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14/08/2021

JORGE MAJFUD
L'intelligence du Tyrannosaurus : la logique myope du business

JorgeMajfud, 13/8/2021
Traduit par Fausto Giudice

.Le 25 février 2021, le président Joe Biden a ordonné une frappe militaire à la frontière syrienne avec l'Irak (du côté syrien, bien sûr, afin de ne pas perturber les autorités et les médias du protectorat irakien), en représailles aux attaques d'une milice pro-iranienne depuis la ville irakienne d'Erbil. Bien entendu, cette action n'a fait la une d'aucun grand média occidental, le tout à l’enseigne du dix-neuvièmiste « nous avons été attaqués sans raison et avons dû nous défendre »

Vieille histoire. Nous n'allons pas revenir sur le génocide des autochtones sur ce continent, jamais appelé par son nom. Pour rappeler un cas récent, le 22 août 2008, sous la présidence Obama, après le bombardement d'Azizabad en Afghanistan, les responsables militaires usaméricains (dont Oliver North, condamné et gracié pour avoir menti au Congrès dans le cadre du scandale Iran-Contra dans les années 1980) ont déclaré que tout s'était parfaitement déroulé, que le village les avait accueillis par des applaudissements, qu'un chef taliban avait été tué et que les dommages collatéraux avaient été minimes. Minimes. C'est le sens de la valeur de la vie d'autrui. Il n'a pas été signalé à l'époque que des dizaines de personnes avaient été tuées, dont 60 enfants.

Dans un article mineur pour les futurs historiens, le New York Times du 25 février cite le gouvernement usaméricain qui déclare à propos du nouveau bombardement que « cette réponse militaire a été proportionnelle et a été menée sur la base de mesures diplomatiques appropriées ». Comme depuis le XIXe siècle, le gouvernement anglo-saxon s'arroge, sans le dire, des droits spéciaux d'intervention dans le monde pour rétablir l'ordre de Dieu et des bonnes affaires. Comme le publiait la United States Democratic Review de New York en 1858, dans son article "The Fate of Mexico", « les gens de cette espèce ne savent pas comment être libres et ne le sauront jamais tant qu'ils n'auront pas été éduqués par la démocratie américaine, par laquelle le maître les dominera jusqu'à ce qu'ils apprennent un jour à se gouverner eux-mêmes... La Providence nous oblige à prendre possession de ce pays... Nous ne prendrons pas le Mexique pour notre propre intérêt, ce qui serait une plaisanterie impossible à croire. Non, nous allons prendre le Mexique pour son propre bénéfice, pour aider les huit millions de pauvres Mexicains qui souffrent du despotisme, de l'anarchie et de la barbarie ».

Neuf ans plus tôt, le journal Springfield de Chicago analysait l'offense des Mexicains pour avoir donné des terres libres d'impôts aux citoyens usaméricains au Texas, mais les avoir forcés par des lois barbares à libérer leurs esclaves : « Nos compatriotes avaient le droit de se rendre au Mexique sur la base du droit sacré du commerce ». La liberté des maîtres de la terre à la liberté du marché et du droit sacré à la propriété. Rien n'a changé, sauf les scénarios et le paysage technologique, du fait simple et inévitable du progrès millénaire de l'humanité.

Or, ni le New York Times ni l'administration Biden ne mentionnent que dans les attaques des sauvages miliciens pro-iraniens, un seul USAméricain a été tué et que dans cette riposte sobre et proportionnée, 17 indigènes innocents ont dû mourir sous les décombres. En vertu de la glorieuse constitution usaméricaine de 1787, un Noir valait les trois cinquièmes d'un Blanc (bien entendu, les Blancs n'étaient pas à vendre ; cela ne concernait que le calcul électoral dans lequel les Noirs ne votaient pas). Dans les attentats les plus récents, le ratio est fixé à 1/17. Quelqu'un connaît-il le nom des victimes ? Que se serait-il passé si l'armée mexicaine ou chinoise avait tué 17 USAméricains sur le sol américain ? Cette arrogance raciste, couverte par d'innombrables couches de maquillage linguistique, par la lassitude et l'anesthésie de l'habitude, reste aussi vive qu'aux temps de l'esclavage et du colonialisme sauvage.

