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01/08/2023

AMEER MAKHOUL
La guerre d’Israël contre les camps de réfugiés vise à “corriger son erreur” de 1948

Ameer Makhoul, +972 Magazine, 1/8/2023
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Les camps de réfugiés sont depuis longtemps un point nodal de l’oppression israélienne et de la résistance palestinienne. L’invasion de Jénine révèle une nouvelle étape dans cette bataille.

Décombres dans les rues de la ville de Jénine en Cisjordanie le 4 juillet 2023, suite à une offensive aérienne et terrestre israélienne majeure, l’une des plus grandes opérations militaires d’Israël dans le territoire palestinien depuis des années. (Nasser Ishtayeh/Flash90)

L’invasion destructrice de deux jours du camp de réfugiés de Jénine par Israël au début du mois de juillet a apporté une nouvelle preuve que l’État sioniste vise à éliminer la structure sociale et urbaine de ces camps palestiniens dans l’ensemble de la Cisjordanie occupée. Cela fait partie d’un plan stratégique de grande envergure visant à mettre fin au “problème” des réfugiés palestiniens - tant ceux qui vivent dans leur patrie que ceux qui vivent en diaspora dans les pays arabes et dans le monde entier.

Cette politique israélienne n’est pas nouvelle. On peut tracer une ligne droite entre la destruction du camp de réfugiés de Jabaliya à Gaza après 1967, le massacre de Sabra et Chatila pendant la guerre du Liban en 1982 et la réoccupation par Israël du camp de Jénine 20 ans plus tard pendant la deuxième Intifada. Pourtant, depuis un an et demi, cette ambition est devenue une priorité militaire, l’armée israélienne effectuant des raids quasi hebdomadaires dans les camps de Jénine et de Naplouse, dans le cadre de ce qu’elle appelle l’opération “Briser la vague”.

Aux yeux de l’occupant, les camps de réfugiés de Cisjordanie - dont ceux de Jénine, Naplouse, Jéricho, Ramallah, Bethléem et Hébron - sont le lieu où se développe la dynamique de la résistance palestinienne au régime militaire et aux colonies qui en découlent. En effet, depuis qu’ils existent, les camps offrent un abri et un environnement favorable à la planification et à l’organisation des organisations de résistance.

Israël a clairement intérêt à abolir tout statut spécial des camps de réfugiés et souhaite les réaménager de manière à permettre la libre circulation de sa machine de guerre et d’occupation. De là découle la politique de destruction des rangées de maisons et des allées étroites qui les séparent, empêchant l’accès entre les maisons et modifiant le tissu social des camps.

Les attaques incessantes contre l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA), qui fournit des services spécifiquement destinés aux réfugiés palestiniens, font également partie de la politique visant à éliminer le problème des réfugiés. Cette campagne a atteint son apogée sous l’administration Trump, lorsque la Maison Blanche a coupé tout financement à l’agence. Le président Joe Biden ayant rétabli l’aide usaméricaine, Israël a porté sa guerre contre les camps à un niveau supérieur.

De Kafr Qasem à Jénine

Lors de la récente invasion de Jénine, nous avons vu comment l’armée israélienne a déplacé des milliers de résidents de leurs maisons, créant des scènes qui rappellent la Nakba de 1948. Israël a toujours pensé que l’état de guerre pouvait être utilisé pour tenter d’expulser les Palestiniens, et le massacre de Kafr Qasem en est un exemple clair.

Jénine, 4 juillet 2023 (Nasser Ishtayeh/Flash90)

En 1956, alors que les troupes israéliennes envahissaient l’Égypte aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne pendant la guerre du Sinaï, les forces israéliennes ont abattu 49 citoyens palestiniens à Kafr Qasem. Ce massacre était une tentative des dirigeants israéliens de l’époque de “corriger l’erreur” de 1948, lorsqu’ils avaient laissé environ 150 000 Palestiniens à l’intérieur des frontières de l’État nouvellement formé. Avec la guerre du Sinaï comme diversion, ils ont cherché à procéder à une déportation massive des citoyens palestiniens en les effrayant au point qu’ils partent volontairement. Cette tentative a échoué, mais les efforts d’Israël pour “corriger l’erreur” n’ont jamais cessé.

À Jénine, l’occupation a traité le camp et sa population civile comme un terrain d’essai pour certaines de ses technologies militaires les plus innovantes. Ayant tiré les leçons des précédentes incursions de l’armée, les Palestiniens ont réussi non seulement à empêcher la surveillance israélienne de localiser les combattants, mais aussi à empêcher l’armée de fixer les termes de la bataille, au point que le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, s’est inquiété du faible nombre de combattants palestiniens qui ont été tués.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré que si les “terroristes” retournaient dans le camp de Jénine, l’armée ferait de même. Cependant, les Palestiniens estiment également que la résistance a été en mesure de contrecarrer les plans du gouvernement visant à réinstaller les habitants du nord de la Cisjordanie - en particulier les zones où les colonies ont été démantelées dans le cadre du désengagement de Gaza en 2005 - parce que les Israéliens ne s’y sentiront pas en sécurité en raison de l’activité des groupes armés.

