Marwan Bishara (Nazareth, 1969) est analyste politique
principal à Al Jazeera. Il écrit beaucoup sur la politique mondiale et est
largement considéré comme une autorité en matière de politique étrangère usaméricaine,
de Moyen-Orient et d’affaires stratégiques internationales. Il était auparavant
professeur de relations internationales à l’Université américaine de Paris. On
peut lire de lui en français Palestine/Israël :
la paix ou l’apartheid (La Découverte, 2002, 2023)
La Blitzkrieg
[guerre éclair] palestinienne est un échec militaire et une catastrophe
politique aux proportions colossales pour Israël.
Des Palestiniens
chevauchent un véhicule militaire israélien dans les rues de Gaza lors d’une
opération militaire lancée par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre
2023. Photo : EPA/Haitham Imad/EPA
Quelques
jours après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a prononcé un
discours fanfaron aux Nations unies, annonçant la création d’un nouveau
Moyen-Orient centré sur Israël et ses nouveaux partenaires arabes, les
Palestiniens, qu’il a totalement omis de sa carte régionale fantaisiste, lui
ont porté, ainsi qu’à Israël, un coup fatal, tant sur le plan politique que sur
le plan stratégique.
Le mouvement
de résistance palestinien Hamas a lancé une incursion éclair méticuleusement
planifiée et bien exécutée depuis Gaza vers Israël, par voie aérienne, maritime
et terrestre. Parallèlement à des milliers de missiles tirés sur des cibles
israéliennes, des centaines de combattants palestiniens ont attaqué des zones
militaires et civiles israéliennes dans le sud du pays, ce qui a entraîné la
mort d’au moins 100 Israéliens et la capture de dizaines de soldats et de “civils”
israéliens.
Les
objectifs du Hamas dans cette opération ne sont pas un secret : premièrement,
riposter et punir Israël pour son occupation, son oppression, ses colonies
illégales et la profanation des symboles religieux palestiniens, en particulier
la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem ; deuxièmement, s’attaquer à la normalisation
arabe avec Israël qui embrasse son régime d’apartheid dans la région ; et
enfin, obtenir un nouvel échange de prisonniers afin de faire libérer le plus
grand nombre possible de prisonniers politiques palestiniens des geôles
israéliennes.
Il convient
de rappeler que le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Al Sinwar, qui a
passé plus de deux décennies dans les prisons israéliennes, a été libéré dans
le cadre d’un échange de prisonniers. Mohammed Deif, le chef de la branche
militaire du Hamas, comme beaucoup d’autres Palestiniens, a perdu des êtres
chers à cause de la violence israélienne - un fils en bas âge, une fille de
trois ans et sa femme. L’opération a donc clairement un aspect punitif et
vengeur.
En ce sens,
l’attaque a peut-être été incroyablement choquante, mais elle n’était guère
surprenante.
L’hubris a
finalement rattrapé Israël et ses dirigeants arrogants, qui se sont longtemps
crus invincibles et ont constamment sous-estimé leurs ennemis. Depuis l’attaque
arabe “surprise” d’octobre 1973, les dirigeants israéliens successifs ont été
choqués et stupéfaits, encore et encore, par ce dont le peuple qu’ils
opprimaient était capable.
فاوستو جيوديشي (روما، 1949) مؤلف ومترجم و ناشر. مقيم بتونس منذ 2011
في فجر يوم
السبت " شبات"، على الساعة 3:30 صباحًا بتوقيت جرينتش، قام مقاتلو حركة
حماس الفلسطينية والجناح العسكري لحركة الجهاد الإسلامي بشنِّ هجومٍ شامل على
إسرائيل من غزة. بينما انهالت مئات الصواريخ (بين 2000 و5000) على المستوطنات
الصهيونية، دمَّرَ المقاتلون على متن مركباتهم "الجدار الحديدي" الذي
يحيط بغزة، واخترق الآخرون الحاجز البحري، كما حطَّ جزء آخر على متن طائرات شراعية
آلية
(ULM) في
اسرائيل. وفقا لتقديرات الجيش الإسرائيلي، قام 60 مقاتل فلسطيني باختراق مناطق
إسرائيلية. كما تم أسر حوالي أربعين جندياً ومستوطناً إسرائيلياً في الدقائق
الأولى، ولا يزال عدد القتلى والجرحى في الجانب الصهيوني غير معلوم. أُطلق على
العملية اسم "طوفان الأقصى"، أي طوفان أو عاصفة الأقصى (طوفان هي كلمة عربية فارسية أدخلت في
جميع اللّغات، وهي أصل كلمة "typhon" في الفرنسية؛ و استعملت الكلمة أيضًا كأسم
لسلسلة من الصواريخ الإيرانية.(
إنها حقيقة
تاريخية: إذا أردنا مهاجمة إسرائيل، فيجب أن نفعل ذلك صبيحة يوم السبت، عندما
يستريح اليهود. وهذا ما فعله الجيشان المصري والسوري في 6 أكتوبر 1973، بعبور قناة
السويس والدخول إلى هضبة الجولان المحتلة. في عام 1973، استغرق الأمر أسبوعًا حتى
استيقظ الصهاينة مذهولين من الهجوم المفاجئ ويشرعون في الهجوم المضاد.
