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27/09/2022

BLACK ROSE/ROSA NEGRA
Des anarchistes iraniens parlent de la révolte contre le meurtre de Mahsa Amini par la police
Interview

 Black Rose / Rosa Negra – Comité des relations internationales, 23/9/2022

Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

 

Introduction

 

Le 13 septembre 2022, Mahsa Amini, 22 ans, a été arrêtée à Téhéran par une patrouille d'orientation iranienne (également connue sous le nom de « police des moeurs »), pour ne pas avoir respecté les lois relatives à l'habillement. Trois jours plus tard, le 16 septembre, la police a informé la famille de Mahsa qu'elle avait « souffert d'insuffisance cardiaque » et qu'elle était tombée dans le coma pendant deux jours avant de décéder.

Les témoignages, y compris celui de son propre frère, montrent clairement qu'elle a été brutalement battue pendant son arrestation. Les analyses médicales qui ont fuité indiquent qu'elle a subi une hémorragie cérébrale et des blessures causées par un accident vasculaire cérébral qui ont finalement entraîné sa mort.

 

Depuis que ces détails ont été révélés publiquement, des manifestations de masse ont éclaté à travers l'Iran pour dénoncer le meurtre de Mahsa entre les pattes de la police.

Pour mieux comprendre cette situation en évolution rapide, nous avons mené une très brève entrevue avec la Fédération de l’ère anarchiste (فدراسیون عصر آنارشیسم), une organisation avec des sections en Iran et en Afghanistan.

 

Cet entretien a été réalisé entre le 20 et le 23 septembre

 

Entretien

 

Black Rose / Rosa Negra (BRRN) : Veuillez d'abord décrire brièvement la Fédération de l’ère anarchiste.

 

Fédération de l’ère anarchiste (FEA) : La Fédération de l’ère anarchiste est une fédération anarchiste locale active en soi-disant Iran, Afghanistan et au-delà.

 

Notre fédération est basée sur l'anarchisme de synthèse, acceptant toutes les tendances anarchistes sauf les tendances nationalistes, religieuses, capitalistes et pacifistes. Nos nombreuses années d'expérience de l'organisation dans des environnements extrêmement oppressifs comme l'Iran nous ont amenés à développer et à utiliser des tactiques et une philosophie organisationnelles insurrectionnelles.

 

Nous sommes une organisation athée, considérant la religion comme une structure hiérarchique qui est plus ancienne et durable que presque tous les autres systèmes autoritaires et beaucoup trop similaire au capitalisme et autres structures sociales autoritaires asservissant l'humanité aujourd'hui. La guerre de classe, de notre point de vue, comprend la guerre contre la classe du clergé qui nous prive de notre liberté et de notre autonomie en définissant le sacré et le tabou et en les imposant par la coercition et la violence.

 

BRRN: Qui était Mahsa Amini ? Quand, pourquoi et comment a-t-elle été tuée ?

 

FEA : Mahsa Amini, connue par sa famille sous le nom de Jina, était une fille kurde ordinaire de 22 ans originaire de la ville de Saqqez au Kurdistan.

 

Elle a voyagé avec sa famille à Téhéran pour rendre visite à des parents. Le 13 septembre, alors qu'elle était avec son frère Kiaresh Amini, la police des mœurs, la soi-disant « patrouille d'orientation » a arrêté Mahsa pour « hijab inapproprié ». Son frère a essayé de résister à l'arrestation, mais la police a utilisé des gaz lacrymogènes et a également battu Kiaresh.

 

Beaucoup d'autres femmes arrêtées ont été témoins de ce qui s'est passé dans la fourgonnette de police. Sur le chemin du poste de police, il y a eu une dispute entre les femmes détenues et les policiers. Mahsa Amini était l'une des filles protestant contre leur arrestation. Elle disait qu'elle n'était pas de Téhéran et qu'elle devrait être relâchée.

 

La police a utilisé la violence physique pour enfermer toutes les femmes détenues. Mahsa a aussi été battue. Les témoins oculaires ont dit que les policiers avaient frappé la tête de Mahsa durement contre la paroi de la fourgonnette.

 

Elle était toujours consciente quand elle est arrivée à l'Agence de sécurité morale, mais les autres femmes détenues ont remarqué qu'elle avait l'air malade. La police était complètement indifférente et l'a accusée de simuler. Les femmes continuaient à protester pour aider Mahsa à obtenir les soins médicaux dont elle avait besoin. Les protestations ont été accueillies avec violence par la police. Mahsa Amini a été à nouveau rouée de coups par la police et a perdu connaissance.

 

La police l'a alors remarqué et a tenté de la ranimer en lui pompant la cage thoracique et en levant et massant ses jambes. Après l'échec de ces tentatives, la police a attaqué d'autres femmes pour confisquer tous les téléphones cellulaires et caméras qui auraient pu enregistrer l'incident.

