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19/08/2023

L’émigration équatorienne, un défi à relever
Entretien avec Esther Cuesta (2)


Fausto Giudice, 18/8/2023

Bonjour Esther, j’ai plusieurs questions pour compléter l’interview que nous avons déjà publiée sur Tlaxcala et La Pluma.


Tout d’abord, pourriez-Vous nous donner un aperçu de la diaspora équatorienne dans le monde ? Qui sont-ils, combien sont-ils, où, que font-ils, comment sont-ils organisés, quels types de relations entretiennent-ils avec les sociétés locales ? Quelles sont les proportions entre les femmes et les hommes, entre les personnes en situation régulière et les sans-papiers ?

Historiquement, l’Équateur a connu plusieurs vagues migratoires : dans les années 60 et 70, puis dans les années 80, et enfin, autour de l’an 2000, avec le feriado bancario [“vacances” bancaires forcées] et la dollarisation de l’économie équatorienne, plus de deux millions et demi d’Équatorien·nes ont émigré. Bon nombre de ces Équatorien·nes se sont rendus aux USA.  

Les USA ont été la première destination migratoire des Équatorien·nes tout au long de l’histoire, mais c’est au cours de la période du feriado bancario que les choses ont changé, en l’an 2000, avec la dollarisation, et la perte d’ économies de nombreuses années des Équatoriens. À partir de ce moment-là, des milliers d’Équatorien·nes ont émigré en Espagne, en Italie et dans d’autres pays européens comme la France, l’Allemagne, la Belgique. Cela a changé la famille équatorienne et, donc, la société équatorienne.

Pourquoi ? Parce que les pionnières de cette migration vers l’Europe ont été des femmes, je fais partie de cette migration. Historiquement, c’étaient les hommes qui émigraient et c’est à ce moment-là que la migration équatorienne a changé, qu’on n’a plus émigré d’une seule région de l’Équateur, mais des 24 provinces du pays, et que la migration s’est féminisée. Les femmes sont les pionnières, avec ou sans enfants, et c’est là que les femmes équatoriennes exercent une maternité transnationale.

Selon les études de l’UNESCO, il s’agit d’une migration beaucoup plus grave, beaucoup plus forte que celle que l’Équateur a connue pendant le feriado bancario. Il s’agit d’une migration dans des conditions beaucoup plus précaires, beaucoup plus dangereuses. Le passage de la frontière entre le Mexique et les USA implique de traverser d’abord le désert du Darién, entre le Panama et la Colombie, et tout le corridor centraméricain où les Équatoriens et les migrants sont souvent victimes de la trafic illégal et de traite. Nous disposons également d’informations sur des Équatoriens qui ont disparu entre l’Équateur et la frontière  Mexique- USA.

Aujourd’hui, nous, les migrant·es, nous revenons également en Europe. J’ai parlé à beaucoup de mes compatriotes pendant la campagne électorale et il y a deux choses qui nous touchent de plein fouet : la première concerne l’inefficacité des services consulaires, le manque d’attention à l’égard de nos frères et sœurs migrant·es, par exemple, il faut 4 mois pour obtenir un passeport ; et l’autre problème est que nous ne trouvons plus seulement des Équatorien·nes qui nous disent qu’ils·elles ont émigré il y a 20-22 ans, mais nous trouvons des Équatorien·nes dans tous les pays européens qui nous disent qu’ils·elles ont émigré il y a 3 mois, qu’ils·elles ont émigré il y a un an, beaucoup d’entre eux·elles sont des professionnels et il y a un fait important concernant l’immigration aujourd’hui. Les gens n’émigrent pas seulement par manque d’opportunités, par manque d’accès aux droits, à la santé, à l’éducation. Un autre facteur pousse également les gens à émigrer de l’Équateur, et c’est la sécurité : les personnes qui ont eu une petite ou moyenne entreprise reçoivent aujourd’hui la visite de “vaccinateurs”. Qui sont les vaccinateurs ? Des criminels, des mafias qui se rendent dans les entreprises des gens pour leur dire : « Vous devez me donner une somme d’argent hebdomadaire ou mensuelle de tant pour que je ne vienne pas vous voler ou tuer votre famille et pour vous protéger d’autres gangs criminels ». Les gens sont donc soumis à une série de chantages de la part de ces criminels. Il est évident que la police nationale et le système judiciaire ne disposent pas du cadre institutionnel nécessaire pour défendre et protéger les droits des personnes. Et c’est une autre raison pour laquelle les Équatorien·nes émigrent du pays.

Aujourd’hui, la diaspora équatorienne comprend environ 3 millions de personnes. Une grande partie de ces personnes se trouvent aux USA, où l’on compte environ 1 500 000 Équatorien·nes rien que dans ce pays, le reste se trouvant au Canada, en Amérique latine et en Europe. Une importante communauté équatorienne vit en France.  Il existe également des situations dans lesquelles les Équatorien·nes ne sont pas régularisé·es dans leur pays de destination, et il y a pas mal de mouvements migratoires à l’intérieur de l’Union européenne, ce qui nous empêche de disposer de chiffres réels sur le nombre d’Équatorien·nes vivant dans chaque pays d’Europe. Il existe également un nombre croissant d'Équatorien·nes qui se naturalisent et obtiennent la citoyenneté dans les pays européens où ils·elles résident depuis plus de 20 ans, et qui ne sont pas enregistrés·e dans les statistiques des pays de destination migratoire en tant qu'Équatoriens parce qu'ils apparaissent déjà comme citoyens des différents pays de l'Union européenne.