من انتصر في حرب
رمضان/كيبور؟ أمر قابل للنقاش. لكن المؤكد هو أن هذه الحرب كانت بمثابة ناقوس
الموت بالنسبة للعماليّين الإسرائيليّين، هؤلاء الصهاينة ذوي الوجه الإنساني، نسخة
أشكنازية من الديمقراطية الاجتماعية الأوروبية. كما أنها وضعت حداً لـ
"الثلاثين المجيدة" وأشعلت شرارة "أزمة النفط" الأولى.
صدمتني صورتان
قويتان من هذه الفترة: صورة الطرق السريعة الأوروبية الخالية تمامًا من السيارات،
وصورة ملكة هولندا وهي تخرج عربتها وخيولها للتجول. بالنسبة للعرب، 73 كاد أن يمحو
إهانة ال67. وبعد عشر حروب، أين نحن الآن؟
Al amanecer del sabbat, a las 3.30 horas GMT,
combatientes palestinos de Hamás y la Yihad Islámica lanzaron una operación por
doquier contra Israel desde Gaza: mientras cientos (entre 2.000 y 5.000) de
cohetes llovían sobre los asentamientos sionistas, combatientes motorizados se
abrían paso a través del "muro de hierro" que encierra Gaza, otros se
abrían paso a través de la barrera marítima y otros aterrizaban en Israel en
parapentes motorizados (ultraligeros). Según el ejército israelí, 60
combatientes palestinos entraron en el territorio. Unos cuarenta soldados y
colonos israelíes fueron hechos prisioneros en los primeros minutos, mientras
que se desconoce el número de muertos y heridos en el bando sionista. La
operación fue bautizada como "Tufan al-Aqsa", el diluvio o tormenta
de Al Aqsa (tufan es la palabra árabe-persa que ha entrado en todas las
lenguas, y es el origen de la palabra española "tifón"; también es el
nombre de una serie de misiles iraníes).
Es una verdad histórica: si quieres atacar Israel, tienes
que hacerlo un sábado por la mañana, cuando los judíos descansan. Eso es lo que
hicieron los ejércitos egipcio y sirio el 6 de octubre de 1973, cuando cruzaron
el Canal de Suez y entraron en los Altos del Golán ocupados. En 1973, los
sionistas tardaron una semana en despertarse, aturdidos como habían quedado por
el ataque sorpresa, y pasar a la contraofensiva. ¿Quién ganó la guerra del
Ramadán/Yom Kippur? Eso está abierto al debate. Lo que es seguro es que esta guerra
supuso la sentencia de muerte para los laboristas israelíes, los sionistas con
rostro humano, la variante asquenazí de la socialdemocracia mitteleuropea.
También puso fin a los "Treinta Años Gloriosos" y desencadenó la
primera "crisis del petróleo". De las imágenes impactantes de aquel
periodo, dos me llaman la atención: la de las autopistas europeas completamente
vacías de coches y la de la Reina de Holanda sacando su carruaje y sus caballos
para desplazarse. Para los árabes, el 73 casi había borrado la humillación del
67. Diez guerras después, ¿en qué punto nos encontramos?
At 3:30 a.m. GMT, at dawn on the Sabbath, Palestinian fighters from Hamas and Islamic Jihad launched an all-out attack on Israel from Gaza: while hundreds (between 2,000 and 5,000) of rockets rained down on Zionist settlements, motorized fighters forced their way through the "iron wall" encircling Gaza, others forced their way through the sea barrier and still others landed in Israel aboard motorized paragliders (ULM). According to the Israeli army, 60 Palestinian fighters entered the territory. Some 40 Israeli soldiers and settlers were taken prisoner in the first few minutes, while the number of dead and wounded on the Zionist side remains unknown. The operation has been dubbed "Toufan al-Aqsa", the flood or storm of Al Aqsa (toufan is the Arabic-Persian word that has entered every language, and is the origin of the English word "typhoon"; it is also the name of a series of Iranian missiles).
It's a historical truth: if you want to attack Israel, you have to do it on a Saturday morning, when the Jews are at rest. That's what the Egyptian and Syrian armies did on October 6, 1973, when they crossed the Suez Canal and entered the occupied Golan Heights. In 1973, it took the Zionists a week to wake up, stunned as they had been by the surprise attack, and go on the counter-offensive. Who won the Ramadan/Kippur war? That's up for debate. What is certain is that this war sounded the death knell for Israeli Labor, the Zionists with a human face, the Ashkenazi variant of Mitteleuropean social democracy. It also put an end to the "The Glorious Thirty" and triggered the first "oil crisis". Of the powerful images from this period, two stand out for me: that of European freeways completely empty of cars, and that of the Queen of the Netherlands bringing out her carriage and horses to get around. For the Arabs, '73 had almost erased the humiliation of '67. Ten wars later, where do we stand?
