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14/06/2025

 

جایگاه مرکزی ایران در نظم نوی جهانی

مصطفی قهرمانی
۱۴ ژوئن ۲۰۲۵

 تهاجم نکبت‌بار رژیم اسرائیل علیه میهن ما، ایران، باید در چارچوب تلاشی سازمان‌یافته برای تحقق و تحمیل نظمی نوین در غرب آسیا و در کلیت نظم جهانی فهم و ارزیابی شود.

هدف اصلی این رژیم از این تجاوز، حفظ و تثبیت هژمونی خود در منطقه است. ایران، به‌مثابه تنها کشور طبیعی و مستقل این منطقه، یگانه مانع راهبردی در برابر اهداف توسعه‌طلبانه اسرائیل و هم‌پیمانان غربی‌اش باقی مانده است.

برای نیل به این هدف، پروژه‌هایی همچون ایجاد بی‌ثباتی، ترویج هرج‌ومرج، و در نهایت تلاش برای تغییر ساختار حاکمیتی دنبال می‌شوند تا گام‌به‌گام مسیر تجزیه ایران هموار گردد.

این جنگ، تأثیری سرنوشت‌ساز نه‌فقط در معادلات منطقه‌ای غرب آسیا، بلکه در کلیت نظمی که اکنون در سطح جهان در حال شکل‌گیری است خواهد داشت.

ایالات متحده و ناتو با چراغ سبز به اسرائیل، مرتکب خطای راهبردی بزرگی شدند. آنان بر این باورند که سرنوشت این جنگ می‌تواند نقشی تعیین‌کننده در موازنه قدرت میان بلوک شرق و غرب در غرب آسیا ایفا کند.

غرب هنوز هم ایران را، در بهترین حالت، صرفاً «پل پیروزی» خود برای غلبه بر هارتلند اوراسیا و مهار خیزش قدرت جدید در شرق می‌بیند و می‌خواهد.

غافل از آنکه ایرانِ امروز، زاده کوره حوادث ۴۵ سال گذشته است؛ نه آن ایرانِ دست‌وپابسته‌ جنگ جهانی دوم که حکمرانش را با یک نامه به تبعیدگاه موریس می‌فرستادند.

این ایران، نه می‌خواهد و نه می‌تواند تنها گذرگاهی برای جاه‌طلبی‌های ژئوپلیتیکی قدرت‌های جهانی باشد.

13/06/2025

YOSSI MELMAN
L’Opération “Colère de Dieu” revisitée : comment l’Europe a permis au Mossad de mener une campagne secrète d’assassinats après Munich

Une auteure ayant eu un accès sans précédent à des archives secrètes révèle comment les agences de renseignement occidentales ont aidé le Mossad à mener une campagne secrète d’assassinats à travers l’Europe.

Yossi Melman, Haaretz, 14/5/2025
Traduit par Fausto GiudiceTlaxcala 


Un tireur palestinien masqué sur un balcon de la Cité olympique de Munich, le 5 septembre 1972. Un mois plus tard, le Mossad lance l’opération “Colère de Dieu” pour traquer les responsables du massacre. Photo Kurt Strumpf/AP

Dans la soirée du 16 octobre 1972, Wael Zwaiter termine son travail à l’ambassade de Libye à Rome, se rend dans un bar voisin, boit un verre et rentre à son appartement. À l’entrée de l’immeuble, deux assaillants l’attendent. Ils lui tirent dessus à 11 reprises, un chiffre symbolique qui fait écho aux 11 athlètes israéliens assassinés par des terroristes palestiniens lors des Jeux olympiques de Munich, un mois plus tôt.

Il s’agissait du premier assassinat de ce qui est devenu l’opération “Colère de Dieu”, la campagne secrète menée par Israël pour traquer les “terroristes” palestiniens. Un nouveau livre, “Operation Wrath of God : The Secret History of European Intelligence and the Mossad’s Assassination Campaign” (L’histoire secrète des services de renseignement européens et de la campagne d’assassinat du Mossad), révèle pour la première fois l’importante coopération en coulisses des services de renseignement d’Europe occidentale. Leur collaboration, ou du moins leur approbation tacite, a permis au Mossad de commettre dix assassinats entre 1972 et 1992 [plus trois à Beyrouth et un à Tunis, voir liste ici, NdT].

Le Club de Berne : le pacte secret de l’Europe en matière de renseignement

Le livre d’Aviva Guttmann, spécialiste suisse du renseignement qui enseigne à l’université d’Aberystwyth au Pays de Galles, sera publié cet été par Cambridge University Press. Mme Guttmann a bénéficié d’un accès sans précédent aux archives secrètes du “Club de Berne”, une alliance multilatérale peu connue dans le domaine du renseignement.

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Aviva Guttmann a bénéficié d’un accès sans précédent aux archives secrètes du Club de Berne.

Fondé en 1969, le Club de Berne regroupe des services de Suisse, d’Allemagne de l’Ouest, de France, du Royaume-Uni, d’Italie, du Luxembourg, d’Autriche, des Pays-Bas et de Belgique. Grâce au système télex crypté “Kilowatt"”du Club, le réseau s’est ensuite étendu aux USA, au Canada, à l’Australie, à l’Irlande, à l’Espagne, à la Suède, à la Norvège et à Israël, par l’intermédiaire du Mossad et du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien.

Dans une interview accordée à Haaretz, Mme Guttmann révèle que dans les communications internes du Club, le Mossad portait le nom de code “Orbis” et le Shin Bet celui de “Speedis”.

Démentant le mythe du Mossad comme force omnipotente, l’agence s’appuyait fortement sur les renseignements européens. Des données essentielles ont été fournies et partagées par le Club de Berne, notamment les adresses des suspects, les numéros de plaque d’immatriculation, les dossiers de vol, les factures d’hôtel et les relevés téléphoniques.

En réalité, les opérations d’assassinat du Mossad étaient des essais et des erreurs. Le chef du Mossad, Zvi Zamir a nommé Mike Harari, chef de la division des opérations “Caesarea”, pour commander les missions. Harari a recruté du personnel au sein du Mossad, des FDI et d’autres agences, dont certains se sont révélés peu adaptés à la mission.

L’unité d’opérations spéciales de l’agence, Kidon (“baïonnette” en hébreu), n’a été créée qu’après un échec ultérieur : un assassinat bâclé en 1973 à Lillehammer, en Norvège, au cours duquel la mauvaise personne a été tuée et six agents du Mossad ont été capturés.

Wael Zwaiter : la première cible

L’assassinat de Zwaiter à Rome, un mois après le massacre de Munich en 1972, n’était pas seulement un acte symbolique ; c’était aussi un triomphe de la coopération internationale en matière de renseignement. Le Mossad, qui n’avait pas réussi à détecter le complot terroriste des Jeux olympiques, est parvenu à localiser et à tuer Zwaiter en l’espace d’un mois, alors qu’il ne disposait pas encore d’une unité d’opérations spéciales officielle.

