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20/07/2023

GIANFRANCO LACCONE
Nous qui continuons à avoir un rêve, sachons le partager

Gianfranco Laccone, Climateaid.it, 20/7/2023

Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala


En cette semaine où tous les records de température maximale sont battus en Italie (comme si on était dans une compétition d’athlétisme), à Rome, les discussions s’entremêlent dans un style qu’Ennio Flaiano a très bien décrit, lorsqu’il a dit que même un Martien s’adapterait ensuite aux règles et au scepticisme de ses habitants [Un marziano a Roma, 1954]. Les prédictions populaires sur l’avenir immédiat annoncent des températures de plus en plus extrêmes, pour conclure que nous finirons par les surmonter aussi, en appliquant la règle du scepticisme romain qui rend les discussions dans cette ville irritantes et irrésistibles.

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Au-delà des exagérations des propos de comptoir, ceux qui suivent depuis de nombreuses années le débat sur la pollution de la planète et ses conséquences sont frappés par la régression qu’a connue la prise de conscience de nos comportements et, par conséquent, le débat sur le sujet. Ce que j’exprime peut apparaître à certains comme une sorte de nostalgie d’une époque révolue, où l’on parlait du changement climatique en plein boom de la consommation, mais il ne me semble pas que ce soit le cas. Pour en témoigner, je me réfère à la lecture d’essais écrits il y a trente ans, et peut-être même de nombreux essais antérieurs, comme le merveilleux The Sea Around Us [La Mer autour de nous], écrit par Rachel Carson au début des années 1950, qui raconte l’histoire de la mer pour comprendre comment elle a changé et comment elle changera. Nous pourrions être surpris de constater qu’il y a trente ans, des chercheurs de différentes disciplines (écologistes, biologistes, chimistes, physiciens, éthologues, agronomes, économistes, philosophes, anthropologues) ont convergé vers certaines prédictions, en partant de points différents et en suivant des chemins différents. Ils ont surtout convergé sur la causalité de la relation “développement industriel/changement climatique/modification du comportement des êtres vivants”.

 

À l’époque, on discutait beaucoup et on réfutait les idées des autres avec des arguments et non avec des moqueries ou des invectives. Tout cela sans adhérer nécessairement à la théorie de James Lovelock, connue sous le nom d’“hypothèse Gaia”, sans devoir partager les positions de l’écopacifisme, dont Barry Commoner était l’un des plus grands représentants, sans être, enfin, des théoriciens de l’écomarxisme comme James O’Connor ou des théoriciens de la décroissance comme Serge Latouche.

 

Nous discutions en étant conscients que nous devions trouver des solutions, car face à des cas comme Seveso et la dioxine, Otrante et le plomb tétraéthyle dans la mer, Tchernobyl et la contamination radioactive, nous essayions de comprendre les causes profondes, les liens qui ont rendu ces événements possibles et, pour nous à l’ACU [Association Consommateurs Usagers, les raisons qui ont rendu possibles les morts au Viêt Nam avec les produits mortels répandus sur les forêts, les champs et les villages, et ceux dus au méthanol pour nos consommateurs habituels de vin bon marché. Nous essayions de relier les aspects économiques et sociaux aux aspects scientifiques, et de construire un discours utile pour développer des alternatives et des comportements appropriés aux dangers auxquels nous étions confrontés.

 

Aujourd’hui, après tant d’années, certaines vérités sont incontestables : la relation entre nous, l’environnement et les changements structurels du climat sont indéniables. On peut même discuter du moment et des possibilités de réagir aux catastrophes climatiques, que beaucoup considèrent encore comme lointaines et donc gérables. Ils disent : « après tout, il fait toujours chaud en été, les torrents ont toujours débordé, il a suffi d’une année de pandémie et d’abandon des activités polluantes pour que les valeurs remontent ».