À l’aube du shabbat, à 3 h30 GMT,
des combattants palestiniens du Hamas et du Djihad islamique ont lancé depuis
Gaza une attaque tous azimuts contre Israël : tandis que des centaines (entre
2000 et 5000) de roquettes pleuvaient sur les colonies sionistes, des
combattants motorisés ont forcé le « mur de fer » qui encercle Gaza,
d’autres ont forcé la barrière maritime et d’autres encore ont atterri en
Israël à bord de parapentes équipés de moteurs (ULM). Selon l’armée
israélienne, 60 combattants palestiniens ont pénétré dans le territoire. Une
quarantaine de soldats et de colons israéliens ont été faits prisonniers dans
les premières minutes, le nombre de morts et blessés du côté sioniste reste
inconnu. L’opération a été baptisée « Toufan Al Aqsa », le déluge ou
la tempête d’Al Aqsa (toufan est le mot arabo-persan entré dans toutes
les langues, à l’origine du français « typhon » ; c’est aussi le
nom d’une série de missiles iraniens).
C’est une vérité historique :
si l’on veut attaquer Israël, on doit le faire un samedi matin, quand les Juifs
sont au repos. C’était ce qu’avaient fait les armées égyptienne et syrienne le
6 octobre 1973 en franchissant le Canal de Suez et en entrant dans les Hauteurs
du Golan occupées. En 1973, il avait fallu une semaine aux sionistes pour se
réveiller, sonnés qu’ils avaient été par l’attaque-surprise, et passer à la
contre-offensive. Qui a gagné la guerre du Ramadan/Kippour ? On peut en
débattre. Ce qui est sûr, c’est que cette guerre a sonné le glas des travaillistes
israéliens, ces sionistes à visage humain, variante ashkénaze de la
social-démocratie mitteleuropéenne. Elle aussi mis fin aux « Trente
Glorieuses » et déclenché la première « crise du pétrole ». Des images
fortes de cette période, deux m’ont marqué : celle d’autoroutes
européennes entièrement vides de bagnoles et celle de la Reine des Pays-Bas
ressortant son carrosse et ses chevaux pour se déplacer. Pour les Arabes, 73
avait presque effacé l’humiliation de 67. Dix guerres plus tard, où en est-on ?
Il est facile d’être choqué par les
Juifs qui crachent sur les ecclésiastiques chrétiens à Jérusalem. C’est
dégoûtant et abominable. Mais il n’y a aucune raison d’être surpris.
Il ne s’agit pas seulement d’une probable
ancienne coutume juive, comme l’a affirmé Elisha Yered, soupçonné d’avoir
entravé une enquête sur un meurtre. Il s’agit également d’une coutume
israélienne acceptable et normale, qui reflète la manière dont le pays se
comporte. Israël n’a rien à cirer des crachats lancés contre les chrétiens. Ne jouons
pas les vertus offensées.
Ancienne coutume juive ou pas, il y
avait dans notre enfance des enfants dans la Tel Aviv laïque qui disaient
cracher chaque fois qu’ils passaient devant une église. Cela ne nous dérangeait
pas le moins du monde. La plupart d’entre nous n’osaient pas entrer dans une
église, de peur d’être punis. Le signe de croix était encore plus effrayant.
Nous voyions des joueurs de football se signer et, de temps en temps, nous
mettions notre courage à l’épreuve : nous nous signions en cachette et
attendions de voir ce qui se passerait.
Dans le lycée laïque de mon
enfance, il était obligatoire de porter une kippa en cours de Bible, et nous
embrassions le livre saint chaque fois qu’il tombait par terre. Dans cette
atmosphère, les chrétiens suscitaient l’effroi et la répulsion. Aujourd’hui encore,
j’ai une pile de Bibles que j’ai reçues au fil des ans et je n’ai pas le
courage de les jeter dans la poubelle de recyclage comme je le ferais avec d’autres
livres dont j’ai plus d’un exemplaire.
Dans l’Israël laïque des années
1960, qui était horriblement religieux, on nous a inculqué la croyance que le
judaïsme était la religion supérieure à toutes les autres et que ses croyants
étaient les élus. Toutes les autres religions étaient considérées comme
arriérées et leurs croyants comme des adorateurs d’idoles, des primitifs, comme
s’il y avait une différence entre adorateurs d’idoles et adorateurs de Dieu. Et
nous, les enfants du peuple juif, qui n’étions soi-disant pas des adorateurs d’idoles,
étions considérés comme l’incarnation du progrès et des Lumières.
Toutes les autres religions et
nations avaient tout appris de nous, uniquement de nous. C’est ce qu’on nous a
dit. Lorsque vous commencez de cette manière dans les années fondatrices du
pays, 75 ans plus tard, vous avez des gens qui crachent sur les chrétiens. C’est
une ligne droite entre eux et ce qu’on nous a appris à l’école laïque. Mais
aujourd’hui, nous nous considérons comme des gens éclairés et ouverts sur le
monde, et nous avons donc été choqués par les crachats.