En juillet 1972, deux mois avant l’attentat de Munich, le Mossad avait prévenu les membres du Club de Berne, via Kilowatt, de l’imminence d’une opération terroriste impliquant trois individus, et identifié Zwaiter comme leur responsable.

Le 13 septembre 1972, huit jours après le massacre, le service de sécurité intérieure allemand (BfV) a confirmé que Zwaiter avait payé les notes d’hôtel à Salzbourg pour trois des attaquants, qu’il avait des contacts réguliers avec eux et qu’il avait séjourné à l’hôtel Eden-Wolff de Munich dans les semaines précédant le massacre. Selon le livre, ces renseignements ont été déterminants dans la décision d’Israël de le prendre pour cible.

Bien que certains aient par la suite décrit Zwaiter comme un poète et un intellectuel, connu pour avoir traduit “Les mille et une nuits” en italien et travaillé comme traducteur pour l’ambassade de Libye, le Mossad a insisté sur le fait qu’il était également le “représentant en Italie du Fatah”, impliqué dans le transfert d’armes, de fonds et de documents pour les opérations terroristes.


Deux policiers ouest-allemands portant des sweat-shirts d’athlètes se mettent en position sur le toit du village olympique de Munich, le 5 septembre 1972.

L’attentat de Paris : Mahmoud al-Hamchari

La cible suivante était le Dr Mahmoud Al-Hamchari, représentant de l’OLP à Paris. Les médias israéliens et étrangers ont affirmé qu’il avait été impliqué des années auparavant dans la planification ou le soutien d’opérations terroristes contre des cibles israéliennes en Europe. Les rapports transmis par le réseau Kilowatt ne contenaient aucune preuve permettant de le relier à de telles activités. Il est donc probable qu’il ait été considéré comme une “cible molle” - quelqu’un de relativement facile à atteindre - parce qu’il était moins prudent et n’accordait qu’une attention minimale à sa sécurité personnelle.

Al-Hamchari a reçu un appel téléphonique à son appartement. Quelques secondes plus tard, une bombe placée par le Mossad explose. Il est grièvement blessé, mais survit ; la charge avait été mal calculée. Transporté d’urgence à l’hôpital, il est interrogé par les services de renseignements français. Un rapport d’interrogatoire a été envoyé au Club de Berne et, naturellement, au Mossad.

Avant sa mort, Al-Hamchari a déclaré avoir reçu un appel d’une personne prétendant être un journaliste italien, lui demandant de le rencontrer au bureau de l’OLP. Il a quitté son appartement, mais son interlocuteur n’est jamais venu. On pense que le Mossad a profité de son absence pour s’introduire dans l’appartement et poser la bombe, déclenchée ensuite par un nouvel appel.


Zvi Zamir, chef du Mossad de 1968 à 1974. Zamir a déclaré que la campagne visait à perturber le réseau européen de l’OLP, et non à se venger.Photo Unité du porte-parole des FDI

Selon le livre de la Dre Guttmann, l’assassinat d’Al-Hamchari reflétait une décision plus large du gouvernement israélien de Golda Meir de prendre pour cible les représentants de l’OLP et du Fatah en Europe, sans tenir compte de leur lien direct avec le massacre de Munich.

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Le chef du Mossad, Zvi Zamir, s’est fait l’écho de ce raisonnement dans une interview accordée en 2005 à Haaretz, déclarant que la campagne n’était pas motivée par la vengeance, mais par un effort stratégique visant à démanteler l’infrastructure de l’organisation en Europe et à perturber sa capacité à perpétrer de futurs attentats.

Cette explication remet en cause l’idée largement répandue, véhiculée par les médias et même par certains chercheurs universitaires, selon laquelle les assassinats perpétrés par le Mossad étaient principalement motivés par la vengeance du massacre de 1972.

Le metteur en scène de théâtre devenu cible

Au cours des six mois suivants, le Mossad a assassiné quatre autres agents de l’OLP en Europe - à Chypre, à Rome (à nouveau) et à Paris. En réponse, l’OLP a lancé une vague d’attaques de représailles : lettres piégées, assassinats de diplomates israéliens et siège de l’ambassade d’Israël à Bangkok. Cette escalade du conflit de l’ombre entre le Mossad et les factions palestiniennes est connue sous le nom de “Bataille des barbouzes”.

L’un des points culminants de la coopération en matière de renseignement a eu lieu le 28 juin 1973, avec l’assassinat du ressortissant algérien Mohammad Boudia à Paris. Boudia, un personnage bohème plongé dans la vie nocturne de la ville, était le directeur d’un petit théâtre, connu pour son amour de l’art et des femmes. Il avait lutté contre la domination coloniale française en tant que membre du Front de libération nationale algérien et avait passé trois ans en prison. Après l’accord de paix, il s’est installé à Paris et a rejoint la lutte armée palestinienne.

La gestion du théâtre constituait une couverture idéale pour ses activités “terroristes”. Il était soupçonné d’agir pour le compte du Front populaire et d’avoir des liens avec des attentats commis en Italie et en Suisse.

« En France, tout en menant une vie sociale très active, il était également très prudent, utilisant fréquemment des déguisements et du maquillage provenant de son théâtre pour éviter d’être repéré », indique le livre de la Dre Guttmann. « Par exemple, il passait la nuit chez une femme et repartait le matin déguisé en vieille femme pour tromper les équipes de surveillance qui auraient pu le suivre. Autre précaution, il changeait fréquemment ses habitudes quotidiennes, voyageait beaucoup et, à Paris, passait ses nuits dans des endroits différents ».


Golda Meir, Premier ministre israélien de 1969 à 1974. Meir a autorisé une politique visant à cibler les agents de l’OLP en Europe, même s’ils n’étaient pas directement liés à l’attentat de Munich. Photo Sven Simon/Reuters

« Cependant, il y avait un élément constant dans sa vie, qui était son point faible : il conduisait toujours une Renault R16 grise avec une plaque d’immatriculation parisienne. Cette habitude était ce que le Mossad appelait son ‘point de capture’, la faiblesse qui lui permettrait d’organiser son exécution ».


Dans la nuit du 27 juin, Boudia est allé rendre visite à l’une de ses nombreuses petites amies. Pendant qu’il était à l’intérieur, des agents du Mossad se sont introduits dans sa Renault et ont placé une bombe sous le siège du conducteur. Quel que fût le déguisement utilisé par Boudia pour quitter l’appartement, le Mossad savait qu’il reviendrait toujours dans sa voiture. Comme prévu, une équipe de surveillance a confirmé que Boudia était entré dans le véhicule, et la bombe - conçue pour faire passer l’explosion pour un “accident de travail” - a été déclenchée à distance.

