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28/08/2021

Sur la piste tracée par W.E.B. Du Bois
Annette Gordon-Reed, interviewée par Nawal Arjini

The New York Review of Books, 28/8/2021

Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Nawal Arjini fait partie de la rédaction de The New York Review of Books. @nawal_arjini

« Écrire, enseigner, militer, organiser - il a tout fait. Et je ressens une responsabilité, ou un désir, de toucher autant de personnes que possible avec mes écrits qui découlent de mon intérêt pour la lutte des Noirs ».

Le numéro du 19 août 2021 de la New York Review présente The Color Line (français ici), un compte rendu d'Annette Gordon-Reed sur trois livres consacrés à l'exploit de l'érudit, militant et romancier noir W.E.B. Du Bois, qui a organisé la légendaire « Exposition de nègres américains » à l'Exposition universelle de Paris en 1900. Une grande partie du champ d'étude de Gordon-Reed est centrée sur les événements du siècle précédent : ses recherches ont fait entrer la relation entre Thomas Jefferson et l'esclave Sally Hemings dans la conscience générale et ont établi un nouveau consensus historique, renversant l'opinion bien ancrée des historiens qui, depuis des décennies, refusaient d'accepter que Jefferson soit le père des enfants de Hemings. Pour son enquête sur les autres branches de la famille Hemings, Mme Gordon-Reed a reçu le prix Pulitzer et elle travaille actuellement à la rédaction d'un deuxième volume, qui relatera les deux générations suivantes de Hemings.

Annette Gordon-Reed. Photo Stephanie Mitchell/Harvard University

Le dernier livre de Gordon-Reed, On Juneteenth (Le 10 Juin), porte sur le Texas, dont elle est originaire, et sur sa propre relation profonde avec cet État. « Le Texas essaie (et y réussit d'une certaine manière) de faire en sorte que ses citoyens se considèrent comme spéciaux. Je sais que cela peut être ennuyeux », a-t-elle expliqué cette semaine par courrier électronique, « mais je pense que cela donne le sentiment que nous étions censés faire des choses dans le monde, contribuer à façonner le monde d'une certaine manière ».

ANNETTE GORDON-REED
La ligne de couleur

Annette Gordon-Reed, The New York Review of Books, 19/8/2021
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Annette Gordon-Reed (Livingston (Texas), 1958) est une historienne et professeur de droit usaméricaine. Elle enseigne l'histoire du droit à l'université Harvard. Elle enseigne aussi au Radcliffe Institute for Advanced Study et à la Faculté des arts et des sciences de Harvard. En 2009, avec l'ouvrage The Hemingses of Monticello: An American Family, qui traite de l'histoire de la famille d'esclaves afro-usaméricains Hemings, elle reçoit le Prix Pulitzer d'histoire et le National Book Award de l'essai. Son dernier livre s'intitule On Juneteenth (Le 10 Juin) (Août 2021). @agordonreed

L'exposition de W.E.B. Du Bois à l'Exposition de Paris de 1900 lui offrit l'occasion de présenter un « récit graphique » des progrès spectaculaires réalisés par les Noirs usaméricains depuis la fin de l'esclavage.


Visualisations par W.E.B. Du Bois tirées de l' « American Negro Exhibit » à l'Exposition de Paris, 1900 ; à gauche, un diagramme de la population noire urbaine et rurale de Géorgie en 1890 et, à droite, un tableau des professions des Géorgiens noirs et blancs vers 1900.
Photo Library of Congress 

Livres recensés : 

W.E.B. Du Bois’s Data Portraits: Visualizing Black America: The Color Line at the Turn of the Twentieth Century (Portraits en  données de W.E.B. Du Bois: Visualiser l'Amérique noire : La ligne de couleur au tournant du XXe siècle)
edited by Whitney Battle-Baptiste and Britt Rusert
W.E.B. Du Bois Center at the University of Massachusetts Amherst/Princeton Architectural Press, 144 pp., $29.95

Black Lives 1900: W.E.B. Du Bois at the Paris Exposition (Vies noires 1900 : W.E.B. Du Bois à l’Exposition de Paris)
edited by Julian Rothenstein, with an introduction by Jacqueline Francis and Stephen G. Hall
Redstone, 140 pp., $35.00 (paper)

A History of Data Visualization and Graphic Communication (Une histoire de la visualisation des données et de la communication graphique)
by Michael Friendly and Howard Wainer
Harvard University Press, 308 pp., $49.95

