Les camps de réfugiés sont depuis
longtemps un point nodal de l’oppression israélienne et de la résistance
palestinienne. L’invasion de Jénine révèle une nouvelle étape dans cette
bataille.
Décombres dans les rues
de la ville de Jénine en Cisjordanie le 4 juillet 2023, suite à une offensive
aérienne et terrestre israélienne majeure, l’une des plus grandes opérations
militaires d’Israël dans le territoire palestinien depuis des années. (Nasser
Ishtayeh/Flash90)
L’invasion destructrice de deux jours du camp de réfugiés de Jénine par
Israël au début du mois de juillet a apporté une nouvelle preuve que l’État
sioniste vise à éliminer la structure sociale et urbaine de ces camps
palestiniens dans l’ensemble de la Cisjordanie occupée. Cela fait partie d’un
plan stratégique de grande envergure visant à mettre fin au “problème” des réfugiés
palestiniens - tant ceux
qui vivent dans leur patrie que ceux qui vivent en diaspora dans les pays
arabes et dans le monde entier.
Cette politique israélienne n’est pas nouvelle. On
peut tracer une ligne droite entre la destruction du camp de réfugiés de
Jabaliya à Gaza après 1967, le massacre de Sabra et Chatila pendant la guerre
du Liban en 1982 et la réoccupation par Israël du camp de Jénine 20
ans plus tard pendant la deuxième Intifada. Pourtant, depuis un an et demi,
cette ambition est devenue une priorité militaire, l’armée israélienne effectuant des
raids quasi
hebdomadaires dans les camps de Jénine et de Naplouse, dans le
cadre de ce qu’elle appelle l’opération “Briser la vague”.
Aux yeux de l’occupant, les camps de réfugiés de
Cisjordanie - dont ceux de Jénine, Naplouse, Jéricho, Ramallah, Bethléem et
Hébron - sont le lieu où se développe la dynamique de la résistance
palestinienne au régime militaire et aux colonies qui en découlent. En effet,
depuis qu’ils existent, les camps offrent un abri et un environnement favorable
à la planification et à l’organisation des organisations
de résistance.
Israël a clairement intérêt à abolir tout statut
spécial des camps de réfugiés et souhaite les réaménager de manière à permettre
la libre circulation de sa machine de guerre et d’occupation. De là découle la
politique de destruction des rangées de maisons et des allées étroites qui les
séparent, empêchant l’accès entre les maisons et modifiant le tissu social des
camps.
Les attaques incessantes contre l’Office de secours et
de travaux des Nations unies (UNRWA), qui fournit des services spécifiquement
destinés aux réfugiés palestiniens, font également partie de la politique
visant à éliminer le problème des réfugiés. Cette campagne a atteint son apogée
sous l’administration Trump, lorsque la Maison Blanche a coupé tout financement
à l’agence. Le président Joe Biden ayant rétabli l’aide usaméricaine, Israël a
porté sa guerre contre les camps à un niveau supérieur.
De Kafr Qasem à Jénine
Lors de la récente invasion de Jénine, nous avons vu
comment l’armée israélienne a déplacé des milliers de résidents de leurs
maisons, créant des scènes qui rappellent la Nakba de 1948. Israël a toujours
pensé que l’état de guerre pouvait être utilisé pour tenter d’expulser les
Palestiniens, et le massacre de Kafr
Qasem en est un
exemple clair.
Jénine, 4 juillet
2023 (Nasser Ishtayeh/Flash90)
En 1956, alors que les troupes israéliennes
envahissaient l’Égypte aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne pendant
la guerre du Sinaï, les forces israéliennes ont abattu 49 citoyens palestiniens
à Kafr Qasem. Ce massacre était une tentative des dirigeants israéliens de l’époque
de “corriger l’erreur” de 1948, lorsqu’ils avaient laissé environ 150 000
Palestiniens à l’intérieur des frontières de l’État nouvellement formé. Avec la
guerre du Sinaï comme diversion, ils ont cherché à procéder à une déportation
massive des citoyens palestiniens en les effrayant au point qu’ils partent
volontairement. Cette tentative a échoué, mais les efforts d’Israël pour “corriger
l’erreur” n’ont jamais cessé.
À Jénine, l’occupation a traité le camp et sa
population civile comme un terrain d’essai pour certaines de ses technologies
militaires les plus innovantes. Ayant tiré les leçons des précédentes
incursions de l’armée, les Palestiniens ont réussi non seulement à empêcher la
surveillance israélienne de localiser les combattants, mais aussi à empêcher l’armée
de fixer les termes de la bataille, au point que le ministre israélien de la Défense,
Yoav Gallant, s’est inquiété du faible nombre de combattants palestiniens qui
ont été tués.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré que
si les “terroristes” retournaient dans le camp de Jénine, l’armée ferait de
même. Cependant, les Palestiniens estiment également que la résistance a été en
mesure de contrecarrer les plans du gouvernement visant à réinstaller les
habitants du nord de la Cisjordanie - en particulier les zones où les colonies
ont été démantelées dans le cadre du désengagement de Gaza en 2005 - parce que
les Israéliens ne s’y sentiront pas en sécurité en raison de l’activité des groupes armés.