Regarder ailleurs

Quelques semaines seulement après l’assassinat de Mohammad Boudia, le Mossad a subi un revers majeur à Lillehammer, en Norvège.. Dans un tragique cas d’erreur d’identité, des agents ont tué Ahmed Bouchikhi, un innocent serveur marocain, après l’avoir confondu avec Ali Hassan Salameh, un important commandant de l’OLP et proche collaborateur de Yasser Arafat. Six agents du Mossad ont été arrêtés et emprisonnés.

Les recherches de Guttmann révèlent que le MI5 a peut-être contribué à l’erreur en envoyant au Mossad une photographie de Salameh. Malgré ce fiasco, le Mossad a continué à avoir accès au Club de Berne et à son précieux système Kilowatt.


L’une des six accusés du Mossad, Sylvia Rafael, se rendant dans la salle d’audience lors de son procès pour meurtre à la suite du fiasco de Lillehammer. Photo NTB / Alamy Stock Photo

Sylvia Rafael (1937-2005), libérée en 1975  après 2 ans de prison en Norvège, s’est mariée avec son avocat norvégien

« J’attribue cela à plusieurs raisons », explique la Dre Guttmann. eTout d’abord, l’Allemagne de l’Ouest, certainement, et peut-être d’autres, ont éprouvé un profond sentiment de culpabilité pour avoir échoué à empêcher le massacre de Munich. Mais plus généralement, les services de renseignement de toute l’Europe ont reconnu la valeur de la coopération et l’importance des contributions du Mossad à la lutte contre le terrorisme. Les renseignements qui transitent par le Club de Berne, en particulier ceux du Mossad, sont considérés comme essentiels pour contrer la menace croissante.

« Dans les années 1970, des groupes armés palestiniens faisaient exploser des bombes, détournaient des avions, assiégeaient des ambassades et tuaient des Européens. De nombreux gouvernements européens ont dû considérablement intensifier leur action à l’égard des Palestiniens soupçonnés de terrorisme.

« Deuxièmement, certains pays ont pu simplement approuver l’approche d’Israël. Pour certains responsables européens, tuer des terroristes avant qu’ils ne puissent frapper était considéré comme une politique légitime, bien qu’extrajudiciaire.

« Troisièmement, la coopération pouvait être tenue entièrement secrète. Cela permettait aux gouvernements européens de condamner officiellement les actions d’Israël tout en renforçant discrètement les liens de sécurité avec le Mossad. Si mon livre avait été publié dans les années 1970, il aurait provoqué un scandale majeur en Europe. Mais en réalité, j’ai conclu que rien n’a changé sur la chaîne Kilowatt : les agences de renseignement ont continué à fonctionner comme si de rien n’était, même si les politiciens se sont publiquement indignés ».

Les limites du Mossad, hier et aujourd’hui

Le livre de Mme Guttmann remet directement en question l’image populaire du Mossad en tant qu’agence de renseignement toute-puissante.

« Oui, absolument », dit-elle. « De plus, je pose une question sur les opérations d’assassinat ciblées menées aujourd’hui par l’unité Nili (une task force actuellement chargée de traquer les responsables de l’attentat du 7 octobre). Étant donné que le Mossad s’est fortement appuyé sur les services de renseignement européens pour mener à bien ses opérations dans les années 1970, je me demande si une aide similaire, ou au moins un soutien tacite, est fournie aujourd’hui par les services de renseignement de la région ou d’ailleurs.

« Mon livre montre que le Mossad n’aurait pas pu réussir seul. Il est probable que les opérations israéliennes modernes bénéficient d’un soutien en matière de renseignement - certainement de la part des Américains, peut-être des Européens, et peut-être même des services de renseignement arabes dans les pays qui ont normalisé leurs relations avec Israël, bien que cela reste spéculatif ».

Une heureuse faille dans le système d’archivage

Lorsqu’on lui demande comment elle a pu obtenir un accès sans précédent aux archives suisses, y compris à des documents contenant non seulement des secrets suisses mais aussi ceux d’autres nations, Mme Guttmann admet que la réponse n’est pas encore très claire.

« C’est une très bonne question, mais je ne connais pas vraiment la réponse », dit-elle. Une explication possible est que les documents ont été archivés sous les étiquettes “Kilowatt entrant” et “Kilowatt sortant”. Kilowatt était bien sûr le mot de code du canal de télécommunication crypté utilisé par le Club de Berne, mais seuls les professionnels du renseignement le savaient.

Il est possible que l’archiviste chargé d’accorder l’accès n’ait pas réalisé que “Kilowatt” faisait référence à un réseau multilatéral sensible d’échange de renseignements et que les dossiers contenaient bien plus que de simples documents suisses ».


Les armoiries du Club de Berne

 

 

YOSSI MELMAN
“Quel mal il y a à ça ?” : Comment Israël a formé et armé une milice gazaouie liée à Daech

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a approuvé cette opération secrète visant à soutenir une milice palestinienne pour garder l’aide humanitaire - tout en cachant la vérité au public


“Quel mal il y a à ça ?”

Yossi Melman, Haaretz, 11/6/2025
Traduit par Fausto GiudiceTlaxcala 

“Quel mal il y a à ça ?” Avec ces quatre mots soi-disant innocents, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a causé des dommages supplémentaires à toute chance de mettre fin à la guerre à Gaza et de restituer les otages. C’est ainsi qu’il a réagi la semaine dernière à la révélation du député Avigdor Lieberman selon laquelle les services de sécurité israéliens géraient une milice armée à Gaza, dont le personnel était affilié à Daech. Le chef de cette milice est Yasser Abou Shabab, membre d’une grande famille bédouine de Rafah.

Netanyahou a accusé Lieberman de révéler un secret d’État, mais en confirmant l’information, le premier ministre s’est lui-même rendu complice. Cela pourrait entraver les efforts futurs des services de renseignement israéliens pour recruter des agents et des collaborateurs.



Photo tirée de Facebook montrant des miliciens d’Abou Shabab. Ils ont été formés par le Shin Bet.

Selon Tamir Hayman, ancien chef de la direction du renseignement militaire et actuel directeur exécutif de l’Institut d’études de sécurité nationale de Tel-Aviv, « toute la force de cette idée réside dans la dissimulation de toute action de ce type, de manière à la faire paraître authentique et populaire, motivée par la souffrance des habitants de Gaza des habitants de Gaza qui en ont assez du régime du Hamas ».