 

OMER BENJAKOB
Les USA mettent à l’index des entreprises israéliennes spécialisées dans les cyberarmes

Omer Benjakob et Reuters, Haaretz, 18/7/2023
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Intellexa, une alliance d’entreprises de renseignement numérique dirigée par un ancien officier de renseignement israélien, et Cytrox, qui produit leur logiciel espion Predator, sont ajoutées à la “liste noire d’entités” des USA, qui comprend déjà les entreprises israéliennes NSO et Candiru.

Un groupe de sociétés de surveillance numérique appartenant à Israël et opérant depuis l’Europe a été ajouté mardi à une liste noire usaméricaine de sociétés agissant contre les intérêts usaméricains, dans le cadre de la dernière tentative de la Maison Blanche de freiner la prolifération internationale de logiciels espions de qualité militaire.

Le ministère usaméricain du commerce a ajouté Intellexa et Cytrox, toutes deux détenues par différents ressortissants israéliens, dont l’ancien officier du renseignement militaire Tal Dilian, à sa “liste d’entités” pour le commerce économique.


Tal Dilian dans sa maison de Chypre
 

Cytrox, une société de surveillance basée en Hongrie et présente en Macédoine du Nord, produit un logiciel espion appelé Predator. L’entreprise a également bénéficié d’investissements précoces de la part de l’entreprise publique Israel Aerospace Industries.

Le ministère du commerce a déclaré que les entreprises étaient ajoutées « pour trafic de codes d’exploitation utilisés pour accéder à des systèmes d’information, menaçant ainsi la vie privée et la sécurité d’individus et d’organisations dans le monde entier ».

Intellexa, qui est enregistrée en Grèce et possède des entités apparentées en Irlande et en Macédoine du Nord, sert de guichet unique pour les besoins de surveillance de l’État. Les deux entreprises ont été au centre d’une énorme tempête politique en Grèce.

Le procureur grec a ouvert une enquête l’année dernière à la suite d’une allégation d’un journaliste selon laquelle son smartphone avait été infecté par un logiciel de surveillance dans le cadre d’une opération des services de renseignement du pays. Le journaliste a déclaré que son téléphone avait été infecté par le logiciel espion Predator développé par Cytrox et vendu en Grèce au gouvernement par Intellexa.

L’allégation du journaliste est intervenue alors que l’Union européenne (UE) commençait à emboîter le pas aux USA en se montrant plus sévère à l’égard des marchands de logiciels espions et de l’utilisation de puissants logiciels de surveillance.

Les tentatives de Haaretz pour joindre des représentants de Cytrox et d’Intellexa n’ont pas abouti.

GIDEON LEVY
Les carottes, ça suffit : il est temps que les USA utilisent le bâton pour changer la politique israélienne

Gideon Levy, Haaretz, 20/7/2023
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Il est difficile de savoir s’il faut pleurer ou rire en lisant les grandes lignes de la conversation d’une heure que Joe Biden a eue avec Thomas Friedman, du New York Times après avoir rencontré le président Isaac Herzog, résumées le mardi 18 juillet.


United States of Israel, par Emanuele Del Rosso

On peut pleurer sur l’impuissance et l’inutilité de la plus grande superpuissance du monde face à son protégé, Israël. On peut aussi rire des rôles inversés de la fourmi et de l’éléphant.

On peut crier que l’USAmérique n’a rien appris et n’a rien oublié de la seule façon de traiter Israël, si l’on veut vraiment l’influencer, et on peut se laisser aller à rire de la façon dont Israël continue à se moquer des USA.

Le résultat est le même : Israël peut continuer à faire tout ce qu’il veut, promulguer des lois antidémocratiques, mener des pogroms contre les Palestiniens et poursuivre l’apartheid - les USA ne bougeront pas le petit doigt.

Même lorsque Washington grogne, s’emporte, fulmine, condamne et retarde même l’invitation du premier ministre - la plus terrible des armes apocalyptiques - Israël n’a pas à le prendre au sérieux. L’USAmérique parle mais ne tire jamais. Si elle veut un jour influencer Israël, ce qui n’est pas encore le cas, elle devra commencer à tirer, comme le dit l’adage usaméricain.