 

Après beaucoup de retard et avoir retrouvé les clés perdues de l'ambulance, les policiers ont emmené Mahsa à l'hôpital de Kasra.

 

La clinique qui a admis Mahsa Amini a affirmé dans un post Instagram que Mahsa était en état de mort cérébrale quand elle a été admise. Ce post Instagram a été supprimé par la suite.

 

Le 14 septembre, le compte Twitter d’ un ami travaillant à l'hôpital de Kasra a raconté que la police avait menacé les médecins, les infirmières et le personnel de ne prendre aucune photo ou preuve vidéo et de mentir aux parents de Mahsa sur la cause du décès. L'hôpital, intimidé, s'est conformé à la police. Ils ont menti aux parents qu'elle avait eu un « accident » et qu’ils l’avaient maintenue en vie pendant deux jours. Mahsa a été déclarée morte le 16 septembre. Sa cause de décès par scanners médicaux, divulguée par des hacktivistes, montre des fractures osseuses, une hémorragie et un œdème cérébral.

 

Des manifestants à Istanbul, en Turquie, brandissent une image de Mahsa Amini.

 

BRRN : L'identité de Mahsa en tant que Kurde a-t-elle joué un rôle dans son arrestation et sa mort ?

 

FAE : Sans aucun doute, le fait d’être kurde à Téhéran a joué un rôle dans la mort éventuelle de Mahsa. Mais, c'est une réalité que toutes les femmes en Iran vivent. Nous n'avons pas besoin de chercher loin pour trouver des images vidéo de la police des mœurs  battant et forçant les femmes dans les fourgonnettes de police, jetant les femmes dans la rue à partir d'une voiture en mouvement, et harcelant des femmes voilées pour leur “hijab inapproprié”. Ces vidéos montrent juste une infime fraction de l’enfer que vivent les femmes en Iran.

 

Le fait que Mahsa était avec son frère le jour de son arrestation n'était pas un hasard. Dans la société patriarcale iranienne, les femmes doivent être accompagnées par un parent masculin, qu'il s'agisse d'un père, d'un mari, d'un frère ou d'un cousin, dans leurs déplacements pour éloigner la police des mœurs et décourager tout individu hargneux en public. Les jeunes couples ne peuvent pas être vus trop près les uns des autres en public ou ils risquent d'être battus et arrêtés par la police des mœurs. Les parents devaient avoir des documents comme preuve de leurs revendications contre la police. Arrêter des femmes pour des rouges à lèvres et du vernis à ongles était une réalité dont beaucoup d'entre nous, les milléniaux en Iran, se souviennent très bien.

 

La menace d'attaques à l'acide pour « mauvais hijab » est un autre cauchemar que les femmes endurent en Iran.

 

Le patriarcat et l'autocratie religieuse affectent toutes les femmes.

 

BRRN : Comment le peuple iranien a-t-il appris la mort de Mahsa ? Quelle a été la réponse populaire initiale ?

 

FEA : Comme nous l'avons expliqué plus tôt, il y avait trop de témoins oculaires. Aucune menace n'aurait pu empêcher l'histoire de la mort de Mahsa de fuir.

 

Il convient de mentionner que le médecin qui assistait à Mahsa et le photojournaliste qui documentait l'état de santé de Mahsa et de sa famille en détresse, ont tous deux été arrêtés, et leur statut actuel est inconnu.

 

La réponse initiale a été l'indignation. Les gens partageaient déjà l'histoire de Mahsa à partir du 14 septembre. L'indignation n'était pas encore assez forte pour les manifestations et les révoltes. Les gens pensaient toujours que Mahsa était dans le coma, et il y avait de l'espoir pour son rétablissement. Puis, elle a été déclarée morte le 16 septembre.

 

Tout d'abord, il y a eu de petites manifestations à l'hôpital de Kasra, qui ont été dispersées par la police. Les étincelles du soulèvement actuel ont été allumées à Saqqez, la ville natale de Mahsa.

 

Une moto de police est brûlée lors d'une manifestation à Téhéran.

 

BRRN : Quelle est l'ampleur des manifestations actuelles ? Dans quelles régions du pays les manifestations ont-elles été concentrées ?

 

La situation est très dynamique et évolue exceptionnellement rapidement. Au moment de la rédaction du présent rapport, les flammes du soulèvement ont mis le feu à 29 des 31 provinces iraniennes. Une des caractéristiques de ce soulèvement est qu'il s'est étendu à de grandes villes à travers l'Iran, telles que Téhéran, Tabriz, Ispahan, Ahvaz, Rasht, et d'autres rapidement.

 

Qom et Mashhad, les bastions idéologiques du régime, ont rejoint le soulèvement. L'île de Kish, le centre capitaliste et commercial du régime, s'est également révoltée. C'est le soulèvement le plus divers que nous ayons connu ces dernières années.

 

Pour le 23 septembre, les syndicalistes planifient une grève générale en faveur des protestations.