Ainsi, sous le gouvernement actuel, Israël entre dans une nouvelle phase de sa guerre contre les camps. Par le biais de la refonte judiciaire, l’extrême droite entend lever tous les obstacles procéduraux et juridiques à son objectif d’épuration ethnique de masse. En effet, bien que la lutte semble être interne à Israël, ses conséquences seront ressenties avant tout par les Palestiniens, dont le “traitement” constitue le véritable ordre du jour de la coalition au pouvoir.

Leur résistance obstinée à l’occupation ne cessant de croître, les camps de réfugiés redeviennent le point nodal de l’oppression israélienne. Ce que nous avons vu à Jénine n’est probablement qu’un début.

LUIS CASADO
Huit cent cinquante-deux pages pour expliquer une évidence : la “loi de l’offre et de la demande”, c’est une fourmi de dix-huit mètres

Luis Casado, Politika, 30/7/2023
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

 Steve Keen pensait suivre des cours d’économie... En réalité, on lui enseignait la vérité révélée. Comme il n’est pas si abruti que ça, Steve a gardé les yeux ouverts. Résultat : un livre de 852 pages...

Ce n’est pas que les livres monumentaux, comme les romans de la littérature russe, me découragent. C’est juste que l’on se demande si le sujet et la qualité de l’écriture valent le détour.

J’ai lu Jérusalem : biographie de Simon Sebag-Montefiore, dont les 667 pages de typographie serrée serrées demandent patience et persévérance, d’autant plus que du début à la fin, ce ne sont que massacres, trahisons et cornes - au sens propre et figuré - dont personne ne sort indemne.

Criminels les uns, criminels les autres, criminels tous, tantôt opprimés, tantôt oppresseurs, toujours avec la prétention de dominer une ville et une région qui n’ont cessé de changer de mains depuis l’époque lointaine - il y a plus de 3 000 ans - où Babylone faisait office d’empire sous la dynastie d’Hammourabi.

Des millénaires de fanatisme, de conquêtes, d’occupations et de guerres d’extermination au nom du vrai dieu, aussi sanguinaire, vengeur et nigaud que ses inventeurs terrestres.


Cependant, les huit cent cinquante-deux pages de L’Imposture économique de Steve Keen, c’est un peu trop pour moi. Je ne nie pas l’intérêt de ses arguments, ni la clarté de ses démonstrations, ni même la qualité d’une prose qui, sans être littéraire - et sans atteindre la clarté lumineuse des écrits d’un Bernard Maris - diffère grandement de la nullité médiocre et arrogante pratiquée par l’immense majorité des économistes.

Il arrive que Keen, et/ou ses préfaciers, laissent échapper le nom de l’assassin dans les premières pages. Maintenir l’intérêt de l’histoire dans ces conditions n’est pas à la portée de n’importe qui : il faut le génie d’un García Márquez dans Chronique d’une mort annoncée.

Mon exemplaire de L’Imposture économique est une édition de poche (L’atelier en poche). Le deuxième paragraphe de l’avant-propos de Gaël Giraud y est un choc pour tout économiste crétin, c’est-à-dire pour l’immense majorité d’une profession qui concentre les crétins comme une cuvette de WC concentre les Escherichia coli.

En résumé, Gäel Giraud explique que la fameuse loi de l’offre et de la demande, ça n’existe pas.

Pouvez-vous imaginer la tête des experts ? En effet, Keen montre que la courbe d’offre n’existe pas et que la courbe de demande globale pourrait bien ne pas être une fonction dégressive du prix.

Keen ne fait que répéter ce que d’autres avaient compris avant lui : la fausseté de la loi de l’offre et de la demande, pilier fondamental de la théorie de l’équilibre général.

Entre autres, Sonnenschein, dont le théorème - établi entre 1972 et 1974 avec Rolf Ricardo Mantel et Gérard Debreu, donc également appelé théorème Sonnenschein-Mantel-Debreu - montre que les fonctions de demande et d’offre de la théorie de l’équilibre général (TEG) peuvent avoir n’importe quelle forme, ce qui réfute le résultat d’unicité et de stabilité de l’équilibre général.

La première édition du livre de Keen aux USA date de 2011 (Debunking Economics. The Naked Emperor Dethroned ?). Ainsi, bien qu’il ne s’agisse pas d’une première, l’intérêt de son livre tient principalement à l’effort de vulgarisation et à la méthodologie avec laquelle il s’attaque à chacune des faussetés de la théorie économique.

En bref, il s’avère que nous savons depuis au moins un demi-siècle que la soi-disant loi de l’offre et de la demande est un pur sophisme, une aberration, une tromperie, une mystification.

