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14/10/2021

GIDEON LEVY
Ronen Bar : une nouvelle étoile est née au firmament sioniste, mais cela ne change rien au fait que le Shin Bet est une organisation cruelle

 Gideon Levy, Haaretz, 13/10/2021
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

C'est cyclique, tous les quatre ou cinq ans : Le service de sécurité Shin Bet a un nouveau chef. Le CV d'une superstar, l'allure de James Bond, toutes les vieilles histoires ressortent sur ses jours de gloire dans "l'unité", son "service" audacieux. Des diplômes de Harvard et de Tel Aviv. Quel esprit, diront les gens, un héros israélien.

Le nouveau chef du service de sécurité Shin Bet, Ronen Bar, lundi. Photo : Moti Milrod

Tous les postes de sécurité importants en Israël sont invariablement occupés par "un officier très respecté". Ils sont toujours très estimés quand ils commencent. Mais ça finit comme pour Elazar Stern [ministre du Renseignement qui a renoncé à devenir le patron de l’Agence Juive après avoir reconnu qu’il avait déchiqueté des plaintes pour harcèlement sexuel dans l’armée lorsqu’il était responsable de sa direction du personnel, de 2004 à 2008, NdT]. C'est particulièrement vrai pour les nouveaux chefs du Shin Bet. Ils sortent de l'ombre, ce qui ne fait qu'ajouter à leur aura. R. devient soudainement Ronen Bar, et tous ceux qui le connaissaient en tant que R. chantent ses louanges. "Israël peut compter sur lui", "On peut le suivre les yeux fermés". On n'entend jamais un seul mot négatif sur le nouveau chef du Shin Bet ou le chef d'état-major de Tsahal. Ils sont ce que nous avons de plus proche des dieux. La chemise moulante, la mallette chic, la maison en banlieue et la barbe soignée sont autant de bonus dans le cas de Bar. Tout comme l'histoire bizarre de la voiture en feu d'un Arabe israélien dont R. a éteint les flammes avec ses mains en devenant Ronen. Quelle joie ! 

Chaque fois qu'un chef du Shin Bet, du Mossad ou des FDI est nommé, les attentes et les promesses s'envolent. Le temps passe. Cela se termine presque toujours par des larmes, de la honte, de l'embarras ou au moins de la consternation. Les montagnes se transforment en taupinières ; à la fin, on se retrouve avec Avi Dichter [père du Mur de l’Apartheid, organisateur d’exécutions extrajudiciaires. Patron des services secrets puis ministre dans des gouvernements de droite après avoir été sioniste socialiste dans sa jeunesse, il a évité de se rendre en Grande-Bretagne de 2007 à 2012, craignant d’y être arrêté, NdT] Lorsqu'il a été engagé, on nous a aussi promis une étoile. Lui aussi était dans "l'unité" et dans une "opération audacieuse". Lorsqu'ils se révèlent vraiment, à la fin de leur mandat, les ténèbres sont révélées. "Le bouclier invisible" est la devise du Shin Bet, et la meilleure idée est peut-être que ses têtes ne doivent pas être vues - pour leur propre bien. Des figures mornes, des commis à qui l'on donne une aura spéciale pour une raison quelconque. Aucun n'est jamais devenu un leader national. Plusieurs ont même eu des ennuis. Avraham Shalom a donné l'ordre de fracasser des crânes (dans l'affaire du bus 300 en 1984), puis a menti et couvert l'affaire ; Jacob Perry a gagné de l'argent et a dû quitter la politique dans des circonstances embarrassantes ; Carmi Gilon a porté la responsabilité de l'assassinat d'Yitzhak Rabin ; Ami Ayalon semblait prometteur mais s'est éteint. Yuval Diskin refait occasionnellement surface - rien d'extraordinaire ; Yoram Cohen est déjà oublié, comme le sera bientôt Nadav Argaman.

13/10/2021

RAMZY BAROUD
Héroes o parásitos: La interesada política de Europa sobre los refugiados

Ramzy Baroud, Middle East Monitor, 12/10/2021

Traducido del inglés por Sinfo Fernández, Tlaxcala

El lenguaje es política y la política es poder. Por eso, el mal uso del lenguaje es especialmente inquietante, sobre todo cuando son los inocentes y los vulnerables quienes pagan el precio.

