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01/11/2024

MOSTAFA GHAHREMANI
Le ministère allemand des Affaires étrangères et Mme Annalena Baerbock ont perdu la boussole !

Mostafa Ghahremani, 1/11/2024

La République fédérale a réagi à l’exécution d’un citoyen iranien titulaire d’un passeport allemand en fermant les trois consulats généraux iraniens à Hambourg, Francfort-sur-le-Main et Munich. Elle a également informé 32 diplomates et autres employés de ces institutions qu’ils devaient quitter le pays dans un délai déterminé.

Cet acte d’hostilité de la part de l’Allemagne doit en tout cas être considéré comme une action et une réaction sans précédent, disproportionnée et injustifiable, et a déjà été jugé à Téhéran comme une ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain.
Le supplicié Jamshid Sharmahd, un Iranien de 69 ans né en Allemagne, est connu depuis des années comme opposant au régime et chef d’une station de radio monarchiste faisant l’apologie de la violence. Jamshid Sharmahd est celui qui, par ses paroles et ses actes, a appelé à plusieurs reprises à des attentats terroristes à l’intérieur des frontières d’un pays indépendant appelé Iran et contre ses forces armées. Il a publiquement revendiqué l’attentat contre une mosquée de Chiraz, dans le sud de l’Iran, qui a tué 14 personnes en avril 2008.
Le ministère des Affaires étrangères doit répondre à la question de savoir quel avantage la politique étrangère allemande voit dans le soutien à un tel terroriste.
Au cours des 46 dernières années, je n’ai jamais vu dans la politique étrangère allemande à l’égard de l’Iran une hostilité aussi injustifiée et une orientation aussi négative et partiale, simplement parce qu’un terroriste a été condamné par la justice d’un pays indépendant.
Tout cela est une preuve supplémentaire de l’inefficacité et de l’incapacité du ministère de Mme Annalena Baerbock !
Il est profondément regrettable qu’après les événements en Ukraine et le génocide israélien à Gaza, le ministère des Affaires étrangères, l’instrument de la politique étrangère allemande, soit plongé dans une crise profonde et dans un bourbier de mauvaise gestion, d’erreurs professionnelles et de désorientation politique.

Jamshid Sharmahd a revendiqué publiquement la responsabilité de l'attentat de Shiraz


 

MOSTAFA GHAHREMANI
The German Federal Foreign Office and Mrs. Annalena Baerbock are out of mind!

Mostafa Ghahremani, 1/11/2024

The Federal Republic of Germany has reacted to the execution of an Iranian citizen with a German passport by closing all three Iranian consulates general in Hamburg, Frankfurt am Main and Munich. Furthermore, 32 diplomats and other employees of these institutions have been informed that they must leave the country within a certain period.

This hostile act by Germany must in any case be regarded as an unprecedented, disproportionate and unjustifiable action and reaction and has already been judged in Tehran as interference in the internal affairs of a sovereign State.
The executed Jamshid Sharmahd, a 69-year-old native Iranian with a German passport, has been known for years as an opponent of the regime and the head of a royalist radio station that incites violence.
Jamshid Sharmahd was the one who, with his words and deeds, repeatedly called for terrorist attacks within the borders of an independent country called Iran and against its armed forces. He has publicly claimed responsibility for the attack on a mosque in Shiraz in southern Iran that killed 14 people in April 2008.
The Federal Foreign Office must answer the question of what advantage German foreign policy sees in supporting such a terrorist.
In the last 46 years, I have never seen such unjustified hostility and negative and biased bias in German foreign policy towards Iran just because a terrorist has been judged by the judiciary of an independent country.
All this is further proof of the inefficiency and incompetence of Mrs. Annalena Baerbock's ministry!
It is deeply regrettable that after the events in Ukraine and the Israeli genocide in Gaza, the Foreign Office, the apparatus of German foreign policy, is in a deep crisis and mired in mismanagement, technical errors and political disorientation.

Sharmahd claimed publicly responsibility for the attack in Shiraz


 

MOSTAFA GHAHREMANI
Das deutsche Auswärtige Amt und Frau Annalena Baerbock haben den Kopf verloren!

 Mostafa Ghahremani, 1-11-2024

Die Bundesrepublik hat auf die Hinrichtug eines iranischen Staatsbürgers mit einem deutschen Pass die Schließung aller drei iranischen Generalkonsulate in Hamburg, Frankfurt am Main und München reagiert. Es wurde ferner 32 Diplomaten und anderen Mitarbeitern dieser Einrichtungen mitgeteilt, dass Sie binnen einer Frist das Land verlassen müssen.

Dieser feindselige Akt Deutschlands ist auf jeden Fall als eine beispiellose, unverhältnismäßige und nicht zu rechtfertigende Aktion und Reaktion anzusehen und wurde in Teheran bereits als Einmischung in die innere Angelegenheit eines souveränen Staates bewertet.
Der Hingerichtete Jamshid Sharmahd, ein 69-jähriger gebürtiger Iraner mit einem deutschen Pass ist seit Jahren als Regime-Gegner und Chef einer gewaltverherrlichenden monarchistischen Radiostation bekannt. Jamshid Sharmahd war derjenige, der mit seinen Worten und Taten mehrfach zu Terroranschlägen innerhalb der Grenzen eines unabhängigen Landes namens Iran und gegen dessen Streitkräfte aufrief. Er hat öffentlich die Verantwortung für den Anschlag auf eine Moschee in Schiraz im Südiran übernommen, bei dem im April 2008 14 Menschen getötet wurden.
Das Auswärtige Amt muss die Frage beantworten, welchen Vorteil die deutsche Außenpolitik in der Unterstützung eines solchen Terroristen sieht.
In den letzten 46 Jahren habe ich in der deutschen Außenpolitik gegenüber dem Iran noch nie eine derart ungerechtfertigte Feindseligkeit und eine negative und voreingenommene Ausrichtung erlebt, nur weil ein Terrorist von der Justiz eines unabhängigen Landes gerichtlich verurteilt wurde.
Dies Alles ist ein weiterer Beweis für die Ineffizienz und Unfähigkeit des Ministeriums von Frau Annalena Baerbock!
Es ist zutiefst bedauernswert, dass das Auswärtige Amt, der Apparat der deutschen Außenpolitik, nach den Ereignissen in der Ukraine und dem israelischen Völkermord in Gaza in einer tiefen Krise und im Sumpf von Missmanagement, fachlich - handwerklichen Fehlern und politischen Orientierungslosigkeit steckt.

Sharmahd s Bekenntnis zum Anschlag in Schiraz


 


GIDEON LEVY
Les Israéliens ne devraient pas pleurer la mort d’un salaud

Gideon Levy, Haaretz, 31/10/2024
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Quand Bezalel Smotrich pleure, on ne peut que répondre par un rire amer. Quand Uriah Ben-Natan pleure sur la tombe de son frère Shuvael et fait son éloge funèbre, nous devons appeler la police pour qu’elle l’arrête. Lorsqu’une guerre brutale se poursuit sans fin à cause de Smotrich, Ben-Natan et de leurs semblables, nous n’avons pas à partager leur peine.


Le ministre des Finances Bezalel Smotrich à la Knesset portant deux pin’s : un gravé avec la carte d’Israël, Cisjordanie comprise, et un pin’s jaune pour les “otages”, le 9 septembre. Photo Oren Ben Hakoon


Lorsque le deuil se transforme en une incitation répugnante à commettre de nouveaux crimes de guerre, on ne peut l’ignorer, même lorsque la source est un homme qui vient de perdre son frère. Le politiquement correct doit cesser ici, ainsi que le précepte selon lequel « une personne ne peut être tenue responsable de ce qu’elle dit lorsqu’elle est en détresse ». Leur douleur n’est pas la mienne : leur douleur n’est pas celle de tous les Israéliens.
Le ministre des finances, Bezalel Smotrich, a fondu en larmes cette semaine lors d’une réunion de son parti, Sionisme religieux, à la Knesset, en évoquant les « sages, les érudits de la Torah, qui sont tombés pour défendre l’État ». Celui qui a poussé à la poursuite de la guerre et même à son escalade, et qui a empêché sa fin en exerçant le pouvoir d’extorsion de sa coalition, ne mérite pas de partager le chagrin d’autrui.
Plus que tout, Smotrich déplore le prix que la communauté sioniste religieuse a payé en sang dans la guerre, « un prix disproportionné par rapport à sa part de la population ». Cependant, il ne faut pas ignorer le rôle de ce groupe dans les horreurs de la guerre et dans sa poursuite criminelle.


