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05/04/2024

YANIV KUBOVICH
Israël a créé des “zones de mise à mort” à Gaza : quiconque y pénètre est abattu

 

Yaniv Kubovich, Haaretz, 31/3/2024
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

L’armée israélienne affirme que 9 000 terroristes ont été tués depuis le début de la guerre à Gaza. Des responsables de la défense et des soldats expliquent cependant à Haaretz qu’il s’agit souvent de civils dont le seul crime a été de franchir une ligne invisible tracée par les FDI.


Soldats de l’armée israélienne à Khan Younès, le mois dernier. Photo Olivier Fitoussi

Il s’agissait d’une annonce de routine de plus de la part de l’armée israélienne. Après le lancement d’une roquette sur Ashkelon, « un terroriste qui avait tiré la roquette a été identifié et un avion de l’armée de l’air l’a attaqué et éliminé ». En apparence, il s’agissait d’une nouvelle statistique dans la liste des militants du Hamas morts.

Cependant, il y a plus d’une semaine, d’autres documents relatifs à l’incident ont fait surface sur Al-Jazeera. On y voit quatre hommes, et non un seul, marchant ensemble sur un large chemin, en vêtements civils. Il n’y a personne à proximité, seulement les ruines des maisons où les gens vivaient autrefois. Ce silence apocalyptique dans la région de Khan Younès a été brisé par une forte explosion. Deux des hommes sont tués sur le coup. Deux autres, blessés, tentent de continuer à marcher. Ils pensaient peut-être avoir été sauvés, mais quelques secondes plus tard, une bombe est tombée sur l’un d’entre eux. On voit alors l’autre tomber à genoux, puis un boum, du feu et de la fumée.

« Il s’agit d’un incident très grave », a déclaré à Haaretz un officier supérieur des Forces de défense israéliennes. « Ils n’étaient pas armés, ils ne mettaient pas en danger nos forces dans la zone où ils marchaient ». En outre, selon un officier des services de renseignement qui connaît bien l’affaire, il n’est pas du tout certain qu’ils aient été impliqués dans le lancement de la roquette. Selon lui, il s’agissait simplement des personnes les plus proches du site de lancement - il est possible qu’il s’agisse de terroristes ou de civils à la recherche de nourriture.

Cette histoire n’est qu’un exemple, rendu public, de la manière dont les Palestiniens sont tués par les tirs des FDI dans la bande de Gaza. On estime aujourd’hui à plus de 32 000 le nombre de morts parmi les habitants de Gaza. Selon l’armée, quelque 9 000 d’entre eux sont des terroristes.

Images de l’attaque publiées par Al Jazeera. Avertissement : contenu pénible

Cependant, un grand nombre de commandants de l’armée de réserve et de l’armée permanente qui se sont entretenus avec Haaretz ont mis en doute l’affirmation selon laquelle tous ces hommes étaient des terroristes. Ils laissent entendre que la définition du terme “terroriste” est sujette à de nombreuses interprétations. Il est tout à fait possible que des Palestiniens qui n’ont jamais tenu une arme de leur vie aient été élevés au rang de “terroristes” à titre posthume, du moins par les FDI.

"Dans la pratique, un terroriste est toute personne que les FDI ont tuée dans les zones où leurs forces opèrent", explique un officier de réserve qui a servi à Gaza.

Les chiffres de l’armée ne sont pas secrets. Au contraire, ils sont devenus au fil du temps une source de fierté, peut-être ce qui se rapproche le plus d’une « image de victoire » qu’Israël a obtenue depuis le début de la guerre. Mais cette image n’est pas tout à fait authentique, comme l’explique un officier supérieur du commandement sud, très au fait de la question.

« Il est étonnant d’entendre, après chaque opération, les rapports sur le nombre de terroristes tués », explique-t-il : « Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour comprendre qu’il n’y a pas des centaines ou des dizaines d’hommes armés qui courent dans les rues de Khan Younès ou de Jabaliya et qui combattent les FDI ».

Alors, à quoi ressemblent vraiment les batailles à Gaza ? Selon un officier de réserve qui s’est rendu sur place, « il y a généralement un terroriste, peut-être deux ou trois, caché dans un bâtiment. Ceux qui les découvrent sont des combattants équipés de matériel spécial ou de drones ».

L’un des rôles de cet officier était d’informer les échelons supérieurs du nombre de terroristes tués dans la zone où lui et ses hommes se battaient. « Il ne s’agissait pas d’un débriefing officiel où l’on vous demande de présenter tous les corps », explique-t-il. « Ils vous demandent combien et je donne un chiffre basé sur ce que nous voyons et comprenons sur le terrain, et nous passons à autre chose ».


Enfants à Khan Younès vendredi 29 mars. Photo Ahmed Zakot/Reuters

Il souligne : « ce n’est pas que nous inventons des corps, mais personne ne peut déterminer avec certitude qui est un terroriste et qui a été touché après avoir pénétré dans la zone de combat d’une force de Tsahal ». En effet, un certain nombre de réservistes et d’autres soldats qui se trouvaient à Gaza ces derniers mois soulignent la facilité avec laquelle un Palestinien est inclus dans une catégorie spécifique après sa mort. Il semble que la question ne soit pas de savoir ce qu’il a fait mais où il a été tué.

Au cœur d’une zone de mise à mort

La zone de combat est un terme clé. Il s’agit d’une zone dans laquelle une force s’installe, généralement dans une maison abandonnée, et dont les abords deviennent une zone militaire fermée, sans qu’elle soit clairement identifiée comme telle. Un autre terme pour désigner ces zones est celui de “kill zones” [zones de mise à mort”].

« Dans chaque zone de combat, les commandants définissent de telles zones de mise à mort », explique l’officier de réserve. "Il s’agit de lignes rouges claires que personne n’appartenant pas à Tsahal ne peut franchir, afin que nos forces présentes dans la région ne soient pas touchées. Les limites de ces zones d’abattage ne sont pas déterminées à l’avance, pas plus que leur distance par rapport à la maison où se trouvent les forces ».