Las guerras en Siria, Libia, Afganistán y otros países de Oriente Medio, Asia y África de los últimos años han dado lugar a una de las mayores catástrofes humanitarias, una tragedia como posiblemente no se haya visto desde la Segunda Guerra Mundial. En lugar de desarrollar una estrategia global unificada que sitúe el bienestar de los refugiados de estos conflictos como una prioridad absoluta, muchos países los han ignorado por completo, los han culpado de su propia miseria y, en ocasiones, los han tratado como si fueran criminales y forajidos.

 Un grupo de personas rodea a la “Pequeña Amal”, una marioneta gigante que representa a una niña refugiada siria a su llegada, con una bandera de la Unión Europea, al Consejo de Europa en Estrasburgo, al este de Francia, el 30 de septiembre de 2021, como parte de la iniciativa “La Marcha”. [Foto: Frederick Florin/AFP VÍA Getty Images]

Pero no siempre fue así. Al comienzo de la guerra de Siria, el apoyo a los refugiados sirios se consideraba una llamada moral que era defendida por países de todo el mundo, desde Oriente Medio hasta Europa e incluso más allá. Aunque a menudo la retórica no se correspondía con la acción, ayudar a los refugiados se consideraba, en teoría, una postura política contra el gobierno sirio.

ODEH BISHARAT
Un prix Nobel de la vérité pour Gideon Levy

Odeh Bisharat, Haaretz, 12/10/2021
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

Odeh Bisharat est né en 1958 dans une famille originaire de Ma'alul, un village palestinien détruit en 1948, et vit aujourd'hui à Yafiah, en Galilée, avec sa femme et leurs trois enfants. Il a été impliqué dans des activités politiques et sociales toute sa vie, d'abord en tant que responsable du Comité national des lycéens arabes israéliens, puis en tant que responsable de l'Organisation des étudiants arabes à l'université de Haïfa. Il a également été actif dans divers mouvements judéo-arabes et a travaillé comme rédacteur en chef du journal pour jeunes Al-Jad. Au début des années 2000, Bisharat a été secrétaire général du parti politique Hadash (Front démocratique pour la paix et l'égalité). Actuellement, il est chroniqueur d'opinion pour les journaux Haaretz et Al-Atikhad. Il a publié trois romans en arabe : The Streets of Zatunia (traduit en hébreu et en finnois), Donia (traduit en hébreu) et The Late Tammam Mekehoul. @OdehBisharat

S'il y avait un prix Nobel pour l'incitation [à la haine, NdT], il y aurait certainement de la place pour l'appel du journaliste Akiva Novik à attribuer un prix Nobel de la paix à l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahou pour les accords d'Abraham. L'ancien président usaméricain Donald Trump (à qui Novik voulait également accorder un prix de la paix pour les Accords) peut se voir offrir un prix Nobel de la malhonnêteté. Vraiment, quel rapport y a-t-il entre Netanyahou, "l'ange de la destruction" selon le défunt Premier ministre Yitzhak Shamir, et ce prix humain ?

Et maintenant, le point principal : cette année, les responsables du prix ont pensé autrement. Ils sont partis du principe qu'il existe un lien étroit entre "paix" et "vérité", sinon ils n'auraient pas accordé le prestigieux prix à deux journalistes, Maria Ressa des Philippines et Dmitry Muratov de Russie, car les journalistes ne s'occupent pas directement de promouvoir des relations pacifiques entre les pays et les nations, ils s'occupent d'extraire la vérité des mâchoires mensongères du gouvernement - presque chaque gouvernement. 

À cette occasion, je peux proposer deux explications à cette décision. La première : la paix et la vérité sont du côté du bien, de la vie, alors que la guerre et le mensonge sont du côté du mal. Aussi, afin de renforcer la fraternité du bien, le comité a jugé bon d'honorer la vérité dans les rangs du royaume de la paix. Pas mal. Je suis d'accord. 

Et une autre explication qui me vient à l'esprit : il est vrai que les lauréats ne sont pas les premiers journalistes à recevoir le prix Nobel de la paix - auparavant, deux journalistes ont reçu le prix, en 1907 [Ernesto Teodoro Moneta, pacifiste italien] et en 1935 [Carl von Ossietzky, alors emprisonné par les nazis] - mais la guerre entre les mensonges, la désinformation et la manipulation des faits, d'une part, et un reportage équilibré et véridique, d'autre part, est aujourd'hui le principal champ de bataille dans notre monde turbulent. Les mots ont remplacé les coups de feu, les enquêtes ont remplacé l'artillerie et les images ont remplacé les bombes. 

