Quand on a appris que cinq Palestiniens avaient été tués ce
soir-là par des soldats à Naplouse, il est allé avec des amis protester près de
la tour de garde de l'armée qui se dresse au-dessus de son village. Il a mis le
feu à un pneu, puis des tireurs d'élite ont tué Qusai Tamimi, 19 ans, à une
distance de plusieurs dizaines de mètres.
Le père endeuillé Mahmoud Tamimi. « Le moment approche
où le peuple palestinien lancera une guerre de libération. Ça ne prendra pas
beaucoup plus de temps ».
La maison la plus proche de la tour de garde de l'armée
appartient à Mohammed Tamimi, un fermier de 83 ans qui élève des abeilles et
des poulets et cultive également des’ oliviers – le tout dans sa petite cour.
Un panneau sur la porte de fer offre du “miel de montagne” à vendre. Tamimi
nous exhorte à regarder les ruches que les soldats israéliens ont démolies au
fil des ans, la Subaru de 1986 qu'ils ont incendiée et les nombreuses
cartouches de gaz lacrymogène répandues parmi les oliviers. Il n'est pas facile
de vivre dans une maison attenante à une tour de garde surveillant un petit
village palestinien qui a choisi la voie de la résistance non violente et y a
persévéré depuis 13 ans.
Tamimi a construit sa maison à Nabi Saleh en 1965, avant
l'occupation israélienne, et y vit avec sa femme âgée de 75 ans. Les Forces de
défense israéliennes ont construit la tour fortifiée il y a 20 ans, pendant la
deuxième Intifada. Depuis lors, la route menant au nord du village a été
bloquée par des soldats stationnés dans la tour, tyrannisant les locaux jour et
nuit par leur simple présence criminelle.
Nous aussi, nous sommes maintenant observés. Trois soldats
se tiennent en haut de la tour, d'où la bannière rouge et blanche des parachutistes
flotte fièrement, et ils nous regardent à travers des jumelles. On est à
environ 70 mètres. À mi-chemin entre nous se trouve la porte de fer verrouillée
qui mène au village – la porte était jaune, comme la plupart des portes des
localités palestiniennes en Cisjordanie, maintenant elle est noircie par le
feu.
Il y a environ deux semaines, alors qu'un autre groupe de
personnes se tenait ici, en face des soldats, les troupes n'ont pas hésité à
tirer et à tuer l'un d'eux après qu'il eut osé mettre le feu à un pneu pour
protester contre les événements qui s’étaient déroulés le soir même à Naplouse.
Tamimi et sa femme se réveillèrent effrayés en entendant les coups de feu. Il
dit qu'il est souvent tiré de son sommeil par des soldats grimpant sur son
toit, se comportant comme si l'endroit était à eux.
Nabi Saleh, un ancien village du centre de la Cisjordanie,
se trouve en face de la colonie de Halamish – qui a été construite sur les
terres du village. La protestation ne s'est jamais arrêtée ici. Cinq drapeaux
palestiniens ont été hissés aux abords du village, comme pour défier les colons
halamishites, à la suite d'un incident qui s'est produit il y a quelques
semaines et au cours duquel des colons sont entrés dans le village et ont
abattu des drapeaux palestiniens. Halamish se contente d'un drapeau israélien.
Sept villageois ont été tués ici lors de manifestations
depuis 2009, année au cours de laquelle la campagne de protestation de Nabi
Saleh a été lancée à la suite du vol par Halamish de plus de la moitié de ses
terres.
Qusai Tamimi était la septième personne à y être tuée, la
dernière pour le moment. Tous les 550 résidents de Nabi Saleh sont membres du
clan Tamimi et partagent ce nom. La plus célèbre d'entre eux est Ahed Tamimi,
alors âgée de 16 ans, qui a giflé un officier de Tsahal en 2017, a été
condamnée pour des actes criminels contre des soldats, emprisonnée pendant huit
mois et a ainsi été transformée en héroïne. Qusai, qui avait 19 ans, était son cousin :
le frère d'Ahed, Waed, était avec lui le dernier soir de sa vie et, de loin, a
vu les soldats le tuer.
Mohammed Tamimi près des ruches que les soldats
israéliens ont démolies.