GIDEON LEVY
Pour Israël, le sang de travailleurs humanitaires est plus épais que celui des Palestiniens

Gideon Levy, Haaretz, 3/4/2024
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

L’armée d’Israël s’est comportée comme on l’attendait d’elle. C’est exactement ce qu’on attend d’elle. Le concert d’hypocrisie et de bien-pensance pharisienne internationales qui s’est élevé après l’assassinat de sept travailleurs humanitaires de la World Central Kitchen est une injustice pour les forces de défense israéliennes et une injustice encore plus grande pour les milliers d’autres victimes. Quelle est la différence entre un jour et un autre ? Quelle est la différence entre une personne tuée et la suivante ? Qu’est-ce qui a changé lundi soir avec l’attaque contre les sept travailleurs humanitaires ?


Emad Hajjaj

Même les promesses d’Israël de mener une enquête approfondie sont tout à fait ridicules : Qu’y a-t-il à enquêter ici ? Qui a donné l’ordre ? Qu’est-ce que cela change de savoir qui a donné cet ordre ? N’y a-t-il pas eu d’innombrables ordres de ce genre pendant la guerre ? Des dizaines de milliers d’ordres d’ouvrir le feu pour tuer des journalistes, des équipes médicales, des personnes portant des drapeaux blancs, des gens qui ont été déracinés et qui n’ont rien, et surtout des enfants et des femmes.

Allez-y, faites sauter une université à Gaza, mais suivez la procédure !

Les FDI ont bombardé à trois reprises un convoi d’aide humanitaire de la WCK, visant un membre armé du Hamas qui ne s’y trouvait pas.

Si seulement Israël considérait toutes ses victimes de Gaza comme un désastre en termes de relations publiques.

Des personnes se rassemblent autour du véhicule utilisé par l’organisation humanitaire usaméricaine World Central Kitchen après qu’il a été touché par une frappe israélienne la veille à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, mardi. Photo AFP

Avez-vous entendu parler des champs de mort et de destruction révélés dans Haaretz par Yaniv Kubovich, le seul correspondant militaire en Israël qui a également révélé les détails de l’attaque contre les travailleurs humanitaires ? Tel est l’esprit de Tsahal dans cette guerre, le seul. Qu’y a-t-il à enquêter ?

Il n’y a aucune différence, aucune, entre l’attaque de l’hôpital Al-Shifa - qui a duré deux semaines et a laissé des centaines de cadavres dans la poussière et un hôpital dont il ne reste plus une pierre sur l’autre - et l’assassinat des sept travailleurs humanitaires dans leur véhicule. Dans les deux cas, l’armée savait qu’elle allait blesser des innocents, dans les deux cas, la justification était les membres du Hamas qui s’y cachaient, dans les deux cas, il s’agissait de cibles humanitaires qu’il est interdit de frapper.

Nous ne saurons jamais combien de personnes ont été tuées à Al Shifa et combien d’entre elles étaient réellement des terroristes, mais il est parfaitement clair que beaucoup des personnes qui ont été tuées étaient des patients et des personnes réfugiées dans l’hôpital. Israël s’en est réjoui et le monde est resté silencieux. Quelle excellente opération chirurgicale, au milieu des décombres de ce qui avait été un centre médical important, le seul de toute la bande de Gaza.

Tout le monde sait également que l’attaque contre les travailleurs humanitaires n’était pas intentionnelle, qu’il s’agissait d’une erreur - après tout, les FDI ne sont pas comme ça, nos soldats ne sont pas comme ça. Même lorsqu’il est absolument clair qu’il n’y a pas eu d’erreur, ni d’écart par rapport aux ordres et aux procédures.

Ce que les soldats ont appris à Al  Shifa, ils l’ont également mis en œuvre à Deir al-Balah. Ceux qui se sont tus à propos d’Al Shifa feraient bien de se taire à propos de la World Central Kitchen. Même les ratios sont similaires : tuer sept personnes pour obtenir la tête d’un terroriste, dont personne ne connaît avec certitude l’identité et le crime. En tout cas, il n’était pas dans la voiture, ni lui ni Yahya Sinwar.


L’aide humanitaire transportée par World Central Kitchen arrive à Gaza le mois dernier. Photo FDI via AP

Le terme “terroriste” est le plus souple du lexique israélien. Dans les zones de combat, il désigne n’importe quel individu. C’est ainsi que le pharisaïsme est arrivé en Israël également. Le premier ministre a regretté l’assassinat des travailleurs humanitaires - pourquoi regrette-t-il soudainement, et à propos de quoi exactement ? Le chef d’état-major de l’armée israélienne déclare qu’une erreur s’est produite - quelle erreur, avec le tir de trois roquettes sur trois voitures parfaitement identifiées ? Et les FDI ont enquêté à la vitesse de la lumière.

En tête de liste, curieusement, la critique gastronomique Ruthie Rousso. Très engagée dans cette guerre, elle a apporté son aide aux Israéliens délogés et aux familles des otages. Mme Rousso a travaillé avec les responsables de la World Central Kitchen, qui opèrent également dans les communautés frontalières de Gaza. « Je suis anéantie », a-t-elle écrit sur X, ce qui, bien sûr, est déchirant.

Mais la Rousso anéantie est la même personne qui a écrit il y a exactement trois ans sur Twitter : « Ils sont tous du Hamas. Personne n’est à l’abri (à part les animaux qui sont là) ».

Que dire de plus ? Si personne à Gaza n’est innocent, à part les animaux, c’est bien que les FDI ont aussi tué les amis de Rousso de la WCK. Ou peut-être que leur sang étranger est plus épais que le sang fluide et de second ordre des Palestiniens, et que leur race est supérieure ?



