso le distanze da ogni
sostegno militare all'Ucraina e al conflitto in generale…
MS: Infatti. Questa guerra distorce qualsiasi ruolo
strategico che l’Europa doveva svolgere. Come Unione Europea, siamo semplici
venditori di armi quando avremmo dovuto alzare una voce forte e alternativa a
favore della pace. Ritengo che oggi l'Europa, come concezione di un progetto
originale nella costruzione di un continente egualitario e giusto, sia molto
indebolita.
D: Per finire: la vostra
organizzazione IMMAGINA ha appena aperto le sue porte per presentare Grand Hotel Coronda, un libro sui prigionieri politici nel carcere argentino di Coronda
durante la dittatura militare. E in quella stessa sala si tengono le riunioni
periodiche dei diversi gruppi e forze che difendono la pace in Palestina…
MS: Per noi IMMAGINA è uno spazio aperto, in costruzione,
umano e profondamente solidale. L'obiettivo principale che perseguiamo è dare
un piccolo senso di eternità a questo momento che viviamo qui oggi. Non è un
progetto finito o chiuso. Le porte dei nostri locali sono aperte. Uno degli
obiettivi fondamentali per cui abbiamo dato vita a Immagina, è riappropriarci
della nostra esistenza. Questo implica due concetti principali: creare una
comunità solidale e intellettualmente speculativa e contribuire alla costruzione
della felicità collettiva. Con le nostre azioni cerchiamo di avanzare proposte
e parlare di umanità, senza mai dimenticare gli aspetti caratterizzanti del
nostro territorio. Con grande umiltà, passo dopo passo e con gioia, senza mai
lasciarci prendere dallo sconforto.E in questo quadro la solidarietà per noi è
un concetto fondante. Combattere tutto ciò che impoverisce oggi la nostra
società planetaria: frontiere, guerre a vantaggio di pochissimi, divisioni tra
le aree del mondo. Siamo solo esseri umani dello stesso meraviglioso universo e
dobbiamo preservarci a vicenda, non combatterci, prenderci cura, insieme, del
nostro pianeta.
Bakhita, affresco di Rosk & Loste, La Kalsa, Palermo. Foto Sergio Ferrari.
Ci-dessous 4 articles de la revue italienne Altreconomia qui démontent les affirmations des ministres de Mme Meloni selon lesquelles l'Italie aurait cessé de livrer armes et munitions à Israël après le 7 octobre. Traduit
par Fausto
Giudice, Tlaxcala
Doha Chams es una periodista y
bloguera libanesa. Vive en Beirut.
El anciano está de pie frente
al paso fronterizo cerrado. Detrás de él, se alinean interminables convoyes de
camiones de ayuda pudriéndose bajo el sol del desierto del mediodía. Frente a
él, decenas de micrófonos se disputan el espacio, esperando oír lo que tiene
que decir. Es el funcionario de la ONU de más alto rango que llega aquí. Hay un
cierto afán que casi se puede reconocer en su insistencia en venir él mismo. La
palidez de la edad y de la vida de oficina se dibuja en su rostro flácido. El
aire sopla mezclado con el polvo del desierto y su pelo canoso revolotea,
aliviando la monotonía de su imagen oficial.
La visita en sí cuenta como
un paso en la diplomacia. Aquí, en el paso fronterizo de Rafah, con su sudadera
y su pelo al viento, el Secretario General parece más bien un abuelo afectuoso
que ha venido a comprobar lo que les pasa a algunos de sus vecinos en esta
humanidad. Esperamos lo que tiene que decir con la impaciencia de quien no se
cansa de albergar esperanzas. Dice, como si fuera la primera vez que tantea el
terreno minado con los pies: “¡La denegación de ayuda al norte de Gaza por
parte de Israel es inaceptable!”
¡Qué eficaz, tío! El aire
libre no parece cambiar nada en las expresiones de preocupación de la ONU.