Ce que nous pouvons dire, c’est qu’en Europe, en Asie et en Océanie, plus de 252 000 Équatorien·nes se sont inscrit·es pour voter ce 20 août pour la première fois par voie télématique. Il est donc important que les Équatorien·nes de l’étranger sachent que nous disposons d’un droit constitutionnel facultatif établi à l’article 62 de notre constitution, et le 20 août, ce n’est pas seulement un droit constitutionnel, mais aussi un devoir patriotique de participer au changement dont le pays a besoin ; de participer aux processus démocratiques que nous allons avoir en Équateur et de participer au changement afin d’avoir enfin un gouvernement de paix, un pays de paix, de sécurité et qui garantisse les droits des Équatorien·nes à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Les premiers pays d’émigration restent donc l’Espagne, les USA, l’Italie, le Chili, le Venezuela, la Colombie et le Canada. Existe-t-il des points communs et des différences entre les diasporas de ces pays ?

C’est vrai. Il y a des similitudes. Ce que je peux Vous dire, c’est que de nombreuses personnes qui sont allées aux USA dans les années 60 et 80 étaient originaires de certaines régions de l’Équateur, où elles ont été très appauvries en raison du manque d’attention du gouvernement, en particulier les régions d’Austro, d’Azuay et de Cañar, mais aussi des provinces comme Loja et des provinces des Andes centrales de l’Équateur : Cotopaxi, Chimborazo, Tungurahua. Ce que nous avons vécu à partir de l’an 2000 avec le feriado bancario provoqué par M. Lasso, lorsqu’il était ministre de l’Économie du président Mahuad et a provoqué un désastre économique, social et politique dans la société équatorienne qui a expulsé les Équatorien·nes et l’Équateur est devenu un exportateur d’êtres humains, ce qui a diversifié les migrations. C’est alors que les gens de toutes les provinces de l’Équateur ont commencé à émigrer ; il ne s’agissait plus seulement de personnes peu instruites comme dans les années précédentes, mais aussi de personnes ayant suivi des années de formation universitaire et professionnelle : des médecins, des enseignants, des économistes, des personnes de différentes professions, des personnes de la classe moyenne qui, après le feriado bancario, n’ont pas trouvé d’autre issue à la crise que l’émigration.

Et c’est quelque chose que nous voyons à nouveau dans cette migration, causée à nouveau par les banques, causée à nouveau par M. Lasso. Aujourd’hui, nous vivons non seulement une crise politique, sociale, économique et morale en Équateur, où il s’avère que la procureure générale de l’État a plagié sa thèse d’avocate et n’a même pas la décence de démissionner. Il s’agit également d’une crise morale. Dans un autre pays comme l’Allemagne, cette fonctionnaire aurait démissionné de ses fonctions pour ne pas affecter l'institution, mais ce n'est pas le cas en Équateur. Nous connaissons également une crise migratoire en raison du nombre élevé d’Équatorien·nes qui émigrent à nouveau. Et vu que la migration augmente, les services consulaires devraient s’améliorer, être efficaces et s’adapter aux besoins des Équatorien·nes à l’étranger, comme nous l’avons fait sous le gouvernement de la Révolution citoyenne.

Aujourd’hui, nous avons plus d’émigration et des services consulaires plus déficients, des services consulaires qui ne sont pas adaptés aux besoins des Équatorien·nes : ils ont réduit le personnel, ils ont réduit le budget, ils ont réduit les services consulaires tels que les conseils juridiques sur les hypothèques en Espagne, les conseils juridiques en Italie, les conseils juridiques sur l’immigration aux USA.

Aujourd’hui, nos compatriotes à l’étranger sont sans défense, parce qu’il n’y a pas de gouvernement, il n’y a pas d’État pour défendre et protéger leurs droits à l’étranger, comme nous l’avons fait pendant le gouvernement de la Révolution citoyenne. Mais nous le ferons à nouveau avec le gouvernement de notre camarade Luisa González, qui sera la première présidente élue de l’Équateur.

Comment la Révolution citoyenne est-elle présente dans la diaspora ?

La Révolution citoyenne dispose d’une structure politique dans tous les pays où il y a une immigration équatorienne. Dans des pays comme l’Espagne, où vivent évidemment un demi-million d’Équatoriens, nous disposons d’une structure beaucoup plus forte et d’un plus grand nombre d’activistes. Rien que dans les brigades que nous avons organisées pour l’inscription au vote par voie télématique, nous avons compté plus d’un millier de volontaires dans nos brigades. Aucun parti politique équatorien ne possède la structure organisationnelle et politique de la Revolución Ciudadana à l’étranger. C’est pourquoi l’Europe est historiquement un bastion de la Revolución Ciudadana depuis 2006, car nous y avons mis en œuvre des changements radicaux dans les services consulaires, avec des consuls au service des citoyens, avec des consulats aux heures d’ouverture flexibles. Les prix des procédures consulaires ont été réduits. Aujourd’hui, ils ont augmenté de 400 %. Les gens se souviennent de ce qu'était le gouvernement de la Révolution citoyenne et c'est pourquoi notre structure politique s'est développée, grâce à la reconnaissance par les migrants d'un gouvernement qui répondait à leurs besoins. C'est pourquoi, depuis l'Europe, nous, les migrant·es, voterons pour la liste 5, la liste de Rafael Correa, de la Révolution citoyenne. Nous, les migrant·es, nous voterons avec la mémoire et l'espoir.