À propos de la théorie de l’équilibre général :

« S’il existe un équilibre (Gérard Debreu a démontré qu’il peut exister grâce au Théorème du Point Fixe de Broüwer), à moins de tomber dessus par hasard, on en le trouve pas. Et si, par hasard, on le trouve... l’équilibre s’éloigne. Si les mots "marché" et "loi de l’offre et la demande" ont un sens, c’est celui d’aberration, de déséquilibre, d’indétermination, de destruction, de désordre. Bordel. Le marché est un vaste bordel ». (Bernad Maris).

Pour ceux que le sujet intéresse, en mathématiques, le théorème du point fixe de Broüwer est un résultat de la topologie. Il fait partie de la grande famille des théorèmes du point fixe qui affirment que si une fonction vérifie certaines propriétés, alors il existe un point x0 tel que f(x0)=x0.

Broüwer aurait ajouté : « Je peux formuler ce magnifique résultat d’une autre manière. Je prends une feuille de papier horizontale, une autre feuille identique que je froisse et, après l’avoir étirée, je la replace sur la première. Un point de la feuille froissée se trouve au même endroit que sur l’autre feuille ».

Mais le mien a à voir avec le livre de Steve Keen, où la vérité vous est révélée dès les premières pages, sans garder de mystère pour le dernier chapitre.

Steve Keen affirme avoir réalisé très tôt l’indigence de ce qu’on lui enseignait à l’université de Nouvelle-Galles du Sud. Dans sa préface à la première édition de L’imposture économique, Keen s’interroge :

« Pourquoi les économistes persistent-ils à utiliser une théorie dont le manque de solidité a été si clairement démontré ? Pourquoi, malgré l’impact destructeur des politiques économiques préconçues, la théorie économique constitue-t-elle encore la boîte à outils utilisée par les politiciens et les bureaucrates pour la plupart des questions économiques et sociales ? »

Keen a quelques idées à ce sujet :

« La réponse se trouve dans la manière dont l’économie est enseignée dans le monde universitaire ».

Cependant, la méfiance de Keen à l’égard des enseignements reçus au cours de ses études universitaires l’a conduit non seulement à douter de la pertinence de la science économique, mais aussi à enquêter, rechercher et parvenir à une conclusion dans laquelle il était loin d’être le premier :

« Ce scepticisme a inauguré un processus exponentiel de découvertes qui m’ont fait comprendre que ce que j’avais considéré au début comme une formation en économie, était en réalité à peine mieux qu’un endoctrinement ».

Keen pensait être à l’université. En réalité, il suivait des cours de catéchisme.

Qui aurait le courage d’aspirer à ce tome gigantesque si, après une brève lecture, on vous a déjà dit que tout le texte n’est que mensonges, faussetés, inventions, sophismes, dogmes et vérités révélées par un groupuscule d’illuminés ?

La théorie économique se résume à la loi de l’offre et de la demande : si les prix augmentent, l’offre augmente ; si les prix augmentent, la demande diminue. Et vice versa.

Les causes du chômage ? L’offre et la demande. Un léger déséquilibre qui ne peut être corrigé que par l’offre et la demande.

La chute du prix du cuivre ? L’offre et la demande.

L’augmentation des investissements ? L’offre et la demande.

La disparition des espèces marines ? L’offre et la demande.

La baisse du taux de natalité ? L’offre et la demande... a dit un crétin appelé Gary Becker, prix Nobel d’économie.

Inflation, déflation, allocation des ressources, politiques publiques et recherche d’or au Klondike... ? L’offre et la demande.

Mais comme nous l’avons déjà dit, Sonnenschein a montré dans les années 1970 que les fonctions d’offre et de demande sont des histoires à dormir debout. Keen affirme que la courbe d’offre n’existe pas et que la courbe de demande est une invention.

Cependant, le monde universitaire - et avec lui le monde des affaires, les gouvernements et les parlements - ne comprend pas. Il fait semblant de croire que la terre est plate. Comme si la loi de l’offre et de la demande avait un sens et permettait les projections et les calculs sur lesquels les experts fondent leurs prévisions économiques.

En lisant Henri Guillemin, on apprend que les classes dirigeantes du XVIIIe siècle - noblesse, clergé, bourgeoisie - considéraient la religion comme une superstition pernicieuse des ignorants. Pour eux, bien sûr. Parce que la religion était utile pour faire taire les misérables : le pouvoir était encore “d’origine divine”. Celui qui osait se rebeller contre sa situation de péquenaud exploité, affamé, ne faisait que blasphémer, insulter Dieu et le ciel.

Les évêques, les ducs et les marquis, l’intelligentsia voltairienne, les riches marchands et industriels, bref, les potentats, sont aussi oublieux de Dieu que de leur première malédiction. Ce qui ne les empêche pas d’organiser d’éminentes cérémonies religieuses pour contenter le populo.

Il en va de même pour l’économie : la loi de l’offre et de la demande - ainsi que le reste du charlatanisme économique - ne sert qu’à expliquer aux pauvres la chance qu’ils ont d’être exploités par des gens qui, eux, comprennent de quoi il retourne.