Soldats israéliens en opération à Gaza, octobre 2024. Photo Tsahal

C’est une guerre de l’électorat de Smotrich. C’est la première guerre de l’extrême droite. Jamais Israël n’a mené une guerre dans laquelle la droite kahaniste a eu une influence aussi profonde.
Une forte majorité d’Israéliens la soutient. Les combats ne sont pas dirigés par les jeunes des collines, les jeunes colons juifs radicalisés de Cisjordanie. La plupart des crimes de guerre qui ont été perpétrés l’ont été par des officiers, des pilotes et des soldats de la gauche sioniste et du centre politique. En outre, il est également vrai que le Premier ministre Benjamin Netanyahou porte la plus grande part de responsabilité et de blâme pour la guerre.
Mais Israël n’a jamais mené une guerre dans laquelle les colons et leurs partisans ont eu une influence aussi décisive sur son déroulement. Par conséquent, lorsque l’un de leurs dirigeants pleure, il ne peut susciter aucune sympathie ou compassion de la part des opposants à la guerre. À cause de Smotrich et de ses semblables, il y a maintenant des millions de personnes qui pleurent sans cesse, de Beyrouth à Rafah, y compris en Israël. À cause d’eux, Israël est devenu un État paria dans lequel toute compassion et toute humanité envers l’autre est non seulement étrangère, mais considérée comme une trahison.


Un soldat de l’armée israélienne se tient debout tandis que des colons israéliens marchent pendant une visite guidée du vieux marché dans la partie palestinienne de la vieille ville d’Hébron/Al Khalil en Cisjordanie, le 22 octobre 2024, pendant la fête juive de Souccot. Photo Hazem Bader/AFP

Smotrich a pleuré les morts de sa base électorale (tout en mentionnant les autres). C’est grâce à son patronage, à son soutien, à ses encouragements et à son financement que les Shuvael ont prospéré. Le soldat Shuvael Ben-Natan a été tué la semaine dernière au Liban. Il vivait dans la colonie de Rehelim, en Cisjordanie. Ses funérailles au Mont Herzl, auxquelles des milliers de personnes ont assisté, se sont transformées en une démonstration d’incitation à la haine et d’appels au meurtre comme on n’en avait jamais vu en Israël. Sous le couvert du deuil, les masques sont tombés. Au Mont Herzl, le chat est sorti du sac, et il est violent, criminel, raciste, pogromiste, néo-nazi. Les Smotrich l’encouragent.

Il était connu sous le nom de « Shuvi le Madlik » [madlik, dérivant du radical d/l/k - delek= essence, hadlaka= éclairage, l’hadlik=allumer -signifie en hébreu à la fois « celui qui  allume les cierges de shabbat » et, par extension « incendiaire » et, en langage familier, « grand, cool, super ». On peut supposer un troisième sens : une grande partie des colons étant d’origine US, madlik en anglo-hébreu pourrait se référer à l’anglais mad (fou, comme Mad Max) augmenté d’une désinence hébraïsante, lik, NdT], pour son habitude d’incendier des maisons palestiniennes « pour s’amuser ». Lors de ses funérailles, ses amis ont parlé de lui avec tendresse et admiration. Il y a un an, il avait été arrêté, soupçonné d’avoir tué un paysan palestinien qui récoltait innocemment ses propres olives. Ben-Natan a été rapidement relâché, là aussi dans l’esprit de l’ère Smotrich.


Bilal Saleh, assassiné par Shuvi le Madlik près de Naplouse l’année dernière.

Voici comment son frère Uriah a fait son éloge funèbre : « Tu es allé à Gaza pour te venger, autant que possible - les femmes, les enfants, tous ceux que tu voyais, autant que possible, c’est ce que tu voulais... Nous pensions que nous allions massacrer l’ennemi, les massacrer tous, les chasser du pays ici... Tout le peuple d’Israël devrait pouvoir te venger. Une vengeance sanglante : non pas la vengeance des maisons brûlées, ni la vengeance des arbres brûlés, ni la vengeance des véhicules brûlés, mais la vengeance du sang versé de vos serviteurs ».

 Pendant un moment fort, la vraie nature des colons violents d’Israël a été pleinement révélée. Sous le couvert de la guerre, ils se déchaînent non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie, à une échelle sans précédent qu’ils n’avaient jamais atteinte auparavant, avec l’aimable autorisation de Smotrich.

Il est inutile d’imaginer ce qui se serait passé si un Palestinien endeuillé avait utilisé des mots similaires sur la tombe de son propre frère. Inutile parce que le corps d’un terroriste palestinien, contrairement à celui d’un terroriste juif, ne serait pas rendu à sa famille.




Algérie, 1er Novembre 1954: déclenchement de l'insurrection nationale

 1er Novembre 1954
Appel au peuple algérien
Texte intégral du premier appel adressé par le Secrétariat général du Front de libération nationale au peuple algérien

Naissance d’un texte fondateur
La Proclamation du Premier novembre 1954 

 

Le “Groupe des 6” [Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA)] qui déclencha l'insurrection. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat (1925-2000), Président de l'Assemblée populaire nationale de 1977 à 1990, Mostefa Ben Boulaïd (1917-1956 piégé par un poste radio), Didouche Mourad  (1927-1955 mort au combat) et Mohammed Boudiaf (1919-1992 assassiné), Président du Haut Comité d'État en 1992. Assis : Krim Belkacem (1922-1970 assassiné) à gauche, et Larbi Ben M'Hidi (1923-1957 assassiné) à droite. 







Le logo officiel de la commémoration

 Lire

•     1er novembre 1954 : L'Algérie, de la sédition à la nation
•   
 1er
novembre 2024 : que reste-t-il de la révolution algérienne ?
•    Novembre 1954 – novembre 2024 : l’art de tourner en rond
•    De la guerre d’Algérie à la guerre à l’Algérie : mensonges et vérités

 


Écouter
Algérie 1954 : le feu sous la cendre (France-Culture)


A.L.N.

APPEL

Peuple Algérien,

A l’exemple des peuples qui ont brisé les chaînes de l’esclavage et de l’oppression,

En accord avec tes frères Marocains et Tunisiens auxquels tu es lié par des siècles d’histoire, de civilisation et de souffrance, tu ne dois pas oublier un seul instant que notre avenir à tous est commun.

Par conséquent, il n’y a pas de raison pour ne pas unifier, confondre et intensifier notre lutte. Notre salut est un et notre délivrance est une, dissocier le problème maghrébin c’est aller contre une réalité historique qui, à dater de 1830, fait notre malheur à tous.

En outre, pense un peu à ta situation humiliante de colonisé, réduit sur son propre sol à la condition honteuse de serviteur et de misérable surexploité par une poignée de privilégiés, classe dominante et égoïste qui ne cherche que son profit sous le couvert fallacieux et trompeur de civilisation et d’émancipation.

A propos de civilisation, nous te rappelons quelques dates illustres: 1830 avec ses rapines et ses crimes au nom du droit du plus fort: 18 70 suivie de massacres et d’expropriations qui ont frappé des milliers d’Algériens; 1945 avec ses 40 000 victimes; 1948 et ses élections à la Naegelen; 1950 avec son fameux complot. Comme tu le constates, avec le colonialisme, la Justice, la Démocratie, l’Égalité ne sont que leurre et duperie destinés à te tromper et à te plonger de jour en jour dans la misère que tu ne connais que trop.

Si à tous ces malheurs il faut ajouter la faillite de tous les partis politiques qui prétendaient te défendre, tu dois te convaincre de la nécessité de l’emploi d’autres moyens de lutte.

C’est pourquoi, conscients de la gravité de l’heure, au coude à coude, avec nos frères de l’Est et de l’Ouest qui meurent pour que vivent leur patrie respective, nous t’appelons à secouer ta résignation et à relever la tête pour reconquérir ta liberté au prix de ton sang.

Dans ce domaine, nous savons ce dont tu es capable, mais au départ nous voudrions attirer ton attention sur la manière de servir les forces de libération qui, pour ton bonheur, ont fait le serment sacré de tout sacrifier pour toi.