 

Le régime a prévu une manifestation armée le même jour. Beaucoup de choses se passent en ce moment.

 

BRRN : Comment l'État iranien a-t-il réagi à ces manifestations ?

 

La réaction initiale du régime a été moins brutale qu'auparavant. Une raison est qu'ils ont été pris au dépourvu. Ils ne s'attendaient pas à cette réponse forte. La raison la plus importante est que le président Ebrahim Raisi est à l'ONU. Le manque de personnalités de haut rang, l'histoire médiatisée de Mahsa et des manifestations, et la pression sur le gouvernement surveillé par la communauté internationale ont arrêté le massacre pour le moment.

 

Attention : La police a tué et blessé de nombreuses personnes dès le premier jour des manifestations. Certaines d'entre elles étaient des enfants de 10 ans et des adolescents de 15 ans. Mais, nous avons connu novembre 2019 lorsque le régime a massacré des milliers de personnes en 3 jours.

 

Lors de tous les soulèvements précédents, la police n'était pas directement la cible de la colère des gens. Ce n'est pas la bonne réponse. Ce sont les méchants cette fois, et les gens sont à la recherche de leur sang. Cela les use physiquement et mentalement, ce que nous considérons comme une bonne nouvelle.

 

En ce moment, Saqqez et Sanandaj subissent une répression impitoyable. Le régime y a amené des chars et des véhicules militaires lourds pour réprimer le soulèvement. De nombreuses informations font état de tirs à balles réelles sur des manifestants.

 

Les manifestations se poursuivent. Les voitures de police sont renversées. Les postes de police ont été démolis et incendiés. Nous devons juste nous armer en pillant leur armurerie. Ensuite, nous entrons dans une autre phase de révolte.

 

Une barricade construite lors d'une manifestation à Téhéran le 21/09/22.

 

BRRN : Est-il exact de qualifier ces manifestations de féministes ?

 

FEA : Oui, tout à fait. Comme tous les autres soulèvements, il y a eu des développements et des mouvements sous la surface.

 

On peut dire que la récente répression hijabiste et l'augmentation de la brutalité de la police des moeurs ont commencé en réponse à l'auto-organisation spontanée, autonome et féministe des femmes iraniennes. Plus tôt cette année, les femmes iraniennes ont commencé à dresser des listes noires et à boycotter les personnes et les entreprises, telles que les cafés, qui appliquent strictement les directives hijabistes. Le mouvement était décentralisé et sans chef, visant à créer des espaces sûrs pour les femmes et les membres de la communauté LGBTQ.

 

Cette oppression brutale a culminé en ce moment où les femmes sont partout en première ligne, brûlant leurs foulards et se battant contre les flics sans hijab. Le principal slogan du soulèvement est aussi « Femme, vie, liberté », un slogan du Rojava, une société dont les ambitions sont basées sur une idéologie anarchiste, féministe et laïque.

 

BRRN : Quels éléments politiques (organisations, partis, groupes) sont présents dans les manifestations, le cas échéant ?

 

FEA : De nombreuses organisations, partis et groupes tentent de s'approprier ou d'influencer les manifestations pour leur bénéfice à chaque soulèvement.

 

La majorité d'entre eux se sont heurtés à un problème insurmontable au cours de ce soulèvement.

 

D'abord, les monarchistes. Reza Pahlavi, le bon à rien fils du défunt dernier Shah d'Iran, un individu soutenu par de l'argent volé et des réseaux de médias en dehors de l'Iran, a appelé à une journée nationale de deuil au milieu de l'indignation publique et des protestations initiales au lieu d'utiliser ses ressources pour aider la révolte. Les gens l'ont enfin vu pour le charlatan qu'il est. « Mort aux oppresseurs, que ce soit le Shah ou le Leader suprême « , on a entendu ça dans tout l'Iran.

 

Puis, le MEK, les Moudjahidines du peuple. Le MEK a un problème idéologique avec ce soulèvement. C'est une secte dont les membres féminins sont obligés de porter des foulards rouges. Leur histoire d'origine va de la combinaison des idéologies marxistes et islamiques, détournées par les marxistes-léninistes avant 1979, à la secte au service des États capitalistes et impérialistes d'aujourd'hui. Pourtant, les femmes en Iran brûlent leurs foulards et le Coran. Ils n'ont pas leur mot à dire dans ce climat politique.

 

Ensuite, il y a les partis communistes qui méprisent le Rojava et en parlent toujours mal. Leur analyse de classe déboulonnée et rouillée ne les aide pas à gagner des cœurs ici.

 

Avec tous leurs discours et leur propagande en tant que partisans de la laïcité et du féminisme, ils n'avaient même pas un slogan orienté vers la libération des femmes. Et leur idéologie les empêchait de chanter « Femmes, Vie, Liberté ». Ils n'avaient rien à dire, alors ils se taisent. Grâce à cela, leur présence est beaucoup plus faible dans les manifestations d'aujourd'hui.