Sinon, on court le risque de la volatilité, de l’instabilité, de l’incertitude, de la disparition des marchés et, avec elle, de l’évaporation du paradis sur terre.

Tout ce dont ils ont besoin pour tenir un tel discours, c’est de quelques titres quotidiens dans la presse docile.

Huit cent cinquante-deux pages pour expliquer une telle évidence, décidément, c’est too much.

La Lithotomie (La Cure de la folie ou L’Extraction de la pierre de folie), par Jérôme Bosch, env. 1494. Musée du Prado, Madrid

MARSHA GOLDBERG
Pas de technologie pour l’apartheid israélien!
Rassemblement devant le Sommet d’Amazon Web Services à New-York

 Marsha Goldberg, Workers World, 31/7/2023
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

New York City - Des travailleur·ses de la technologie d’Amazon et de Google se sont rassemblés devant le sommet annuel d’Amazon Web Services au Javits Center à New York City le 26 juillet. Les travailleur·ses ont scandé haut et fort : “Palestine libre, pas de technologie pour les crimes d’Israël !”. Ce rassemblement s’inscrivait dans le cadre de la campagne “Pas de technologie pour l’apartheid”, qui se poursuit depuis deux ans.

Photo WW : Marsha Goldberg

Des pancartes peintes à la main dans la foule témoignaient de la solidarité de la classe ouvrière avec le peuple palestinien, ciblant les patrons d’Amazon et de Google pour les contrats d’un milliard de dollars qui permettent la surveillance de masse par l’État d’apartheid israélien. Sur certaines de ces pancartes, on pouvait lire : “Les travailleur·ses de la technologie uni·es contre l’apartheid israélien”, “Les travailleur·ses d’Amazon et de Google uni·es pour les droits des Palestiniens” et “Amazon profite de l’occupation militaire israélienne”.

Les premiers orateur·trices du rassemblement étaient cinq travailleur·ses de la technologie d’Amazon qui venaient de quitter le Javits Center, où ils s’étaient levés, un par un, et avaient perturbé l’ensemble du discours d’ouverture. Des représentant·es du syndicat Amazon de l’entrepôt de Staten Island - le premier entrepôt d’Amazon où les travailleur·ses ont remporté une élection de représentation syndicale - étaient présent·es en signe de solidarité.

Ils/elles ont fait le lien entre la surveillance israélienne du peuple palestinien à l’aide de la technologie d’Amazon et la surveillance des travailleur·ses dans les immenses entrepôts d’Amazon, où chaque seconde de leur temps est pistée.

Les travailleur·ses ont brandi des pancartes du Workers World Party sur lesquelles on pouvait lire : “Défendons la Palestine - le sionisme est un génocide !” et “L’apartheid israélien est un génocide financé par les USA”.

 

 

31/07/2023

JUAN PABLO CÁRDENAS S.
Une proposition obscène de Gabriel Boric

Juan Pablo Cárdenas S., Política y Utopía, 24 de julio 2023
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Si la droite chilienne était moins obtuse et insensible, les partis qui la représentent devraient en fait accueillir avec enthousiasme l’invitation du président Boric à signer une déclaration commune à l’occasion du 50e anniversaire du coup d’État de 1973. Par cette signature, le chef de l’État veut reconnaître leur vocation démocratique, y compris le mérite d’être des défenseurs des droits humains.


Mais le plus incroyable dans tout cela, c’est que les autorités du pays cherchent une réconciliation historique entre les victimes et ceux qui ont été au moins les auteurs intellectuels de l’horreur qui s’est poursuivie au Chili pendant 17 ans avec cette dictature civilo-militaire sanglante dirigée par celui que le monde entier reconnaît comme l’un des pires bouchers de l’histoire mondiale.

Pire encore, l’impunité règne toujours pour les horreurs commises avec l’assentiment de la droite politique et économique, qui cherche encore aujourd’hui à justifier l’attentat sanglant de La Moneda, la déliquescence de nos institutions et les terribles séquelles des assassinats, de la torture, de l’exil et d’une foule d’autres aberrations connues de tous.

Pinochet, comme nombre de ses collaborateurs, n’a pu être poursuivi et condamné par la justice chilienne, de même que de nombreux épisodes terribles contre la dignité humaine n’ont toujours pas été élucidés. Il n’y a pas non plus de certitude totale sur les crimes commis par la caste militaire et politique en raison de son manque de probité, qui a pris le contrôle d’entreprises publiques et dénationalisé les principales ressources naturelles du pays.

Tout cela reste impuni grâce aux gouvernements civils de l’après-dictature, qui ont toujours craint un nouveau soulèvement militaire. Limités, en outre, par la Constitution de 1980 (qui nous régit toujours) et par cet ensemble de lois dictées par l’homme qui a fini par porter le titre de président de la République, un statut qui n’est effacé qu’aujourd’hui des archives officielles.

