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11/02/2022

GIDEON LEVY
Israël maintient en prison Amal Nakhleh, un adolescent palestinien atteint d'une maladie rare. Il n'y a pas de procès en vue

Gideon Levy et Alex Levac (photos), Haaretz, 11/2/2022
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Deux juges militaires israéliens ont ordonné la libération d'Amal Nakhleh, mais le système prédateur qui les dépasse a insisté pour le maintenir en prison.

Amal Nakhleh et son père Mouammar, en des temps meilleurs

 Qu'est-ce que le service de sécurité Shin Bet et les Forces de défense israéliennes ont contre un adolescent au lycée, dont le père dit qu'il ne connaît pas la différence entre l'idéologie et la biologie, qui souffre d'une maladie auto-immune rare et qui, en 2020, a subi une opération chirurgicale pour retirer une tumeur de sa poitrine ? Pourquoi l'emprisonnent-ils à répétition, sans procès, sans acte d'accusation, sans tenir compte de son âge ou de sa santé ?

Personne ne sait quels sont les soupçons qui pèsent sur Amal Nakhleh, qui était en 11e année au moment de sa première et de sa deuxième arrestation, dont le père est le directeur général d'une société de radiodiffusion à Ramallah et dont la mère est gynécologue dans le camp de réfugiés de Jalazone, près de cette même ville. Personne ne sait combien de temps l'adolescent restera en prison - apparemment pour avoir jeté des pierres. Deux juges militaires israéliens ont déjà ordonné sa libération après avoir examiné les informations relatives à la sécurité dans son cas, mais le système prédateur qui les dépasse a insisté pour le maintenir en prison et, à cette fin, a émis un ordre de détention administrative - incarcération sans procès, arbitraire et inconstitutionnelle - qui est renouvelé tous les quelques mois. Cela s'est produit à plusieurs reprises jusqu'à présent, et la fin ne se profile pas nécessairement à l'horizon.

Comme si sa maladie et l'opération qu'il a subie ne suffisaient pas, la semaine dernière, Nakhleh est également tombé malade du COVID-19 et a été emmené à l'hôpital de la prison de Ramle. Il ne peut pas être vacciné, en raison de sa maladie auto-immune. Il a été renvoyé dans sa cellule en début de semaine.

Amal aura 18 ans la semaine prochaine. Sa détention administrative actuelle doit prendre fin à la mi-mai, mais elle pourrait être à nouveau prolongée. Son père, qui réside à Ramallah, est à la tête du réseau médiatique Wattan, qui emploie une centaine de journalistes. Au siège de l'organisation, situé dans une tour de bureaux au cœur de la ville, le personnel était occupé cette semaine à préparer une campagne en faveur de la solution d'un seul État. Par le passé, les Forces de défense israéliennes ont fait plusieurs fois irruption dans les bureaux et les studios de l'entreprise - la dernière fois en 2012 - emportant du matériel qui n'a jamais été restitué.

Mouammar Nakhleh, 50 ans, journaliste, avocat et militant de gauche, a deux enfants. Osama, qui a maintenant presque 19 ans, a été arrêté pour la première fois à l'âge de 13 ans et a passé deux ans de sa vie derrière les barreaux. Amal est maintenant incarcéré depuis 14 mois au total. Leurs parents sont divorcés, et les fils partagent leur temps entre leur mère, Iman, à Jalazone, et leur père, à Ramallah.

Amal Nakhleh

SERGIO RODRÍGUEZ GELFENSTEIN
Les pinocchios de la politique yankee


Sergio Rodríguez Gelfenstein, 9/2/2022
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala 

Je m'excuse auprès des lecteurs d’insister sur le sujet, mais lorsque la paix mondiale et l'impératif d'empêcher une guerre insensée sont en jeu, nous devons tous fournir un effort pour contribuer à ces objectifs. C'est pourquoi, pour la troisième semaine consécutive, je reviens sur cette question. Cette fois, je l'aborderai sous l'angle de la manière dont les mensonges sont fabriqués par la collusion entre les gouvernements occidentaux et les médias transnationaux.


La semaine dernière, le ministère usaméricain de la Défense a déclassifié une vidéo de l'attentat suicide perpétré par l'État islamique (EI) le 26 août 2021 à l'une des entrées de l'aéroport international de Kaboul, faisant des centaines de victimes. L'enquête sur l'attentat a conclu que, contrairement aux rapports initiaux, il ne s'agissait pas d'une attaque de haute technologie organisée et structurée par des terroristes de Daech qui, après l'explosion, ont apparemment tiré sur la foule rassemblée à l'aéroport pour tenter de quitter le pays après l'arrivée au pouvoir des talibans. En réalité, un kamikaze a fait exploser « un seul engin explosif », selon le général Frank McKenzie, chef du commandement central usaméricain.

Cependant, la reconnaissance que les informations fournies étaient fausses ne cache pas le fait qu'affirmer n'importe quoi sans responsabilité, monter des campagnes médiatiques, mobiliser l'opinion publique et même prendre des décisions étatiques sur la base de ces « erreurs » est devenu une pratique courante en Occident. En arrière-plan, il est clair que tout est valable - y compris les mensonges, la stupidité et la tromperie - lorsqu'il s'agit d'atteindre les objectifs souhaités.



Presque en même temps que ce mensonge aberrant était dévoilé, lors d'une conférence de presse le 4 février, le journaliste de l'Associated Press Matt Lee a mis le porte-parole du Département d'État Ned Price au pied du mur en exigeant qu'il présente des preuves de l' « attaque imminente » que la Russie préparait contre l'Ukraine, d'autant plus qu'il justifiait le fait de ne pas présenter de preuves ou de sources en supposant que les informations avaient été obtenues par des agences de renseignement.