Le terrible Biden, qui n’invite pas notre Netanyahou, malgré toutes les souffrances du peuple juif, “plaide” auprès d’Israël. Plaide. Friedman a pu écrire que Biden a transmis un message clair selon lequel la législation [sur la réforme judiciaire] doit cesser, mais ce message est creux, comme la plupart de ceux qui l’ont précédé.

Au fil des ans, Israël a appris à ignorer ces messages. Rien de grave ne lui est arrivé. Cela ne peut que signifier que le plaideur lui-même ne souhaite pas vraiment voir la partie qu’il implore changer de comportement. Biden ne fait que des beaux discours sur la démocratie israélienne et ne dit pas un mot sur ce que son pays fera si Israël ne tient pas compte de son appel.

19/07/2023

EL DIARIO
Une juge ouvre une procédure pénale contre Ada Colau pour avoir suspendu le jumelage de Barcelone avec Tel Aviv

Pau Rodríguez / Oriol Solé Altimira, El Diario, 17/7/2023

Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

La magistrate accepte dexaminer la plainte pour “prevaricación” [équivalent d’un recours en excès de pouvoir] de l’avocat Francesc Jufresa contre l’ex-mairesse et le directeur de la Coopération de la mairie de l’époque ; une juge des contentieux administratifs avait, début juillet, refusé de bloquer le décret de la mairesse qui suspendait les relations.
Une juge a ouvert une nouvelle procédure pénale contre Ada Colau, cette fois pour avoir rompu les relations de Barcelone avec Israël et le jumelage avec la ville de Tel-Aviv. La magistrate du 5e tribunal d’instruction a admis la plainte de l’avocat Francesc Jufresa, qui voit dans cette décision un délit de “prévarication” [abus d’autorité], et l’attribue à la fois à l’ancienne mairesses et à l’ancien responsable de la Justice globale et de la coopération internationale. 

Dans sa décision, rendue le 11 juillet et consultée par elDiario.es, la magistrate admet également la plainte déposée par l’Association et communication sur le Moyen-Orient, pro-israélienne, auprès du ministère public. C’est cette organisation qui avait déjà saisi la juridiction contentieuse pour demander l’arrêt du décret de la mairesse suspendant les relations, mais la juge a rejeté sa demande de mesure conservatoire visant à bloquer la décision.

Bien qu’elles concernent la même décision, les deux procédures sont différentes : dans la juridiction contentieuse, le juge annulera tout au plus la suspension des relations entre Israël et Barcelone. Mais la procédure pénale est plus grave, car Colau et son responsable de la coopération risquent d’être déchus de leurs droits d’exercer une fonction publique s’ils sont condamnés.

Les procédures judiciaires s’ajoutent à la liste des plaintes et des dénonciations que Colau et d’autres membres de son administration ont reçues dans le cadre de procédures pénales, que les membres de Barcelona en Comú en ont toujours qualifiées de guerre judiciaire, étant donné qu’à ce jour aucune d’entre elles n’a abouti à un procès : toutes ont été classées sans suite ou se trouvent dans la phase d’instruction.

La nouvelle affaire concernant la suspension des relations avec Israël consiste, une fois de plus, à transférer une divergence politique à une procédure pénale en considérant une décision symbolique comme un délit d’excès de pouvoir. L’avocat Jufresa, considéré comme l’un des ténors du barreau de Barcelone, avait déjà poursuivi Colau dans le passé pour la piétonnisation de la ville, qu’il considérait également comme un délit.

La décision de Colau de suspendre le jumelage avec Tel-Aviv a été l’une des plus controversées de sa dernière période en tant que mairesse. La cheffe de file de Barcelona en Comú l’a approuvée par décret le 9 février, mettant ainsi fin à l’accord d’amitié signé par le maire socialiste de l’époque, Joan Clos, en 1998. Les comuns s’appuyaient sur une initiative menée par la plateforme Prou Complicitat, avec plus de 4 000 signatures et le soutien de 80 organisations, qui demandait la fin de cette relation en signe de protestation contre la violation des droits humains par l’État d’Israël au sein de la population palestinienne. 