Ainsi, sous le gouvernement actuel, Israël entre dans
une nouvelle phase
de sa guerre
contre les camps. Par le biais de la refonte judiciaire, l’extrême droite
entend lever tous les obstacles procéduraux et juridiques à son objectif d’épuration
ethnique de masse. En effet, bien que la lutte semble être interne à Israël, ses
conséquences seront
ressenties avant tout par les Palestiniens, dont le “traitement” constitue le véritable ordre
du jourde la
coalition au pouvoir.
Leur résistance obstinée à l’occupation ne cessant de
croître, les camps de réfugiés redeviennent le point nodal de l’oppression
israélienne. Ce que nous avons vu à Jénine n’est probablement qu’un début.
Steve
Keen pensait suivre des cours d’économie... En réalité, on lui enseignait la vérité
révélée. Comme il n’est pas si abruti que ça, Steve a gardé les yeux ouverts. Résultat :
un livre de 852 pages...
Ce n’est pas
que les livres monumentaux, comme les romans de la littérature russe, me
découragent. C’est juste que l’on se demande si le sujet et la qualité de l’écriture
valent le détour.
J’ai lu Jérusalem :
biographie de Simon Sebag-Montefiore, dont les 667 pages de typographie
serrée serrées demandent patience et persévérance, d’autant plus que du début à
la fin, ce ne sont que massacres, trahisons et cornes - au sens propre et
figuré - dont personne ne sort indemne.
Criminels
les uns, criminels les autres, criminels tous, tantôt opprimés, tantôt
oppresseurs, toujours avec la prétention de dominer une ville et une région qui
n’ont cessé de changer de mains depuis l’époque lointaine - il y a plus de 3
000 ans - où Babylone faisait office d’empire sous la dynastie d’Hammourabi.
Des
millénaires de fanatisme, de conquêtes, d’occupations et de guerres d’extermination
au nom du vrai dieu, aussi sanguinaire, vengeur et nigaud que ses inventeurs
terrestres.
Cependant,
les huit cent cinquante-deux pages de L’Imposture économiquede Steve
Keen, c’est un peu trop pour moi. Je ne nie pas l’intérêt de ses arguments, ni
la clarté de ses démonstrations, ni même la qualité d’une prose qui, sans être
littéraire - et sans atteindre la clarté lumineuse des écrits d’un Bernard
Maris - diffère grandement de la nullité médiocre et arrogante pratiquée par l’immense
majorité des économistes.
Il arrive
que Keen, et/ou ses préfaciers, laissent échapper le nom de l’assassin dans les
premières pages. Maintenir l’intérêt de l’histoire dans ces conditions n’est
pas à la portée de n’importe qui : il faut le génie d’un García Márquez dans Chronique
d’une mort annoncée.
Mon
exemplaire de L’Imposture économique est une édition de poche (L’atelier
en poche). Le deuxième paragraphe de l’avant-propos de Gaël Giraud y est un
choc pour tout économiste crétin, c’est-à-dire pour l’immense majorité d’une
profession qui concentre les crétins comme une cuvette de WC concentre les
Escherichia coli.
En résumé,
Gäel Giraud explique que la fameuse loi de l’offre et de la demande, ça n’existe
pas.
Pouvez-vous
imaginer la tête des experts ? En effet, Keen montre que la courbe d’offre n’existe
pas et que la courbe de demande globale pourrait bien ne pas être une fonction
dégressive du prix.
Keen ne fait
que répéter ce que d’autres avaient compris avant lui : la fausseté de la loi
de l’offre et de la demande, pilier fondamental de la théorie de l’équilibre
général.
Entre
autres, Sonnenschein, dont le théorème - établi entre 1972 et 1974 avec Rolf
Ricardo Mantel et Gérard Debreu, donc également appelé théorème
Sonnenschein-Mantel-Debreu - montre que les fonctions de demande et d’offre de
la théorie de l’équilibre général (TEG) peuvent avoir n’importe quelle forme,
ce qui réfute le résultat d’unicité et de stabilité de l’équilibre général.
La première
édition du livre de Keen aux USA date de 2011 (Debunking Economics. The
Naked Emperor Dethroned ?). Ainsi, bien qu’il ne s’agisse pas d’une
première, l’intérêt de son livre tient principalement à l’effort de
vulgarisation et à la méthodologie avec laquelle il s’attaque à chacune des
faussetés de la théorie économique.
En bref, il
s’avère que nous savons depuis au moins un demi-siècle que la soi-disant loi de
l’offre et de la demande est un pur sophisme, une aberration, une tromperie,
une mystification.