L'exposé « hollywoodien » de Mister Price n'a pas convaincu Mister Lee, journaliste vétéran chevronné, qui lui a demandé de présenter des preuves concernant les actions sous faux drapeau que la Russie organisait et la grave accusation portée contre elle. Au malaise apparent de Price, qui semblait être pris en flagrant délit de mensonge, Lee a répété les questions. M. Price a cherché à rassurer le journaliste en affirmant qu'il s'agissait d'informations connues du gouvernement usaméricain, les qualifiant d' « informations de renseignement que nous avons déclassifiées ». Le dialogue qui a suivi mérite d'être cité textuellement :

Matt Lee : Eh bien, où est-elle ? Où est cette information ? 

Ned Price : Ce sont des renseignements que nous avons déclassifiés.

Matt Lee : Mais où sont-elles ? Où sont les informations déclassifiées ?

Ned Price : Je viens de le remettre.

Matt Lee : Non, vous avez fait une série d'accusations...

Ned Price : Qu’est-ce que tu veux, Matt ?

Matt Lee : Je veux voir des preuves que je peux montrer afin de confirmer que les Russes ont fait cela.

Ned Price : Tu fais ça depuis...

Matt Lee : C'est vrai, je fais ça depuis longtemps... Je me souviens des ADM [armes de destruction massive] en Irak, et je me souviens que Kaboul n'allait pas s'effondrer... Je me souviens de beaucoup de choses. Alors où sont les informations, autres que les déclarations que tu as faites ?

 


Jen Psakinocchio

SERGIO RODRÍGUEZ GELFENSTEIN
Los “pinochos” de la política de Estados Unidos

Sergio Rodríguez Gelfenstein, 9-2-2022

Pido disculpas a los lectores por insistir en el tema, pero cuando está en juego la paz mundial y la imperiosa necesidad de impedir una guerra absurda, todos tenemos que hacer un esfuerzo por aportar a tales objetivos. Por esa razón, por tercera semana seguida, insisto en el tema. Esta vez lo abordaremos desde la perspectiva de cómo se fabrica la mentira a partir del contubernio entre gobiernos occidentales y medios transnacionales de comunicación.

La semana pasada, el  Departamento de Defensa de Estados Unidos desclasificó un video del atentado suicida perpetrado por el Estado Islámico (EI) el 26 de agosto del año 2021 en uno de los accesos al Aeropuerto Internacional de Kabul causando cientos de víctimas. La investigación realizada al respecto concluye en que contrariamente a lo que se informó en un primer momento, no se trató de un atentado organizado y estructurado con alta tecnología por terroristas del EI, los que aparentemente después de la explosión, habrían disparado a la muchedumbre que se concentraba en el aeropuerto para intentar abandonar el país tras la llegada de los talibanes al poder. En realidad lo que ocurrió fue que un terrorista suicida hizo detonar "un único artefacto explosivo", según informó el jefe del Mando Central de Estados Unidos general Frank McKenzie.

No obstante, el reconocimiento de que la información entregada era falsa, no oculta que afirmar cualquier cosa sin responsabilidad alguna, construir campañas mediáticas, movilizar a la opinión pública e incluso tomar decisiones de Estado a partir de esos “errores”, se ha ido transformando en práctica cotidiana en Occidente. En el trasfondo, se hace patente que todo resulta válido - incluyendo la mentira, la estulticia y el engaño- cuando se trata de obtener los objetivos deseados,

Casi al mismo tiempo en que se develaba esta aberrante mentira, durante una rueda de prensa el pasado 4 de febrero, el periodista de Associated Press, Matt Lee puso en duros aprietos al portavoz del Departamento de Estado Ned Price al requerirle la presentación de pruebas sobre el “inminente ataque” que estaría preparando Rusia contra Ucrania, sobre todo cuando tras ello se justifica la no presentación de evidencias ni fuentes tras la suposición de que la información es obtenida por agencias de inteligencia.

La “hollywoodense” exposición de Price no convenció a Lee, un veterano periodista con larga experiencia quien le pidió que presentara evidencias acerca de las acciones de falsa bandera que estaría organizando Rusia y la grave acusación que se le estaba haciendo. Ante la ostensible incomodad de Price que pareció verse descubierto en una mentira, Lee reiteró las preguntas. Price quiso conformar al periodista diciéndole que esa era información conocida por el gobierno estadounidense, la llamó “información de inteligencia que hemos desclasificado”. Vale la pena referir textualmente el diálogo que se produjo a continuación:

Matt Lee: Bueno, ¿pues dónde está ella? ¿Dónde está esta información?

Ned Price: Es información de inteligencia que hemos desclasificado.

Matt Lee: Pero ¿dónde está? ¿Dónde está la información desclasificada?

Ned Price: Acabo de entregarla.

Matt Lee: No, usted presentó una serie de acusaciones…

Ned Price: ¿Qué quiere usted, Matt?

Matt Lee: Quiero ver un poco de evidencia que pueda mostrar a fin de confirmar que los rusos han estado haciendo esto.

Ned Price: Usted ha estado haciendo esto durante…

Matt Lee: Es cierto, he estado haciendo esto durante mucho tiempo…Yo recuerdo las ADM [armas de destrucción masiva] en Irak, y recuerdo que Kabul no iba a derrumbarse…Yo recuerdo muchas cosas. Por eso, ¿dónde está la información, aparte de afirmaciones expresadas por usted?

Price fue descubierto en su mentira que quedó patentizada ante la opinión pública por más intentos que se haga por ocultarlos. Él y Jen Psaki, vocera de la Casa Blanca son los patrañeros oficiales del gobierno de Estados Unidos, hacen el mismo papel que Joseph Goebbels en la Alemania nazi. En uno y otro gobierno se organizaron máquinas de propaganda a fin de confundir a la opinión pública, crear falsas imágenes de la realidad y tratar de conducir a los ciudadanos como si fueran borregos que se apretujan en el corral de los intereses corporativos del poder imperial.