L’idée d’armer le clan Abou Shabab n’est pas nouvelle - elle a été évoquée peu après le massacre du 7 octobre. Cette décision a été prise par défaut, dans les deux sens du terme. En déclarant que Gaza « ne sera ni le Hamastan ni le Fatahstan », Netanyahou a condamné l’Autorité palestinienne et a rejoint le programme d’annexion et de transfert de population de Bezalel Smotrich, non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie.

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Le vide créé à Gaza par la perte de gouvernance du Hamas suite aux succès des Forces de défense israéliennes sur le champ de bataille a également été renforcé par le refus du gouvernement Netanyahou d’autoriser les forces des pays arabes modérés tels que l’Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite à pénétrer dans la bande de Gaza. C’est ainsi qu’Israël s’est retrouvé désespérément à la recherche d’une alternative pour nourrir 2,2 millions de bouches affamées.

Face à ces contraintes imposées par Netayahou et son gouvernement d’extrême droite, le ministre de la défense Yoav Gallant, qui a démissionné il y a quelques mois, a eu l’idée de mettre en place un régime des milices et des clans dans la bande de Gaza. Gallant avait déclaré qu’Israël devrait utiliser des éléments locaux, affiliés à Ramallah et coordonnés avec l’(in)Autorité palestinienne. En d’autres termes, Gallant essayait d’introduire l’(i)AP par des moyens détournés.

Troisième tentative

Gallant et l’establishment de la défense ont tenté d’exécuter ce mouvement pour la première fois en février 2024. Cependant, lorsque des camions transportant de l’aide humanitaire sont entrés dans l’enclave, ils ont été attaqués par le Hamas et la tentative de les protéger a échoué. Un autre échec s’est produit lorsqu’Israël a tenté de mettre en place une milice armée issue du même clan dans les camps de réfugiés du centre de Gaza. C’est la troisième fois qu’Israël tente le même coup, cette fois-ci après l’occupation de Rafah par ses troupes.

Il y a environ un an, des agents de terrain du district sud du service de sécurité Shin Bet ont reformulé l’idée en action opérationnelle. Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, a soutenu le plan, qui a été approuvé par Netanyahou et le ministre de la défense, Israel Katz. Les ministres du gouvernement ont été tenus dans l’ignorance. À cette époque, le chef de district, A., a pris sa retraite du Shin Bet après avoir assumé la responsabilité de l’échec du 7 octobre. Il a été remplacé par S., qui a commencé à faire avancer le plan et, en octobre 2024, il a été décidé de le mettre en pratique.


Soldats des FDI de la brigade Golani opérant dans la zone de Rafah, à Gaza.

Le plan a été soutenu par les FDI, à l’époque sous le commandement du chef d’état-major Herzl Halevi, par le nouveau chef de la direction du renseignement militaire, le général de division Shlomi Binder, et par le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, le général de division Ghassan Alian. Un autre grand partisan de l’initiative était le général de division Roman Gofman, secrétaire militaire de Netanyahou.

Les instructeurs du Shin Bet ont formé les membres du clan Abou Shabab et les ont équipés d’armes légères - fusils d’assaut Kalachnikov et armes de poing - saisies au Hamas depuis le début de la guerre de Gaza. Après que l’organisation non gouvernementale Hatzlaha a menacé de saisir la justice, les FDI ont fourni des données partielles sur le nombre d’armes à feu légères saisies depuis le début de la guerre : quelque 2 500 fusils et armes de poing. Israël verse également des salaires aux miliciens, grâce à l’argent confisqué depuis le début de la guerre - les FDI ont saisi plus de 100 millions de shekels (environ 24 millions d’€) en différentes devises.

La tâche principale de la milice est de sécuriser le transfert de l’aide humanitaire vers les centres d’approvisionnement alimentaire et d’empêcher le Hamas de la piller [sic; lisez : la distribuer]. La question de l’aide humanitaire est également entourée de mystère et se déroule de manière détournée, caractéristique du gouvernement de Netanyahou depuis le début de la guerre. Israël a décidé de mettre fin aux activités de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, parce que certains de ses employés palestiniens étaient des activistes du Hamas ou coopéraient avec l’organisation. Israël a également eu du mal à mobiliser les organisations d’aide internationale parce qu’elles refusaient de coopérer avec lui. En outre, certains ministres du gouvernement, principalement ceux contrôlés par l’extrême droite messianique, ont appelé à affamer les habitants de Gaza.


Roman Gofman, secrétaire militaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’un événement.

C’est ainsi qu’Israël s’est retrouvé pris au piège. En raison de la pression exercée par l’administration Trump, qui a promis qu’il ne laisserait pas les habitants de la bande de Gaza mourir de faim, Israël a dû proposer une solution de type “Israbluff”. Netanyahou et ses ministres se sont engagés à ce que le contribuable israélien ne finance pas l’acheminement de nourriture et de médicaments aux habitants de Gaza, mais très vite ils n’ont pas tenu leur promesse.

Afin de cacher la vérité au public et de minimiser l’embarras des ministres d’extrême droite, il a été décidé de dissimuler le fait que le ministère des finances avait déjà alloué quelque 700 millions de shekels [=168 M€] à cette entreprise. Au lieu de cela, le gouvernement présente faussement l’argent comme provenant d’une d’une organisation non gouvernementale basée en Suisse. Cette organisation a engagé une société de sécurité usaméricaine qui emploie des vétérans de l’armée et d’agences de sécurité US.

Mais une fois de plus, c’est Lieberman qui a démasqué le mensonge. Il a déclaré que le Mossad, spécialisé dans la création de sociétés écrans anonymes, était à l’origine de l’organisation suisse et de son enregistrement à l’étranger (le Mossad s’est refusé à tout commentaire). Il a également été affirmé que des magnats juifs usaméricains affiliés à la droite israélienne ont contribué aux activités de l’organisation et lui ont peut-être aussi fourni un financement provisoire.

Cet exercice détourné du ministère des finances, qui manque de transparence et frise la criminalité, découle de la volonté de contourner la loi sur les procédures d’appel d’offres. Selon cette loi, le ministère aurait dû annoncer un appel d’offres international, afin que plusieurs entreprises puissent concourir pour le contrat.

Mercenaires

Abou Shabab, le chef de la milice, qui est âgé d’une trentaine d’années, était à la tête d’une bande criminelle composée de trafiquants d’armes et de drogue et de voleurs de nourriture et d’équipement. Bien qu’il soit douteux qu’Abou Shabab, âgé d’une trentaine d’années, ait une idéologie politique ou religieuse, son nom et celui de plusieurs de ses hommes ont déjà été associés à Daech.