À propos de
la théorie de l’équilibre général :
« S’il
existe un équilibre (Gérard Debreu a démontré qu’il peut exister grâce au
Théorème du Point Fixe de Broüwer), à moins de tomber dessus par hasard, on en
le trouve pas. Et si, par hasard, on le trouve... l’équilibre s’éloigne. Si les
mots "marché" et "loi de l’offre et la demande" ont un
sens, c’est celui d’aberration, de déséquilibre, d’indétermination, de
destruction, de désordre. Bordel. Le marché est un vaste bordel ». (Bernad
Maris).
Pour ceux
que le sujet intéresse, en mathématiques, le théorème du point fixe de Broüwer
est un résultat de la topologie. Il fait partie de la grande famille des
théorèmes du point fixe qui affirment que si une fonction vérifie certaines
propriétés, alors il existe un point x0 tel que f(x0)=x0.
Broüwer
aurait ajouté : « Je peux formuler ce magnifique résultat d’une autre
manière. Je prends une feuille de papier horizontale, une autre feuille
identique que je froisse et, après l’avoir étirée, je la replace sur la
première. Un point de la feuille froissée se trouve au même endroit que sur l’autre
feuille ».
Mais le mien
a à voir avec le livre de Steve Keen, où la vérité vous est révélée dès les
premières pages, sans garder de mystère pour le dernier chapitre.
Steve Keen
affirme avoir réalisé très tôt l’indigence de ce qu’on lui enseignait à l’université
de Nouvelle-Galles du Sud. Dans sa préface à la première édition de L’imposture
économique, Keen s’interroge :
« Pourquoi
les économistes persistent-ils à utiliser une théorie dont le manque de
solidité a été si clairement démontré ? Pourquoi, malgré l’impact destructeur
des politiques économiques préconçues, la théorie économique constitue-t-elle
encore la boîte à outils utilisée par les politiciens et les bureaucrates pour
la plupart des questions économiques et sociales ? »
Keen a
quelques idées à ce sujet :
« La
réponse se trouve dans la manière dont l’économie est enseignée dans le monde
universitaire ».
Cependant,
la méfiance de Keen à l’égard des enseignements reçus au cours de ses études
universitaires l’a conduit non seulement à douter de la pertinence de la
science économique, mais aussi à enquêter, rechercher et parvenir à une
conclusion dans laquelle il était loin d’être le premier :
« Ce
scepticisme a inauguré un processus exponentiel de découvertes qui m’ont fait
comprendre que ce que j’avais considéré au début comme une formation en
économie, était en réalité à peine mieux qu’un endoctrinement ».
Keen pensait
être à l’université. En réalité, il suivait des cours de catéchisme.
Qui aurait
le courage d’aspirer à ce tome gigantesque si, après une brève lecture, on vous
a déjà dit que tout le texte n’est que mensonges, faussetés, inventions,
sophismes, dogmes et vérités révélées par un groupuscule d’illuminés ?
La théorie
économique se résume à la loi de l’offre et de la demande : si les prix
augmentent, l’offre augmente ; si les prix augmentent, la demande diminue. Et
vice versa.
Les causes
du chômage ? L’offre et la demande. Un léger déséquilibre qui ne peut être
corrigé que par l’offre et la demande.
La chute du
prix du cuivre ? L’offre et la demande.
L’augmentation
des investissements ? L’offre et la demande.
La
disparition des espèces marines ? L’offre et la demande.
La baisse du
taux de natalité ? L’offre et la demande... a dit un crétin appelé Gary Becker,
prix Nobel d’économie.
Inflation,
déflation, allocation des ressources, politiques publiques et recherche d’or au
Klondike... ? L’offre et la demande.
Mais comme
nous l’avons déjà dit, Sonnenschein a montré dans les années 1970 que les
fonctions d’offre et de demande sont des histoires à dormir debout. Keen
affirme que la courbe d’offre n’existe pas et que la courbe de demande est une
invention.
Cependant,
le monde universitaire - et avec lui le monde des affaires, les gouvernements
et les parlements - ne comprend pas. Il fait semblant de croire que la terre
est plate. Comme si la loi de l’offre et de la demande avait un sens et
permettait les projections et les calculs sur lesquels les experts fondent
leurs prévisions économiques.
En lisant
Henri Guillemin, on apprend que les classes dirigeantes du XVIIIe
siècle - noblesse, clergé, bourgeoisie - considéraient la religion comme une
superstition pernicieuse des ignorants. Pour eux, bien sûr. Parce que la
religion était utile pour faire taire les misérables : le pouvoir était encore “d’origine
divine”. Celui qui osait se rebeller contre sa situation de péquenaud exploité,
affamé, ne faisait que blasphémer, insulter Dieu et le ciel.
Les évêques,
les ducs et les marquis, l’intelligentsia voltairienne, les riches marchands et
industriels, bref, les potentats, sont aussi oublieux de Dieu que de leur
première malédiction. Ce qui ne les empêche pas d’organiser d’éminentes
cérémonies religieuses pour contenter le populo.