Memo
(José Guillermo), Ánjel Rendón nació en 1954 en Medellín de padres
sefardíes emigrados de Argelia. Doctor en filosofía de la Universidad
Pontificia Bolivariana, fue director de su Facultad de Comunicación
Social. Es profesor universitario, escritor y columnista del periódico
El Colombiano. Autor de numerosos libros (entre ellos, algunos escritos
junto con Reinaldo Spitaletta) e incontables artículos. Lea su retrato por
Sara Vélez Guerra, El hombre renacentista . https://www.facebook.com/memoanjel5/
Si queremos saber cómo es un barrio colorido, una calle
en la que juegan fútbol, una ventana con una muchacha asomada, una puerta que
cuenta historias y, en cada lugar, un personaje que haga posible lo Caribe, hay
que leer la literatura de Reinaldo Spitaletta, escritor, periodista, fotógrafo,
historiador y director de un programa de radio sobre cómo son y fueron los
muchos elementos urbanos de nuestra ciudad. Nació en 1954, en Bello, una
población conurbada con Medellín.
En la literatura de Spitaletta cabe todo, incluyendo
brujas y estudiantes, gritos de la hinchada en el estadio y perros que se
mueren después de ser casi humanos. Y cabe con colores y sonidos, formas y
sombras, porque en estas tierras calientes (en las que los aguaceros son
poderosos) la vida no se detiene. La gente camina y se enamora, se emborracha
oyendo tangos y música tropical, y no se altera porque otros fumen marihuana o
hayan perdido sus sueños políticos.
Pero hay más en esta literatura: la madre mágica, el
padre que da clases de inglés, la tía que ejecuta magias, los amigos que tejen
historias inverosímiles, los hermanos que comparten cada cosa, los parques en
los que los niños se divierten montando en caballos de madera, las obreras contestatarias
de las fábricas de textiles y las mujeres que se revuelven el pelo escuchando
un bolero, que es baile que se hace amacizado (cuerpos juntos, piernas que se
tocan, besos furtivos, sudores unidos). Y a todo esto, discos que suenan,
músicos que esperan una contratación, universitarios que protestan, gobiernos
malos y múltiples objetos pequeños que definen muy bien a sus dueños etc.
Reinaldo Spitaletta es un hombre del Caribe (luce
camisetas de colores, zapatos deportivos, un bolso grande con libros y
cuadernos). Y no del Caribe que está frente al mar, sino el situado en las
montañas. Y es que, desde estas montañas, en menos de media hora se llega
calores infernales y ríos que atraviesan el país. Es un Caribe calle arriba con
gente de todos los colores.
El último puerto de la tía Verania
Esta es la primera novela de Reinaldo Spitaletta. La
seguirán después El sol negro de Papá y La balada de un viejo
adolescente. Y como primera novela, en El último puerto de la tía
Verania se perfila ya el mundo del escritor (abastecido por sus libros de cuentos
y crónicas): Bello (con estancias en Medellín), es su territorio literario. De
allí nacen las historias y personajes; allí se vive en casas grandes, se sabe
de ancianatos, se reza sin creer mucho y las muchachas van en bicicleta. Y de
allí sale Verania, vieja bruja, pero atenta a lo que pasa en 1971, año de las
grandes rebeliones estudiantiles y de la aparición de gente rara.
Verania es bruja caribeña que sabe de ensalmos y
pociones, de convivir con los diablos y de jugar con Dios como si fuera con un
balón. Ella lee el café, que está cargado hasta asquerosidad, lee los ojos y
los aires, y hace parte de una familia en la que hay hombres gordos y otros
chicos y flacos, gente con ojos de color diverso y sobrinos revolucionarios. Y
quizá sea una historia familiar fabulada la de Spitaletta, pero de esa Verania
le viene al escritor la magia con la que escribe. Verania barco de velas rotas,
Verania brújula sin capitán, Verania puerto a lo lejos y sin poder llegar.
La primera edición de esta novela se hizo con la ayuda de
un hombre que sabía de ajedrez y de billares, de plantas ornamentales y poemas
que resultaron siendo trovas.Y que
vivía en la misma cuadra en que sigue estando un teatro de películas para
adultos. ¿Cómo dio Reinaldo con este editor? No lo sé. Sé el resultado: una
novela pequeña en la que abundaba el color azul en la portada, muy fácil de
cargar y leer, y bastante mágica, pues así se me perdiera, siempre aparecía.
Una novela que le gusta estar entre buenos libros, anoté en la portada interior.