Mais Colau a été rejetée par son propre partenaire gouvernemental, le PSC [branche catalane du PSOE], et par tous les autres partis représentés au sein de la plénière municipale. À l’exception d’ERC [Gauche républicaine de Catalogne], qui s’est abstenue, tous les autres ont accusé Colau d’avoir agi “unilatéralemen” et lui ont demandé de lever la suspension. Cette décision est maintenant sur la table du nouveau maire, le socialiste Jaume Collboni, qui était contre la rupture de la relation mais qui n’a pas encore pris de décision sur ce qu’il fera (même s’il a déjà reçu une lettre du maire de Tel-Aviv). 

Le manque de compétences de Colau est mis en avant

La plainte a d’abord été déposée auprès de l’Audience nationale, car il était entendu que les effets du délit présumé se produisaient dans un autre pays, Israël, mais la réponse du tribunal a été que les tribunaux compétents étaient ceux de la capitale catalane. Les arguments avancés par les plaignants pour alléguer la “prévarication” sont que le conseil municipal n’a pas le pouvoir de prendre des décisions qui affectent la politique étrangère, ce qui correspondrait au gouvernement central, et que l’option de contourner la plénière municipale - où Colau n’avait pas la majorité - rendrait l’initiative "juridiquement irréalisable". 

La plainte souligne que Colau n’avait pas lautorité pour rompre formellement les relations avec Israël, bien que le décret approuvé ne fasse référence qu’au jumelage avec Tel Aviv. En revanche, Colau a accompagné sa décision d’une lettre adressée au premier ministre du pays, Benyamin Netanyahou, dans laquelle elle annonce qu’elle suspend “temporairement” les relations avec l’État d’Israël “jusqu’à ce que les autorités mettent un terme à la violation systématique des droits humains à l’égard de la population palestinienne”. Selon les plaignants, cette lettre a le statut d’“acte administratif”, ce que les comuns nient. 

BERTIL LINTNER
Wan Kuok Koi alias “Dent cassée”, boss mafieux et tête de pont de l’investissement chinois au Myanmar

Bertil Lintner , The Irrawaddy, 17/7/2023
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

 

Bertil Lintner (1953) est un journaliste, auteur et consultant stratégique suédois qui écrit sur l'Asie depuis près de quarante ans. Il a été correspondant en Birmanie (Myanmar) de la Far Eastern Economic Review, aujourd'hui disparue, et correspondant pour l'Asie du quotidien suédois Svenska Dagbladet et du quotidien danois Politiken. Il travaille actuellement comme correspondant pour Asia Times et The Irrawaddy. Bio-bibliographie @gardlunden

 Il y a moins de dix ans, Wan Kuok Koi, plus connu sous le nom de “Dent cassée”, était incarcéré dans un centre de détention de haute sécurité construit à cet effet à Coloane, l’une des deux îles qui faisaient autrefois partie de l’ancienne possession portugaise de Macao, au large de la côte de la Chine méridionale. Il avait été arrêté en mai 1998 après l’explosion d’une bombe dans un minibus appartenant à Antonio Marques Baptista, surnommé “Rambo”, le nouveau chef des forces de police du territoire portugais de l’époque. Aucune preuve de son implication dans cet attentat n’a jamais été révélée au tribunal. Au lieu de cela, il a été traduit en justice pour d’anciennes accusations liées à l’intimidation d’employés du casino Lisboa à Macao, à des prêts usuraires et à des soupçons d’appartenance à une “organisation illégale”.

Wan Kuok Koi, alias Dent cassée, sort en voiture après sa libération de prison à Macao le 1er  décembre 2012. / AFP

En clair, il s’agissait d’une triade, ces sociétés secrètes qui sont l’équivalent chinois de la mafia. Au terme d’un procès long et compliqué, où les témoins ont été frappés les uns après les autres par de soudaines crises d’amnésie et n’ont pu se souvenir de rien, il a néanmoins été condamné à 15 ans de prison et s’est vu confisquer tous ses biens en novembre 1999, un mois avant que Macao ne revienne sous l’autorité chinoise et ne devienne, comme Hong Kong, une “région administrative spéciale” (RAS) de la République populaire de Chine.