Certains membres de la milice étaient auparavant des partisans du Fatah qui s’opposaient au Hamas et étaient emprisonnés dans les prisons de la bande de Gaza. Dans le chaos créé par la guerre, des centaines d’entre eux ont réussi à s’échapper. Avant et pendant la guerre, le Hamas a exécuté certains membres du clan Abou Shabab pour avoir coopéré avec Israël. Abou Shabab a également fait des allers-retours dans les prisons du Hamas. Il est donc plus probable que la milice ait également des liens avec les agences de sécurité de l’Autorité palestinienne, qui continuent à coopérer étroitement avec Tsahal et le Shin Bet.


Des membres du Hamas se préparent à exécuter des Palestiniens qu’ils soupçonnent de collaborer avec Israël, en 2014. Photo Reuters

Il s’agit d’une milice mercenaire similaire à celles mises en place par les régimes coloniaux. La France y a eu recours en Algérie et en Syrie, les Britanniques dans leurs colonies d’Afrique et d’Asie, et les USA par l’intermédiaire de la CIA au Vietnam, en Afghanistan et en Irak. Israël a agi de la même manière dans les années 1970 lorsqu’il a mis en place les ligues villageoises palestiniennes en Cisjordanie, les Phalangistes et l’Armée du Sud-Liban au Liban, ainsi que des vigies villageoises sur les hauteurs du Golan syrien, à proximité de la frontière israélienne. Dans la plupart des cas de ce phénomène en Israël et dans le monde, la création de milices composées de collaborateurs et de mercenaires a échoué.

3J’ai du mal à comprendre la logique qui sous-tend cette expérience vouée à l’échec », dit Michael Milshtein, chercheur au centre Moshe Dayan d’études moyen-orientales et africaines de l’université de Tel-Aviv, ancien colonel et chef du département des affaires palestiniennes au sein de la division de recherche des services de renseignement de l’armée. « Nous ne devons pas oublier la nature de ce gang et éviter d’imaginer un Robin des Bois gazaoui - ce qui a déjà été dit dans certains cercles - et nous devons nous souvenir des précédents historiques amers où nous avons fait des affaires avec des éléments douteux qui se sont rapidement retournés contre nous, comme les phalangistes au Liban ».


Michael Milshtein, chercheur au Centre Moshe Dayan d’études moyen-orientales et africaines de l’Université de Tel-Aviv. Photo : Tomer Appelbaum

« En général, il vaut mieux s’abstenir de tenter d’influencer la pensée de nos ennemis et de jouer les faiseurs de roi. Le Hamas est en effet blessé comme jamais auparavant, mais il vaut mieux éviter les éloges funèbres prématurés (comme ce fut le cas à de nombreuses reprises au cours de cette guerre, lorsque les signes de l’effondrement du groupe semblaient évidents). Même si nous supposons que le Hamas finira par s’effondrer, il vaut mieux penser à ce qui se passerait si Gaza se remplissait de groupes semblables à celui d’Abou Shabab - une réalité qui nous rappelle la Somalie ».

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Bien que Hayman ait également des doutes quant au succès de cette initiative, il est prêt à lui donner une chance. « Je ne suis pas un puriste. L’Autorité palestinienne est faible et dépourvue de tout cadre politique sérieux, et toutes les initiatives et possibilités visant à stabiliser Gaza doivent être poursuivies », dit-il. « Toutefois, ajoute-t-il, je suis conscient que toute tentative israélienne de façonner le Moyen-Orient, à l’instar des efforts israéliens au Liban dans les années 1970 et 1980 et en Syrie pendant la guerre civile il y a dix ans, est vouée à l’échec. Seules les superpuissances peuvent le faire. Nous sommes trop petits pour le faire ». L’ancien chef de la direction du renseignement militaire estime que la création de la milice « est une mission tactique qui permet une activité opérationnelle, et rien de plus ».

Le bureau du Premier ministre n’a pas répondu à la demande de Haaretz. Les porte-parole de Tsahal et du Shin Bet se sont refusés à tout commentaire.


MOSTAFA GHAHREMANI
Nuclear Deterrence Is Also Our Inalienable Right

Mostafa Ghahremani, 13/6/2025

The author is an Iranian-born German surgeon.

The peaceful use of nuclear energy is not the only inalienable right we claim. In a region marked by persistent military tensions and security instability—where the Israeli regime, with its nuclear arsenal, stands as the main source of aggression and unrest—developing deterrent capabilities is a matter of national sovereignty and strategic survival.

As long as this regime—accused of war crimes and backed by powerful extra-regional actors—continues to undermine the foundations of peace, stability, and sustainable development in the region, the pursuit of credible deterrence mechanisms becomes a security imperative and geopolitical necessity.

In the absence of a comprehensive regional disarmament agreement, any unilateral renunciation of this effective deterrent option would be a grave strategic error.

Without adequate and optimized defensive and deterrent capabilities, Iran risks being reduced to a defenceless target, fragmented and exploited by regional and global rivals.

The "American Goat" and the "Persian Garden"!

The United States and Trump must give up the fantasy that their inspectors could interfere with or make decisions about our peaceful nuclear program on Iranian soil.

We will most certainly not yield even a single inch of our sovereign rights.

Just as Ayatollah Khomeini once stood up against the disgraceful Capitulation Law — which granted special privileges to American soldiers in our country — so too today, the "Iranian forest" is certainly not empty of lions!

We will never allow the American "goat" to become the gardener of the Persian garden.

MOSTAFA GHAHREMANI
La dissuasion nucléaire aussi est notre droit inaliénable !

Mostafa Ghahremani, 13/6 /2025

L'auteur est un chirurgien allemand d'origine iranienne

L’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire ne fait pas seulement partie de nos droits inaliénables. Dans une région marquée par des tensions militaires et des incertitudes en matière de sécurité – et où le régime israélien, avec son arsenal nucléaire, est considéré comme le principal acteur de l’agression et de l’instabilité –, la capacité de dissuasion est un élément central de la souveraineté nationale et de l’affirmation stratégique.

Tant que ce régime, accusé de crimes de guerre et soutenu par de puissants acteurs suprarégionaux, continuera de saper les fondements de la paix, de la stabilité et du développement durable dans la région, la mise en place de mécanismes de dissuasion crédibles restera une nécessité sécuritaire et géopolitique.

Renoncer unilatéralement à cet instrument, en l’absence d’un accord régional global sur le contrôle des armements, serait une grave erreur stratégique.

Sans capacités de défense et de dissuasion suffisantes, l’Iran risque à long terme d’être écrasé et divisé comme une victime sans défense entre les intérêts de rivaux régionaux et mondiaux.

La “chèvre yankee” et le “jardin persan” !