W.E.B. Du Bois se comportait comme s'il était « la race noire ». Tout au long de sa très longue vie - quatre-vingt-quinze ans - ses succès et ses victoires personnels étaient les succès et les victoires de tous les Afro-Américains. Les problèmes qu'il a rencontrés en tant qu'homme noir étaient les problèmes des Noirs du monde entier. Cette façon de penser a commencé très tôt. Son enfance en Nouvelle-Angleterre - Du Bois est né et a grandi à Great Barrington, dans le Massachusetts - l'a initié à la dynamique raciale troublée des USA et à une façon d'y faire face. Dans son œuvre la plus célèbre, The Souls of Black Folk (1903), Du Bois décrit à la fois le moment où il a découvert qu'il se trouvait du côté vulnérable de la fracture raciale et sa réaction à cette prise de conscience :

Dans une petite école en bois, quelque chose a mis dans la tête des garçons et des filles d'acheter de magnifiques cartes de visite - dix cents le paquet - et de les échanger. L'échange était joyeux, jusqu'à ce qu'une fille, une grande nouvelle venue, refuse ma carte, - la refuse péremptoirement, d’un coup. C'est alors que j'ai compris, avec une certaine soudaineté, que j'étais différent des autres, ou que je leur ressemblais peut-être par le cœur, la vie et le désir, mais qu'un vaste voile me séparait de leur monde. Par la suite, je n'avais aucun désir de déchirer ce voile, de m'y glisser ; je méprisais tout ce qui se trouvait au-delà, et je vivais au-dessus dans une région de ciel bleu et de grandes ombres errantes. Ce ciel était plus bleu quand je pouvais battre mes camarades à l'heure des examens, ou les battre à la course à pied, ou même battre leurs têtes filandreuses.

En grandissant et en prenant note des "opportunités éblouissantes" offertes aux Blancs, Du Bois a décidé qu'il leur "arracherait" certains de ces prix. La compétitivité innée qu'il possédait était aiguisée et dirigée par l'expérience d'être traité comme différent et, parfois, comme inférieur.

Plusieurs ports grecs privatisés à vendre au plus offrant

Patricia Claus, Greek Reporter, 26/8/2021
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

Une guerre d'enchères devrait éclater pour la propriété des ports grecs, qui sont désormais en vente au plus offrant après avoir été privatisés.

Le port du Pirée. D'autres grands ports grecs sont désormais en vente après leur privatisation. Photo : Nick Diadakis

 

Les ports d'Igoumenitsa, d'Héraklion et de Patras, qui sont tous en cours de privatisation, font l'objet de l'attention des compagnies grecques de transport de passagers Attica et ANEK et du groupe italien Grimaldi, qui contrôle déjà le groupe de ferries Minoan Lines.

L'autorité portuaire de Thessalonique, deuxième ville de Grèce, serait intéressée par l'achat du port d'Héraklion, sur l'île de Crète.

Jeudi, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a rencontré l'armateur George Prokopiou, le plus offrant pour le chantier naval de Skaramangas. La réunion a eu lieu à la résidence Maximos à Athènes.

Mitsotakis aurait exprimé sa satisfaction quant au résultat de la procédure d'appel d'offres, déclarant que le gouvernement grec accorde une grande importance à la restauration de la célèbre industrie grecque de la construction navale après qu'elle eut subi une longue période de contraction.

Le Premier ministre aurait également salué le rôle particulier joué par les chantiers navals Skaramangas dans l'industrie de la défense nationale grecque.

L'ambassadeur du Japon en Grèce Νakayama Yasunori a visité mardi le port du Pirée, le plus grand port de Grèce, qui appartient majoritairement au conglomérat chinois COSCO.

AMIRA HASS
L’Autorité palestinienne zigzague face à à la contestation

Amira Hass, Haaretz, 27/8/2021
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

Ce qui aurait pu être une manifestation pacifique a fini par faire des vagues sur les médias sociaux lorsque des dizaines de manifestants ont été arrêtés par la police palestinienne.

 Hébron, 13 juillet 2021 : des manifestants portent les portraits du militant Nizar Banat et une banderole sur laquelle on peut lire  إرهيل یا عباس  ("Erhel ya Abbas", "Dégage Abbas").  Photo Ahmad GHARABLI / AFP

Que s'est-il passé entre samedi et dimanche derniers, lorsque la police palestinienne a arrêté une trentaine de militants politiques palestiniens, et mercredi, lorsqu'elle a autorisé 150 à 200 personnes, dont la plupart des détenus libérés, à manifester ?