Ces jours-ci, aux USA, Pedro Barrientos, l’assassin du chanteur-compositeur Víctor Jara est déchu de sa nationalité usaméricaine, un assassin qui, comme d’autres agents, a bénéficié d’une protection dans le pays qui a encouragé et financé le renversement d’un président élu par le peuple. Une responsabilité dont la Maison Blanche et la CIA tentent aujourd’hui de se défaire, parallèlement à leurs efforts de cooptation des décisions de nos nouvelles autorités. Ils sont déterminés à ce que le lithium, l’hydrogène vert et d’autres ressources soient désormais appropriés par leurs transnationales.

Nous craignons que la curieuse invitation de Gabriel Boric à tous les partis représentés au Parlement ne soit que le fruit de ses réflexions les plus intimes, alors qu’il se rendait en Europe à ce sommet présidentiel où les pays les plus puissants de la planète rencontrent ceux du tiers-monde pour consolider de bonnes affaires. Celles qui sont toujours plus avantageuses pour ceux qui ont toujours officié en tant que conquérants, non pas pendant cinquante ans, mais pendant plus de cinq siècles.

On imagine que notre nouveau président n’a pas eu recours aux conseils et aux critiques de plusieurs de ses alliés qui ont déjà exprimé leur réticence à l’invitation présidentielle. Dans l’espoir, certainement, de faire toute la lumière sur les crimes contre la démocratie et les droits humains, avant de se soumettre à une conciliation forcée avec ceux qui sont encore déterminés à défendre la Charte fondamentale léguée par le tyran, ainsi que le système économique et social qui a brutalement divisé le pays entre les très riches et les dramatiquement pauvres. Des secteurs politiques et économiques qui cherchent à perpétuer l’inégalité flagrante qui, si elle continue ainsi, nous assure d’une nouvelle et grave explosion sociale.

Plutôt que d’apaiser la droite, le gouvernement qui se proclame de gauche devrait s’engager à laisser de côté l’opposition tenace exercée par ces secteurs, en optant plutôt pour un pacte sérieux et solide avec le monde social qui a parié sur son élection, dans l’espoir de la justice et certainement d’une démocratie fondée sur la distribution équitable des revenus, sur des normes éducatives plus élevées et sur une éthique rigoureuse dans l’utilisation des ressources publiques.

Il s’agit d’objectifs pour lesquels aucun progrès raisonnable ne peut être constaté. Au contraire, de nouveaux actes de corruption ont été commis en à peine un an de gouvernement Boric.  

 

30/07/2023

FABIO MERONE
Mahdi Amel, le Gramsci arabe

Fabio Merone, OrientXXI, 29/7/2023
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

Fabio Merone, docteur en Sciences politiques de l’université de Gand (Belgique), est chercheur associé au Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient de l’université Laval (Québec, Canada). Il travaille sur l’islamisme et le salafisme dans le monde arabe contemporain. Avec F. Cavatorta, il a édité Salafism after the Arab Awakening: Contending with People’s Power (Hurst, 2017). Bibliographie

Près de quarante ans après sa mort, Hassan Abdallah Hamdan (1936-1987), plus connu sous son nom de guerre Mahdi Amel, reste une référence politique et intellectuelle pour la gauche libanaise et arabe.

“Lisez Mahdi Amel”, Beyrouth 2019

Hassan Abdallah Hamdan (1936-1987), plus connu sous le nom de guerre de Mahdi Amel, était un communiste libanais original qui a été surnommé le “Gramsci arabe”1. Comme le marxiste italien, Amel a tenté de “nationaliser” le communisme en appliquant les catégories critiques du marxisme au contexte national2 et en élaborant sur cette base un projet politique et culturel pour l’émancipation des masses. Il a été assassiné par des milices islamistes chiites en 1987. Bien que son projet politique ait été partiellement dépassé par les accords de Taëf de 1989 (qui ont mis fin à la guerre civile libanaise), il reste le témoignage d’un intellectuel militant et critique qui a consacré sa vie à lutter contre le système confessionnel libanais et à poursuivre un véritable projet de libération nationale. C’est aussi pourquoi, récemment, il est devenu l’un des symboles des jeunes générations de Libanais qui sont descendus dans la rue en 2017 et 2019 pour renverser l’“État confessionnel”, ainsi que de tous les Arabes qui ont cherché une voie originale vers le communisme.

Le contexte historique et l’expérience de vie d’un intellectuel militant

Le projet culturel et politique de Mahdi Amel peut être placé dans le contexte plus général de l’émancipation nationale des intellectuels et des forces politico-culturelles du Sud, qui se sont engagés dans la construction de nouvelles sociétés post-coloniales libérées de la dépendance vis-à-vis du centre capitaliste et de l’hégémonie culturelle occidentale. On peut relier Amel à la pensée et au parcours politique de Frantz Fanon, qu’il a rencontré en Algérie et dont il était un admirateur ; à l’intellectuel indien Ranajit Guha, qui, depuis l’Inde, a introduit Antonio Gramsci dans les études postcoloniales par le biais de ce que l’on appelle les “études subalternes” ; ou, enfin, à Ali Shariati, l’intellectuel iranien qui a tenté de fusionner le marxisme avec la théologie chiite de la libération.