Jen Psakinocchio

Cuando a Price no le quedaban argumentos intentó contraatacar a Lee conminándolo a asumir posiciones a partir no de la ética periodística, sino de la defensa irrestricta de la “verdad” del gobierno estadounidense. Le dijo: “…lamento si no le gusta a usted el contenido, lamento que esté dudando de la información que tiene el gobierno estadounidense…Si duda de la credibilidad del gobierno estadounidense, del gobierno británico y de otros gobiernos y quiere confiar en la información que emiten los rusos, lo puede hacer”. De esta manera, Price, actuando en consonancia con su anterior empleo como agente de la CIA, más que como vocero de la cancillería de Estados Unidos emitió una abierta amenaza insinuando que repetir lo que dice el gobierno ruso colocaba al periodista en el umbral de la traición. ¡Vaya libertad de prensa!

En este contexto, el sábado 6, la misma agencia Associated Press dio a conocer que su confianza en el gobierno de Estados Unidos había decaído abruptamente “debido a sus declaraciones erróneas, mentiras, falsedades y falta de transparencia”.

ANNAMARIA RIVERA
Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la race

Annamaria Rivera, Comune-Info, 10/2/2022
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala 

Comme on le sait, la notion de « race » - critiquée puis abandonnée par une grande partie des sciences sociales et biologiques qui avaient contribué à son élaboration - est une catégorie aussi infondée que paradoxale, car elle repose sur le postulat qui établit une relation déterministe entre les caractéristiques somatiques, physiques et génétiques et les caractéristiques psychologiques, intellectuelles, culturelles et sociales.

 

Oswaldo Guayasamín, Mère et enfant de la série Ternura [Tendresse] (1989)

Je rappelle qu'en 1950, le déterminisme biologique a été formellement dénoncé par l'UNESCO dans la Déclaration sur la race, considérée comme le premier document officiel à nier la corrélation entre les différences biologiques et les différences culturelles, psychologiques, intellectuelles et comportementales.

Toutefois, cette déclaration n'a pas abandonné la catégorie de la race, mais uniquement le déterminisme biologique. En tant que tel, il ne s'agissait pas, même pour son époque, d'un document très avancé, bien que des chercheurs du calibre de Claude Lévi-Strauss et Ashley Montagu aient contribué à sa rédaction.

Je rappelle que ce dernier - biologiste, psychologue et enfin anthropologue (il fut l'un des premiers élèves de Malinowski, puis de Boas) - avait déjà en 1942 démoli « le mythe de la race » dans un essai (Man's Most Dangerous Myth : The Fallacy of Race), traduit tardivement en italien, sous le titre La race. Analyse d'un mythe [et pas encore traduit en français depuis 80 ans...].

En ce qui concerne la contribution de l'anthropologie culturelle à la déconstruction de la « race » (qui est souvent sous-estimée par les anthropologues eux-mêmes), il suffit de considérer le rôle de Franz Boas, un pionnier de l'anthropologie moderne. Boas, qui a également souffert personnellement de l'antisémitisme, est devenu, au fil du temps, un opposant acharné au racisme improprement appelé scientifique. Et ce, dans une phase historique où prévalaient encore des pseudo-sciences telles que la physiognomonie, la phrénologie et l'anthropologie criminelle de Cesare Lombroso.

C'est en démolissant progressivement l’innéisme et le biologisme déterministe que Boas a réussi à introduire la culture comme concept primaire, puis le relativisme culturel.

 

Autoportrait avec « document de voyage juif » (1943) de Felix Nussbaum (Osnabrück, 1904), mort à Auschwitz peu avant la libération du camp

Ce n'est pas un hasard si l'un des volumes que les nazis ont brûlé à Berlin dans la nuit du 10 mai 1933, cinq mois après l'arrivée au pouvoir d'Hitler, était l'un des essais les plus populaires de Boas : The Mind of Primitive Man, datant de 1911 (publié trois ans plus tard en allemand sous le titre plus explicite de Kultur und Rasse).

 Beaucoup plus tard, en 1946, Fernando Ortiz, considéré comme le plus important ethnologue et anthropologue cubain, publiera El engaño de las razas. Influencé avant tout par l'anthropologie culturelle usaméricaine, Ortiz y réfute radicalement, entre autres, le racisme scientiste. Je rappelle d'ailleurs que c'est lui qui a inventé le mot et le concept de transculturation.

 La Déclaration sur la race, votée à l'unanimité et par acclamation en 1978 par la Conférence générale de l'UNESCO, ne brille pas non plus par son audace. Il suffit de dire que, alors que pour l'anthropologue cubain, « race » était « una mala palabra que non debiera decirse », ici les adjectifs « racial »/ « raciaux » reviennent trente-deux fois et même les groupes raciaux sont mentionnés à plusieurs reprises comme une évidence.

10/02/2022

SERGIO RODRIGUEZ GELFENSTEIN
Who fabricates a war and how?
Biden, Johnson & Co., playing Liar's Poker

 Sergio Rodríguez Gelfenstein, 2/2/2022
Translated by
United World International, revised by John Catalinotto

Feb. 2 – It is almost natural that countries (especially the powers that have more capability of doing so), would like to resolve their internal problems by unleashing conflicts abroad. For that, they invent attacks on their national security, exploit false national interests and make absolutist calls for national unity in defense of the threatened sovereignty and integrity.
Who can doubt that the artificial conflict between Russia and Ukraine corresponds to this logic? Especially given the continual and accelerated failure of the administrations of Joe Biden in the United States and Boris Johnson in Great Britain. Biden’s popularity is one of the lowest of any US president at the end of his first year in office.