 

Le mouvement anarchiste se développe en Iran. Ce soulèvement, sans chef, féministe, anti-autoritariste et scandant des slogans du Rojava, a conduit à une forte présence d’anarchistes, affiliés ou non à la fédération, dans ce soulèvement. Malheureusement, beaucoup ont également été arrêtés et blessés.

 

Nous travaillons à réaliser le potentiel anticapitaliste de ce mouvement. Parce que la République islamique est un culte de la mort et la religion, le patriarcat, le racisme et le capitalisme sont ses piliers idéologiques. Pour pouvoir vivre, nous devons être libres ; et cela ne peut se faire sans la libération des femmes au premier plan.

 

Manifestants étudiants à Téhéran le 19/09/22

 

BRRN : En solidarité. Merci de votre collaboration.

 

FEA : Solidarité.

 

WOMAN – LIFE – FREEDOM! زن- زندگی- آزادی



26/09/2022

RAMZY BAROUD
D’Exodus à Marvel : brève histoire de la justification des crimes de guerre israéliens par Hollywood

Ramzy Baroud, Middle East Monitor, 24/9/2022
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

L'introduction d'une agente du Mossad israélien comme personnage du prochain film de Marvel dépasse les bornes, même du point de vue des normes morales médiocres d'Hollywood. Cependant, la super-héroïne israélienne, Sabra, doit être comprise dans le contexte de la progression logique de l'israélisation d'Hollywood, un phénomène étonnamment nouveau.

Sabra est un personnage relativement ancien, datant du comic Marvel The Incredible Hulk en 1980. Le 10 septembre, cependant, il a été annoncé que le personnage israélien serait inclus dans un prochain film de Marvel, Captain America : New World Order.

                                                 La nouvelle Sabra de Marvel...

  ...sera interprétée par l’actrice israélienne Shira Haas (Shtisel, Unorthodox) dans le film prévu pour 2024

Comme on pouvait s’y attendre, de nombreux militants pro-palestiniens aux USA et dans le monde sont furax. C'est une chose d'introduire un personnage israélien ordinaire dans le seul but de normaliser Israël, un État d'apartheid implacable, aux yeux du jeune public impressionnable de Marvel. Mais il est beaucoup plus sinistre de normaliser une agence de renseignement d'État, le Mossad, connue pour ses nombreux assassinats sanglants, sabotages et tortures.

En ajoutant Sabra à son casting de super-héros, Marvel Studios a montré son mépris total pour la campagne massive menée par des millions de fans à travers le monde qui, en 2017, ont protesté contre l'inclusion de l'ancienne soldate israélienne Gal Gadot en tant que Wonder Woman de Marvel. Gadot est une fervente partisane du gouvernement et de l'armée israéliens.

En réponse à cette info, beaucoup de personnes ont souligné à juste titre le parti pris inhérent à Hollywood, à commencer par le film Exodus d'Otto Preminger dans les années 1960, avec Paul Newman comme acteur principal. Le film fournissait une justification pseudo-historique de la colonisation de la Palestine par les sionistes. Depuis, Israël a été élevé, célébré et inclus dans un contexte toujours positif par Hollywood, tandis que les musulmans, les Arabes et les Palestiniens continuent d'être vilipendés.

Bien qu'Israël ait été représenté de manière positive par des cinéastes hollywoodiens, les Israéliens eux-mêmes ont été assez marginaux dans le processus de création de contenu. Jusqu'à récemment, la construction israélienne était principalement fabriquée pour le compte d'Israël, et non par Israël lui-même. « Les choses ont commencé à changer en 1997 », a écrit Brian Schaefer dans Moment Magazine. C'est alors que la division du divertissement de la Fédération de Los Angeles et l'Agence juive ont lancé le projet, la Master Class, qui : « Pendant près de 15 ans... a amené d'innombrables acteurs, réalisateurs, producteurs, agents, gestionnaires et cadres supérieurs des studios et des réseaux en Israël, en introduisant beaucoup d'entre eux dans le pays pour la première fois, et a enseigné aux Israéliens comment présenter leurs projets. »

L'endoctrinement des acteurs et cinéastes usaméricains à travers ces visites et l'introduction de nombreux acteurs et cinéastes israéliens à Hollywood ont donné des dividendes, conduisant à un changement majeur dans le récit sur Israël. Au lieu de simplement communiquer Israël à des publics usaméricains et internationaux en utilisant des références à la victimisation historique, à l'association positive ou même à l'humour, les Israéliens ont commencé à faire valoir leur cause directement à Hollywood. Et, à la différence du caractère bordélique des messages passés – bon Israël, méchants Arabes – les nouveaux messages sont beaucoup plus sophistiqués, adaptés autour d'idées spécifiques et conçus en pleine conscience de la politique de chaque époque.