GILAD ATZMON
Les Juifs sionistes blancs sont mal placés pour nous faire des sermons sur le racisme

Gilad Atzmon, 13/8/2021
Traduit par Fausto Giudice


Une étude de l'université de Stanford révèle : « Environ 80 % des répondants (juifs de couleur) ont déclaré avoir "fait l'expérience de la discrimination" dans les milieux juifs, notamment les synagogues, les congrégations et les communautés spirituelles juives ».

Les personnes qui connaissent l'histoire du sionisme sont conscientes de la riche histoire des abus des juifs blancs (alias ashkénazes) envers les juifs arabes et sépharades en Israël. Dans les années qui ont suivi la création de l'État israélien, des centaines de bébés ont disparu. Leurs parents, pour la plupart des immigrants juifs du Yémen, ont appris que leurs enfants étaient morts, mais on soupçonne qu'ils ont été secrètement donnés à des familles juives blanches sans enfants. Le gouvernement israélien a approuvé, au début de cette année, un accord de dédommagement de 162 millions de shekels [42 millions d’€] avec les familles de ces enfants "disparus".


Le fait d'utiliser la population israélienne comme cobaye n'a pas été inventé par Netanyahou ou/et Pfizer. Dans les années 1950, des échantillons de sang prélevés sur des Juifs yéménites ont été testés pour déterminer s'ils avaient du "sang noir". Selon le Times of Israel, "60 cœurs ont été prélevés sur les corps de nouveaux immigrants du Yémen post-mortem à des fins de recherche médicale, dans le cadre d'un projet prétendument financé par les USA». Toujours à la même période, l'État juif a irradié en masse les enfants arrivés d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour tenter de lutter contre la teigne. Dans les années qui ont suivi, beaucoup de ces enfants sont morts de cancer. En 1995, le gouvernement israélien a décidé d'indemniser les victimes et les familles de l'affaire de la teigne.

À   la fin des années 1950-1960, des immigrants juifs du Maroc ont été aspergés de DDT dès que leurs pieds ont touché la "terre promise". Pour eux, ce départ amer n'était qu'une introduction à des décennies d'abus et d'humiliations qui ont toujours cours.

GIDEON LEVY
« Ils choisissent une personne à tuer, puis la manifestation est terminée » : Imad Duikat, 6ème martyr de Beita

Gideon Levy et Alex Levac (photos), Haaretz, 12/8/2021
Traduit par Fausto Giudice

Imad Duikat est le sixième Palestinien à être abattu par les troupes israéliennes lors des récentes manifestations contre l'avant-poste de colons d'Evyatar, et le 40e à être tué en Cisjordanie depuis mai.

Ali est porté dans la pièce dans les bras de l'oncle Bilal, le frère de son père. Tout le monde se tait, certains yeux se remplissent de larmes à la vue du petit bébé. Ali n'a pas encore deux mois - et son père a été tué vendredi dernier par les forces de défense israéliennes. Une seule balle a été tirée sur lui et a touché sa poitrine à une distance de quelques centaines de mètres.


Ali Duikat, père d'Imad qui a été tué vendredi dernier, berçant son petit-fils et homonyme, cette semaine

Imad Duikat, un simple ouvrier, faisait partie des centaines d'habitants du village de Beita en Cisjordanie, qui se rassemblent chaque vendredi en face d'Evyatar, un avant-poste illégal que les colons ont quitté pour l'instant mais dont les habitations sont toujours là, intactes. Les dirigeants du village insistent sur le fait qu'ils n'auront pas de repos tant que la dernière pierre n'aura pas été enlevée d'Evyatar et que la terre -qui, selon eux, appartient à Beita et à trois autres villages voisins - n'aura pas été rendue à ses propriétaires.

Duikat, 38 ans, buvait de l'eau dans un gobelet jetable dans la chaleur de midi lorsqu'il a été abattu. Le gobelet se trouve maintenant au centre du mémorial improvisé - un cercle de pierres - que ses amis ont placé autour de la tache de sang séché, là où la balle l'a transpercé. Son fils Ali, un nourrisson, et ses quatre sœurs ne le reverront jamais. Le grand-père d'Imad, également prénommé Ali, serre son petit-fils contre son cœur et l'embrasse.