Il en va de
même pour l’économie : la loi de l’offre et de la demande - ainsi que le reste
du charlatanisme économique - ne sert qu’à expliquer aux pauvres la chance qu’ils
ont d’être exploités par des gens qui, eux, comprennent de quoi il retourne.
Sinon, on
court le risque de la volatilité, de l’instabilité, de l’incertitude, de la
disparition des marchés et, avec elle, de l’évaporation du paradis sur terre.
Tout ce dont
ils ont besoin pour tenir un tel discours, c’est de quelques titres quotidiens
dans la presse docile.
Huit cent
cinquante-deux pages pour expliquer une telle évidence, décidément, c’est too
much.
La Lithotomie (La Cure de la folie ou L’Extraction de la pierre de folie),
par Jérôme Bosch, env. 1494. Musée du Prado, Madrid
New York
City - Des travailleur·ses de la technologie d’Amazon et de Google se sont
rassemblés devant le sommet annuel d’Amazon Web Services au Javits Center à New
York City le 26 juillet. Les travailleur·ses ont scandé haut et fort : “Palestine
libre, pas de technologie pour les crimes d’Israël !”. Ce rassemblement s’inscrivait
dans le cadre de la campagne “Pas de technologie pour l’apartheid”, qui se
poursuit depuis deux ans.
Photo
WW : Marsha Goldberg
Des
pancartes peintes à la main dans la foule témoignaient de la solidarité de la
classe ouvrière avec le peuple palestinien, ciblant les patrons d’Amazon et de
Google pour les contrats d’un milliard de dollars qui permettent la
surveillance de masse par l’État d’apartheid israélien. Sur certaines de ces
pancartes, on pouvait lire : “Les travailleur·ses de la technologie uni·es
contre l’apartheid israélien”, “Les travailleur·ses d’Amazon et de Google uni·es
pour les droits des Palestiniens” et “Amazon profite de l’occupation militaire
israélienne”.
Les
premiers orateur·trices du rassemblement étaient cinq travailleur·ses de la
technologie d’Amazon qui venaient de quitter le Javits Center, où ils s’étaient
levés, un par un, et avaient perturbé l’ensemble du discours d’ouverture. Des
représentant·es du syndicat Amazon de l’entrepôt de Staten Island - le premier
entrepôt d’Amazon où les travailleur·ses ont remporté une élection de
représentation syndicale - étaient présent·es en signe de solidarité.
Ils/elles
ont fait le lien entre la surveillance israélienne du peuple palestinien à l’aide
de la technologie d’Amazon et la surveillance des travailleur·ses dans les
immenses entrepôts d’Amazon, où chaque seconde de leur temps est pistée.
Les
travailleur·ses ont brandi des pancartes du Workers World Party sur lesquelles
on pouvait lire : “Défendons la Palestine - le sionisme est un génocide !” et “L’apartheid
israélien est un génocide financé par les USA”.
Si la droite
chilienne était moins obtuse et insensible, les partis qui la représentent
devraient en fait accueillir avec enthousiasme l’invitation du président Boric
à signer une déclaration commune à l’occasion du 50e anniversaire du
coup d’État de 1973. Par cette signature, le chef de l’État veut reconnaître
leur vocation démocratique, y compris le mérite d’être des défenseurs des
droits humains.
Mais le plus
incroyable dans tout cela, c’est que les autorités du pays cherchent une
réconciliation historique entre les victimes et ceux qui ont été au moins les
auteurs intellectuels de l’horreur qui s’est poursuivie au Chili pendant 17 ans
avec cette dictature civilo-militaire sanglante dirigée par celui que le monde
entier reconnaît comme l’un des pires bouchers de l’histoire mondiale.
Pire encore,
l’impunité règne toujours pour les horreurs commises avec l’assentiment de la
droite politique et économique, qui cherche encore aujourd’hui à justifier l’attentat
sanglant de La Moneda, la déliquescence de nos institutions et les terribles
séquelles des assassinats, de la torture, de l’exil et d’une foule d’autres aberrations
connues de tous.
Pinochet, comme
nombre de ses collaborateurs, n’a pu être poursuivi et condamné par la justice
chilienne, de même que de nombreux épisodes terribles contre la dignité humaine
n’ont toujours pas été élucidés. Il n’y a pas non plus de certitude totale sur
les crimes commis par la caste militaire et politique en raison de son manque
de probité, qui a pris le contrôle d’entreprises publiques et dénationalisé les
principales ressources naturelles du pays.
Tout cela
reste impuni grâce aux gouvernements civils de l’après-dictature, qui ont
toujours craint un nouveau soulèvement militaire. Limités, en outre, par la
Constitution de 1980 (qui nous régit toujours) et par cet ensemble de lois
dictées par l’homme qui a fini par porter le titre de président de la
République, un statut qui n’est effacé qu’aujourd’hui des archives officielles.