Le film de Steven Spielberg Munich (2005) est sorti dans le contexte culturel de l'invasion usaméricaine de l'Irak dans le cadre de la soi-disant « guerre contre le terrorisme » de Washington, où les droits humains ont été violés à l'échelle mondiale. Munich était un récit "historique" sélectif des choix soi-disant difficiles qu'Israël, à savoir le Mossad, devait faire pour mener sa propre “guerre contre le terrorisme”. C'était l'époque où Tel-Aviv soulignait inlassablement son affinité avec Washington, maintenant que les deux pays étaient prétendument victimes des « extrémistes islamiques ».

À la différence de Munich, la populaire série télévisée Homeland n'était pas seulement un argumentaire pro-israélien qui justifiait les guerres et la violence israéliennes. La série elle-même, l'une des émissions islamophobes les plus racistes à la télévision, était entièrement calquée sur la série israélienne HaTufim. L'écrivain et réalisateur de la série israélienne, Gideon Raff, a été intégré dans la version usaméricaine, servant de producteur exécutif.

Le changement de propriétaire du récit peut sembler superficiel – car la propagande pro-israélienne d'Hollywood est remplacée par la propagande israélienne organique. Néanmoins, cela n’est pas le cas.

L'agenda pro-israélien du passé – la romantisation qui a suivi la création d'Israël en 1948 – n'a pas duré longtemps. La défaite des armées arabes par Israël en 1967 – grâce au soutien militaire massif des USA à Tel-Aviv – a remplacé l'image d'Israël naissant et vulnérable par celle de l'armée israélienne courageuse, capable de vaincre plusieurs armées ennemies à la fois. C'est alors que les soldats israéliens ont visité les collèges et les écoles usaméricaines, parlant de leur héroïsme sur le champ de bataille. L'invasion israélienne du Liban et les massacres qui ont suivi, comme ceux de Sabra et de Shatila, ont forcé à repenser les choses.

Tout au long des années 1980 et 1990, Israël a largement existé à Hollywood comme un exutoire comique, à partir de spectacles comme Friends, Frasier et, plus récemment, The Big Bang Theory. Les références à Israël sont souvent suivies de rires – un moyen intelligent et efficace de lier Israël à des associations positives et heureuses.

La « guerre contre le terrorisme », à partir de 2001, associée à la création du projet Master Class, a permis à Israël de revenir dans l'univers hollywoodien, non pas comme une référence occasionnelle, mais comme un élément de base, avec des séries israéliennes ou des productions conjointes USA-Israël, définissant un tout nouveau genre : celui des choix difficiles à faire pour lutter contre le terrorisme et finalement sauver le monde.

L'exploitation des femmes israéliennes sur les couvertures de magazines, par exemple, Maxim, était un tout autre business louche, visant un public différent. Les filles à moitié nues de l'armée israélienne ont réussi, dans l'esprit de beaucoup, à justifier la guerre par des images sexuelles. Ce genre est devenu particulièrement populaire après les guerres sanglantes d'Israël contre Gaza, qui ont fait des milliers de morts.

L'influence croissante d'Israël sur les films Marvel est une combinaison de tous ces éléments : la sexualisation de la femme soi-disant forte et autonomisée, la normalisation de ceux qui commettent des crimes israéliens – Gadot, la soldate, Sabra, l'agente du Mossad – et l'injection directe des priorités israéliennes dans la réalité usaméricaine quotidienne.

Il y a un côté positif à cela. Pendant des décennies, Israël s'est caché derrière de fausses notions historiques romantisées, faisant valoir son point de vue auprès des USaméricains et d'autres publics occidentaux, souvent indirectement. Les guerres à Gaza, la croissance exponentielle du mouvement palestinien de boycott et la prolifération des médias sociaux ont cependant forcé Israël à se cacher.

Le nouvel Israël hollywoodien est maintenant un guerrier, souvent contraint de faire des choix moraux difficiles, mais il est, comme son homologue usaméricain, en fin de compte une force pour le bien. La capacité d'Israël à maintenir cette image dépendra de plusieurs facteurs, notamment de la capacité des communautés propalestiniennes à contrer cette supercherie et cette hasbara [propagande, NdT].