Cette simple maison, située au cœur de Beita, est plongée dans le deuil. Nous y sommes arrivés en début de semaine pour rendre visite au père, au frère, aux enfants et aux autres parents d'Imad. Les femmes en deuil étaient au premier étage. Un groupe d'hommes de la région s'était réuni pour se consoler dans une salle au centre du village.

La semaine dernière, nous étions également à Beita pour documenter le meurtre du plombier local,Shadi Shurafi , 41 ans et père de quatre enfants, au début du mois. Il a été abattu un soir alors qu'il allait vérifier les principales vannes d'eau du village, près de l'autoroute, en tenant une clé à molette. (Mardi de cette semaine, l'unité du porte-parole des FDI nous a informés que le corps de Shurafi avait finalement été rendu à sa famille pour être enterré, sur directive des politiciens israéliens).

Une affiche de deuil avec la photo d'Imad Duikat

13/08/2021

DHRUV KHULLAR
¿Cómo evolucionará el coronavirus?

La variante Delta no será la última. ¿Qué nos traerán las siguientes?

Dhruv Khullar, The New Yorker, 11/8/2021

Traducido del inglés por Sinfo Fernández 


Dhruv Khullar, colaborador de The New Yorker, es médico en activo y profesor adjunto del Weill Cornell Medical College.

 

 

Ilustración de Timo Lenzen

En 1988 Richard Lenski, un biólogo de treinta y un años de la Universidad de California en Irvine, inició un experimento. Dividió una población de una bacteria común, E. coli, en doce frascos. Cada frasco se mantuvo a 37ºC y contenía un cóctel idéntico de agua, glucosa y otros nutrientes. Cada día, a medida que las bacterias se reproducían, Lenski transfería varias gotas de cada cóctel a un nuevo matraz y, de vez en cuando, guardaba las muestras en un congelador. Su objetivo era comprender la mecánica de la evolución. ¿Con qué rapidez, eficacia, creatividad y constancia mejoran los microorganismos su capacidad reproductiva?
Los frascos de Lenski producían unas seis nuevas generaciones de E. coli al día; las bacterias se despertaban como bebés y se acostaban como tatarabuelos. De este modo, Lenski y su equipo han estudiado más de setenta mil generaciones de E. coli a lo largo de treinta y tres años. En comparación con sus lejanos ancestros, las últimas versiones de la bacteria se reproducen un 70% más rápido; antes tardaban una hora en duplicar sus filas, pero ahora pueden hacerlo en menos de cuarenta minutos. Las distintas poblaciones han tomado caminos diferentes para mejorar su capacidad, pero, después de décadas, la mayoría ha llegado a tasas de reproducción con unos pocos puntos porcentuales de diferencia.
El Experimento de Evolución a Largo Plazo de Lenski, o L.T.E.E. (por sus siglas en inglés), como se denomina, ha aportado conocimientos fundamentales sobre la capacidad de mutación de los microorganismos. Por sus trabajos, Lenski, que ya ha cumplido los sesenta años y trabaja en la Universidad Estatal de Michigan, ha recibido una beca MacArthur “genius” y una beca Guggenheim. “No estoy seguro de poder decir cómo ha afectado a mi forma de pensar, porque no estoy seguro de poder concebir estar en este campo sin la existencia de este experimento”, dijo recientemente a Discover Michael Baym, biólogo evolutivo de la Facultad de Medicina de Harvard.

12/08/2021

Rheinblut, ein Thriller von Peter Lechler

Ende 2016 – ein Zwölfjähriger plant, den Ludwigshafener Weihnachtsmarkt in die Luft zu sprengen …

Basierend auf realen Hintergründen entwickelt der Psychologe Peter Lechler einen vielschichtigen Krimiplot, der aktuelle Fragen zum spannenden Thriller werden lässt.