1°) Reste calme et discipliné. Ne te laisse pas aller au désordre qui ne peut servir que l’ennemi.

2°) Ton devoir impérieux est de soutenir tes frères combattants par tous les moyens.

3°) Sois vigilant. L’ennemi te guette et surveille tes moindres gestes pour gêner ton action.

Prends garde aux faux communiqués, aux mensonges, à la corruption, aux promesses dont le but est de te détourner de la voie que nous ont dicté notre religion et notre devoir national.

Pour finir:

– Toute inattention peut coûter la vie à des hommes.

– Toute indiscrétion peut engendrer des conséquences graves.

Donc, sans perdre une minute, organise ton action aux côtés des forces de Libéradon à qui tu dois porter aide, secours et protection en tous lieux et en tous moments.

En les servant tu sers ta cause

Se désintéresser de la lutte est un crime

Contrecarrer l’action est une trahison

DIEU est avec les combattants des justes causes et nulle force ne peut les arrêter désormais hormis la mort glorieuse ou la Libération Nationale.

VIVE L’ARMÉE DE LIBÉRATION

VIVE L’ALGÉRIE INDÉPENDANTE





31/10/2024

COP DiverGente
Manifesto to Colombia and the World

  


COP DiverGente - Citizen and Autonomous Environmental Summit, Cali, October 26th and 27th, 2024
Spanish Original
Translated by Fausto Giudice, Tlaxcala

Gathered in the “COP DiverGente - Environmental, Citizen and Autonomous Summit”, we record the words of the Secretary General of the United Nations, Mr. António Guterres, on the occasion of the COP16: “Developing countries are being plundered. The digitized DNA of biodiversity underpins scientific discovery and economic growth. But developing countries are not benefiting equitably from these advances, despite harboring extraordinary wealth.” 

COP 16 is a long way from resolving these imbalances. Despite the glowing speeches with the slogan “Peace with nature”, COP 16 corroborates that it is one more phase of the commodification of nature and of our cultural and biological diversity, against the exclusive sovereignty rights of our Peoples.

The statements of the Colombian Minister of Environment are revealing: “What we are proposing in substance,” she says, “is a new financial pact, so we invite the private sector to build hand in hand a sustainable model that puts the care of nature at the center and enhances the opportunities that arise from it; we hope that this portfolio will be an incentive for capital and progress for all sectors; above all, to mobilize regional development and global leadership”. And she adds: “We must translate this portfolio into three currencies: biodiversity, carbon and hard currency”, defining COP16 as a “Fair of economies” (El Tiempo, September 28, 2024).

We reiterate that COP 16 is the commodification of the biological and cultural diversity of our Peoples, we disagree with this Conference and declare that we are against biopiracy, as appropriation by transnational corporations of the financial benefits of the use of digital sequence information on genetic resources; input for pharmaceutical biotechnology, the agrochemical market, as well as biological weapons and pathogens against the struggles of the peoples, by the great powers of the global north. Colombia -second most biodiverse country on Earth- is a victim, like our “second order” countries, of the plundering of the information of its genetic resources, without any benefit for our Peoples, since the large corporations have already appropriated these resources and created DNA information banks with secret agendas.

Background. The action of our Divergent COP does not begin or end today. It has as background, among others, the most powerful environmental citizen mobilization existing in Colombia, which is the defence of water and the Santurbán Paramo, which joins the struggle for an autonomous water policy where the management of water sources by the communities is respected; the struggle against the sugar mafia in the geographical valley of the Cauca; the defence of the Colombian Massif and Colombian rivers such as the Magdalena, the Cauca and the Atrato; and the forests, such as the Amazon and the Biogeographic Chocó, in indissoluble union with their inhabitants, subjected to ethnocide and ecocide.

Within the most immediate background of this process, undoubtedly, the defence of Gorgona Island occupies a central place, to prevent the construction of military works of a Coast Guard Station, which transgress the mega biodiversity of this fragile ecosystem, included in the Green List of the International Union for Conservation of Nature; works that harm the right of exclusive sovereignty of the ancestral peoples (without prior and informed consultation), which could lead to an ecocide. On April 9, we achieved the defence of these collective rights before the Court of Bogotá, by means of a court order to suspend the questioned environmental license. We demand that the government, without further formalities, proceed to revoke it.

Rights animate our alternative action. From our perspective, we agree with other thoughts that there is an indissoluble union of human beings with nature. Nature is the source of the goods indispensable for life, which is why we are environmentalists. Can a civilization or a society, lacking in solidarity, that does not respect human life and its natural environment, make a pact of “peace with nature”? A civilization defined by hunger, misery and the destruction of nature!

The “exchange of the external debt for nature” (formulated in 1989 by the Economic Commission for Latin America, and the Caribbean ECLAC) is offered to our Peoples as environmental redemption. This is the main banner of the Colombian Government before the Global North, which is equivalent to saying: “he who pollutes pays and he who pays pollutes”. We affirm that what is essential are the indigenous, Afro-Colombian, Raizal, Roma (Gypsy) and peasant peoples, with their inalienable, individual, collective, territorial and self-determination rights. Consequently, we affirm that there is no solution without the peoples. It is they, the irreplaceable protagonists, who in the first place can defend nature and their own rights against colonialism and neocolonialism.

In the Amazon basin, strategic for the climatic balance of the Planet, the brutal offensive of the landowners and cattle ranchers, of the megaprojects of extractivist transnationals continues, with the deforestation and destruction of the jungle, to the detriment of the original Peoples. We agree in the defence of the cross-border unity of all Peoples, so that the exclusive popular sovereignty is internationalist.

Food and nutritional security and sovereignty must be framed within the policies for the dignified survival of humanity, focusing its plans, programs and activities on the continuous improvement of the conditions of existence within the right to a dignified life, plans based on the right of the Peoples to define their own agrarian, production, distribution and consumption policies; with the capacity to self-supply, autonomously and adequately to their communities; the activities, in the peasant and ethnic Peoples' grassroots, must promote the permanent formation and training, linked and directed to the development of the solidarity economy, fundamental basis for the construction of popular power. Our option in rural and agrarian development is the peasant and ethnic peoples' way. Their own economies promote food sovereignty and security in our countries.

The national and international context. In the context of the new technological and energetic revolution of capitalism, in the face of the decline of fossil fuels, imperialist and geopolitical powers are jostling for zones of influence and the natural resources of the planet. One of the causes of the deployment of large military forces in the world and in America is the control of “natural resources” and their sources, under neocolonial relations of extractivism; which, with the participation of the local ruling classes, leads to the destruction of nature and social injustices that harm the rights of the Peoples. In the energy transition, big capital does not abandon its brutal methods of accumulation and reproduction. It is not the purpose of capitalism to “save the Planet”, nor to cease its predatory condition of human beings and nature.

The seas are the fundamental means, in more than 90%, of communication, of commercial and military relations in the world; therefore the inter-oceanic routes and channels, actual or potential, have a privileged place in the “maritime” and military strategy of the USA. In the “Eastern Tropical Pacific Marine Corridor” -which includes the Ecuadorian archipelago of the Galapagos Islands, Malpelo and Gorgona of Colombia, Coiba of Panama, Coco of Costa Rica-, the US Southern Command promotes a regional project with extension to the Caribbean Sea (over the isthmic region of the Continent); which, in Gorgona, as everywhere, violates the territorial rights of the ancestral Peoples, their exclusive sovereignty and leads to ecocide. 

Our alignment and solidarity is with all Peoples, as today with the Palestinian People subjected to genocide. Some plausible diplomatic actions are not enough, such as the rupture of relations with the government of Israel for the genocide of the Palestinian People; nor are speeches and declarations for peace. Coherence is indispensable and Colombia must leave NATO, the subordination to the Southern Command, renounce the Combined Maritime Force that under US command operates today in the Middle East and exclude any possibility of military agreement with the world geopolitical powers.

In the face of the worrying lurks of the ultra-right aimed at destabilizing and executing a fascist plan, we are on the side of the governmental alternative represented by the Historical Pact, without abandoning our critical approaches, especially in matters of environmental policies. We essentially defend the popular mandate expressed at the ballot box and demand coherence.