ALFREDO SERRANO MANCILLA
Anatomie de la deuxième vague progressiste en Amérique latine

 Alfredo Serrano Mancilla, CELAG, 7/9/2022
Traduit par Rafael Tobar, édité par
Fausto Giudice, Tlaxcala


Alfredo Serrano Mancilla (La Línea de la Concepción, Al Andalous, 1975), “Andalou latinoaméricain”, est docteur en économie de l'Université autonome de Barcelone (UAB), en Catalogne. Il a effectué des séjours pré-doctoraux à Modène et Bologne (Italie) et à Québec et a été boursier postdoctorant à l'Université Laval (Québec). Il est spécialiste de l'économie publique, du développement et de l'économie mondiale. Il enseigne au niveau du troisième cycle et du doctorat dans des universités internationales. Auteur de livres tels que América Latina en disputa, El pensamiento económico de Hugo Chávez, ¡A Redistribuir ! Ecuador para Todos et Ahora es Cuándo Carajo. Chroniqueur sur Página 12, La Jornada, Público, Russia Today et Radio La Pizarra. Actuellement directeur exécutif du Centro Estratégico Latinoamericano de Geopolítica (CELAG). @alfreserramanci

Pour comprendre l’actuel phénomène de la vague progressiste en l’Amérique Latine, il ne suffit pas de faire de grandes classifications, il faut faire une analyse fine et détaillée et prendre en compte la complexité et les subtilités de chaque processus.

La généralisation est toujours une arme à double tranchant ; d'un côté, elle est utile car elle classifie et simplifie, mais d’un autre côté, elle est risquée car elle fait perdre la complexité et les subtilités.

L'expression « Deuxième vague progressiste» est née précisément de la volonté de trouver une catégorie unique qui puisse expliquer le fait que l'ensemble des processus politiques qui se sont déroulés en Amérique latine au cours des cinq dernières années (2017-2022) constitue un «tout».

Les victoires d'Andrés Manuel López Obrador au Mexique, d'Alberto Fernández en Argentine, de Luis Arce en Bolivie après le coup d'État de 2019, de Pedro Castillo au Pérou, de Gabriel Boric au Chili, de Xiomara Castro au Honduras et de Gustavo Petro en Colombie constituent sans aucun doute un nouveau phénomène géopolitique.

Ces nouveaux gouvernements ont pour point commun de freiner le néolibéralisme en vigueur dans chacun de leurs pays respectifs, mais aussi de se développer dans un temp historique différent de celui de la « Première vague progressiste », ce qui les différencie à leur tour de leurs prédécesseurs.

Toutefois, malgré certains traits caractéristiques communs, il serait erroné de les considérer comme un bloc monolithique et homogène.

Chaque ensemble spécifique est très différent des autres. L'histoire politique chilienne n'est pas comparable à celle du Mexique , ni celle de la Colombie à celle de la Bolivie.

Chaque processus a ses tensions, aussi bien internes qu'externes. Même le néolibéralisme n’agit pas de la même manière dans chaque pays.

Même la manière dont les élections sont gagnées est aussi différente.

Ce n'est pas la même chose d'obtenir une victoire au second tour avec la plus petite marge après avoir obtenu un faible 10 ou 12% des voix au premier tour (comme dans les cas de Castillo au Pérou et Boric au Chili), que de gagner au premier tour de manière écrasante (en l’occurrence, Luis Arce et Andrés Manuel López Obrador ont obtenu respectivement 46% et 33% des suffrages).

On ne peut pas non plus assimiler superficiellement le type de “front” qui constitue la base électorale et politique dans  chaque pays. Le degré d'hétérogénéité est très diversifié.

Le Pacte historique colombien n'a pas grand-chose à voir avec l’Accord d'Escazú chilien; ou le Morena (Mouvement de régénération nationale) mexicain avec la fragmentation politique complexe du Pérou; ou le Frente de Todos d'Argentine avec le MAS (Mouvement vers le Socialisme) de Bolivie.

Et enfin, il ne faut pas négliger les différences entre les dirigeants eux-mêmes, qui ont des biographies inégales, y compris en termes d'âge.

Certains ont connu la prison et d'autres les luttes universitaires ; certains viennent de la campagne et d'autres de la grande ville; il y a ceux qui ont déjà une expérience de la gestion publique et ceux qui n'avaient jamais gouverné auparavant.

Tout ce subtil mélange doit être pris en compte dans l'analyse de ce deuxième moment historique en Amérique latine, car cela nous aidera certainement à expliquer les possibles divergences qui pourraient apparaître dans les mois et les années à venir.

En d'autres termes, si l'un de ces processus vacille, comme cela a été le cas au Chili avec la défaite du référendum constitutionnel de 2022, nous devrions rejeter catégoriquement l’idée qu'immédiatement après vient la fin du cycle progressiste en Amérique Latine.

Ce serait à la fois injuste et inexact, car mon hypothèse de départ est que nous sommes face à un cycle davantage fragmenté, moins compact que le précédent et que ces gouvernements auront sûrement des parcours très différents les uns des autres.

Jusqu'à présent, ces gouvernements ont montré de grandes divergences dans la gestion de la politique étrangère, dans les questions économiques, dans la manière de communiquer, dans les horizons du possible, dans leur relation avec leurs opposants et avec leurs sympathisants, dans la façon dont ils gagnent de l'autorité, dans le temps qu’il leur faut pour prendre des décisions et, disons-le, également dans le degré de modération de leurs actions.