 

La emigración ecuatoriana: un reto a afrontar
Entrevista con Esther Cuesta (2)

Fausto Giudice, 18-8-2023

Hola Esther, tengo varias preguntas para completar la entrevista que ya publicamos en Tlaxcala y La Pluma

 Primero: ¿podrías por favor darnos un panorama general de la diáspora ecuatoriana en el mundo? Quiénes son, ¿cuántos, ¿dónde, ¿qué hacen, ¿cómo se organizan, qué tipo de relaciones tienen con las sociedades locales? ¿Cuáles son las proporciones entre mujeres y hombres, entre documentados e indocumentados?

El Ecuador históricamente ha tenido varias olas migratorias, tuvimos una ola migratoria en los años 60-70, luego tuvimos otras olas migratorias en los años 80 y después tuvimos una ola migratoria en torno al año 2000 con el feriado bancario y la dolarización de la economía ecuatoriana en la que migraron más de dos millones y medio de ecuatorianos. Muchos de esos ecuatorianos se fueron a Estados Unidos.  

Estados Unidos ha sido el primer destino migratorio de los ecuatorianos a través de la historia, pero en el año 2000, con el feriado bancario, la dolarización, y la pérdida de los ahorros de muchos años de los ecuatorianos, esto cambia. Es a partir de ahí cuando miles migran hacia España, Italia y otros países de Europa como Francia, Alemania, Bélgica. Esto cambia la familia ecuatoriana, y por ende, la sociedad ecuatoriana.

¿Por qué? porque las pioneras en esta migración hacia Europa fuimos las mujeres, yo soy parte de esa migración. Históricamente emigraban los hombres y es ahí cuando diversifica la migración ecuatoriana. Ya no solamente migran de una sola zona del Ecuador sino que migran desde las 24 provincias del Ecuador y la migración se feminiza. Las mujeres son las pioneras, con hijos, sin hijos y la mujer ecuatoriana ejerce la maternidad transnacional.

Hoy en Ecuador vivimos una nueva ola migratoria, según estudios de la UNESCO, es una migración mucho más grave, mucho más fuerte que la migración que tuvo el Ecuador durante el feriado bancario. Es una migración en condiciones mucho más precarias y peligrosas. Pasar a la frontera de México-Estados Unidos  implica primero pasar el desierto del Darién, en Panamá-Colombia, pasar todo el corredor migratorio centroamericano donde los migrantes son víctimas muchas veces de tráfico ilícito de migrantes y trata. Tenemos también registros de ecuatorianos que han desaparecido en este paso fronterizo desde Ecuador hasta la frontera de México-Estado Unidos.

Hoy los migrantes estamos volviendo también hacia Europa. Yo en estos recorridos que he realizado en la campaña electoral he hablado con muchos compatriotas y hay dos cosas que nos golpean mucho: el primero tiene que ver con los servicios consulares ineficientes, la falta de atención de nuestros hermanos migrantes, por ejemplo tu ahora obtienes un pasaporte en 4 meses; y el otro problema es que ya no solamente encontramos ecuatorianos que nos dicen que migraron hace 20-22 años, sino que encontramos ecuatorianos en todos los países europeos que nos dicen que migraron hace 3 meses, hace un año, muchos de ellos profesionales y hay un dato importante en la migración de ahora. La gente no solamente migra por falta de oportunidades, por falta de acceso a derechos, salud, educación. Hay otro factor que también obliga a la gente a migrar del Ecuador, es la seguridad: personas que han tenido un emprendimiento mediano, pequeño, ahora reciben estas visitas de “vacunadores”. ¿Qué son los vacunadores? Delincuentes, mafias que van a los negocios de las personas para decirles: “bueno tú me tienes que dar semanal o mensual X cantidad de dinero para que yo no te venga aquí a robar ni te venga a matar a tu familia y te venga a proteger de las otras bandas delincuenciales”. Entonces, la gente vive una serie de chantajes por parte de estos delincuentes. Evidentemente la Policía Nacional y el sistema judicial no tienen la institucionalidad, ni los recursos ni la capacitación para defender y proteger los derechos de la gente. Y este es otro motivo que obliga a los ecuatorianos a migrar del país.

La diáspora ecuatoriana comprende  aproximadamente 3 millones de personas. Muchas de ellas se encuentran en Estados Unidos donde viven cerca de 1’500.000 ecuatorianos. También residen en Canadá, América Latina y Europa. En Francia vive una importante comunidad ecuatoriana. Hay también situaciones en que ecuatorianos no se encuentran regularizados en los países de destino migratorio y hay mucha migración dentro de la Unión Europea y esto también impide tener cifras actualizadas sobre el número de ecuatorianos que viven en cada país europeo. Existe además un número creciente de ecuatorianos que se naturalizan y obtienen la ciudadanía de los países europeos donde han residido más de 20 años y esto tampoco consta en las estadísticas de los países de destino migratorio como ecuatorianos porque ellos ya figuran como ciudadanos de los diferentes países de la Unión Europea.