Samedi 21 août, des militants sociaux et politiques ont été arrêtés sur la place Al-Manara de Ramallah avant de pouvoir organiser une manifestation demandant que soient jugées les personnes responsables du meurtre du militant palestinien Nizar Banat. Banat, un critique du gouvernement palestinien, a été tué lors de son arrestation le 24 juin.

Pour autant que les militants le sachent, 14 hommes de la Sécurité préventive palestinienne qui ont participé à l'arrestation sont emprisonnés à la prison de Jéricho. Mais ils exigent que les hauts responsables assument également la responsabilité de ce qui s'est passé.

Dimanche, six autres personnes qui se tenaient seulement debout sur la même place ont été arrêtées. Depuis quelques jours, la place était noire des uniformes des forces de sécurité palestiniennes, qui ordonnaient à quiconque ressemblait à un manifestant potentiel de garder ses distances.

Quelques-unes des personnes placées en garde à vue - avant qu'elles ne puissent organiser la veillée de protestation qu'elles avaient prévue - ont été libérées quelques heures plus tard. D'autres avaient été arrêtées alors qu'elles protestaient contre les arrestations devant le palais de justice palestinien d'El Bireh. L'un d'entre eux a été à nouveau placé en détention le lendemain de sa libération.

Beaucoup de ces détenus sont connus du public en tant qu'anciens prisonniers en Israël et en tant que personnes ayant pris part à la lutte populaire contre l'occupation ces dernières années. Huit d'entre eux sont âgés de plus de 60 ans. Dans une société habituée à respecter ses aînés, et dont la direction officielle est constituée d'anciens de l'Organisation de libération de la Palestine et du Fatah, il est difficile de ne pas être choqué par leurs arrestations arbitraires.

27/08/2021

Entrevista con la Asociación Revolucionaria de Mujeres de Afganistán (RAWA) ante la toma del poder por los talibanes

RAWA, 21/8/2021

Traducido del inglés por Sinfo Fernández

¿Qué broma es esa de decir que valores como los “derechos de la mujer”, la “democracia”, la “construcción de la nación”, etc., ¡formaban parte de los objetivos de USA y la OTAN en Afganistán!?

Afghan Women's Mission (AWM) se ha puesto en contacto con RAWA para atender sus necesidades en este momento tan urgente. En esta breve entrevista con la codirectora de AWM, Sonali Kolhatkar, RAWA explica la situación sobre el terreno tal y como ellos la ven. Pueden hacerse donaciones a RAWA aquí.

Sonali Kolhatkar (SK): Durante años RAWA se ha manifestado en contra de la ocupación usamericana y, ahora que esta ha terminado, los talibanes han vuelto. ¿Podría el presidente Biden haber retirado sus fuerzas de forma que hubiera dejado a Afganistán en una situación más segura que la actual? ¿Podría haber hecho algo más para garantizar que los talibanes no pudieran tomar el control tan rápidamente?

RAWA: En los últimos 20 años, una de nuestras exigencias era el fin de la ocupación de USA y la OTAN, y mejor aún si se llevaban a sus fundamentalistas islámicos y tecnócratas y dejaban que nuestro pueblo decidiera su propio destino. Esta ocupación solo ha provocado derramamiento de sangre, destrucción y caos. Convirtieron a nuestro país en el lugar más corrupto, inseguro, narcomafioso y peligroso del mundo, especialmente para las mujeres.

Desde el principio pudo predecirse ya este resultado. En los primeros días de la ocupación usamericana de Afganistán, el 11 de octubre de 2001, RAWA declaró:

“La continuación de los ataques usamericanos y el aumento del número de víctimas civiles inocentes no solo da una excusa a los talibanes, sino que también provocará la potenciación de las fuerzas fundamentalistas en la región e incluso en el mundo”.

La principal razón por la que estábamos en contra de esta ocupación fue por su apoyo al terrorismo bajo la bonita bandera de la “guerra contra el terror”. Desde los primeros días en que los saqueadores y asesinos de la Alianza del Norte fueron instalados de nuevo en el poder en 2002, hasta las últimas supuestas conversaciones de paz, tratos y acuerdos en Doha y la liberación de 5000 terroristas de las cárceles en 2020/21, resultaba muy obvio que ni siquiera la retirada iba a tener un buen final.