Parmi les nombreuses entreprises farfelues dont Wan a été accusé, et qui ont été rendues publiques au cours du procès, figurait un commerce d’armes au Cambodge, où il aurait cherché à vendre des roquettes, des missiles, des chars, des véhicules blindés et d’autres types d’équipements militaires dans ce pays alors ravagé par la guerre civile. Peu de gens imaginaient qu’il réapparaîtrait un jour comme ce qu’il avait toujours prétendu être : un simple “homme d’affaires de premier plan”. C’est pourtant ce qui s’est passé lorsqu’il a bénéficié d’une libération anticipée en décembre 2012. Wan avait alors passé 13 ans et 10 mois derrière les barreaux.

Mettant à profit ses anciennes relations, Wan s’est réinstallé dans le secteur des casinos à Macao et, quelques années plus tard, a lancé une crypto-monnaie appelée Dragon Coin. Il a également créé trois entités opérant depuis le Cambodge : La Hongmen History and Culture Association, le Dongmei Group, dont le siège officiel se trouve à Hong Kong, et la Palau China Hung-Mun Cultural Association, censée être basée à Palau, une nation de l’océan Pacifique.

Les désignations en disent long. Hongmen, ou Hung Mun dans le dialecte cantonais d’origine de Wan, est le nom des triades de la pègre originelle formées au XVIIIe siècle. Selon une déclaration du 9 décembre 2020 du département du Trésor usaméricain, la Hongmen History and Culture Association, en particulier, a rapidement étendu son influence à toute l’Asie du Sud-Est, d’abord au Cambodge, puis au Myanmar. Le groupe Dongmei de Wan est un investisseur majeur dans les enclaves de casinos situées près de Myawaddy, qui ont été créées après qu’une faction de l’Union nationale karen (KNU) et de son armée de libération nationale karen (KNLA) se soit séparée, ait conclu des accords de cessez-le-feu avec l’armée du Myanmar et soit devenue une force de garde-frontière (BGF).

La première de ces enclaves a été Shwe Kokko, construite sur les ruines d’une ancienne base militaire de la KNLA connue sous le nom de Kawmoorah, ou Wangkha, qui a été envahie par l’armée du Myanmar en 1995. La BGF qui a pris le contrôle officiel de l’enclave est dirigée par Saw Chit Thu, un ancien officier de la KNLA dont l’armée protège toutes les activités à Shwe Kokko. Officiellement appelé Yatai New City et localement connu sous le nom de “Chinatown”, le projet a été lancé en avril 2017 et, une fois achevé, il est censé inclure des logements de luxe, des hôtels, des centres commerciaux, des centres de commerce, des usines, des terrains de golf, des casinos et peut-être même un aéroport. Shwe Kokko a été rapidement suivi par deux autres “zones économiques spéciales” autonomes similaires près de Myawaddy, la “Huanya International City” et la “Saixigang Industrial Zone”. Le groupe Dongmei de Wan et son réseau de filiales louches sont des investisseurs majeurs dans ces projets. Wan est également connu pour être impliqué dans des projets à Mong Pawk, au sud-est du quartier général de Panghsang (Pangkham) de l’Armée unie de l’État Wa, à la frontière entre le Myanmar et la Chine.

Selon un rapport de juillet 2020 de l’Institut des USA pour la paix (USIP), « la société Dongmei elle-même semble avoir été constituée en entreprise à Hong Kong le 3 mars 2020, mais elle opère depuis Kuala Lumpur. Wan promeut le projet par le biais du WeChat public officiel de l’Association Hongmen, ainsi qu’en partenariat avec un représentant de la Huaguan Holding Company basée au Guangdong ».