Lo que sí podemos decir es que en Europa, Asia y Oceanía se encuentran empadronados más de 252 mil ecuatorianos y que en este 20 de agosto votaremos por primera vez por medio del voto telemático. Por lo que es importante que los ecuatorianos en el exterior que tenemos un derecho constitucional facultativo establecido en el artículo 62 de nuestra Constitución, este 20 de agosto ese derecho se convierte no solamente en un derecho constitucional sino un deber patriota para ser parte del cambio que requiere el país; de ser parte de los procesos democráticos que vamos a tener en el Ecuador y parte del cambio para poder tener finalmente, un gobierno de paz, un país de paz, de seguridad y que garantice los derechos de los ecuatorianos dentro y fuera de la Patria.

Entonces los primeros países de emigración siguen siendo España, EE.UU, Italia, Chile, Venezuela, Colombia y Canadá. ¿Hay rasgos comunes y diferencias entre la diáspora en esos países ?

Correcto. Bueno hay similitudes. Lo que te puedo decir es que mucha gente que fue a Estados Unidos en los años 60, en los años 80, muchas de ellas fueron de ciertas zonas del Ecuador, donde han sido muy empobrecidas por falta de atención gubernamental, sobre todo la zona del Austro, las provincias del Azuay y del Cañar, pero también de provincias como Loja y provincias de la Sierra central del Ecuador: Cotopaxi, Chimborazo, Tungurahua. Lo que vivimos a partir del año 2000 durante el feriado bancario causado por el señor Lasso, cuando fue ministro de economía del presidente Mahuad y ocasionó un desastre económico, social, político en la sociedad ecuatoriana, fue la expulsión de ciudadanos y Ecuador se convirtió en un exportador de seres humanos y diversificó la migración. Y es entonces cuando de todas las provincias del Ecuador empiezan a emigrar; ya no solo eran personas con poca instrucción formal, principalmente hombres, como sucedía en años anteriores, sino que empiezan a emigrar personas que han tenido años de formación universitaria y profesionales: médicos, maestros, economistas, personas de diferentes profesiones gente de la clase media que, a partir del feriado bancario, no ven otra salida a la crisis que la migración.

Y eso es algo que lo estamos viendo nuevamente en esta migración, nuevamente causada por la banca, nuevamente causada por el Sr. Lasso. Hoy vivimos no solamente una crisis en el Ecuador política, social, económica, moral donde la fiscal general del estado se evidencia que ha plagiado su tesis de abogada y ni siquiera tiene la decencia de renunciar. Eso también es una crisis moral, en otro país como en Alemania, ese servidor público habría renunciado a su cargo público para no afectar a la institución, pero eso no pasa en Ecuador. También vivimos una crisis migratoria debido al alto número de ecuatorianos que están migrando nuevamente. Y mira, mientras aumenta la migración, el gobierno debería mejorar los servicios consulares, debería brindar asesoría legal y adaptarse a las necesidades de los ecuatorianos en el exterior,  como lo hicimos durante el gobierno de la Revolución Ciudadana.

Hoy tenemos mayor migración y servicios consulares más deficientes, servicios consulares que no se adaptan a las necesidades de los ecuatorianos: redujeron personal, redujeron presupuesto, eliminaron servicios consulares como la asesoría jurídica hipotecaria en España, la asesoría jurídica en Italia, la asesoría jurídica migratoria en Estados Unidos.

Hoy nuestros compatriotas en el exterior están indefensos, porque no hay un gobierno, no hay un Estado que defienda y proteja sus derechos en el exterior, como lo hicimos durante el gobierno de la Revolución Ciudadana. Pero eso, lo volveremos a hacer con el gobierno de nuestra compañera Luisa González que será la primera presidenta electa del Ecuador.

¿De qué manera la Revolución Ciudadana está presente en la diáspora?

La Revolución Ciudadana tiene estructura organizativa en todos los países donde hay migración ecuatoriana. En países como España donde evidentemente viven medio millón de ecuatorianos, tenemos una estructura mucho más fuerte con más militantes. Solamente en estas brigadas de asistencia al voto telemático para estas elecciones en Europa, hemos tenido más de mil voluntarios. No hay ningún partido político ecuatoriano que tenga la estructura organizativa, política que tiene la Revolución Ciudadana en el exterior. Es por eso que Europa ha sido históricamente desde el 2006, bastión de la Revolución Ciudadana, porque la gente vivió los cambios radicales que implementamos en los servicios consulares, con cónsules al servicio de los ciudadanos, con consulados con horarios flexibles. Redujimos los precios de los trámites consulares. En los útimos años, los han subido hasta un 400%, La gente recuerda cómo fue el gobierno de la Revolución Ciudadana y por eso nuestra estructura política ha crecido, debido al reconocimiento por parte de los migrantes de un gobierno que atendió las necesidades de nosotros los migrantes. Por esto, desde Europa, los migrantes votaremos por la Lista 5, la lista de Rafael Correa, de la Revolución Ciudadana. Los migrantes votaremos con memoria y con esperanza.

کودتایی برای ارتجاع و برعلیه دمکراسی در ایران
ه بهانه هفتادمین سالگرد کودتای امریکایی - انگلیسی ۲۸ مرداد ۱۳۳۲

مصطفی قهرمانی – 28 مرداد 1402

 

در فرهنگ سیاسی کودتا در کشوری با یک فرماسیون حکومتی قانونی را می‌توان هم‌چنین به معنای استقرار دوباره وضعیت غیردمکراتیک پیشینی توسط یک قوه قهریه داخلی و یا اربابان و همدستان خارجی آنها تعبیر نمود. و این دقیقآ همانند همان رخدادی است که در تاریخ ۲۸ مرداد ۱۳۳۲ برابر با ۱۹ اگوست ۱۹۵۳ در ایران ما بدست سیا و اس آی اس با همدستی عوامل سرکوبگر ارتجاع داخلی‌ برعلیه دولت قانونی دکتر محمد مصدق شکل گرفت.