04/04/2024

SERGIO FERRARI
Italie : Politique-spectacle et montée de l’extrême-droite
Entretien avec Michel Sodano à Agrigente

Sergio Ferrari, 25/3/2024
Traduit par Rosemarie Fournier
Original:Italia : Política-espectáculo y la ultraderecha en ascenso-Entrevista a Michele Sodano en Agrigento
Português Italiano

L'apparente stabilité de l'Italie institutionnelle cache aujourd'hui une réalité sociale complexe. Sa narration politique est également contestée. À seulement 28 ans, Michele Sodano fut élu en 2018 député national de la région d'Agrigente, en Sicile. À l'époque, il appartenait au Mouvement 5 étoiles (Movimento 5 Stelle, ou M5S). Dans ces années-là, cette organisation était un phénomène national particulier, en raison de son pouvoir de convocation et de la diversité de ses positions internes. M. Sodano a terminé son mandat en octobre 2022, mais plus en tant que représentant du M5S. En raison de divergences avec la direction, il fut exclu de son parti en février 2021, en même temps qu'une vingtaine de ses collègues parlementaires. Malgré son jeune âge, M. Sodano a accumulé un vaste curriculum professionnel. Diplômé en économie de l'université de Milan et en administration de l'université de Copenhague, il a travaillé pour le Programme des Nations unies pour le développement et dans diverses entreprises privées. Il dirige actuellement Immagina, une organisation/espace de travail collectif et un lieu de référence pour les rencontres de solidarité, situé dans le centre d'Agrigente. Interview.


Q : Entre 2018 et 2022, vous avez été député national, que retenez-vous de cette expérience ?

MS : C'était très riche, pas du tout négatif. Cela m'a permis de mieux comprendre l'essence de beaucoup de choses. En particulier, l'énorme vide de la politique institutionnelle et traditionnelle. J'ai l'impression - et ce que je dis est peut-être provocateur - que la différence aujourd'hui en Italie entre la droite et la gauche est fondamentalement une différence de narration, et non de contenu essentiel. Une narration que beaucoup de gens regardent comme s'il s'agissait d'un épisode de Big Brother ou d'une émission de Netflix. Cela a été particulièrement évident après les années du gouvernement Berlusconi, qui a fait de la politique un spectacle. Cela a conduit beaucoup de personnes à ne pas comprendre que la politique en général - et le Parlement en particulier - n'ont pratiquement aucun pouvoir réel aujourd'hui en Italie, aucune capacité à les représenter.

Q : C'est une affirmation très forte. Alors qui a le pouvoir en Italie aujourd'hui ?

MS : La grande finance, comme dans toute l'Europe, où règne ce capitalisme néolibéral dominant. L'Italie n'a pas de défenses immunitaires contre ce système. Elle a une tradition et une histoire extraordinaires qui permettent encore aux gens de penser qu'ils vivent dans un bon pays. Mais en réalité, ici, les multinationales et le capital financier peuvent faire ce qu'ils veulent et gouverner à leur guise. Je l'ai découvert lorsque j'étais député. La différence entre Giorgia Meloni aujourd'hui et le Parti démocrate (ex-Parti communiste) ou le Mouvement 5 étoiles hier, n'est que narrative. En réalité, ce que Madame Meloni met en œuvre aujourd'hui, en 18 mois de mandat, c'est ce que le gouvernement de coalition de Giuseppe Conte puis celui de Mario Draghi ont fait dans la période précédente. Ce sont eux qui ont ouvert les portes à toutes les grandes privatisations et celles-ci continuent, comme dans le secteur de la santé.

Cependant, le projet stratégique de Giorgia Meloni est une synthèse des propositions des trois principaux secteurs qui composent son gouvernement. Son parti, Fratelli d'Italia, cherche des réformes pour remplacer la démocratie représentative par un système présidentiel fort. La Lega de Matteo Salvini propose un modèle d'autonomie régionale, pour continuer à favoriser le nord au détriment du reste de l'Italie. Forza Italia, le parti mafieux créé par Berlusconi, milite pour une réforme de la justice afin d'instaurer une impunité totale dans le pays. Il n'est pas dit que cette proposition stratégique sera mise en œuvre, mais ils essaient…

Le drame d'un discours imposé

Q : Dans ce contexte, n'est-il pas vraiment inquiétant que l'Italie soit aujourd'hui gouvernée par une dirigeante qui puise ses origines dans le militantisme néo-fasciste ?

MS : Bien sûr que c'est dramatique, parce que Madame Meloni et la droite avancent des propositions idéologiques très négatives pour le développement de la conscience humaine. Parce que leur xénophobie, leur peur de l'autre, leur rage contre ceux qui sont différents d'un point de vue idéologique, tout cela crée d'énormes dégâts et est très dangereux.

Q : Pensez-vous que ces impulsions, ces messages et ces concepts sont irréversibles ?

MS : Je ne peux pas évaluer le niveau de réversibilité ou d'irréversibilité des arguments avancés par l'extrême droite. L'histoire est faite de thèses, antithèses et synthèses. Je ne peux pas dire si l'antithèse de tous ces abominables contenus idéologiques sera atteinte. Ce que je constate, c'est un démantèlement accéléré de tout ce qui est culturel, au sens large du terme. Aujourd'hui, je perçois que beaucoup de gens ont peur des immigré·es et reprennent sans arguments le message des "immigrés ou réfugiés qui ne viennent que pour voler et profiter". Il existe sans doute encore un secteur conscient et solidaire dans la société italienne, mais il est réduit. Il existe aussi un groupe majoritaire parmi les secteurs populaires. Ceux-ci ont peur et souffrent chaque jour davantage de la crise économique. Face au risque de finir affamés, beaucoup d'Italien·nes du peuple deviennent conservateurs et adoptent sans critique les arguments xénophobes.

Q : Avez-vous eu peur lorsque le parti de Madame Meloni, Fratelli d'Italia, a gagné en 2022 ?

MS : Ce n'était pas de la peur mais de l'inquiétude. Et plus encore, un sentiment très étrange : si Madame Meloni est là, c'est parce que le camp progressiste italien a déroulé le tapis rouge.

Q : Pour bien comprendre, je vous demande à nouveau : selon vous, le gouvernement actuel promeut plutôt un changement d'idéologie et de récit politique plutôt qu'un changement profond de programme ?

MS : Je pense que c'est le cas même s’il a une vision stratégique dangereuse. Par exemple, il a trouvé des arguments et des mesures pour s'opposer aux raves (nombreuses et clandestines, NDLR) pour interdire la viande synthétique ou encore pour imposer des amendes pour l'utilisation de mots anglais. Il entraîne l'opinion publique et le débat citoyen autour de ces questions non essentielles.