Comme pour la dynamique des fluides, il faut étudier chaque vague en profondeur et connaître ses propriétés et sa composition : son amplitude, sa montée, sa périodicité, son point culminant, sa courbe, sa chute et sa fréquence d’onde.

Parce que chaque vague n’est ni semblable à la précédente ni uniforme.

 

25/09/2022

YOSSI VERTER
Quand Lapid parle de solution à deux États, ce n'est pas à Mahmoud Abbas qu'il s'adresse


Yossi Verter, Haaretz, 23/9/2022
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

En reprenant la solution à deux États, le Premier ministre israélien a cherché à gagner des voix de gauche, mais même s'il gagne les élections, il devra former une coalition avec des députés qui s'opposent à un État palestinien Netanyahou a créé un Likoud alternatif, un autre jalon important dans la transformation du parti en un mouvement d’un seul homme et d’une seule famille

Dessin d'Amos Biderman

Qu'est-ce qu'un chef de parti peut vouloir pour lui-même au milieu d'une campagne électorale interminable si ce n'est donner du grain à moudre, décider de l'ordre du jour, susciter un débat idéologique, déclencher une « tempête » (qui s'éteindra avant même Rosh Hashanah) ? Le Premier ministre Yair Lapid a réussi à se faire ce cadeau jeudi soir à l'Assemblée générale des Nations Unies. Quelques phrases génériques sur la nécessité d'une solution à deux États « à condition que l'État palestinien recherche la paix et ne devienne pas une nouvelle base de terrorisme » ont provoqué une émeute du feu de Dieu dans notre petit shtetl tout droit sorti d’ Un violon sur le toit.

Il s'avère que le vrai et éprouvé conditionnement pavlovien n'a pas rouillé après des années pendant lesquelles sa cause moisissait au grenier. Tout le monde a joué son rôle dans le show : à gauche, ils ont ont fait un bon accueil (même si c’était avec des dents serrées pour des raisons expliquées ci-dessous), à droite ils ont fulminé, au centre ils l'ont ignoré et la claque de l'orateur a fait la fête.

Peu importe que Lapid ait déjà dit ces choses il y a environ deux mois à côté de Joe Biden à Jérusalem. Peu importe que Benjamin Netanyahou ait annoncé sur cette même tribune en 2016 qu'il « restait attaché à la solution à deux États », ait exhorté le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à se rencontrer, l'ait invité à faire un discours à la Knesset et lui-même au parlement à Ramallah. Peu importe que quatre ans plus tard, il ait inauguré avec Donald Trump l '« Accord du siècle », dont le résultat final était le même : deux États.

Il n'est pas non plus important que la déclaration de Lapid en soi n'ait aucune signification pratique et aucune probabilité de mise en œuvre. Il n'y a pas de partenaire. Abou Mazen est en phase terminale, la Cisjordanie s'effrite entre ses doigts et même si Lapid parvient à former un gouvernement après les élections, il devra inclure des éléments qui s'opposent à un État palestinien. Incidemment, quelle différence cela fait-il que ce soit la position connue de Lapid, d'autant plus qu'il s'est rendu compte qu'il était inutile pour lui de se déguiser en homme de droite ? Dans ce pâturage il n'y a pas d'herbe pour son parti Yesh Atid, il n'y en a jamais eu et il n'y en aura jamais.

Les émotions qui ont explosé dans le sillage de ce qui a été rapporté la veille du discours, de sorte qu'il pourrait occuper tout un cycle de nouvelles avant vendredi, samedi et une longue fête, étaient excessives. Tout comme l'ancien Premier Ministre Naftali Bennett a exprimé son point de vue contraire à chaque occasion, que ce soit dans une déclaration proactive ou en ignorant la question de manière démonstrative, son successeur a le droit d'exprimer un point de vue opposé. Le ministre de la Justice de Nouvel Espoir, Gideon Sa'ar, et le ministre du Logement, Zeev Elkin, ainsi que les chefs de l'aile droite du Parti de l'unité nationale, ont dénoncé les petites phrases de Lapid. Le ministre des Finances, Avigdor Lieberman, de Yisrael Beiteinu, les a rejoints – lui aussi avec en tête les élections. Le ministre de la Défense Benny Gantz et l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, dans l'autre partie de l'Unité nationale, n'ont pas moufté.

Le Premier ministre Yair Lapid s'adressant à l'Assemblée générale des Nations Unies jeudi. Photo : Mike Segar/Reuters

Eisenkot est sur la même longueur d’ondes que Lapid. Et Gantz aussi, plus ou moins. Si Lapid espérait révéler les atomes crochus entre eux, il y est parvenu. Il espère non seulement les révéler, mais aussi ramasser des votes. En fin de compte, l'histoire est entièrement politique. Quarante jours avant les élections, le prisme ne reflète qu'une seule valeur : TOUT est politique. Le bien-être est politique, le crime est politique, l'économie est politique. Même une mariée ivre qui embarrasse un crooner célèbre est politique. Lorsque le Premier ministre par intérim et chef de Yesh Atid déclare son soutien à la solution à deux États, il dit partition mais il pense occupation. Lapid délimite des territoires qu'il entend annexer : des territoires du centre-gauche. Pour le moment, c'est sa devise : le parti d'abord, le bloc plus tard.