Ces
jours-ci, aux USA, Pedro Barrientos, l’assassin du chanteur-compositeur Víctor
Jara est déchu de sa nationalité usaméricaine, un assassin qui, comme d’autres
agents, a bénéficié d’une protection dans le pays qui a encouragé et financé le
renversement d’un président élu par le peuple. Une responsabilité dont la
Maison Blanche et la CIA tentent aujourd’hui de se défaire, parallèlement à
leurs efforts de cooptation des décisions de nos nouvelles autorités. Ils sont
déterminés à ce que le lithium, l’hydrogène vert et d’autres ressources soient
désormais appropriés par leurs transnationales.
Nous
craignons que la curieuse invitation de Gabriel Boric à tous les partis
représentés au Parlement ne soit que le fruit de ses réflexions les plus
intimes, alors qu’il se rendait en Europe à ce sommet présidentiel où les pays
les plus puissants de la planète rencontrent ceux du tiers-monde pour
consolider de bonnes affaires. Celles qui sont toujours plus avantageuses pour
ceux qui ont toujours officié en tant que conquérants, non pas pendant
cinquante ans, mais pendant plus de cinq siècles.
On imagine
que notre nouveau président n’a pas eu recours aux conseils et aux critiques de
plusieurs de ses alliés qui ont déjà exprimé leur réticence à l’invitation
présidentielle. Dans l’espoir, certainement, de faire toute la lumière sur les
crimes contre la démocratie et les droits humains, avant de se soumettre à une
conciliation forcée avec ceux qui sont encore déterminés à défendre la Charte
fondamentale léguée par le tyran, ainsi que le système économique et social qui
a brutalement divisé le pays entre les très riches et les dramatiquement
pauvres. Des secteurs politiques et économiques qui cherchent à perpétuer l’inégalité
flagrante qui, si elle continue ainsi, nous assure d’une nouvelle et grave
explosion sociale.
Plutôt que d’apaiser
la droite, le gouvernement qui se proclame de gauche devrait s’engager à
laisser de côté l’opposition tenace exercée par ces secteurs, en optant plutôt
pour un pacte sérieux et solide avec le monde social qui a parié sur son
élection, dans l’espoir de la justice et certainement d’une démocratie fondée
sur la distribution équitable des revenus, sur des normes éducatives plus
élevées et sur une éthique rigoureuse dans l’utilisation des ressources
publiques.
Il s’agit d’objectifs
pour lesquels aucun progrès raisonnable ne peut être constaté. Au contraire, de
nouveaux actes de corruption ont été commis en à peine un an de gouvernement
Boric.
Fabio Merone, docteur en Sciences politiques de
l’université de Gand (Belgique), est chercheur associé au Centre interdisciplinaire de
recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient de l’université Laval (Québec,
Canada). Il travaille sur l’islamisme et le salafisme dans le monde arabe
contemporain. Avec F. Cavatorta, il a édité Salafism after the Arab Awakening: Contending
with People’s Power (Hurst, 2017). Bibliographie
Près
de quarante ans après sa mort, Hassan Abdallah Hamdan (1936-1987), plus connu
sous son nom de guerre Mahdi Amel, reste une référence politique et
intellectuelle pour la gauche libanaise et arabe.
“Lisez Mahdi Amel”, Beyrouth 2019
Hassan
Abdallah Hamdan (1936-1987), plus connu sous le nom de guerre de Mahdi Amel,
était un communiste libanais original qui a été surnommé le “Gramsci arabe”1. Comme le marxiste
italien, Amel a tenté de “nationaliser” le communisme en appliquant les
catégories critiques du marxisme au contexte national2 et en élaborant sur cette base un projet politique et
culturel pour l’émancipation des masses. Il a été assassiné par des milices
islamistes chiites en 1987. Bien que son projet politique ait été partiellement
dépassé par les accords de Taëf de 1989 (qui ont mis fin à la guerre civile
libanaise), il reste le témoignage d’un intellectuel militant et critique qui a
consacré sa vie à lutter contre le système confessionnel libanais et à
poursuivre un véritable projet de libération nationale. C’est aussi pourquoi,
récemment, il est devenu l’un des symboles des jeunes générations de Libanais
qui sont descendus dans la rue en 2017 et 2019 pour renverser l’“État
confessionnel”, ainsi que de tous les Arabes qui ont cherché une voie originale
vers le communisme.
Le contexte historique et l’expérience
de vie d’un intellectuel militant
Le
projet culturel et politique de Mahdi Amel peut être placé dans le contexte
plus général de l’émancipation nationale des intellectuels et des forces
politico-culturelles du Sud, qui se sont engagés dans la construction de
nouvelles sociétés post-coloniales libérées de la dépendance vis-à-vis du
centre capitaliste et de l’hégémonie culturelle occidentale. On peut relier
Amel à la pensée et au parcours politique de Frantz Fanon, qu’il a rencontré en
Algérie et dont il était un admirateur ; à l’intellectuel indien Ranajit Guha,
qui, depuis l’Inde, a introduit Antonio Gramsci dans les études postcoloniales
par le biais de ce que l’on appelle les “études subalternes” ; ou, enfin, à Ali
Shariati, l’intellectuel iranien qui a tenté de fusionner le marxisme avec la
théologie chiite de la libération.