Immediate objectives. Our immediate objective is to articulate a citizens' alliance, autonomous from the government and its institutions. We demand that governments fulfil their social obligations and effectively guarantee the rights of civil society. Our action seeks to articulate existing organized environmental and social expressions, to strengthen the defence of human rights, the rights of indigenous peoples, Afro-Colombians and peasants, and the rights of nature. We seek to build a process to join wills and citizen powers, to reach consensus on objectives and to agree on mobilization initiatives around proposals that arise from debate and consensus, amid creative dissent. We propose today to strengthen a process of mobilization, debate and action. With a perspective of struggle against economic models predatory of nature and human beings. A cultural effort must be prioritized toward children and youth, to overcome the dominant paradigms that have led us to crisis and war. Our struggle is for life and for rights!

This Manifesto has as its initial bases the “Call” and the “Preliminary Declaration” of this Divergent Environmentalist, Citizen and Autonomous COP. It gathers contributions from previous forums and from this event held in Cali, on October 26 and 27, 2024, with a representative group of environmental and social leaders.

Convening Organizations: Indepaz; Poder Negro; Foundations: Biodiversidad, Pangea, Multipropaz, and Huella de Agua; EkoInc; Fraternales y Revolucionarias; Corporación Compromiso; Movimiento Cívico Conciencia Ciudadana, Comité para la Defensa del Agua y el Páramo de Santurbán, Instituto para la Igualdad de Oportunidades, with an attendance of 120 environmental and social leaders gathered at the Institución Educativa Multipropósitos.


 


COP DiverGente
Manifeste à la Colombie et au monde

COP DiverGente-Sommet environnemental citoyen et autonome, Cali, 26-27 octobre 2024

Original espagnol
Traduit par Fausto GiudiceTlaxcala

Réunis à l’occasion de la « COP DiverGente - Sommet environnemental, citoyen et autonome », nous reprenons les mots du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, à l’occasion de la COP16 : « Les pays en développement sont pillés.  L’ADN numérisé de la biodiversité est à la base des découvertes scientifiques et de la croissance économique.  Mais les pays en développement ne bénéficient pas équitablement de ces avancées, alors qu’ils recèlent des richesses extraordinaires ».

La COP 16 est loin de résoudre ces déséquilibres.   Malgré les discours enflammés sur le thème « Paix avec la nature », la COP 16 corrobore qu’elle est une phase de plus de la marchandisation de la nature et de notre diversité culturelle et biologique, contre les droits exclusifs de souveraineté de nos peuples.

Les déclarations de la ministre colombienne de l’Environnement sont révélatrices : « Ce que nous proposons en substance, -dit-elle-, c’est un nouveau pacte financier, nous invitons donc le secteur privé à construire main dans la main un modèle durable qui place le soin de la nature au centre et valorise les opportunités qui en découlent ; nous espérons que ce portefeuille sera une incitation en matière de de capital et de progrès pour tous les secteurs ; surtout, pour mobiliser le développement régional et le leadership mondial ».   Elle ajoute : « Ce portefeuille doit être traduit en trois monnaies : la biodiversité, le carbone et des devises fortes », qualifiant la COP16 de « Foire des économies » (El Tiempo, 28 Septembre 2024).

 Nous réaffirmons que la COP 16 est la marchandisation de la diversité biologique et culturelle de nos peuples, nous sommes en désaccord avec cette conférence et déclarons que nous sommes contre la biopiraterie, en tant qu’appropriation par les entreprises transnationales des bénéfices financiers de l’utilisation de l’information des séquences numériques sur les ressources génétiques ;  l’apport des sociétés transnationales à la biotechnologie pharmaceutique, au marché agrochimique, ainsi qu’aux armes biologiques et aux agents pathogènes contre les luttes des peuples de la part des grandes puissances du Nord. La Colombie, deuxième pays le plus riche en biodiversité de la planète, est victime, comme nos pays de « second ordre », du pillage de l’information sur ses ressources génétiques, sans aucun bénéfice pour nos peuples, puisque les grandes entreprises se sont déjà approprié ces ressources et ont créé des banques d’information sur l’ADN à des fins secrètes.

Contexte. L’action de notre COP divergente ne commence ni ne se termine aujourd’hui.    Elle a pour toile de fond, entre autres, la plus puissante mobilisation environnementale des citoyens existant en Colombie, à savoir la défense de l’eau et du biotope du Páramo de Santurbán, qui rejoint la lutte pour une politique de l’eau autonome où la gestion des sources d’approvisionnement par les communautés soit respectée ;    la lutte contre la mafia de la canne à sucre dans la vallée du Cauca ; la défense du Massif colombien [Nœud d’Almaguer] et des fleuves colombiens tels que le Magdalena, le Cauca et l’Atrato ; et des forêts, telles que l’Amazonie et le Chocó Biogeográfico [ensemble Tumbes-Chocó-Magdalena], en union indissoluble avec leurs habitants, soumis à l’ethnocide et à l’écocide.

Une place sans aucun doute centrale est occupée dans le contexte le plus immédiat de ce processus, par la défense de l’île Gorgona, pour empêcher les travaux militaires de construction d’une station de garde-côtes, qui transgresse la méga-biodiversité de cet écosystème fragile, inclus dans la liste verte de l’Union internationale pour la conservation de la nature ; des travaux qui portent atteinte au droit de souveraineté exclusive des peuples ancestraux (sans consultation préalable et informée), ce qui pourrait conduire à un écocide.   Nous avons obtenu le 9 avril dernier devant le Tribunal de Bogota, la défense de ces droits collectifs, par le biais d’un ordre judiciaire de suspension de la licence environnementale contestée.  Nous exigeons que le gouvernement, sans plus attendre, procède à la révocation de celle-ci.

Notre action alternative est animée par la conscience des droits.  Notre perspective rejoint d’autres pensées selon lesquelles il existe une union indissoluble entre les êtres humains et la nature.  La nature est la source des biens indispensables à la vie.    C’est pourquoi nous sommes écologistes : une civilisation ou une société dépourvue de solidarité, qui ne respecte pas la vie humaine et son environnement naturel, peut-elle conclure un pacte de « paix avec la nature » ? Une civilisation marquée par la faim, la misère et la destruction de la nature !

 L’ « échange de la dette extérieure contre la nature » (formulé en 1989 par la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, CEPALC) est offert à nos peuples comme source de rédemption environnementale.   C’est la principale bannière du gouvernement colombien face au Nord global, ce qui équivaut à dire : « qui pollue paie et qui paie pollue ».   Nous affirmons que l’essentiel, ce sont les peuples indigènes, afro-colombiens, raizales, rroms et paysans, avec leurs droits inaliénables, individuels, collectifs, territoriaux et d’autodétermination. Par conséquent, nous affirmons qu’il n’y a pas de solution sans les peuples.   Ce sont eux, les protagonistes irremplaçables, qui peuvent en premier lieu défendre la nature et leurs propres droits contre le colonialisme et le néocolonialisme.

Dans le bassin amazonien, stratégique pour l’équilibre climatique de la planète, l’offensive brutale des propriétaires terriens et des éleveurs de bétail, des mégaprojets des transnationales extractives, avec la déforestation et la destruction de la jungle, se poursuit à l’encontre des peuples autochtones. Nous sommes d’accord sur la défense de l’unité transfrontalière de tous les peuples, afin que la souveraineté populaire exclusive soit internationaliste.

La sécurité et la souveraineté alimentaire et nutritionnelle doivent s’inscrire dans le cadre des politiques de survie dans la dignité de l’humanité, en axant leurs plans, programmes et activités sur l’amélioration continue des conditions d’existence dans le cadre du droit à une vie digne. Les peuples doivent définir leurs propres politiques agraires, de production, de distribution et de consommation ; avec la capacité d’autosuffisance, ils doivent approvisionner leurs communautés de manière autonome et adéquate ; les activités, dans le monde associatif paysan et ethnique, doivent promouvoir l’éducation et la formation permanentes, liées et orientées vers le développement de l’économie solidaire, base fondamentale pour la construction du pouvoir populaire. Notre option en matière de développement rural et agraire est la voie des paysans et des peuples ethniques.  Leurs propres économies favorisent la souveraineté et la sécurité alimentaires dans nos pays.