Ingram Pinn/Financial Times

According to an article published by the Los Angeles Times on Jan. 20, which cites an Associated Press – NORC Center for Public Affairs Research survey, only 43% approve of the U.S. president’s management. In addition, just 28% want Biden to run for re-election in 2024, including only 48% of Democrats.  Regarding the economy, the situation for Biden is worse, as scarcely 37% evaluate the president’s management positively. It should be noted that the 2021 inflation rate was the highest in 40 years.

Nor is the popular perception of his handling the pandemic any better, rejected by 55% of Americans. In the same way, it is considered that the government has been totally inefficient in resolving the migration problem and has not even been able to carry out its spending plan in terms of infrastructure and improvement of the economy.

Biden, Johnson failing in polls

In general, people perceived Biden as being unable to build consensus with the Republicans – which was a great promise of his campaign – and he has not succeeded in convincing some of the more conservative legislators of his own Democratic Party to support his program. In this context, citizens wonder what is the point of re-electing Biden, which they see as extending the crisis.

Boris Johnson’s situation is similar. Johnson is being questioned and debated in the midst of a deep political crisis, originating from the leak of an email in which the prime minister’s principal secretary, Martin Reynolds, invited government personnel to a party during full COVID-19 lockdown.

Thus, the leader of the Labor Party, Keir Starmer, has called Johnson to resign, while polls show that 90% of Britons think he should step aside.


Plop & KanKr

In this context, whoever has doubts about the true objectives involved in the development of the “Ukrainian crisis” should listen to Johnson who, after a visit to that country, first apologized for having attended the aforementioned party and then appealed to jingoist sentiment, calling to “concentrate all efforts to confront Russia.” All this, after the Scottish deputy Ian Blackford called on him to agree to be “investigated by the police for violating their own laws.” For her part, the deputy Angela Rayner, the Labor Party’s number two, said Johnson “had to go” immediately.

When another deputy accused him of “ruining the country’s reputation, Johnson responded by saying that: “Our country’s reputation in the world is based […] on the fact that we are able to unite allies to oppose Vladimir Putin. This is what the world is focused on right now and what I’m focused on right now,” making it clear what the real goal of his Ukrainian affair is.

Likewise, by clearly establishing who would die in a possible war between Russia and Ukraine, Johnson stated that: “The best we can do is inform the Russian citizens that the Ukrainians will fight to the last drop of blood.” Simply put, Johnson decided that Ukrainians must die to save him and Biden from a political debacle.

Ukrainian president contradicts Biden

Some unwary reader might think that what I am writing about the situation on the Russian-Ukrainian border is speculation. That reader should read what the Ukrainian authorities say, those in charge of reporting what is actually happening there. Last Friday, January 28, the president of Ukraine, Vladimir Zelensky, warned that the impression is being created in the West that war with Russia is imminent. Ruling out that this will happen, Zelensky lamented at the same time because the terror created around the alleged war is hurting the national economy.

09/02/2022

سخنان گرهارد مِرت شِنک در برلین مقابل سفارت آمریکا - 5 فوریه 2022

در مقابله با جوّسازی غرب برای جا انداختن عملیات نظامی در افکار عمومی بخاطر خطر تهاجم روسیه به اوکرائین

بفارسی از حمید بهشتی , تلاکسکالا

چندی پیش بیستمین  سالروز بکار افتادن اردوگاه اسرا در پایگاه نظامی آمریکا در گوانتانامو (واقع در کوبا) بود. این اردوگاه اسرا به خوبی برای توضیح ارتباط آمریکا با حقوق بشر مناسب است. نگهبانی از حقوق بشر معمولا در صورتی از سایر کشورها طلب می شود که به نفع آمریکا باشد. اما در صورتیکه حقوق بشر با منافع قدرتمداری خودشان مناسب نباشد، آنگاه بدون اندکی درنگ از آن صرف نظر گشته، کوچک ترین توجهی بدان نمی شود و همه متحدان نیز آن را ندید می گیرند و رسانه های تحت تمکین سرمایه در صدد مشروع جلوه دادن آن بر می آیند. اردوگاه اسرا در گوانتانامو هنوز نیز برپاست و این به معنی 20 سال، تداوم نقض حقوق بشر از جانب آمریکا و اعمال روش های شکنجه مانند "واتر بُردینگ" (ایجاد خفگی با زیرآب بردن سر زندانیان) است. اما چرا عوامل شکنجه گر در گوانتانامو نیز دادگاهی نمی شوند، همانگونه که به تازگی در مورد یکی از مأموران پلیس مخفی سوریه صورت گرفت؟ اینجاست که بار دیگر دورویی سیاستمداران آلمان و رسانه های "با کیفیت" ظاهر می گردد. علاوه بر آن آمریکا سایر کشورها را به نقض حقوق بشر متهم می سازد. آنان خود را بمثابه سرزمین الهی می نگرند و تصور می کنند خدا بدانها دستور داده است معیارهای خود را بر تمامی گیتی مسلط سازند. جای دارد که آنها نظری به انجیل بیافکنند، به نامه یوحنا در بند 8 ، آیه 7 را بخوانند و ذهن خویش را به تمثیل زناکار مشغول نمایند: هر که در میان شما مرتکب گناه نگشته است، اولین سنگ را بسوی او بیاندازد. بنابراین آمریکا فقط در صورتی اجازه دارد سایر کشورها را بخاطر نقض حقوق بشر محکوم نماید که خودشان بی گناه باشند. اما ایمان آمریکا به انجیل اینقدرها نیز محکم نیست. آنها فقط بخاطر حفاظت از سوداگری و قدرتمندیشان به حقوق بشر متوسل می گردند.