Et qu’en est-il de l’État, dont l’une
des langues officielles est le crachat ? Comment décrire la façon dont Israël
traite les institutions internationales dont il bafoue toutes les décisions
depuis des décennies ? Ne crache-t-il pas en réponse à chaque résolution de l’Assemblée
générale des Nations unies, du Conseil de sécurité et de la Cour internationale
de Justice de La Haye ?
Israël crache sur tous les rapports
de toutes les organisations de défense des droits humains, ainsi que, de fait,
sur la position de la majorité absolue du monde. Il crache sur tout le monde.
Israël est la victime ultime, toujours. La seule victime de l’histoire de l’humanité,
ce qui lui permet de faire n’importe quoi. Même cracher. Personne ne nous
prêchera comment nous comporter. Nous avons inventé l’irrigation au
goutte-à-goutte, n’est-ce pas ? Et quiconque ose nous faire la leçon se
heurtera à un barrage de crachats.
Au fond d’eux-mêmes, de nombreux
Israéliens participent aux crachats contre les chrétiens à Jérusalem. Nous
sommes meilleurs, plus forts et plus sages que le monde entier. Lorsque de
jeunes Israéliens ignorants se rendent dans le monde, en Amérique du Sud ou en
Extrême-Orient, ils traitent les locaux avec condescendance, comme aucune autre
nation n’ose le faire. Les Américains sont naïfs, les Suédois sont carrés, les
Allemands sont secs et les Chinois sont étranges. Il n’y a que nous qui soyons
les plus grands.
Quiconque assiste à des contacts
entre Israéliens et étrangers peut ressentir cet esprit de condescendance dans
chaque conversation. Il s’accompagne d’un rôle constant de victime, non
seulement à cause de l’Holocauste, mais aussi à cause du présent. Nous sommes
si tolérants et si malheureux. Ils nous tirent dessus et menacent de nous
éliminer, la terreur règne et il est dangereux et difficile de vivre ici,
disent les membres d’un des peuples les plus gâtés de l’univers, qui vivent
dans le décile supérieur des nations.
Et après tout cela, nous ne devrions pas cracher
sur les chrétiens qui polluent notre Via Dolorosa?
Le Pont sur le détroit : “une œuvre de
référence de l’ingénierie italienne dans le monde”. C’est la définition
utilisée par le géant de la construction Webuild* dans le communiqué
de presse annonçant la “livraison de la documentation mettant à jour le
projet final” à la Società Stretto di Messina S.p.A..
Le préfet de police Gianni De Gennaro, le président nommé par Webuild à la tête d'Eurolink
En attendant de connaître toutes les “mises à jour”
prévues pour contourner les innombrables aspects critiques du point de vue technique
et de l’ingénierie, socio-environnemental et économique de l’infrastructure
pour la liaison stable entre Charybde et Scylla, il y a un passage de la note
de Webuild qui frappe par ses approximations et son caractère de propagande
ridicule.
« La structure accueillera deux routes à
trois voies dans chaque direction (deux voies de circulation et une voie d’urgence)
et une ligne ferroviaire à double voie, permettant un flux de 6 000 véhicules
par heure et jusqu’à 200 trains par jour, révolutionnant la mobilité de la zone
et de tout le sud de l’Italie », tonitrue le grand groupe
économico-financier.
Je laisse aux économistes et aux universitaires le
soin d’examiner scientifiquement l’“étude” économique et de transport de
Webuild, et je me permettrai seulement de faire quelques calculs au boulier
pour mettre en évidence le caractère insoutenable et le surdimensionnement des
données.
La traversée du pont par 6 000 véhicules par heure
correspond à 144 000 véhicules par jour ou 52 560 000 par an. En ce qui
concerne les trains (aujourd’hui un nombre correspondant aux doigts d’une main
suite au démantèlement progressif du trafic ferroviaire dans le détroit par
Trenitalia), les 200 quotidiens correspondraient à 73 000 trains par an.
Imaginons que les véhicules et les trains
circulent sur le pont avec un nombre de passagers vraiment minimal, 2 par
voiture et pas plus de 200 par train, ce qui représente un énorme gaspillage de
ressources financières pour les particuliers et pour Trenitalia.
En termes de véhicules, 105 120 000 passagers
passeraient ainsi en un an, et 14 600 000 en train. Au total, cela
représenterait 119 720 000 passagers en transit, soit près de douze fois plus
que ce qui a été calculé pour l’année 2022 par l’Autorité portuaire du détroit.
Plus précisément, l’autorité a documenté qu’entre
les ports de Messine, Villa San Giovanni et Reggio Calabria, « plus de 10
000 000 de passagers transitent chaque année, à pied et à bord d’environ 1 800
000 voitures et 400 000 véhicules lourds, auxquels s’ajoutent plus de 1 500 000
passagers et 800 000 véhicules lourds et voitures sur les itinéraires
Tremestieri-Villa San Giovanni-Reggio Calabria ».
Compte tenu du coût prévu des péages pour les
véhicules et les poids lourds, deux/trois fois supérieur à la valeur du billet
payé aujourd’hui sur les ferries, il est tout simplement inimaginable que tous
les véhicules choisissent le pont (voir ce qui se passe dans la Manche, où le
tunnel enregistre chaque année d’énormes déficits économiques, précisément
parce que ceux qui voyagent entre la France et le Royaume-Uni continuent à
privilégier le ferry).