Le contexte national et international.   Dans le contexte de la nouvelle révolution technologique et énergétique du capitalisme, face au déclin des énergies fossiles, les puissances impérialistes et géopolitiques se disputent bec et ongles les zones d’influence et les ressources naturelles de la planète.     L’une des causes du déploiement d’importantes forces militaires dans le monde et en Amérique est le contrôle des « ressources naturelles » et de leurs sources, dans le cadre de relations néocoloniales d’extractivisme qui, avec la participation des classes dirigeantes locales, conduisent à la destruction de la nature et à des injustices sociales qui portent atteinte aux droits des peuples.  Dans la transition énergétique, le grand capital n’abandonne pas ses méthodes brutales d’accumulation et de reproduction.  Le capitalisme n’a pas vocation à « sauver la planète », ni à cesser sa prédation des êtres humains et de la nature.

Les mers sont, à plus de 90%, le moyen fondamental de communication, de relations commerciales et de relations militaires dans le monde ; par conséquent, les routes interocéaniques et les voies navigables, actuelles ou potentielles, occupent une place privilégiée dans la « stratégie maritime » et militaire des USA.   Dans le « Corridor marin du Pacifique tropical oriental » - qui comprend l’archipel équatorien des Galápagos, Malpelo et Gorgona en Colombie, Coiba au Panama et Coco au Costa Rica -, l’US Southern Command promeut un projet régional avec une extension régionale qui comprend les îles Galápagos en Équateur, Malpelo et Gorgona en Colombie, Coiba au Panama et Coco au Costa Rica.   A Gorgona, comme partout ailleurs, ce projet viole les droits territoriaux des peuples ancestraux, leur souveraineté exclusive et conduit à l’écocide.

Notre alignement et notre solidarité s’adressent à tous les peuples, comme c’est le cas aujourd’hui avec le peuple palestinien soumis à un génocide.  Quelques actions diplomatiques plausibles, comme la rupture des relations avec le gouvernement d’Israël pour le génocide du peuple palestinien, ne suffisent pas, pas plus que les discours et les déclarations pour la paix.    La cohérence est indispensable et la Colombie doit quitter l’OTAN, quitter la subordination au Southern Command, renoncer à la Combined Maritime Force qui opère aujourd’hui sous commandement américain au Moyen-Orient et exclure toute possibilité d’accord militaire avec les puissances géopolitiques mondiales.

Face aux tentatives inquiétantes de l’ultra-droite de déstabiliser et de mettre en œuvre un projet fasciste, est du côté de l’alternative gouvernementale représentée par le Pacte historique, sans abandonner nos approches critiques, notamment dans le domaine des politiques environnementales.  Nous défendons essentiellement le mandat populaire exprimé dans les urnes et exigeons la cohérence.

Objectifs immédiats.  Notre objectif immédiat est de construire une alliance citoyenne, autonome par rapport au gouvernement et à ses insꢀtutions.  Nous exigeons des gouvernements qu’ils remplissent leurs obligations sociales et qu’ils garantissent effectivement les droits de la société civile.   Notre action cherche à relier les expressions environnementales et sociales organisées existantes pour renforcer la défense des droits de l’homme, des droits des peuples indigènes, afro-colombiens et paysans et des droits de la nature.    Nous cherchons à construire un processus pour unir les volontés et les pouvoirs citoyens, pour atteindre un consensus sur les objectifs et pour convenir d’initiatives de mobilisation autour de propositions issues du débat et du consensus, au milieu d’une dissidence créative. Nous proposons aujourd’hui de renforcer un processus de mobilisation, de débat et d’action.  Dans une perspective de lutte contre les modèles économiques prédateurs de la nature et des êtres humains. Un effort culturel de premier ordre doit être réalisé en direction des enfants et des jeunes, pour dépasser les paradigmes dominants qui nous ont conduits à la crise et à la guerre. Notre lutte est pour la vie et pour les droits !

Ce Manifeste, a pour bases initiales l’"Appel" et la "Déclaration préliminaire" de cette COP Divergente Environnementaliste, Citoyenne et Autonome.   Il rassemble les contributions des forums précédents et de cet événement tenu à Cali, les 26 et 27 octobre 2024, avec un groupe représentatif de dirigeants environnementaux et sociaux.

Organisations invitantes : Indepaz ; Poder Negro ; Fondations :  Biodiversidad, Pangea, Multipropaz, et Huella de Agua ; EkoInc ; Fraternales y Revolucionarias ; Corporación Compromiso ;   Movimiento Cívico Conciencia Ciudadana, Comité para la Defensa del Agua y el Páramo de Santurbán, Instituto para la Igualdad de Oportunidades, avec une participation de 120 dirigeants environnementaux et sociaux réunis à l’Institución Educativa Multipropósitos.

 


COP DiverGente - Cumbre Ambientalista Ciudadana y Autónoma
Manifiesto a Colombia y al Mundo

Nota de prensa

 

Cali, 26 y 27 de octubre de 2024

Reunidos en la “COP DiverGente - Cumbre Ambientalista, Ciudadana y Autónoma”, registra las palabras del Secretario General de Naciones Unidas, señor António Guterres, en ocasión de la COP16: “Los países en desarrollo están siendo expoliados. El ADN digitalizado de la biodiversidad sustenta los descubrimientos científicos y el crecimiento económico. Pero los países en desarrollo no se benefician equitativamente de estos avances, a pesar de albergar una riqueza extraordinaria”. 

La COP 16 está muy lejos de resolver estos desequilibrios. A pesar de los discursos encendidos con el lema “Paz con la naturaleza”, la COP 16 corrobora que es una fase más de la mercantilización de la naturaleza y de nuestra diversidad cultural y biológica, contra los derechos de exclusiva soberanía de nuestros Pueblos.

Las declaraciones de la Ministra de Ambiente de Colombia, son reveladoras: “Lo que proponemos de fondo,   -dice ella-, es un nuevo pacto financiero, por eso invitamos al sector privado a construir de la mano un modelo sostenible que ponga en el centro el cuidado de la naturaleza y potencie las oportunidades que surgen de ella; esperamos que este portafolio sea un incentivo de capital y de avance para todos los sectores; sobre todo, para movilizar desarrollo regional y liderazgo global”. Y agrega: “Este portafolio debemos traducirlo en tres monedas: biodiversidad, carbono y divisas fuertes”, definiendo la COP16 como una “Feria de economías” (El Tiempo, 28 septiembre 2024).

Reiteramos que la COP 16 es la mercantilización de la diversidad biológica y cultural de nuestros Pueblos, discrepamos de esta Conferencia y declaramos que estamos en contra de la biopiratería, como apropiación por parte de las corporaciones transnacionales de los beneficios financieros del uso de la información de secuencias digitales sobre recursos genéticos; insumo de la biotecnología farmacéutica, del mercado agroquímico, así como de armas biológicas y patógenos contra las luchas de los pueblos, por parte de las grandes potencias del norte global. Colombia -segundo país más biodiverso de la Tierra- es víctima, como nuestros países del “segundo orden”, del saqueo de la información de sus recursos genéticos, sin ningún beneficio para nuestros Pueblos, pues las grandes corporaciones ya se han apropiado de estos recursos y creado los Bancos de información del ADN con manejo de agendas secretas.

Antecedentes. La acción de nuestra COP Divergente no empieza ni termina hoy. Tiene como antecedentes, entre otros, la más poderosa movilización ambientalista ciudadana existente en Colombia, que es la defensa del agua y del Páramo de Santurbán, que se aúna a la lucha por una política autónoma el agua donde se respete el manejo de las fuentes abastecedoras por las comunidades; la lucha contra la mafia azucarera del valle geográfico del Cauca; la defensa del Macizo Colombiano y de ríos de Colombia como el Magdalena, el Cauca y el Atrato; y de las selvas, como la Amazónica y el Chocó Biogeográfico, en unión indisoluble con sus pobladores, sometidos al etnocidio y al ecocidio.

Dentro de los antecedentes más inmediatos de este proceso, sin duda, ocupa un lugar central la defensa de la Isla Gorgona, para impedir la construcción de obras militares de una Estación Guardacostas, que transgreden la mega biodiversidad de este frágil ecosistema, incluido en la Lista Verde de la Unión Internacional para la Conservación de la Naturaleza; obras que lesionan el derecho de exclusiva soberanía de los pueblos ancestrales (sin consulta previa e informada), que podrían conducir a un ecocidio. Logramos el pasado 9 de abril ante el Tribunal de Bogotá, la defensa de estos derechos colectivos, mediante orden judicial de suspensión de la cuestionada licencia ambiental. Exigimos que el Gobierno, sin más trámites, proceda a su revocatoria.