Cependant, dans le même temps, il annule les dettes historiques des grandes entreprises et permet aux multinationales de faire ce qu'elles veulent. Il annule le Reddito di cittadinanza [Revenu de citoyenneté], cette subvention très importante de 700 euros pour chaque famille en-dessous du seuil de pauvreté, l'une de nos grandes réalisations lorsque notre Mouvement 5 étoiles était au gouvernement. C'est terrible, parce qu'avec leurs mécanismes médiatiques, Madame Meloni et les siens imposent comme vérité absolue que cette subvention était injuste et que “les gens doivent travailler”. Comme si le problème n'était pas la pauvreté systémique d'une grande partie de la population, mais le refus de travailler. Ils investissent tout et profitent de la pauvreté et du désespoir des gens. C'est pourquoi j'insiste pour parler du grand problème du récit politique des groupes dominants.

Q : Le récit de la droite et le démantèlement des conquêtes sociales...

MS : Sans aucun doute. Lorsqu'en 2018, notre mouvement a acquis l’ampleur qui lui a permis d’arriver au gouvernement, nous avons eu le sentiment que la justice avait triomphé. J'ai été élu député avec le soutien de plus de 50 % des électrices et électeurs de ma ville. Beaucoup d'Italien·nes ont vécu tout cela comme une révolution extraordinaire. Nous avons pu légiférer sur des avancées impressionnantes, comme la subvention pour les plus démuni·es, ou l'obligation de contrats de travail fixes et sûrs après deux ans de travail dans la même entreprise. Nous avons réussi à abolir la publicité pour les jeux d'argent dans un pays où ces jeux augmentaient sans cesse en raison du désespoir économique de nombreuses personnes. Mais rapidement, les concessions à la droite et à l'extrême droite ont commencé et nous avons perdu chaque jour un peu plus de terrain.

 

 

La chute d'une grande illusion

Q : Cela a-t-il provoqué une crise interne au sein du Mouvement 5 étoiles ?

MS : C'est exact. Un groupe d'entre nous qui, en tant que députés européens, ne soutenait pas la nomination de Mario Draghi au poste de premier ministre en 2021, a été exclu du Mouvement et a formé un groupe parlementaire indépendant. Draghi, selon nous, représentait l'élite européenne néolibérale et mondialiste. Il a été directeur exécutif de la Banque mondiale puis, pendant huit ans, président de la Banque centrale européenne. L'extrême droite et la droite, ainsi que le parti démocrate et le M5S, se sont à nouveau rangés derrière lui. Sa nomination était quelque chose que notre décence politique ne pouvait plus accepter.


Q : Lorsque la guerre a éclaté en Ukraine, votre groupe de membres expulsés du M5S s'est distancié de tout soutien militaire à l'Ukraine et à ce conflit en général...

MS : En effet. Cette guerre sape tout rôle stratégique que l'Europe entend jouer. En tant que continent, nous ne sommes que des vendeurs d'armes alors que nous aurions dû faire entendre une voix forte et alternative en faveur de la paix. Et attention, je pense qu'il aurait fallu encourager une distance saine avec Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine. J'ai le sentiment qu'aujourd'hui l'Europe, en tant que concept d'un projet original dans la construction d'un continent égalitaire et juste, est très affaiblie.


Q : Enfin, votre organisation IMMAGINA vient d'ouvrir ses portes pour présenter Grand Hotel Coronda, un livre écrit par les prisonniers politiques de la prison argentine de Coronda pendant la dictature militaire. Et dans la même salle se tiennent les réunions régulières des différents groupes et forces qui prônent la paix en Palestine...

MS : Pour nous, IMMAGINA est un espace ouvert, en construction, humain et profondément solidaire. L'objectif principal que nous poursuivons est de donner un petit sens d'éternité à ce moment que nous vivons ici et maintenant. Il ne s'agit pas d'un projet achevé ou fermé. Les portes de nos locaux sont ouvertes à tous. Nous avons l'intention, en particulier ceux d'entre nous qui font partie d'IMMAGINA, de nous réapproprier la vie. Et cela implique deux concepts principaux : faire communauté et contribuer au bonheur collectif. Dans notre pratique collective, nous cherchons à promouvoir des activités et des propositions au niveau micro sans oublier le niveau macro de notre ville et de notre région. Avec beaucoup d'humilité et pas à pas, sans désespoir.

 

La solidarité internationale continue de mobiliser des groupes de solidarité active. Peinture murale de Rosk & Loste, quartier de La Kalsa, Palerme. Photo Sergio Ferrari.

Dans ce contexte, la solidarité est pour nous un concept fondamental. Combattre tout ce qui appauvrit aujourd'hui notre société planétaire : les frontières, les guerres qui profitent à quelques multinationales, les polarisations entre les régions et les États. Nous sommes tous des êtres humains issus d'une seule et même planète. Nous devons nous préserver les uns les autres, ne pas nous battre les uns contre les autres, et prendre soin de notre planète ensemble.

SERGIO FERRARI
Italia : Politica-spettacolo ed estrema destra in ascesa
Intervista a Michele Sodano ad Agrigento

Sergio Ferrari, 25/3/2024
Originale: Italia : Política-espectáculo y la ultraderecha en ascenso-Entrevista a Michele Sodano en Agrigento
Português Français
Tradotto da
Alba Canelli, Tlaxcala

L’apparente stabilità istituzionale dell’Italia nasconde oggi una realtà sociale complessa. Anche la sua narrativa politica è in discussione.

A soli 28 anni, nel 2018 Michele Sodano è stato eletto Deputato Nazionale per la circoscrizione di Agrigento, Sicilia. Ha fatto parte del Movimento 5 Stelle, organizzazione che in quegli anni è diventata un fenomeno nazionale di particolare interesse per l’incredibile capacità di coinvolgere la popolazione, nonché per la forte differenziazione delle posizioni interne. Sodano ha concluso il suo mandato nell'ottobre 2022, non più come rappresentante del M5S. A causa di divergenze con la leadership legate all’elezione di Mario Draghi a Premier, nel febbraio 2021 è stato espulso dal suo partito insieme a una ventina di suoi colleghi parlamentari. Nonostante la sua giovane età, Sodano ha accumulato un ampio curriculum professionale. Laureato in Economia presso l'Università Bocconi e specializzato presso l'Università di Copenaghen, ha lavorato con il Programma di Sviluppo delle Nazioni Unite e in diverse aziende private. Attualmente dirige Immagina Aps, associazione/coworking, luogo di riferimento per incontri culturali, progettazione e solidarietà, che può contare su una struttura situata nel cuore di Agrigento. Ecco l’intervista esclusiva a questo giovane intellettuale impegnato, convinto pacifista e riferimento “apartitico” per i gruppi cittadini della sua città.