Aujourd'hui, il est difficile d'entrer dans les médias sociaux sans être frappé par les éclats de l'incitation. Si on la compare à un tir réel, on peut compter de nombreuses victimes. Il est vrai que l'incitation ne laisse pas de morts et de blessés derrière elle, mais son impact psychologique négatif sur le comportement humain est énorme, surtout lorsque ce champ de bataille est géré par des géants tels que Facebook qui, selon les enquêtes, enflamme les éléments négatifs de notre discours. Nous pouvons certainement considérer la décision actuelle du comité du prix Nobel comme une sorte d'expression d'aversion pour le discours superficiel des médias sociaux. 

Je suis donc impressionné par le fait que ce prix important ait été décerné à des journalistes. À l'époque actuelle, ils sont les leaders de la diffusion de la vérité dans le monde. Sans la vérité, tout est fragile et sur le point de s'effondrer. D'autre part, on ne peut rien construire sur des mensonges, on ne peut que détruire, et à mon avis, le moment est venu d'offrir un nouveau prix, qui ne soit pas une annexe du prix de la paix ou un invité d'honneur - un prix Nobel de la vérité. La vérité mérite un prix, car souvent, ceux qui la révèlent le paient cher : atteinte à leurs moyens de subsistance, marginalisation, menaces et parfois, comme dans les pays des lauréats actuels, des choses bien plus terribles. 

Il est vrai que le chemin de la vérité est difficile et plein de déceptions, alors que le mensonge a de nombreux consommateurs et applaudisseurs, mais un monde sans vérité est un monde cruel, désolé et déprimant. Bien que le journaliste, après avoir révélé la vérité, ne puisse rien faire de plus, même sans changer la réalité, nous pouvons au moins trouver une consolation dans le fait que le mal ne marchera pas droit. 

La caméra de Basel al-Adra n'a pas changé la réalité à Khirbet al-Mufkara dans les collines du sud d'Hébron, mais a exposé l'armée et les émeutiers dans leur disgrâce. La vérité érode la confiance en soi des oppresseurs et donne espoir et confiance aux opprimés. Ce n'est pas une mince affaire. 

En Israël, il y a un certain nombre de journalistes qui révèlent la vérité, et qui paient un prix élevé pour cela. Nous devons leur en être reconnaissants, mais le problème est que, malgré cela, la plupart des Israéliens ne remarquent même pas le monstre dans la pièce - l'occupation. Par conséquent, je pense que nous devrions également décerner le prix Nobel de la vérité au journaliste Gideon Levy, qui, semaine après semaine, nous montre la laideur du monstre invisible.

 

12/10/2021

KRISTEN ROUPENIAN
El impacto del Premio Nobel de Abdulrazak Gurnah

Kristen Roupenian, The New Yorker, 10/10/2021
Traducido del inglés por Sinfo Fernández, Tlaxcala

 

Kristen Roupenian (Plymouth, Massachusetts, 1981) es una escritora usamericana que se hizo más famosa por “Cat Person”, un relato corto del New Yorker que se convirtió en viral. Se graduó en el Barnard College, se doctoró en Literatura en Harvard y tiene un máster de Escritura de la Universidad de Michigan. Se incorporó al Cuerpo de Paz y enseñó salud pública y educación sobre el VIH en Kenia. Antes de “Cat Person”, sólo había publicado en pequeñas revistas literarias. En 2019, publicó You Know You Want This (Lo estás deseando, editorial Anagrama).

Las bellas y sensoriales novelas de Gurnah están animadas por corrientes de influencia literaria independientes del mundo anglosajón.