وضعیت سیاسی امروز در میهن ما برآمده از انقلاب ۲۲ بهمن ۱۳۵۷ و همچنین رخدادهای سیاسی ۴۴ سال گذشته در راستای استقرار و نهادینه کردن استقلال، آزادی و جمهوریت درحقیقت واکنشی است در راستای پاسخگویی به دخالت‌های غیرموجه و معاندانه نیروهای بیگانه در تاریخ دو قرن اخیر، به‌ویژه دخالت‌های مستقیم امریکا در طی هفتاد سال گذشته در میهن ما.

استعمار زخم‌خورده بریتانیا از دو شکست بزرگ در مقابل ایران در طی دو فرآیند

۱- ملی شدن صنعت نفت ایران بوسیله دولت دکتر محمد مصدق و

۲- دعوای حقوقی برعلیه ایران در مقابل دیوان داوری لاهه

توانست در سال دوم زمامداری مصدق با متقاعد کردن ایالات متحده به مثابه ابرقدرت تازه نفس پس از جنگ دوم جهانی به یک اقدام قهرآمیز مشارکتی در ایران زمینه سرنگونی این دولت قانونی را فراهم آورد.

کودتای ۲۸ مرداد در حقیقت از یکسو ترجمان همدستی و تقسیم غنائم بین دو دولت بریتانیا و ایالات متحده و بازگشت محمدرضا شاه دست‌نشانده به اریکه قدرت بود و از جانب دیگر نماد جایگزینی استعمارگر پیر بریتانیا بوسیله ابرقدرت تازه نفس ایالات متحده آمریکا در میهن ما.

در ورای این‌همه، کودتای امریکایی - انگلیسی ۲۸ مرداد ۱۳۳۲ یکی از بیش‌از ۶۵ مورد دخالت‌های قهرآمیز کودتاگونه و جنگ‌طلبانه ایالات متحده در سرزمین‌های دوردست تمامی قاره‌های جهان ما پس از جنگ دوم جهانی می‌باشد که همگی بیانگر این دروغ بزرگ غرب و ایالات متحده در رأس آن می‌باشد که خود را به عنوان پاسداران دمکراسی و حقوق بشر در جهان امروز ما معرفی می‌کنند.

در سال‌های اخیر بسیاری از رهبران و سیاست‌گزاران امریکایی و انگلیسی به این خطای فاحش و ضربه مهلک آنان بر پیکر جنبش نوپای دموکراسی‌خواهی در میهن ما اعتراف کرده‌اند،  ولی همچنان توقع تصحیح استراتژیک در رویکرد و رفتار آنها داشتن انتظاری خام و بیهوده است زیرا که همین امروز هم هردو این دو کشور با تمام قوا و بهره‌گیری از تمامی امکانات پنهان و آشکار خود عناد و دشمنی خود را با اراده آزاد و مستقل مردم میهن ما به نمایش گذاشته‌اند. عناد و دشمنی ایالات متحده اما آنگاه به تحمل و رواداری در مقابل حقوق مشروع ملت‌های مظلوم و تحت ستم تبدیل خواهد شد که مقاومت قانونی ملت‌ها نیروهای قاهر فرامنطقه‌ای را نسبت به بی‌حاصل بودن و عبث بودن رفتارهای خصمانه اشان متقاعد بگرداند. در خارج از چهارچوب مناسبات قدرت سخت و نرم اما دست یازیدن به یک توازن خلاق و سازنده در شرایط کنونی تقسیم قوا امری محتمل و متصور نمی‌باشد. از این منظر کودتای ۲۸ مرداد نه‌فقط به معیاری در راستای شناخت رفتار نیروهای انیرانی در میهن ما در گذشته تبدیل شده است بلکه امروز خط انفصال بین نیروهای ترقی‌خواه و استقلال‌طلب ایرانی و سرسپردگان به انقیاد و وابستگی به بیگانگان در این میهن ایرانی می‌باشد. در این نگاه ۲۸ مرداد را باید به‌مثابه روز مبارزه با استعمار و دخالت بیگانگان در این سرزمین پاس بداریم.

 

Mohammad Mossadegh, Primer Ministro de Irán, 1951 – 1953: una biografía


The Mossadegh Project, 3-10-2013
Traducido por Luis Casado (Politika/Tlaxcala)


Ay, yo bien conozco a tu enemigo, el mismo que tenemos por acá... escribió Nicolás Guillén. Cómo olvidar esos versos... Juran los que te matan, que eres feliz... ¿Será verdad?

En otros sitios, bajo otros cielos, los imperios cometían los mismos crímenes. Como en Irán. Cuando la prensa tarifada expone hoy lo que no le gusta de ese país, olvida mencionar la génesis: un golpe de Estado, uno más, contra Mohammed Mossadegh, derrocado por la CIA y el MI6 británico el 19 de agosto de 1953, veinte años antes del 11 de septiembre. He aquí esa historia.-LC


Mohammed Mossadegh nació el 16 de junio de 1882 en Teherán. Su padre, Mirza Hedayat Ashtiani, fue ministro de Finanzas de Irán y su madre, Najm al-Saltaneh, estaba estrechamente vinculada a la dinastía reinante de los Kadjar (1789-1925). Cuando tenía 10 años, su padre murió, dejándoles a él y a su única hermana menor al cuidado de su madre.