D: Come lo presento?

Michele Sodano (MS): Domanda difficile. Normalmente, nella nostra cultura, ci presentiamo tutti con ciò che facciamo. Nel mio caso, in questo momento della mia vita, sto dando la priorità a quelle che ritengo attività per la mia comunità; inoltre apprezzo e valorizzo al massimo il tempo che posso dedicare a me stesso, cosa che fino ad ora non ho mai potuto fare. Mi sento molto fortunato se penso di potere rifiutare il modello imperante della società contemporanea che ci vuole tutti impegnati a vivere principalmente per il lavoro in azienda e finire così prigionieri di una logica consumistica che può essere paragonata ad un grande carcere di lusso.

D: Vuole dire che la sua priorità oggi è quasi esistenziale?

MS: Totalmente. Percepisco intorno a me tante persone depresse, tristi; questo avviene perché nella maggior parte delle volte, non sappiamo più nemmeno per cosa si è in vita. I modelli di successo che ci vengono proposti sono molto lineari: produrre per un’azienda attraverso il sacrificio del nostro tempo, andare in pensione e poi vivere in libertà forse solo gli ultimi anni della nostra esistenza. Ma adesso sempre più esseri umani cominciano ad intuire che la loro vita non debba ruotare interamente intorno ai concetti di lavoro e reddito. La vita, nel suo miracolo, deve essere molto più di questo. Io l’ho imparato quando ho dovuto affrontare una pesante malattia all’età di 17 anni. È stato un momento di totale cambiamento per me. Attenzione non sto in alcun modo demonizzando il concetto di lavoro, credo però che questo debba corrispondere a un vero contributo, calibrato sulla nostra natura, le nostre più intime aspirazioni e le nostre capacità, al mondo che ci circonda e agli esseri umani che lo popolano.

 

Politica tradizionale in crisi

D: Una riflessione sorprendente perché espressa dopo quattro anni vissuti in maniera frenetica, da un Deputato Nazionale che ha vissuto a Roma, che ha preso decine di voli tra la capitale italiana e Agrigento, la sua città…

MS: È stata un'esperienza ricca, per niente negativa che non rinnego affatto. Mi ha permesso di comprendere meglio l’essenza di molte cose. Non voglio essere arrogante, ma penso che adesso ho maggiore lucidità per interpretare certe situazioni e fenomeni. In particolare, comprendere nell’interezza del fenomeno l’enorme vuoto della politica. Ritengo, e forse ciò che dico può sembrare provocatorio, che oggi, almeno in Italia, la differenza tra destra e sinistra sia per lo più una questione di narrativa, non di sostanza o di contenuto essenziale. Siamo bombardati costantemente da una narrazione come un episodio di  una serie Netflix, siamo molto lontani da qualsiasi contenuto sostanziale. Ciò è stato particolarmente evidente dopo gli anni del governo Berlusconi, un ventennio che ha ridotto quasi a zero gli strumenti di analisi sociale e che ha trasformato la dimensione politica a quella dello spettacolo. Tutto ciò ha portato la maggior parte della popolazione a non percepire nemmeno che oggi la politica tutta, e il Parlamento in particolare, si è svuotata di ogni potere reale, nessuna capacità di rappresentare il proprio popolo.

D: È un'affermazione molto dura. Allora chi ha il potere oggi in Italia?

MS: La grande finanza, come in tutta Europa, dove domina questo capitalismo neoliberista dominante. Ma l’Italia, in particolare, non ha più difese immunitarie contro questo sistema. Ha una tradizione e una storia straordinaria che ci inducono a pensare di vivere in un buon Paese. Ma in realtà qui multinazionali e capitale finanziario possono fare quello che vogliono, governare come vogliono e porsi all’apice di ogni processo decisionale. Io ho avuto la possibilità di appurarlo per vie dirette, da Deputato della Repubblica. La differenza tra Giorgia Meloni, oggi al governo, il Pd (ex Partito Comunista) e il Movimento 5 Stelle è principalmente di narrativa. Infatti quello che la Meloni sta mettendo in pratica oggi, in 18 mesi di governo, non è dissimile da quanto hanno fatto, nel periodo precedente, Giuseppe Conte o Mario Draghi (ultimi due premier prima della Meloni). Sono stati proprio loro a spalancare le porte a tutte le principali privatizzazioni, come quelle nel settore sanitario e delle società pubbliche, che oggi continuano ad amplificarsi.

Un discorso per vincere la battaglia culturale

D: Secondo la sua analisi, non sembra poi così drammatico che attualmente l'Italia sia governata da un leader le cui origini affondano nella militanza neofascista…

MS: Non voglio negare che sia drammatico, perché la Meloni e la destra, in più rispetto al “campo progressista”, avanzano proposte ideologiche negative per lo sviluppo della coscienza umana. La loro xenofobia, l’esasperazione del concetto di patriottismo, la paura dell'altro, la rabbia verso chi è diverso, dal punto di vista ideologico e sociale creano danni enormi e sono molto pericolose.

D: Pensa che questi impulsi, messaggi e concetti siano irreversibili?

MS: Non posso valutare il livello di reversibilità o irreversibilità degli argomenti imposti dall'estrema destra. La storia è fatta di tesi, antitesi e sintesi. Non posso dire se, dopo tutti questi abominevoli contenuti ideologici propagandati direttamente dalla politica governativa, si raggiungerà una nuova fase di coscienza. Quello che vedo è un tremendo smantellamento, molto accelerato, di tutto ciò che è “critical thinking” e conoscenza nel senso più ampio del termine. Un disinvestimento concreto nella cultura, nell’istruzione, che incide direttamente sulle consapevolezze più radicate dei cittadini. Oggi, per esempio, molte persone reputano che il problema principale di questo Paese profondamente indebolito per mano delle banche e delle mafie, sia la presenza degli immigrati e il ​​messaggio immigrati o rifugiati che vengono solo per rubare e farsi gli affari propri” diventa dilagante, specie nelle fasce meno scolarizzate. Tuttavia, per fortuna, resiste ancora una nicchia consapevole e solidale; minoritaria, troppo piccola per incidere e incapace di organizzarsi. E così, di fronte a una povertà dilagante, molti italiani diventano conservatori e si appropriano acriticamente di argomentazioni bocciate dalla storia.