Los derechos animan nuestra acción alternativa. Desde nuestra perspectiva, coincidimos con otros pensamientos en que existe una unión indisoluble de los seres humanos con la naturaleza. La naturaleza es la fuente de los bienes indispensables para la vida. Por esto somos ambientalistas. ¿Puede acaso realizar un pacto de “paz con la naturaleza”, una civilización o una sociedad, carentes de solidaridad, que no respetan la vida humana ni su entorno natural? ¡Una civilización definida por el hambre, la miseria y la destrucción de la naturaleza!

Se ofrece a nuestros Pueblos como redención ambiental el "cambio de la deuda externa por naturaleza" (formulada en 1989 por la Comisión Económica para América Latina, CEPAL). Esta es la principal bandera del Gobierno colombiano frente al norte Global, lo que equivales a decir: “quien contamina paga y quien paga contamina”. Afirmamos que lo esencial son los Pueblos indígenas, afrocolombianos, raizales, Rrom (gitanos) y campesinos, con sus derechos inalienables, individuales, colectivos, territoriales y de autodeterminación. En consecuencia, afirmamos que no hay solución sin los pueblos. Son ellos, protagonistas insustituibles, quienes en primer lugar pueden defender la naturaleza y sus propios derechos contra el colonialismo y el neocolonialismo.

En la cuenca amazónica, estratégica para el equilibrio climático del Planeta, continúa la ofensiva brutal de los terratenientes y ganaderos, de los megaproyectos de transnacionales extractivistas, con la deforestación y la destrucción de la selva, en contravía de los Pueblos originarios. Coincidimos en la defensa de la unidad transfronteriza de todos los Pueblos, para que la exclusiva soberanía popular sea internacionalista.

La seguridad y soberanía alimentarias y nutricionales, deben enmarcarse dentro de las políticas para la sobrevivencia digna de la humanidad, enfocando sus planes, programas y actividades en la mejora continua de las condiciones de existencia dentro del derecho a una vida digna, planes fundados en el derecho de los Pueblos a definir sus propias políticas agrarias, de producción, distribución, consumo; con capacidad de autoabastecer, autónoma y adecuadamente a sus comunidades; las actividades, en la asociatividad campesina y de Pueblos étnicos, deben promover la formación y capacitación permanentes, vinculada y encaminada al desarrollo de la economía solidaria, base fundamental para la construcción del poder popular. Nuestra opción en el desarrollo rural y agrario es la vía campesina y de los pueblos étnicos. Sus economías propias propician la soberanía y seguridad alimentarias en nuestros países.

El contexto nacional e internacional. En el contexto de la nueva revolución tecnológica, energética, del capitalismo, ante el declive, a un plazo determinado, de los combustibles fósiles, las potencias imperialistas y geopolíticas se disputan a dentelladas las zonas de influencia y los recursos naturales del Planeta. Una de las causas del despliegue de grandes fuerzas militares en el Mundo y en América es el control de los “recursos naturales” y sus fuentes, bajo relaciones neocoloniales de extractivismo; que, con la participación de las clases dominantes locales, conduce a la destrucción de la naturaleza y a injusticias sociales que lesionan los derechos de los Pueblos. El gran capital no abandona en la transición energética sus métodos brutales de acumulación y reproducción. No es propósito del capitalismo “salvar el Planeta”, ni cesar su condición depredadora de los seres humanos y de la naturaleza.

Los mares son el medio fundamental, en más de un 90%, de la comunicación, de las relaciones comerciales y militares en el Mundo; por lo cual las rutas y las vías interoceánicas, actuales o potenciales, tienen un lugar privilegiado en la “estrategia marítima” y militar de los EE. UU. En el “Corredor Marino del Pacífico Este Tropical” -que incluye el archipiélago ecuatoriano de las islas Galápagos, Malpelo y Gorgona de Colombia, Coiba de Panamá, Coco de Costa Rica-, el Comando Sur de los EE. UU impulsa un proyecto regional con extensión al Mar Caribe (sobre la región ístmica del Continente); que, en Gorgona, como en todas partes, viola los derechos territoriales de los Pueblos ancestrales, su exclusiva soberanía y conduce al ecocidio. 

Nuestro alineamiento y solidaridad es con todos los Pueblos, como hoy con el Pueblo Palestino sometido a un genocidio. No bastan algunas acciones diplomáticas plausibles, como la ruptura de relaciones con el gobierno de Israel por el genocidio al Pueblo palestino; ni los discursos y declaraciones por la paz. La coherencia es indispensable y Colombia debe salir de la OTAN, de la subordinación al Comando Sur, renunciar a la Fuerza Marítima Combinada que bajo el mando de los EEUU opera hoy en el Oriente Medio y excluir cualquier posibilidad de acuerdo militar con las potencias geopolíticas mundiales.

Ante las preocupantes acechanzas de la ultraderecha orientadas a desestabilizar y ejecutar un plan fascista, estamos del lado de la alternativa gubernamental representada por el Pacto Histórico, sin deponer nuestros planteamientos críticos en especial en materia de políticas ambientales. Defendemos esencialmente el mandato popular expresado en las urnas y exigimos coherencia.

Propósitos inmediatos. Nuestro objetivo inmediato es articular una alianza ciudadana, autónoma del gobierno y sus instituciones. Demandamos a los gobiernos el cumplimiento de sus obligaciones sociales y la garantía efectiva de los derechos de la sociedad civil. Nuestra acción busca articular expresiones organizadas ambientalistas y sociales existentes, para potenciar la defensa de los derechos humanos, los derechos de los pueblos indígenas, afrocolombianos y campesinos y los derechos de la naturaleza. Buscamos construir un proceso para sumar voluntades y poderes ciudadanos, consensuar objetivos y concertar iniciativas de movilización en torno de propuestas que surjan del debate y el consenso, en medio del disenso creador. Proponemos hoy fortalecer un proceso de movilización, de debate y acción. Con una perspectiva de lucha contra los modelos económicos depredadores de la naturaleza y los seres humanos. Un esfuerzo cultural de primer orden debe ser realizado con la infancia y la juventud, para superar los paradigmas dominantes que nos han conducido a la crisis y a la guerra. ¡Nuestra lucha es por la vida y por los derechos!

El presente Manifiesto, tiene como bases iniciales la “Convocatoria” y la “Declaración Previa”, de esta COP Divergente Ambientalista, Ciudadana y Autónoma. Recoge aportes de foros previos y de este evento realizado en Cali, los días 26 y 27 de octubre de 2024, con un conjunto representativo de líderes ambientalistas y sociales.

Organizaciones Convocantes: Indepaz; Poder Negro; Fundaciones: Biodiversidad, Pangea, Multipropaz, y Huella de Agua; EkoInc; Fraternales y Revolucionarias; Corporación Compromiso; Movimiento Cívico Conciencia Ciudadana, Comité para la Defensa del Agua y el Páramo de Santurbán, Instituto para la Igualdad de Oportunidades, con una asistencia de 120 líderes ambientalistas y sociales reunidos en la Institución Educativa Multipropósitos.

FuenteCIRPA





30/10/2024

Un mouvement international de la société civile pour la Palestine est aujourd’hui plus que jamais nécessaire


Il y a quarante ans, une coalition internationale de plus de 1 200 organisations œuvrant pour la liberté en Palestine se réunissait chaque année pour partager des informations et coordonner des actions. Un effort similaire est nécessaire aujourd’hui plus que jamais.

Kathy Bergen, Don Betz, Larry Ekin et le Révérend Dr Don Wagner , Mondoweiss, 27/10/2004
Traduit par Fausto GiudiceTlaxcala

Soyons clairs.

Gaza était un crime, même avant la guerre génocidaire menée actuellement par Israël. L’un des espaces les plus densément peuplés du monde a servi pendant des années à ce qui était essentiellement la plus grande prison à ciel ouvert du monde. Si ce n’était pas un crime, c’était certainement une violation du droit international et un affront à la dignité humaine et à la décence.