Mais imaginons aussi un scénario dans lequel plus
aucun ferry n’emprunterait le détroit. L’Autorité portuaire du détroit a estimé
qu’un quart des passagers en transit sont des navetteurs qui se déplacent
quotidiennement, principalement pour leur travail, entre les provinces de
Messine et de Reggio de Calabre : seraient-ils prêts à subir des tranches très
longues entre les deux capitales, sur des kilomètres et des kilomètres entre
tunnels, galeries et viaducs, alors qu’ils peuvent désormais rejoindre les
centres-villes en hydroglisseur avec des temps de trajet inférieurs à 20/30
minutes ? Impossible à croire.
Un quart de 10 millions correspond à 2 500 000
passagers, soit 2 500 000 personnes qui ne doivent pas lutter pour atteindre
les maxi-piles entre Scylla et Charybde mais qui ont besoin d’un moyen de
transport rapide, confortable et écologiquement durable.
En fin de compte, seuls 7 500 000 passagers
traversent le détroit chaque année pour parcourir des distances moyennes. Mais
Webuild fera les choses en grand, il y aura de la place pour tout le monde,
soit près de quinze fois la demande réelle de mobilité. Pour balancer des
conneries, faut surtout pas se priver. De toute façon, c’est l’État qui casque.
Note du traducteur
*Webuild S.p.A. est depuis 2020 le nouveau nom de Salini
Impregilo S.p.A.. C’est le principal groupe italien de bâtiment et travaux
publics, avec un chiffre d’affaires de 8,2 milliards d’euros en 2022. Son PDG
Pietro Salini, membre de la Commission Trilatérale, est le petit-fils de Pietro
Salini, fondateur de l’entreprise principale du conglomérat en 1936 et le fils
de Simonpietro, membre de la loge P2 de Licio Gelli. La première réalisation du
fondateur fut le stade de 100 000 places construit sur ordre de Mussolini
pour accueillir Hitler, appelé Stade olympique depuis 1960, suivi de grands
travaux en Éthiopie grâce aux bons offices de Giulio Andreotti, ou du métro de
Stockholm ou encore du doublement du Canal de Panama. En 2005, Impregilo était
le premier de cordée d’un consortium d’entreprises, Eurolink S.C.p.A., qui
remporta l’appel d’offres pour la construction du pont sur le détroit, avec un
devis de 3,88 milliards d’euros et un temps prévu de réalisation de 70 mois. La
société créée à cet effet, Stretto di Messina S.p.A., fut dissoute 2 ans plus
tard. Les aventures byzantines du projet dans les années qui ont suivi
sont dignes d’un roman de Leonardo Sciascia. En 2012, le gouvernement Monti a
voté un paiement de 300 millions d’euros de pénalités pour non-réalisation du
projet. En 2013, la société a été mise en liquidation.
18 ans plus tard, Eurolink refait surface, grâce au duo
Meloni-Salvini, mais avec d’autres composantes : Webuild (45%), l’Espagnol
Sacyr (18,7%), Condotte d’Acqua (15%), CMC (13%), le Japonais IHI (6,3%) e
Consorzio ACI (2%). Et Webuild nomme à sa tête Gianni De Gennaro, ancien chef
de la police, ancien PDG de Leonardo (ex Finmeccanica) et président depuis 10
ans du Centre d’Études Américaines.
Idem pour la “ Società Stretto di Messina”, que l’on croyait liquidée depuis 10
ans.
N’oublions pas que
la scène se joue à Messine, qui fut, avec Syracuse, la seule cité sicilienne à
ne pas porter plainte contre le propréteur
Verrès pour concussion, abus de pouvoir, détournement de fonds et vols d’œuvres
d’art. Cela Se passait en l’an 70 avant J.-C... 2093 ans plus tard, la Sicile
-et l’Italie avec elle - attend en vain son nouveau Cicéron.
Ci-dessous deux
articles de Nir
Hassondans Haaretz
des 3 et 5 octobre 2023 sur une pratique des fous d’Adonaï consistant à cracher
sur tout ce qui est chrétien, un exemple de plus du caractère d’Israël :
le plus grand asile psychiatrique de la planète. Waddie Abu Nasser, conseiller et ancien porte-parole de l’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre sainte., a déclaré mercredi à la radio de l'armée israélienne que l'incident (rapporté ci-dessous) avait atteint les plus hautes sphères de la foi. "L'incident a atteint le monde entier, jusqu'au grand patron", a-t-il déclaré. "Le pape est informé de chaque incident, il est furieux". (NdT)
Augmentation
du nombre de juifs crachant sur des fidèles chrétiens à Jérusalem
Alors que
des dizaines de milliers de Juifs se rendent à Jérusalem pour la fête de
Souccot, certains ont été filmés en train de cracher sans raison sur des
fidèles chrétiens. Les églises de Jérusalem confirment que le nombre
d'incidents similaires est en augmentation.