“Il campo progressista italiano le ha spianato la strada”

D: Ha avuto paura quando ha vinto Fratelli d'Italia, il partito della Meloni, nel 2022?

MS: Preoccupazione e soprattutto una sensazione molto strana: se la Meloni è qui è perché il campo progressista italiano le ha spianato la strada.

D: Le chiedo ancora, per capire bene: secondo la sua riflessione, l'attuale Governo, più che profondi cambiamenti di programma, promuove un cambiamento ideologico e di narrazione politica?

MS: Penso di sì. Ad esempio, i primi provvedimenti approvati sono misure  ridicole, decreti per opporsi ai “rave party” o per rendere illegale la carne sintetica, o ancora circolari per vietare l’uso di parole inglesi. E così la politica trascina tutta l’opinione pubblica e sposta il dibattito popolare su questioni non essenziali. Ma allo stesso tempo, devo anche dire che si porta il Paese nel passato, si condonano i grandi imprenditori con enormi evasioni fiscali, si permette alle multinazionali di avere carta bianca su tutto. Hanno anche cancellato il Reddito di Cittadinanza, che era un importantissimo sussidio di 700 euro per ogni famiglia sotto la soglia di povertà, una delle nostre grandi conquiste quando governava il Movimento 5 Stelle. È terribile, perché con l’enorme propaganda mediatica e sui social la Meloni e i suoi stanno radicando la percezione che questo strumento di redistribuzione della ricchezza era ingiusto e che “la gente deve lavorare”, non importa se perfino senza diritti o sotto sfruttamento. Come se il problema non fosse la povertà strutturale di una parte significativa della popolazione e l’incapacità a inserirsi nel mercato del lavoro, ma la mancanza di volontà di lavorare. Esasperano tutto e approfittano della disperazione della gente. Ecco perché insisto nel parlare del grande problema della narrativa dei gruppi politici dominanti, ma probabilmente anche Draghi e il Pd avrebbero, prima o poi, cancellato il Reddito di Cittadinanza.

D: Narrazione di destra e smantellamento delle conquiste sociali…

MS: Senza dubbio. Quando nel 2018 il nostro movimento ha raggiunto tale forza ed è salito al potere, abbiamo sentito che la giustizia aveva trionfato. Ho vissuto in Danimarca, dove ero già attivo con il M5S. Ho lasciato il mio lavoro lì per tornare in Sicilia e partecipare alla campagna elettorale regionale. Dopo sei mesi e a soli 28 anni, con una candidatura del tutto inaspettata e con il profilo di un giovane dalla parlata decisa e forte, sono stato eletto Deputato con il sostegno di oltre il 50% dell'elettorato della mia città. Molti italiani hanno vissuto tutto questo come una straordinaria rivoluzione. Siamo stati in grado di legiferare e portare a termini progressi impressionanti, come i sussidi per i più bisognosi, o l’obbligo di avere contratti di lavoro stabili e sicuri dopo due anni di lavoro nella stessa azienda. Siamo riusciti ad abolire la pubblicità del gioco d’azzardo in un Paese in cui il gioco d’azzardo era sempre più una piaga e continuava ad aumentare a causa della disperazione economica di molte persone. Ma le concessioni alla destra di Salvini con cui era partito il primo Governo sono iniziate rapidamente e ogni giorno perdevamo sempre più terreno. La stessa classe dirigente del Movimento 5 Stelle ha, a poco a poco, preso gusto e si è affezionata al potere, con la capacità di accettare compromessi sempre più a ribasso.

 

Svanisce una grande illusione

D: Questo ha causato la crisi interna al Movimento 5 Stelle?

MS: Esatto. Un gruppo di noi, che nel 2021 non ha sostenuto la nomina di Mario Draghi a primo ministro, è stato espulso dal Movimento e ha formato un gruppo parlamentare indipendente. Draghi, a nostro avviso, rappresentava l’élite europea neoliberista e globalizzante. Un uomo della Goldman Sachs, era stato direttore esecutivo della Banca Mondiale e poi, per otto anni, presidente della Banca Centrale Europea. Dietro Draghi si sono riuniti nuovamente la destra di Salvini e di Berlusconi, ma allo stesso tempo anche il Partito Democratico e il M5S. La sua nomina era qualcosa che la nostra decenza politica non poteva più accettare.

D: Un momento molto difficile nella sua carriera politica?

MS: L'espulsione del M5S ha rappresentato un evento molto amaro nella mia vita. Ma non potevo fidarmi di quel Governo che, come poi gli eventi hanno dimostrato, non avrebbe apportato alcun beneficio al nostro popolo. È stato triste perché ha rappresentato a mio parere la rottura definitiva di un processo partecipativo, quello del Movimento 5 Stelle, che non aveva eguali. Allo stesso tempo ritengo che la mia espulsione dal partito sia una sorta di medaglia al valore se la guardo dal punto di vista della mia etica. È stata una decisione di principio che ho preso sapendo che non avrebbe portato alcun beneficio personale. Ho fatto ciò che era giusto, non la cosa più conveniente per me ed è per questo che la considero un grande grido di libertà. Da subito, con gli altri colleghi con cui abbiamo creato il gruppo indipendente, abbiamo aperto una nuova fase della nostra vita parlamentare. Abbiamo presentato progetti di legge in totale autonomia e, per la prima volta, ho esposto nei miei interventi parlamentari i miei valori più radicali e le mie convinzioni, senza dover leggere un documento scritto da qualcun altro. Devo confessarti che è stata un'esperienza di cui sono molto orgoglioso. Altri colleghi, amici e colleghi Parlamentari del nostro movimento hanno continuato con la linea ufficiale. Provo per loro una specie di compassione, perché dev'essere molto difficile sentirsi bene, e a posto con la propria coscienza, dopo aver venduto l'anima al diavolo e tradito la volontà di milioni di elettori che ci avevano dato un preciso mandato: sovvertire il sistema.