La
caractéristique commune de ces auteurs et de leur projet était qu’ils voulaient
amener la collectivité nationale nouvellement indépendante à un niveau plus
élevé de conscience de soi afin de parvenir à une véritable émancipation
culturelle, politique et économique. En termes plus proprement marxistes, Amel
était intellectuellement un enfant de ce que l’on appelle la “théorie de la
dépendance”, la construction théorique fondamentale sur laquelle raisonnaient
les marxistes arabes et du Sud. Selon cette théorie, le colonialisme avait
unifié le monde dans des relations d’interdépendance, sur la base desquelles le
centre capitaliste dominait et assujettissait la périphérie. Le système
économique des colonies avait été construit de telle sorte que ces pays, une
fois intégrés dans le commerce international, étaient dépendants des centres
financiers et économiques occidentaux, dont les bourgeoisies locales étaient
des sous-produits. Ces dernières, en particulier, étaient “cosmopolites” (au
sens gramscien de “non-nationales”), économiquement dépendantes et
culturellement subordonnées.
De
ce point de vue, tant Fanon et Guha que Shariati avaient appelé à une
construction nationale basée sur une révolution culturelle qui revendiquait la
subjectivité nationale contre l’idéologie coloniale. Amel appartenait à ce type
de courant politico-culturel, mais il savait aussi s’en distinguer. Communiste
militant dès ses années universitaires à Lyon, il profite du climat culturel
fervent des années 1950 et 1960. Il se passionne pour l’historicisme gramscien 3et
utilisera plus tard des concepts tels que “bloc historique”, “idéologie” et “hégémonie”
4. Il est également
influencé par le débat suscité en France et dans le monde communiste par les
révélations de Khrouchtchev au 20econgrès du PCUS
(1956),
qui donnent lieu à une vive controverse entre ceux qui veulent réformer le
marxisme dans une optique humaniste (le marxisme dit occidental) et ceux qui
veulent le réhabiliter dans une optique révolutionnaire.
Amel
a donc vécu dans un climat culturel influencé par Gramsci, Poulantzas et
Althusser, dans lequel le “Sud” a été porté à l’attention des mouvements
gauchistes. D’un point de vue théorique marxiste, cela s’est traduit par une
tentative de reconceptualisation de la catégorie de “mode de production”, en l’adaptant
aux contextes coloniaux et post-coloniaux, un concept sur lequel Amel a
travaillé en particulier dans les années 70 5.
Après
avoir passé une importante période de formation en Algérie (1963-68) 6,
Amel s’est immergé dans la réalité libanaise. De retour dans son pays natal, il
rejoint le Parti communiste libanais (PCL) et en devient un dirigeant
et un idéologue important. Surtout, il commence à élaborer une pensée
originale, conciliant activité théorique et militantisme pratique. Son épouse
Evelyne Brun raconte qu’à cette époque, il était particulièrement impliqué dans
le dialogue avec les planteurs de tabac de la région du Mont-Liban (où un
mouvement de protestation était en cours dans les années 1970) et qu’il
témoignait qu’ « être marxiste, c’est être une personne qui peut apporter
des réponses aux problèmes de la vie de tous les jours » 7. Il a notamment été un
bâtisseur actif de cellules syndicales et populaires au Sud-Liban, où vit
encore aujourd’hui la partie la plus marginalisée de la population libanaise. C’est
à cette époque qu’il commence à être connu sous le nom de Mahdi Amel, nom qu’il
choisit comme pseudonyme pour les articles qu’il écrit dans l’organe du parti, al-Tarīq
(la route/le chemin).
Il
est important de comprendre cette période de son militantisme et de celui du
parti communiste libanais, qui se percevait comme un parti révolutionnaire d’avant-garde
des masses de travailleurs et de subalternes. Ceux-ci tentaient en fait de
réaliser la bataille politique pour l’émancipation nationale par le biais du
militantisme au sein de la population. Les communistes se sont également
identifiés à la question palestinienne et se sont proposés comme l’avant-garde
de la résistance armée contre l’occupation militaire israélienne dans le sud du
pays (1978-82), et le point de jonction du front politique des forces de gauche
et démocratiques contre les droites confessionnelles et fascistes soutenues par
les pays occidentaux et alliées d’Israël.
Il
est évident que le parcours intellectuel et la vie politique d’Amel ont été
marqués par la guerre civile libanaise (1975-1990), qu’il a perçue comme une
occasion de réaliser son projet national de libération du pays du système
confessionnel. Mais cette période est aussi marquée par l’émergence de l’islamisme
chiite (Amal et Hezbollah), qui évince les communistes du
Sud-Liban et se substitue à eux comme force de résistance. Mahdi Amel avait
reconnu un potentiel révolutionnaire dans la communauté chiite libanaise, mais
n’avait pas prévu la montée de l’islamisme en tant que force révolutionnaire
alternative, probablement mieux adaptée que les communistes pour jouer ce rôle.