El Pentágono no hace sino demostrar que ninguna de las teóricas invasiones o intromisiones terminaron en condiciones de seguridad. Todas las potencias imperialistas invaden países por sus propios intereses estratégicos, políticos y financieros, pero a través de mentiras y de los poderosos medios de comunicación corporativos tratan de ocultar su verdadero motivo y agenda.

¡Es una broma decir que valores como los “derechos de la mujer”, la “democracia”, la “construcción de la nación”, etc., formaban parte de los objetivos de USA y la OTAN en Afganistán! USA vino a Afganistán para convertir la región en una zona de inestabilidad y terrorismo a fin de rodear a las potencias rivales, especialmente China y Rusia, y socavar sus economías mediante guerras regionales. Aunque, por supuesto, el gobierno de USA no quería una salida tan desastrosa, vergonzosa y embarazosa que dejara tras de sí tal conmoción que se viera obligado a enviar tropas de nuevo en 48 horas para controlar el aeropuerto y evacuar con seguridad a sus diplomáticos y personal.

Creemos que USA abandonó Afganistán por sus propias debilidades y no por la derrota de sus criaturas (los talibanes). Hay dos razones importantes para esta retirada.

La razón principal es la múltiple crisis interna de USA. Los signos del declive del sistema usamericano se vieron en la débil respuesta ante la pandemia de Covid-19, el ataque al Capitolio y las grandes protestas de su pueblo en los últimos años. Los responsables políticos se vieron obligados a retirar las tropas para centrarse en cuestiones internas candentes.

GIDEON LEVY
Ligoté, enchaîné, battu, suspendu à un arbre : un adolescent palestinien brutalement attaqué par des colons

Gideon Levy et Alex Levac (photos), Haaretz, 26/8/2021
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

La semaine dernière, dans la colonie de Homesh, censée avoir été évacuée, un adolescent palestinien a été saisi par des colons et soumis à des violences physiques pendant plus de deux heures. Il s'agit d'une pratique régulière sur ce site dont le tribunal a depuis longtemps ordonné l'ouverture aux Palestiniens.

Tareq Zubeidi est allongé sur son lit en acier dans un coin du salon faiblement éclairé, recouvert jusqu'au cou d'une couverture synthétique et fixant le plafond. Garçon pâle de 15 ans, sans barbe, son sourire est doux, sa voix chuchotante. S'il est touché par inadvertance sur les jambes, surtout autour des genoux, il se dresse d'un bond comme s'il avait été mordu par un serpent et son visage devient blanc de douleur. Deux grandes cicatrices rondes sont gravées dans la plante de ses pieds, ce qui explique pourquoi il lui est impossible de se tenir debout. Son visage était couvert lorsque les colons lui ont infligé ces blessures, mais il est convaincu que l'une d'entre elles a été causée par une brûlure, probablement avec un briquet tenu sous un pied jusqu'à ce que la chair soit roussie, tandis que l'autre a reçu des coups avec une barre de fer. Tareq est alité depuis ce matin d'horreur de mardi dernier, et reste traumatisé par cet événement.

 

Tareq Zubeidi, 15 ans, cette semaine. Les colons lui ont donné des coups de pied, dit-il, alors qu'il était allongé sur le sol, puis l'ont placé sur le capot de la voiture, l'attachant avec une chaîne.

 Le grand village de Silat al-Daher se trouve sur la route Naplouse-Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Surplombant le village depuis une haute colline, on trouve des vestiges de la colonie de Homesh, censée avoir été évacuée, qu'Israël a démantelée en principe dans le cadre du processus dit de désengagement en 2005. Dans le même temps, la Haute Cour de justice a ordonné à l'État d'annuler les ordonnances militaires de saisie et de fermeture qui avaient interdit aux Palestiniens d'accéder au site - mais rien de tout cela n'a de rapport avec la réalité.