La caractéristique commune de ces auteurs et de leur projet était qu’ils voulaient amener la collectivité nationale nouvellement indépendante à un niveau plus élevé de conscience de soi afin de parvenir à une véritable émancipation culturelle, politique et économique. En termes plus proprement marxistes, Amel était intellectuellement un enfant de ce que l’on appelle la “théorie de la dépendance”, la construction théorique fondamentale sur laquelle raisonnaient les marxistes arabes et du Sud. Selon cette théorie, le colonialisme avait unifié le monde dans des relations d’interdépendance, sur la base desquelles le centre capitaliste dominait et assujettissait la périphérie. Le système économique des colonies avait été construit de telle sorte que ces pays, une fois intégrés dans le commerce international, étaient dépendants des centres financiers et économiques occidentaux, dont les bourgeoisies locales étaient des sous-produits. Ces dernières, en particulier, étaient “cosmopolites” (au sens gramscien de “non-nationales”), économiquement dépendantes et culturellement subordonnées.

De ce point de vue, tant Fanon et Guha que Shariati avaient appelé à une construction nationale basée sur une révolution culturelle qui revendiquait la subjectivité nationale contre l’idéologie coloniale. Amel appartenait à ce type de courant politico-culturel, mais il savait aussi s’en distinguer. Communiste militant dès ses années universitaires à Lyon, il profite du climat culturel fervent des années 1950 et 1960. Il se passionne pour l’historicisme gramscien 3 et utilisera plus tard des concepts tels que “bloc historique”, “idéologie” et “hégémonie” 4. Il est également influencé par le débat suscité en France et dans le monde communiste par les révélations de Khrouchtchev au 20e congrès du PCUS (1956), qui donnent lieu à une vive controverse entre ceux qui veulent réformer le marxisme dans une optique humaniste (le marxisme dit occidental) et ceux qui veulent le réhabiliter dans une optique révolutionnaire.

Amel a donc vécu dans un climat culturel influencé par Gramsci, Poulantzas et Althusser, dans lequel le “Sud” a été porté à l’attention des mouvements gauchistes. D’un point de vue théorique marxiste, cela s’est traduit par une tentative de reconceptualisation de la catégorie de “mode de production”, en l’adaptant aux contextes coloniaux et post-coloniaux, un concept sur lequel Amel a travaillé en particulier dans les années 70 5.

Après avoir passé une importante période de formation en Algérie (1963-68) 6 , Amel s’est immergé dans la réalité libanaise. De retour dans son pays natal, il rejoint le Parti communiste libanais (PCL) et en devient un dirigeant et un idéologue important. Surtout, il commence à élaborer une pensée originale, conciliant activité théorique et militantisme pratique. Son épouse Evelyne Brun raconte qu’à cette époque, il était particulièrement impliqué dans le dialogue avec les planteurs de tabac de la région du Mont-Liban (où un mouvement de protestation était en cours dans les années 1970) et qu’il témoignait qu’ « être marxiste, c’est être une personne qui peut apporter des réponses aux problèmes de la vie de tous les jours » 7. Il a notamment été un bâtisseur actif de cellules syndicales et populaires au Sud-Liban, où vit encore aujourd’hui la partie la plus marginalisée de la population libanaise. C’est à cette époque qu’il commence à être connu sous le nom de Mahdi Amel, nom qu’il choisit comme pseudonyme pour les articles qu’il écrit dans l’organe du parti, al-Tarīq (la route/le chemin).

Il est important de comprendre cette période de son militantisme et de celui du parti communiste libanais, qui se percevait comme un parti révolutionnaire d’avant-garde des masses de travailleurs et de subalternes. Ceux-ci tentaient en fait de réaliser la bataille politique pour l’émancipation nationale par le biais du militantisme au sein de la population. Les communistes se sont également identifiés à la question palestinienne et se sont proposés comme l’avant-garde de la résistance armée contre l’occupation militaire israélienne dans le sud du pays (1978-82), et le point de jonction du front politique des forces de gauche et démocratiques contre les droites confessionnelles et fascistes soutenues par les pays occidentaux et alliées d’Israël.

Il est évident que le parcours intellectuel et la vie politique d’Amel ont été marqués par la guerre civile libanaise (1975-1990), qu’il a perçue comme une occasion de réaliser son projet national de libération du pays du système confessionnel. Mais cette période est aussi marquée par l’émergence de l’islamisme chiite (Amal et Hezbollah), qui évince les communistes du Sud-Liban et se substitue à eux comme force de résistance. Mahdi Amel avait reconnu un potentiel révolutionnaire dans la communauté chiite libanaise, mais n’avait pas prévu la montée de l’islamisme en tant que force révolutionnaire alternative, probablement mieux adaptée que les communistes pour jouer ce rôle. Il a été assassiné par des miliciens chiites, mettant fin à la vie d’un intellectuel militant passionné et à l’expérience du parti communiste libanais en tant que force politique exerçant une certaine influence.