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HERNÁN CANO
Sergio Rodríguez Gelfenstein, combattant au Nicaragua : « Le 19 juillet 1979 a été le plus beau jour de ma vie »

 

Hernán Cano, Sputnik Mundo, 18/7/2022
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

 

Hernán Cano est un journaliste argentin basé au Venezuela bolivarien. https://www.instagram.com/hernancanoperiodista/

43 ans après la victoire de la Révolution sandiniste, cet écrivain, chercheur et analyste politique vénézuélien a raconté dans une interview à Sputnik sa participation au Front Sud, avec un contingent internationaliste envoyé de Cuba par Fidel Castro. De même, il détaille comment, après le triomphe contre la dictature de Somoza, ce lieutenant des Forces armées révolutionnaires (FAR) s'est attelé à la tâche de créer l'armée nicaraguayenne. La vie de Sergio Rodríguez Gelfenstein est associée dès sa naissance à la révolution socialiste. De père guérillero, il fait ses premiers pas en politique avec le triomphe de Salvador Allende au Chili, jusqu'à ce que la dictature d'Augusto Pinochet mette fin à l'expérience de l'Unité Populaire avec le bombardement du Palais de La Moneda et un putsch sanglant. Rodríguez Gelfenstein a été lieutenant dans les FAR cubaines, combattant internationaliste au Nicaragua, bâtisseur de l'armée nicaraguayenne, et plus tard ambassadeur du Venezuela dans ce pays, dans l'un des rares moments où la terre de Sandino a eu un peu de paix. En dialogue avec Sputnik, ce chercheur et écrivain raconte avec passion les événements survenus il y a exactement 43 ans, lorsque le dirigeant cubain Fidel Castro lui proposa, ainsi qu'à un groupe de combattants latino-américains, la mission d'aller combattre au Nicaragua, ce qu'il accepta ,inspiré par la maxime guévariste de « combattre l'impérialisme où qu'il soit ».

Sergio Rodríguez Gelfenstein interviewé par Sputnik à Caracas - Photo Hernán Cano, Sputnik Mundo

Depuis ce jour, le Nicaragua est une collection de souvenirs indélébiles, éternels, d'un bonheur énorme qui exige un engagement continu envers la révolution. « Tout comme nous avons Bolívar, le Nicaragua a Sandino, et cela crée une empreinte, une façon d'être et de se regarder », dit Rodríguez Gelfenstein.

Et il rappelle que « ce n'est pas à Playa Girón que la première défaite de l'impérialisme en Amérique a eu lieu, mais au Nicaragua, lorsque le général Augusto César Sandino a expulsé l'armée d'invasion yankee ». Aujourd'hui, quatre décennies après ces années turbulentes, « le Nicaragua, Cuba et le Venezuela ont formé, non pas un axe du mal, mais un triangle qui poursuit la tradition de la lutte anti-impérialiste" » souligne-t-il.

Sergio Rodríguez Gelfenstein : Fidel nous a dit que l'équilibre au Nicaragua devait être rompu par le Front Sud.

- Quel est votre lien avec la révolution sandiniste ?

- Mon père a été emprisonné dans le stade national du Chili après le coup d'État contre Salvador Allende. Il est ensuite parti au Pérou et n'a pas pu rentrer au Venezuela car il avait des affaires en cours datant de l'époque où il était dans la guérilla. Dans ces conditions, après plusieurs offres, il a choisi de partir à Cuba. J'avais 17 ans, et quand je suis arrivé à La Havane, j'ai demandé une formation militaire, et avec un groupe de camarades chiliens, parce que j'étais aussi chilien, nous avons reçu une formation militaire dans l'armée régulière cubaine. C'était une époque où presque tous les soldats cubains partaient en mission internationaliste, par exemple en Afrique, et beaucoup d'entre nous ont demandé à être envoyés dans l'une de ces missions, mais Fidel, dans son infinie sagesse, nous a dit non, que nous devions attendre, que le temps viendrait pour nous, que nous n'étions pas des Cubains.

- Excusez-moi de vous interrompre, étiez-vous un officier des forces armées cubaines ?

- Oui, à l'époque, j'étais lieutenant, j'étais à la tête d'une batterie d'artillerie et j'avais la responsabilité de 64 soldats, de 6 obusiers de 122 mm, et je remplissais mes fonctions comme tout officier régulier de l'armée cubaine. C'était en 1979, j'avais 22 ans.