 Les USA et Trump devraient oublier le rêve que leurs inspecteurs puissent décider ou interférer avec notre programme nucléaire pacifique sur le sol iranien. Nous ne renoncerons certainement pas d'un millimètre à nos droits souverains. Si l'ayatollah Khomeini s'est autrefois rebellé contre la honteuse Loi de capitulation – qui accordait des droits spéciaux aux soldats usaméricains dans notre pays –, alors, aujourd'hui encore, la « forêt iranienne » n'est certainement pas exempte de lions ! Nous ne laisserons jamais la « chèvre » yankee devenir le jardinier du jardin persan.

MOSTAFA GHAHREMANI
Auch die nukleare Abschreckung ist unser unveräußerliches Recht!

Mostafa Ghahremani, 13.6.2025

Der Autor ist ein deutscher Chirurg iranischer Herkunft.

Nicht nur die friedliche Nutzung der Kernenergie gehört zu unseren unveräußerlichen Rechten. In einer Region, die durch militärische Spannungen und sicherheitspolitische Unsicherheiten geprägt ist – und in der das israelische Regime mit seinem Atomwaffenarsenal als Hauptakteur von Aggression und Instabilität gilt –, ist die Fähigkeit zur Abschreckung ein zentrales Element nationaler Souveränität und strategischer Selbstbehauptung.

Solange dieses Regime, das wegen Kriegsverbrechen angeklagt ist und von mächtigen überregionalen Akteuren unterstützt wird, die Grundlagen für Frieden, Stabilität und nachhaltige Entwicklung in der Region untergräbt, bleibt die Entwicklung glaubwürdiger Abschreckungsmechanismen eine sicherheits- und geopolitische Notwendigkeit.

Einseitiger Verzicht auf dieses Instrument – in Abwesenheit eines umfassenden regionalen Rüstungskontrollabkommens – wäre ein schwerer strategischer Fehler.

Ohne ausreichende Verteidigungs- und Abschreckungskapazitäten droht Iran langfristig, wie ein wehrloses Opfer zwischen den Interessen regionaler und globaler Rivalen zerrieben und aufgeteilt zu werden.

Die "amerikanische Ziege" und der "persische Garten"!

Die USA und Trump sollen sich diesen Traum abschminken, dass ihre Inspektoren auf iranischem Boden über unser friedliches Atomprogramm entscheiden oder darin eingreifen könnten.

Wir werden ganz gewiss keinen Millimeter von unserem souveränen Recht abrücken.

Wenn einst Ayatollah Khomeini gegen das schändliche Kapitulationsgesetz – das amerikanischen Soldaten in unserem Land Sonderrechte einräumte – aufstand,so ist auch heute der „iranische Wald“ gewiss noch nicht frei von Löwen!

Wir werden niemals zulassen, dass die amerikanische "Ziege" zum Gärtner des persischen Gartens wird.

!بازدارندگی هسته‌ای نیز حق مسلم ماست

 مصطفی قهرمانی

نه‌فقط استفاده صلح‌آمیز از انرژی هسته‌ای حق مسلم ماست، بلکه در جغرافیایی به‌شدت امنیتی و نظامی‌شده ــ جایی که بزرگ‌ترین عامل تجاوز و ناآرامی در منطقه، یعنی رژیم اسرائیل با زرادخانه هسته‌ای خود، عملاً صلح، آرامش و امکان توسعه پایدار را از ملت‌ها و دولت‌های منطقه سلب کرده است ــ بهره‌گیری از این ابزار در راستای بازدارندگی و ایجاد مقاومت و تاب‌آوری در برابر تجاوزها و ددمنشی‌های رژیمی متهم به جنایت جنگی و حامیان فرامنطقه‌ای آن، یک حسابگری سیاسی ـ نظامیِ لازم و اجتناب‌ناپذیر است

مادامی‌که یک برنامه جامع و فراگیر محدودسازی تسلیحاتی در منطقه شکل نگیرد، چشم‌پوشی یکجانبه از این امکان بازدارندگیِ مؤثر، خطای استراتژیک نابخشودنی خواهد بود

ایران، در فقدان قابلیت‌های دفاعی و بازدارندگی لازم و بهینه، در نهایت همانند گوشت قربانی، بین رقبای منطقه‌ای و فرامنطقه‌ای تقسیم و تجزیه خواهد شد

!"بُز امریکایی" ‌و "باغ ایرانی"

امریکا و ترامپ باید این آرزو را با خود به گور ببرند که بازرسان‌شان در خاک ایران در باره صنعت صلح‌آمیز هسته‌ای ما تصمیم‌گیری یا دخالت کنند
ما بی‌هیچ تردیدی از حق حاکمیتی خود کوتاه نخواهیم آمد.
اگر روزی آیت‌الله خمینی در برابر قانون ننگین  کاپیتولاسیون -که امتیاز ویژه‌ای برای نظامیان امریکایی در میهن ما قائل بود- قیام کرد، امروز نیز "بیشه ایرانی" هنوز از شیر خالی نشده است.
ما هرگزاجازه نخواهیم داد که "بُز" امریکایی باغبان باغ ایرانی
شود

MURTAZA HUSSAIN
Israël attaque l’Iran et promet une opération militaire de grande envergure

Alors que les négociations sur le nucléaire piétinent, les autorités usaméricaines nient que Washington ait été impliqué dans les frappes

Murtaza Hussain, Drop Site News, 13/6/2025
Traduit par Fausto GiudiceTlaxcala 


Un immeuble endommagé dans la capitale iranienne, Téhéran, à la suite d’une attaque, le 13 juin 2025. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé qu’Israël avait mené des frappes sur l’Iran. (Photo par Ahmet Dursun/Anadolu via Getty Images)

Israël a attaqué l’Iran tôt vendredi matin, ciblant la capitale Téhéran et d’autres parties du pays avec de multiples frappes aériennes dans le cadre d’une escalade dramatique de sa guerre régionale. Des explosions ont été signalées dans des villes abritant des sites majeurs liés au programme nucléaire iranien. Les premiers rapports indiquent qu’Israël pourrait avoir visé les domiciles de responsables politiques et militaires iraniens, ainsi que des personnalités liées à son programme nucléaire. La télévision d’État iranienne a indiqué qu’un certain nombre de hauts responsables avaient été tués, dont le commandant en chef du corps des gardiens de la révolution islamique, Hossein Salami.

Selon le New York Times, les attaques ont visé au moins six bases militaires autour de Téhéran, dont le complexe militaire iranien de Parchin. La télévision d’État iranienne a montré que deux immeubles résidentiels s’étaient effondrés, faisant de nombreux morts et blessés, dont au moins un enfant.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a qualifié l’attaque, baptisée “Opération Lion dressé”*, de “frappe préventive”, avant de déclarer l’état d’urgence général en Israël en prévision d’une probable riposte iranienne. Dans un discours prononcé jeudi soir, Netanyahou a détaillé une opération militaire de grande envergure visant les infrastructures nucléaires et de missiles iraniennes, affirmant qu’elle était nécessaire pour empêcher l’Iran de fabriquer des armes nucléaires et promettant que les frappes se poursuivraient « pendant autant de jours qu’il le faudra ». Netanyahou a affirmé que les attaques avaient permis de frapper la principale installation d’enrichissement d’uranium de l’Iran à Natanz, les scientifiques nucléaires iraniens impliqués dans le développement d’armes, ainsi que le programme de missiles balistiques de l’Iran.