Rheinblut

Von Peter Lechler

 Hardcover

12,1 x 20,5 cm

240 Seiten

EUR 16,90

AGIRO Verlag

 ISBN 978-3-946587-26-2

 

Eine Leiche liegt mit aufgeschlitztem Hals am Ufer des Altrheins im wilden Süden Mannheims. Erste Spuren deuten auf einen islamistischen Tathintergrund. Doch recht schnell finden sich Motive für den grausamen Mord auch im rechtsradikalen Milieu, und die Ermittlungen weiten sich über die Stadtgrenzen hinaus bis in die Pfalz. Hauptkommissar Karlheinz Kautz gerät bei seinem neuen Fall in ein Dickicht extremistischer Gewalt, die für sein gesamtes Team zur tödlichen Bedrohung wird. Und während ihm sämtliche Felle davonzuschwimmen drohen, wirft er ein Netz aus psychologischem Spürsinn, Raffinesse sowie Empathie aus und lässt sich im Fahndungsstress noch dazu hinreißen, um eine begehrte Frau zu werben. Ein hochbrisanter Fall, der tagespolitische Fragen zum spannenden Thriller werden lässt!

Peter Lechler ist in seinem dritten Beruf angekommen. Erst Lehrer für Englisch und Geschichte, dann Psychologe und langjähriger Leiter eines Reha-Hauses in Mannheim, ist er nunmehr als Autor tätig. Das neue Talent entwickelte sich aus Trauer über den Tod seiner Frau und führte 2008 zum ersten Buch Auf den Schwingen der Eule. Denn Liebe ist stark wie der Tod. Sein Aufbruch ins Unbekannte findet sich in Alpentouren, Löwenspuren. Auf der Fährte der Liebe. Reiseerzählungen (2012) wieder. Diese Zeit schenkte ihm auch eine neue Liebe, mit der er inzwischen im selbst renovierten Winzeranwesen in der Vorderpfalz lebt. 2015 folgt der Erzählband Im Alltag und auf Reise, mal heiter und mal scheiße, 2016 dann sein Krimidebüt Wo der Wahnsinn wohnt aus der Welt psychisch Kranker. Mit Rheinblut liegt nun der zweite Fall des Mannheimer Kommissars Karlheinz Kautz vor, der Spannung und Sinn aus dem erhitzten Klima zwischen Muslimen und Westeuropäern sowie der zunehmenden Gefahr extremistischer Gewalt bezieht.

Weitere Informationen, sowie Interviewanfragen:

AGIRO Verlag
Steffen Boiselle & Clemens Ellert
 Sauterstraße 36
 67433 Neustadt/Wstr.
Telefon: 06321-489338
 Fax: 06321-489345
 E-Mail: boiselle@agiro.de
 Homepage: www.agiro.de

GIDEON LEVY
Les automobilistes israéliens ne mettent jamais leur clignotant parce qu'ils s'en foutent

 Gideon Levy , Haaretz, 11/8/2021
Traduit par Fausto Giudice

À première vue, c'est une banalité : les conducteurs israéliens ne mettent pas de clignotant. Il n'y a plus rien à dire sur leur agressivité, leur violence, leur impolitesse et leur manque de considération pour les autres usagers de la route. Le refus de clignoter semble être le moindre de leurs péchés.

C'est une action simple. Il suffit d'un doigt, et ça ne coûte rien. Une simple pression et le clignotant s'allume. Vous n'avez même pas besoin de l'éteindre, il s'éteint automatiquement. Et pourtant, les Israéliens ne mettent pas de clignotant. Ils tournent à droite ou à gauche, changent de file, s'arrêtent pour se garer - et ils ne mettent pas de clignotant.


L'autoroute n°6 d'Israël. Photo Tomer Appelbaum

La signalisation est pour les faibles. Les signaux sont pour les mauviettes. Quiconque fait signe est un imbécile. Les femmes et les hommes, les SUV et les SUV sous-compacts. Aucun d'entre eux ne signale.

Et vraiment, pourquoi devraient-ils signaler ? Pour quoi faire ? Le fait est que ça marche. Vous pouvez tout faire même sans signaler. Alors pourquoi signaler ?