En reconocimiento a los servicios prestados por su difunto padre a la corona, el monarca Nasir al-Din Shah le concedió el título de "Mossadegh al-Saltaneh". Años más tarde, cuando se introdujo en Irán un sistema de documentos nacionales de identidad, eligió el apellido Mossadegh, que significa "verdadero y auténtico".

La carrera de Mossadegh comenzó a la excepcionalmente temprana edad de 15 años, cuando fue nombrado, también en honor a su padre, Mostofi (jefe de finanzas) de la provincia de Jorasán. Además de interesarse por la ciencia moderna, practicó varios deportes y aprendió a tocar el tar, un instrumento de cuerda tradicional persa.

A los 19 años se casó con Zia al-Saltaneh, una princesa kadjar, a la que consideraba "la persona a la que más quería después de mi madre". La pareja tuvo tres hijas -Zia Ashraf, Mansoureh y Khadijeh- y dos hijos, Ahmad y Gholam-Hossein.

Mossadegh tenía sólo 21 años cuando el pueblo de Ispahán lo eligió miembro del Majlis (Parlamento iraní) para representarlo. Sin embargo, al no ser mayor de edad, retiró su nombre de la lista de candidatos. Durante el movimiento constitucionalista de 1905-1911, Mossadegh participó activamente en los acontecimientos que condujeron al establecimiento de una monarquía constitucional en lugar del arbitrario régimen monárquico.

Mossadegh estudió ciencias políticas en Teherán y, en 1909, continuó sus estudios en París. Durante su estancia en la capital gala empezó a experimentar debilidad y fatiga extremas, y se vio obligado a abandonar sus estudios y regresar a Irán. Durante toda su vida padeció este problema persistente, más conocido hoy como "síndrome de fatiga crónica". Más tarde regresó a Europa y estudió Derecho en la Universidad de Neuchâtel (Suiza). En junio de 1913, se convirtió en el primer iraní en obtener un doctorado en Derecho y regresó a Irán justo un día antes del estallido de la Primera Guerra Mundial.

GIDEON LEVY
Encore une “attaque terroriste” qui n’a jamais eu lieu : des soldats israéliens tuent un Palestinien et tabassent son ami

Gideon Levy et Alex Levac (photos), Haaretz, 19/8/2023

Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

 

Des soldats ont tiré des dizaines de balles sur une voiture dans laquelle se trouvaient deux étudiants dans leur village de Cisjordanie. L’un d’eux a été tué, l’autre a été blessé puis tabassé par les soldats. Il sagit d’un remake d’un autre incident, survenu le mois dernier, dont l’armée a également affirmé, à tort, qu’il s’agissait d’une tentative d’attaque à la voiture-bélier.

Un parent embrasse Mohammed Mukheimar

Un jeune étudiant est au bord de la route et pleure. Son corps entier tremble, sa voix est étouffée ; un parent tente de le prendre dans ses bras et de l’apaiser. Il est manifestement en état de choc. Comment pourrait-il en être autrement ? C’est à cet endroit, sur une route étroite qui sort du centre de son village de Cisjordanie, Sebastia, qu’il a perdu son ami le plus proche, sous ses yeux. En effet, les taches de sang du défunt sont encore visibles sur le sol.

 

C’est également à cet endroit que ce jeune homme de 19 ans a été blessé et tabassé par des soldats pendant un bon moment. C’est là que son ami a perdu le contrôle de la voiture dans laquelle ils se trouvaient, après avoir reçu des balles dans la tête et dans le torse ; le véhicule s’est écrasé contre la clôture le long de la route. Deux photographies du défunt portant une cravate rouge font partie du mémorial improvisé sur le site, avec quelques fleurs déjà fanées et un drapeau de la Palestine.

 

C’est là que Mohammed Mukheimar s’est tenu cette semaine et a raconté comment les soldats des Forces de défense israéliennes l’ont blessé puis brutalisé après avoir tué son meilleur ami, sans raison apparente. Les soldats ont prétendu que la voiture avait essayé de les écraser. Le fait que Mukheimar ait été libéré au bout de neuf jours par un tribunal militaire ne fait que démontrer que c’était une fiction : il n’y a pas eu d’attaque terroriste ni de tentative d’attaque à la voiture-bélier. Il n’y a eu que l’ivresse du pouvoir et les rodomontades de matamores de jeunes soldats qui s’ennuyaient, assoiffés d’action, et qui ont tiré une épouvantable série de balles. Sur une affiche défraîchie surplombant la scène de la mort, on voit Yasser Arafat saluer.

Il y a quelques semaines, cette rubrique rapportait une histoire étonnamment similaire (“Les soldats israéliens ont tiré et blessé des "assaillants" palestiniens présumés - mais ne les ont pas arrêtés, 29/7/2023). Deux jeunes cousins de la ville de Yabad se rendaient en voiture sur les terres de leur famille dans le village de Tura a-Sharkiya, lorsque des soldats des Forces de défense israéliennes ont tiré sur leur voiture, les blessant tous les deux grièvement. Les FDI ont prétendu qu’ils avaient tenté d’écraser les soldats, mais les auteurs présumés de cette “attaque terroriste” qui n’a jamais eu lieu n’ont même pas été placés en détention. Quelques semaines plus tard, nouveau cauchemar.