Reinaldo Spitaletta en siete frases
Un escritor que lo ve todo y no teme narrarlo; un viajero
que se apodera de la esencia del viaje; un buen conversador e hincha de un
equipo de fútbol que siempre pierde; un periodista contestatario de análisis
profundos; un amigo al que se lo puede dejar de ver sin perderlo; un autor de
cuentos y novelas con magia; un especialista en tango, música clásica y del
Caribe. En síntesis, un escritor completo en medio de los calores y colores de
estos climas.
Escrito en Medellín, donde los escritores (que son muchos)
con magia son pocos, quizá uno o dos.
J'ai
grandi dans un petit village de Cisjordanie appelé Nabi Saleh. C'est à
vingt-cinq minutes en voiture au nord-ouest de Ramallah, la ville vibrante et
en plein essor qui est un centre culturel et commercial pour les Palestiniens.
Nabi Saleh, en revanche, est petit et simple. Nous avons une école, une
mosquée, un petit marché et une station-service. Le plus important, nous sommes
là les uns pour les autres. Les six cents habitants de mon village sont tous
liés par le sang ou le mariage, et font partie de la famille Tamimi élargie.
Mes camarades de classe et mes amis étaient aussi mes cousins. C'est une
communauté soudée où tout le monde veille sur tout le monde. Et c'est comme ça
depuis des centaines d'années.
À
première vue, Nabi Saleh semble être un endroit paisible. C'est un village
calme et idyllique, qui abrite d'innombrables collines parsemées d'oliviers
entre lesquels des chevaux sauvages et des ânes errent souvent. Des couchers de
soleil omprenables jettent dans le ciel des nuances magiques de rouge, de
pourpre et d'or. Les enfants jouent dehors librement, courent de maison en
maison, trouvant généralement un adulte accueillant pour remplir leur ventre
avec un repas cuisiné à la maison.
Mais
les premières impressions ne racontent pas toute l'histoire. Pour cela, il faut
regarder de l'autre côté de la route principale de notre village, vers la
colline de l'autre côté de la vallée. C'est là que se trouve la colonie juive
israélienne de Halamish, une communauté fortifiée avec des maisons
soigneusement aménagées à toit de tuiles rouges, des pelouses entretenues, des
terrains de jeux et une piscine. Mais Halamish n’a pas été toujours là. Elle a
été établie illégalement sur les terres de notre village en 1977. C'est l'une
des centaines de colonies israéliennes construites sur des terres
palestiniennes en violation du droit international. Ces colonies sont
essentiellement des colonies juives israéliennes, et elles continuent de se
multiplier aux dépens de la population palestinienne autochtone. Au fil des
ans, nous avons assisté à l'expansion rampante de Halamish, ses colons
confisquant plus de nos terres et de nos ressources avec le plein accord de
l'État d'Israël. Pas seulement l'approbation, mais la facilitation, aussi.
Israël a installé une base militaire juste à côté de la colonie, pour protéger
ses habitants et faire de notre vie dans le village un enfer.
Mais
Nabi Saleh n'est qu'un microcosme de Palestine. Au cours du siècle dernier, le
peuple palestinien a combattu les efforts sionistes pour prendre de plus en
plus de nos terres. Le sionisme est un mouvement nationaliste qui a commencé
parmi certains juifs européens à la fin du XIXe siècle. Ses
fondateurs croyaient que la réponse à l'antisémitisme croissant en Europe était
pour les Juifs de s'installer en Palestine, qui était encore un territoire de
l'Empire ottoman à l'époque, peuplé par des Arabes qui étaient majoritairement
musulmans, avec des minorités chrétienne et juive, aussi. Seule une poignée de
Juifs répondirent à l'appel, mais pendant la Première Guerre mondiale, le
mouvement sioniste obtint une aide importante de l'Empire britannique. En 1917,
les Britanniques publièrent la Déclaration Balfour, qui s'engageait à établir «
un foyer national pour le peuple juif » en Palestine. À la fin de la Première
Guerre mondiale, les Britanniques avaient pris le contrôle de la Palestine des
Ottomans. Sous leur domination coloniale dans les années qui ont suivi, période
connue sous le nom de Mandat britannique, ils ont tenu leur promesse de 1917 en
facilitant l'immigration de milliers d'autres Juifs européens en Palestine. Ce
faisant, les Britanniques ont cédé des terres qui n'étaient pas les leurs, sans
tenir compte de la population autochtone majoritaire qui y vivait : les
Palestiniens.