L’État confessionnel et l’idéologie de la bourgeoisie libanaise

La pensée de Mahdi Amel se caractérise par une réflexion sur la réalité politique du Liban et du monde arabe. En particulier sur l’État, son appareil idéologico-hégémonique et le mode de production socio-économique. Mahdi Amel est en effet célèbre pour les deux principales catégories analytiques que sont le “mode de production colonial” et l’“État confessionnel”

Il a annoncé son projet dès ses premières années libanaises, dans l’essai Colonialism and Backwardness (1968) : « Si nous voulons une pensée marxiste adaptée à notre réalité et capable d’avoir une perspective scientifique, nous ne devons pas appliquer cette pensée de manière abstraite, mais plutôt avoir comme point de départ la spécificité même de notre réalité » 8. Il analyse ensuite le processus historique de formation de la bourgeoisie coloniale dans son livre Prolégomènes, dans lequel il pose les bases de sa réflexion théorique 9.

Amel a comparé les exemples historiques de l’Égypte et du Liban en particulier, soulignant comment la pénétration coloniale avait empêché le développement d’une bourgeoisie nationale, alors qu’une classe de propriétaires terriens proto-capitalistes s’était formée à la fin de la période ottomane. Au Liban, l’entrée dans le mode de production capitaliste a conduit au développement de la monoculture de la soie et à l’orientation de l’économie vers le marché international. Cela a empêché la formation d’une bourgeoisie basée sur l’artisanat local et a conduit au contraire au développement d’une classe bourgeoise coloniale. Contrairement à la bourgeoisie européenne, qui s’était initialement formée en tant que classe révolutionnaire (contre l’aristocratie foncière), la bourgeoisie libanaise était le résultat d’une relation de subordination économique et politique.

L’analyse d’Amel s’inscrit dans le débat qui divise alors les communistes arabes entre ceux qui voient dans la bourgeoisie nationale une force progressiste possible avec laquelle s’allier, et ceux qui n’y voient qu’un ennemi de classe à renverser car inéluctablement allié au capital international. L’analyse d’Amel se voulait plus complexe : en saisissant les deux aspects de la bourgeoisie - nationale et cosmopolite - il voulait démasquer son appareil idéologique. D’où la nécessité, dans sa construction théorique, d’une théorie de l’État, qu’il élabore dans Fī al-dawla al-ṭaifiyya (“De l’État confessionnel”), publié en 1986, un an avant sa mort.

La question de la bourgeoisie nationale - son origine confessionnelle et l’appareil idéologique qui justifie sa domination - a donc constitué l’étape décisive de son développement théorique. Il écrit : « C’est une erreur de dire que l’idéologie confessionnelle est l’idéologie de la classe dominante avant les rapports de production capitalistes, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une idéologie religieuse ou d’une forme de celle-ci (...). C’est une erreur dans laquelle se trouvent également certains marxistes » 10. Amel voyait en effet dans le système confessionnel constitutionnel libanais un instrument idéologique moderne au service de la domination de la classe bourgeoise et capitaliste, qui se légitimait à travers lui. Ce système n’avait pas manqué d’être défendu et propagé par l’intellectuel maronite Michel Chiha, qu’Amel considérait comme l’idéologue de la bourgeoisie dominante et contre lequel il lançait ses flèches polémiques, à la manière d’Antonio Gramsci contre Benedetto Croce. Chiha voyait dans le système confessionnel libanais la garantie du modèle libéral et démocratique, dans lequel la citoyenneté se réalise dans l’appartenance communautaire.

Pour Amel, en revanche, il s’agit d’un “pacte confessionnel” entre les élites des différentes communautés qui se liguent les unes contre les autres au détriment de la classe ouvrière de chacune d’entre elles. Le confessionnalisme était aussi l’instrument de la domination d’une communauté particulière sur toutes les autres : la communauté maronite minoritaire et dominante contre les communautés musulmanes subordonnées (la communauté chiite surtout). L’“État confessionnel” était donc, aux yeux d’Amel, un projet idéologique fonctionnel aux intérêts politiques et économiques de la classe dirigeante maronite et des élites interconfessionnelles. Ce système était (et est toujours) basé sur la division du pouvoir au sein de l’État entre les différentes confessions et le contrôle politique et économique des différentes élites au sein de chacune d’entre elles.