Il y a des conducteurs qui ne savent même pas que des clignotants sont installés dans leur voiture. Le klaxon est rauque à force de klaxonner, mais le clignotant est resté dans la même position depuis le jour où ils ont acheté leur nouveau monstre.

Néanmoins, cette absurdité sur le signalement nous donne en fait une leçon incomparablement instructive sur les Israéliens. Les personnes qui proclament avec émotion que « Tous les Juifs sont des frères », s'étranglent lorsqu'elles chantent « Vive ce peuple, qu'il est bon que ce soit comme ça », appellent tout le monde « frangin » et se disent qu'il existe ici une merveilleuse fraternité, vivent en réalité dans l'une des sociétés les plus égoïstes et inconsidérées de la planète.

11/08/2021

PEPE ESCOBAR
Todos los caminos conducen a la batalla por Kabul

Pepe Escobar, Asia Times, 10/8/2021
Traducido del inglés por Sinfo Fernández

 Una ciudad tras otra va pasando del control del gobierno a manos de los talibanes, pero el desenlace no está claro aún.


Milicianos afganos vigilan en un puesto de avanzada contra los insurgentes talibanes en el distrito de Charkint, provincia de Balkh, el pasado mes de junio.
(Foto: Farshad Usyan/AFP)

Las siempre esquivas negociaciones del proceso de “paz” afgano se reanudan este miércoles en Doha a través de una troika ampliada: USA, Rusia, China y Pakistán. El contraste con los hechos acumulados sobre el terreno no podría ser más marcado.

En una guerra relámpago coordinada, los talibanes han sometido nada menos que seis capitales de provincia afganas en tan solo cuatro días [*]. La administración central de Kabul lo va a tener difícil en Doha para defender su estabilidad.

La cosa va a peor. El presidente afgano Ashraf Ghani ha enterrado ominosa y prácticamente el proceso de Doha. Ha apostado ya por la guerra civil, desde el armamento de los civiles en las principales ciudades hasta el soborno generalizado de los señores de la guerra regionales, con la intención de construir una “coalición de los bien dispuestos” para luchar contra los talibanes. 

La toma de Zaranj, la capital de la provincia de Nimruz, fue un gran golpe talibán. Zaranj es la puerta de acceso de la India a Afganistán, y más allá a Asia Central, a través del Corredor Internacional de Transporte Norte-Sur (INSTC, por sus siglas en inglés).

La India pagó la construcción de la autopista que une el puerto de Chabahar en Irán -el centro clave de la fallida versión india de las Nuevas Rutas de la Seda- con Zaranj.

Lo que está en juego es un paso fronterizo vital entre Irán y Afganistán, además de un corredor de transporte para el sudoeste y el centro de Asia. Sin embargo, los talibanes controlan ahora el comercio en el lado afgano. Y Teherán acaba de cerrar el lado iraní. Nadie sabe qué ocurrirá a continuación.

Los talibanes están llevando meticulosamente a cabo un plan maestro estratégico. No hay evidencias contundentes del mismo todavía, pero (¿ayuda externa altamente informada, inteligencia pakistaní del ISI?) es plausible.

En primer lugar, conquistan las zonas rurales, algo que han conseguido prácticamente en al menos el 85% del territorio. Después, controlan los puestos de control fronterizos clave, como los de Tayikistán, Turkmenistán, Irán y Spin Boldak con Baluchistán en Pakistán. Por último, tratan de rodear y tomar metódicamente las capitales de provincia: en eso estamos ahora.

El acto final será la batalla por Kabul. Es posible que esto tenga lugar ya en septiembre, en una retorcida “celebración” de los 20 años del 11-S y de los bombardeos usamericanos sobre los talibanes de 1996-2001. 