Policiers et manifestants lors d'une manifestation de droite contre un événement évangélique dans la vieille
ville de Jérusalem, en mai dernier. Photo : Olivier Fitoussi
Plusieurs
incidents au cours desquels des Juifs ont craché sur des fidèles chrétiens ou
près d’eux dans la vieille ville de Jérusalem ont été filmés dimanche et lundi
derniers, ce qui confirme la généralisation de ces attaques.
Ces
derniers jours, des dizaines de milliers de Juifs ont participé à des
manifestations et à des prières à l'occasion de la fête de Souccot, au cours
desquelles de nombreux incidents de crachats ont été enregistrés. La plupart
des personnes filmées en train de cracher sont des jeunes juifs qui ont craché
sur des églises ou sur des fidèles chrétiens qu'ils ont croisés.
L'un de ces
crachats a été enregistré alors qu'un groupe de fidèles chrétiens sortait d'une
église par la porte des Lions, dans la vieille ville de Jérusalem, en portant
une grande croix. Alors que le groupe remontait la rue, il est tombé sur une
procession de centaines de Juifs qui faisaient le chemin inverse en portant les
quatre espèces.
Dès qu'ils ont remarqué les fidèles chrétiens, ils se sont mis à cracher,
principalement par terre.
Religieuses à l'Église du Saint-Sépulcre. Photo: Ohad Zwigenberg
Si ces
crachats n'ont rien de nouveau, les autorités ecclésiastiques confirment qu'ils
se sont récemment généralisés. En août dernier, le Global Religious Freedom
Action Center a recensé 21 attaques de ce type visant des chrétiens ou des institutions
chrétiennes, la plupart dans la vieille ville de Jérusalem.
Une statue
de Jésus profanée a été vandalisée par un extrémiste juif dans l'église de la
Flagellation à Jérusalem, en février. Photo : AMMAR AWAD/ REUTERS
Lors d'une
conférence de presse précédant son élévation au rang de cardinal il y a deux
semaines, Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a déclaré que
ces incidents n'étaient pas nouveaux, « mais nous avons l'impression
qu'ils sont devenus plus fréquents ces derniers temps. Ils sont liés à des
groupes et mouvements ultra-orthodoxes et religieux-sionistes. La présence de
ces groupes dans la vieille ville [de Jérusalem] est plus importante que par le
passé. Il ne fait aucun doute que certains rabbins l'approuvent, voire
l'encouragent ».
Le futur cardinal, le patriarche
latin italien de Jérusalem Pierbattista Pizzaballa, arrive au Vatican la
semaine dernière. Photo : TIZIANA FABI - AFP
Mgr.
Pizzaballa a ajouté que l'augmentation de ces attaques est liée au gouvernement
d'extrême droite d'Israël. « Il se peut que certains de ces mouvements
aient le sentiment, sinon d'être soutenus [par l'État], mais au moins protégés ».
« Ce
qui se passe avec les chrétiens n'est pas isolé. Nous constatons une
augmentation de la violence dans les sociétés israélienne et palestinienne. Ce
que nous voyons avec les chrétiens fait partie d'un phénomène plus large. Les
voix modérées ne sont pas entendues et les voix extrêmes se renforcent. Nous
sommes en contact avec les autorités et la police à ce sujet », a-t-il ajouté.
En août, le
commandant de la police du district de Jérusalem, le général de division Doron
Turgeman, a promis, lors d'une réunion avec les responsables des églises de la
ville, de lutter contre ces attaques. Depuis le début de l'année, la police a
ouvert 16 enquêtes concernant des actes de vandalisme, de violence ou de
harcèlement à l'encontre de chrétiens et d'institutions chrétiennes et a arrêté
21 suspects. Cependant, la police affirme qu'il est difficile d'inculper les
agresseurs, en particulier ceux qui crachent par terre et non sur un individu.
“Comportement
barbare” : l'ancienne coutume juive qui consistait à cracher près de prêtres
chrétiens n'avait rien à voir avec la pratique actuelle
« Cela
n'a jamais été une pratique courante », déclare un historien de Jérusalem.
Bien que le phénomène ne soit pas nouveau, il change de nature et devient de
plus en plus courant et de plus en plus extrême. L'évolution la plus importante
de ces dernières années a été son extension au Quartier musulman.
Des religieuses chrétiennes orthodoxes
tiennent des bougies et des fleurs lors d'une procession à Jérusalem, en août.
Photo : Ohad Zwigenberg /AP
Le clip
vidéo dans lequel on voit de jeunes juifs cracher sur un défilé chrétien dans
la vieille ville de Jérusalem cette semaine a suscité des réactions houleuses.
Un militant
d'extrême droite, Elisha Yered [impliqué dans l'assassinat de Qusai Jamal Maatan, 19 ans, près de Burqa en août dernier, et ancien porte-parole de la députée Limon Son Har-Melech du parti Otzma Yehudit (Force Juive), NdT], a notamment réagi en affirmant que la coutume
de cracher à côté d'une église ou sur des prêtres était une “coutume ancienne
et de longue date”. Cette déclaration a suscité la colère d'un grand nombre de
personnes. Le président, le maire de Jérusalem et même le ministre de la Sécurité
nationale, Itamar Ben-Gvir, ont condamné la coutume du crachat et la
déclaration de Yered.