Pour Amel, le véritable projet d’émancipation nationale ne pouvait donc passer que par la dissolution de ce système et le dépassement de la domination du capital international. Amel proposait également une plate-forme politique (partagée par le PCL) qui liait inextricablement la bataille politique nationale à la cause palestinienne. Pendant la guerre civile libanaise, en effet, les factions politiques maronites s’étaient alliées à Israël et aux puissances occidentales contre le front progressiste et les Palestiniens des camps de réfugiés. Mahdi Amel a enfin mis en lumière le phénomène de du squadrisme* phalangiste, en le comparant à l’analyse de Gramsci. Ce dernier avait vu dans le squadrisme fasciste un produit de la bourgeoisie capitaliste en crise d’hégémonie. Comme à l’époque du fascisme italien, l’hégémonie du pouvoir bourgeois confessionnel maronite, qui avait été fondée sur le confessionnalisme idéologique, semblait à Amel en crise de légitimité. Le Parti communiste et les forces progressistes du pays, réunies dans un “bloc historique”, devaient donc abattre le pouvoir de la bourgeoisie et le système confessionnel sur lequel il reposait.


La victoire des islamistes et la “revanche” de Mahdi Amel

Le Parti communiste libanais et Mahdi Amel ont fini par être victimes de la guerre civile, dont ils pensaient pouvoir exploiter les contradictions à leur avantage. Le PCL avait en effet formé un front de résistance contre l’occupation israélienne au Sud-Liban, avec un certain succès, mais il a ensuite été vaincu par les forces islamistes chiites émergentes. Amel et d’autres dirigeants communistes (dont l’intellectuel Hassan Muruwwa) ont été victimes d’une campagne d’élimination des dirigeants communistes menée par les “forces obscures” islamistes, probablement soutenues par la Syrie. Le chiisme politique s’est alors imposé comme une force populaire et a donné un coup d’arrêt définitif au mouvement communiste libanais.

Les accords de Taëf de 1989 ont finalement abouti à un résultat différent de celui préconisé par les révolutionnaires communistes : le système confessionnel, au lieu de disparaître, a été reconfirmé et renforcé. Le Hezbollah est devenu une force dirigeante et le chiisme politique a réussi à intégrer la communauté chiite dans le système politique confessionnel. Si cette solution a permis de sortir du conflit, la persistance de la crise dans le pays semble néanmoins avoir confirmé la thèse fondamentale de Mahdi Amel, celle d’un système confessionnel en crise permanente d’hégémonie.

Les protestations sociales et juvéniles qui ont éclaté dans le pays en 2017 et 2019 ont donc réévalué les théories d’Amel, qui a ainsi eu sa “revanche” politique post-mortem. En effet, non seulement les nouvelles générations révolutionnaires libanaises ont remis la question du dépassement du système confessionnel au centre de leur programme politique, mais elles ont aussi et surtout fait de la figure de l’intellectuel marxiste un symbole de leurs espoirs.

NdT

*« Squadrisme » [de squadra, équipe, escouade, brigade] est le terme par lequel on désigne les forces paramilitaires luttant par la violence contre les mouvements sociaux suscités par les socialistes et les communistes après la Première Guerre mondiale en Italie. Nées avant le fascisme italien, elles en sont devenues une forme de bras armé. Ces mouvements paramilitaires furent dirigés par les chefs locaux (les ras, du nom des chefs éthiopiens) des Faisceaux italiens de combat.

Notes de l’auteur

1.      Prashad, Vijay . The Arab Gramsci , 5 mars 2014

2.     Labib, Tahar (2017). “Gramsci nel pensiero arabo”. In : Manduchi Patrizia, Marchi Alessandra e Vacca Giuseppe (a cura di). Gramsci nel mondo arabo. Il Mulino. Bologna

3.     Sa thèse de doctorat était intitulée : Sujet et praxis. Essai sur la constitution de l’histoire.

4.    Safieddine, H. (2021). Mahdi Amel : On Colonialism, Sectarianism and Hegemony. Middle East Critique, 30(1), 41-56.

5.     Il convient de rappeler dans ce débat l’importante contribution du marxiste franco-égyptien Samir Amin qui, dans le sillage du maoïsme dominant, a revalorisé la périphérie en tant que site de la révolution mondiale.

6.    C’est à cette époque qu’il publie un premier article pour la revue Révolution Africaine, intitulé « La pensée révolutionnaire de Franz Fanon ».

7.     Mahdi Amel, “Al-Thaqafa wa al-thawra” (1ère partie). Accessible sur : https://www.youtube.com/watch?v=3euM6XRfmZQ&t=1311s   

8.    Cité dans "Dawn : Marxism and National Liberation" (p.20). Dossier no 37 | Tricontinental : Institut de recherche sociale, février 2021. La traduction italienne est de l’auteur de l’article.

9.    Amel, M. (2013) Muqaddimat Nazriyya Li-Dirasat Athar l-Fikr al-Ishtiraki Fi Harakat al-Taharrur al-Watani [Prolégomènes théoriques à l’étude de l’impact de la pensée socialiste sur le mouvement de libération nationale] (Beyrouth : Dar al-Farabi).

10. Amel, M. (1986) Fi Al-Dawla al-Ta’ifiyya [Sur l’État confessionnel] (Beyrouth : Dar al-Farabi), p.24.