Le virage à gauche s'adresse aux électeurs de Meretz et des travaillistes et à gauche de l'Unité nationale. Lapid aspire à plus que les 23 ou 24 sièges de la Knesset que les sondages d'opinion lui prédisent. S'il réussit à piquer au moins un siège aux trois autres listes (son maximum a été et reste sa percée en 2013, avec 19 sièges), il en sortira heureux. La cheffe de Meretz Zehava Galon, la ministre travailliste des Transports Merav Michaeli et Gantz le seront moins.

HAARETZ
Familiares de los 43 desaparecidos de Ayotzinapa piden a Israel la extradición de un exfuncionario buscado, y la embajada de Israel en la Ciudad de México es “vandalizada” (más bien decorada)

 Haaretz, 22/9/2022
Traducido por Fausto Giudice, Tlaxcala

Familiares de los 43 estudiantes desaparecidos de Ayotzinapa y simpatizantes se manifestaron frente a la Embajada de Israel en la Ciudad de México para exigir la extradición del ex director de la ACI (Agencia de Investigación Criminal, el “FBI mexicano”, 2013-2018), Tomás Zerón; el embajador israelí: “Escribir “muerte a Israel” en los muros de la embajada no tiene nada que ver con el caso”.

Los familiares de 43 estudiantes mexicanos que fueron secuestrados y asesinados en 2014 se manifestaron el miércoles frente a la embajada de Israel en México, exigiendo la extradición de un ex investigador buscado en relación con este caso. Durante la manifestación, decenas de manifestantes enmascarados decoraron la embajada de Israel con grafitis que decían “muerte a Israel”.

Cientos de manifestantes se reunieron frente a la Embajada de Israel en la Ciudad de México, algunos con fotos de los estudiantes desaparecidos, otros pintando grafitis en los muros de la embajada. Las familias de los 43 estudiantes, que desaparecieron por la fuerza tras ser detenidos por la policía municipal hace ocho años, exigen a Israel la extradición del ex investigador Tomás Zerón, acusado de haber manipulado la investigación sobre el secuestro de los estudiantes.

Tomás Zerón en 2015. Foto Tomás Bravo—Reuters

Buscado por tortura y falsificación de pruebas, Zerón fue uno de los autores intelectuales de la versión de los hechos respaldada por el Estado, presentada en 2015 y rechazada por los familiares de las víctimas y expertos independientes. Zerón vive en Israel desde hace tres años y solicitó asilo oficialmente en 2021. A pesar de las múltiples peticiones de México, Israel sigue negándose a entregarlo a la justicia.

HAARETZ
Des parents des 43 disparus d’Ayotzinapa demandent à Israël d'extrader un ancien fonctionnaire recherché, et l'ambassade d’Israël à Mexico est “vandalisée” (plutôt décorée)

 Haaretz, 22/9/2022
Traduit par
Fausto Giudice, Tlaxcala

Des parents des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa et des sympathisants ont manifesté devant l'ambassade d'Israël à Mexico pour demander l'extradition de l'ancien directeur de l’ACI (Agence d’enquêtes criminelles, le “FBI mexicain”, 2013-2018), Tomás Zerón ; l’ambassadeur d'Israël : « Écrire 'mort à Israël' sur les murs de l'ambassade n'a rien à voir avec l'affaire ».

Les proches de 43 étudiants mexicains qui ont été enlevés et tués en 2014 ont manifesté mercredi devant l'ambassade d'Israël au Mexique, demandant l'extradition d'un ancien enquêteur recherché dans le cadre de cette affaire. Pendant la manifestation, des dizaines de manifestants masqués ont vandalisé l'ambassade d'Israël avec des slogans graffités, dont “mort à Israël”.

Des centaines de manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade d'Israël à Mexico, certains portant des photos des étudiants disparus, d'autres peignant des graffitis sur les murs de l'ambassade. Les familles des 43 étudiants, qui ont disparu de force après avoir été arrêtés par la police municipale il y a huit ans, exigent qu'Israël extrade l'ancien enquêteur Tom160s Zerón, accusé d'avoir manipulé l'enquête sur l'enlèvement des étudiants.

Tomás Zerón en 2015. Foto Tomas Bravo—Reuters

Recherché pour torture et falsification de preuves, Zerón était l'un des cerveaux de la version des événements soutenue par l'État, présentée en 2015 et rejetée par les proches des victimes et des experts indépendants. Zerón vit en Israël depuis trois ans et a officiellement demandé l'asile en 2021. Malgré de multiples demandes du Mexique, Israël refuse toujours de le remettre à la justice.