HERNÁN CANO
Sergio Rodríguez Gelfenstein, combatant in Nicaragua: ‘July 19 was the best day of my life’

Hernán Cano, Sputnik Mundo, 18/7/2022
Translated by John Catalinotto

Hernán Cano is an Argentine journalist based in Bolivarian Venezuela. https://www.instagram.com/hernancanoperiodista/



 After 43 years since the victory of the Sandinista Revolution, this Venezuelan writer, researcher and political analyst recounted in an interview with Sputnik his participation in the Southern Front, with an internationalist contingent sent from Cuba by Fidel Castro.

He also detailed how, after the triumph against the Somoza dictatorship, this lieutenant of Cuba’s Revolutionary Armed Forces (FAR) participated in the task of creating the Nicaraguan army.

Sergio Rodríguez Gelfenstein’s life has been associated with the socialist revolution since his birth. With a guerrilla father, he took his first steps in politics with the triumph of Salvador Allende in Chile [1970], until the dictatorship of Augusto Pinochet put an end to the Popular Unity experience with the bombing of La Moneda Palace and a bloody coup d’état [1973].


Sergio Rodríguez Gelfenstein was interviewed by Sputnik in Caracas - Credit Hernán Cano/Sputnik Mundo

Rodriguez Gelfenstein was a lieutenant in the Cuban FAR, an internationalist combatant in Nicaragua, a builder of the Nicaraguan army, and later ambassador to this country, in one of the few moments in which the land of Sandino had some peace.

In a dialogue with Sputnik, this researcher and writer passionately narrates the events that took place exactly 43 years ago, when Cuban leader Fidel Castro proposed to him and a group of Latin American fighters the mission of going to fight in Nicaragua, which he accepted, inspired by the Guevarist maxim of “fighting against imperialism wherever it is.”

The author conducted this interview with Venezuelan Sergio Rodriguez Gelfenstein for the news agency Sputnik in preparation for the July 20 anniversary of the 1979 Nicaraguan revolution. It’s introduction noted that Rodriguez Gelfenstein, whose guerrilla father was forced out of Chile by the 1973 coup led by Augusto Pinochet, was at 22 an officer in Cuba’s Revolutionary Armed Forces and participated at the last month of Nicaragua’s war of liberation with an international contingent fighting the Somoza dictatorship and later in the training of the national army.

Since that July 20, Nicaragua has been an accumulation of indelible, eternal memories, of enormous happiness that demand a continuous commitment to the revolution. “Just as we [Venezuelans] have Bolivar, Nicaragua has Sandino, and that creates an imprint, a way of being and looking at ourselves,” says Rodriguez Gelfenstein.

And he recalls that “it is not in Playa Girón where the first defeat of imperialism in America took place, but in Nicaragua [in 1933], when General Augusto César Sandino expelled the invading Yankee army.” Today, four decades after those convulsive years, “Nicaragua, Cuba and Venezuela have configured, not an axis of evil, but a triangle that continues with the tradition of anti-imperialist struggle,” he emphasizes.


Sergio Rodríguez Gelfenstein: Fidel told us that the balance in Nicaragua had to be broken by the Southern Front – Credit Hernán Cano/Sputnik Mundo

Hernán Cano- How did you connect with the Sandinista Revolution?

Sergio Rodriguez Gelfenstein- My father was imprisoned in the National Stadium in Chile after the coup d’état against Salvador Allende. Then he left for Peru, and could not return to Venezuela because he had pending cases from when he participated in the guerrilla struggle. 

Under those conditions, and after receiving several offers, he chose to go to Cuba. I was 17 years old, and when I arrived in Havana I requested military training. Together with a group of Chilean comrades, because I was also Chilean, we received military training in the Cuban regular army. 

It was the period when almost all the Cuban military were going on internationalist missions, for example in Africa, and many of us asked to be sent on one of those missions, but Fidel, in his infinite wisdom, said no, we should wait, that the time would come for those of us who were not Cubans.

HC- Excuse me for interrupting, were you an officer in the Cuban Armed Forces?