نقض حقوق بشر در آمریکا دارای سنّتی طولانی است. اینکار با مقابله با بومیان اصلی آن سرزمین که اراضی آنها را غصب ، آنها را کشته و فرودست نموده، در محیط های اسکانِ نامناسب برای زندگی محصور کردند، آغاز می گردد. آمریکا چین را به نقض حقوق بشر متهم می سازد، بجای اینکه به سرخ پوستان، زمین هایشان را پس دهد و مظالمی را که بدانها روا نموده جبران نماید. آمریکا نمونه بارز استعمارگر است و مظهر آن، زندانی سیاسی بومی آمریکا لئونارد پلِتیر است. در ماه ژوئن 2021 جِیمز رِینولد، نماینده دادستانی، که مسئول دادرسی پلتیر در محکوم گشتن او بوده در نامه ای که به رئیس جمهور، بایدن، نوشت درخواست آزادی وی را نمود. علاوه بر آن بطور رسمی بخاطر اسارت و محکوم نمودن، از وی طلب پوزش نمود. وی این را نیز پذیرفت که هیچ گونه مدرکی علیه پلتیر در دست نداشته اند و به همین جهت او هرگز نمی بایست محکوم می شده است. این نمونه خوبی برای احترام به حقوق بشر در آمریکاست.

دولت های آمریکا با سرخ پوستان بیش از 2 هزار قرارداد بستند که حتا به یکی از آنها نیز پایبندی نشان ندادند. تمامی آنها را بی شرمانه زیر پا نهادند. این نیز در باره بی وفایی آمریکا به پیمانهایش که برای زمان حال نیز مصداق دارد. فقط کافیست به قرارداد هسته ای با ایران اشاره شود. اما از سایرین خواهان پایبندی به قراردادها می باشند. چه بازی دورویانه و بی شرمانه ای را این ابر قدرت بازی می کند که نقش پلیس جهانی را برای خود قائل است و در عین حال هم شاکی، هم قاضی و هم مجری می خواهد باشد. آمریکا با باصطلاح متحدین خویش نیز بهتر ازاینها رفتار نمی کند، همانگونه که در تصمیم آخرش در مورد افغانستان می توان دید: پای خود را از افغانستان بیرون کشید و دست متحدینش را در حنا گذارد.

مجمع عمومی سازمان ملل متحد در سال 1970 بیانیه ای را تصویت نمود:

"همه کشورها از حقوق مربوط به تمامیت ارضی برخوردارند. آنها برابرانه دارای این حقوق و وظایف بوده، عضو جامعه بین الملل می باشند، بدون توجه به تفاوت های اقتصادی، اجتماعی، سیاسی یا هر گونه ی دیگر". این نیز ذکر شده است که: "همه کشورها موظف اند حقوق سایر کشورها را رعایت نمایند. هر کشور حق دارد نظام سیاسی، اجتماعی، اقتصادی و فرهنگی خویش را آزادانه برگزیده و متحول سازد".

بدین قرار تحریم های آمریکا علیه کوبا، نیکاراگوئه، ونزوئلا و سایر کشورهای ناخوشایند برای آمریکا، اساساَ ناقض حقوق بین الملل و بیانیه سازمان ملل متحد است.

GERHARD MERTSCHENK
„Haben die USA das moralische Recht, gegen andere Länder in einer Sache vorzugehen, in der sie selber Schuld auf sich laden?“

Gerhard Mertschenk ist Mitglied des Vorstandes der Alexander-von-Humboldt-Gesellschaft in Berlin und in der Organisation Venezuela Avanza aktiv. Er hielt folgende Rede am 5. Februar 2022 in Berlin.

 

Liebe Anwesende,

vor Kurzem wurde an den 20. Jahrestag der Inbetriebnahme des Gefangenenlagers im USA-Militärstützpunkt Guantánamo auf Kuba erinnert. Dieses Gefangenenlager eignet sich hervorragend, das Verhältnis der USA zu Menschenrechten zu erläutern. Die Einhaltung von Menschenrechten wird von anderen Ländern immer dann eingefordert, wenn es den Interessen der USA nützt. Wenn jedoch Menschenrechte den eigenen Machtansprüchen entgegenstehen, dann wird sich skrupellos über sie hinweggesetzt und sie werden vollkommen missachtet. Und alle Verbündeten sehen darüber hinweg und die kapitalhörigen Medien versuchen sich in Rechtfertigungen. Das Gefangenenlager in Guantánamo ist noch immer in Betrieb, d.h. 20 Jahre anhaltende Verletzung von Menschenrechten durch die USA und offiziell angeordnete Anwendung von Foltermethoden wie das berüchtigte „waterboarding“. Warum werden die staatlichen US-Folterknechte in Guantánamo nicht auch vor Gericht gestellt, wie es jetzt mit einem syrischen Geheimdienstmann geschah? Da wird wieder die doppelte Moral sichtbar, die von den BRD-Politikern und den "Qualitätsmedien" praktiziert wird.

Die USA maßen sich zudem auf der anderen Seite an, anderen Ländern die Verletzung von Menschenrechten vorzuwerfen. Sie betrachten sich als „God’s own country“, Gottes eigenes Land, und glauben, Gott hätte ihnen das Gebot erteilt, ihre Werte in alle Welt zu tragen und durchzusetzen. Sie sollten aber mal in die Bibel schauen, Johannes Evangelium, Kapitel 8, Vers 7 lesen und sich mit der Parabel von der Ehebrecherin beschäftigen: Wer unter euch ohne Sünde ist, der werfe den ersten Stein auf sie. Die USA dürften also andere Länder nur dann wegen Verletzung von Menschen-rechten anklagen, wenn sie selber ohne Sünde wären. Aber so weit geht die Bibel-gläubigkeit der USA nicht. Sie frönen nur der Absicherung ihrer Profitgier und ihres Machtanspruches.