Mais Yered a
raison, la coutume a vraiment des racines profondes dans le judaïsme ashkénaze.
Le problème est qu'il s'agit d'une coutume entièrement différente. La coutume
originale a été inventée comme une protestation discrète et interne d'une
petite minorité persécutée, et elle était pratiquée en secret. Les crachats
actuels sur les églises chrétiennes et les défilés à Jérusalem sont un acte de
défi public et d'humiliation des croyants qui appartiennent à un groupe
minoritaire.
« Mais
aujourd'hui, les relations ont changé, nous sommes les souverains et il y a des
minorités qui sont sous notre responsabilité, à qui nous sommes obligés de
fournir une protection. Dans une telle situation, il n'est plus possible de se
justifier, ni vis-à-vis de soi-même, ni vis-à-vis des autres », déclare le
Dr Yaakov Maoz, président de Lishana, une organisation pour le renouveau de
l'araméen en Israël, qui a des liens avec les communautés chrétiennes.
Les sources
juives conservent des preuves de cette coutume. Dans le livre du Maharil (XVIe
siècle), qui fait autorité en matière de coutumes des juifs ashkénazes, l'écrivain
Rabbi Yaakov Halevi Ben Moshe Moelin mentionne une coutume consistant à cracher
pendant la récitation de la prière “Aleinu Leshabeah” en prononçant les mots
faisant référence aux adorateurs d'idoles.
Des fidèles
juifs dans la vieille ville de Jérusalem mercredi. Photo : Olivier Fitoussi
Le Maharil
mentionne également qu'il était d'usage de cracher en passant près des églises.
Mais cette coutume est totalement différente de ce qui s'est fait cette semaine
à Jérusalem, affirme A., un jeune religieux, ancien haredi, qui a étudié la
coutume.
« Quand
je marchais avec mon père, il m'apprenait à cracher, mais c'est comme crier “Shabbes”
aux voitures le jour du Shabbat, ce n'est pas une mitzvah [prescription,
commandement], c'est un acte éducatif. Il s'agit d'éduquer l'enfant à
rejeter Avoda Zara (le culte des idoles). L'idée était de le faire
discrètement, sans démonstration, le but n'est pas d'humilier quelqu'un
d'autre, mais il y a un but interne, que je fais pour moi-même », dit A..
« Cela
n'a jamais été une pratique courante », déclare Amnon Ramon, de l'Institut
de recherche politique de Jérusalem. « Elle était pratiquée dans certains
endroits, principalement en Europe de l'Est, et en secret. Il s'agit de l'acte
d'une minorité qui, en secret, passe près de l'église la nuit sans que personne
ne la voie. C'est une coutume et il n'y a pas de halakha (loi religieuse) à ce
sujet ».
De même, il
semble que l'ancienne coutume ashkénaze convienne bien à certains cracheurs qui
ont des idées nouvelles et plus agressives sur le christianisme. « Toutes
les halakhot [prescriptions] antichrétiennes sont devenues plus
sévères dans la seconde moitié du 20e siècle », explique le Dr
Karma Ben Johanan, du département des religions comparées de l'université
hébraïque.
« En ce
qui concerne la question de savoir si le christianisme est un culte idolâtre,
il y a trois halakhot, mais il est clair que nous suivons Maïmonide qui a
statué que c'est le cas, et il est également affirmé que les rabbins qui
disaient le contraire avaient peur des chrétiens et qu'il n'y a maintenant plus
besoin de ces justifications », déclare-t-il.
La
caractérisation du christianisme comme un culte idolâtre convient parfaitement
à l'ultranationalisme hardali
(ultra-orthodoxe, sioniste de droite) et kahaniste qui parle de la nécessité
d'éliminer le christianisme du pays. C'est, par exemple, ce qui a motivé ceux
qui ont incendié l'église de la multiplication (des pains et des poissons) près
de la mer de Galilée, et ceux qui attaquent les églises.
Une
chronique des crachats
Depuis des
décennies, les croyants et les religieux chrétiens connaissent très bien la
coutume du crachat et en souffrent. Contrairement à l'affirmation de la police
selon laquelle il est difficile de poursuivre les cracheurs, dans le passé, des
personnes ont été poursuivies pour avoir craché. En 1995, un acte d'accusation
a été déposé contre un homme qui avait craché lors d'un défilé dans le quartier
arménien de Jérusalem. Il a été condamné à deux mois de prison avec sursis et à
une amende de 750 shekels.
Dans le
recours déposé devant la Cour suprême, son avocat Naftali Wurzberger a affirmé
que la liberté d'expression permettait à une personne de cracher “même en
présence d'un défilé d'ecclésiastiques portant une croix” : « Il est
impossible d'ignorer la halakha qui prévaut dans le judaïsme et selon laquelle
c'est une mitzvah pour un juif de cracher lorsqu'il passe devant une église ou
qu'il rencontre une croix ». Mais les juges de la cour de district ont
rejeté cet argument.