Il a été assassiné par des miliciens chiites, mettant fin à la vie d’un intellectuel
militant passionné et à l’expérience du parti communiste libanais en tant que
force politique exerçant une certaine influence.
L’État confessionnel et l’idéologie de la bourgeoisie libanaise
La
pensée de Mahdi Amel se caractérise par une réflexion sur la réalité politique
du Liban et du monde arabe. En particulier sur l’État, son appareil
idéologico-hégémonique et le mode de production socio-économique. Mahdi Amel
est en effet célèbre pour les deux principales catégories analytiques que sont
le “mode de production colonial” et l’“État confessionnel”
Il
a annoncé son projet dès ses premières années libanaises, dans l’essai Colonialism
and Backwardness (1968) : « Si nous voulons une pensée marxiste
adaptée à notre réalité et capable d’avoir une perspective scientifique, nous
ne devons pas appliquer cette pensée de manière abstraite, mais plutôt avoir
comme point de départ la spécificité même de notre réalité » 8. Il analyse ensuite le
processus historique de formation de la bourgeoisie coloniale dans son livre Prolégomènes,
dans lequel il pose les bases de sa réflexion théorique 9.
Amel
a comparé les exemples historiques de l’Égypte et du Liban en particulier,
soulignant comment la pénétration coloniale avait empêché le développement d’une
bourgeoisie nationale, alors qu’une classe de propriétaires terriens proto-capitalistes
s’était formée à la fin de la période ottomane. Au Liban, l’entrée dans le mode
de production capitaliste a conduit au développement de la monoculture de la
soie et à l’orientation de l’économie vers le marché international. Cela a
empêché la formation d’une bourgeoisie basée sur l’artisanat local et a conduit
au contraire au développement d’une classe bourgeoise coloniale. Contrairement
à la bourgeoisie européenne, qui s’était initialement formée en tant que classe
révolutionnaire (contre l’aristocratie foncière), la bourgeoisie libanaise
était le résultat d’une relation de subordination économique et politique.
L’analyse
d’Amel s’inscrit dans le débat qui divise alors les communistes arabes entre
ceux qui voient dans la bourgeoisie nationale une force progressiste possible
avec laquelle s’allier, et ceux qui n’y voient qu’un ennemi de classe à
renverser car inéluctablement allié au capital international. L’analyse d’Amel
se voulait plus complexe : en saisissant les deux aspects de la bourgeoisie -
nationale et cosmopolite - il voulait démasquer son appareil idéologique. D’où
la nécessité, dans sa construction théorique, d’une théorie de l’État, qu’il
élabore dans Fī al-dawla al-ṭaifiyya (“De l’État confessionnel”), publié
en 1986, un an avant sa mort.
La
question de la bourgeoisie nationale - son origine confessionnelle et l’appareil
idéologique qui justifie sa domination - a donc constitué l’étape décisive de
son développement théorique. Il écrit : « C’est une erreur de dire que l’idéologie
confessionnelle est l’idéologie de la classe dominante avant les rapports de
production capitalistes, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une idéologie religieuse
ou d’une forme de celle-ci (...). C’est une erreur dans laquelle se trouvent
également certains marxistes » 10. Amel voyait en effet
dans le système confessionnel constitutionnel libanais un instrument
idéologique moderne au service de la domination de la classe bourgeoise et capitaliste,
qui se légitimait à travers lui. Ce système n’avait pas manqué d’être défendu
et propagé par l’intellectuel maronite Michel Chiha, qu’Amel considérait comme
l’idéologue de la bourgeoisie dominante et contre lequel il lançait ses flèches
polémiques, à la manière d’Antonio Gramsci contre Benedetto Croce. Chiha voyait
dans le système confessionnel libanais la garantie du modèle libéral et
démocratique, dans lequel la citoyenneté se réalise dans l’appartenance
communautaire.
Pour
Amel, en revanche, il s’agit d’un “pacte confessionnel” entre les élites des
différentes communautés qui se liguent les unes contre les autres au détriment
de la classe ouvrière de chacune d’entre elles. Le confessionnalisme était
aussi l’instrument de la domination d’une communauté particulière sur toutes
les autres : la communauté maronite minoritaire et dominante contre les
communautés musulmanes subordonnées (la communauté chiite surtout). L’“État
confessionnel” était donc, aux yeux d’Amel, un projet idéologique fonctionnel
aux intérêts politiques et économiques de la classe dirigeante maronite et des
élites interconfessionnelles. Ce système était (et est toujours) basé sur la
division du pouvoir au sein de l’État entre les différentes confessions et le
contrôle politique et économique des différentes élites au sein de chacune d’entre
elles.
Pour
Amel, le véritable projet d’émancipation nationale ne pouvait donc passer que
par la dissolution de ce système et le dépassement de la domination du capital
international. Amel proposait également une plate-forme politique (partagée par
le PCL) qui liait
inextricablement la bataille politique nationale à la cause palestinienne.