Die Verletzung der Menschenrechte in den USA hat eine lange Tradition. Sie fängt schon an mit dem Vorgehen gegen die Ureinwohner, denen ihr Land weggenommen wurde, die ermordet, diskriminiert und in unwirtliche Reservate weggesperrt wurden, von denen noch heute etliche existieren. Was für ein Geschrei würden die USA und die ihr hörigen Medien erheben, wenn China so gegen die Uiguren vorgehen würden? China nimmt ihnen nicht das Land, ermordet sie nicht und sperrt sie nicht in unwirtliche Reservate ein. Und trotzdem werfen die USA China die Verletzung von Menschenrechten vor, anstatt den Indianern ihr Land zurückzugeben und sie für die erlittenen Unbilden zu entschädigen. Das ist typische Kolonialherrenmanier. Davon zeugt auch der seit 1976 in den USA inhaftierte indigene politische Gefangene Leonard Peltier. Im Juli 2021 wandte sich der damalige Anklagevertreter James Reynold, der im Prozess gegen Peltier mitverantwortlich für die Verurteilung des Aktivisten gewesen war, in einem Brief an Präsident Biden und forderte nun die Freilassung des politischen Gefangenen. Zudem entschuldigte er sich öffentlich für die Verurteilung und Inhaftierung Peltiers und räumte ein, dass es keinerlei Beweise gegen ihn gegeben habe, weshalb er nie habe verurteilt werden dürfen. Ein bezeichnendes Beispiel für die Achtung der Menschenrechte in den USA.

USA-Regierungen schlossen über 2000 Friedensverträge mit den Indianern ab, kein einziger davon wurde von den USA eingehalten, alle wurden skrupellos gebrochen. Soweit auch zur Vertragstreue der USA. Und das gilt auch für die Gegenwart. Man denke nur an die Kündigung des Atomvertrages mit dem Iran. Aber von den anderen verlangen sie Vertragstreue. Welch ein heuchlerisches und zynisches Spiel dieser Großmacht, die sich zum Weltpolizisten berufen fühlt und Ankläger, Richter und Bestrafer zugleich sein will. Auch gegenüber sogenannten Verbündeten verhalten sich die USA nicht besser, wie man an dem einseitigen und einsamen Beschluss sehen kann, sich aus Afghanistan zurückzuziehen und die willfährigen Verbündeten im Regen stehen zu lassen.

REINALDO SPITALETTA
L’ère du Narcisse onaniste

Reinaldo Spitaletta, El Espectador, 8-2-2022
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala 

Aujourd'hui, une nouvelle « servitude volontaire » est en vogue, déguisée en liberté. Et le pire, c'est qu'on l'honore, depuis la croyance, par exemple, que la culture du « j'aime », une avalanche de « likes », nous rend libres et meilleurs, jusqu'au retour au troupeau, non plus par l'usine, mais par la virtualité. En ces temps de néo-libéralisme, avec des promotions ad nauseam de l'individualisme capitaliste, de quoi le travail peut-il nous libérer ?


À une époque assez lointaine, travailler, c'était appartenir à l'histoire. Il s'agissait, au milieu des devises de « progrès » et de « civilisation », de donner la preuve qu'il y avait un droit à la désobéissance et à vivre mieux. Il s'agissait de faire prendre conscience, par exemple, de la nécessité de réduire les horaires de travail, qui étaient extrêmes et ne tenaient pas compte du repos, des loisirs créatifs et de l'éducation. Les glorieuses luttes du XIXe siècle pour les « trois huit » en Europe et aux USA étaient le signe qu'il existait une intelligence et un sens de la vie opposés à l'esclavage, même s'il s'agissait d'un esclavage salarié.

La nouvelle culture et les rituels « post-modernes », avec leurs mirages et leurs bazars d'individualisme, d'isolement et d'égocentrisme extrême, conduisent à l'immobilisme, rompu de temps en temps, par exemple, par des explosions sociales, parfois spontanées, et parfois, comme cela s'est produit en Colombie ces dernières années, en raison des inégalités et du manque de respect de ceux d’en haut. Or, ce que nous constatons, accentué par la pandémie, c'est, comme l'a dit le philosophe germano-coréen Byung-Chul Han dans plusieurs de ses livres désormais à succès, que la vie s'est limitée à produire.

Produire quoi ? Pas nécessairement de l'art, de la littérature, de la pensée, de la science, mais des manières déshumanisées de nous faire croire que nous sommes au service de causes supérieures, alors que nous ne sommes qu'un rouage d'un système de marché qui aliène et avilit l'être humain. La nouvelle tactique du capitalisme, avec ses défroques de modèle néolibéral, est de nous faire croire que nous sommes une communauté, alors qu'en réalité, comme dans une dystopie, nous sommes un troupeau assujetti.

Nous nous laissons bercer par une illusion. Il faut cultiver son corps, être « en forme », se modeler, promouvoir le « je », s'éblouir de selfies... Les vieux narcissismes ont été restaurés et polis. Cela fait partie de la culture de consommation, du centre commercial, de la virtualité, des oracles et des gourous. Les politiciens d'aujourd'hui, plus soucieux du look et de la photo bien maquillée, visent l’effet gadget. « Attention à ne pas vous mettre à philosopher », les préviennent leurs conseillers en image. Parlez plutôt d'une bière et d'un pique-nique.