MOHAMMAD AYATOLLAHI TABAAR
La guerra interna de Irán: Ebrahim Raisi y el triunfo de la línea dura

Mohammad Ayatollahi Tabaar, Foreign Affairs, 5/8/2021
Traducido del inglés por Sinfo Fernández

Mohammad Ayatollahi Tabaar es profesor asociado de Asuntos Internacionales en la Escuela de Gobierno y Servicio Público Bush de la Universidad de Texas A&M y miembro del Instituto Baker de Políticas Públicas de la Universidad de Rice. Es autor del libro “Religious Statecraft: The Politics of Islam in Iran” (Columbia University Press, 2018)

 La República Islámica de Irán es un Estado dividido contra sí mismo. Desde su creación en 1979, se ha definido por la tensión entre el presidente, que encabeza su gobierno electo, y el líder supremo, que dirige las instituciones estatales paralelas que encarnan los ideales islamistas revolucionarios del Irán moderno. El actual líder supremo, Alí Jamenei, fue presidente de 1981 a 1989. Durante su mandato como tal se enfrentó, en cuestiones de política, personal e ideología, con el líder supremo de entonces, Ruhollah Jomeini, el carismático clérigo que había encabezado la Revolución iraní. Tras la muerte de Jomeini, en 1989, Jamenei fue nombrado líder supremo y tuvo que batallar con una larga serie de presidentes más moderados que él.

El presidente iraní Ebrahim Raisi en Teherán, junio 2021
(Foto: Majid Asqaaripour/WANA/Reuters)

Según los estándares de la clase política del país, los últimos presidentes de Irán no han sido radicales. Sin embargo, a pesar de sus diferentes visiones del mundo y bases sociales, todos ellos han aplicado políticas nacionales y exteriores que el Estado paralelo ha calificado de seculares, liberales, antirrevolucionarias y subversivas. En todos los casos, Jamenei y el Cuerpo de la Guardia Revolucionaria Islámica (CGRI), que responde directamente ante el líder supremo, actuaron de forma agresiva y a veces brutal para contener y controlar al gobierno electo. Las batallas dejaron a la burocracia gubernamental agotada y paralizada.

Con la elección del nuevo presidente de Irán, esta lucha puede haberse decidido finalmente a favor del Estado paralelo. Ebrahim Raisi, que se hizo con la presidencia en junio en unas elecciones meticulosamente diseñadas, es un fiel funcionario del sistema teocrático de Irán. Durante décadas actuó como fiscal y juez con un perfil bajo, incluidos dos años como jefe del poder judicial de Irán. A lo largo de su carrera, Raisi se hizo famoso por su supuesto papel en la ejecución sumaria de miles de presos políticos y miembros de grupos armados de izquierdas a finales de la década de 1980. Su afán por acabar con cualquier amenaza percibida para el Estado paralelo le hizo ganarse el cariño de Jamenei, y no cabe duda de que, como presidente, una de sus prioridades será reforzar el control del líder supremo sobre los organismos administrativos del gobierno electo.

El contexto en el que Raisi asumió la presidencia también exigirá una ruptura con el pasado. Irán se ha empobrecido a causa del estrangulamiento causado por las sanciones de USA y los estragos de la pandemia de la COVID-19. Las aspiraciones democráticas de la devastada clase media se están desvaneciendo y, en su lugar, está surgiendo un sentimiento colectivo de aislamiento y victimismo. La región circundante sigue siendo amenazante, lo que refuerza a quienes se presentan como guardianes de la seguridad nacional. En medio de toda esta agitación, Irán va a necesitar pronto un nuevo líder; una transición en la que el nuevo presidente está llamado a desempeñar un papel fundamental, y que podría dar lugar a su propio ascenso a la cabeza de la República Islámica.

Estos cambios prometen inaugurar una nueva era en la historia de la República Islámica. La agitación creada por un sistema dividido podría dar paso a un Irán más cohesionado y más asertivo a la hora de intentar moldear la región a su imagen. A medida que muchos de los líderes y movimientos que definieron la política iraní durante las últimas tres décadas se difuminan, una facción de líderes de derechas tiene la oportunidad de remodelar la política y la sociedad iraníes de manera que se amplíe el control del CGRI sobre la economía del país, disminuyan aún más las libertades políticas y se muestre una tolerancia limitada en cuestiones religiosas y sociales. Defenderán el nacionalismo iraní para ampliar su base popular en el país, al tiempo que se apoyarán en las ideologías chiíes y antiusamericanas a fin de proyectar su poder en la región.