Toutefois, les événements horribles qui s’y sont déroulés récemment semblent avoir réveillé la conscience mondiale. Tragiquement, malgré les manifestations et les condamnations internationales généralisées, aucun cessez-le-feu n’a été conclu et la crise humanitaire de Gaza se poursuit. Ceux qui ne sont pas tués par les bombardements incessants d’Israël souffriront d’un déplacement continu ou, pire encore, mourront de faim et de maladie.

De plus, cette crise continue de s’aggraver. Ce qui a commencé à Gaza il y a un an menace maintenant d’engloutir toute la région dans une conflagration qui pourrait encore enflammer la haine, causer des ravages, aggraver la crise humanitaire et redessiner la carte de toute la région.


2 septembre  1983 : Yasser Arafat, président du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), s’est adressé ce matin à la Conférence internationale sur la question de Palestine, à la suite de quoi le débat général a repris sur les moyens pour le peuple palestinien d’obtenir ses droits inaliénables. Lors d’une réunion informelle avant le discours de M. Arafat ce matin, on peut voir, dans le sens des aiguilles d’une montre à partir de l’extrême gauche, : Nabil Ramlawi (OLP), observateur permanent auprès de l’Office des Nations unies à Genève (ONUG) ; Lucille Mair, secrétaire générale de la Conférence internationale sur la question de Palestine (CIPP) ; Yasser Arafat ; Mustapha Niasse (Sénégal), président de la CIPP ; Erik Suy, directeur général de l’ONUG ; (dos à la caméra) Massamba Sarre (Sénégal), président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien ; et Alioune Sene (Sénégal), représentant permanent auprès de l’ONUG. (Photo : Archives des Nations unies)

Cependant, imaginez un instant ce qui aurait pu se passer s’il existait un mouvement mondial coordonné de solidarité pour la paix et la justice en Israël et en Palestine. Aurait-il pu exercer une pression politique sur les gouvernements pour qu’ils exigent un cessez-le-feu et mettent fin aux livraisons d’armes à Israël, mettant ainsi un terme au génocide à Gaza, peut-être dès le premier mois des hostilités ? Combien de vies auraient pu être sauvées, et combien de violence et de dévastation insensées auraient pu être évitées ?

Beaucoup d’entre nous, issus d’une génération antérieure, pensaient avoir construit un tel mouvement au milieu des années 1980.

À une époque, le Comité international de coordination sur la question de Palestine (ICCP) comptait plus de 1 200 organisations membres dans le monde entier. Fruit d’une initiative des Nations unies en faveur d’une conférence mondiale sur la Palestine, ces organisations non gouvernementales (ONG) très diverses variaient en taille, en portée et en diversité, allant de petits comités de base à de grandes organisations complexes telles que les Travailleurs canadiens de l’automobile et de nombreuses églises protestantes usaméricaines. Des réseaux dynamiques fonctionnaient en Europe, en Amérique du Nord, en Afrique, en Amérique latine et en Asie, ainsi que des réseaux distincts en Israël et en Palestine.

Cependant, nous avons été hantés par la question de la durabilité, car nous avons assisté à sa disparition au milieu des années 1990. Il est probable que la plupart des organisateurs contemporains ignorent son existence, mais l’histoire de l’ICCP est riche d’enseignements pour les organisateurs d’aujourd’hui.

Yasser Arafat rencontre les journalistes après son discours à la Conférence internationale sur la question de Palestine (ICQP). Sont également présents, de gauche à droite, Liselotte Waldheim-Natural, chef du protocole, Office des Nations Unies à Genève (ONUG) ; Roger Neild, chef de la sécurité, ONUG ; Anthony Curnow, directeur, Service d’information des Nations Unies, Genève ; Nabil Ramlawi  et Chawki Armali (OLP), ambassadeur en Grèce. (Photo : Archives des Nations Unies)

L’histoire de l’ICCP

En 1981, les Nations unies ont appelé les États membres à organiser une conférence sur la Palestine. L’ajout d’une composante ONG s’est fait presque après coup, car les Nations unies n’avaient pas anticipé le niveau d’intérêt ou la croissance expansive qui s’est produite. Le secrétariat de la conférence des Nations unies a commencé à développer la participation des ONG au cours de l’été 1982.

L’objectif du réseau d’ONG était de créer le terrain d’entente nécessaire pour développer une coalition dans le cadre de « toutes les résolutions pertinentes des Nations unies ». À l’époque, il était admis que cela signifiait une solution à « deux États ». Mais ce que nous n’avions pas prévu au début de la planification, c’était l’ampleur de l’intérêt mondial des ONG pour la question de la Palestine. Elles n’avaient jamais été invitées à se rencontrer de manière organisée auparavant.

À certains égards, le mouvement que nous avons contribué à créer était un sous-produit de la conférence des Nations unies, et peut-être sa plus grande réalisation.

Affiche de la Conférence internationale sur la question de Palestine (ICQP) (Photo : Don Betz)

Lorsque l’ONU a convoqué la Conférence internationale sur la question de Palestine (ICQP) au Palais des Nations à Genève à la fin du mois d’août 1983, cent dix-sept États membres se sont inscrits à l’ICQP. Vingt autres, principalement des pays européens, ont envoyé des observateurs. Don Betz, organisateur de la conférence, se souvient : « C’est bien plus que ce qu’avaient prévu les sceptiques sur la conférence ». Ces sceptiques provenaient à la fois du personnel des Nations unies et des diplomates, ainsi que d’une grande partie de la presse européenne. La France devait être l’hôte initial de l’événement à l’UNESCO. Beaucoup pensaient que les pressions exercées par Israël et ses alliés bloqueraient l’initiative.

Ces pressions ont effectivement eu lieu. Cependant, les contre-pressions de l’OLP et de ses alliés ont forcé le transfert de la conférence au siège des Nations unies à Genève, où il était plus difficile pour la Suisse de refuser sa tenue, puisqu’il existait une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies en ce sens.

En réalité, deux conférences ont eu lieu. La première était le rassemblement officiel des Nations unies des gouvernements membres accrédités, de la presse mondiale, des représentants d’organisations internationales et d’un grand nombre de « personnalités éminentes ». Cette conférence était destinée à « rechercher des moyens efficaces pour permettre au peuple palestinien d’obtenir et d’exercer ses droits inaliénables ».

La seconde était la conférence simultanée des ONG parrainée par l’ONU. Cent quatre ONG y ont participé, dont des organisations israéliennes et palestiniennes. Il convient de noter que, dès le début, la participation palestinienne à l’ICCP a couvert toute la gamme du discours politique palestinien existant : le Fatah, le Front démocratique, le Front populaire et des organisations indépendantes ont rejoint l’organe.

Au fur et à mesure que les conférences se déroulaient, la prise de conscience s’est accrue et l’intérêt s’est concentré sur le rassemblement des ONG, où un dialogue plus vivant et interactif contrastait fortement avec les interminables messages officiels d’État lus pour mémoire à l’étage.

Edward Said, l’un des conseillers les plus en vue engagés par les Nations unies, s’est rendu à plusieurs reprises à la réunion des ONG. Un jour, il est entré dans la salle animée par de multiples conversations simultanées et a déclaré : « Je préférerais être ici avec vous plutôt que là-haut. Il se passe ici quelque chose d’important, peut-être sans précédent ».

Au Forum des ONG, l’énergie interactive a généré un environnement de dialogue ouvert, franc et parfois contradictoire. Réunis pour la première fois en un même lieu, les représentants des ONG ont abordé la question de la Palestine, l’avenir du peuple palestinien et la paix globale au Moyen-Orient. Bien que cet organe ad hoc ne possède aucune autorité politique officielle, les participants semblaient animés par un sentiment commun de l’importance de la question et du moment qu’ils partageaient.

Il est clair que le rôle de l’ONU s’est avéré important pour le succès de la réunion des ONG. Tout d’abord, elle a fourni un pouvoir de convocation et des ressources. Mais deux autres raisons ont également fait de l’ONU un point focal attrayant pour nos efforts d’organisation.

Le contexte est toujours important, et une partie du contexte de l’époque était qu’il ne pouvait y avoir de contact direct entre un Israélien et un membre de l’OLP. Se réunir au sein et sous l’égide de l’ONU permettait de contourner cette interdiction. Don Betz, principal organisateur de la conférence des Nations unies et de la réunion des ONG, se souvient d’avoir fait passer des notes d’une personne à l’autre afin d’éviter tout « contact direct ». Kathy Bergen, qui a été membre de l’exécutif de l’ICCP, se souvient d’une plate-forme où des plantes en pot devaient diviser les participants sur l’estrade.