Bien sûr qu'ils le font. Nous appartenons à la société des représentations. Voyons comment vous vous en sortez sur les réseaux sociaux, comment une phrase sensationnelle émeut et provoque des milliers de « likes ». Quel emmerdement que de dire des choses importantes et de faire réfléchir à des chaînes, à l'oppression, à des mystifications à vie. Il faut tout adoucir. De cette façon, nous faisons un pas en avant et il n'y a pas de place pour la rage des « premières lignes » [groupes militants de la récente révolte en Colombie, équivalent des "cortèges de tête" parisiens, NdT] ou de ceux qui ont toujours été floués par des réformes qui ont même jeté par-dessus bord les actes héroïques des « trois huit » d'il y a plus d'un siècle.


1927 : Raúl Eduardo Mahecha Caycedo (assis), Floro Piedrahita, Julio Buriticá et Ricardo Elías López, du Parti socialiste révolutionnaire colombien, posent avec la bannière des trois huit : 8 heures de travail, 8 heures d'étude et 8 heures de repos.

Dans le scénario de la farce, il s'agit de « plus de la même chose », mais avec des bonus. Et revenons au début : de quoi le travail peut-il nous libérer ? Pas même de la faim, par exemple en Colombie, où, pour la plupart, il n'y a même pas de travail et où, devant l'évidence d'un pays aux inégalités infâmes, où beaucoup n'ont même pas deux repas par jour, le gouvernement demande à la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), face au danger de l'insécurité alimentaire, de retirer la Colombie de cette carte. C'est comme vendre son canapé pour se protéger de l'infidélité.

L'un des artifices contemporains utilisés par les personnes au pouvoir est de nous faire croire que nous sommes libres. « Le sujet néolibéral, contraint de se rendre, est un serviteur absolu en ce sens que, sans maître, il s'exploite volontairement », affirme Byung-Chul Han, dans La disparition des rituels. « Le social est entièrement soumis à l'autoproduction. Tout le monde s'autoproduit, se "tonifie" pour attirer l'attention », ajoute-t-il dans un autre passage.

La nouvelle aliénation se tisse avec les effets de la vitesse, la brièveté des messages, les réactions médiatiques. J'ai beaucoup de « likes », donc j'existe, je me promeus, une masturbation toute neuve, une manifestation du vide (c'est-à-dire de la vanité, comme l'a noté Fernando González) et donc je me crois à jour et au sommet du pouvoir. Alors qu’à vrai dire, on est sous le joug de celui qui s'enivre de sa propre image.

Nous sommes désormais, en plus d'être disciplinés par divers mécanismes de surveillance et de contrôle, afin de ne pas opter pour la transgression, des êtres dociles, amoureux de nos chaînes et de notre corps « bien travaillé ». Nous apprécions notre propre auto-exploitation. Les logarithmes ne nous lâchent pas. Et nous adorons regarder notre nombril, même s'il est mal coupé.

REINALDO SPITALETTA
Narciso se masturba

 Reinaldo Spitaletta, El Espectador, 8-2-2022

Hoy está en boga una nueva “servidumbre voluntaria”, disfrazada de libertad. Y lo que es peor, a ella se le rinden honores que van desde el creer, por ejemplo, en que la cultura del “me gusta”, un diluvio de “likes”, nos hace libres y mejores, hasta la vuelta a la manada, ya no a través de la fábrica, sino de la virtualidad. En estos tiempos de neoliberalismo, con promociones hasta la saciedad del individualismo capitalista, ¿de qué nos puede liberar el trabajo?

En un tiempo más bien remoto, trabajar era pertenecer a la historia. Era, en medio de divisas de “progreso” y “civilización”, dar evidencias de que existía el derecho a desobedecer y a vivir mejor. Era hacer consciente, por ejemplo, que había que disminuir las jornadas laborales, extremas y sin consideraciones de respeto por el descanso, el ocio creativo y la educación. Las gloriosas lides decimonónicas por “los tres ochos”, en Europa y los Estados Unidos, eran una muestra de que había una inteligencia y un sentido vital opuestos a la esclavitud, así ésta fuera asalariada.

La nueva cultura y los rituales “posmodernos”, con sus espejismos y bazares del individualismo, del aislamiento y el egocentrismo a ultranza, conducen a una inmovilidad, rota de vez en cuando, por ejemplo, con estallidos sociales, a veces espontáneos, y a veces, como ha sucedido en Colombia en los últimos años, consecuencia de las inequidades y los desafueros oficiales. Sin embargo, lo que se ve, acentuado por la pandemia, es, como lo ha dicho el filósofo coreano-alemán Byung-Chul Han en varios de sus libros, que hoy son “bestsellers”, es que la vida se ha limitado a producir.

¿A producir qué? No necesariamente arte, literatura, pensamiento, ciencia, en fin, sino a unos modos deshumanizados en que se nos hace creer que estamos al servicio de causas elevadas, cuando no somos más que una tornillería de un sistema de mercado enajenador y que envilece al ser humano. La nueva táctica del capitalismo, con sus vestuarios del modelo neoliberal, es hacer creer que somos una comunidad, cuando, en realidad, como en una distopía, somos un rebaño sometido.

Nos inducen al espejismo. Hay que cultivar el cuerpo, lucir “fit”, modelar, auspiciar el “yo”, deslumbrarse con las selfis… Los antiguos narcisos han sido restaurados y pulidos. Es parte de la cultura del consumo, del centro comercial, la virtualidad, los oráculos, los gurús. Los políticos de hoy, más pendientes de la pinta y la fotografía bien maquillada, apuntan al efectismo. “¡Cuidado con ponerse a filosofar!”, les advierten sus consejeros de imagen. Hablen más bien de cervecita y picnic.

Claro. Pertenecemos a la sociedad de las representaciones. Veamos cómo te va en las redes sociales, cómo una frase sensacionalista conmueve y provoca miles de “me gusta”. Qué cuentos de decir trascendentalismos y hacer pensar en grilletes, en opresiones, en engañifas de toda la vida. Hay que suavizarlo todo. Así nos hacemos pasito y no hay lugar a rabias de “primeras líneas” ni de los birlados de siempre con reformas que, incluso, han echado por la borda hasta las heroicas gestas de los “tres ochos” de hace más de una centuria.