SRG- Yes, at that time I was a lieutenant, I was head of an artillery battery and I was in charge of 64 soldiers, with six 122mm howitzers, and I performed duties like any regular officer of the Cuban army. That was already 1979, I was 22 years old.

HERNÁN CANO
Sergio Rodríguez Gelfenstein, combatiente en Nicaragua: “El 19 de julio fue el mejor día de mi vida”

 Hernán Cano, Sputnik Mundo, 18/7/2022

Hernán Cano es un periodista argentino radicado en la Venezuela Bolivariana. https://www.instagram.com/hernancanoperiodista/

 

 A 43 años de la victoria de la Revolución Sandinista, este escritor, investigador y analista político venezolano relató en entrevista con Sputnik su participación en el Frente Sur, con un contingente internacionalista enviado desde Cuba por Fidel Castro.

Sergio Rodríguez Gelfenstein fue entrevistado por Sputnik en Caracas - Foto Hernán Cano, Sputnik Mundo

Asimismo, él detalló cómo luego del triunfo contra la dictadura de Somoza este teniente de la Fuerzas Armadas Revolucionarias (FAR) se puso a la tarea de crear el ejército nicaragüense.

La vida de Sergio Rodríguez Gelfenstein está asociada desde su nacimiento a la revolución socialista. De padre guerrillero, labra sus primeros pasos en la política con el triunfo de Salvador Allende en Chile, hasta que la dictadura de Augusto Pinochet puso fin a la experiencia de la Unidad Popular con el bombardeo al Palacio de La Moneda y un sangriento golpe de Estado.

Rodríguez Gelfenstein fue teniente de las FAR cubanas, combatiente internacionalista en Nicaragua, constructor del ejército nicaragüense, y luego embajador en este país, en uno de los pocos momentos en que la tierra de Sandino tuvo algo de paz.

En diálogo con Sputnik, este investigador y escritor narra apasionadamente los acontecimientos ocurridos hace exactamente 43 años, cuando el líder cubano Fidel Castro les planteó a él y a un grupo de combatientes latinoamericanos la misión de ir a combatir a Nicaragua, que aceptó inspirado en la máxima guevarista de "luchar contra el imperialismo donde quiera que esté".

Desde aquel día, Nicaragua es un cúmulo de recuerdos imborrables, eternos, de enorme felicidad que exigen un compromiso continuo con la revolución. “Así como nosotros tenemos a Bolívar, Nicaragua tiene a Sandino, y eso crea una impronta, una forma de ser y de mirarnos”, dice Rodríguez Gelfenstein.

Y recuerda que "no es en Playa Girón donde se produce la primera derrota del imperialismo en América, sino en Nicaragua, cuando el General Augusto César Sandino expulsa el ejército invasor yanqui". Hoy, 4 décadas después de aquellos años convulsos, "Nicaragua, Cuba y Venezuela han configurado, no un eje del mal, sino un triángulo que continúa con la tradición de lucha antiimperialista", destaca.

Sergio Rodríguez Gelfenstein: Fidel nos planteó que el equilibrio en Nicaragua lo tenía que romper el Frente Sur. Foto Hernán Cano/ Sputnik

— ¿Cómo te vinculas con la Revolución Sandinista?

— Mi papá estuvo preso en el Estadio Nacional de Chile tras el golpe de Estado contra Salvador Allende. Luego sale hacia Perú, y no podía regresar a Venezuela porque tenía causas pendientes de cuando había estado en la guerrilla. En esas condiciones, luego de varios ofrecimientos, él opta por irnos a Cuba. Yo tenía 17 años, y al llegar a La Habana solicito tener formación militar, y junto con un grupo de compañeros chilenos, porque yo también era chileno, recibimos formación militar en el ejército regular de Cuba. Era la época en que casi todos los militares cubanos iban a cumplir misiones internacionalistas, por ejemplo, en África, y muchos de nosotros solicitamos que nos envíen a una de esas misiones, pero Fidel, con su infinita sabiduría, decía que no, que esperemos, que ya iba a llegar el momento para nosotros, que no éramos cubanos.