Geográficamente, al menos, la
declaración de Guterres parece inapropiada. Al otro lado del muro, los gazatíes
del norte, del sur y del centro pasaban hambre y eran asesinados de las formas
más horribles, las veinticuatro horas del día, en el momento de su declaración.
Su expresión “diplomática”,
en un momento en que no hay mejor expresión lingüística que los insultos y los
calificativos, parece mucho más perjudicial que el poco bien que hizo con su
presencia.
Geográficamente, la
declaración del Secretario General fue totalmente inoportuna, teniendo en
cuenta su cargo, su esfuerzo, y la gravedad del acontecimiento. Ahora bien, sí
fue muy indicativa de la impotencia de las Naciones Unidas, aunque intentara
mostrar lo contrario. La incapacidad del mundo para acudir en ayuda
humanitaria, para actuar con honor y valentía como lo hizo, por ejemplo,
Sudáfrica, frente a complejos cálculos de intereses y al miedo al equilibrio de
poder.
La visita de Guterres al paso
cerrado por voluntad de Estados Unidos, Israel y Egipto reveló que, quizá sin
saberlo, hemos estado perdiendo un tiempo precioso esperando la ayuda del
mundo.
Y por eso, ¿cómo permanece
todavía viva esa esperanza? ¿Es esperanza en la humanidad? ?De dónde viene?
¿Cuándo hemos visto al mundo acudir en ayuda de los oprimidos como una madre
solícita? ¿O es la desesperación de esperar cualquier otra cosa? ¿Una esperanza
que “sale del aburrimiento”, como dice la canción de Ziad Rahbani?
Desde hace meses, nuestra
mirada suplicante se dirige al mundo, y cuando decimos el mundo, no nos
referimos a un país concreto o a un gobierno concreto. El mundo, en el sentido
de poder frenar a Israel, es en realidad Occidente, ya que nuestro mundo árabe
también está ocupado, aunque de una forma más insidiosa que el crudo
colonialismo de los colonos en Palestina.
Poco a poco, cada vez que el
nivel de barbarie de Israel subía y a su malvada imaginación se le ocurría una
nueva forma de exterminar y humillar a los palestinos, mirábamos a Occidente,
que creíamos que era el símbolo de la civilización, sólo para encontrar
individuos aquí y allá, que realmente tenían conciencia y humanidad, que, como
nosotros, ponían el grito en el cielo, al no estar habituados a lo que veían y
oían. Pero, al igual que con nosotros, nadie en el mundo se preocupaba por
ellos.
Israel desnuda a los hombres,
desnuda y viola a las mujeres, mata a las mujeres embarazadas disparándoles en
el estómago, roba el oro de las mujeres desplazadas y quema los enseres que
llevaban consigo para afrontar los rigores del exilio.
El mundo no somos nosotros ni
estos individuos o pequeñas asociaciones, sino “ellos"” es decir, los
poderosos con dinero y poder que ocupan los círculos de decisión, sus hombres y
mujeres, y su financiación. Son los conglomerados de la economía, las armas y
los medios de comunicación, un eje transnacional del poder de los intereses
desprovistos de toda cobertura religiosa, moral o jurídica, tan fríos como el
metal del que está hecha el arma. Un mundo cuyo corazón ha sido ocupado por una
calculadora que se burla de cualquier ley que no esté respaldada por la fuerza.
El mundo son ellos.
Y es a ellos a quienes
dirigimos nuestra mirada cada vez que se alza el salvajismo, esperando al menos
una mirada de asco ante lo que hacen los bárbaros del siglo XXI. Una palabra
que dé alguna esperanza a nuestros corazones de que se detenga el genocidio que
desde hace seis meses se produce cada día, cada semana, cada mes. Pero sólo
oímos frases calculadas con la precisión de quienes temen por sus intereses.
Frases redondeadas que no dicen nada y, al hacerlo, dicen otra cosa. Que al
monstruo se le ha dado permiso para completar lo que está haciendo.