*Baptisée en anglais “Rising Lion”, l'opération a été appelée en hébreu “Im Klavi”, “Avec Caleb”, tiré des paroles de Balaam ben Beor : “Voici, le peuple de Caleb se lèvera et se couchera comme un lion ; il ne se couchera pas avant d'avoir dévoré sa proie et bu le sang de l'innocent” (Nombres, chapitre 23, verset 24). Caleb était le seul des 12 éclaireurs-espions envoyés par Moïse à Canaan lors de la sortie d'Égypte estimant que cette terre était colonisable. [NdT]

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« Suite à l’attaque préventive de l’État d’Israël contre l’Iran, une attaque de missiles et de drones contre l’État d’Israël et sa population civile est attendue dans l’immédiat », a également déclaré Katz dans un communiqué. Des responsables israéliens ont indiqué que le pays pourrait subir « une attaque importante en provenance de l’est » dans les prochaines heures, probablement sous la forme d’un tir de barrage de missiles iraniens en représailles. Israël a fermé son espace aérien et l’aéroport international Ben Gourion de Tel Aviv a interrompu les vols à l’arrivée et au départ. L’agence de presse iranienne Tasnim a rapporté que les autorités avaient suspendu les vols à l’aéroport international Imam-Khomeini, qui n’a pas été touché par les attentats.

Les attentats surviennent après que les USA ont annoncé le retrait du personnel de leurs ambassades et consulats au Moyen-Orient et que le président Donald Trump a laissé entendre qu’une attaque israélienne contre l’Iran pourrait avoir lieu dans un avenir proche. Malgré ces préparatifs, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré jeudi que « les USA n’étaient pas impliqués dans les frappes ». Pourtant, selon le Times of Israel, l’armée israélienne affirme qu’elle coordonne ses actions avec les USA. Dans sa déclaration, Rubio a indiqué qu’ »Israël nous a fait savoir qu’il pensait que cette action était nécessaire à son autodéfense », ajoutant un avertissement à l’Iran pour qu’il « ne prenne pas pour cible les intérêts ou le personnel USA ».

Un immeuble endommagé sur le boulevard Farahzadi dans la capitale iranienne, Téhéran, à la suite d’Une attaque, le 13 juin 2025. (Photo : Fatemeh Bahrami/Anadolu via Getty Images)

L’attaque israélienne intervient après que les pourparlers entre les USA et l’Iran se sont enlisés en raison des nouvelles exigences des USA concernant le démantèlement total du programme nucléaire iranien. Bien que les responsables usaméricains aient nié avoir participé aux frappes actuelles, l’opération risque maintenant d’entraîner les USA dans une guerre plus vaste, Israël se préparant à de probables représailles iraniennes tout en étendant sa propre campagne d’attaques à l’ensemble de l’Iran.

Bien que l’objectif déclaré de l’opération israélienne soit de faire reculer les efforts nucléaires iraniens, il y a des raisons d’être sceptique quant à cet objectif. Bien avant la vague actuelle de frappes, les services de renseignement usaméricains et d’autres analystes avaient souligné la capacité limitée des frappes israéliennes à détruire ou à faire reculer de manière significative le programme nucléaire iranien. Contrairement aux installations nucléaires qu’Israël a frappées par le passé en Irak et en Syrie, le programme iranien est plus avancé, fortifié et réparti sur un territoire beaucoup plus vaste. Les principales installations nucléaires iraniennes, comme Natanz et Fordow, sont également construites sous des couches de béton et de granit fortifiés - dans certains cas, elles sont littéralement encastrées dans des montagnes - ce qui les rend impossibles à détruire par toute capacité militaire israélienne conventionnelle connue.

L’incapacité probable d’Israël à détruire complètement le programme, malgré sa capacité à frapper diverses cibles en Iran, a conduit certains experts militaires à conclure que le véritable objectif de toute attaque est simplement de donner le coup d’envoi d’une guerre régionale de plus grande ampleur, dont l’issue n’est pas déterminée. Une telle guerre pourrait entraîner les USA en tant que participants, notamment pour défendre Israël contre les représailles iraniennes, même à un moment où des segments de l’administration Trump et de sa base politique intérieure expriment une frustration intense à l’égard de la poursuite des conflits au Moyen-Orient.

« Les gouvernements israélien et américain, ainsi que nos services militaires et de renseignement respectifs, sont pleinement conscients que les frappes aériennes israéliennes sur l’Iran ne vont pas réussir à détruire le programme nucléaire iranien. Il s’agit d’installations souterraines dispersées dans un vaste pays et d’un capital humain qui sait comment reconstruire les choses. Tout au plus, de telles attaques retarderaient les progrès pendant plusieurs mois, voire moins d’un an », a déclaré Harrison Mann, ancien major de l’armée usaméricaine et ex-directeur exécutif de la Defense Intelligence Agency (DIA) pour le centre régional Moyen-Orient/Afrique. « La seule chose que l’on peut réellement obtenir en essayant de bombarder les sites nucléaires iraniens est de provoquer des représailles de la part de l’Iran, ce qui contribuerait à faire dégénérer la situation en une guerre plus importante et à attirer les USA. C’est ce à quoi tend tout effort supposé POUR bombarder le programme nucléaire iranien ».

Mann, qui a démissionné de son poste à la DIA l’année dernière pour protester contre la politique usaméricaine à Gaza, a ajouté qu’une campagne aérienne visant le programme nucléaire iranien nécessiterait probablement l’envoi de troupes au sol pour vérifier si le programme a effectivement été détruit. Elle pousserait également l’Iran à se retirer de son engagement actuel envers le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et à mettre au point une bombe, une mesure dont les responsables iraniens ont déclaré ces derniers jours qu’elle était envisagée au cas où ils seraient attaqués.

« L’Iran n’a jamais fabriqué d’arme nucléaire. C’est un choix que les dirigeants successifs de ce pays ont fait », a déclaré Mann. « Mais le moyen de s’assurer qu’ils essaient de se doter d’une arme nucléaire est de leur faire sentir qu’ils n’ont pas d’autre choix ».