Un groupe appelé "Homesh d’abord" a établi une yeshiva sur le site peu après les évacuations : ses étudiants sont parmi les plus violents des colons. Quiconque a déjà essayé d'approcher Homesh sait de quoi - et surtout de qui - il s'agit. La décision de la Haute Cour a depuis longtemps été foulée aux pieds ici et personne ne s'en soucie. L'organisation israélienne de défense des droits humains B'Tselem a recensé pas moins de sept agressions violentes de Palestiniens par des colons de la yeshiva de Homesh depuis mars 2020. À une occasion, ils ont attaqué un groupe de femmes et un nourrisson, à une autre ils ont matraqué un fermier avec des bâtons et des pierres, à une troisième ils ont cassé la jambe d'un berger avec des pierres, et à deux reprises ils ont attaqué des maisons et des véhicules à la périphérie du village. Néanmoins, la semaine dernière, le 17 août, un groupe de jeunes de Silat al-Daher a décidé d'organiser un pique-nique et un barbecue près de Homesh, dans le bosquet qui constitue le poumon vert du village.

Release Layan Nasir and other Birzeit University students!/Freiheit für Layan Nasir!

 

https://www.change.org/FreeLayanAndFriends

Update Aug. 27: Layan Released on Bail, Others Still Detained?
Update: Layan's court hearing pushed forward

 

During the pre-dawn hours of July 7th, 21 year old Layan Nasir, a 4th year Nutrition student at Birzeit University, was arrested, bound, gagged and blindfolded by Israeli Occupation Forces. She was interrogated at the Ofer Military Prison without benefit of legal counsel and her family was unable to visit her.

Layan was later charged with membership in Democratic Progressive Student Pole (Al-Qutub Al-Tulabi), a university-based organization composed of left-leaning students. Israel’s designation of the Democratic Progressive Student Pole as an unlawful organization in October 2020 is one of many attempts to suppress student activism and silence Palestinian demands for freedom. 

Layan now awaits trial from Damon Military Prison with seven other female students. In total, seventy-four Birzeit University students were similarly "detained" and many remain in Israeli prisons for non-violently expressing their opposition to Israel's treatment of Palestinians.

The freedoms of expression and peaceful association are fundamental, universal human rights. We call on our elected representatives, and those in authority within our government, to demand and pressure the Israeli government and military forces to immediately release Layan and her fellow students.

Please friends do sign and help in sharing the petition. 

 

In den frühen Morgenstunden des 7. Juli wurde die 21-jährige Layan Nasir, Studentin der Ernährungswissenschaften im vierten Jahr an der Birzeit-Universität, von den israelischen Besatzungstruppen verhaftet, gefesselt, geknebelt und mit verbundenen Augen festgehalten. Sie wurde im Militärgefängnis Ofer verhört, ohne dass sie einen Rechtsbeistand erhielt und ihre Familie sie nicht besuchen konnte.

Später wurde Layan wegen Mitgliedschaft im Demokratischen Progressiven Studentenpol (Al-Qutub Al-Tulabi) angeklagt, einer an der Universität ansässigen Organisation, die sich aus linksgerichteten Studenten zusammensetzt. Die Einstufung des Demokratischen Progressiven Studentenpols als ungesetzliche Organisation im Oktober 2020 durch Israel ist einer von vielen Versuchen, studentischen Aktivismus zu unterdrücken und palästinensische Forderungen nach Freiheit zum Schweigen zu bringen.

Layan wartet nun zusammen mit sieben anderen Studentinnen im Militärgefängnis Damon auf ihren Prozess. Insgesamt wurden vierundsiebzig Studenten der Birzeit-Universität in ähnlicher Weise "inhaftiert", und viele von ihnen befinden sich nach wie vor in israelischen Gefängnissen, weil sie gewaltlos ihren Widerstand gegen die Behandlung der Palästinenser durch Israel zum Ausdruck gebracht haben.

Die Freiheit der Meinungsäußerung und das Recht, sich friedlich zu versammeln, sind grundlegende, universelle Menschenrechte. Wir fordern unsere gewählten Vertreter und die Verantwortlichen in unserer Regierung auf, von der israelischen Regierung und den Streitkräften die sofortige Freilassung von Layan und ihren Kommilitonen zu verlangen und Druck auszuüben.

Bitte Freunde, unterschreibt und helft mit, die Petition zu verbreiten.  


 

26/08/2021

VERLYN KLINKENBORG
Requiem pour un poids lourd
Recension du livre Fathoms: The World in the Whale, de Rebecca Giggs

Verlyn Klinkenborg, The New York Review of Books, 19/8/2021
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

Verlyn Klinkenborg (Meeker, Colorado, 1952) est un écrivain, journaliste et enseignant usaméricain, auteur de nombreux essais, notamment sur la vie rurale. Il enseigne l’écriture créative à l’Université Yale et vit dans une petite ferme dans le nord de l'État de New York. @VerlynKlinkenborg

 

 

Dans Fathoms, Rebecca Giggs tente de comprendre le fait que les baleines incarnent désormais littéralement leur monde de plus en plus pollué.