Pendant la guerre civile libanaise, en effet, les factions politiques maronites
s’étaient alliées à Israël et aux puissances occidentales contre le front
progressiste et les Palestiniens des camps de réfugiés. Mahdi Amel a enfin mis
en lumière le phénomène de du squadrisme* phalangiste, en le comparant à l’analyse
de Gramsci. Ce dernier avait vu dans le squadrisme fasciste un produit de la
bourgeoisie capitaliste en crise d’hégémonie. Comme à l’époque du fascisme
italien, l’hégémonie du pouvoir bourgeois confessionnel maronite, qui avait été
fondée sur le confessionnalisme idéologique, semblait à Amel en crise de légitimité.
Le Parti communiste et les forces progressistes du pays, réunies dans un “bloc
historique”, devaient donc abattre le pouvoir de la bourgeoisie et le système
confessionnel sur lequel il reposait.
La victoire des islamistes et la “revanche” de Mahdi Amel
Le
Parti communiste libanais et Mahdi Amel ont fini par être victimes de la guerre
civile, dont ils pensaient pouvoir exploiter les contradictions à leur
avantage. Le PCL avait en effet formé un front de résistance contre l’occupation
israélienne au Sud-Liban, avec un certain succès, mais il a ensuite été vaincu
par les forces islamistes chiites émergentes. Amel et d’autres dirigeants
communistes (dont l’intellectuel Hassan Muruwwa) ont été victimes d’une
campagne d’élimination des dirigeants communistes menée par les “forces
obscures” islamistes, probablement soutenues par la Syrie. Le chiisme politique
s’est alors imposé comme une force populaire et a donné un coup d’arrêt
définitif au mouvement communiste libanais.
Les
accords de Taëf de 1989 ont finalement abouti à un résultat différent de celui
préconisé par les révolutionnaires communistes : le système confessionnel, au
lieu de disparaître, a été reconfirmé et renforcé. Le Hezbollah est
devenu une force dirigeante et le chiisme politique a réussi à intégrer la
communauté chiite dans le système politique confessionnel. Si cette solution a
permis de sortir du conflit, la persistance de la crise dans le pays semble
néanmoins avoir confirmé la thèse fondamentale de Mahdi Amel, celle d’un
système confessionnel en crise permanente d’hégémonie.
Les
protestations sociales et juvéniles qui ont éclaté dans le pays en 2017 et 2019
ont donc réévalué les théories d’Amel, qui a ainsi eu sa “revanche” politique
post-mortem. En effet, non seulement les nouvelles générations révolutionnaires
libanaises ont remis la question du dépassement du système confessionnel au
centre de leur programme politique, mais elles ont aussi et surtout fait de la
figure de l’intellectuel marxiste un symbole de leurs espoirs.
NdT
*«
Squadrisme » [de squadra, équipe, escouade, brigade] est le terme par
lequel on désigne les forces paramilitaires luttant par la violence contre les
mouvements sociaux suscités par les socialistes et les communistes après la
Première Guerre mondiale en Italie. Nées avant le fascisme italien, elles en
sont devenues une forme de bras armé. Ces mouvements paramilitaires furent
dirigés par les chefs locaux (les ras, du nom des chefs éthiopiens) des
Faisceaux italiens de combat.
2.Labib, Tahar (2017). “Gramsci
nel pensiero arabo”. In : Manduchi Patrizia, Marchi Alessandra e Vacca Giuseppe
(a cura di). Gramsci nel mondo arabo. Il Mulino. Bologna
3.Sa thèse de doctorat était intitulée : Sujet
et praxis. Essai sur la constitution de l’histoire.
4.Safieddine, H.
(2021). Mahdi Amel : On Colonialism, Sectarianism and Hegemony. Middle East
Critique, 30(1), 41-56.
5.Il convient de rappeler dans ce débat l’importante
contribution du marxiste franco-égyptien Samir Amin qui, dans le sillage du
maoïsme dominant, a revalorisé la périphérie en tant que site de la révolution
mondiale.
6.C’est à cette époque qu’il publie un premier
article pour la revue Révolution Africaine, intitulé « La pensée
révolutionnaire de Franz Fanon ».
8.Cité dans "Dawn
: Marxism and National Liberation" (p.20). Dossier no 37 |
Tricontinental : Institut de recherche sociale, février 2021. La traduction
italienne est de l’auteur de l’article.
9.Amel, M. (2013) Muqaddimat Nazriyya
Li-Dirasat Athar l-Fikr al-Ishtiraki Fi Harakat al-Taharrur al-Watani [Prolégomènes
théoriques à l’étude de l’impact de la pensée socialiste sur le mouvement de
libération nationale] (Beyrouth : Dar al-Farabi).
10.Amel, M. (1986) Fi Al-Dawla al-Ta’ifiyya
[Sur l’État confessionnel] (Beyrouth : Dar al-Farabi), p.24.