Résultats de la conférence

En fin de compte, les conférences ont permis d’accomplir deux choses importantes. Au niveau « officiel », les Nations unies ont publié un document politique, la Déclaration de Genève sur la Palestine, une déclaration plus explicite et plus complète que les précédentes. Deuxièmement, et c’est plus pertinent pour notre propos, le succès du forum des ONG a fondamentalement modifié le programme de travail pour la Palestine au sein de l’ONU, ce qui a conduit à la création de l’ICCP et à la poursuite de l’engagement avec les ONG à une échelle plus large et plus systématique.

Au cours de la décennie suivante, le symposium international annuel, renforcé par des dizaines de symposiums régionaux dans le monde entier, s’est avéré être une composante essentielle d’un mouvement mondial émergent. Ils ont permis aux leaders d’opinion et aux universitaires d’interagir avec les militants et les organisateurs, aux Palestiniens et aux Israéliens d’interagir entre eux et avec d’autres. L’éventail des sujets abordés couvrait pratiquement toutes les facettes du dilemme.

Mais au-delà de la fourniture d’informations, les symposiums ont profité au mouvement de manière plus tangible. Ils ont permis aux membres potentiels de se rencontrer. Ils ont fourni une plate-forme qui leur a permis d’identifier des préoccupations communes et des points d’intérêt commun. Ils les ont alertés sur les tendances et les questions émergentes. Ils les ont aidés à formuler un langage et des stratégies communs. Le Comité international de coordination des ONG sur la question de Palestine (ICCP) et divers réseaux régionaux sont nés de ces symposiums.

En Amérique du Nord, il a été décidé d’étendre le travail du Comité de coordination nord-américain (CCNA) au-delà du symposium annuel. Cette coalition binationale de 85 à 100 ONG usaméricaines et canadiennes a créé un réseau d’action urgente, publié un répertoire annuel des ressources et entrepris des projets spéciaux tels que le projet d’information sur la conférence de paix.

Des organisations disparates ont travaillé ensemble et des personnalités disparates ont établi un climat de confiance. Bien sûr, des conflits ont surgi et certaines personnalités se sont opposées, mais nous avons finalement tiré de précieux enseignements. Par exemple, l’importance d’identifier les préoccupations communes, de partager l’information et de construire des structures qui nous aident à renforcer nos objectifs communs.

Tout a été fait avec des moyens limités, c’est-à-dire avec peu de ressources financières. Ni l’ICCP, ni le NACC n’ont jamais fonctionné avec plus d’un membre du personnel ; la plupart des autres comités régionaux n’en avaient pas. Mais en fin de compte, le dévouement et l’esprit d’innovation ne suffisent pas.

L’expiration de l’ICCP et du NACC en 1994 reste une situation complexe qui mérite une attention et une discussion sérieuses. Parmi les facteurs, on peut citer la disparition de plusieurs organisations laïques, la perte importante de membres et la réduction des ressources parmi les principales dénominations protestantes, et même l’attitude des dirigeants palestiniens à l’ONU.

Néanmoins, les réalisations et la disparition de l’ICCP et de la NACC offrent des leçons qui pourraient être utiles à une nouvelle génération. En outre, elles soulèvent des questions pressantes pour les dirigeants d’aujourd’hui.

Des leçons pour aujourd’hui

Que se passera-t-il une fois la crise actuelle passée ? Les militants et les leaders d’opinion d’aujourd’hui peuvent-ils identifier et mettre en place des espaces et un cadre qui encourageront la coopération, tant au niveau national qu’international, ce qui renforcera leurs efforts ? Peuvent-ils organiser des opérations durables à long terme ? Est-il possible que les Nations unies fournissent à nouveau un tel cadre ?

Tout aussi important, quelles stratégies doivent être adoptées face à une opposition croissante - dont une grande partie est constituée de brimades sans principes, d’intimidations et de désinformation ? Il est clair que cela se produit déjà. Les campagnes de diffamation, les attaques ad hominem et la perception de la culpabilité par association sont lancés contre de jeunes professionnels et d’autres personnes qui s’expriment en faveur des droits des Palestiniens et qui contestent la campagne militaire effrénée d’Israël. Malheureusement, l’une des leçons du passé est que les leaders émergents doivent se préparer à l’éventualité que les tentatives de les réduire au silence puissent s’intensifier jusqu’à la violence, la tentative d’infiltration, le cambriolage et le vandalisme. Les dirigeants de l’ICCP et du NACC pourraient documenter et amplifier toutes ces activités répréhensibles qui ont été dirigées contre eux et qui seront probablement déployées contre les nouveaux dirigeants, d’autant plus que les entités habituées à dominer le discours public se retrouvent de plus en plus en minorité.

Une leçon positive encourageante tirée de l’expérience de l’ICCP et du NACC est que les efforts déployés pour mettre en place une coalition efficace peuvent produire des résultats positifs inattendus. La mise en place d’une coalition efficace demande du temps, de l’énergie et de l’engagement. Les relations humaines aident à surmonter les disparités organisationnelles, et c’est ainsi qu’avec l’ICCP et la NACC, on a pu trouver des athées engagés travaillant respectueusement aux côtés de responsables d’églises. Mais les organisations, comme les personnes, ont souvent des limites qui doivent être respectées. La coordination n’est pas synonyme de domination, ni d’accord sur tout. Néanmoins, l’identification de principes communs et la mise en œuvre d’actions coordonnées renforcent et mettent davantage l’accent sur les domaines qui font l’objet d’un accord commun.

Les militants d’aujourd’hui peuvent également tirer leur force du fait qu’au niveau international, le climat politique a changé. Le soutien aux droits des Palestiniens s’est accru de manière exponentielle, car de plus en plus de personnes dans le monde en sont venues à la conclusion que la paix israélo-palestinienne et la stabilité dans la région ne peuvent être obtenues que par des moyens politiques.

Bien que certains puissent affirmer qu’il est prématuré de le faire, la question de la suite doit être abordée, en particulier compte tenu de la menace que cette crise fait peser sur l’ordre fondé sur des règles et sur le droit international. Une fois la crise apaisée, comment maintenir l’élan et pérenniser les acquis ? L’évolution mesurable de l’opinion publique crée une occasion nouvelle et sans précédent de transformer le discours et d’introduire un changement durable. Il est clair que les décideurs politiques usaméricains travaillent déjà à l’élaboration de leur propre réponse - la société civile doit faire de même.

Cet article est le fruit d’une collaboration entre des personnes cumulant un engagement collectif de plus de deux cents ans. Les principaux auteurs sont Kathy Bergen, Don Betz, Larry Ekin et Don Wagner. Ils ont interrogé ou sollicité la contribution de 20 autres dirigeants d’ONG, anciens ou actuels.

Kathy Bergen a été secrétaire générale du Comité international de coordination des organisations non gouvernementales sur la question de Palestine à Genève de 1990 à 1994. Sur les 43 années pendant lesquelles elle a travaillé sur les questions de Palestine/Israël, elle a travaillé à Jérusalem pendant neuf ans et à Ramallah pendant sept ans et demi.  

Don Betz est un ancien professeur de sciences politiques et président d'université à la retraite. Il a été officier de liaison pour la Conférence internationale des Nations unies sur la question de Palestine (ICQP) en 1983, en se concentrant sur la participation des organisations non gouvernementales, et dans la division des droits des Palestiniens. Betz a présidé le Comité international de coordination des ONG sur la question de Palestine (ICCP) à partir de 1984. Le réseau de l'ICCP s'est étendu à plus de 1200 organisations dans le monde.

Larry Ekin a été président du comité de coordination nord-américain pendant cinq mandats. En coopération avec le Conseil des Églises du Moyen-Orient, il a fondé le Bureau de voyage œcuménique et a dirigé personnellement plus de 20 délégations dans la région. Il est l'auteur de Enduring Witness : The Palestinians and The Churches et d'autres publications.

Don Wagner est un professeur retraité d'études sur le Moyen-Orient, un membre du clergé presbytérien et un militant des droits de l'homme. Il a été directeur national de la campagne pour les droits de l'homme en Palestine de 1980 à 1989 et membre du comité directeur de la NAAC et du comité directeur international au cours des années 1980.