Sheren Falah Saabest
une journaliste druze israélienne qui écrit sur la culture dans le monde arabe pour le quotidien Haaretz. Elle est
titulaire d'une maîtrise en études sur les femmes et le genre et vit à Kafr Abu
Snan en Galilée occidentale. Mère de deux filles, elle écrit un blog sur le
site de Haaretz (en hébreu). @FalahSaab
Ahed
Tamimi, l'adolescente qui est allée en prison en 2018 pour avoir giflé un
soldat israélien, se présente comme une icône de la résistance, mais on aurait
pu s’attendre à des perspectives plus approfondies
Ce
n'était qu'un vendredi ordinaire dans le village palestinien de Nabi Saleh. Les
résidents sont sortis pour manifester en brandissant des drapeaux palestiniens,
se dirigeant vers la source d'Aïn al-Kus qui a été un point de friction entre
la population locale et les colons depuis 2009.
La
famille Tamimi a aidé à diriger la manifestation, qui a été organisée pour
lancer un cri contre les injustices de l'occupation et du vol de terres. Ahed
Tamimi, alors adolescente, s'est jointe à ses parents lors de la manifestation
; sa mère a été arrêtée par des soldats israéliens ce jour-là.
«
Mon cœur n’a fait qu’un bon, et j'ai commencé à crier », écrit Tamimi dans ses mémoires,
« Ils m'ont appelée une lionne », qui vient d’être publié en anglais. «Avec ce
qui semblait être tous les habitants de Nabi Saleh, j'ai couru jusqu'à la rue
principale à l'entrée du village. “Mama !”, ai-je crié frénétiquement avec
une voix perçante alors que je la cherchais, craignant de la perdre à jamais. «
“Maaaaamaaaaaa ! ” »
Ahed Tamimi, alors âgée de
11 ans, fait face à des soldats à Nabi Saleh en Cisjordanie, en 2012. Photo :
Majdi Mohammed/AP
Quatre
ans après que Tamimi a fait la une des journaux quand elle a été filmée en
train de gifler un soldat israélien à son domicile de Nabi Saleh au nord-ouest
de Ramallah, son livre emmène les lecteurs dans son voyage personnel. Elle
raconte des souvenirs de son enfance, parle de parents qui ont été tués dans
des affrontements avec des soldats israéliens et tente de se présenter comme
une icône palestinienne et un symbole de résistance à l'occupation.
Après
que la vidéo de Tamimi giflant le soldat est devenue virale dans le monde
entier, elle a été reconnue coupable d'avoir agressé à la fois un officier et
un soldat et condamnée à huit mois de prison. À cette époque, sa photo était
brandie par des manifestants qui réclamaient sa libération.
La
couverture du livre présente un portrait dessiné de Tamimi avec sa crinière
luxuriante familière et un kefieh autour de son cou. Tamimi se rend compte que
l'attention dont elle a bénéficié depuis sa libération de prison en 2018 et la
publication de son livre ne dureront pas éternellement. Dans ses mémoires, elle
dit à plusieurs reprises qu'elle n'est plus une fille, que huit mois dans une
prison israélienne l'ont transformée en une femme attachée à lutter pour la
libération de la Palestine.
Le
livre ne dit rien de nouveau aux lecteurs sur une situation familière à
quiconque a déjà visité la Cisjordanie occupée – la prise de terres
palestiniennes par les colons, les constructions dans les colonies et les
soldats qui sont toujours quelque part dans le paysage, arrêtant les
manifestants et soutenant les colons.
Tamimi
décrit en détail les événements qui ont précédé sa gifle au soldat, la nuit de
son arrestation, son transfert en prison et sa rencontre avec les juges et son
avocate, Gaby Lasky.
Surtout,
Tamimi veut dire au monde qu'elle a été une partie importante de la lutte et a
cherché à en rester une même après avoir été menottée et derrière les barreaux.
Elle a écrit ses mémoires avec la journaliste d'Al Jazeera Dena Takruri,
qu'elle a rencontrée en 2018 et avec laquelle elle est restée en contact.
L’aspect
de Tamimi, en particulier ses yeux bleus et ses boucles dorées, ont attiré
l'attention à la fois en Israël et à l'étranger. Elle l'admet dans son livre et
note même que certaines personnes en Europe se sont identifiées à elle uniquement
en raison de son apparence « blanche ».