Biden está pensando, Biden
está consultando, Biden afirma, Biden está a punto de, Biden está casi
diciendo, Biden está nervioso, Biden le ha colgado el teléfono a Netanyahu, hay
señales de desacuerdos entre Biden y Netanyahu, el desacuerdo puede profundizarse,
Netanyahu está saboteando las negociaciones, él está ganando tiempo, Argelia
hace una propuesta de alto el fuego, Estados Unidos la veta con el pretexto de
que tiene otro proyecto de resolución, Israel está matando, aniquilando,
disparando con sus francotiradores, asesinando, destruyendo a diestro y
siniestro. Israel desnuda a los hombres, desnuda a las mujeres y las viola,
mata a las mujeres embarazadas disparándoles en el estómago, roba el oro de las
mujeres desplazadas y quema los enseres que llevaban consigo para afrontar los
rigores del exilio, envía a todos desnudos a donde dice que es seguro, y allí
los mata.
Finalmente, hace unos días,
con el telón de fondo de la farsa Biden/Netanyahu y las elecciones usamericanas,
Washington dio marcha atrás en su veto. No para aprobar el proyecto de
resolución de Mozambique para un alto el fuego en Palestina, Dios no lo quiera,
sino simplemente por una abstención arrogante y condescendiente que permitió
que el proyecto, débil en su contenido y con pocas probabilidades de ser
eficaz, fuera aprobado.
El mundo, con sus
representantes en el Consejo de Seguridad, se alegra de la resolución, que
Estados Unidos tuvo a bien no bloquear para castigar a Netanyahu por su
insubordinación. Aplauden calurosamente, y es palpable su alivio, en contraste
con el ceño fruncido del representante usamericano en el Consejo.
Las pantallas de todo el
mundo retransmiten la escena en la que se agasaja aquellos que permitieron la
victoria. ¿Y después? ... Vuelta a la “rutina” de cubrir nuevas masacres
israelíes y noticias sobre la intención de Netanyahu de invadir Rafah, donde en
el lado opuesto del muro prohibido se encontraba el Secretario General de las
Naciones Unidas.
Estimado Sr. Guterres.
Probablemente sea usted un buen abuelo. Váyase a jugar con sus nietos, si eso
es todo lo que el mundo puede hacer para detener el monumental genocidio que
comenzó hace 75 años en Palestina, bajo su vigilancia, y que ahora se está completando
en Gaza. No nos deje ni siquiera con la esperanza. Así, solo nos quedará “el
mar detrás de nosotros, la muerte frente a nosotros”* ... La resistencia es
inevitable.
*Nota de Tlaxcala
En abril de 711, jinetes musulmanes cruzaron
el estrecho de Gibraltar y avanzaron muy rápidamente en la Península Ibérica. Estaban
bajo el mando de Tariq ibn Ziyad, la mano derecha de de Mûsa ibn Nûsayr, el
gobernador de Ifriquía (actual Magreb).Este hombre, que llevaba sangre bereber
en las venas, era el comandante de los ejércitos de Occidente, estacionados en
la región de Tánger, que contaban con entre siete y doce mil hombres. La
mayoría de ellos eran bereberes que no querían otra cosa que enfrentarse al rey
visigodo de Hispania Rodrigo. Cuando desembarcó, y como sus tropas necesitaban
ser galvanizadas (tenían frente a sí a 70 000 soldados cristianos), se
cuenta que Tariq ibn Ziyad ordenó quemar todas las naves, y
proclamó: “Mis queridos jinetes. Estáis cerca del objetivo final. Tenéis ante
vosotros un enemigo poderoso y detrás de vosotros un mar furioso que devora a
quienes le hacen frente. Muerte delante, muerte detrás. Pero la victoria sobre
el enemigo os salvará de ambos peligros. Sabed luchar como héroes. ¡Alá es el
más grande!” Desde entonces, el lugar donde el general musulmán tomó el control
del campo de batalla se conoce como Yabal Tariq, y pronto Gibraltar.