Estos cambios podrían también remodelar la relación de Irán con el mundo, y en particular con USA. Con el respaldo de un CGRI seguro de sí mismo y sin miedo al sabotaje interno, el nuevo gobierno no rehuirá enfrentarse a las amenazas existenciales que percibe de USA. Aunque puede transigir en la cuestión nuclear para mitigar las crecientes crisis económicas y medioambientales en el país, el equipo de política exterior entrante dejará de lado las aspiraciones de los anteriores presidentes de un acercamiento a Occidente y, en su lugar, buscará alianzas estratégicas con China y Rusia. Su principal objetivo será Oriente Medio, donde buscará acuerdos bilaterales de seguridad y comercio con sus vecinos y redoblará sus esfuerzos para reforzar su “eje de resistencia”, una extensa red de apoderados en Iraq, Líbano, Siria, Yemen y el resto de la región.

Las relaciones entre USA e Irán serán transaccionales y girarán en torno a preocupaciones de seguridad inmediatas. La tentadora promesa de un acercamiento más amplio ya no encontrará terreno fértil en Teherán. La ventana de oportunidad para un “gran acuerdo” entre los dos países probablemente se ha cerrado.

10/08/2021

AMIRA HASS
Le Premier commandement de l'armée israélienne

 Amira Hass, Haaretz, 9/8/2021
Traduit par Fausto Giudice

Arrêtez de dire "Les soldats ont tiré sans raison" ou "un garçon palestinien a été tué sans raison". D'abord parce qu'il y a une raison, ensuite parce que ce genre de formulation ne fait qu'ancrer la représentation de la réalité que le gouvernement veut faire adopter aux gens.

 


Des soldats israéliens et des manifestants palestiniens s'affrontent dans le village de Beita, en Cisjordanie, le 28 juillet 2021. Photo : Jaafar Ashtiyeh / AFP

 

Commençons par le deuxième point. Quand on dit que "les soldats ont tiré sans raison" sur la voiture dans laquelle se trouvaient Muayad al-Alami et ses enfants Mohammed, Anan et Ahmed, cela revient à dire que tout est normal et qu'il n'y a aucun problème à ce que des soldats étrangers armés soient stationnés 24 heures sur 24 au cœur d'une population civile.

C'est ce que les FDI et le gouvernement veulent que nous pensions, c'est ce que les pelotons de colons nous disent et c'est ce que les Israéliens juifs qui font une visite rapide au Yeshastan [yesha, »salut » en hébreu, est l’acronyme par lequel les sionistes désignent la Cisjordanie et Gaza, NdT] en viennent à penser. L'expression "a tiré sur/a été tué(e) sans raison" contient en elle la prémisse que c'est le comportement d'un certain Palestinien ou de la population palestinienne dans son ensemble qui doit être scruté, car ce sont certainement eux qui ont dévié des règles que les soldats attendent d'eux. Et pour chaque nouveau peloton, les Palestiniens sont comme de nouvelles recrues qui ont été amenées dans une installation militaire israélienne et qui doivent apprendre ses règles.

09/08/2021

URI MISGAV
L'armée détrousse Israël

Uri Misgav, Haaretz, 4/8/2021
Traduit par Fausto Giudice


Uri Misgav אורי משגב (Heftziba, 1974) est un journaliste et réalisateur israélien de documentaires, écrivant sur Haaretz depuis 2012. @UriMisgav

Lorsque j'ai été enrôlé dans l'armée, Israël était en guerre contre les armées syrienne et jordanienne, maintenait d'importantes forces et des avant-postes dans le sud du Liban et assurait le maintien de l'ordre et la surveillance des colonies face à un environnement palestinien hostile en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. C'était juste quelques années après la première intifada, et elle pansait ses plaies après la guerre du Golfe, au cours de laquelle elle avait été attaquée par des missiles irakiens et avait consacré des ressources au théâtre iranien.