 La chasse à la baleine au large de la côte californienne ; dessin à la craie réalisé par un second de navire sur le Joseph Grinnell, vers 1860. Granger

Il y a neuf ans, à la mi-août, je me trouvais dans un petit bateau non ponté dans l'archipel des Quirimbas, juste au large des côtes du Mozambique. Nous étions à la recherche de baleines. Après avoir traversé les hauts-fonds turquoise jusqu'à un canal plus profond, le bateau a ralenti et le pilote a ralenti le moteur. Je me souviens avoir pensé qu'il était étrange de s'attendre à voir une baleine dans une si vaste étendue d'eau. Je me sentais dans une situation aussi absurde que le Redburn de Melville : "Une baleine ! Pensez-y ! des baleines près de moi". Mais au bout d'un moment, nous avons aperçu au loin une obscurité soudaine à la surface - une basse crête de chair de baleine - et une brume biologique au-dessus. Derrière moi, assise carrément au milieu du bateau, une jeune Italienne a commencé à se dire - à chanter, vraiment - balena, balena, balena, balena, balena...

Le temps passe. Soudain, à l'avant tribord, à une demi-douzaine de longueurs de baleines, deux baleines à bosse se sont approchées, la mère et son petit, côte à côte. Il y a eu une longue pause, et ils se sont approchés à nouveau - pause et encore. Le chant -    balena, balena, balena, balena - a atteint une nouvelle hauteur, une nouvelle intensité, mi-incantation, mi-ululement. Puis l'eau s'est effacée et s'est tue. Lentement, le sentiment dans le bateau a basculé vers un sens d'inévitabilité, une acceptation réticente, bien que joyeuse, de l'océan vide. Les baleines étaient parties. Mais la balena, la balena, la balena a continué, doucement, tout le chemin du retour vers le quai. Je peux l'entendre maintenant dans mon esprit, plus clairement que je ne peux imaginer ces baleines à bosse. Je pense qu'il s'agit d'une sorte de chant de baleine, non pas produit par les baleines mais provoqué par elles : une résonance créée dans un organisme - Homo sapiens - par la présence d'un organisme d'une espèce différente, Megaptera novaeangliae.

Ces deux baleines, la mère et le baleineau, étaient-elles conscientes de notre présence ?  Oui, dirais-je, mais sûrement sans l'exaltation que nous, les humains, avons ressentie. La façon dont elles ont pu être conscientes de nous - à quoi peut bien ressembler la conscience chez une baleine - est une question indécise liée à la physiologie des cétacés et aux complexités de l'environnement aquatique, y compris ses propriétés acoustiques. (La façon dont la conscience humaine fonctionne est également une question indécise, et pas seulement parce que le prix à payer pour la conscience est souvent l'inattention. Depuis cette rencontre au Mozambique, je me pose des questions : Que se passe-t-il lorsque des créatures d'espèces différentes prennent conscience les unes des autres ? Y a-t-il quelque chose là, quelque chose de partagé ou de façonné entre elles ? Ou bien leurs sens se chevauchent-ils simplement, comme des alarmes de voiture qui se déclenchent mutuellement, dans l'isolement, sans réciprocité ?

Ce sont des questions déroutantes, tant sur le plan scientifique que philosophique, et je me demande si elles se réduisent à une simple métaphore ou si elles décrivent quelque chose de réel, quelque chose qui nous aide à comprendre le réseau biologique complexe auquel nous appartenons. Je me réjouis de les trouver examinées sérieusement par l'écrivaine australienne Rebecca Giggs, dont Fathoms : The World in the Whale* est peut-être le meilleur livre écrit sur les baleines depuis la publication de Moby Dick, il y a 170 ans. C'est aussi l'un des meilleurs comptes rendus que j'aie jamais lu sur l'interaction, voulue ou non, entre les humains et les autres espèces - une œuvre d'imagination véritablement littéraire.

*Le titre est un jeu de mots intraduisible: le substantif fathom signifie brasse (unité de mesure de la profondeur de l'eau (1,80 m.), le verbe fathom signifie sonder, découvrir, chercher à comprendre, concevoir [NdT]