Affiches montrant une photo de Fawzi Makhalfa à l’endroit où il a été tué le mois dernier

Mohammed Mukheimar et Fawzi Makhalfa étaient des amis d’enfance qui vivaient côte à côte à Sebastia et faisaient tout ensemble. Le vendredi 21 juillet n’a pas dérogé à la règle. Ce soir-là, le père de Fawzi lui a demandé de se rendre à son usine de sacs en plastique dans le village voisin de Deir Sharaf et d’allumer les fours en prévision du travail du lendemain. C’était la routine habituelle du vendredi soir, après une journée de repos.

 

Fawzi a appelé Mohammed et lui a proposé de partir ensemble, comme toujours. Ils sont montés dans la Seat Ateka du père de Fawzi. Mohammed est étudiant en première année de comptabilité. Fawzi est également en première année et étudie la gestion d’entreprise. Tous deux fréquentent l’antenne de Naplouse de l’université ouverte d’Al-Quds.

 

Alors que la Seat s’engageait sur la route étroite, des soldats ont soudain surgi de l’obscurité devant eux. Il était 23 h 50. Mohammed estime qu’une quinzaine de soldats se sont dirigés vers eux sur la route, qui tourne légèrement à cet endroit. Les deux étudiants ont alors essuyé des tirs nourris, des dizaines de balles, sans aucun avertissement, se souvient-il. La tête de Fawzi était affaissée, mais Mohammed dit qu’il ne pensait pas que son ami était mort. Il a lui-même été touché par une balle dans le bras droit et par des éclats de projectiles dans différentes parties de son corps. Au vu de la photo de la voiture, criblée d’impacts de balles, il est difficile de croire que Mohammed a survécu.

 

Les soldats lui ont ordonné de sortir de la voiture, raconte-t-il aujourd’hui, debout sur la route, en revivant les événements. Ils ont pointé leurs fusils sur lui. Il a crié : “Ne tirez pas !” Après qu’il est sorti du véhicule, les soldats l’ont poussé et l’ont fait tomber par terre. L’un d’eux lui a mis un pied sur la gorge. Après environ trois minutes, dit-il, ils l’ont traîné jusqu’à un mur de béton au bout de la route. Un soldat lui a demandé, en arabe : “Qu’est-ce que vous foutiez, tous les deux ?” Mohammed a répondu qu’ils étaient en route pour Deir Sharaf et qu’ils ont été pris par surprise lorsque les soldats leur ont tiré dessus, sans raison et sans avertissement.

 

Mohammed dit qu’il pense avoir vu le soldat, qui s’était agenouillé près de lui, se lever et jeter un regard perplexe à ses camarades, comme pour leur dire : “Pourquoi avez-vous tiré ?” Entre-temps, une ambulance palestinienne est arrivée sur les lieux et a évacué Fawzi. Mohammed a voulu s’approcher de son ami - il ne savait pas encore que Fawzi était mort - mais les soldats lui ont barré la route, menaçant de lui tirer dessus à nouveau.

 

Mukheimar et Hani Makhalfa, à l’endroit où le fils de Hani, Fawzi, a été tué le mois dernier.


Les mains de Mohammed étaient attachées derrière son dos par des menottes en plastique. L’infirmier palestinien lui a alors annoncé que Fawzi était mort. Aujourd’hui, alors qu’il nous parle, il éclate en larmes amères et se souvient de la dernière image qu’il a de son ami : sa tête affaissée sur ses genoux. Entre-temps, les soldats lui ont dit de monter dans leur jeep. Un soldat l’a frappé avec la crosse de son fusil et Mohammed s’est effondré. Alors qu’il gît sur la route, un soldat lui donne un coup de pied dans le dos. Mohammed a réussi à se relever mais les coups de crosse n’ont pas cessé alors qu’il était conduit en direction de Shavei Shomron, une colonie située à un peu plus d’un kilomètre de là, où se trouve une base de l’armée. Du sang a coulé de son bras. Près de la barrière à l’entrée de la colonie, on lui a demandé de s’asseoir sur un rocher tout en lui bandant les yeux avec un chiffon.

 

Les soldats ont recommencé à le frapper et à lui donner des coups de pied, chacun à son tour. Un soldat l’a forcé à se lever, se souvient-il, pour ensuite l’assommer d’un coup. Finalement, il a été contraint de monter dans une jeep militaire et de s’allonger sur le sol, tandis que les coups continuaient. Ils l’ont piétiné, dit-il, un soldat appuyant sur sa gorge, un autre sur la blessure de son bras.

 

Il a été emmené à la base de la colonie, où un médecin de l’armée l’a examiné et a nettoyé sa blessure. Un autre médecin lui a fait une injection - violemment, dit-il. Environ une heure plus tard, une ambulance israélienne est arrivée et l’a emmené dans un hôpital, dont il ne sait pas lequel (probablement l’hôpital Meir, à Kfar Sava). Dans l’ambulance, il a senti qu’il perdait connaissance.

 

Après avoir passé une nuit en observation à l’hôpital, il a été libéré et emmené au poste de police de l’agglomération d’Ariel pour y être interrogé. Un officier a appelé son père pour l’informer de l’état de santé de son fils et a également permis à Mohammed de dire à son père qu’il serait amené au tribunal de Salem pour une audience de placement en détention provisoire dans deux jours. C’est à ce moment-là que nous avons arrêté le récit dans la chaleur torride du mois d’août et que nous nous sommes rendus au domicile de Fawzi.