Les marchands yankees de T-shirts ont réagi au quart de tour

Une guerre éternelle

La guerre actuelle a commencé après que les négociations nucléaires entre les USA et l’Iran ont commencé à s’enliser sur la question de l’autorisation pour l’Iran de maintenir l’enrichissement nucléaire à des fins énergétiques civiles. En avril, l’émissaire usaméricain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a indiqué publiquement qu’un tel arrangement pourrait être acceptable pour les USA, à condition que l’exigence de Trump que l’Iran ne développe pas d’arme nucléaire soit respectée. Après que les Iraniens ont exprimé leur accord avec ces conditions dans des déclarations publiques, la position usaméricaine a commencé à changer rapidement. Ces derniers jours, Witkoff et d’autres membres de la faction néoconservatrice de l’establishment de la politique étrangère de Washington ont commencé à exiger à la place un démantèlement à la libyenne de l’ensemble du programme nucléaire iranien - une question que Téhéran avait déjà indiquée comme une ligne rouge qui détruirait la possibilité d’un accord diplomatique.

« Les USA récoltent ce qu’ils ont semé en 2018. Nous avions un accord - pas un accord parfait, mais un bon accord que les Iraniens mettaient pleinement en œuvre », a déclaré Sina Azodi, spécialiste des relations internationales et de la politique du Moyen-Orient à l’université George Washington. « Mais Donald Trump est arrivé, s’est retiré de l’accord et a calculé à tort que l’Iran reviendrait et supplierait pour un meilleur accord. Tout ce qu’il pensait s’est avéré faux ».

En fonction de la manière dont le cycle d’attaques et de représailles se déroule, un conflit avec l’Iran pourrait dominer le programme politique de la seconde administration Trump. Les responsables israéliens de la sécurité étaient divisés sur la question de savoir s’il fallait procéder à une attaque sans le soutien des USA, mais ils s’attendent depuis longtemps à ce qu’une confrontation militaire prolongée avec l’Iran nécessite une aide importante des USA, que ce soit sous la forme d’opérations militaires directes, de soutien en matière de renseignement, de logistique ou d’aide à la défense et à la dissuasion contre les contre-attaques de l’Iran et de ses alliés.

Les frappes actuelles, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré qu’elles se poursuivraient « aussi longtemps que nécessaire », pourraient bien déclencher le processus d’une guerre plus vaste. Un rapport publié cette année par le Washington Institute for Near East Policy (WINEP), un organisme néoconservateur, a reconnu que les frappes aériennes ne seraient que la première phase d’un conflit beaucoup plus vaste, affirmant que « des actions secrètes et des frappes militaires visant à perturber et à retarder les efforts de reconstruction pourraient s’avérer nécessaires dans les mois et les années suivant une première attaque ».

Trois  des hauts responsables iraniens qui ont été tués : le général Hossein Salami (à gauche), commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique, Mohammad Mehdi Tehranchi (au centre), physicien nucléaire et recteur d'université, et Fereydoon Abbasi (à droite), ancien chef du programme nucléaire.

Trois autres victimes : de g. à dr. le 
général de brigade Amir Ali Hajizadeh, commandant de la Force aérospatiale de l'armée des Gardiens de la révolution islamique, le Lieutenant-général Mohammad Bagheri,  chef d'État-major des Forces armées iraniennes et sa fille Fereshteh Bagheri, journaliste

Effets de représailles

L’année dernière, l’Iran a lancé deux barrages de missiles contre Israël à la suite d’autres attaques israéliennes. Mais les analystes de la sécurité affirment que ces attaques ont été soigneusement calibrées et télégraphiées à l’avance afin de gérer le niveau d’escalade et d’éviter qu’une véritable guerre n’éclate.

À la suite des graves attaques israéliennes contre son programme nucléaire, l’Iran est désormais confronté à un choix : capituler, riposter ou se retirer du TNP et se précipiter vers l’arme nucléaire. Compte tenu de la nature des capacités militaires de l’Iran, qui reposent d’une part sur le parrainage de milices non étatiques qui mènent une guerre sous-conventionnelle et d’autre part sur une flotte massive de missiles balistiques et hypersoniques, la capacité de l’Iran à riposter d’une manière mesurée qui crée un effet dissuasif sans entraîner une escalade vers une guerre majeure est limitée.

« Les capacités de frappe de l’Iran sont fortement optimisées pour deux scénarios : des opérations discrètes en deçà du seuil des grandes campagnes militaires, ou une confrontation totale. En avril dernier, son attaque était très performante, alors qu’en octobre, il a décidé de montrer certaines de ses capacités haut de gamme », a déclaré Shahryar Pasandideh, un analyste de la sécurité spécialisé dans les questions de défense. « Mais cette fois, si Israël attaque l’Iran, les Iraniens pourraient riposter en s’attaquant à des cibles qualitativement différentes ».

L’Iran peut également choisir de ne pas riposter de manière soutenue aux attaques d’Israël s’il décide qu’une meilleure riposte serait de se retirer du TNP, d’expulser les inspecteurs nucléaires et de se doter d’une arme nucléaire. Cela signifierait que la réaction cinétique immédiate de l’Iran pourrait être limitée, tandis que le pays se préparerait plutôt à développer une bombe en dehors de toute surveillance internationale.

« Si les sites nucléaires iraniens font l’objet d’attaques de grande envergure et non symboliques, et que les Iraniens décident de se doter d’une arme nucléaire en réponse, il n’est pas très logique de procéder à des attaques de missiles en représailles », a ajouté Pasandideh. « On en revient aux capacités de frappe. Si vous voulez utiliser une arme nucléaire en réponse à une attaque, il serait préférable de limiter vos représailles à une campagne de frappes de missiles d’un ou deux jours, puis de garder le reste de vos forces pendant plusieurs mois ou un an, jusqu’à ce que vous ayez reconstruit ce que vous avez perdu et que vous soyez en mesure d’utiliser une arme nucléaire ».

En fonction de sa durée, la guerre pourrait finir par provoquer des scissions au sein de la coalition de Trump, divisée entre les partisans de l’Amérique d’abord, opposés à de nouvelles guerres au Moyen-Orient, et les néoconservateurs, pour qui l’attaque de l’Iran est un objectif de longue date. Si la guerre se poursuit pendant une longue période, la capacité des USA à éviter un conflit plus important diminuera, et la pression exercée par Israël sur les USA pour qu’ils interviennent et l’aident à poursuivre sa campagne ne fera qu’augmenter.

« Il n’y a pas d’option israélienne viable sans une étroite coordination avec les USA. Toute campagne israélienne de longue durée a besoin des USA dans un rôle central», dit Trita Parsi, vice-présidente exécutive du Quincy Institute for Responsible Statecraft (Institut Quincy pour une gestion responsable des affaires publiques). « Les Israéliens ne sont pas en train de vendre seulement la guerre aux USA, ils leur vendent une guerre sans fin ».

 

Ismael Hammad, Jordanie