  1927: 
Raúl Eduardo Mahecha Caycedo (sentado), Floro Piedrahita, Julio Buriticá y Ricardo Elías López, del Partido Socialista Revolucionario, posan con la bandera de los tres ochos: 8 horas de trabajo, 8 horas de estudio y 8 horas de descanso.

En el escenario de la farsa se trata de “más de lo mismo”, pero con bonituras. Y volviendo al principio: ¿De qué nos puede liberar el trabajo? Ni del hambre, por ejemplo en Colombia, donde, por lo demás, ni siquiera trabajo hay y donde, ante la evidencia de un país de infames desigualdades, en el que muchos ni siquiera alcanzan a dos comidas diarias, el gobierno pide a la FAO (organización de las Naciones Unidas para la alimentación y la agricultura) que, ante el peligro de la inseguridad alimentaria, retire a Colombia de ese mapa. Es como vender el sofá para preservarse de las infidelidades.

Dentro de las artificiosidades contemporáneas, utilizadas por el poder, está la de hacernos creer que somos libres. “El sujeto neoliberal, que se ve forzado a rendir, es un siervo absoluto por cuanto, sin amo, se explota a sí mismo voluntariamente”, dice Byung-Chul Han, en La desaparición de los rituales. “Lo social se somete por completo a la autoproducción. Todo el mundo se autoproduce, se «da tono» para llamar más la atención”, agrega en otro apartado.

La nueva alienación está tejida con los efectos de la velocidad, la cortedad de los mensajes, las reacciones mediáticas. Tengo muchos “me gusta”, entonces existo, me autopromociono, una novísima masturbación, una manifestación del vacío (o sea, de la vanidad, como anotaba Fernando González) y así creo estar al día y en la cima del poder. Cuando, en rigor, se está bajo el yugo del que se embriaga con su propia imagen.

Somos ahora, además de disciplinados por diversos mecanismos de vigilancia y control, a fin de no optar por la transgresión, seres rendidores, enamorados de nuestras cadenas y de nuestro cuerpo “bien trabajado”. Gozamos con nuestra propia autoexplotación. Los logaritmos no nos desamparan. Y nos encanta mirarnos el ombligo, incluso si quedó mal cortado.

LUIS E. SABINI FERNÁNDEZ
Animales heridos, la lógica también

 Luis E. Sabini Fernández, 9/2/2022

En la última semana hemos tenido, una vez más, una vieja modalidad de abordaje de un problema que bien se podría resumir como “tomar el rábano por las hojas” o “cortar el hilo por lo más delgado”: unos productores de ovejas trajeron y expusieron ante la Torre presidencial unas ovejas destrozadas por perros salvajizados o cimarrones.


Un espectáculo atroz. Que en rigor revela y refleja una realidad atroz.

Saltó inmediatamente el resorte ético o moral, y, como tan a menudo, acompañado o amparado por el recurso policial. Plataforma Animalista rechazó acciones que “desprecian la vida animal” y expresó su preocupación por “animales sufriendo durante horas sin asistencia”, aunque respecto de esta última preocupación no pudimos atinar si los animalistas o plataformistas se referían al tiempo sin asistencia en la plaza o al tiempo sin asistencia en los campos y potreros, durante, a veces, la noche entera. Y la comisión directiva de la Sociedad Uruguaya de Veterinarios Especialistas en Pequeños animales resaltó “el sufrimiento de un ser vivo”, olvidando que dicho desprecio es inaplicable a los perros que producen tales agresiones y no debería aplicar a quienes comparten tan penosa información para sensibilizar a otros humanos.

Como no alcanza la condena moral, sobreviene de inmediato el garrote: le piden al INBA (Instituto Nacional de Bienestar Animal) y el MGAP (Ministerio de Ganadería, Agricultura y Pesca) que “ubiquen a los responsables de este hecho inconcebible”. Los animalistas y los veterinarios organizados consideran inconcebible la denuncia de una atrocidad, pero no el hecho de que se produzcan tales atrocidades.

Curioso sistema de preservación ética.

Los veterinarios, que aclaran ser médicos veterinarios (y es una suerte que no aclararen ser médicos y médicas veterinarios y veterinarias) se avergüenzan ante “estas manifestaciones que atentan contra el bienestar animal” y si leemos correctamente no parecen referirse a las tropelías perrunas sino a la socialización de tan penosa situación.

Hablan, sin embargo, de “mitigar esta problemática” con lo cual inferimos que son conscientes de los daños producidos al bienestar animal por la población de perros sueltos, pero entonces sostienen, no se puede aceptar “cualquier medio para la manifestación de las disconformidades”.

Con lo cual, estos colectivos humanos no quieren ver la realidad tal cual es, sino a lo sumo mediada por normas, filtros, prescindencias, y versiones indirectas, en todo caso homeopáticas, simbólicas, manteniéndonos en un sopor existencial, mullido, bajo control, que asegure nuestra estabilidad intelectual… e institucional.

Los animalistas desde su Plataforma reclaman sanciones a los implicados (obsérvese el lenguaje policíaco). Y creen aclarar su punto de vista aclarando: “No queremos que haya perros atacando a ovejas, pero tampoco que lo hagan humanos.” Igualando así, el comportamiento de perros salvajizados, sueltos o con dueños que los han convertido en máquinas de matar, con ganaderos, ovejeros, gente de la tierra que procura enfrentar tan atroces ataques, mostrando al resto de la sociedad el resultado que hemos sabido (o no sabido) construir.