 

Le chef d'état-major des Forces de défense israéliennes, le lieutenant-général Aviv Kochavi, prononce un discours au quartier général de l'armée, en juin. Photo : Moti Milrod

Au sein du Commandement Sud des Forces de défense israéliennes, où j'ai servi en tant qu'officier d’active et de réserve, des plans de guerre visant à reconquérir la péninsule du Sinaï étaient encore en cours d'élaboration au cas où - Dieu nous en préserve - la paix froide avec l'Égypte s'effondrerait. Lorsque j'ai été libéré de l'armée, le budget annuel de la défense était de 33 milliards de shekels (environ 10 milliards de dollars, 8,5 milliards d’€). Cette semaine, un budget de 58 milliards de shekels [15,2 milliards d’€] a été approuvé. Au cours des 25 années qui se sont écoulées, 25 milliards de shekels ont été ajoutés : une croissance d'un milliard de shekels [263 millions d’€] par an.

HAARETZ
La nouvelle opération de l'armée israélienne : les pensions

Éditorial, Haaretz, 5/8/2021
Traduit par Fausto Giudice

Le plan présenté par le ministère de la défense et les Forces de défense israéliennes au gouvernement jeudi dernier semble avoir été conçu dans un univers parallèle. Il s'agit d'un plan visant à augmenter les droits à la retraite de l'armée permanente, selon lequel les soldats âgés de 40 ans et moins, qui prennent leur retraite à 42 ans, recevront une pension de raccordement jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge officiel de la retraite, à savoir 67 ans - et recevront une prime de retraite représentant 7 % de leur pension.

 Le ministre de la Défense, Benny Gantz, et le ministre des Finances, Avigdor Lieberman, approuvent le plan de retraite des militaires ; Photo : Moti Milrod

En outre, les soldats de combat et ceux qui ont étudié dans les réserves universitaires de l'armée recevront un « supplément sur le supplément » de 3 à 4 pour cent supplémentaires, et au total, ils recevront une allocation de retraite de 11 pour cent jusqu'à l'âge de la retraite.

08/08/2021

GIDEON LEVY
L’irrésistible ascension d’Aviv Kochavi à la tête de l’armée israélienne : une mauvaise chose pour les Israéliens et pour les Palestiniens

Gideon Levy, Haaretz, 7/8/2021

Traduit par Fausto Giudice

 

Le chef d'état-major des FDI, Aviv Kochavi, est l'un des décideurs les plus impressionnants d'Israël. Sa carrière est tout droit sortie d'un journal militaire, il porte un béret rouge de parachutiste et des bottes brunes, prononce des discours éloquents sur les valeurs d'une voix autoritaire et ressemble à une star de cinéma née pour jouer James Bond. Il est végétarien depuis le lycée, sa sœur et son frère sont érudits, et il l'est certainement aussi.

 

Le chef d'état-major des FDI, Aviv Kochavi, lors des funérailles du journaliste Roni Daniel, la semaine dernière. Photo : Tomer Appelbaum

Kochavi est le beau visage d'Israël, le type que les Israéliens aiment aimer. Il représente le bon vieil Eretz Israël, le sel de la terre, le meilleur de nos fils et tout le tintouin. Il parle de plans pluriannuels, n’exprime pas de haine et ne fulmine pas - un commandant et un gentleman. Il a créé la division de l'innovation de Tsahal, et même une unité multidimensionnelle, et a promu un document conceptuel pour relever les défis.

Je l'ai rencontré il y a quelques années pour un entretien confidentiel et il m'a donné la nette impression d'être un officier réfléchi, le prochain Ehud Barak. Aujourd'hui, il est également pressenti pour être le prochain Benny Gantz [chef d’état-major de 2011 à 2015, NdT], après Gadi Eisenkot [chef d’état-major de 2015 à 2019, NdT]. En d'autres termes, un homme très prometteur ; Kochavi, après tout, est né pour la grandeur.

J'ai été d’une certaine manière satisfait de sa nomination comme chef d'état-major. Peut-être qu'enfin quelqu'un allait changer le cours de ce navire lourd, arrogant et en décomposition depuis longtemps. Après ses deux ans et demi comme chef d'état-major, on peut dire que Kochavi dirige une armée qui n'a rien appris et rien oublié.