Gurnah, que aparece aquí en su casa de Canterbury (Inglaterra), es autor de novelas como “Gravel Heart”, “By the Sea” y “Paradise”.
(Foto: Facundo Arrizabalaga/EPA-EFE/Shutterstock)

 Conocí la obra del premio Nobel Abdulrazak Gurnah cuando estudiaba para los exámenes de campo de literatura poscolonial en 2009, y lo que más recuerdo es la forma en que su escritura cortocircuitó mi mordaz respuesta analítica, que había alcanzado proporciones monstruosas. En ese momento de mi carrera de posgrado no podía pasar una página de ficción sin garabatear un lío de signos de interrogación y exclamación y comentarios inanes en los márgenes. Pero me sumergí en “Paradise”, la novela histórica de Gurnah sobre el África oriental colonial, publicada en 1994, como una persona que todavía sabía leer por placer. Mis recuerdos más claros del libro tienen que ver con su riqueza sensorial, sus destellos de erotismo y la interioridad soñadora de la protagonista, aunque la evocación de la novela de una red de comunidades multilingües, que se ven amenazadas por una monocultura colonial invasora, aseguró que tuviera mucho que anotar una vez que volviera a coger la pluma.

Unos años más tarde enseñé la sexta novela de Gurnah, “By the Sea”, en una clase de literatura poscolonial. Ese libro, que describe la tensa relación entre dos hombres de Zanzíbar que se reúnen en Inglaterra años después de su primer encuentro, encajaba perfectamente con los temas del curso sobre historia, identidad y memoria, pero en mis propios recuerdos (ciertamente imperfectos), no se había enseñó tan bien como esperaba, por razones que le honran. “By the Sea” es larga, envolvente y se centra en los personajes; es una novela que pide ser experimentada más que discutida.

AMENA ELASHKAR
El Líbano en las tinieblas

Amena ElAshkar, The Electronic Intifada, 4/10/2021
Fotos de Ahmad Abu Salem

Traducido del inglés por Sinfo Fernández, Tlaxcala

 

Amena ElAshkar es una refugiada palestina y periodista en el Líbano, trabajando en Alaraby TV Network y escribiendo para varios sitios internacionales. Tiene un máster en Estudios Israelíes por la SOAS (Universidad de Londres) y una licenciatura en Interpretación y Traducción de Lenguas por la Universidad Internacional del Líbano.

 

 Burj al-Barajneh, un campo de refugiados palestinos en Beirut, se ha visto afectado por los cortes de electricidad durante todo el verano

Umayma al-Ali mantuvo la puerta de su casa abierta de par en par durante los meses de verano. Dejar que la brisa del mar entrara en su casa significaba que al menos el salón estaría fresco. Era la única zona a la que alcanzaba la luz solar.

Como tantos otros en el campo de refugiados de Burj al-Barajneh, al-Ali y su familia sufrieron unos meses de verano extremadamente duros.

Los precios de los alimentos eran altos y ella solo podía permitirse comprar carne -un alimento básico en su dieta- de vez en cuando.

Intentó congelar la carne. Sin embargo, debido a la escasez de electricidad, su congelador no podía contar con un suministro de energía constante.

“La carne se me descongeló varias veces, pero nos la comíamos de todos modos”, dijo. “Sé que no es saludable. Pero con el precio que pagué por ella, me resultaría muy difícil tirarla”.

“Convertirme en vegetariana no cambiaría mucho las cosas”, añadió, riendo como para demostrar que su sentido del humor sigue intacto a pesar de todas las dificultades. “En estos días de calor, las verduras se pudrirían enseguida”, dijo.

11/10/2021

KRISTEN ROUPENIAN
L'impact du prix Nobel d'Abdulrazak Gurnah

Kristen Roupenian (Plymouth, Massachusetts, 1981) est une autrice usaméricaine devenue célèbre pour sa nouvelle "Cat Person" publiée sur The New Yorker en 2017, qui a battu les records de lecture cette année-là. En 2019, elle a publié You Know You Want This, traduit en français par Marguerite Capelle sous le titre Avoue que t'en meurs d'envie, NiL éditions.


Les beaux romans sensoriels de Gurnah sont animés par des courants d'influence littéraire provenant de l'extérieur du monde anglophone.

Gurnah, que l'on voit ici dans sa maison de Canterbury, en Angleterre, est l'auteur de romans tels que "Gravel Heart" (2017, non encore traduit), "By the Sea" (Près de la mer, Éditions Galaade, 2006) et "Paradise" (Paradis, Le Serpent à Plumes, 1999). Photo : Facundo Arrizabalaga / EPA-EFE / Shutterstock