Dans
de nombreuses parties du livre, elle décrit comment elle est devenue un symbole
palestinien. Pourtant, il n'est pas clair pourquoi il était si urgent pour une
femme de 21 ans de raconter son histoire en ce moment particulier.
Il
y a quelque chose de très immature dans la façon dont elle décrit la lutte
palestinienne. Selon elle, le monde est divisé en bons et en méchants,
Palestiniens et Israéliens, noirs et blancs.
Tamimi en garde à vue discutant avec son avocate, Gaby Lasky, en
2018. Photo : Ahmad Gharabli/AFP
Elle
rate donc les zones grises qu'elle décrit elle-même dans des chapitres sur les
manifestations et ses rencontres avec des militants israéliens de gauche, qui
se sont souvent joints aux manifestations de Nabi Saleh. Précisément en raison
de ses propres expériences et de ses rencontres avec des militants de gauche,
nous nous attendions à ce qu'elle ait une meilleure compréhension du conflit
israélo-palestinien. Elle aurait pu étendre la toile à cette lutte commune.
Mais
apparemment Tamimi sentait qu'elle n'avait pas de temps à perdre. Elle voulait
profiter de l'adoration qui l'entourait.
Dans
le chapitre sur sa détention, elle décrit ses conversations avec d'autres
prisonnières palestiniennes, dont Khalida Jarrar, membre du Conseil législatif
palestinien représentant le Front populaire pour la libération de la Palestine.
La chose la plus intéressante dans le livre est ce que Jarrar lui dit : « En
même temps, en tant que Palestiniens, nous devons être honnêtes avec nous-mêmes
et reconnaître que nos problèmes ne seront pas résolus instantanément une fois
que nous aurons mis fin à l'occupation. »
Cette
idée est probablement apparue plus d'une fois dans les conversations de Tamimi
avec Jarrar, une marxiste laïque qui lutte pour la libération des femmes dans
les sociétés arabes. Mais comme pour les chapitres précédents, Tamimi ne tient
pas davantage compte des paroles de Jarrar. Elle passe immédiatement à autre
chose.
Dans
le passé, Tamimi a été critiquée par certains Palestiniens pour se concentrer
uniquement sur elle-même et sur l'histoire de sa gifle. Dans le livre aussi,
elle est profondément immergée en elle-même et ne fait pas la lumière sur les
Palestiniens qui n'ont pas reçu la couverture médiatique qu'elle a eu, même si
eux aussi ont des histoires à raconter, parfois plus cruelles que les siennes.
Il
semble que tout le livre a besoin de quelques selfies pour compléter le
portrait de la génération perdue de jeunes Palestiniens de Tamimi pris entre un
passé douloureux et un avenir sans horizon.
En
fin de compte, les mémoires de Tamimi servent mal la lutte palestinienne parce qu’elles
adoptent un populisme nationaliste et ne jettent pas un regard plus profond sur
la lutte palestinienne après plus de 55 ans d'occupation. Le livre laisse un
goût amer parce que Tamimi s'accroche à l'approche de la lutte jusqu’à la
dernière goutte de sang et croit même que c'est le travail des jeunes
Palestiniens d'agir seuls pour libérer la Palestine et rester dans le cycle de
l'effusion de sang.
La
seule conclusion de ce livre est que Tamimi ne sera jamais le Mahatma Gandhi
palestinien. La société palestinienne n'a pas de véritable dirigeant capable de
redéfinir les limites de la lutte contre l'occupation tout en s'attaquant à des
questions brûlantes comme les droits des femmes et des LGBTQ. Dans ce contexte,
elle se sent à l'aise de se qualifier de « lionne » et de se présenter comme le
visage moderne de la lutte palestinienne.
Note du traducteur : je trouve cette critique très injuste et même un tantinet choquante, et ne l'ai traduite que pour faire connaître l'état d'esprit qui peut régner dans certains milieux post-modernes "arabes israéliens" prônant "l'intersectionnalité" "politically correct". Et j'ai des doutes sérieux quand au besoin qu'aurait le peuple palestinien d'un Mahatma Gandhi, lequel n'a, à ma connaissance, jamais combattu pour les droits des femmes, pour ne pas parler des LGBTQ+.-FGHaut
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