 

Fatika, mère du défunt Fawzi Makhalfa, cette semaine. Elle pleure sans arrêt.

Les parents endeuillés : Fatika, 42 ans, qui pleure sans arrêt, et son mari, Hani, 48 ans, fabricant de sacs. Hani raconte qu’il a entendu des coups de feu cette nuit-là et qu’il a appelé avec angoisse les deux téléphones portables de son fils, mais qu’il n’a pas eu de réponse. Il est monté sur le toit de leur maison et a vu une voiture et des soldats regroupés autour d’elle. Il ne savait pas encore que son fils était impliqué. Il a appelé des voisins qui habitent au-dessus du lieu de l’incident pour leur demander ce qu’il en était de la voiture. Ils lui ont répondu qu’il s’agissait d’une Seat Atika. Hani s’est précipité à l’hôpital Rafidia de Naplouse, où on lui a annoncé la mort de son fils.

 

La grand-mère, Nisam, 75 ans, vêtue de noir, pleure à son tour. Mohammed, dont les pieds tapent nerveusement et sans cesse sur le sol, continue de raconter les événements de ce vendredi, fondant parfois en larmes. C’est un beau jeune homme délicat, avec un appareil dentaire.

 

L’officier de police a demandé à Mohammed de raconter ce qui s’était passé et a accusé le jeune homme d’avoir essayé de foncer sur les soldats. Mohammed dit qu’il a cru perdre la tête en entendant cela. “D’où est-ce que vous sortez ça ? Nous n’avons rien fait aux soldats”, déclare-t-il. Après l’interrogatoire, il a été emmené à la prison d’Ofer, près de Ramallah. Le lendemain matin, il a été transféré au centre médical de l’administration pénitentiaire à Ramle et, le jour suivant, à la prison de Megiddo.

 

Le mardi suivant, il a comparu devant le tribunal militaire de Salem, mais son audience a été reportée au dimanche suivant. En prison, il est de nouveau interrogé, cette fois par un agent des services de sécurité du Shin Bet qui se fait appeler “Tayaara” (avion) et qui menace Mohammed de le “faire décoller de là” s’il ment. L’agent l’a également accusé d’avoir planifié, avec Fawzi, un attentat contre les soldats. Il lui a montré un clip vidéo dans lequel Fawzi se filmait en train de chanter - on ne sait pas très bien pourquoi. Une fois de plus, alors qu’il raconte ces événements, Mohammed s’effondre et pleure. “Tu es un gros menteur”, a déclaré Tayaara à la fin de l’interrogatoire, au cours duquel il a également tenté de déterminer à quelle organisation les deux étudiants étaient affiliés.

L’unité du porte-parole des FDI a envoyé cette semaine la déclaration suivante à Haaretz : « Au cours d’une activité initiée par une unité des FDI dans le village de Sebastia le 21 juillet, une tentative a été faite de percuter les soldats avec une voiture. Ceux-ci ont répondu en tirant sur les deux suspects qui se trouvaient dans le véhicule. Au cours de l’incident, le conducteur a été tué et un autre suspect qui voyageait avec lui a été blessé et évacué pour recevoir une évacuation médicale [sic]. Les circonstances de l’événement sont en cours d’éclaircissement. Nous n’avons pas connaissance de plaintes concernant des violences commises par les soldats à l’encontre du suspect - si de telles plaintes sont déposées, elles seront examinées selon la procédure habituelle ».


Mukheimar et Hani Makhalfa, à l’endroit où le fils de Hani, Fawzi, a été tué le mois dernier.

 

Comme dans l’incident de Tura al-Sharkiya, il n’est pas possible d’accepter le récit de l’armée : S’il y avait eu ne serait-ce qu’un soupçon de preuve, Mohammed n’aurait pas été libéré. Salma a-Deb’i, chercheuse de terrain pour l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem, qui a enquêté sur l’affaire, a noté à juste titre que si Mohammed avait également été tué, il n’y aurait eu aucun moyen de prouver qu’une attaque terroriste n’avait pas eu lieu, qu’il s’agissait seulement d’un meurtre de plus de ce qui était apparemment une personne innocente.

 

Le dimanche 6 août, Mohammed a été ramené au tribunal de Salem, où son avocat, Salah Ayoub, l’a informé qu’il avait été décidé de le libérer. Nous lui demandons ce qu’il a ressenti à ce moment-là. “Tout ce que je voulais, c’était voir Fawzi”. Mais Fawzi avait déjà été enterré.

 

Mohammed s’est rendu directement au domicile de son ami et a visité la tombe avec les parents de Fawzi. Selon Abdulkarim Sadi, un autre chercheur de terrain de B’Tselem, qui a vu la vidéo de la visite de la tombe, Mohammed était très perturbé et dans un état très instable, dont les signes étaient encore visibles cette semaine.

 

« Parce qu’une telle amitié ne permettra jamais / À nos cœurs d’oublier / L’amour sanctifié par le sang / Reviendra fleurir entre nous », a écrit le poète hébreu Haïm Gouri dans son “Chant d’amitié”.

 

Mohammed dit que Fawzi était comme un frère pour lui, depuis l’âge de 6 ans.