J'ai découvert l'œuvre du lauréat du prix Nobel de littérature Abdulrazak Gurnah lorsque je préparais des examens sur les pratiques littéraires postcoloniales, en 2009, et ce dont je me souviens le plus, c'est la façon dont son écriture a court-circuité ma réponse analytique cinglante, qui avait pris des proportions monstrueuses. À ce stade de ma carrière universitaire, je ne pouvais pas lire une page de fiction sans gribouiller dans la marge un fouillis de points d'interrogation, de points d'exclamation et de commentaires ineptes. Mais j'ai plongé dans "Paradise", le roman historique de Gurnah sur l'Afrique orientale coloniale, publié en 1994, comme une personne qui savait encore lire pour le plaisir. Mes souvenirs les plus précis de ce livre sont liés à sa richesse sensorielle, à ses éclairs d'érotisme et à l'intériorité rêveuse de la protagoniste, mais l'évocation dans le roman d'un réseau de communautés multilingues menacées par une monoculture coloniale envahissante m'a assuré que j’aurais beaucoup de choses à noter lorsque j’aurais repris mon stylo.

Quelques années plus tard, j'ai enseigné le sixième roman de Gurnah, "By the Sea", dans le cadre d'un cours sur la littérature postcoloniale. Ce livre, qui dépeint la relation tendue entre deux hommes de Zanzibar qui se retrouvent en Angleterre des années après leur première rencontre, s'inscrivait parfaitement dans les thèmes du cours, à savoir l'histoire, l'identité et la mémoire, mais dans mon propre souvenir (certes imparfait), il n'a pas été enseigné aussi bien que je l'avais prévu, pour des raisons qui sont tout à son honneur. "By the Sea" est long, immersif et centré sur les personnages ; c'est un roman qui demande à être vécu plutôt que discuté.

ANTONIO MAZZEO
L’Italie va former des policiers ivoiriens à la guerre contre les migrants

Antonio Mazzeo, Africa Express, 9/10/2021
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

La Côte d'Ivoire est le nouvel allié du gouvernement italien en Afrique occidentale pour le renforcement des politiques anti-immigration. Loin des projecteurs médiatiques, jeudi 7 octobre à Rome, à l'issue d'une rencontre entre la ministre de l'Intérieur Luciana Lamorgese et la ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et de la Diaspora de la République de Côte d'Ivoire Kandia Kamissoko Camara, un protocole technique a été signé dans le but de "renforcer les capacités opérationnelles ivoiriennes en matière de gestion des frontières et d'immigration irrégulière".

 

« La signature du protocole contribuera à améliorer les capacités techniques et opérationnelles de la police ivoirienne en charge du contrôle des frontières et autres trafics illicites, empêchant ainsi les flux migratoires vers l'Europe », indique la note publiée par le Viminal. « L'accord d'aujourd'hui démontre l'engagement concret de l'Italie à soutenir la Côte d'Ivoire dans la gestion du phénomène migratoire, sachant que ce n'est qu'en unissant nos forces que nous parviendrons à combattre le phénomène criminel du trafic de migrants ».

Le protocole, qui porte les signatures de la directrice générale adjointe de la Sécurité publique, la préfète Maria Teresa Sempreviva, et du conseiller diplomatique du ministère ivoirien de l'Intérieur François Nebout, prévoit la mise en œuvre dans le pays africain du projet dit "Civit" pour "l'évaluation et la transparence des administrations publiques" ainsi que la mise en œuvre d'une «  série de mesures pour prévenir et combattre l'immigration irrégulière » : la création de quatre nouveaux postes de police des frontières le long des frontières terrestres de la Côte d'Ivoire ; la formation et l'éducation du personnel chargé du contrôle des frontières ; le développement de formes de coopération transfrontalière avec les pays voisins ; et l'alignement du système ivoirien de "gestion intégrée des frontières sur les réglementations et normes internationales, y compris en matière de droits humains ».

BRUNO JAFFRÉ
Mais qui a assassiné Thomas Sankara ?
Ouverture d’un procès historique à Ouagadougou

Bruno Jaffré, Le Monde Diplomatique, octobre 2021

Animateur du site Thomassankara.net, auteur de L’Insurrection inachevée. Burkina 2014, Syllepse, Paris, 2019.

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara, dirigeant du Burkina Faso et figure du panafricanisme, était assassiné lors d’un coup d’État. Les circonstances de ce crime sont restées obscures jusqu’à la chute du président Blaise Compaoré en 2014. Le procès, qui s’ouvre à Ouagadougou le 11 octobre, devrait lever un coin du voile. Une question reste ouverte : le rôle joué par la France.

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