La crisi di un’Europa con la guerra dentro

D: Quando è scoppiata la guerra in Ucraina, il vostro gruppo di M5S espulsi ha preso le distanze da ogni sostegno militare all'Ucraina e al conflitto in generale…

MS: Infatti. Questa guerra distorce qualsiasi ruolo strategico che l’Europa doveva svolgere. Come Unione Europea, siamo semplici venditori di armi quando avremmo dovuto alzare una voce forte e alternativa a favore della pace. Ritengo che oggi l'Europa, come concezione di un progetto originale nella costruzione di un continente egualitario e giusto, sia molto indebolita.


D: Per finire: la vostra organizzazione IMMAGINA ha appena aperto le sue porte per presentare Grand Hotel Coronda, un libro sui prigionieri politici nel carcere argentino di Coronda durante la dittatura militare. E in quella stessa sala si tengono le riunioni periodiche dei diversi gruppi e forze che difendono la pace in Palestina…

MS: Per noi IMMAGINA è uno spazio aperto, in costruzione, umano e profondamente solidale. L'obiettivo principale che perseguiamo è dare un piccolo senso di eternità a questo momento che viviamo qui oggi. Non è un progetto finito o chiuso. Le porte dei nostri locali sono aperte. Uno degli obiettivi fondamentali per cui abbiamo dato vita a Immagina, è riappropriarci della nostra esistenza. Questo implica due concetti principali: creare una comunità solidale e intellettualmente speculativa e contribuire alla costruzione della felicità collettiva. Con le nostre azioni cerchiamo di avanzare proposte e parlare di umanità, senza mai dimenticare gli aspetti caratterizzanti del nostro territorio. Con grande umiltà, passo dopo passo e con gioia, senza mai lasciarci prendere dallo sconforto.E in questo quadro la solidarietà per noi è un concetto fondante. Combattere tutto ciò che impoverisce oggi la nostra società planetaria: frontiere, guerre a vantaggio di pochissimi, divisioni tra le aree del mondo. Siamo solo esseri umani dello stesso meraviglioso universo e dobbiamo preservarci a vicenda, non combatterci, prenderci cura, insieme, del nostro pianeta.

  

Bakhita, affresco di Rosk & Loste, La Kalsa, Palermo. Foto Sergio Ferrari.


 

ALTRECONOMIA
L'Italie a continué à livrer des armes et munitions à Israël après le 7 octobre
Le gouvernement Meloni pris en flagrant délit de mensonge

Ci-dessous 4 articles de la revue italienne Altreconomia qui démontent les affirmations des ministres de Mme Meloni selon lesquelles l'Italie aurait cessé de livrer armes et munitions à Israël après le 7 octobre. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

03/04/2024

DOHA CHAMS
Un mundo que parece un mundo
El Sr. Guterres en el paso fronterizo de Rafah

Doha Chams, Al Araby Al Jadid, 29/3/2024
Traducido por 
Ricard González Samaranch


Doha Chams es una periodista y bloguera libanesa. Vive en Beirut.


El anciano está de pie frente al paso fronterizo cerrado. Detrás de él, se alinean interminables convoyes de camiones de ayuda pudriéndose bajo el sol del desierto del mediodía. Frente a él, decenas de micrófonos se disputan el espacio, esperando oír lo que tiene que decir. Es el funcionario de la ONU de más alto rango que llega aquí. Hay un cierto afán que casi se puede reconocer en su insistencia en venir él mismo. La palidez de la edad y de la vida de oficina se dibuja en su rostro flácido. El aire sopla mezclado con el polvo del desierto y su pelo canoso revolotea, aliviando la monotonía de su imagen oficial.

 

La visita en sí cuenta como un paso en la diplomacia. Aquí, en el paso fronterizo de Rafah, con su sudadera y su pelo al viento, el Secretario General parece más bien un abuelo afectuoso que ha venido a comprobar lo que les pasa a algunos de sus vecinos en esta humanidad. Esperamos lo que tiene que decir con la impaciencia de quien no se cansa de albergar esperanzas. Dice, como si fuera la primera vez que tantea el terreno minado con los pies: “¡La denegación de ayuda al norte de Gaza por parte de Israel es inaceptable!”

 

¡Qué eficaz, tío! El aire libre no parece cambiar nada en las expresiones de preocupación de la ONU.

 

Geográficamente, al menos, la declaración de Guterres parece inapropiada. Al otro lado del muro, los gazatíes del norte, del sur y del centro pasaban hambre y eran asesinados de las formas más horribles, las veinticuatro horas del día, en el momento de su declaración.

 

Su expresión “diplomática”, en un momento en que no hay mejor expresión lingüística que los insultos y los calificativos, parece mucho más perjudicial que el poco bien que hizo con su presencia.

 

Geográficamente, la declaración del Secretario General fue totalmente inoportuna, teniendo en cuenta su cargo, su esfuerzo, y la gravedad del acontecimiento. Ahora bien, sí fue muy indicativa de la impotencia de las Naciones Unidas, aunque intentara mostrar lo contrario. La incapacidad del mundo para acudir en ayuda humanitaria, para actuar con honor y valentía como lo hizo, por ejemplo, Sudáfrica, frente a complejos cálculos de intereses y al miedo al equilibrio de poder.

 

La visita de Guterres al paso cerrado por voluntad de Estados Unidos, Israel y Egipto reveló que, quizá sin saberlo, hemos estado perdiendo un tiempo precioso esperando la ayuda del mundo.

 

Y por eso, ¿cómo permanece todavía viva esa esperanza? ¿Es esperanza en la humanidad? ?De dónde viene? ¿Cuándo hemos visto al mundo acudir en ayuda de los oprimidos como una madre solícita? ¿O es la desesperación de esperar cualquier otra cosa? ¿Una esperanza que “sale del aburrimiento”, como dice la canción de Ziad Rahbani?