En 2004, un
jeune homme de la yeshiva de droite Har Hamor à Jérusalem a craché sur le
patriarche arménien lors d'une parade religieuse dans la vieille ville. Le
patriarche Nourhan Manougian a giflé le jeune homme et la police a arrêté
Manougian pour l'interroger. Par la suite, une réunion de réconciliation a eu
lieu au cours de laquelle les rabbins de la yeshiva, l'une des principales
yeshivas hardali d'Israël, se sont excusés auprès du patriarche et ont affirmé
qu'ils n'éduquaient pas leurs étudiants à cette coutume.
En 2011, le
juge du tribunal de première instance de Jérusalem a acquitté un prêtre grec
orthodoxe qui avait frappé un jeune juif qui lui avait craché dessus. « Il
est intolérable qu'un ecclésiastique chrétien soit humilié en raison de sa
religion, tout comme il est intolérable qu'un juif soit humilié parce qu'il est
juif », a écrit le juge, ajoutant que les autorités sont incapables de
gérer le problème.
« Les
cracheurs ne sont pas pris et ne sont pas punis pour leurs actes. Ce n'est pas
un phénomène nouveau, il existe depuis des années. Les cracheurs ne violent pas
seulement la loi, ils ne nuisent pas seulement à leurs victimes, mais à nous
tous, à notre image, à notre tourisme et à nos valeurs », a déclaré le
juge. Il a donc décidé d'acquitter le prêtre pour cause de légitime défense.
Bien que le
phénomène ne soit pas nouveau, il change de nature et devient de plus en plus
courant et de plus en plus extrême. L'évolution la plus importante de ces
dernières années a été son extension au Quartier musulman. Dans le passé, ce
sont surtout les membres de l'église arménienne, adjacente au quartier juif,
qui ont souffert des crachats.
Ces
dernières années, il s'est étendu à la Via Dolorosa, qui va de la porte des
Lions à l'église du Saint-Sépulcre, et qui traverse principalement le Quartier
musulman. Il s'agit d'un itinéraire sur lequel des centaines de milliers de
pèlerins chrétiens défilent chaque année, et avec la présence accrue de Juifs
religieux dans ces zones, ils sont également devenus les victimes des crachats.
Le clip
vidéo qui a mis le pays en émoi ces derniers jours a été filmé dans la rue de
la Porte des lions. Il a été tourné au cours d'un défilé qui fait le tour des
portes de la ville. Ces défilés sont devenus populaires ces dernières années parmi
les groupes hardali et haredi, comme une sorte de réponse aux mouvements qui
montent sur le Mont du Temple. La visite comprend une marche autour du Mont du
Temple et des prières aux portes du Mont. Elle donne souvent lieu à des
frictions et à des provocations à l'encontre des passants musulmans et
chrétiens.
Photo : Ammar
Awad/Reuters
La veille de
Yom Kippour, un groupe de Juifs a été filmé en train de prier et de chanter sur
des tombes dans le cimetière musulman situé en face de la Porte dorée, ce qui s'inscrivait
également dans le contexte de l'encerclement des portes. La période de l'année
a également son importance. Les fêtes juives sont considérées comme un mauvais
moment pour cracher, en particulier Pourim, où de nombreux chrétiens ont
coutume de s'abstenir de sortir dans la rue pour ne pas être confrontés aux
crachats et à la violence.
Après les
récentes réactions houleuses, les rabbins de la communauté religieuse sioniste
se sont également empressés de condamner les cracheurs et ont appelé à mettre
fin à cette coutume.
Le rabbin
Shlomo Aviner, l'un des chefs du courant hardali, le père spirituel d'une
grande partie des colons de Jérusalem-Est et lui-même résident de la vieille
ville, a écrit mardi : « Il n'existe pas de loi juive stipulant qu'il faut
cracher sur le culte des idoles. Cette règle ne figure ni dans la Gemara, ni
chez Maïmonide, ni dans le Shulchan Aruch. Si nous crachions sur le culte des
idoles et que cela mettait fin à tout le culte des idoles, ce serait une
question intéressante, mais cela ne sert à rien. Cela ne fait qu'engendrer des
conflits et des querelles, et nous y perdons. Nous devons éduquer les enfants à
se comporter de manière respectueuse ».
Amnon Ramon
ajoute : « Cela reflète le problème de l'incapacité à passer d'une situation
de minorité persécutée qui essaie de compenser sa persécution à une situation
où on est maintenant les rois et où on est testés, entre autres, par l’
attitude envers les minorités ».
Hanna
Bendcowsky, guide touristique, chercheuse chevronnée sur le christianisme et
directrice du Centre de Jérusalem pour les relations judéo-chrétiennes,
s'insurge contre la discussion même des racines historiques de la coutume. « Cette
discussion ne devrait pas être ouverte, si vous êtes opposé au christianisme,
gardez votre crachat dans votre bouche. La discussion même revient à légitimer
la question de savoir s'il est légitime de cracher. La discussion devrait
porter sur des comportements barbares au 21e siècle».