 

Desde hace meses, nuestra mirada suplicante se dirige al mundo, y cuando decimos el mundo, no nos referimos a un país concreto o a un gobierno concreto. El mundo, en el sentido de poder frenar a Israel, es en realidad Occidente, ya que nuestro mundo árabe también está ocupado, aunque de una forma más insidiosa que el crudo colonialismo de los colonos en Palestina.

 

Poco a poco, cada vez que el nivel de barbarie de Israel subía y a su malvada imaginación se le ocurría una nueva forma de exterminar y humillar a los palestinos, mirábamos a Occidente, que creíamos que era el símbolo de la civilización, sólo para encontrar individuos aquí y allá, que realmente tenían conciencia y humanidad, que, como nosotros, ponían el grito en el cielo, al no estar habituados a lo que veían y oían. Pero, al igual que con nosotros, nadie en el mundo se preocupaba por ellos.

 

Israel desnuda a los hombres, desnuda y viola a las mujeres, mata a las mujeres embarazadas disparándoles en el estómago, roba el oro de las mujeres desplazadas y quema los enseres que llevaban consigo para afrontar los rigores del exilio.

 

El mundo no somos nosotros ni estos individuos o pequeñas asociaciones, sino “ellos"” es decir, los poderosos con dinero y poder que ocupan los círculos de decisión, sus hombres y mujeres, y su financiación. Son los conglomerados de la economía, las armas y los medios de comunicación, un eje transnacional del poder de los intereses desprovistos de toda cobertura religiosa, moral o jurídica, tan fríos como el metal del que está hecha el arma. Un mundo cuyo corazón ha sido ocupado por una calculadora que se burla de cualquier ley que no esté respaldada por la fuerza.

 

El mundo son ellos.

 

Y es a ellos a quienes dirigimos nuestra mirada cada vez que se alza el salvajismo, esperando al menos una mirada de asco ante lo que hacen los bárbaros del siglo XXI. Una palabra que dé alguna esperanza a nuestros corazones de que se detenga el genocidio que desde hace seis meses se produce cada día, cada semana, cada mes. Pero sólo oímos frases calculadas con la precisión de quienes temen por sus intereses. Frases redondeadas que no dicen nada y, al hacerlo, dicen otra cosa. Que al monstruo se le ha dado permiso para completar lo que está haciendo.

 

Biden está pensando, Biden está consultando, Biden afirma, Biden está a punto de, Biden está casi diciendo, Biden está nervioso, Biden le ha colgado el teléfono a Netanyahu, hay señales de desacuerdos entre Biden y Netanyahu, el desacuerdo puede profundizarse, Netanyahu está saboteando las negociaciones, él está ganando tiempo, Argelia hace una propuesta de alto el fuego, Estados Unidos la veta con el pretexto de que tiene otro proyecto de resolución, Israel está matando, aniquilando, disparando con sus francotiradores, asesinando, destruyendo a diestro y siniestro. Israel desnuda a los hombres, desnuda a las mujeres y las viola, mata a las mujeres embarazadas disparándoles en el estómago, roba el oro de las mujeres desplazadas y quema los enseres que llevaban consigo para afrontar los rigores del exilio, envía a todos desnudos a donde dice que es seguro, y allí los mata.

 

Finalmente, hace unos días, con el telón de fondo de la farsa Biden/Netanyahu y las elecciones usamericanas, Washington dio marcha atrás en su veto. No para aprobar el proyecto de resolución de Mozambique para un alto el fuego en Palestina, Dios no lo quiera, sino simplemente por una abstención arrogante y condescendiente que permitió que el proyecto, débil en su contenido y con pocas probabilidades de ser eficaz, fuera aprobado.

 

El mundo, con sus representantes en el Consejo de Seguridad, se alegra de la resolución, que Estados Unidos tuvo a bien no bloquear para castigar a Netanyahu por su insubordinación. Aplauden calurosamente, y es palpable su alivio, en contraste con el ceño fruncido del representante usamericano en el Consejo.

 

Las pantallas de todo el mundo retransmiten la escena en la que se agasaja aquellos que permitieron la victoria. ¿Y después? ... Vuelta a la “rutina” de cubrir nuevas masacres israelíes y noticias sobre la intención de Netanyahu de invadir Rafah, donde en el lado opuesto del muro prohibido se encontraba el Secretario General de las Naciones Unidas.

 

Estimado Sr. Guterres. Probablemente sea usted un buen abuelo. Váyase a jugar con sus nietos, si eso es todo lo que el mundo puede hacer para detener el monumental genocidio que comenzó hace 75 años en Palestina, bajo su vigilancia, y que ahora se está completando en Gaza. No nos deje ni siquiera con la esperanza. Así, solo nos quedará “el mar detrás de nosotros, la muerte frente a nosotros”* ... La resistencia es inevitable.


*Nota de Tlaxcala

 En abril de 711, jinetes musulmanes cruzaron el estrecho de Gibraltar y avanzaron muy rápidamente en la Península Ibérica. Estaban bajo el mando de Tariq ibn Ziyad, la mano derecha de de Mûsa ibn Nûsayr, el gobernador de Ifriquía (actual Magreb).Este hombre, que llevaba sangre bereber en las venas, era el comandante de los ejércitos de Occidente, estacionados en la región de Tánger, que contaban con entre siete y doce mil hombres. La mayoría de ellos eran bereberes que no querían otra cosa que enfrentarse al rey visigodo de Hispania Rodrigo. Cuando desembarcó, y como sus tropas necesitaban ser galvanizadas (tenían frente a sí a 70 000 soldados cristianos), se cuenta que Tariq ibn Ziyad ordenó quemar todas las naves, y proclamó: “Mis queridos jinetes. Estáis cerca del objetivo final. Tenéis ante vosotros un enemigo poderoso y detrás de vosotros un mar furioso que devora a quienes le hacen frente. Muerte delante, muerte detrás. Pero la victoria sobre el enemigo os salvará de ambos peligros. Sabed luchar como héroes. ¡Alá es el más grande!” Desde entonces, el lugar donde el general musulmán tomó el control del campo de batalla se conoce como Yabal Tariq, y pronto Gibraltar.